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Full text of "Histoire abregée des insectes : qui se trouvent aux environs de Paris : dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique .."

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HISTOIRE 


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HISTOIRE 


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AUX ENVIRONS DE PARIS: 


Dans laquelle ces Animaux font rangés fuivant uri 
ordre méthodique. 


Admiranda tibi levium fpeélacula rerum. Virg. Georg. iv. 


HOM'ES'E;C'O'N D. 


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Chez DURAND, rue du Foin, la premiere porte cochere 
en entrant par a rue S. Jacques , au Griffon. 


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AVEC APPROBATION ET PRIVILÉCE pu Ror. 


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DES INS ECTES 


QUI SE TROUVENT 
AUX EN PTIRONS DEP ARS. 


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TETRAPTÈRES À AILES FARINEUSES 
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INSECTES À QUATRE AÏILES 
FARINEUSES. 
L À feûtion d'infeétes que nous allons traiter , eft une 
des plus connues , & en même tems des plus belles & des 


plus brillantes. Elle renferme les papillons ; les phalênes, 


& quelques - autres genres , dont plufieurs élbéces fe font 
Tome A + 


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2 His Torre IBRÉGÉE .e. 2 
diftinguer par la richefle & la vivacité des couleurs dont 
elles font parées. Ces infeétes brillans ont attiré les regards 
des curieux, plus que tous ceux des autres feétions , ïis 
font l’ornement des cabinets d’hiftoire naturelle , & nom- 
bre d’auteurs fe font appliqués à les étudier & à travailler 
fur leur hiftoire. Nous nous contenterons de donner un 
précis très - abrégé de leurs travaux & de nos obfervations 
particulieres. 

D'abord le caraëtere de cette feîtion ef aifé à connoître;. 
il confifte dans la conformation des ailes de ces infectes.. 
Au lieu que dans la premiere feëtion les aîles font cachées 
fous des étuis durs & opaques , dans celle-ci les aîles font 
à découvert : mais ces ailes au nombre de quatre paroiffent 
couvertes d’une poufliere farineufe , qui s'attache aux 
doigts lorfqu’on les touche & qui s’enleve aifément. Cette 
efpéce de poufliere fine eft fort différente de ce qu’elle 
paroïît à la premiere vüe. Si on l’examine à la loupe ;, ou ce 
qui eft encore mieux, à l’aide du microfcope , on voit que 
ces parcelles de poufliere font autant de petites écailles , 
qui ont une forme réguliere & organifée. Elles font plat- 
tes , fe terminent en pointe par le bout qui les attache 
à l'aile , & à l’autre extrémité elles font découpées en 
quatre ou cinq dents , pe ou moins. On peut voir les 
figures différentes que plufieurs auteurs , & en particulier 
Bonnani , Swammerdam & M. de Reaumur ont données 
de ces écailles , que d’autres ont appellées fans fondement 
des plumes. On verra que parmi ces écailles , les unes 
font plus fongues , plus étroites & terminées au bout 
par un moindre nombre de découpures , d'autres au con- 
traire plus courtes , plus larges & plus découpées. Ces 
dernieres font plus communes fur les aîles , tandis que les 
premieres font particuliérement fur le corps & proche 
l'attache des ailes. Ces écailles qui fe trouvent fur les aîles 
& même fur le corps des papillons , des phalênes & 
des autres infeétes qui en approchent , font le caraëtere 
cffentiel des animaux de cette fe&tion. Eux feuls ont de 


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ES: INSECTES, 3 
pareilles écailles fur leurs aîles | & tous en ont plus ou 
moins. Il eft vrai qu'on trouve certaines écailles à peu près 
femblables fur certains infeêtes à étuis , comme nous 
l'avons remarqué. Mais outre qu’elles font un peu diffé- 
rentes , elles ne fe trouvent que fur leurs étuis & leur 
corps , & nullement fur leurs ailes ; ces dernieres font 
liffes , nues & tranfparentes , comme on peut le voir 
en tirant ces ailes de deflous les étuis & les développant. 
Il ÿ a au contrâire quelques phalênes qui femblent d'abord 
avoir des ailes nues , tranfparentes & fans écailles. Mais fi 
on les examine de près , on voit que les écailles s’y trou 
vent , quoique toute l'aile n’en foit pas couvert: , comme 
dans les autres phalènes & papillons. On en trouve tou- 
jours plufeurs au moins le long des groffes nervures : ainfi 
nous pouvons admettre la préfence des écailles fur les 
ailes de ces infeétes , comme le caractere le plus certain , 
le plus conftant & le plus effentiel de cette fettion. 

Ce font ces mêmes écailles fines , dont la couleur don- 
ne aux aîles des infectes de cette feétion , cet éclat qui fait 
l'admiration des perfonnes les plus indifférentes pour l'hif- 
toire naturelle. Si on les enleve , ce qui fe fait très-aifé- 
ment , l'aile refte fans couleur , comme une fimple mem- 
brane fine & tranfparente , elle paroït femblable aux ailes 
des mouches , des demoifelles & de beaucoup d’autres ine 
feûtes. Néanmoins , l’aile ainfi dépouillée mérite une 
attention particuliere. Si on l’examine à la loupe , on voit 
qu’elle neft pas liffe ; comme elle le paroït d’abord , mais 
que fes deux furfaces , tant fupérieure qu’inférieure , font 
parfemées d’efpéces de raies ou fillons enfoncés. Ces 
fillons font les endroits auxquels les écailles étoient atta- 
chées , comme on peut s'en aflurer par la vie de quelques- 
unes d’entr'elles , qui fouvent reflent après qu’on a enlevé 
les autres. Ces écailles ne font donc point placées fans 
ordre fur l'aile , mais elles font difpofées en bandes ou 
raies , de façon qu’elles tiennent à l’aile par celui de leurs 
bouts qui fe termine en pointe , & que l’autre extrémité 


A ij 


H1STOIRE ABRÉGÉE 
plus large , couvre l'attache de la rangée fuivante ; à peu 
près comme nous voyons les rangées de tuiles d'un toit 
couvrir les fuivantes. 

Telle eft la ftruéture des aîles des infeëtes de cette 
{e&ion , du moins quant à l'extérieur. Nous reviendrons à 
ce qui regarde intérieur de ces mêmes ailes , en parlant 
des différentes parties de ces infe@es que nous allons 
a@meliement examiner. ‘ fe 

Le corps des infeêtes à aîles farineufes , eft compofé de 
trois parties principales , comme celui de la plûpart des 
autres infeites ; favoir , la tête , le corcelet & le ventre. 

La tête des papillons , des phalênes & des autres in- 
feétes de cette fection eft ordinairement petite. On y re- 
marque d’abord deux antennes , prefque toujours grandes 
& différemment figurées fuivant les différens genres. Dans 
les papillons , elles font toujours en mafle ou maflue, 
c'eft-à-dire, plus groffes à leur bout qui forme comme un 
bouton. Elles font en peigne , c’eft-à-dire', ornées d’efpé- 
ces de barbes de chaque côté , femblables aux dents d'un 
peigne dans plufieurs phalènes. D'autres phalônes au con- 
traire , & les teignes en ont qui font figurées en filet fimpie 
& fin. Enfin les fphinx en ont de grofles & angulaires. Ces 
formes différentes d'antennes fervent à cara@térifer les 
genres de cette feëtion , & nous les examinerons plus 
en détail dans le particulier. Ces antennes partent toutes 
de la partie fupérieure de la tête entre les yeux. 

Ceux-ci font affez gros : leur membrane extérieure eft 
ferme , tranfparente & taillée à facettes , ainfi que celié 
des yeux de la plüpart des infettes..Ce font-là les grands 
yeux à refeau qui font au nombre de -deux. Outre ces 
yeux , ces infeétes ontles petits yeux liffes que nous avons 
dit fe trouver fur la tête de beaucoup d'infettes à deux & à 
quatre aîles. Ces petits yeux font au nombre de trois , 

lacés en triangle fur le haut de la tête entre les yeux 
à refeau : mais ils font difficiles à appercevoir dans la plû- 
part de ces infeétes , à caufe des poils longs & touffus fous 


DES ‘INSECTES. $ 
fefquels ils font cachés. Je ne les ai pu découvrir dans 
plufieurs phalènes & papillons qu’en enlevant ces poils & 
mettant le deffus de la tête à nud. 

La bouche de ces infeëtes eft formée par une efpéce de 
trompe , qui leur fert à pomper le fuc mielleux des fleurs 
dont ils fe nourriffent. Dans quelques -uns , cette trompe 
eft très - courte , & fi courte qu’à peine l’apperçoit- on ; il 
femble que ces infeétes n’en,ont point. C'eft une efpéce 
de pointe qui paroït inutile à caufe de fa petiteffe : auffi 
obferve-t-on que ces infeétes ne s’en fervent guères. Ces 
infeétes ne vivent fous la forme d'infeëtes parfaits , que 
le court.efpace de tems qui leur eft néceffaire pour s’'ac- 
coupler & pondre leurs œufs. Ce grand ouvrage de la gé- 
nération accompli, ils périflent , & paffent ainfi ce dernier 
état de leur vie fans avoir befoin de nourriture. C'eft ce 
que l’on obferve dans la phalêne du ver à foie qui eft de 
ce nombre. Beaucoup d'autres efpéces ont au contraire 
une trompe très-longue pour leur corps. Cette trompe 
fe replie en fpirales , formant plufieurs tours , & fe niche 
dans une cavité longitudinale , qui eft à la partie antérieu- 
re de la tête , & dont les côtés font encore munis d’efpéces 
de plaques ou barbillons qui mettent la trompe plus à 
Couvert. Si on examine cette longue trompe , & qu'après 
lavoir déroulée on la preffe"dégérement avec la pointe 
d’une épingle ; on parvient à voir la fingularité de fa ftruc- 
ture. Elle n’eft point compofée ; comme on pourroit 
d’abord le penfer, d’un feul tuyau creux & cylindrique. Ce 
font deux efpéces de lames un peu concaves ; deux demi 
cylindres pofés l'un contre l’autre , qui forment cette 
trompe. Ces deux lames fe féparent aifément par le moyen 
d’une pointe, & pour lors , il femble que l’infeéte ait deux 
trompes. On trouve quelquefois des infeétes dans lefquels 
elles fe font ainfi féparées d’elles-mêmes , foit par un 
défaut de conformation , foit par quelqu’accident. Cette 
firutture de la trompe rend fon ufage beaucoup plus fim- 
ple & plus aifé. Les deux lames qui la compofent étant 


6 F HisTOIRE ABRÉGÉE 

mobiles, peuvent refferrer ou aggrandir la cavité intérieure 
de la trompe. Par ce moyen; le fuc des fleurs fe trouve at- 
tiré dans cette cavité , comme l’eau dans l’intérieur d’une 
pompe » &t lorfqu'il eft monté à un certain point , le reffer- 
rement progreflif de la trompe vers le haut , le pouffe du 
côté de la tête de l’infeête. C’eft ici une méchanique à peu 
près femblable à celle par laquelle la contraëtion progref- 
five des arteres de notre corps accélere le mouvement 
des liqueurs qu’elles contiennent. Je ne voudrois pas 
cependant aflurer que ce für cette caufe feule qui fit mon- 
ter le fuc alimentaire dans la trompe. La propriété qu'ont 
toutes les liqueurs de monter dans les tuyaux capillaires 
par une efpéce d’attraétion , & par leur adhéfion aux parois 
de ces vaiffeaux, peut aufli contribuer au même effet. 

La feconde partie .qui compofe le corps des infeëtes 
que nous traitons , eft le corcelet. Dans ces infeëtes , il eft 
compofé de plufeurs piéces écailleufes très - fortes qui 
font comme foudées enfemble , ce qui rend cette partie 
très-dure , & capable de foutenir les pattes qui y font atta- 
chées en deffous , & les aîles qui naïffent de fes côtés. On 
remarque fur le corcelet les fligmates peétoraux que nous 
avons dit fe trouver fur la plüpart des infeétes. Dans ceux- 
ci , ils font au nombre de deux, & ne font pas aifés à 
obferver à caufe des poils longs & drus qui couvrent 
le corcelet & cachent ces fligmates aux yeux. Pour les 
appercevoir ; il faut mettre le corcelet à nud , & pour lors, 
on découvre encore avec peine ces efpéces de boutonnie- 
res latérales , qui font les ouvertures des ftigmates. Elles 
font placées fur une efpéce de col membraneux qui unit la 
tête au corcelet. C’eft à M5 Bazin & de Geer qu’on eft 
redevable de la découverte de ces fiigmates qui paroïflent 
avoir échappé aux recherches de M. de Reaumur. Au-def- 
fous du corcelet , font attachées les pattes qui font au 
nombre de fix dans tous ces infettes , quoïque cependant 
certains papillons femblent d'abord n’en avoir que quatre; 
du moins quand ils marchent, ils ne le font qu’à l'aide 


DES INSECTES. 7 
de quatre pattes , & pour cette raifon , ils ont été appellés 
papillons à quatre pattes , papiliones tetrapi. Mais ces pa- 
pillons qui femblent d’abord n'avoir que quatre pieds en 
ont réellement fix. Il efl vrai qu’ils ne fe fervent que des 
quatre poftérieurs pour marcher ; ceux de devant leur font 
inutiles ; ils font courts , couverts d'un duvet de poils fort 
épais , & l'infedte les tient appliqués contre fon col ;, où ils 
femblent faire une efpéce de palatine ; maïs ces pattes, 
quoique courtes, n'en exiftent pas moins, & ces papillons 
en ont fix comme les autres. 

Ces pattes font compofées dés trois parties que nous 
avons déja remarquées dans les infeétes précédens , la 
cuifle qui part du corps , la jambe & le tarfe ou pied 
compofé de cinq articulations. Elles font terminées au 
bout du tarfe par des efpéces de griffes ou crochets , à 
l'aide defquels l’infeëte s'accroche & fe tient ferme fur les 
différens plans où il fe pofe. Ces crochets m’ont paru man- 
quer totalement aux pattés de devant de ces papillons , 

-qui ne fe fervent que des pattes poftérieures pour mar- 
cher, & que l’on appelle papillons à quatre pattes , & dans 
le fond ils leur étoient inutiles ; puifque ces infeétes ne 
font aucun ufage de ces deux pattes de devant , au moins 
pour marcher & fe foutenir. 

Les ailes font les dernieres parties que nous ayons à ob- 
ferver en parlant du corcelet auquel elles font attachées. 
Elles font au nombre de quatre dans tous les infeétes 
de cette fe&tion ; deux fupérieures & deux inférieures. 
Nous avons déja examiné plus haut la ftruéture de ces 
petites écailles qui les couvrent tant en deffus qu’en def- 
fous , la maniere dont elles font attachées , & [a con- 
formation extérieure de l’aîle ; il ne nous refte plus qu’à 
rendre compte de fa conftruttion intérieure. L'aile dé- 
pouillée de ces écailles qui la colorent & la rendent opa- 
que , refte diaphane , tranfparente & femblable à un 
talc. II femble que ce ne foit qu'une fimple membrane 
claire ; féche ; fur laquelle on voit quelques nervures, 


8 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Mais cette membrane qui femble fi mince & fi claire, eft 
uncompofé de deux membranes ou feuillets minces appli- 
qués intimément l’un contre l'autre. C'eft ce qu'on peut 
obferver dans le papiilon fortant nouvellement de fa chry- 
falide & encore mol , ainfi-que dans la plüpart des autres 
infeétes qui font dans le même état. Leurs ailes alors font 
molles , pendantes , & femblent fort épaifles. Si on les 
examine dans ce premier inftant , on peut fouvent parvenir 
à détacher l’un de l’autre les deux feuillets qui compoñent 
le corps de l’aïle : pour lors , que l’on prenne un petit 
tuyau fin , & que par fon moyen on foufle entre ces deux 
lames, l'air s’y infinue , toute l’aile fe gonfle , devient em- 
phyfématique , & l’on voit une quantité de cellules entre 
les deux lames. Quelquefois la nature fait d'elle-même 
une pareille opération dans des papillons qui fortent de 
leurs coques avec des aïles malades & contrefaites. Ces 
ailes , au lieu de fe fécher & de devenir fermes, reftent 
molles , gonflées & remplies d'air, & dans cet état elles ne 
peuvent fervir à l’infeête, On voit par-là que la texture de 
l'aile n’eft pas fimple , que ce n’eft point une feule mem- 
brane , mais qu'elle eft compofée de deux feuillets fins ; 
entre lefquels il y a un tiflu cellulaire fort mince. Il eft 
vrai que toutes ces parties s’appliquent intimément l’une 
contre l’autre , lorfque l'aile de l'infete s'affermit & fe 
féche , & que pour lors, il n’eft plus poflible de les féparer. 
C'’eft entre ces membranes de l'aile , que rampent les ner- 
vures qu'on y remarque, & qui portent à cette partie la vie 
& le mouvement. Ces nervures doivent donc être compo- 
fées de petits vaifleaux , qui répondent aux vaifleaux fan= 
guins & aux nerfs des grands animaux, 

Telle ef la firuéture des quatre aïîles que lon remarque 
fur les infeétes de cette feëtion. Il ne nous refte plus 
qu'une feule obfervation à faire à leur fujet , c’eft que les 
femelles de quelques-uns de ces infetes paroifflent man- 
quer, d'ailes. Ces femelles ont un air lourd & pefant , 
& elies reffemblent à un gros ver à fix pieds. On ne pen- 

feroit 


DES INSECTES: 
feroit jamais qu'elles fuffent les femelles d’infeétes ailés, 
légers , & qui voltigent avec agilité. Cependant ces fe- 
melles lourdes & pefantes ne font pas tout-à- fait dépour- 
vûes d’ailes. Si on examine avec attention leur corcelet , 
on y voit quatre petites appendices très-courtes , quatre 
moignons d'ailes très-petits , qui font les véritables ailes de 
ces femelles , figurées dans leur petitefle , comme les 
grandes ailes de leurs mâles*= ainfices femelles font vérita- 
blement ailées , quoiqu’elles ne le-paroiflent pas d’abord, 
& que la petitefle de leurs ailes les leur rende inutiles. 

Le ventre qui nous refte à examiner , compofe la troi- 
fiéme & derniere partie du corps des infectes dont nous 
parlons. Ce ventre eft plus ou moins allongé fuivant les 
différens infeétes , mais en général, il eft plus long & plus 
grefle dans les mâles , tandis que celui des femelles eft 
plus court & plus gros. Ordinairement il eft compofé de 
neufanneaux, tous munis de deux fligmates , un de chaque 
côté ; à l'exception du dernier anneau qui n’en a point. 
C'eft à l'extrémité du ventre que fe trouvent les parties de 
la génération , femblables à celles des infettes à étuis ; 
aufli l'accouplement des uns & des autres fe fait-il de 
la même façon. Tout le ventre eft fouvent couvert de pe- 
tits poils , & de plus, on y remarque plufieurs écailles 
femblables à celles qui fe voyent fur les ailes , fi ce n’eft 
Eh font plus allongées. 

es infectes de cette fe@ion , font ceux dont les Natu= 
raliftes paroïflent avoir d'abord obfervé les métamorpho- 
fes. La facilité de rencontrer leurs larves , la beauté de 
quelques-unes de leurs chryfalides , & le brillant des in- 
feétes parfaits qui fortent de plufieurs , auront concouru 
fans doute à attirer les regards des curieux. 

Les larves de ces infettes font en général très - connues 
fous le nom de chenilles. Elles font allongées & compo- 
fées d’une tête & d’un corps, qui a douze anneaux diftinéts 
en comptant le dernier. La tête eft formée par deux efpé- 
ces de calottes fphériques , dures , écäilleufes , fur lef- 

Tome TL, B 


10 HisSToiIRE ABRÉGÉE | 
quelles on remarque quelques points noirs. Ces deux 
calottes font les yeux de la chenille. A la partie antérieure 
de la tête , eft fa bouche , armée de deux fortes machoires 
dures & aigues , avec lefquelles elle ronge les feuilles , les 
fleurs & quelquefois le bois même , & produit tant de ras 
vages dans les forêts , les jardins & les potagers. Au-deflous 
de la bouche , à fa lévre inférieure , eft un petit trou 
par lequel pañle le fil que cet infeëte fait former , & que 
plufieurs auteurs par cette raifon ont appellé 2 f{ere. Les 
douze annneaux qui compofent le corps ; font tous affez 
femblables les uns aux autres , à l'exception du dernier 
fous lequel fe trouve Panus , ou l’ouverture par laquelle la 
chenille rend fes excrémens, Cet anneau eft ordinairement 
taillé en cône à plufieurs faces inégales ; & fon extrémité 
eft tronquée. 

Sur les deux côtés de la chenille ; on voit des points 
oblongs formés en efpéces de boutonnieres , pofés obli- 
quement , & de couleurs différentes fuivant les différentes 
efpéces. Ce font-là les ftigmates ou les ouvertures par lef- 
quelles l’infeëte refpire. J'en ai trouvé conflamment dix- 
huit fur les chenilles , neuf de chaque côté. On voit par ce 
nombre que tous les anneaux de la chenille ne font pas 
pourvüs de fligmates , fi cela étoit , elle devroit en avoir 
vingt-quatre , mais le fecond , le troifiéme & le dernier an- 
neau n’en ont point ; tous les autres au nombre de neufen 
ont deux, un de chaque côté. Il paroît par cet arrangement 
des ftigmates , que les deux premiers placés fur le premier 
anneau répondent aux ftigmates que l’on verra par la fuite 
fur le corcelet du papillon , ou de la phalène qui doit 
fe développer & fortir dé la chenille , & que les fuivans 
diftans des premiers , à commencer par ceux du quatriéme 
anneau , vont répondre à ceux qui paroitront fur les an- 
neaux du ventre du même papillon. 

Les parties que nous venons de décrire font les mêmes 
dans toutes les chenilles ou larves de cette fe&tion : maisil 
n'en eft pas de même des pattes de ces infeéles ; dont 


DES INSECTES. 11 

Te nombre varie beaucoup. Néanmoins maleré cette va- 
riété , il y a deux caracteres uniformes & conftans dans les 
pattes de toutes les chenilles. Le premier , c’eft qu'aucun 
de ces animaux n’a ni moins’ de huit pattes , ni plus de 

feize. Ainfi toutes les fois qu’on trouvera des larves appro- 
chantes des chenilles pour leur forme ; qui n’auront que 
fix pattes , ou qui en auront un plus grand nombre que 
feize , on peut aflurer que ce ne font point des chenilles , 
& que l’infeéte parfait qu'elles donneront ne fera ni papil- 
lon , ni phalêne , ni infeéte de cette feétion. C’eft par 
ce moyen qu'on peut difliñguer les larves des mouches-à- 
fcie , dont nous parlerons dans la fuite , & qui refflemblent 
tellement à des chenilles , qu’on les confond aifément 
enfemble ; ce qui les à fait appeller par quelques auteurs 
fauffes-chenilles. Toutes ces Lis de mouches-à-fcie ont 
plus de feize pattes , fouvent dix-huit , tantôt vingt ou 
vingt-deux. Une autre différence de ces larves d’avec les 
chenilles , qui peut encore aider à les diflinguer , c’eft que 
leur tête eft compofée d’une feule calotte fphérique écail- 
leufe , au lieu que la tête des vraies chenilles eft compofée 
de deux femblables calottes diftinétes l’une de l’autre , 
ainfi que nous l'avons déja dit. Le fecond caraûtere unifor- 
mé & conftant dans toutes les chenilles ; confifte dans 
la forme & la polition de leurs fix premieres pattes , qui 
font les mêmes dans toutes. Ces fix pattes attachées aux 
trois ptemiets anneaux font dures , fines , terminées en 

pointes. Nous les appellerons partes écailleufes: Ces pattes 
font les enveloppes qui renferment les fix pattes , que doit 
avoir le papillon ou la phalêne : aufli comme le nombre de 

ces pattes eft conflant dans tous les infeëtes parfaits de 
cette feétion , & qu’ils en ont tous fix , il en eft de même 

des pattes écailleufes de leurs larves , qui font dans toutes 

les efpéces au nombre de‘fix , & toujours attachées aux 

trois premiers anneaux fous lefquels eft caché le corcelet 

de l’infette parfait , auquel doivent être articulées fes pat- 

tes : mais pour ce qui regarde les autres pattes de la che- 


Bi 


« 


#2 Hi1sTOrrREe ABRÉGÉÉ Es 
nille , elles varient pour la figure & pour le-nombre. Ces 
dernieres ne font pas aufli effentieiles , elles ne font propres 
qu'à la larve ; elles difparoiffent dans l'infeéte parfait , qui 
les perd en fe métamorphofant & quittant fes dépouilles. 
Quant à la forme , ces pattes différent beaucoup des pre- 
mieres. Ce font des efpéces de mamelons larges & mols: 
nous les appellerons pattes membraneufes. Ces pattes font 
entourées en tout ou en partie de crochets durs , recour- 
bés ; qui forment à leur extrémité une couronne ; ou 
une demi-couronne fuivant les différens genres. On fent 
que de pareils crochets doivent fervir à affermir les che- 
nilles contre les branches , les feuilles & les autres corps 
fur lefquels elles marchent. Ces mêmes crochets peuvent 
éncore fervir à diftinguer les chenilles , des larves des 
mouches -à-fcie ou faufles chenilles. Ces dernieres n’ont 
jamais de pareils crochets à leurs pattes membraneufes , 
au lieu qu’on en trouve toujours dans les vraies chenilles. 
Ce font ces pattes membraneufes, dont le nombre varie 
beaucoup dans les chenilles. Nous avons-dit que le plus 
grand nombre de pattes que les chenilles puflent avoir , 
n’excédoit pas celui de feize. Une grande partie des che- 
nilles , fur-tout celles que l’on trouve le plus communé- 
ment , a précifément ce nombre. Ces chenilles à feize pat- 
tes, en ont d'abord fix attachées aux trois premiers an- 
neaux ; deux de chaque côté. Ce font leurs fix pattes écail: 
leufes : enfuite fe trouvent deux anneaux dénués de pattes; 
favoir , le quatriéme & le cinquiéme. Les quatre anneaux 
fuivans en ont chacun deux , ce qui fait huit autres pattes, 
qui, fe trouvant placées vers le milieu de l'infeéte , ont été 
appellées par quelques-uns pattes intermédiaires. Après 
ces quatre anneaux , les deux fuivans ; favoir ; le dixiéme 
& le onziéme,n’ont point de pattes ; & enfin le dernier an- 
neau en a deux, qui ont été appellées partes poftérieures. 
Aiïnfi les chenilles à feize pattes , en. ont fix écailleufes 
& dix membraneufes ; favoir , huit intermédiaires 
& deux poftérieures. L’arrangement de ces pattes , tel: 


DES ÎNSECTES. xs 
que nous venons de le rapporter , eft conftant dans tou- 
tes les chenilles à feize pattes. Ces chenilles les plus com- 
munes , nous fourniflent les plus grandes efpéces de cette 
fection. 

Après les chenilles à feize pattes , viennent celles qui 
n'en ont que quatorze. Ces dernieres varient entr'elles 
pour l’arrangement &t la diftribution de leurs pattes mem- 
braneufes. Dans toutes , on voit fix pattes écailleufes atta- 
chées aux trois premiers anneaux ; & enfuite huit pattes 
membraneufes, Mais les unes ont le quatriéme & le cin- 
quiéme anneau fans pattes , enfiyte huir pattes intermé- 
diaires aux quatre anneaux fuivans , & les trois derniers 
anneaux nuds fans aucunes pattes , fans les pattes pofté- 
rieures. Les autres au contraire ont ces deux pattes pofté- 
rieures , & feulement fix pattes intermédiaires , mais diffé- 
remment pofées. T'antôt après Les pattes écailleufes ; font 
trois anneaux fans pattes , puis trois autres qui donnent 
naiffance aux pattes intermédiaires , & enfuite deux an- 
neaux nds entre ces pattes &.les poftérieures ; tantôt 
après les pattes écailleufes , il ny a que deux anneaux 
nuds , mais après les fix pattes intermédiaires , il y en 
a trois.avant le dernier anneau.où font les pattes poftérieu- 
res : ainfi la différence entre ces chenilles , confifte en ce 
que des cinq anneaux nuds & fans pattes , il y en a 
trois pofés devant les pattes intermédiaires , & deux après 
ces pattes dans les unes ; tandis que dans les autres il n'y en 
a que deux devant ces mêmes pattes & trois après elles. 

Les chenilles qui n’ont que douze pattes , fuivent im- 
médiatement celles qui en ont quatorze. Ces chenilles 
après les fix pattes écailleufes ou après les trois premiers 
anneaux , ont quatre anneaux de fuite nuds & fans pattes , 
enfuite deux anneaux,auxquels font attachées quatre pattes 
intermédiaires feulement. Ces anneaux font fuivis de deux 
autres qui font nuds , & enfin du dernier anneau partent les 
deux pattes poftérieures. Ainfi ces chenilles à douze pattes 
ont lix pattes écailleufes , quatre pattes intermédiaires & 


x4 HISTOIRE ABRÉGÉE 

deux poférieures. Le grand efpace de quatre auneaux qui 
fe trouve entre les pattes écailleufes & les intermédiaires, 
oblige ces chenilles de marcher différemiment des autres, 
En général les chenilles à feize & à quatorze pattes mar- 
chent en formant des efpéces d’ondulations., ou un mou- 
vement fucceflif & progreflif , femblable à celui qu’on 
appelle mouvement vermiculaire ; à caufe de l’aétion fuc- 
cellive de leurs pattes nombreufes. Les chenilles à douze 
pattes ne marchent pas de même , & elles ne le pourroient 
point à caufe des quatre anneaux qu’elles ont de fuite 
dépourvüs de pattes. Lorfque ces chenilles veulent avans 
cer , elles fe cramponent contre une branche avec leurs 
pattes écailleufes , & attirent leurs pattes intermédiaires &c 
tous les anneaux poftérieurs contre ces mêmes pattes 
écailleufes , enforte que les anneaux fans pattes fe trouvent 
élevés en demi- cercle, & forment une efpéce de boucle : 
pour lors elles tiennent ferme & immobile la partie pofté- 
rieure de leur corps’, par le moyen de leurs pattes intermés 
diaires & poftérieures , & elles avancent la partie anté- 
rieure de toute la longueur des quatre anneaux nuds qui 
formoient une efpéce de cercle. Dans ce moment leur 
corps fe déploye , s’allonge , & leur tête eft portée en 
devant ; enfuite elles répétent la même manœuvre & tirent 
de nouveau la partie poftérieure vers le devant , pour faire 
aprés cela un fecond pas en faifant avancer la partie anté= 
rieure. Cette maniere de marcher s'exécute promptement, 
& ces chenilles courent plus vite que les précédentes , 
quoiqu'elles ayent moins de pattes. En marchant ainfi à 
différens pas, elles femblent mefurer & arpenter le chemin 
qu’elles font ; c’eft ce qui les a fait appeller par.la plûpart 
des auteurs , geometres ou arpenteufes. Ces arpenteufes à 
douze pattes font aflez groffes. 

IL y a d’autres chenilles plus petites qui font auffi du 
nombre des arpenteufes ; ce font celles qui n’ont que dix 
pattes. Ces dernieres , après leurs fix pattes écailieufes , ont 
cinq articles de fuite fans pattes ; enfuite on voit deux pat- 


DES INSECTES. is 
tes intermédiaires feulement, placées fur le neuviéme an- 
neau , & les deux poftérieures fur le dernier ou le douzié- 
me , tandis que le dixiéme & le onziéme n’ont point 
de pattes. Ainfi ces arpenteufes n'ont que deux pattes 
intermédiaires , deux poftérieures & fix pattes écaillenfes. 
Elles arpentent encore à plus grands pas que les précéden- 
tes , ayant cinq auneaux de fuite fans pattes. Ces petites 
arpenteufes ont une fingularité remarquable. Leur corps 
fort peu garni de pattes , eft cylindrique , & de couleur 
terne approchante de celle du bois , ce qui fait qu’on 
le prend aifément pour un petit morceau de branche. Les 
politions qu’elles prennent fouvent ne contribuent pas peu 
à jetter dans la même erreur. Ces chenilles ont aflez 
de force pour tenir tout-leur corps droit , tantôt roide, 
tantôt un peu fléchi , & fougenu feulement par leurs deux 

attes poftérieures qu’elles cramponnent à l'arbre. Quand 
elles font ainf pofées & immobiles , elles reflemblent 
à une petite branche , à un brin de bois, & il.eft dificile de 
les diftinguer , quoiqu'’on les ait fous les yeux. Nous parle- 
rons des phalènes fingulieres que donnent ces chenilles 
arpenteufes ; lorfque nous examinerons le genre des phalé- 
nes en particulier. 

Enfin les chenilles qui ont le plus petit nombre de 
pieds , font celles qui n’en ont que huit. Ces dernieres 
n'ont-point du tout de pattes intermédiaires ; elles n’ont 
que fix pattes écailleufes placées à l’ordinaire fous les trois 
premiers anneaux , & les deux poflérieures qui naïffent du 
dernier anneau ; tous les autres anneaux de leur corps n'en 
ent point. Ces chenilles font les plus petites de toutes. La 
plüpart d'entr’elles appartiennent aux teignes , dont nous 
parlerons plus bas. Comme ces chenilles de teignes fe 
logent ordinairement ou dans des fourreaux qu’elles fe 
forment de différentes matieres , ou dans l’intérieur des 
feuilles , des fleurs & d’autres fubftances femblables , elles 
n'ont pas befoin de pattes intermédiaires qui leur feraient 
inutiles , les pattes écailleufes & les poftérieures leur fuffi- 


16 * HISTOIRE ABRÉGÉE 

fent pour avancer ou reculer , en faifant fortir les unes 
ou les autres des extrémités de leurs loges ou de leurs 
fourreaux. 

On voit par le détail que nous venons de donner du 
nombre & de la pofition des pattes des chenilles , combien 
ces larves différent entr’elles à raifon de ces parties. Aufli 
les infeétes parfaits qu’elles donnent , forment des genres 
très - différens les uns des autres , comme nous le verrons 
bientôt. J'avois d’abord efpéré pouvoir découvrir une 
efpéce d’uniformité entre les chenilles qui fourniffent les 
infeétes parfaits du même genre : mais plus je les ai exami- 
nées & obfervées , plus je me fuis détrompé à cet égard. 
Des phalênes du même genre & de la même famille, qui 
paroiflent très-femblables pour lé caraëtere , doivent quel- 
quefois leur origine à des chenilles qui varient entr’elles 
pour le nombre & la figure des pattes , enforte qu'on 
ne peut établir fur cet article aucune régle fixe d’après les 
chenilles , & il n’eft pas poflible de déterminerfürement le 
genre d’infecte parfait que donnera une chenille que l’on 
nourrit ; quoiqu'on l’examine avec attention. Néanmoins 
nous verrons dans le détail des genres de cette fettion ; 
quelques généralités fur les différentes chenilles & les 
infeétes parfaits qu’elles donnent : mais ces généralités ne 
font pas fans exceptions. | 

Après avoir examiné les parties extérieures des che- 
nilles , il nous refteroit à donner le détail anatomique 
de leurs parties intérieures. Mais comme dans cet Ouvrage 
nous nous fommes botnés à l’examen extérieur des in- 
feûtes , nous renvoydns les leteurs à la differtation de 
Malpighi , fur le ver à foie , qui eft une efpéce de chenille 
des plus utiles , & à l'examen que Swammerdam a fait 
pareillement de l’intérieur des chenilles , dans fon excel- 
lent ouvrage fur les infeétes *. Nous nous contenterons de 
parler de deux ou trois parties qui ont rapport à l’extérieur 
de ces infeétes. dd 

* Swamerd, Biblia Nature, Lugd, bat. 1738 , fol, 2 vol, 


Nous 


ES 


LA CDIPASE ANSE CTE SE 1 
Nous avons remarqué fur le corps des chenilles dix-huit 
fgmates, neuf de chaque côté.:Ces ftigmates font les 
ouvertures par lefquelles l'infeéte refpire , à chacune def: 
quelles aboutit un-vaifleau aérien. Ces vaifleaux féparés 
vont tous fe réunir. à deux longués trachées , qui tiennént 
lieu de poulmons , & qui reçoivent & rendent continuelle- 
ment Pair ; qui eft néceffaire à linfeéte , comme aux plus 
grands animaux*Outre ces deux longues trachées , on voit 
dans le corps de la chenille plufieurs autres parties. La 
principale eft un long & gros canal, qui part de la bouche 
& sétend jufqu’à l’anus. Ce canal qui tient lieu d’efopha- 
ge , d'eftomach & d'inteftins , eft fouvent rempli d’ali- 
mens , dont ia couleur verte le fait aifément appercevoir, 
À côté de ce canal ; eft un vaifleau arteriel qui tient lieu 
du cœur, & aux deux côtés , font deux autres vaifleaux qui 
vont aboutir à la filiere ou à l'ouverture quieft fous la levre 
inférieure de la'bouche!, & qüi contiennent une liqueur 
claire , tranfparente , dont l'infé@e forme la foie qui com- 
pofe fa core. Enfin le refte du corps eft rempli d'uné ma- 
tiere graifleufe ; qui peut aider à faciliter les différentes 
transformations de l’infete que nous allons examiner. 
Lotfque la; petite chenille fort de l’œuf où elle étoit 
renfermée ; elle-ccommence par fe nourrir de la plante qui 
ui convient. Ordinairéemént la mere a eu foin de placer fes 
œufs fur cette plante , quoique fouvent elle l'ait quittée, 
& ne s’en foit point approchée depuis fa transformation, 
“depüis le tems qu’elle, étoit devenue infeéte parfait. La 
“petite: chenille ; ainfi à portée:de fa nourriture ;; croît 
prômptement ;/mais en croiffant ellé ne garde pas la peau 
‘qu'elle a apportée en naiffant , elle en chance plufieurs 
#ois à diflérens tems, Cette peau n'eft pas fufceptible de 
lextenfon néceffaire à l’accroifflement prompt de ce petit 
animal ; enforte qu’elle:eft obligée de fe fendre. Ce premier 
.changement fe fait au bout! de dix ou douze jours. L'in- 
eûe fe. gonfle & fe contracte alternativement , jufqu’à ce 
que fa peau fe fende-fur le dos entre fon fecond.& fon 
Tome IL. CHA € 


18 HISTOIRE ABRÉGÉE 

troifiéme anneau , & pour lors , la petite chenille un peu 
fatiguée fe tire de cette peau ou dépouille , comme d'un 
fourreau , & paroït avec une autre peau qui étoit cachée 
fous la premiere. Cette feconde peau plus large , étoit pro- 
bablement pliflée fous la précédente. C’eft ce que Pon 
peut penfer en voyant la chenille plus grofle après ce 
changement. Au bout de cinq ou fix Jours , il s’en fait un 
fecond femblable , qui, après un pareil nombre de jours eft 
fuivi d'un troifiéme , & enfin quelque tems après il s’en 
fait un quatriéme. Ainfi les chenilles changent plufieurs 
fois de peau , comme les autres larves ; & dans plufieurs, 
nous avons obfervé que ces changemens étoient au nom- 
bre de quatre. Quelques-unes en ont davantage , & Bon- 
net aflure que la chenille - martre ne devient chryfalide 
qu'après avoir quitté fa huitiéme peau. Après le dernier 
changement , les chenilles mangent & croiflent encore, 
jufqu'à ce que,parvenues à leur dernier degré d’accroiffe- 
ment , elles foient prêtes à fe métamorphofer. 

Cette métamorphofe , par laquelle la chenille pañle de 
l'état de larve à celui de chryfalide, fe fait comme dans 
les autres infeêtes, par un nouveau dépouillement. Elle 
quitte fa derniere peau , qui cachoït à nos yeux la chryfa- 
lide , & paroit fous cette nouvelle forme , qui elle-même 
recouvre l'infeéte parfait qui en doit fortir. Mais avant que 
les chenilles fe transforment en cryfalides, plufieurs d’en- 
tr'elles doivent exécuter un travail préliminaire long & 
délicat. Quelques-unes, comme celles des papillons , fe 
transforment en une chryfalide nue & découverte. Dans 
celles-la , il ne fe fait qu'un fimple dépouillement, après 
lequel la chryfalide eft parfaite ; elles n’ont point d'autre 
travail. Mais d’autres chenilles , toutes celles des fphinx & 
des phalênes ont leurs chryfalides cachées & à couvert 
dans une coque plus ou moins forte. L'infe&te , avant que 
de fe transformer en chryfalide, doit faire cette coque, 
qui eft ou toute entiere , ou au moins en partie , formée 
par un tiffu foyeux, que file la chenille. Cet ouvrage pa- 


DES FENSECTES: 19 
roït difficile; cependant elle l’exécute promptement , or- 
dinairement en deux ou trois Jours, par le moyen de la 
filiere qui eft placée fous la levre inférieure de fa bouche. 
Les deux vaifleaux à foie, dont nous avons parlé plus 
haut, portent à cet endroit une liqueur claire , tranfpa- 
rente & vifqueufe, qui filtrée à travers l'ouverture fine de 
la filiere’, y forme les fils de foie. La chenille, en les ap- 
pliquant à droite & gauche, parle moyen de fa bouche 
& de fes machoires , parvient à conftruire ces coques , 
dont le dehors moins uni reflemble à de la bourre , tandis 
que leur intérieur eft extrêmement liffe , pour ne point 
bleffer la chryfalide , qui doit fouvent y demeurer pendant 
un long tems. On peut aifément obferver ladrefle des 
chenilles à filer & à faire leurs coques, en élevant des 
vers à foie, qui font une efpéce de chenille, dont la foie 
eft des plus fines & des plus parfaites, & la coque admi- 
rablement bien conftruite. Il s’en faut beaucoup que tou- 
tes les chenilles qui font des coques , foient auffi habiles 
fileufes. Plufieurs font entrer dans la conftruétion de leurs 
coques , des mottes de terre, des feuilles, des brins de 
bois ou d'herbe, qu’elles uniflent & attachent enfemble, 
par le moyen de leurs fils. D’autres s’enfoncent en terre, 
pour s'y métamorphofer dans une cavité qu'elles prati- 
quent, & qui leur tient lieu de coque. Mais toutes en gé- 
néral ont foin de tapiffer l'intérieur de leur coque, d'un 
tiflu foyeux très-fin & très -uni. Nous examinerons en dé- 
tail ces chryfalides & ces coques , en faifant l’hiftoire des 
différens genres de cette fettion. 

Ces infeêtes reftent plus ou moins long-tems fous la for: 
me de chryfalide. En général , les papillons , dont la chry- 
falide eft nue, y reftent moins de tems. Prefque tous de- 
viennent infeëtes parfaits au bout de quinze ou vingt 
Jours, du moins pendant l’été ; il n’y a que ceux qui fe 
font transformés à la fin de l'automne, qui ne fubiflent 
leur dernier changement qu’au printems. Au contraire , 
les fphinx , les phalênes & les autres, dont la chryfalide eft 

Ci 


2a HisTOLRE,ABRÉGÉE 

enfermée. dans. une.coque ;; reftent beaucoup. plus long: 
tems dans cet état..La plüpart ne deviennènt infeëtes par- 
faits que l'année. fuivante ;.j'en, ai même obfervé qui ne 
font éclos.qu'au bout de deux , detrois ans , & même da- 
vantage. Plus ils doivent refter dans la coque, plus cette 
coque eft forte, dure, & d’un tiflu ferré. La chaleur ou ie 
froid contribuent beaucoup à accélérer ou à retarder leur 
{ortie. Re SP SA DS 

. Le dernier changement de ces infeêtes, celui par lequel 
ils; deviennent infeétes parfaits, s'exécute de la même ma- 
niere que dans les autres infeêtes , que nous avons déja 
examinés dans les fe@ions précédentes. La chryfalide n’eft 
que l'infecte parfait refferré:; replié., & qui doit par la 
fuite fe développer. On peut s'en affurer en examinant 
avec foin les chryfalides. On y voit toutes les parties qui 
compofent l'infeéte parfait , bien apparentes, maïs ferrées 
& appliquées les unes contre les autres. Il y à encore une 
autre maniere d'examiner les chryfalides , c'eft dans l’inf 
tant qu’elles viennent de prendre cette forme , & que la 
chenille ayant quitté fa derniere peau, vient de fe transfor- 
mer, Dans ce moment, la chryfalide eft molle & gluante ; 
on peut, avec la pointe d’une épingle , féparer & déve- 
lopper toutes les parties de l’infecte parfait, mais encore 
mollés , fans confiftence & fans mouvement. Quelques 
heures plütard , on ne peut plus faire la même opératiors 
Cette matiere vifqueufe, qui enduit la chryfalide, fe fé- 
che, unit toutes fes parties, & lui forme une efpéce de 
peau , qui devient dure & coriace. C'eft fous cette efpéce 
d'enyeloppe ou de peau étrangere, que_les membres.de 
l'infeite parfait fe trouvent à l'abri, fe fortifient & acquie- 
rent la confifience & la dureté néceffaire. Lorfqu'ils font 
parvenus à ce dernier point de perfedion , l’infette tra- 
vaille à rompre la peau dure & féche de fa chryfalide ; 
elle fe fend,. à fa partie antérieure , par lé sonflement de la 
têre & du corcelet delinfette, & petit à petit celui ci fe 
gdébarraffe & fort de cette enveloppe la tète la premiere, 

S ; 


1DESYyINSEC TES. 21 
Getteropération paroit aflez fimple .&laifée pour ceux. de 
ces.infeétes dont la chryfalide eft nue. Cette, chryfalide 
une fois ouverte , ils font'bientôt fortis & en liberté; mais : 
il n'en eft pas de même des autres, dont la chryfalide eft,, 
enfermée dans une coque , fouvent très-dure.& coriace, 
On ne conçoit pas comment un infeéte fans armes, fans 
défenfes , peut venir à bout de percer une pareille coque. 
Si on examine avec foin quelqu'une de ces coques, on ne 
fera plus furpris. On verra qu'une des extrémités de la co- 
que, celle qui regarde la tête de linfe&te, & par laquelle 
il doit fortir, n'eft point fermée, quoiqu’elle le paroïffe. 
Dans cet endroit, la chenille , en filant fa coque, laifle 
une ouverture ; qui eft cachée par des fils affez longs & 
contournésien anneaux. Ces anneaux ou anfes de foie fer« 
rés en long lesuns contre les autres, empêchent qu'aucun 
infecte étranger ne puifle pénétrer dans la. coque , & ne 
vienne attaquer la chryfalide ; mais lorfque l'infeûe par- 
fait veut fortir , ils s'écartent aifément les uns des autres, 
& lui laiffent le paffage libre. Bien plus, par le moyen de 
cette ouverture , l'infecte fe débarraffe plus aifément de fa 
chryfalide , dont l'enveloppe refte au paflage. 

Lorfque l’infeëte parfait vient de fortir de fa chryfalide 
ou de fa coque, il eft mol & humide ; fes ailes paroiflent 
mouillées & chiffonnées ,.& tout fon corps femble. plus 
gros qu'il ne fera par la fuite. L’infeête refle pendant quel- 
ques inftans tranquille & immobile , & pendant ce temss 
toutesifes parties. expofées. à l'air , fe féchent & s'affer- 
miflent ; fes ailes.fe déployent & deviennent fermes, & 
l'infeéte rend ordinairement quelques gouttes de liqueur 
par l'anus. ce qui, jointau defféchement de fon corps -le 
rend moins gros. Cette liqueur , que rend l’infeéte en for- 
tant de fa coque , eft fouvent rougeätre &.comme fangui-, 
nolente. On. voit de ces gouttes femblables à des gouttes 
defang , dans les boëtes où l’on éleve des chenilles , & 
oùelles.fe font transformées : on en voit fouvent dans les 
campagnes, le long de certains murs, auprès defquels 


25 HISTOIRE ABRÉGÉE , 
beaucoup de chenilles fe font métamorphofées ; & ces: 
prétendues gouttes de fang , ont quelquefois jetté la ter- 
reur dans l'efprit du peuple, & donné lieu à ces contes 
de pluies de fang, dans des années où les chenilles ont été 
communes.On auroit cependant pü fe détromper aifément, 
en obfervant que ces gouttes fe trouvoient non-feulement 
dans les endroits des murs expofés à la pluie, mais aufli 
fur ceux qui en étoient à l'abri, fous les revers des corni- 
ches , où il étoit évident qu’elles ne pouvoient tomber 
d’en-haut. 

L'infecte parfait forti de fa coque , & affez développé 
pour prendre fon effort, travaille bientôt à la propagation: 
de fon efpéce. Quelques efpéces même ne femblent vivre 
fous cette derniere forme, que le tems néceffaire pour 
s’accoupleg. La ponte finie , elles périffent au bout de peu 
de jours, fans avoir pris de nourriture. La nature même 
leur a donné une trompe fi courte, qu’elles ne pourroient 
s’en fervir. La phalêne du ver à foie, par exemple , eft 
dans ce cas. D'autres qui vivent un peu plus long-tems, 
fous la forme d’infeëtes parfaits, tirent quelque nourri- 
ture du fuc des fleurs. Ainfi les papillons & les phalênes, 
font bien peu de dégâts dans nos jardins & nos campa- 
gnes , tandis que les chenilles, qui les ont produits & qui: 
éclofent de leurs œufs, y caufent tant de ravages. 

Les œufs des infectes parfaits font ordinairement ronds: 
ou un peu oblongs, ou applatis ; & toujours couverts: 
d'une peau ou enveloppe fort dure. La couleur de ces 
œufs varie : les uns font blancs, d’autres gris, plufieurs 
verts , quelques-uns bleuâtres. Tantôt l'infeéte les pond 
fans ordre & en un tas, tantôt ils font rangés par bandes ,. 
& quelquefois ils enveloppent les branches, comme par 
anneaux. La petite chenille fort de ces œufs plutôt ou: 
plütard : beaucoup n’éclofent que l’année fuivante. 

Nous finirons cet article par une derniere remarque. 
C'eft que les infeétes parfaits ne prenant que peu ou 
point d'alimens, ils ne rendent pas d’excrémens fenfibles , 


S-HDES INSECTES. 23 
du moins n’ai-je pù en appercevoir , au lieu que les che- 
nilles , qui font voraces, en rendent une très - grande 
quantité. Ces excrémens des chenilles font ordinairement 
verdâtres, oblongs & quelques-uns ont des figures fingu- 
heres. Différentes efpéces en rendent qui font cannelés, 
& à plufieurs côtes. Ces conformations particulieres, dé- 
pendent de celle de l’ouverture de l'anus ; fur laquelle ces 
excrémens fe moulent en fortant. 

Cette fection d'infeétes eft très - nombreufe pour les 
efpéces , mais les genres qu’elle renferme , font en petit 
nombre. Nous allons donner une table de ces genres, à 
Jaquelle nous joindrons leurs cara@teres. 


A 
= 
re 
++ 
ss 
Pre 
+, 
ei 
j 
D! 
% 


HACK 
æ 
KHAN 
7 
Co 
AMEN NOK 
4 
AMAR MAX 


pe 


& 

Ê 
= 4 
2 
| 


ÿ 
e 
G) 


24 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


RON SUP EME ES EC TI O N 
De la claffe des Infeéles. 


INSECTES À QUATRE AÎLES FARINEUSES. 


em 


GENRES, CARACTERES.." FAMILLES.:: PARAGRAPHES. 


1. À quatre pieds. 


& ailes anguleufes. 
Pre 
Pattes antérieures 


( 1°. À chenilles épineufes 
2°. À chenilles épineufes 


> fans onglets, faifant & ailes arrondies. 
, fouvent une efpece \3°. À chenilles fans épi- 
de palatine. nes & pattes antérieures 
; . { Antennes en mafle RDA AE IS OURS RS PE 
LE PAP TUE O NS = 1: Ê Chryfalide perpen-} courtes; inais qui ne 
{ Chrylalide nue ae É > 
L diculaire. font point la palatine. 


2. À fix pieds. 

Toutes Les fix pattes à onglets, 

Chryfalide horizontale, fufpendue par ungifdans 
fon milieu. 

1°. Sphinx bourdons. 

Antennes prifmatiques prefqu'égales par-tout; 

Point de trompe. 


= + V20. Sphinx éperviers. 
Antennes prifmati- P P 


ques. Antennes prifmatiques prefqu’égales par-tout, 
LE SrHINX. Chryfalide dans uneN Trômpe en fpirale, 
coque, Chenïlle nue, portant une corne fur la queue, 


3°. Sphinx béliers. 
Antennes prifmatiques plus groffes au milieu, 
Trompe en fpirale. 
Chenille velue , fans corne. 

Ç Antennes filiformes, 

3 Trompe en fpirale, 

Ailes compofées de plufeurs branches barbues. 
d Chytitde nue & horizontale. 


LE PTERoPKHoRE. 


19, Sans trompe, 
ë o 2°, Avec une trompe & 
Antennes qui vont! . À antennes = P 


FR TE : les aîles ribatues. 
en décroiflant de | Petgnee {5° Avec une trompe & 
CPLM iaee LÉ bafe à la poin- les ailes étendues. 
4 C ’ o : L 
Chryfalide dans une : Ro à & 
« Cherille 2°. À antennes fli- d ,0, Avec une trompe & 
Épae ie formes, les aîles rabatues, 


3°. Sans trompe. 
Ç Antennes filiformes décroiflant de la bafe à la pointe. 
: MED cree et 
LA TEIGNE. . Toupet de la tcte élevé & avancé, . 
) Cheniile cachée dans un fourreau. 
Chryfalide dans le fourreau de la chenille, SECTICO 


DES [NSECTES. 2$ 


S'ÉTGAPL ONT'E KR Ten 
Claffis Infeétorum. 


INSE CTAPERMRAP DER ATALBIStFARINACGEIS, 


GENERA CARACTERES, FAMILIÆ. PARAGRAPHI. 
(. Erucis fpinofs, alis 


5 : angulofis. 
- - Tetrapi. 20, Erucis fpinofs , alis 
Pedibus anticis non rotundatis. 
ù unguiculatis. 3°. Erucis non fpinofis, 
PAPI LRO? Antennæ clavatæ, /Chryfalide perpen- pedibus anticis brevil- 
Le Papillon. Chryfalis nuda, diculari. fimis collare non effi- 
cientibus, 
29, Hexapi. 
Pedibus fex unguiculatis. 
Chryfalide horizontali, in medio filo fufpenfas 


1°, Antennæ prifmaticæ ubique ferè æquales, 
Elingues. 
: : 0, Antennæ prifimaticæ ubique ferè æquales. 
Antennæ prifmati= } nn. P ÿ JREee 
SPHINX. se næ prifimati Spirilingues. 
Le Sphinx tie: Larva lævis, cornigera. 
Ye D ND DS: ; = 
Chryfalis in puppa, 3°. Antennæ prifmaticæ in medio eraffores : 
Spirilingues, 
Larva villofa , non cornigera, 


| Antennx filiformes. 
PTEROPHORUS.\ Lingua (piralis. 
Le Prerophore. Alæ ramofæ , ramis pilofis. 


Chryfalis nuda horizontalis. 
19, Flingues. 
(20. Linguatæ, alis defle: 


Ë Antennx À bañi ad\1°. Pe@inicornes. Je 
PHALÆ,NA. apicem decrefcen- 30. Linguatæ , alis planis, 
E É PU N AE : 
a Phalêne. Chryfalis in puppa. AE Ç FE Linçuatæ, alis planis. 
Larva nuda. 2°. Antennis filifor- ) 2°. Linguatæ, alis detie- 

mibus, xis. 


*3°. Élingues. 


TINÆA. Frons prominula. 
La Teisne. Larva involucro te@a. 
Chryfalis in involucro larvæs 


Tome LIL. D 


Antenne filiformes à bafi ad apicem decrefcentes. 


26 HISTOIRE ABRÉGÉE 
PAPTLIO. 
ERP ATP IE LIL OEN: 


Antenne clavate. Antennes en mafle. 
Chryfalis nuda. Chryfalide nue. 
10, Erucis fpinofis alis 10, À chenilles épineu- 
angulofis. fes , & ailes anguleufes. 
2°, Erucis fpinofis alis À 2°. À chenilles épineu- 
n°, Tetrapi, € rotundatis. 19, À qua- Jfes & aïlesarrondies. 
3°. Erucis non fpinofis, tre pieds, 3°, À chenilles fans épi- 
pedilus anticis breviffimis nes, & pattes antérieures 
collare non efjicientibus, courtes, qui ne font point : 


la palatine. 


2°. Hexapi. 2°, À fix pieds, 


On confond fouvent fous le nom de papillons , tous les 
genres de cette fection , & bien des perfonnes donnent 
également ce nom aux phalênes , aux teignes, &c. Il s’agit 
donc, pour éviter la confufion , de bien établir les carac- 
teres, qui conftituent les différens genres de la feûion des 
infectes à quatre ailes farineufes. 

Le premier genre, celui des papillons, dont il eft ac- 
tuellement queftion , a deux caraëteres effentiels, qui le 
diftinguent de tous les autres. Le premier & le principal, 
eft d’avoir les antennes en filets plus gros vers extrémité, 
ce qui forme une efpéce de mafle ou maflue, ou fi l’on 
veut , un bouton, qui termine l’antenne. Ce premier ca- 
rattere eft effentiel au papillon; il eft le feul dans lequel 
on Pobferve : dans les autres genres , tels que le fphinx, 
la phalêne, &c. les antennes vont au contraire en dimi- 
nuant & s'aminciflant vers le bout. Le fecond cara@ere 
que nous donnons de ce genre, n’eft pas à beaucoup près 
aufli effentiel que le premier ; il confifte dans la forme de 
la chryfalide , qui eft nue , c’eft-à-dire qui n’eft point enve- 
loppée d'une coque femblable à celle que l’on obferve 
dans les phalênes , les fphinx & les teignes; mais ce der- 


DES INSECTES. 27 
nier caraétere fe trouve dans le pterophore ; comme dans 
le papillon; il eft commun à ces deux genres , enforte 
qu'on pourroit regarder le pterophore comme un papillon, 
fi fes antennes n'alloient pas en diminuant vers le bout. 
À l’aide de ces deux caracteres que nous donnons , & fur- 
tout du premier, il eft aifé de reconnoitre & de dittinguer 
les papillons. 

Les larves de ces papillons, font des chenilles, qui tou- 
tes ont feize pattes; favoir , fix antérieures écailleufes , 
huit intermédiaires & deux poftérieures. Le corps de ces 
chenilles eft compofé de douze anneaux , fans compter la 
tête. Leurs fix pattes écailleufes naiffent des trois premiers 
anneaux,fuivent enfuite deux anneaux fans pattes ; les qua- 
tre fuivans donnent naiflance aux pattes intermédiaires 3 
le dixiéme & le onziéme anneau n’ont point de pattes ; 
& enfin au douziéme ou dernier , font attachées les pattes 
poftérieures. Parmi ces chenilles , plufieurs ont le corps 
hériflé d’efpéces d’épines branchues, placées fur les an- 
neaux. Ce font les chenilles des papillons qui formert les 
deux premiers paragraphes de la premiere famiile de ce 
genre. Quelques - uns les ont appelléS papiflons - mars. 
D'autres chenil'es font rafes , ou fi elles ont quelques 
poils, ils font fi courts & fi clair-femés, qu'à peine les 
apperçoit-on. Les papillons de ces dernieres chenilles for- 
ment toute la feconde famille de ce genre, dont les pa- 
pillons ontété A tn par quelques Naturaliftes papiliones 
brafficarii , papillons #rafficaires ou du chou , parce que 
plutieurs d'entreux vivent fur le chou , & de p'us, ils 
forment le troifiéme paragraphe de la premiere famille, 
que l’on connoit fous le nom de papillons maçons ou prime 
pans, parce qu'ils gtimpent le long des murailles. Quant 
aux chenilles très-velues , rous n’en avons obfervé aucune 
qui nous ait donné des papillons , toutes fe font transfor- 
mées en phalênes. 

Toutes ces chenilles ; foit épineufes , foit liffes ou pref- 
que liffes, viennent d’un œuf dépofé par un papillon fe- 


D ij 


28 HISTOIRE ABRÉGÉE 

melle : toutes croiffent plus où moins promptement fur 
les plantes , qui leur fervent de nourriture , & elles 
changent plufieurs fois de peau: toutes enfin, lorfqu’elles 
font parvenues à leur grandeur, fubiffent une transforma- 
tion, & fe dépouillant d'une derniere peau, elles fe chan- 
gent en chryfalides. 

Ces chryfalides des papillons ne font point renfermées 
dans une coque épaifle , comme celles des vers à foie & 
des autres phalênes, dont nous parlerons par la fuite; 
elles font à nud , attachées ordinairement par leur partie 
poftérieure , & quelquefois encore par le milieu de leur 
corps, aune branche, ou à quelqu'endroit faillant d'un mur, 
qui les mette à l’abri de la pluie. Leur figure eft oblon- 
gue; elles font anguleufes, & comme armées de plufieurs 
pointes , fur-tout fur la tête & le corcelet, Ces pointes 
ont paru à quelques Naturaliftes , repréfenter une efpéce 
de vifage d’une perfonne couverte d’un voile ou de ban- 
delettes , ce qui les a engagés à donner aux chryfalides le 
nom de zymphes. Plufieurs de ces chryfalides font toutes 
dorées, ou ont feulement quelques taches qui paroïfent ou 
dorées ou argentées , ce qui les a fait appeller parles Grecs 
chryfalis , & par les-Latins aurelia. M. de Reaumur me 
paroîit un de ceux qui a le mieux expliqué la caufe de 
cette couleur d'or, dont ces chryfalides font parées. Il 
Pattribue à un fac blanc épais, qui tapife l’intérieur de la 
peau de ces chryfalides , & qui paroiffant à travers cette 
peau jaunâtre , prend une teinte jaune & dorée , à peu 
près comme le vernis que l'on étend fur les cuirs dorés, 
donne une couleur jaune aux feuilles d’étain, dont ces 
cuirs ont d’abord été couverts. 

Les chryfalides des papillons varient entr’elles par 1a 
couleur , qui eft tantôt verte , tantôt noire; d’autres fois 
brune , & quelquefois dorée ou argentée, par le plus ou 
moins de pointes dont elles font chargées, & fur-tout par 
leur pofition, ou la maniere dont elles font attachées & 
fufpendues. Cette derniere différence eft la plus effen- 


DES INSECTES 29 
tielle , & c'eft à celle-là qu’il faut particuliérement s’at- 
tacher. 

Toute la premiere famille des papillons, qui ne fe fer- 
vent que de quatre pattes pour marcher, donne des chry- 
falides , qui ne font attachées que par la queue. Leur corps 
eft fufpendu perpendiculairement la tête en bas. Pour cet 
effet, quand la chenille veut fe métamorphofer , elle file 
un peu de foie , qu’elle attache au-deffous de quelqu’en- 
droit avancé d'un toit ou d'un mur. Enfuite elle attache 
à ces fils, fes deux pattes poftérieures, par le moyen des 
crochets nombreux dont elles font garnies & couronnées. 
Elle fe tient ainfi fufpendue la tête en bas, un peu relevée 
cependant, & c’eft dans cette fituation gênante , qu'elle 
fe change en chryfalide , en quittant fa derniere peau. 
Cette opération fe fait cependant très-promptement, & 
on eft étonné au bout de quelques inftans, de voir , au lieu 
de la chenille, une chryfalide pofée de même, & qui 
tient aux mêmes fils , par quelques petits crochets, dont 
fa queue eft hériflée. Mais fi l’on voit la chenille faire cette 
même opération , on eft encore plus étonné de la promp- 
titude & de l’adrefle avec laquelle elle exécute un travail 
aufli difficile. Elle tenoit aux fils, qu’elle avoit tendus, 
par fes pattes poftérieures ; lorfque fa peau fe fend , que 
la chryfalide en fort, il faut que fa queue aille, au fortir 
de l’étui qu'elle quitte , s'implanter dans ces mêmes fils. 
La chenille , ou du moins fa chryfalide le fait. Elle fe 
tient accrochée à la peau qu’elle quitte , en la pinçant ; 
& pendant ce tems , elle fait une efpéce de faut, par le- 
quel fa queue ;, en fortant de la peau qu'elle quitte, eft 
pouflée contre les fils où elle s'accroche, le tout au rifque 
de tomber à terre , fi elle manquoit fon coup, ce qui ce- 
pendant n’arrive que bien rarement. Ainfi fufpendue , elle 
abandonne fa peau ou fa dépouille, que l’on trouve fou- 
vent en un petit paquet chiffonné , encore attachée auprès 
d'elle. Telle eft la maniere dont fe fufpendent les chryfa- 
lides des papillons qui compofent les trois paragraphes 


30 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de la premiere famille de ce genre. Ces chryfalides ont 
encore une particularité remarquable , c’eft que leur tète 
eft garnie de deux pointes en forme de cornes. 

Ceux de la feconde famille ont une manœuvre un peu 
différente. Leurs chryfalides font à la vérité attachées par 
la queue, ainfi que les premieres ; mais au lieu d'étre 
fufpendues perpendiculairement la tête en bas , elles font 
pofées horifontalement , & comme attachées contre le 
plan du toit ou de la branche où elles fe font fixées, par 
le moyen d'un anneau ou d’une anfe de fils, qui paffe par 
deffous , à l’endroit du corcelet , & les fufpend ainfi par 
le milieu du corps , outre l’autre attache de la queue. 
Pour faire cette manœuvre, après que la chenille a atta- 
ché les fils dans lefquels elle accroche fes pattes de der- 
riere, elle file ceux qui compofent l’anfe ou anneau dans 
lequel elle doit fe fufpendre, & affermit fortement par les 
deux bouts, cette anfe compofée de plufieurs fils de foie. 
Pour lors, elle y pañle fa tête & la partie antérieure de fon 
corps , & refte ainfi pofée jufqu’à ce qu’elle fe change en 
chryfalide. Lorfque cette chryfalide fort de la peau de la 
chenille , elle fe trouve foutenue par le même anneau, 
ce qui l’aide à exécuter avec plus de facilité l’efpéce de 
mouvement par lequel elle tire fa queue de la peau 
qu’elle quitte, & va l’accrocher dans les fils qui font pla- 
cés à cet endroit. Telle eft la maniere dont fe fufpendent 
toutes les chryfalides des papillons de la feconde famille. 
Cette manœuvre eft la même dans tous. Il y a cependant 
une petite différence,en ce que les unes font pofées plusho- 
rizontalement , & les autres plus obliquement , & un peu 
moins étroitement appliquées contre le plan fur lequel 
elles font atrachées, felon que l'anneau de fils , qui lestient 
fufpendues ; eft plus court ou plus lâche. Comme ces der- 
nieres différences ne font point effentielles , nous n avons 
pas cru devoir partager cette derniere famille de papiilons 
en plufieurs paragraphes, comme nous aurions pü le fai- 
rc, fi elle eût été beaucoup plus nombreufe. Nous nouscon- 


DES INSECTES: 31 
tenterohs de quelques marques diflinétives, que nous fe- 
rons remarquer dans un moment, & qui peuvent fervir, 
fi l'on veut , à établir différentes divifions parmi les papil- 
lons de cette famille. Il y a cependant une remarque 
effentielle , par rapport à ces chryfalides. Toutes font an- 
gulaires , comme nous l'avons dit, & ont le devant de leut 
tête qui fe termine en une feule pointe ou corne, en quoi 
elles différent de celles des papillons de la premiere fa- 
mille ; mais il faut excepter de cette régle générale les 
chryfalides des chenilles cloportes, qui donnent les petits 
porte-queues & la plüpart des argus. Ces dernieres chry- 
falides ne font point angulaires & pointues ; elles font 
coniques & ovales, comme celles des phalênes , quoi- 
qu'elles foient nues & fufpendues tranfverfalement , com- 
me les autres de cette famille. 

C'eft de ces différentes chryfalides , que fortent ces pa- 
pillons , dont nous admirons les vives couleurs, & qui 
pendant l'été, font un des plus beaux ornemens des cam- 
pagnes & de nos jardins. Lorfque la chenille eft venue de 
bonne heure , & qu'elle ne s’eft pas mife trop tard en chry- 
falide pendant l'été ; on voit le papillon éclore au bout de 
quinze jours ou de trois femaines au plus. C’eft ce qui arrive 
au plus grand nombre des papillons. Mais fi quelques che- 
nilles plus tardives, ne fe font mifes en chryfalides qu’à la 
fin de l'automne , pour lors elles pañlent tout l'hiver dans 
cet Ctat, & le papillon ne paroït qu'au printems fuivant. 
Ceux qu'on voit dans les premiers beaux jours du mois 
d'avril, viennent de ces chryfalides d'hiver, qui éclofent, 
ou bien ce font des papillons qui fe font refugiés l'hiver 
dans quelque trou, & qui ont pailé toute cette faifon fous 
cette forme. 

Les papillons ou infeétes parfaits , que donnent les diffé- 
rentes chenilles , ont tous un corps allongé , compofé de 
la tête ; du corcelet & du ventre. Ils ont deux antennes 
plus groffes à leur extrémité , fix pattes & quatre grandes 
ailes couvertes d’efpéces d'écailles farineufes. Mais il y a 


32 HISTOIRE ABRÉGÉE 
quelques différences à obferver quant aux antennes & aux 
pattes dans les deux familles de ce genre, & dans les dif- 

férentes divifions qui compofent la premiere famille. 
Tous les papillons qui font rangés dans la premiere fa- 
mille de ce genre , ont les antennes terminées par un bou- 
ton prefque rond, ou feulement un peu ovale. Ce bouton 
examiné de près, paroit compofé, comme le refte de l’an- 
tenne , de plufieurs anneaux , mais beaucoup plus courts 
& plus ferrés. Au contraire , les papillons de la feconde 
famiile ont l’antenne terminée par une partie plus groffe, 
mais qui dans la plüpart ne forme point un bouton, com- 
me dans les efpéces précédentes. C’eft une partie allongée 
comme un fufeau : l'antenne fe renfle vers le bout pout 

former la maffe , qui enfuite fe termine en pointe. 

uant aux pattes, leurs différences font bien plus mar- 
quées , & elles nous ont fervi à diflinguer les deux familles 
de ce genre. Nous avons appellé les papillons de la fe- 
conde famille, papillons à fix pieds, parce qu'ils ont fix 
pattes toutes faites de même ; toutes terminées par des 
crochets ou onglets , & dont ils fe fervent également pour 
marcher. Il n'en eft pas de même des papillons de la pre- 
miere famille ; ils ne marchent qu'avec leurs quatre pattes 
poftérieures, & c’eft pour cette raifon que nous les avons 
appellés paprllons à quatre pieds. Is femblent réellement 
n'avoir que quatre pattes. Il eft vrai que fi on les examine de 
près , on voit que ces papillons.ont fix pattes , comme les 
autres , mais les deux pattes antérieures leur font inutiles, 
au moins pour marcher & fe foutenir. Dans les papillons 
du premier & du fecond paragraphe de cette famille, ces 
pattes de devant font courtes , fort velues, fans crochets 
ou onglets à leur extrémité, & l'infette les tient toujours 
collées & appliquées en-deflous de fa tête , où elles reflem- 
blent à un cordon de palatine , plus propre à parer l'animal 
qu’à lui être utile. Dans les papillons de la troifiéme divi- 
fion de cette même famille, ces pattes antérieures ne font 
pas velues ; elles ne forment point la palatine autour . 
col ; 


DES LNSECTUES. 33 
col, mais elles font fi courtes & fi petites ; qu'elles de- 
viennent inutiles à l'animal , qui ne fe fert que des quatre 
autres. Nous avons déja dit que ces derniers papillons ont 
été appellés maçons ou grimpans. 

Ainfi, pour réfumer les différences qui fe trouvent entre 
les familles & les divifions de ce genre , rapprochons les 
particularités que nous venons de détailler. 

La premiere famille eft compofée de trois paragraphes. 

Dans le premier , les papillons viennent de chenilles 
épineufes ; pue antennes font terminées par un bouton 
prefque rond; les pattes de devant font courtes, velues 
& ramaffées près du col , & les aîles de ces papillons font 
anguleufes , & fouvent très-découpées à leurs bords. C’eft 
ce que l’on peut remarquer fur le papillon gzmma ou ro 
bert-le-diable. 

Les papillons du fecond paragraphe , ont tous les mê- 
mes caracteres que ceux du premier, à une feule difé- 
rence près, c'eft que leurs aîles ont leurs bords arrondis & 
nullement découpés. 

Le troifiéme paragraphe approche du fecond ; mais il 
en différe en ce que les chenilles de ces papillons font fans 
épines, & que leurs pattes antérieures font très - courtes ; 
mais nullement velues. 

Les chryfalides des papillons de ces trois paragraphes , 
font toutes pofées perpendiculairement , fufpendues par 
la queue, & la tête en bas. 

La feconde famille renferme les papillons à fix pattes ; 
dont toutes les pattes fervent également à marcher ; & de 
plus, la chryfalide de ces papillons eft pofée tranfverfa- 
lement, attachée par la queue & le milieu du corps ; au 
moyen d’un anneau ou d’une anfe de fils, qui Îa tient fuf- 
pendue. Aucun de ces papillons ne vient d’une chenille 
épineufe , & plufieurs ont le bouton qui termine l'antenne, 
one comme un fufeau. 

T'els font les caracteres effentiels , auxquels il eft aifé de 


diftinguer ces diflérens papillons. On pourtoit encore di- 
Tome IL, E 


34 HISTOIRE ABRÉGÉE 
vifer la feconde famille en plufieurs ordres fort naturels. 
Nous aurions d’abord les papillons à queue ; caudati , qui 
ont une longue appendice aux ailes inférieures. Ce pays- 
ci n’en fournit que deux , mais les pays étrangers augmen- 
teroient beaucoup cet ordre. Les chenilles de ces papil- 
lons ont une fingularité. On voit fortir d’entre leurs pre- 
miers anneaux , des efpéces de produdtions charnues & 
molles, qui leur font particulieres. Après ce premier or- 
dre, viendroient les papillons à petite pointe aux aïles in- 
férieures, caudati minores. Ces efpéces font toutes affez 
petites , & viennent de petites chenilles ovales & ramaf- 
fées , que M. de Reaumur a défignées fous le nom de cle- 
nilles cloportes , à caufe de leur reffemblance avec les clo- 
portes. Les différentes efpéces d’argus , dont les ailes font 
chargées d’un nombre infini de petits yeux, & les papil- 
lons du chou pourroient encore faire différens ordres à 
part ; mais nous n’avons pas cru devoir les diftinguer, 
jufqu à ce que nous euflions des caraëteres bien certains. 
Tous les papillons de ces différens ordres , ont une 
trompe affez longue, qu'ils roulent & retirent dans la ca- 
vité de leur bouche. Leur nourriture ordinaire fe trouve 
fur les fleurs , où ils vont fuccer cette liqueur mielleufe, 
fi recherchée des abeiïlles, & que fourniffent les glandes 
des fleurs , que les Botaniftes ont appellées glandes neéla- 
riféres. Les papillons, pour tirer cette liqueur , déployent 
leur longue trompe , & attirent par fon moyen, ce neétar 
doux & fucré. C'eft-là leur feule nourriture ; elle fuffit 
pour les foutenir pendant tout le tems de leur vie, qui 
n'eft pas longue ; car à peine font-ils parvenus à cette der- 
niere forme, qu'ils s’accouplent, qu’ils pondent & qu'ils 
périflent. Ils ne reftent que peu de jours fous la forme 
brillante de papillon , après avoir rampé pendant plu- 
fieurs mois de fuite fous la figure lourde & grofliere de 
chenille, | 


& 


1e 
A 


Jv 


DES INSECTES. as 
PREMIERE E 4 M1!LLE. 
Papillons à quatre pieds. 
$. PREMIER. 

A chenilles épineufes & aïles anguleufes. 
1. PAPILIO als nigris, maroine poflico albido. 


Linn. faun. fuec. n. 772. Papilio tetrapus , alis angulatis nigris, margire 
poftico albido. 

Linn. [yf. nat. edit. 10, p. 476 , n. 112. Papilio nymphalis anthiopa, 

Hoffn. inf.t.3,f.2,@t.6,f.3. 

Jonft. inf.t.s,f.s & is. 

Raj. inf. 135. Papilio maxima nigra, alisutrifque, tam exterioribus, quam 
interioribus limbo lato albo cinétis. 

——— 136. Papilio maxima nigra, alis utrifque limbo albo lato cinâis. 

Biblior. regi. Parif. p. 20, f. omnes. 

De geer. mem. pag. 694, pl. 21, f. 8, 9. Papillon à antennes à bouton & à 
quatre jambes, rouge-brun , dont les ailes ont un bord blanc-jaunarre, 


Rofel. inf. vol. x , tab. 1 , claÿ. 1, Papil. diurn. 


Le morio. 

Longueur 1 + pouce. Largeur 3 pouces. 
Ce grand & beau papillon, eft un des plus rares de ce 
Po Ses ailes ont des pointes & des angles à leur 
ord , comme celles de tous ceux de cet ordre; elles font 
noires , tant en-deflus qu’en-deflous , avec un bord large 
de deux lignes environ, & d’un blanc fouvent un peu jau- 
nâtre. Le bord fupérieur de laîle , n’a point cette bande ; 
mais en-deffus, il a deux taches blanches allongées. Le 
bord inférieur de Paile , avant la bande blanche , a fou- 
-vent une rangée de lunules violettes ou bleuätres , peu 
marquées. Le corps & les antennes de liñfeéte font noirs. 
On trouve fa chenille fur le bouleau , le faule & l'olier, 
où.elle vit en fociété. Elie eft chargée d'épines , qui font 
fimples & fans branches ; elle eft noire, avec de grandes 
taches rouffätres fur le dos, & fes huit jambes intermé- 
diaires , de même couleur rouffe. Les crochets des jam- 
bes membraneufes , forment prefqu’une couronne com- 


E ij 


fs 


36 HISTOIRE ABRÉGÉE 
plette. Sa chryfalide ef noire , avec quelques taches rou- 
geatres. 


2. PAPILIO als fulyis nigro maculatis ; omnibus 
ocello cæruleo vartegato. 

Linn. faun. fuec. n. 776. Papilio tetrapus, alis angulatis fulvis nigro macu- 
latis , omnibus ocello cϾruleo variegato. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 472, n. 88. Papilio Nymphalis gemmatus 10. 

Mouffet. lat. p.99 , f. infima. Regina omnium. 

Hoffn. inf. r. 12,/f. 0. 

Jonft. inf. p.45, n. 4,t. 5, f. 20e 


Merian. europs 1 ; pe 10,t. 16e 
Goed. lat. 1 ,p. 23, f. 1. Oculus pavonis. & gall. tom, 2, tab. 1° 


Lift. goed. p. 1.f.r. 

Pétiy. muf. p. 34, n. 314. Papilio , oculus pavonis di&tus. 

Ab inft.4,fes. 

Reaum. inf. 1,t.2$,f2, 1e 

Raj. inf. 122 , n. 13. Papilio elegantiffima ad urticariam accedens, fingulis 
alis maculis oculos imitantibus. 

Biblot. reg. Par. p. 17, f $,p. 18, f. omnes. 

tofel. inf. vol, 1 , tab. 3, claff. 1: Papill. diurn. 

Le paon de jour , ou l’œrl de paon. 

Longueur 13 lignes. Largeur 2 + pouces. 


Le paon , ou l'œil de paon, eft très-aifé à reconnoître 
par les yeux de paon, qu’il porte en-deflus ,au nombre de 
quatre , un fur chaque aile, ce qui lui a fait donner le 
nom qu'il porte. Ses ailes fort anguleufes , font noires en- 
deffous ; en-deflus elles font d’une couleur fauve rougeä- 
tre. Les fupérieures ont à leur bord d’en-haut , deux ta- 
ches noires allongées , avec une tache jaune entr'elles. 
À leur extrémité , fe trouve l'œil, grand , rougeâtre au mi- 
lieu , entouré d'un cercle jaune , accompagné d’un peu 
de bleu vers le côté extérieur. De ce même côté, en fui- 
vant la direétion du bord , font cinq ou fix taches blan- 
ches , rangées par ordre. Les aîles inférieures font plus 
brunes , & ont chacune un grand œil d’un bleu noirâtre 
au milieu , entouré d’un cercle gris. La chenille de ce 
papillon eft d’un noir foncé , piqué d’un peu de blanc. 
On la trouye communément fur la grande ortie, 


DES INSECTES. 27 


3. PAPILIO a%s fulyis nigro maculatis ; primariis 
punclis quatuor nigris. 

Linn. faun. fuec. n. 773. Papilio tetrapus alis angulatis fulvis nigro macula- 
tis, primariis punétis quatuor nigris. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 477, n. 113. Papilio nymphalis polychloros, 

Aldrov. inf. t. 3 , f. 7. Polychloros. 

Merian. europ. 2 p. 1: te 2. 

Goed. lat. 1 ,p. 175 ,t. 77. © gall. tom. 2, tab, lxxvij. 

Lift. goed. 5 , f. 3. 

Raj. inf. 118, n. 2. Papilio urtiaariam referens major , alis amplioribus , quam 
ulmariam vocitare foliti fumus. 

—— 306, n. 14. Éruca medie magnitudinis , corpore è cinereo nigricante, 
fpinulis raris in quolibet annulo ramofs fulvis. 

Petiv. muf. 34, n. 315. Papilio teftudinarius major, 

Albin. inf. 55. 

Reaum. inf. 1,1.23,f.1, 2. 

Frifch. germ. 6 , p. 7,t. 3. Eruca cœrulefcens, fpinis luteis, 

Rofel. inf. vol. x , tab. 2, claf]: 1. Papil. diurn. 

Jac, l'amir. inf. tab. 15. 


La grande tortue. 
Longueur 1$ lignes. Largeur 1 pouces 4 lignes. 

Ses aîles anguleufes font de couleur fauve en-deffus. 
Celles de deffus ont à leur bord fupérieur quatre taches 
noires un peu allongées , entre lefqueiles Paile eft plus 
jaune & plus claire qu'ailleurs. Dans le milieu de l'aile , il 
y a quatre autres taches plus petites , ifolées & pareille- 
ment de couleur noire. Les ailes inférieures ont leur moi- 
tié d'en-haut noire , & le refte de la même couleur que 
les fupérieures. Le bord extérieur des unes & des autres, 
eft noir , avec une raie jaune dans le milieu de cette 
bande noire. En-deffous, les aîles font d’un brun noir- 
tre. La chenille entre-mêlée de brun & de jaune , fe trou- 
ve fréquemment fur l’orme. Sa chryfalide eft remarquable 
par quatre ou fix points argentés , pofés en deux bandes 
longitudinales , dont elle eft ornée. On a appellé ce pa- 
pillon , tortue ; papilio tefludinarius , parce que fes cou- 
deurs imitent celles de l’écaille de tortue. 


4. PAPILIO ais fulyis , nigro maculatis , primariis 
punilis tribus nigris. 


38 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Linn. fan. fuec. n. 774. Papilio tetrapus, alis angulatis fulvis nigro macu- 
latis, primariis punis tribus nigris. 

Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 477 ; n. 114. Papilio nymphalis urticz, 

Mouffec. lat.p. or, n11,f.5$, 6 

Hoffn. inf. 1, 1.4. 

Goed. inf. 1, p.90, f. 11, @ gall. tom. 2, tab. xxj. 

Lift. goed. 1,35 f. 2e 

Jonft. inf. t. 5, f. 26. 

Merian. europ. 1 ,p. 15.» + 44e 

Robert. icon. t. 5. 

Bradl. natur. t: 27, f. 2. : 

Petiv. muf. 316. Papilio tefludinarius minor. 

Raj. inf. 1u7, n. 1. Papilio urticaria vulgatiflima , rufo , nigro ; cœrulcg 
& albo coloribus varia. 

—— p. 118. Eruca nigra , feu pulla fetigera urticaria. 

—— p.348, ne 18. idem. 

Albin. inf. 4 ,f. 6. 

Swamerd. bib. nat. tab, 35, f. 12e 

Erifch. germ. 6 ; t. 2. 

Reaum. inf. 1,t.26,f. 6,7. 

Rofel. inf. vol. 1, tab. 4, claf, 1. Papil. diurn, 


La petite tortue. 
Longueur 11 lignes. Largeur 1 pouces. 

Il y a beaucoup de reffemblance entre ce papillon & fe 

récédent. Celui-ci eft plus petit ; il a au bord exté- 

rieur des aîles de deflus, vers l'angle extérieur , entre les 
taches noires , une tache blanche , qui n’eft point dans le 
précédent. De plus, fur le milieu des aîles de deflus, il 
n'ya que trois taches ou points noirs ifolés , au lieu de 
quatre , qui fe voyent dans la grande tortue. Enfin les 
bords extérieurs des aîles de deflus & de deffous font noirs, 
avec une raie Jaune ; mais ils ont de plus, fur la ban- 
de noire, des lunules ou croiffans bleus. En-deffous ; les 
ailes font d’un brun ondé par nuances, & celles de deflus 
ont dans leur milieu une grande tache jaune pale. 

La chenille noirâtre fe trouve en quantité , & fouvent 
par troupes , fur la grande ortie. 


$- PAPILIO a%s laceris fulvis nigro maculatis ; 
. Jecundariis fubtus G albo notatis. 


Linn. faun. fuec. n. 775. Papilio tetrapus , alis angulatis fulvis nigro maculatis ; 
fecundariis V albo notatis. 


DES INSECTES: 39 

Linn. fyfe, nat. edit, 1o , p. 477, n, 115. Papilio nymphalis € album: 

Mouff. lar, 103 ,n.2,f. 2. Papilio diurna media fecunda, 

Hoffn. inf. 2 , 1.7. 

Merian. inf. 1 ,p, 6t. 14. 

Peri. muf. Papilio tefludinarius , alis laceris. 

Alb. inf. t, 54. Papilto alis latiniaris. 

Raj. inf. 118, n. 3. Papilio ulmariæ fimilis fed minor , alis laciniatis , intério- 
ribus linea alba incurva nôtatis. 

—— p. 349 , nm 21. @ p. 119. Eruca lupulacea hirfuta è rufo nigricans, 
macula feu areola alba longa in medio dorfo notata. 

Erifch. germ. 4 , p.6,t.4, fig. $. Eruca fpinofa femialba , fémique lutea, papi- 
lione ybülo græco in ala. 

Reaum. inf. 1 ,t: 27 ,f, 9 10. Idem: 1,1. 27 ,f. 1. Eruca, 

Rob, icon. t. 23. 

De geer. mem. p. 694; pl. 20, fig. 9; 10. Papillon à antennes à bouton & à qua: 
tie jambes , dont les ailes inférieures font marquées en-déflous d'un € blanc, 

Rofel. inf. vol 1 , tab. s , claffe x. Papil. diurn.. 


Le samma ou robert-le-diable. 
Longueur 10 lignes. Largeur 22 lignes. 


Les ailes de cette efpéce font très-anguleufes , & com- 
me déchiquetées à leurs bords. En-deflus elles font fauves, 
avec plufieurs taches noires , dont quelques - unes , au 
nombre de quatre ou cinq, font ifolées , & les autres tien- 
nent enfemble. En-deflous elles font plus ou moins bru- 
nes , ondées de différentes nuances & quelquefois d’un 
peu de bleu , & de plus ; les ailes inférieures ont chacune 
dans leur milieu en-deffous une tache blanche de la forme 
d'un G. Cette tache à fait donner à ce papillon le nom de 
gamma ; & fa couleur de diable enrhumé , ainfi que la 
découpure finguliere de fes ailes ; l’ont fait nommer par 
d’autres , robert-le-diable. Ses pattes font blanches dans 
leur milieu. 

Sa chenille épineufe eft brune fur les côtés , & a fur 
te dos une large bande longitudinale blanche , qui ne 
va 1e jufqu’aux quatre premiers anneaux , ce qui la fait 
reflembler à Phabillement d’un bedeau , d’où elle a reçu 
le nom de chenille Bedeau ; eruca bicotor. Elle fe trouve 
fur le houblon , le grofelier & quelques-autres arbres. 
Quoique fon papillon foit commun , on ne la rencontre 
cependant pas fréquemment, 


49 HisTOIRE ABRÉGÉE 


6 PAPILIO as nigris albo maculatis, ommibus 


fefci a arClata COCCinea. 


Linn. faun. fuec. n. 777. Papilio tetrapus , alis denticulatis nigris albo macula- 
tis, omnibus fafcia arcuata coccinea. 

Linn fyft. nat. edit. 10, p. 478, n. 119. Papilio nymphalis atalanta, 

Hoffñn. inf. 1 ,t.2, edit, akt.t.2,f. 15. 

Mouff. lat. p. 100 ; f. 3, 4. Papilio diurna fexta. 

Goed, lat. 1,p. 96, f. 26 € gail. rom. 2 , tab. xxvj. & tom. 3 , tab. 39, Inferne: 

Lift. goed. p. 10 , f. 4. 

Merian. europ. 2 , pe 4(st+41e 

Reaum. inf. 1,1. 10,f. 8, 9. 

Albin. inf. $. 3e 

Petiv. muf. p. 35 , n 327. Papilio major rigrefcens tricolor , circulo fere fan: 
guineo ornatus. i R 

Ra). inf. p. 126, n. 1. Papilio major nigrefcens , alis maculis rubris & albis pul= 
chre illuftratis. 

Biblioth reg. Par.p.4,n.6.@p.r2,n.1 —8. Ep.16,f. 34. 

De geer. mem. p. 694, pl. 22, fig. $. Papillon à antennes à bouton & à quatre 
jambes , dont chaque aile a une large bande rouge. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 6, claff. 1. Papil. diurn. 

Jac. l'amir. inf. tab. 13. 


Le vulcain. 
Longueur 13 lignes. Largeur 2 à pouces. 


Le vulcain a les aîles dentelées un peu anguleufes: 
Elles font en-deflus de couleur noire , avec une large ban- 
de rouge fur chacune , outre quelques taches blanches au 
bord des aîles fupérieures , ce qui le fait aifément recon- 
noître. En-deflous , les ailes fupérieures ont les mêmes 
taches rouges & blanches qu’en-deflus , & de plus quel- 
ques ondes bleues fur un fond noir entre ces taches. Les 
ailes inférieures en-deffous font marbrées de différentes 
nuances de brun. Les antennes font compofées d’anneaux 
alternativement blancs & noirs. Le nom de yulcain a 
apparemment été donné à ce beau papillon , à caufe des 
taches ou bandes couleur de feu qui font fur fes ailes. 
Sa chenille épineufe eft noire , elle a de chaque côté 
du corps une fuite de traits de couleur citron. Elle fe 
trouve fur l’ortie. Ce papillon eft commun, fur-tout à la fin 


de l'été. 
7: 


DES INSECTES, 41 


7. PAPILIO as fulvis albo nigrogne variegatis , 
Sfecundariis ocellis quinque. 

Lian. faun. Juec. n. 778. Papilio tetrapus , alis dentatis fulvis albo nigroque 
Variegatis , fecundariis ocellis quinque. 

Linn. (yff. nat. edit. 10, p.475 , n. 107. Papilio nymphalis gemmatus cardui, 

Mouff. lat. p. 101,n.8,9,f. 1,2. 


Tioffn. inf. t. 7, f. 3, edit. alt. 4,t. 5. 
Goed. lat. 3, p. 1, f. 1. & gall. com. 1 , tab. ve 


Lift. goed. p. 14, f. 6. 

Merian. europ. 3, p. 52, f. 15 , edit. ulr, 88. 

Albin. inf. LV. 

Reaum. inf. 1 ,t.16,f. 11,52. 

Petiy. muf. p. 35, n. 326. Papilio eleganter variegatus , agilis, bella donne 
diâus. 

Raj. inf. p.122, n. 13. Papilio major pulchra nigro, rufo , albo, colcribue 
Varia. 

Jonft..inf.t. se 

Rofel. inf. vol. 1 , tab, 10, claff. 1. Papil, diurn. 


La belle-dame. 


Longueur 1 pouce. Largeur 2 pouces $ lignes. 


Cet élégant papillon a les aîles dentelées , peu anguleu- 
fes. Les fupérieures en-deflus font mêlées üe taches fau- 
-ves , un peu couleur de cerife vers le bord intérieur, & de 
taches blanches au bord extérieur vers le bout de l'aile, le 
tout fur un fond noir peu foncé. Les inférieures font 
de couleur fauve rougeâtre , avec plufieurs taches noires, 
dont il y a une rangée de forme ronde qui borde l'aile. En- 
deffous , les ailes fupérieures font prefque toutes de cou- 
leur de cerife , avec quelques taches noires , blanches & 
jaunes. Les inférieures font marbrées de gris , de Jaun: & 
de brun , avec cinq taches en forme d’yeux , rangées en 
bandes qui bordent l'aîle au même endroit , où font en- 
deffus les taches rondes & noires. L'élégance des couleurs 
de ce papillon , l’a fait appeller la belle-dame , 4e//a donra. 
Sa chenille de couleur grife & épineufe , fe trouve fur ls 
chardons & les cirf£um , & fur-tout fur le chardon 
velu à-feuilles d'acanthe. Carduus 1omentofus acanthi 

olz0. 


Tome IL F 


42 HiSsTOIRE ABRÉGÉE 
$. II. DE LA PREMIERE FAMILLE: 
A chenilles épineufes & aïles arrondies. 


8, PAPILIO als dentaris fulvis nigro macudaiis , 
fübtus lineis tranfverfis argenteis. 

Linn. faun. fuec. n. 779. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro 
maculatis, (ubrus lineis argenteis tranfverfis nigris. : 

Linn. fyft. nat. edit 10, p.481, n, 138. Papilio nymphalis payhia. : 

Petiv. muf, 35, n. 3 1. Papilio fritillarius major , lineis fubrus argenteis. 

Raj. inf. p.119, n. 4. Papilio major , alis fulvis maculis nigris in fupina parte, 
prona tran{verfis , areis argenteis depiäis. 

Rofel inf. vol. 1 , tab 7, claff, 1-Papil. diurn, 

Le tabac d’efpagne. 

Longuur 15 lignes. Largeur 2 pcüces 7 lignes. 

Les aîles de cette grande & belle efpéce font en-deflus 
de couleur fauve ou de tabac d’efpagne , avec quelques 
raies longitudinales , & plulieurs rangées de taches noires 
rondes , qui fuivent la dire“ion du contour de l'aile. En- 
deffous les aîles fupérieures font comme en-deflus ; mais 
les inférieures ont des bandes tranfverfes un peu obliques 
& comme ondées , de couleur d’argent ou de nacre, & de 
plus elles font lavées d'une petite teinte de vert. Je n'ai 
jamais trouvé la chenille de ce beau papillon. M. Aubriet 
lavoit eue chez lui,où elle étoit éclofe des œufs que le pa- 
“pillon avoit pondus. Elle étoit épineufe , mais elle périt 
faute de nourriture , M. Aubriet ne connoïffant pas les 
feuilles dont elle fe nourrit , & lui en ayant offert plu- 
fieurs fans fuccès. Le papillon fe trouve dans les bois , 
& eft difhcile à attraper. 


9. PAPILIO aës dentatis fulvis nigro maculatis fubtus 


maculis 21 argenteis. Plarch. 11, fig. 1 , 2. 


Linn..faun. fuec. n. 780. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro 
maculatis, (ubtus maculis 21 argenteis. 

Linn. [yff. nat. edit. 10 , p.481, n. 140. Papilio nymphalis aglaia. 

Mouff. lat. p. 101 ,f.3,4,n. 50. : 

Periv. muf. p. 35, n, 320. Papilio fritillarius major , maculis fubtus argen- 
ÎCISe 


. 


DES INSECTES. 43 
Ray inf. p. 119, n. $. Papilio major , alis fulvis fupina parte maculis Digrie 
crebris , prona etiam argenteis eleganter pidis. 
Rofel. inf. tom. 4, tab. xxy, 
Jac. l'amir. inf. tab. x9. 


Le grand nacre. 
Longueur 1 pouce. Largeur 2 pouces 3 lignes. 

Ses ailes arrondies & peu dentelées font fauves en- 
deffus , avec des taches & des raies noires. En-deffous, les 
ailes fupérieures font d’une couleur fauve plus pale , avec 
des taches noires femblables , & quelquefois un peu de 
nacre vers l'angle extérieur ; mais les inférieures prefque 
jaunes , ont de grandes plaques argentées où nacrées , au 
nombre de 20 , 21, ou 24 fur chacune ; favoir , une bande 
qui borde l’aile , ordinairement compofée de fept taches 
en forme de croiflant , une au milieu pofée tranfverfale- 
ment , compofée de fept , huit & quelquefois dix taches, 
les unes plus grandes, les autres plus petites ; & enfin cinq 
ou fix taches aflez grandes , pofées irréguliérement proche 
la bafe de l'aile , ou vers l'endroit où elle s'attache au 
corps de l'infeête. On trouve fouvent ce beau papillon 
dans les bois ; il vole vite & fort haut & eft très - difficile à 
faifir. Sa chenille eft épineufe , de couleur noire, avec une 
bande de taches fauves de chaque côté, & une bande plus 
pâle fur le dos. Elle eft très-rare. 


10. PAPILIO aës dentatis fulyis nigro maculatis ; 
Jubtus maculis 37 argenters. 
Linn. faun. fuec. n. 781. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis , ni« 


gro maculatis, fubtus maculis 37 argenteis. ; 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p.481, n. 141. Papilio nymphalis lathonia. 


Hoffn. inf. 1.12, fr. 
Rob. icon. t. 11. 
Petiv, muf. p. 51, 11. 510. Papilio rigenfs aureus minor maculis argenteis fubtus 


perbelle notatus. 
Raj. inf. p. 120 , n. 6. Idem ac petiverus. 
Rofel. inf. vol. 3, fupplen. 1 , tab. 10 , claf. 1. Papil. diurn, 


Le petit nacre. 
Longueur 10 lignes. Largeur 2 pouces. 


Ce papillon varie pour la grandeur ; il y en a d’un tiers 
Fi 


44 HISTOIRE ABRÉGÉE 

plus petits les uns que les autres. Ses ailes font en-deffus 
de couleur fauve , avec des taches ou gros points noirs 
diftinds & féparés les uns des autres. Les fupérieures font’ 
en-deflous jaunes , avec des points noirs femblables , & 
fept ou huit taches nacrées bien marquées vers l’angle: 
extérieur de l'aile ; favoir , quatre plus grandes vers le 
bord rangées de front , deux ou trois petites plus haut que: 
les précédentes , & une encore plus haut en forme de: 
croiffant , plus grande , mais moins apparente. Les ailes. 
inférieures en-deffous font jaunes , avec une trentaine de: 
taches argentées fur chacune ; favoir , fept grandes le long 
du bord ; fept petites plus haut entre les premieres ; huit 
autres grandes de diverfes formes dans le refte de l'aile, &. 
fix ou huit petites entre ces grandes. Nous ne connoiffons. 
point la chenille de ce papillon qui doit être épineufe. 
KRofel, dans fes figures, la repréfente de couleur brune, 
avec deux longues bandes jaunes , une de chaque côté. 
On trouve fouvent le papillon dans les mois de juillet &: 
d'août. 


11. PAPILIO a4s dentatis fulvis nigro maculatis ;. 
fubtus maculis 9 argenteis. 

Linn. faun. fuec. n. 782. Papilio tetrapus , alis rotundatis dentatis fulvis nigro- 
maculatis, fubtus maculis 9 argenteis, 

Linn. (ff. nat. edit. 10, p. 481 , n. 142. Papilio nymphalis euphrofyne. 

Petiv. muf. p. 35, n. 322. Papilio fritillarius maculatus præcox. 

Raj. inf. 120 , n. 7. Papilio fritillarius major , alis fulvis fuperne maculis nigris 
teflelatis. 

Le collier argenté. 

Longueur 7 + lignes. Largeur 18 lignes. 

Les ailes de cette efpéce font en-deflus de couleur jau= 
ne, mais plus jaune & plus pâle que dans les précédentes, 
avec des nervures ,; des bandes tranfverfes noires , & 
une double rangée de points de même couleur diftin@s & 
ifolés , qui parcourent les bords des aîles. Le deflous des 

A fe > 
ailes fupérieures eft femblable au deflus , fi ce n’eft que la 
couleur jaune eft encore plus pâle , & que les taches noires 


DES INSECTES. 4ç 
font moins marquées. Les aîles inférieures pareïllement 
jaunes ; ont chacune en-deflous neuf taches argentées ; 
favoir, fept triangulaires qui parcourent le bord inférieur 
de l'aile , & forment comme un collier argenté ; une 
huitiéme plus grande fituée dans le milieu de l'aile ; & une 
neuviéme plus petite vers fon bord extérieur. Souvent ces 
aîles ont en-deffous dans leur milieu une bande tranfverfe 
plus jaune que le refte & prefque de couleur citron. On 
trouve très - communément ce papillon dans les bois ; 
fa chenille n’eft pas connue. 


12 PAPILTO as dentatis fubsis nigro variegatis ; 
Jubtus fafciis tribus flavis. 


Linn. fyff. nat. edit. 10 , p: 480 , n. 137. Papilio alis dentatis fulvis nigro’ 
maculatis, fubtus fafciis-tribus favis. Ibid. Papilio nymphalis cinxia. 

Aël. Upf. 1736 ; pe 22 , n. 24. Papilio alis ereétis fubrotundisteflaceis , pun@is 
pallidis , lineolis undulatis fufcis , fubtus albo variegatis, 


Peviv. gazoph. 28 , te 18 , f. 10. Papilio fritillarius lincolnienfis | fafciis 
fubtus pallidis. 


Raj. inf. v21; n. 9. Idem ac Petiver. - 
Rofel. inf. tom. 4, tab, xii). 


Le damier. 
Longueur 6 lignes. Largeur 18 lignes. 


Ileft peu de papillons qui varient autant que celui-ci ; 
voici les principales variétés que j'ai trouvées. 


A: Papilio alis dentatis fulyis nigro maculatis 
Jubtus fafciis tribus flavis. 


Linn. faun. fuec. n. 783. Papilio tetrapus alis rotundatis dentatis fulvis nigro 
maculatis , fubtus fafciis tribus flavis. 


LR: 


B. Papilo als dentatis fulvis nigro reticularis ; 
Jubtus fafciis tribus flavis. 

C. Papilio alis dentatis fulvis nigro reticulatis & 
punilatis , fubtus fafciis tribus flavis. 

D. Papilio alis dentaris fubis nigro reticulatis & 
punilatis , utrinque fafciis tribus flavis. 


La premiere de ces variétés eft fauve en-deflus , parfe= 


46 HisTOIRE ABRÉGÉE 

mée de taches noires rondes & de points ifolés, comme le 
petit nacré ; en-deffous elle a des petits points femblables , 
& fa couleur eft la même , à l’exception du bord des at'es 
fupérieures , qui eft d’un jaune citron , & de trois bandes 
jaunes tranfverfes fur les ailes inférieures. * 

La feconde reffemble: à la premiere pour la couleur, 
mais au lieu de points noirs ifolés , elle a , tant en-deflus 
qu'en-deflous , des nervures noires longitudinales & tranf- 
verfes qui fe croifent & forment des mailles ou quarrés , à 
peu près comme fur un damier ou un échiquier. 

La troifiéme variété plus grande que les autres , leur 
teffemble pour la couleur , & outre les mailles de fes 
ailes femblables à celles qui fe voyent fur la feconde , elle 
a une rangée de points noirs pofés chacun fur le milieu d’un 
quarré , le long du bord des ailes inférieures, tant en-deflus 
qu'en-deffous. 

Enfin la quatriéme a les mailles de la feconde & les 
points de la troifiéme , & outre cela trois bandes jaunes 
tranfverfes fur les quatre aiîles , tant en-deflus qu'en-def- 
fous ; le refte de fes aîles eft fauve. 

On trouve communément ces papillons dans les boiss 
Leurs chenilles font épineufes & fort rares. 


$. III. DE LA PREMIERE FAMILLE. 


A chenilles fans épines , & pattes antérieures courtes quë 
ne font point la palatine. 


13. PAPILIO a%s rotundatis dentatis nigro - fufcis 
omnibus fafcia albida , primariis ocello duplici ; fecun- 
dariis urico. 

Biblioth. reg. Par. p. 38. f. Omnes, 

Srlene. : 


Longueur 14 lignes. Largeur à pouces 3 lignes. 

Le filene ef un des grands papillons de ce pays- ci. En- 
deffus , fes aîles font d’un noir brun , avec une large bande 
tranfverfale blanche proche le bord extérieur. Sur cette 


DES INSECTES. 47 
bande ; font aux aïîles fupérieures deux efpéces d’yeux 
blancs entourés d’un cercle noir , l’un proche l'angle exté- 
rieur , l’autre très-petit vers le milieu de la bande blanche, 
Sur les aîles inférieures , il n’y a qu’un œil vers le bas de la 
bande blanche. Le deffous du papillon eft femblable au 
deffus, fi ce n’eft que le noir des ailes inférieures eft pana- 
ché d'ondes blanches. Ce papillon n’eft pas des plus com- 
muns. On le trouve dans les forêts, 


14, PA PILIO a%s rotundaris fufcis, fubtus primariis 

océllo triplici ; inferioribus quintuplici. 

Linn. foun. fuec. n. 788. Papilio tetrapus alis rotundatis fufcis ; fubtus pri- 
mariis ocello triplici, inferioribus quintuplici, 

Linn. fyft. nat. edit. to, p. 471, n.85. Papilio danaus feftivus hyperanrus. 

Petiv. muf. p. 34, n. 313. Papilio medius , omnino fufcus, plurimis ocellis ni- 
gris in circulis luteis fubtus ornatus. 

Raj. inf. 129 , n. 7. Papilio media tota pulla | prona alarum parte ocellis 
aliquot è pun&o albo , duplici circulo nigro & (ordide lute® cin@to compof- 
tis 1lluftrata. 

Jac. l'amir. inf. tab. 30. 


Triflan. 
Longueur 9 lignes. Largeur 18 lignes. 

Ce papillon eft tout brun en-deflus. En-deffous il eft 
auffi de couleur brune , mais un peu plus claire , avec trois 
yeux fur chacune des ailes fupérieures,& cinq fur les infé- 
rieures. Ces yeux font formés par un point ou prunelle 
blanche , entouré d’un cercle noir , qui lui-même eft 
enfermé dans un autre cercle jaune. Les yeux des aîles 
fupérieures font plus petits , & leur prunelle paroït peu ; 
ceux des inférieures font plus marqués. Les deux qui font 
placés proche le bord extérieur , fe touchent , & les trois 
autres difpofés en bande tranfverfale & prefqu'à égale 
difance , font près du bord intérieur. Ce papillon eft 
commun dans les bois. 


45. PAPILIO als rotundatis fufcis ; fingulis fuëtus 
ocellis quinque & limbo pallidiore. 


La Baccante. 
Longueur 10 lignes, Largeur 13 lignes: 


48 HISTOIRE ABRÉGÉE 

La baccante eft toute brune en-deflus. En-deflous elle 
eft à peu près de la même couleur , mais la moitié in- 
férieure de fes aîles eft plus pâle & même blanche dans les 
ailes de deffous. Sur cette partie blanche , font cinq petits 
yeux fur chaque aile , & le bord de l'aile eft terminé 
par trois raies brunes parallèles. Ces yeux des ailes font 
formés par un point ou prunelle blanche entourée d’un 
cercle noir , autour duquel eft un fecond cercle jaune ; 
& 1: tout eft enfermé par un troifiéme cercle brun ; mais 
les yeux des ailes fupérieures n’ont pas de point blanc au 
milieu , & des cinq que l’on compte fur ces aïles , les 
trois d’en-haut font beaucoup plus petits , & les deux d’en- 
bas plus grands. Ils fe touchent tous & forment une bande. 
Les yeux des ailes inférieures ont tous la prunelle blanche. 
Deux d’entr'eux fe touchent & font placés près le bord 
extérieur ; ceux-là font d’une grandeur moyenne. Les 
trois autres font éloignés des premiers ; & des trois ,il yen 
a deux grands & un très-petit proche le bord extérieur. On 
trouve ce papillon dans les bois : les fauts qu'il fait en 
voltigeant l'ont fait appeller la baccante. 


46. PAPILTO abs rotundatis dentaris fufcis , fulvo 
maculatis , primariis ocello unico , fecundariis fuperne 
quadruplicr. 

Linn. (ff. nat. edit. 10 , p. 473 , n. 98. Papilio nymphalis gemmatus ægeride 

Reaum, inf. 1 . 1, 127» fe 163 17 . 

Tircis. 


Longueur 8 lignes. Largeur 10 lignes. né 


Ses ailes font arrondies , mais un peu dentelées à leurs 
bords. Elles font en-deffus de couleur brune , avec des 
taches d’un jaune fauve , aflez grandes , ifolées & fépa- 
rées les unes des autres , de formes différentes , la plüpart 
rondes ou quarrées , au nombre de dix ou douze fur les 
ailes fupérieures , & de deux ou trois fur les inférieures. 
Les ailes fupérieures ont vers l’angle du bout un œil formé 
par un point blanc , entouré d’un cercle noir. Les infé- 

rieures 


DES INSECTES, u 
fieures ont une rangée de quatre yeux ; dont le dernier 
placé près du bord extérieur, eft petit & fouvent manque, 
enforte qu'il n’y en a que trois. Ces yeux ont un cercle 
extérieur jaune de plus que ceux des aîles fupérieures. E:- 
deffous les ailes fupérieures font à peu près comme en- 
deflus, fi ce n’eft qu'elles font plus claires , parce que leurs 
taches jaunes font bien plus grandes & fe touchent en 
plufieurs endroits. Les inférieures font d'un brun gris, 
marbré & nuancé fans yeux ; on apperçoit feulemeñt quel- 
ques veftiges des yeux qui font en-deflus. Les antennes de 
ce papillon ont la maffe du bout un peu allongée , comme 
dans tous ceux de cet ordre, & fa chenille repréfentée 
dans le premier volume des Mémoires de M. de Keaumur, 
tab. 27 , n'eft point épineufe. On trouve ce papillon dans 
les bois. Il eft commun dans les mois de juillet & d’août. 


27. PAPILIO as rotundatis fufcis , primariis fubtus 
füdvis ocello unico. 

Linn. faun. fuec. n. 786. Papilio tetrapus , alis rotundatis Iævibus fufcis, pri= 
moribus fubtus fulvis ocello unico. 

Linn. [yfl. nat. edit. 10 > p. 475 , n. 104. Papilio nymphalis gemmatus jurtinas 

Hoffn. inf. t. 1,f.1,edit.alr.4,t. 0. 

Petiv. muf. 34, n. 309. Papilio pratenfs oculatus fufcus. 

Ra. infe 124 , n. 16. Papilio media alis {upina facie pullis , prona ex rufo 
feu fulvo & fufco variis , cum ocello ad extimum alarumt exteriorum 
angulum. 

Reaum. inf. 1, t 11, fe %e 


Corydon. 
Longueur © lignes. Largeur 21 lignes, 

Ses quatre ailes font en-deffus de couleur brune un peu 
cendrée , & celles de deffus ont chacune une tache longue 
tranfverfe plus foncée , qui partant du corps ou de la bafe 
de Paile , s’avance jufqu’à la moitié environ. En-deflous 
les aîles fupérieures font jaunes, avec un bord brun, large 
environ d’une ligne & demie vers le côté extérieur. De 
plus , elles ont chacune à leur angle extérieur un petit œil 
noir ; avec un point blanc dans fon milieu. Lesaïles infé- 
gieures font brunes, un peu plus claires cependant qu’en: 

Tome IL, 


so HISTOIRE ABRÉGÉE 

deffus , & elles ont chacune quatre petits points noirs ; 
dont deux font plus grands & deux plus petits ; ces der- 
niers manquent aflez fouvent. On trouve ce papillon dans 
les bois. 


18. PAPILIO a4s rotundatis dentatis Jupra fufcis ; 
primariis macula fulva , infra é fulyo & fufco undula- 
is , primoribus utrinque ocello. 

Raj. inf p.124, n. 17. Papilio media , alis extérioribus faperne media parte: 
rufis , oris puliis , ocellis etiam in rufa parte confpicuis. 

Alin. inf. t. 53 

Rofel. inf. vol. x, fupplem. x , tab. 34, fig. 7, 8 , claï], x. Papil. diurn. 

Jac. l’amir. inf. tab. 19, 

Myrtil 

Longueur 1 pouce. Largeur 2 poucess- 

En-deflus ce papillon eft tout brun , fi ce n’eft que le 
milieu de fes ailes fupérieures eft fauve , ce qui forme une 
large tache de cette couleur. En-deflous les ailes fupérieu- 
res font chargées de trois nuances de couleurs différentes. 
A leur bafe , elles font d'une couleur fauve rougeatre aflez 
foncée , qui s'étend prefque jufqu’à la moitié de l'aile. Les 
deux tiers de la partie qui refte font d’un jaune plus clair, 
& le bord eft brun. Sur le jaune clair , eft un œil noif avec 
un point Blanc dans fon milieu ; cet œil paroït des deux 
côtés en-deflus & en-deffous. Les aîles inférieures font 
en-deffous d’un brun un peu fauve , avec une farge bande 
ondée , qui les traverfe d’un côté à l’autre dans leur mi- 
lieu , & qui eft de couleur plus claire que le refte. On 
trouve ce papillon avec les précédens. 


19. PA PILIO a%s rotundatis fulvo fufcoque nebulofrs ; 
primariis fefqui-ocello , fecundariis fupra tribus ; infra 
Jeptem ocellis. 


Linn. faun. fuec. n. 785. Papilio tetrapus , alis rotundatis fufco nebulofs, 
primariis fefqui ocello , fecundariis quinis ocellis. 

Linn. (yff. nat. edit. 10 , p. 473, n, 96, Papilio nymphalis gemmatus mére 

Mouff. lat. p, 104,7. 9 , f. 10, 

Jonft, inf. p.58, m 9,16 


DES INSECTES, si 

Merret. pin. 198 , n. 19. Papilio ultima parte alæ exterioris clypeolo figro, 
quem medium punéum eburneum ornat, decoraga. 

-Merian. europ. 2, p.10, t. 4. (edit. ultim. )t. 54. 

Robert. icdn. 15 , f. 2. 

Raj. inf. 123, n. 15. Papilio media alis fulvo feu rufo & nigricante colore 
variis , cum ocello prope extimum angulum alarum ex:eriorum. 

Periv. muf, p. 34 5 n. 312. Papilio oculatus ex aureo & fufco marmo- 
ratus. 

Jac. l'amir. inf. tab. $. 


Le fatyre. 
Longueur 11 lignes. Largeur 21 pouces. 

Ce papillon varie infiniment : non - feulement les mâles 
différent des femelles , mais parmi ceux du même fexe , on 
en trouve qui ont des différences très-fenfibles. En général 
tous ont les ailes en-deflus variées & comme nébuleufes 
par un mêlange de brun & de fauve. Les males ont ordi- 
nairement plus de brun : fouvent toutes leurs ailes font 
brunes en-deflus , avec une bande fauve feulement fur 
les bords , qui eft entrecoupée par des nervures brunes : 
d’autres fois outre cette bande, il y a fur le refte des ailes 
des taches fauves. Les femelles ont leurs ailes fauves en- 
deflus ; il y a feulement quelques raies brunes ondées. Les 
ailes fupérieures ont en-dellus vers l'angle un œil noir avec 
la pupille blanche : fouvent cet œil eft allongé & a deux 
prunelles blanches ; enfin quelquefois à coté de cet œil, 
il y en a un très-paetit comme un point du côté extérieur, 

qui cependant , malgré fa petitefle, a une pranelle blan- 
che bien diftinéte. Les ailes inférieures ont ordinairement 
en-deffus trois yeux , dont un placé du côté du ventre , 
eft très: petit , & quelquefois manque , enforte qu’alors 
il n’y en a que deux ; d’autres fois au contraire 1l y en a 
quatre au lieu de trois. En-deflous les ailes fupérieures 
font fauves , avec des raies ondées , brunes , plus nom- 
breufes & plus noires dans les mâles que dans les femel. 
les. Ces aïles ont en-deffous les mêmes yeux qu’'en-def. 
fus. Les aîles inférieures font en-deflous brunes , ondées 
de bandes tranfverfales finuées , de couleur cendrée plus 
claire dans les femelles que dans les mâles. Ces ailes ont 
Gi] 


52 HISTOIRE ABRÉGÉE Le 
conftamment en-deffous fept yeux fort jolis. Leut milieu 
eft formé par un point blanc entouré d’un cercle noir, 
Autour eft un cercle fauve entouré d'un autre brun ; 
celui-ci eft lui-même enfermé par un fecond cercle fauve, 
& un dernier cercle brun termine le tout. Tous ces cercles 
étroits & bien marqués font un effet très- joli. Il faut 
remarquer que des fept yeux dont nous parlons , les deux 
les plus proches du ventre s’uniffent &t fouvent fe confon- 
dent enfemble par leurs bords. 

Ce papillon eft très-commun dans les bois & les jardins. 
Il fe pofe ordinairement fur les murs & fur les pierres. Sa 
chenille qui n’eît point épineufe , fe nourrit d’une efpéce 
de gazon; gramen poa. 


20. PAPILIO als rorundatis fulvis , oris fufcis ; 
primariis ocello duplici continuo , fecundariis duobus 
parvulis , infra fufco cinereoque rebulofes. 

ÆArmnary lis. 

Longueur 7 4 lignes, Largeur 17 lignes. 

Ses quatre aîles en-deflus font fauves , & entourées 
d’un large bord de couleur brune. En-deffous les fupé- 
rieures font de même qu'en-deffus , mais les inférieures 
font ondées & marbrées de brun & de blanc cendré. Les 
ailes fupérieures ont vers Pangle extérieur un œil allongé, 
avec deux prunelles blanches féparées , ou , fi l’on veut, 
deux yeux qui fe touchent & fe confondent. Ces yeux 
paroiflent des deux côtés. Les aîles inférieures ont deux 
très-petits yeux féparés l’un de l’autre vers le milieu de 
l'aile ; ces yeux paroifflent aufli des deux côtés. 

J'ai une variété de ce papillon , du moins je la regarde 
comme telle. Elle ne différe qu'en ce que les ailes fupé- 
rieures ont en-deffus fur leur milieu fauve une tache large 
& longue , de couleur brune, placée obliquement , & 
que les inférieures ont trois petits: yeux, un du côté du 
“ad > & deux du côté oppofé , aflez proches l’un de 

autre. 


DES INSECTES: s3 
Ontrouve ce papillon dans les bois. 


21. PA PILIO as rorundatis fulvis , oris fufeis ; 
prèmariis fubtus ocello unico , fecundariis fubtus albo 
cinereoque variegaiis. 

Linn, faun.. fuec. n. 789. Papilio tetrapus, alis rotundatis fulvis , primariis 
fubtus ocello unico , fecundariis fubtus albo fafciatis. 

Linn. (yff. nat. edit. 10, p.472, n.86. Papilio danaus feftivus pamphilus. 

Periv. muf. p.34, n 311. Papiliunculus aureus oculatus in ericetis frequens. 

Ray. inf. 125, n. 19. Papilio parva è fulvo & fufco bicolor , fulvo mediam 


alam , fufco oras extremas occupante , cum ocello ad extimnm angulum 
alarum exteriorum. 


Reaum. inf,2.,t.9,f.6 


Procris. 
Longueur s lignes: Largeur x pouce: 


Ce petit papillon eft en-deffus de couleur fauve , avec le 
bord des aïles brun : ce bord eft étroit. Le deffous des 
ailes fupérieures eft de la même couleur ; avec un petit 
œil à l'angle extérieur ; qui quelquefois paroît un peu en- 
deflus. Les aîles inférieures font en-deffous de couleur 
brune cendrée , avec une bande tranfverfe blanche ondée. 
Elles n’ont point d'yeux ni en-deflus , ni en-deflous. On 
trouve ce petit papillon dans les landes & les bruyeres. Sa 
chenille eft noire , avec une tête rouge , & fon corps 
eft chargé de tubercules ornés de quelques poils. Ces che- 
nilles forment fur le gazon des toiles dans lefquelles elles 
-vivent en fociété. : 


22. PAPILIO abs rotundatis , fuperioribus füulvis oris 
füfcis , fubtus ocello unico ; fecundariis fupra fufcis , 
infra cinereis , fafcia alba ocellifque quinis. x 


Linn. faun. fuec. n. 790. Papilio tetrapus ; alis rotundatis fulvis, fubtuscineraf: 
centibus fafcia alba ocellifque quinis, 


Cephale. 


Longueur 7 lignes. Largeur 17 lignes. 


Ses aîles fupérieures font fauves , entourées d’un bord 
brun plus large que dans Pefpéce précédente ; & elles ont 


S4 HISTOIRE ABRÉGÉE 
en-deffous vers l’angle extérieur un petit œil. Les aîles 
inférieures font entiérement brunes en-deffus. En-deflous 
elles font d’un brun cendré , avec une large bande tranf- 
verfe blanche , & un bord orné d’une bande ou raie 
fouvent argentée. Sur la bande blanche , font quatre yeux 
rangés en ligne , dont les deux les plus proches du bord in- 
térieur font les plus grands , & les deux autres plus petits, 
fur - tout celui qui eft proche le bord extérieur , qui quel- 
quefois manque tout-à-fait. Outre ces quatre yeux, il yen 
a un cinquiéme plus grand & plus marqué vers le milieu 
du bord extérieur de l'aile. Celui-là eft éloigné des autres, 
On trouve fouvent ce petit papillon avec le précédent, 
dont il approche pour la grandeur & les couleurs de def. 
fus , mais dont il différe par fes yeux & la couleur du def- 
fous de fes ailes. La grandeur de l’un & de l’autre varie. 


SECONDE FAMILLE. 
PAPILLONS A SIX PIEDS. 
CP À 
LES GRANDS PORTES-QUEUE. 


23. PAPILIO a%s flavo nigrogue variegatis , fecurs: 
dariis angulo fubulato maculaque fulva. 


Linn. faun. fuec. n. 791. Papilio hexapus , alis flavo nigroque variegatis 3 
fecundariis angulo fubulato maculaque fulva. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 462. Papilio eques achivus alis caudatis concoloris 
bus flavis , fafciis fufcis, angulo ani fulvo. 

Lbid. — Machaon. 

Mouff. lat. p. 99, f. x, 2. 

Hoffn. inf. 1 »t. 12. edit alter.t. 9 , f. 10e 

Jonft. 1 Da AO! Ts 2 LES > 17 
eTIAN, EUTOP, 1 3 De 13 ste 38e 

Merret. pin. 198. Papilio diurnus maximus fecundus. 

Mife. nat. cur. ann. 2, dec. , p.49, f. 9. 

Column. ecphr. 2 , p.85, t. 86. Papilio erucæ rutacex. 

Rob. icon. 18. 

Reaum. inf, 1 ,t.30,f.1, @t.29 ,f. 9. 

Frifth. germ. 2 , p. 41, t, to. Eruca anethi. 

Periv, muf, p. 35, n, 328. Papilio major caudatus ex nigro & luteo variegatus, 


DES INSECTES. 55 
Raj. inf, 110; n. 1. Papilio alis ampliflimis , flavicante & nigto coloribus 
pulchre variegatis , interioribus caudatis. 
Biblioth. reg. parif. pag. 4, n.1 , 2. Varietas. n. 4 
Rofels inf. vol. x , tab. 1, claff: 2. Papil. diurn. 
Le grand papillon à queue , du fenourl. 


Longueur 28 lignes. Largeur 3 pouces. 


Ce papillon eft un des plus grands & des plus beaux de 
ce pays-ci. Il eft panaché de Jaune & de noir. Ses yeux , 
{:s antennes ; fa trompe font noirs. Son corps eft jaune 
fur les côtés & en-deflous , & noir en-deflus. Les ailes fu- 
périeures aflez arrondies , ou du moins terminées par 
un angle extérieur moufle, font noires, à l'exception de ce 
qui fuit ; 1°. elles ont trois grandes taches jaunes irré- 
guliéres & inégales le long du bord fupérieur de laile ; 
2°. huit petites taches demi-circulaires prefqu'égales le 
long du bord poftérieur ; & fur le milieu de l'aile , huit 
autres taches jaunes longues rangées en bande tranfverfe, 
inégales , & qui vont en grandiffant à mefure qu’elles 
approchent du bord inférieur ; le refte de l'aile eft noir, 
mais comme parfemé d’une poufliere jaune. Le deflus 
& le deflous font de même. Les aiîles inférieures font 
comme dentelées à leur bord , & une des dents ; favoir , 
la troifiéme en commençant , à compter du côté du 
corps , eft allongée en pointe ou ftilet & forme une aflez 
longue queue. Ces aïles ont leur partie fupérieure & leur 
milieu jaunes , avec quelques traits noirs feulement. Vient 
enfuite une large bande tranfverfale noire , mais couverte 
d'une poufliere bleue ou azurée , & enfin l'aile eft termi- 
née à fon bord par fix taches jaunes formées en croiffant , 
outre une feptiéme de couleur fauve rougeâtre entourée 
de bleu , qui eft la plus proche du ventre & qui forme une 
efpéce d œil. 

La chenille qui donne ce papillon eft grande & life : 
elle a feize pattes. Sa couleur eft d’un beau vert clair, avec 
une bande tranfverfale d’un noir foncé fur chaque anneau. 
Sur cette bande noire , font des taches fauves, Cette che- 


56 H1isSTOIRE ABRÉGÉE 

nille , comme on le voit , eft fort belle. Elle fe trouve fus 
le fenouil , la ferule & quelques-autres plantes ombeilife- 
res. Elle a une particularité ; c’eft que lorfqu'on lPimportu- 
ne , elle fait quelquefois fortir de fon col proche le deflus 
de fa tête , deux cornes de couleur fauve ; qui partent 
d’une même bafe & forment un Y.Ces cornes font comme 
pulpeufes & molafles , & l'infecte les retire fous fes 


anneaux. 


‘24 PAPILIO aks pallide flavis , rivulis tranfverfis 
aigris , fecundariis angulo fubulato ; maculague crocea. 

Raj. inf. p. 11, n. 3. Papilio alis amplifimis ;pallidius flavicantibus , exte- 
rioribus areolis tran{verfis nigris variis , interioribus caudatis , maculg 
in imo cœrulea. 

Mouff. lat. diurn. 3 , p.99, f. 3. 

Reaum. inf. 1, pe284, te 113 fe 3 » 4 

Jonft. inf, tab. s ,f. 5. 

-Rofel. inf. vol. à , cab. 2, claff. 2. Papil. diurns 

Merian. europ. 2 ,t. 44. fig. Superior, 

Le flambe. 

Longueur 18 lignes. Largeur 3 pouces 4 lignes. 

La forme de ce papillon eft précifément la même que 
celle du précédent. Il eft de couleur jaune un peu pale, 
Ses aîles fupérieures colorées en-deflous comme en-deffus, 
ont leur bord extérieur noir , & de plus fix bandes noires 
tranfverfes , qui partent du bord fupérieur de l'aile & vont 
en fe retréciflant vers le bord intérieur. Ces bandes font 
alternativement grandes & petites. Les grandes traverfent 
toute l'aile , & les petites ne vont pas jufqu’a la moitié. 
Les aîles inférieures font jaunes , avec une feule bande 
noire qui traverfe toute l'aile en defcendant obliquement; 
elles font dentelées à leur bord , & ont , comme Pefpéce 
précédente , une longue appendice ou queue , encore plus 
fine & plus longue que celle du papillon du fenouil. Leur 
bord a une bande noire affez large , après laquelle font fix 
taches jaunes. La bande noire eft chargée de quatre ou cirq 
Junules bleues , & à fon extrémité du côté intérieur , eft 
yne tache fauve bordée de bleu par en bas. Le deflous de 

CES 


DES INSECTES. s7 
A . . . . 
ces ailes inférieures eft femblable au deflus, Ce papillon eft 
moins commun que le précédent : on le voit cependant de 
tems en tems dans les bois ; mais nous ne connoifflons 
. . . . A \\ 1 
point fa chenille qui doit füurement reflembler à celle 
de l’efpéce précédente. 
LE 


LES PETITS PORTES-QUEUVE. 


2$. PAPILIO /üpra cœruleus , fubtus lineis undularis 
Jfufcis & albicantibus ftriatus , ads fecundariis infra 
fafcia alba ; macula duplici nigro-aurata , & in imo 
caudatis. 


Petiv. muf. 319. Papilio minor cœrulefcens, fubtus ftriatus. 

Raj. inf. 130 , n. 9. Papilio è mediis minufeula , alis latis , exterioribus verfica< 
loribus e nigro & cœruleo , imo margine nigro cum fimbria alba cinétis. 

Reaum. inf. 2,1.38 ,f. 10. 


Le porte-queue bleu ffrie. 
Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes. 

Ce petit papillon eft d’un bleu noirâtre en-deflus. En- 
deflous fes ailes font rayées & comme ftriées par des 

etites lignes tranfverfes ondées , alternativement de cou- 
ne blanche & de couleur brune claire ou grife. De plus, 
les ailes inférieures ont en-deffous près du bord extérieur 
une bande tranfverfe blanche affez large. Après cette 
ligne , elles ont près du bord intérieur , chacune deux 
taches noires dorées, & au-deflous de ces taches, le bord 
de l'aile a une petite pointe ou appendice courte ; mais ai- 
gue , qui forme une efpéce de petite queue ; cette pointe 
eft noire. 

La chenille de ce papillon eft du nombre des chenilles 
cloportes. Elle vient fur le bagnaudier (coZurea) , les pois 
& quelques-autres plantes légumineufes , fe logeant dans 
leurs coffes ou filiques , dont elle mange les fruits. 


26. PAPILIO /äpra cœruleus fubrus fufcus , linea 
undulata tranfverfa albicante , alis fecundariis infra 
macula duplici fulva , & in imo caudanis. 


Tome IL, ia 


s8 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. [yft. nat. edit. 10 ; p- 480 , n. 148. Papilio plebeius quercls: 

Petiv. gazoph. t. 11,1. 9. Papilio minor fufcus : fubtus iriatus. 

Raj. inf. 129,78. Papilio minor fupina facie tota nigricante , prona cœruleo: 
viridi, cum linea in utrifque alis oblique tranfverfa alba. : 

Reaum. inf. 1 ; pag. 455$ 

Alkin. t.$25 BC: 

Rofel. inf. vol. 2, claf. 2 , tab. 9. 


Le porte-queue bleu à une bande blanche. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1$ lignes. 

Le deffus de ce petit papillon eft d’un bleu verditre: 
affez brillant. Le deffous eft d’une couleur brune grife , 
avec une bande blanche tranfverfe'& ondulée fur chaque 
aîle ; de plus , les aîles inférieures ont chacune en-deflous 
vers le bout, près du bord intérieur, deux taches rondes 
d'un jaune fauve , entourées d’un cercle noir , avec un 
petit point noir dans leur milieu , & au-deflous de ces 
taches , le bord de l'aile a une petite pointe ou queue 
couite & aigue. La chenille - cloporte de ce papillon fe 
trouve fur le chêne. 


N. B. Raj & Petiver ont diftingué ce papillon de l’ef- 
péce précédente , comme on le voit par leurs phrafes. 
Pour moi je crois que le précédent eft le mâle de celui-ci. 
Je n'en ai qu'un de chaque efpéce , dont l’un eft mâle 
& l’autre femelle , & leur grande reffemblance me fait 
croire qu'ils ne different l’un de l’autre que par le fexe. 
Comme ces petits papillons font rares ici, je n'ai pû véri- 
fier ce fait. C’eft à ceux qui font plus à portée de les avoir 
& de les examiner , à nous en inftruire. La différence des 
plantes dont paroiffent fe nourrir leurs chenilles , ne feroit 
pes une preuve contraire à mon idée. On fait qu'il y a 
>eaucoup de chenilles qui ne s’en tiennent pas à une feule 
plante ;, ni à celles qui lui font analogues ; mais qui 
mangent des plantes très-différentes. 


27. PAPILIO /üpra fufcus maculé fulva. fubtus fulvus 
linez duplici tranfverfa albida , als fecundariis ir imo 
caudatis, 


DE Sy LT N SEC Tiens. so 


Linn. faun. fuec. n. 792. Papilio hexapus , alis fecundariis angulato - dentatis ; 

- fubtus flavo alboque flammeis. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 482, n. 146. Papilio plebeius berulæ, 

Hoffn. inf. t. 12, f. 1. à 

Periv. gaz. p. 18,1. 11, f. 10. Papilio minor fufcus duplici linca inferna præ- 
ditus , (maf. ) 


f. sr. Papilio minor fufcus ; campo aureo , linea 
gemina fubtus ornatus , (fæmina.) 

Ra inf. p. 130, n. 10. Papilio minor, alis exterioribus nigricantibus , macula 
in medio lata arcuata fulva. 

p- 277 , n. 3. Eruca parva hirfutae , millepelis feu afelli forma & 
magnitudine. 

(Albin. inf. tab. $ , fig. B. C. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 6, claff. 2. Papil. diurn, 

Jacob. l'amir. inf. tab. 17. 


Le porte-queue fauve à deux bandes blanches. 
ÆLongueur 9 lignes. Largeur 17 lignes, ï 

La couleur des ailes de ce papillon en-deffus eft brune , 
aflez foncée , avec une grande tache oblongue de couleur 
fauve fur les ailes fupérieures , & quelques petites taches 
femblables au bord des inférieures. En-deflous , les aîles 
font fauves & prefque Jaunes. Les fupérieures ont au 
milieu une tache brune oblongue , bordée de blanc en 
haut & en bas. Après cette tache , font deux lignes tranf- 
verfes blanchâtres , dont la fupérieure eft peu apparente ; 
l’inférieure plus fenfble eft bordée de brun en haut. Ces 
deux lignes s’uniflent vers les deux tiers de laile & ne 
vont pas plus loin. Les aïles inférieures ont en-deffous 
deux lignes blanches , tranfverfes , ondées , très -apparen- 
tes , bordées de brun du côté par où elles fe regardent. Le 
bord de ces ailes eft plus rouge que le refte , & leur extré- 
mité a une petite bande noire ; elles font deritelées à leur 
bord du côté du ventre , & elles ont une petite queue un 
peu plus longue que dans les efpéces précédentes. Ce pa- 
pillon eft fort rare dans ce pays-ci , je n'ai Jamais trouvé 
que le feul que j'ai. M. Linnœus dit que fa chenille vient 
fur le bouleau : elle eft du nombre des chenilles- clo- 
portes. 

& 


Hi; 


Co HisTOIRE ABRÉCÉE 


28. PAPILIO fufcus, fupra macula fulva , fubrus 
fafcia duplici tranfverfa macularum albicantium ; als 
fecundariis lunularum fèrruginearum ferie , & in mo 
caudatis. 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 482, n. 147. Papilio plebeius pruni, 

Petiv, gaz. 11, f. 10. 


Reaum. inf. 1,t.18,/f. 6,7. 
Rojel. inf. vol, 1 , tab 7 , claff: 2. Papil. diurn. 


Le porte-queue brun à deux bandes de taches Blanches. 
Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes. 

Cette efpéce a les aîles brunes tant en-deffus qu’en-def- 
fous. I! y a en-deffus fur lé milieu des aîles fupérieures une 
tache fauve , mais peu marquée. En-deffous , les quatre 
ailes ont deux bandes tranfverfes de taches oblongues 
blanchâtres , bordées de noir vers le haut ; de plus , les 
aîles inférieures ont en bas une bande de taches fauves. 
Ces dernieres aîles font bordées d’une raie blanche , & 
ont vers le bout du côté intérieur , une petite appendice 
ou queue aigue. Les antennes font entre-coupées d’an- 
neaux blancs & noirs , & terminées par une mafle allon- 
gée , comme dans tous les papillons de cet ordre. 

La chenille eft brune , un peu velue , de la grandeur 
& de la forme d’un cloporte. Elle n’eft pas rare. On la 
trouve fur l’orme , & elle va fouvent s'attacher aux murs 
pour fe changer en chryfalide ; j'en trouvai une année les 
murs du parc de Bagnolet tout couverts. Ces mêmes che- 
nilles m'ont donné aufli la variété fuivante qui différe un 
peu. 

N.B. Papio fufeus , Jupra punélo albido , fübtus Linea 
tranfverfa alba ; alis fecundariis maroçine ful;o angula- 

20 , & in imo caudatis. 


Elle différe de l’efpéce ci-deffus , par deux taches blan- 
ches , rondes , affez petites , qui font au haut des ailes fu- 
périeures en-deflus, tandis que tout le refte de ces ailes eff 


DES INSECTES+ 61 
brun ; en fecond lieu, parce que les ailes en-deffous n’ont 
qu'une feule bande blanche tranfverfe continue & nulle- 
ment interrompue ; & enfin , parce qu’au lieu de taches 
fauves au bord de l'aile , il y a une bordure de la même 
couleur continue & en zig-zag. 


CYAN IL M D 
Les ARGUS. 


29. PAPILIO aës fubangulatis , fupra nigro violaceis ; 
albo fafciatis , fubtus fulvo , fufco , albidoque variis , 


Jingulis ocello nigro cœruleo. à 


Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. tab, 42 , claffe 1. Papil. diurn, 


Le mars. 
Longueur 14 lignes. Largeur 2 pouces 10 lignes. 


Je n'ai qu'un feul individu de ce papillon que je n'ai 
point attrapé , mais qui m'a été donné après avoir été pris 
ans un jardin à Paris. Ce papillon unique eft fort beau, 
malheureufement il eft gaté & mutilé, Ses ailes grandes , 
font un peu anguleufes , ce qui n’eft pas commun parmi 
les papillons à fix pieds. En - deflus elles font d’un beau 
violet changeant, qui pouvoit bien être taché d’un peu de 
blanc , mais le frottement paroït avoir fait difparoitre ces 
taches. En-deffous , les ailes font marbrées de brun & 
de fauve , avec des bandes tranfverfes blanches. De plus , 
chaque aile a en-deffous un œil. Ces yeux font plus grands 
fur les ailes fupérieures & beaucoup plus petits fur les 
inférieures. Sur ces dernieres , ce n’eft qu'une tache ronde 
noire chargée d’un peu de bleu , au lieu que ceux des ailes 
fupérieures font de plus entourés d’un large cercle de cou- 
leur fauve claïre. Je ne connois point la chenille de ce 
papillon , ni l'endroit où elle fe trouve. 


30. PAPILTIO 4Z%5s rotundatis integerrimis cœruleis ; 
Jubtus ocellis numerofes. 


62 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. faun. fuec. n. 803. Papilio hexapus alis rotundatis iutegerrimis cœruieis , 
fubtus ocellis numerofis. 

Lian. fyft. nat. edit. 10, p.483, n. 152. Papilio plebeïus argus. 

Hoffn. inf. 1,1. 4. 

Mouff. lai. p. 105 , f. duæ ultim. 6 p. 106, f. 1. Papilio diurnarum minima 
quarta. 

Jonft. inf. t. 5. 

Merr. pin. 199 , n. 4. Papilio alis oculatis cyaneum cœleftem fpirantibus, 

Rob. icon. t. 17. 

Petiv. muf. p. 34, n. 318. Papiliunculus cœruleus , ocellis plurimis fubtus 
eleganter afperfus. 

— gazoph. p. 55 ; te 35, f. 1. Papiliunculus cœruleus vulgatiflimus. 

Raj. inf. 131, n. 11. Papilio parva , alis fuperne purpuro- cœruleis , fubtus 
cinereis , maculis nigris circulo purpurafcente cinétis , punctifque nigris 
pulchre depidis. 

De Geer, mem. p 693» pl. 4, fig. 143 15. Petit papillon à antennes à bouton & 
à #x jambes , d’un ble#célelle , à taches en yeux en-deffous des ailes, 


Rofel. inf. vol. 3 ; fupplem. 1 , tab 37 , fige 3» 5 » claff, 2. Papil. diurn, 


L'argus bleu. 
Longueur 6 lignes. Largeur 14 lignes, 


Tout le deflus de ce papillon eft d’un beau bleu. Le 
deffous eft d’un gris blanc , parfemé de petits yeux noirs 
bordés de blanc , avec une rangée de taches fauves trian- 
gulaires , qui termine les ailes. Ces taches font peu appa- 
rentes fur les ailes fupérieures , mais fur les inférieures 
elles font plus marquées & plus vives. Le bord des ailes a 
une belle frange blanche. On voit fouvent voltiger ce 
petit papillon dans les prairies , où il eft fort commun. 

Sa chenille , ainfi que celles des argus qui fuivront , eft 
d'un nombre des chenilles-cloportes, & reffemble à celles 
des portes-queue qui compofent l'ordre précédent. Elle a 
quelques poils , & elle fe nourrit des feuilles du fran: 


gula. 


NW. B. J'ai deux autres variétés de ce papillon. La pre- 
miere eft plus grande d'un tiers. Le deflus de fes ailes eft 
d’un bleu verdâtre , comme nacré , & leurs bords ont une : 
rangée de taches noires , qui répondent aux taches fauves 
du deffous, Le deflous de ces ailes eft comme dans le 
papillon ordinaire. 


12 BE SEÉN SE CITES 63 
La feconde variété plus petite , eft toute bleue en- 
deflus & blanchâtre en-deffous , avec un nombre confidé- 
rable d’yeux , moins nombreux cependant que dans le 
papillon commun. Ces yeuxne font formés que par un 
point noir ; fans cercle blanc. Les taches fauves qui 
doivent border les ailes manquent , fi ce n’eft quil y a une 
couple de ces taches continues & jointes enfemble ; au bas 
des aîles proche Le bord intérieur. 


31. PAPILI O abs rotundatis integerrimis cœruless ; 
Jüubtus ocellorum fafcia folitaria. 

Raj. inf. p. 132, n. 17. Papilio minor alis fupinis purpuro-cæruleis , pronis 
ocellis aliquot piétis. 

De Geer.inf.1,t.4,f14,15. 

Rofel. inf. vol. 3 , fupplem, x , tab. 37 , fig. 4, clal]. 2. Papil. diurn, 


Le demi-argus. 
Longueur s lignes. Largeur 14 lignes, 

Ses aîles en-deffus font d’un bleu un peu pourpre ; 
en-deffous elles fonc grifes , avec une feule bande de petits 
yeux difpofée en arc. Ces yeux font noirs ; entourés d’un 
cercle blanc. Le bord de l'aile n’a point de taches fauves. 
Ses antennes , comme celles des papillons de cet ordre , 
font compofées d’anneaux alternativement blancs & noirs, 
& terminées par une malle allongée.On trouve ce papillon 
avec le précédent. 


32. PAPILIO a%s rotundatis integerrimis nigro-fufcis ; 
fa/cia marginali fulva , fubtus cinereis ocellis nume: 
rofis. 
Linn. faun. fuec. n. 804. Papilio hexapus alis rotundatis {ntegerrimis nigro-fuf- 
cis ; fubtus ocellis numerofs, 
Raj. inf. 131, n. 12. Papilio parva , alis fupinis pullis , cum linea feu ordine 
macularum lutearum ad imum marginem. 


Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x , tab. 37 > f. 6, 7, clef. 2. Papil. diurn, 


L'argus brun. 
Longueur 6 lignes. Largeur 14 lignes. 


Cette efpéce reflemble beaucoup à largus bleu. Le 


64 HISTOIRE ABRÉGÉE 

deffous des aïles eft à peu près de même : mais le deffus ; 
au lieu d’être bleu , eft d’un brun foncé , avec une bande 
de taches fauves à peu près quarrées , qui fuivent le bord 
de chaque aile. On trouve ce papillon dans les prairies , 
mais moins fréquemment que le bleu. 


33. PAPILIO a%s rorundatis integerrimis rigro fufcis 
falyo maculanis, Jubtus ocellis numerofis. 

Linn. faun. fuec. n. 805. Papilio hexapus , alis rotundatis , fupra fufcis , fubtus 
punéis nigris quadraginta duobus, 

L'argus myope. 

Longueur 6 lignes. Largeur 13 lignes. 

Le deffus des aîles de l’argus myope eft brun ; mais ta- 
cheté de noir & de couleur fauve , fur-tout aux ailes fupé- 
rieures. La couleur fauve domine fur le bord de ces ailes 
& les termine en formant une bande de points. Le deflous 
de l’aîle eft d’un gris jaunâtre , parfemé de petits yeux , & 
bordé d’une bande de taches fauves ,; comme dans les 
efpéces précédentes. M. Linnæus compte quarante - deux 
ou quarante - trois petits yeux noirs fur le deflous des ailes. 
Ces yeux reffemblent à ceux des autres argus, fi ce n’eft 
qu'ils n'ont pas un cercle blanc aufli marqué , & ils font 
aufi arrangés un peu différemment. Je n'entre point dans 
le détail de ces différences difficiles à rendre , & qui ne fe 
conçoivent bien qu’en voyant ces différentes efpéces , & 
les confrontant l’une à côté de l’autre. On trouve ce petit 
papillon avec les précédens , mais plus rarement. 


34 PAPILIO als rotundatis integerrimis , fubtus 


viridibus immaculatis. 


Linn. faun. fuec. n. 806. Papilio hexapus , alis rotundatis integerrimis, fubtus 
viridibus immaculatis. 

Linn. [yfE nat. edit. 10, p. 483 , n. 154. Papilio plebeius rubi. 

£e. œl. 7. Papilio argo fimilis, alis immaculatis fupra cyaneis. 

Raj. inf. p. 133, 7. 22. Papilio parva, alis fupinis pullis, pronis viridibus, 

Petiv. gaz. p.8,t.2, f. 11, Papilio minor, fuperne fufcus , inferne viridise 


L'argus vert, où largus aveugle. 
Longueur 6 lignes, Largeur 14 lignes, 


Les 


DES INSECTES. 6$ 
Les aîles de ce papillon font tantôt brunes , tantot 
bleuâtres en-deflus. En-deflous elles font toujours d'un 
+ beau vert brillant fans yeux. Les ailes inférieures ont fou- 
vent en-deflus près le milieu du bord fupérieur , un point 
blanc , & quelquefois de ce point , part une bande de 
taches blanches qui parcoure l'aile tranfverfalement. Le 
corps de l'infecte eft de couleur cendrée. Ses yeux font 
noirs , bordés en-devant & derriere d’un trait blanc. Les 
antennes & les pattes font compofées d’anneaux alternati- 
vement blancs & noirs. Je ne connois point la chenille de 
ce Joli papillon. 


35. PAPILIO als rotundatis fulvis , utrinque pundis 
ZLOTIS. 

Linn. faun. fuec. n. 807. Papilio hexapus , alis rotundatis fulvis , utrinque 
punétis nigris. ! 

Linn. [yfl. nat. edir. 10, p. 484, n. 161. Papilio plebeius virgaureæ. 

Petiver muf. p. 34, n. 317. Papilio minor aureus , ex nigro permaculatus, 

Raj. inf. 125, n. 29. Papilio parva, alis exterioribus circa margines nigricanti- 
bus. media parte rufis , ferici inflar fplend-ntibus, maculis longis nigris pictise 

Rofel. inf. vol. ; , fupplem. tab, 4s, fig. s , 6 , claf]. 2. Papil. diurn, 

È 

Le bronzé. 

Longueur s lignes. Largeur 13 lignes. 


Ce petit papillon a les aïîles, tant en-deffus qu’en-deffous; 
de couleur fauve bronzée & bordées de brun. Sur la couleur 
fauve , on voit une douzaine de points noirs aui paroïflent 
des deux côtés , & dont plulieurs fe touchent. Les ailes 
inférieures font brunes , terminées par une bordure fauve, 
avec quelques points noirs fur la partie brune. Au bas 
de ces aïles inférieures ; font de petites appendices qui 
approchent de c2Îles des papillons portes-queue. Le corps 
du papillon eft brun en-deffus , gris en-deffous : fes pattes 
font grifes. Les antennes font compofées d’anneaux alter- 
nativement noirs & blancs , & les yeux font noirs , bordés 
en haut & en bas d'une ligne blanche. Je ne connois point 
la chenille de ce papillon , qu’on trouve fréquemment 


dans les prés pendant l'automne. 
Tome II. LÉ 


66 HISTOIRE ABRÉGÉE 


36. PAPTLIO xigro-fufcus nitens , alis fubtus Uimbo 


dentato fudvo , fecundartis maculis duodecim albis. 


Le miroër. 
Longueur 6 lignes. Largeur 15 lignes 

La couleur des aîles en - deffus eft affez brillante , quoi 
que toute brune : il n'y a que deux petites taches jau- 
nâtres au milieu du bord fupérieur des ailes de defius. En- 
deffous , les aïles fupérieure; font du même Erun , avec 
une bordure dentelée de couleur jaune qui termine faïîle. 
Les ailes inférieures ont une pareille bordure , & de plus 
une douzaine de grandes taches blanches qui fe touchent 
prefque , & qui fe trouvant entourées d'une bordure bru- 
ne , reflemblent à des miroirs. Je n'ai jamais rencontré ce 
A qui m'a été donné. Il avoit été pris au bois de 

oulogne. 


SF V 
LestÆ£ sTRrorrés. 


37. PAPILIO aks divaricaiis fut 2S » dimbo nervifque 


RESTES 3 PrLMATLLS macula oblonga nigra. 
Petiv. gaz. tab. 34, fig. 7, 83 9. 


£a bande notre. 
Longueur s lignes. Largeur x pouce. 

Le port d'ailes de ce papillon & de ceux de cet ordre; 
eft fingulier. Lorfquil eft en repos , fes ailes inférieures 
font prefque parallèles au plan de pofition , pendant que 
les fupérieures font relevées , fans cependant fe toucher & 
être tout-à-fait perpendiculaires. La couleur de ces aîles 
eft fauve , mais elles font bordées de brun ou de noïr , & 
elles ont des nervures de la même couleur. Les fupérieu- 
res ont de plus une tache longue tranfverfe dans leur 
milieu , qui ef pareillement de couleur noire. En-deflous, 
les ailes font toutes fauves , mais d’une teinte plus pâle. 


DES, :LNNSE CRE, 67 
. W.B. Il ya une variété de ce papillon un peu plus gran- 
de , qui a la bordure brune des ailes plus large , & la ban- 
de ou tache noire des ailes fupérieures plus grande & 
mieux marquée. En-deffous , on voit aufli fur les aïles 
quelques bandes tranfverfes en arc plus brunes. J'ai d'abord 
regardé cette variété ,; comme la femelle du papillon pré- 
cédent , mais l’accouplement m'a fait voir que cette diffé- 
rence ne venoit point du fexe. 
On trouve fréquemment ces papillons dons les prés en 
automne. 


38. PAPILIO as divaricatis denticulatis nigris ; 
albo puniatis. 

Linn. faun. fuec. n. 794. Papilio hexapus , alis divaricatis denticulatis nigris ; 
albo-punétaris. 

Linn. fyft. nat, edit. 10 ,p. 485 , n. 167. Papilio plebeius malrz. 

Merian. europ. 2 , 1. 38. 

Reaum.üinf.x, tab. 11 ,f.6, 7. 

Hoffn. inf. 4 ,t.2, f. ult. 

Petiv. muf. 35 , n. 325. Papiliunculus fufcus , pun@is plurimis albicanti- 
bus. 

Petiv. gazop. 56 ,t: 36, f. 6. Papilio fufcus , pun&is plurimis albicantibus. 

At. Upf. 1736 ; p.23 n. 34. Papilio alis ereétis obtufs dentatis nigris ? 
punétis albis teflelatis. e 

It. œland. 3. Papilio hexapus , alis divaricatis denticulatis nigris , albo punc« 
tatis. : 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 10, claff. 2. Papil. diurn, 

Le plein-chant. 

Longueur $ lignes. Largeur 14 lignes, 

Cette efpéce porte fes aïles à peu près comme la précé- 
dente. Son corps & fes ailes font en-deflus d’un brun noir, 
& les ailes font parfemées de points blancs quarrés ; dont 
plufieurs fe touchent. Ces points reflemblent par leur 
forme & leur pofition à des notes de plein-chant. Les ailes 
font bordées d’une frange noire & blanche , çe qui les fait 
paroître dentelées. Les aïîles & le corps font en-deffous 
d’un gris brun , & l’on voit fur ce deflous des ailes des ta- 
ches blanches , mais moins régulieres qu’en-deffus. Ce pe- 


tit papillon fe trouve dans les prés dès le printems. Sa 
FRS 


68 HISTOIRE ABRÉGÉE 

chenille a le corps gris, la tête noire & quelques taches 
jaunes autour du col. Elle a quelques poils courts. ile 
vient fur le chardon à foulon. Je ne l'ai point và fur la 
mauve. 


39. PA PILTO aks divaricatis cinereis ; punélorum 
alborum ferie duplici tranfver[a. 


Linn. fyft. nat. edit. 10 , p.48$ , n. 168. Papilio alis denticulatis divaricatis 
fufcis , obfolete albo punctatis. Ibid, Papilio plebeius rages. 


Le papillon grifette. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 pouce, 

Je foupconne cette efpéce de n'être qu'une variété dé la 
précédente , à laquelle elle refflemble beaucoup pour fa 
forme , fon port d’ailes , fa grandeur & même fa couleur. 
Les aïles de celle-ci font d’un gris un peu brun , tant 
en-deffus qu’en-deflous , avec deux bandes tranfverfes 
de points blancs , dont une eft aux deux tiers de l'aile , & 
l'autre la termine. Les quatre ailes ont ces points blancs, 
tant en-deffus qu’en-deffous. On trouve ce petit papillon 


avec le précédent. 
SV 


Les PApiLLonNs DU cHou;ou BRASSICAIRES. 


40. PAPILIO a%s rotundaris albis , primariis bima= 
culatis ; apice nigris , major. 


Linn. faun. fuec. n. 799. Papilio hexapus , alis rotundatis albis; primariis bimae 
culatis ; apicibus nigris; major. 

Einn. fyff nat. edit. 10 , p. 467, n. 58. Papilio danaus braflicæ. 

Mouff. lat. p. 189, f. 1. Eruca in braflica. 

Goed. belg. 1 , p. 59, f. 11. & gall. tom, 2 , tab. xj. 

Lift. goed. p. 16, f. 7. 

Merian. europ. 1, p. 16 ,t. 45. 

Albin. inf. p. x »t,1. 

Swamm. in 4°, p. 202, t. 133 fe 6e 

—— bibl. nat. t. 37; n. 6. » 

Reaum. inf. 111,29 ,f.1. &t.to,f.7. 

Petiv. muf. p. 8$, n. 825. Papilio albus vulgaris major. 

Petiv. gaz. t. 61, f. 3. Papilio alba major, apicibus nigris 

Raj. cantabrig. p. 134 


DES INSrCcTeE's 69 
Raj. inf. pi 113; n. 1. Papilio braficaria alba major vulgatiffima. 
Raj. inf. p. 348 , n. 19. Eruca brafficaria vulgatiflima nigro ; luteo & cœruleo 
coloribus varia. É 
Bilioth. reg. Par. p. 4 ; n. 3. Papilio ex albido flavefcens ; cum venis 
nigricantibus, 


Rofel. inf. vol, 1 , tab. 4 , claf]. 2. Papil. diurn. 


Le grand papillon blanc du chou. 


orguEur I pouce. Largeur 2 pouces 4 lignes. 


Ce papillon eft un des plus communs & des plus con« 
nus ; on le voit voltiger par-tout dans les jardins. il eft de 
couleur blanche , avec quelqués différences fuivant le 
fexe. Le mâle en-deflus eft blanc , avec le bout des ailes 
fupérieures noir, & deux taches noires fur ces mêmes 
ailes , outre une troifiéme petite tache au bord intérieur de 
la même aile , & une autre au bord fupérieur & correfpon- 
dant de l'aile inférieure. La femelle en-deflus eft toute 
blanche , fans aucuns points noirs , & a feulement Le bout 
des aîles noir. En-deffous , le mâle & la femelle font tout- 
a-fait femblables. Ils font blancs , avec deux taches noires 
fur les ailes fupérieures, & le bout de ces ailes, ainfi que 
toutes les ailes de deffous , lavées d’un peu de Jaune pâle, 
ou couleur de fouffre. La chenille de ce papillon panachée 
de couleur jaune , noire & bleue, fe trouve communé- 
ment fur le chou. 


at. PAPILIO a%s rorundans albis ; primariis Bima- 
culatis , apice nigris , minor. 


Linn. faun. fusc. n. 798. Papilio hexapus alis rotundatis albis, primariis bimas 
culatis apice nigris, minor. 

Linn. [ff nat. edit. 10, p: 468 , n. $9. Papilio danaus rapæ.- 

Mouff. lat. p. 1a3 , f. ultim. Papilio diurnus medius. 

Goed. belg. x , p. 97 , f. 27. & gall. tom, 2, tab. xxvij. 

Lift. Gocd, p. 21, f. 8. 

Merian. europ. 2 ,p. 40, t. 39. edit. gall. t. 89. 

© Robert. icon. t. 6. 

Albin. inf. t. sx, f. C. D. ( maf. ) & E.F. (fœmina.) 

Reaum. inf. 1,t.29,f.7,8. & t.2,f.3. 

Merr. pin. 198 , n. 5. Papilio corpore & antennis livefcentibus , capite alifque 
pallidis. 

Petiv, muf. p. 85 , n 826, Papilio vulgaris albus minor, 


70 $ HISTOIRE ABRÉCGÉE 
Petiv. gazop. p. 10,t. 62, f. 4. Papilio afba vulgaris ftriata, maculis duplicibus. 
( fœmina }« 


p.10,t.49, f. 11. Papilio albus minor apicibus nigris. ( maf.) 

Ray. inf. 114, n. 2. Papilio alba media , alis exterioribus albis , duabus maculis 
nigris infra mediam longitudinem , verfus interiorem marginem notatis , 
interioribus fubtus flavicantibus. 

Ray. inf. 114 , n. 3. Papilio alba media alis omnibus albis cum macula ( {ex 
punétum mavis dicere } ieviter nigricante in exterioribus (maf.) 

Raj. inf. 349, n. 10. Eruca braflicam depafcens viridis mediocris, Linea im 
utroque latere è luteo albente. 

Rofel. inf. vol. 1, tab $ , claf]. r. Papil. diurn. 

Jac. l'amir. inf. tab. 16. 


Le petit papillon blanc du chou. 
Longueur 11 lignes. Largeur 13 lignes. 

Il ne paroît d'autre différence entre ce papillon & le pré- 
cédent, que la grandeur. Il eft blanc, avec les deux points 
noirs & le bout des ailes fupérieures noir. Le deflous 
reflemble auffi tout-à-fait à celui du grand papillon blanc. 
Mais la chenille qui vient aufli fur le chou & la capucine, 
eft différente de celle du précédent. Elle eft d’un aflez 
beau vert , avec une bande d’un blanc jaunâtre de cha- 
que côté. Elle n’eft que trop commune. Sans cette diffé- 
rence des chenilles ; on feroit porté à ne faire qu’une 
feule efpéce de ces deux papillons. 


42. PAPILIO als rotundatis albis , inferioribus fubtus 
fafciis virefcentibus. 

Linn. faun. füec. n. 797. Papilio hexapus , alis rotundatis albis , venis dilatos 
virefcentibus. 

Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 468 , n. 60. Papilio danaus napi. 

Merian. europ. (edit. 1.) Ve 2epe 77 » te 39e 

Albin. inf. t.s2,f. EG 

Petiv, mu: p. 33, n. 302. Papilio albus medius , venis latis , fubtus nigricanti« 
bus. ? 

Petiv. gaxop. 1. 62, f. «. Idem. 

Raj. inf. 114, n. 4. Papilio brafficaria media alis albis fecundum nervos lineis è 
viridi nigricantibus fubtus friatis. 


Le papillon blanc veiné de vert. 
Longueur 7 lignes. Largeur 19 lignes, 

Ce papillon eft affez femblable aux précédens. Il eft 
tout blanc en-deflus , fans taches ni points , feulement les 


DES INSECTES 71 
bouts de fes aîles fupérieures font un peu noirâtres. En- 
deffous , les ailes fupérieures font toutes blanches , fi ce 
n’eft à leur bafe , où il y a un peu de teinte verte. Les 
inférieures auffi de couleur blanche , ont en-deffous de 
larges veines ou bandes de couleur verdâtre , dont elles 
font panachées.-La chenille de ce papillon vient aufli fur 
1: chou. 


43: PAPILIO als rotundans albis ; venis nigris. 


Linn. faun. fuec. n-796. Papilio hexapus , alis rotundatis albis venis 
nigris. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p.467 ; n. $7. Papilio danaus cratægi. 

Hoffn. inf. t. 10, f. 14. 

Merian. europ. 2 , p. 38 ; t 35 ; f. Superiores. 

gall.t. 157, edit. alt, 85. 

Albin. inf. t.2,f. 2. 

Petiv. muf. p. 33 ,n. 301. Papilio alba, venis nigris. 

Frifch. germ. $ ,p. 16,t. <. Eruca hyemalis luteo alboque friatas 

Raj.inf. ais ,n. . Papilio alba , nervis alarum nigris, braflicarie majoris figu+ 
ra & magnitudine 

Reaum. inf. ,t:2,f:8, 9. 

Biblisth. reg. Par. p. 30, f. Omnes. 

De geer. mem. p. 63 ,ple 14, fig. 19» 20. Papillon à antenñes à bouton & à fix 
jambes; blanc , dont les nervures des aïles [ont noires, 


Rofel. inf. vol. 1 , tb. 3, claff. 2. Papil, diurn, 


Le grfe. 
Longueur 13 lignes. Largeur 2 + pouces. 

. Cette efpéce eft blanche, tant en-deffus qu’en-deflous ; 
les nervures feules font noires & s’élargiflent un peu au 
bord des aîles fupérieures. Ces nervures noires fur un fond 
blanc , font reffembler ce papillon à une gafe. Sa chenille 
eft velue , noire , chargée de poils courts qui partent 
immédiatement de fon corps. Ces poils blancs & jaunes, 
forment de chaque côté du corps une efpéce de bande de 
la même couleur. Elle vit en fociété fur l'aube - épine , le 
prunier fauvage & le bois de fainte-lucie ( padus. ) 


44. PAPILIO a%s rotundatis albis , fécundariis fubrus 
viridi - nebulofis « primariis dunula nigra , mafculis 
macula crocea. 


72 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. faun. fuec. n. 8o1. Papilio hexapus , alis rotundatis integerrimis , fecun- 
dariis viridi nebulofis, primoribus lunula nigra. 

Linn. (yft. nat. edir. 10, p. 468 , n. 63. Papilio danaus cardamines, 

Mouff. lat. p. 106, n.5,f.2,3;: 4 

Hofn. inf 2 CEE 9) Jette 

Jonjt. inf. t. Se 

Rob ic.t. 21. + 

Periv. muf. p. 33 » n. 306. Papilio albus fubtus viridi colore marmoreatus , feu 
maculis croceis ornatus, 

p 33-72. 305. Papilio alba fubtus viridi colore marmoreata,(fæmina.) 

Ry. inf. «15 , 2. 6. Papilio minor alba - alis exterioribus «Ibis macula infigni 
crocea fplendentibus, inferioribus fuperne albis , fubrus viridi colore varie- 
gatis (maf.) Ge 

Raj.inf. uis , n. 7. Papilio minor alba , alis exterioribus ad imum marginem 
nigris aut fufcis, macula in medio nigra , ( fœmina. } 

Rofel. inf vol 1 ,tab. 8 ,f. 5, 6. fæmina fig 7,8, maf. claff. 2. Papil. diurn. 

N.B. Raj.inf. 116, n. 10. Variété de la femelle. Papilio mediæ magnitudinis, 
alis fupina parte albis, cum maculis nigris rarioribus , prona ex alba 

& viridi variis. 

L'aurore. 
Longu.ur 8 lignes. Largeur 19 lignes. 

La femelle & le mâle de ce papillon font un peu diffé- 
rens l’un de l’autre. Nous commencerons par décrire la 
femelle. Elle eft toute blanche en-deflus , avec très- peu de 
brun au bout des ailes fupérieures , & une tache noire 
en croiflant dans leur milieu. La bafe des ailes eit aufli un 
peu noire. En-deflus , les ailes fupérieures ont la tache 
noire en croiflant dans leur milieu , & le bout panaché 
d’un jaune verdatre , mais les aiies inférieures ont en-def= 
fous des raies & des taches vertes qui panachent toute 
l'aile , en fuivant cependant les nervures. Le male eft 
tout-à-fait femblable à la femelle , fi ce n'eft que la moi- 
tié extérieure des ailes de deflus , depuis le croiïffant noir 


jufqu'’au bout , eft teint d’une belle couleur jaune aurore. 


+ N.B. J'ai une variété de la femelle ;. où les nervures 
vertes du deflous des ailes inférieures font plus grandes, 
lus larges & plus marquées , & où les aîles fupérieures , 
outre le bout qui eft panaché de même , ont encore dans 
le milieu du bord fupérieur une large bande verte qui 

s avance jufqu au milieu de Paile. 
Ce 


DES A À N S:ELC T ENS4 73 

Ce papillon vient de très-bonne heure au printems , dès 
les mois d’avril & de mai. 

Je l’ai trouvé en grande quantité au bois de Boulogne. 
Sa chenille verte , femblable à celle du papillon du chou, 
vient fur le thlafpi. Sa chryfalide pareillement verte , 
reflemble pour fa forme à un petit batteau. 


as. PAPILIO as dentaris , fupra nigris ; fubtus 
fufco-rubris ; utrinque maculis albis fafciatim pofiris. 

Leche. nov. inf. fp. p. 27, n. $4 ,f. 15. mala. Papilio hexapus, fupra niger , alis 
omnibus ordine macularum tranf{verfali albo , inferioribus dentatis. 

Ra. inf. p. 126; n. 2. Papilio major nigra $, pulla , alis fupina parte maculis 
albis notatis. 


Rofel. inf. vol 3 , fupplem, x , tab. 33 , fig. 3, 4. Gtab.7o,f.1, 2,3; clafl 1. 
Papil. diurn, 


Le deuil. 

Longueur 9 lignes. Largeur 23 lignes. 

* Le deuil a fes ailes un peu déntelées à leur bord. En- 
deflus elles font noires ; avec#une bande tranfverfe de 
taches blanches allongées , qui parcoure les quatre aïles 
dans leur milieu. Cette bande eft compofée de huit tachés 
fur les aîles fupérieures , & de fept fur les inférieures. Au- 
deflus de cette bande, il y a fur les ailes de deffus une tache 
feule féparée , formée en croiffant ; & plus bas que la ban- 
de , il y en a deux autres , l’une grande & l’autre petite , à 
côté l’une de l’autre proche l’angle extérieur , & au- def- 
fous de ces dernieres trois points de couleur fauve. Sur les 
aîles inférieures , au-deffous des fept taches blanches , il y 
a autant de lunules ou croiflans de couleur fauve , dont 
les pointes regardent le bord de Paile , & dont [a derniere 
ou feptiéme forme prefqu’une tache ronde. En- deflous , 
les ailes font fauves ou d’un brun rougeñtre , avec les 
mêmes taches blanches qu'en-deflus , outre deux autres 
qui fe rencontrent fur les aîles inférieures à leur bafe , ou à 
l'endroit de leur attache avec le corps. De plus, les quatre 
aïles font bordées en-deffous d’une rangée de points noirs. 
Les yeux de l’infeéte font bruns & fes pattes blanches. Je 

Tome II. K 


mA HisSTOIRE ABRÉCÉE 
ne connois point la chenille de ce papillon ; que je n'ai 
trouvé qu’une feule fois. 


46. PAPILIO a%s rorundatis albis , lineis maculifque 
nigris pulchre tejjelaris. Planch. 11 , fig. 3 , 4 

Petiv. muf. 3. Papilio Icucomelanos. 

Raj. inf. p sac, n. 9. Papillo mediæ magnitudinis alis albo & nigro colori- 
bus puichre variegatis. 

Rofel. inf vol. 3, fupplem. +, tab. 37, fig. 1, 2, claf, 2. Papil. diurn. 

Le demi deuil. 


Longueur 10 lignes. Largeur 22 lignes. 


* Les ailes de ce papillon font arrondies , de couleur 
blanche un peu jaune en-deffus , avec les nervures & des 
taches prefque quarrées , affez grandes & de couleur noire, 
placées entre les nervures. Le deflous des ailes eft de 
même d’un Elanc jaunître , avec des taches & des nervures 
noires , mais moins larges & moins grandes qu’en-deffus. 
Parmi ces taches du deffoys , il y en a une fur les aîles fu- 
périeures , & cinq fur chacune des inférieures qui forment 
de petits yeux. On trouve ce Joli papillon dans les bois. 


47. PAPILIO as angulatis flavis , punélo ferrugineo. 


Linn. faun. fuec. n 795. Papilio hexapus , alis angulatis flavis , pun@o 
ferruginco. 

Linn. (yff. nat. edit. 10, p. 470, n. 3. Papilio danaus rhamni. 

Mouffer. lat. p. 103, f. 1. Papilio diurnus medius primus. 

Jonfé. inf p.az2,;n1,t 5,6. 

Hoffn. inf. 1,1. 1,aur12,f.8,t,2. 

Rob, ic.ir. 13. 

Albinsinfoti2, hf 3e 

Periy. muf. p. 1 , n. 1. Papilio fulphureus, (maf.) 

pe1,n, 2. Papilio fulphureus pallidus ; (fœmina. ) 

Raÿj. inf. 112, n. 4. Papilio præcox fulphurea feu flavo-viridis , fingulis alis 
maculis ferrugineis notatis, 

De geer, mem. p. 653 , pl. 15, f.8 , 9. Papillon à antennes à bouton & à fix jans- 
bes , d’un jaune citron. 


Rofel. inf. vol. 3, fupplem. tab. 46,f.1,2,3, claf. 2e Papil. diurn. 


Le citron. 
Longueur i pouce. Largeur 2 pouces 2 lignes. 


Les antennes de ce papillon figurées en maffe allongée ; 


DES: INSECTES. 7S 
comme celles de tous ceux de cet ordre’, font de couleur 
fauve. Ses ailes , tant fupérieures qu'inférieures , ont cha- 
cune un angle ea marqué. Jeur couleur eft d'un jaune 
citron quelquefois verdâtre des deux FoRa ec une tache 
ronde de couleur de fouci fur le milieu de cl laque aile ; le 
bord des fupérieures a äufli quelques points de même cou- 
leur. Le corps du papillon eft noir , avec de longs poils 
blancs , les pattes {ont blanches. Le male eft d’un citron 
plus foncé , & la femelle eft plus pâle. Sa chenille figurée 
dans les Mémoires de de Geer, pl. 1$,f. 1 —11,ef D, 
de couleur verte , & a de chaque côté du corps une ligne 
blanche. Elle eft garnie de petites pointes coniques, noires 
& écailleufes. Ses jambes font au nombre de feize , com- 
me celles de toutes les chenilles de ce genre , & elles font 

arnies d'une demi-couronne de crochets. Sa ‘chryfalide 
attachée tranfverfalement , comme celles des papillons de 
cette feconde famille ; a une particularité ; c’eft d’avoir 
fous le ventre une efpéce de fac très-renflé , qui fert de 
fourreau pour loger les aîles du papillon qui en doit for- 
tir. Cet infecte eft commun pendant l'été. 


48. PAPILIO a4s luteis limbo nigro , primartis 
macula nigra , fecundariis fulva, 


Aldrov. inf. p. 242, fige 6 


Le fouci. 


Longueur 3 lignes. Largeur 21 lignes. 
+ 


Ce papillon donne les variétés fuivantes. 


A. Papilio alis croceis limbo nigro immaculato , pri- 
marits macila rigrà )Jecundartis fulva. 

B. Papilio alis croceis limbo nioro flavo maculato ; 
primartis macula niora y fecundariis. fuly 4e 

C. Papilio ais falbhareës » primartts limbo nigro 
fafcia flava maculato, maculaque nigra , VALE 
dariis fulvé. 


Petiv, gazoph tab, 14 ; nm. 11, Papilio croceus apicibus nigricantibus, 


Ki 


76 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Rofel. inf. vol. 3, fupplem. tab. 46, f. 4, 5, claf]. 2. Papil. diurne 

Toutes ces variétés font femblables en-deffous , mais le 
deffus n'eft pasde même. * 

La premiere A eft en deffus de couleur de fouci , avec 
une large bordure noire , plus étroite cependant aux ailes 
inférieures. De plus , les ailes fupérieures ont dans leut 
milieu une tache noire ronde qui tranche fur la couleur 
fouci, & les inf rieures ont dans le haut une tache de cou- 
leur fauve aflez vive 

La feconde B difffre de la premiere , en ce que la 
bordure de fes ailes eft moins ncire & plus large , & 
qu'elle eft panachée de taches citronées , au nombre de 
trois ou quatre fur chaque aile , tant fupérieures qu'infé- 
ricures. Elle paroit être fimp'e variété de la premiere. 

La troiliéme C et de couleur citron pâle. Ses ailes fupé: 
rieures ont une bordure noire étroite , panachée d'une 
bande pareillement de couleur citron qui la coupe dans 
fon milieu. Les inférieures n'ont point de bordure noire , 
mais feulement quelques points à leur bord : du refte , on 
voit fur les ailes fupérieures la tache noire ; & fur les in: 
férieures la tache fauve , comme dans les précédentes. 
Je crois que celle-ci pourroit bien ne différer que par le 
fexe. 

En-deffous , tous ces papillons font d’un Jaune pâle, 
fur-tout aux aîles fupérieures , avec le point noir fur ces 
ailes , & le point fauve , mais blanchâtre au milieu fur les 
inférieures. Is n’ont point de bordure noire de ce côté, 
tout le tour de leurs ailes eft terminé par un trait fauve 
rougeâtre. Les pattes font. de la même couleur fauve, 
ainfi que les antennes. Ce papillon eft commun en au- 
tomne. 


SPHIN X. Phalæna linn, 
L'ESS. PH I:NiuX: 


Antennæ prifmaticæ. Antennes prifmatiques. 
Chryfalis in pupp, Chryfalide dans une coque: 


DES Insectes. 77 


Familia x4. Antenne prifmaticæ Famille 1°. Sphinx-bourdons. * 
ubique fere æquales, elingues. 
- 24, Antennæ prifmaticæ 
ubique fere æquales fpiritingues. 
Larva laxvis cornigera. 
—— 34. Antenne prifinaticæ = 30, Sphinx-beliers, 
in medio craffiores ; fpirilingues. 
Larva villo{a , non cornigera. 


2°, Sphinx-éperviers. 


Les fphinx différent des papillons par deux caracteres 
bien marqués. Le premier fe tire de la forme de leurs 
antennes , qui font un peu plus minces vers le bout , ou du 
moins qui ne font point plus grofles à leur extrémité, 
comme celles des papillons , & qui de plus font taillées à 
angles & à côtés, à peu près comme un prifme. Le fecond 
caractere confifte en ce que leurs chenilles pour fe méta- 
morphofer , fe filent une coque ; ce que ne font point 
celles des papiilons , dont la chryfalide eft nue & expofée 
à l'air. | 

On a donné à ces infeétes le nom de fphinx , à caufe de 
la forme & de l'attitude finguliere de leurs chenilles. La 
plüpart de ces chenilles , du moins celles des deux pre- 
mieres familles de ce genre ont une tête applatie en- 
devant , qui en- deffus fe termine en une pointe ou crête 
aigue ; de plus , elles ont à l'extrémité de leur corps 
une pointé longue & dure , comme une efpéce de corne. 
Quant à leur attitude , ces chenilles tiennent fouvent 
la partie poftérieure de’leur corps appliquée contre une 
branche ; tandis qu'elles relevent la partie antérieure , 
ce qui leur donne quelque reffemblance avec les figures 
des fphinx de la fable , tels qu'on les repréfente. Il y a 
cependant une chenille qui différe des autres , c’eft celle 
du belier , qui feul compofe la troifiéme famille de ce 
genre. Celle - là eft velue’, elle n'a point de corne fur l’ex- 
trémité de fon corps , & ne prend point l'attitude des pré- 
cédentes. De plus, fa-coque différe aufli des leurs. Elle eft 
life , foyeufe , jaune , allongée par les deux bouts comme 


78 ISTOIRE ABRÉGÉE 

un fufeau , & appliquée contre quelque tige de plante , au 
lieu que les autres font des coques aflez groflieres , en- 
foncées dans la terre ,; dont les mottes & les grains 
entrelaffés dans leurs fils , compofent la plus grande 
partie. 

C'eft de ces coques que fort , fouvent l'année fuivante , 
l'animal parfait , aflez grand dans la plüpart des efpéces de 
ce genre, Nous avons diftingué ces animaux parfaits en 
trois familles différentes , d’après leurs formes & celles de 
leurs chenilles. La premiere comprend les /pAirx-bour- 
dons. Ces fphinx ne différent des autres , que parce qu'ils 
n'ont point de trompe , ou qu'ils l'ont fi courte & fi pe- 
tite , quelle n'eft point fenfible. Les /phinx-éperviers 
compofent la feconde famille. Ceux-ci ont. une trompe 
longue roulée en fpirale ; du refte , leurs antennes font 
comme celles des précédens , prefque d’égale groffeur 
dans toute leur longueur , & leurs chenilles portent une 
corne à l'extrémité de leur corps. Le /phinx-6elier eft 
le feul que renferme la troifiéme famille. il a une trompe 
roulée en fpirale ;, comme les précédens , maïs il en différe, 
ainfñi que de la premiere famille , d’abord par la forme 
de fes antennes qui font renflées vers le milieu & un peu 
recourbées , ce qui fait qu’elles imitent les cornes d'un 
belier ; & de plus par la figure de fa chenille qui eft velue 
& ne porte point de corne fur fes derniers anneaux. 

Les infettes de ce genre ont prefque tous quelque chofe 
de remarquable , comme on le verra dans le détail des 
efpéces. Les uns ont des ailes tranfparentes ou prefque 
tranfparentes , comme le fphinx-mouche & celui qui le 
fuit ; d’autres font ornés des couleurs les plus brillantes , 
comme le demi-paon ;, le fphinx du tithymale , le belier 
& celui de la vigne. Il y en a quelques-uns très- fingus 
liers. Par exemple, le /p4zrx à tête de mort, dont on voit 
la figure dans 1 Ouvrage de M. de Reaumur , mais que 
je n'ai point trouvé autour de Paris, a fur fon corcelet la 
figure d’une tête de mort, ce qui lui a fait donner le nom 


DES JINSECTES,. 59 
qu'il porte. Ce fphinx eft commun dans le Poitou. En 
général tous les fphinx ont les ailes longues & étroites. 

Les chenilles de quelques-uns de ces infeétes,ne font pas 
moins remarquables. Celle du fphinx de la vigne a la tête 
allongée & figurée comme un grouin de cochon ; aufi 
pluñieurs auteurs l’ont-ils appellée porce/lus. Celle du 
troëne eft d'un beau vert , ornée de taches obliques pour- 

res & blanches , qui forment comme des boutonnieres 
fur fa peau life & brillante. Mais la plus belle de toutes 
les chenilles de ce genre , eft fans contredit celle du tithy- 
male , fur laquelle on voit l'incarnat , l'or & l'argent 
artiflement travaillés fur un fond d’un beau noir qui en 
releve l'éciat. Nous verrons ces beautés plus en détail en 
examinant les différentes efpéces. 


PREMIERE FamiLies 
Sphinx - bourdons. 
1. SPHIN X efnouis, alis angulatis , füperioribus 


fufcis , ënférioribus rubris ocello cœrulefcente. 


Linn. {yff. nat, edit, 10 , p.489 , n. 1. Sphinx alis angulatis, poflicis ocellatis, 

Mouffet. inf. 91. 

Goed. lat. 3 , p. 25. & gall. tom. x , fig. O. 

Liff. goed. 68, f. 24e 

Jonjt. inf. t. 8, f. 30. 

Albin. inf. t.8, f. 2. Phalæna alis inferioribus macula ophtalmoïde infignibus, 

Merian. europ. 2 ,t. 37 ; Pe 39 s lle 37e 

Raj. inf. p. 148 , n. 2. Phalæna major , corpore craflo , alis amplis, interiori- 
bus macula ophtalmoide infignibus, 

Ra. inf. ibid. Eruca maxima elegans, liguftrinæ fimilis , cauda cornuta. 

Leche. nov. inf. fpec. n.58,f 11. Phalæna (ubulicornis elinguis, alis planiufculis 
cinereis , maculis fufcis , inferioribus ocello nigro , iride cœfia , pupilla 
nigro-cœrulea. 

Rofel. inf vol. à , tab. 1, claff.-1. Papil. no@urn, 

Jacob. l'amiral. inf. tab. 1. * . : 

F . Le 
Le démi-paon. 
Longueur 17 lignes. 


Ce beau fphinx a les ailes fupérieures brunes en-deflus, 
& marbrées de différentes nuances. Les inférieures font 


8 H1S-TOILR-EyNERÉGÉE 

d’un rouge de lacque , avec un grand œil fur chacune vers 
le bas du côté intérieur. Le fond de cet œil eft noir, & il 
eft chargé d’un large cercle bleuâtre. En-deffous , les aîles 
fupérieures font rouges vers leur bafe , & brunes dans tout 
le refte , & les inférieures font toutes brunes , mais nuan- 
cées. Ce fphinx a le corps fort gros. Son.ventre eft brun 
en-deflus ; orné de bandes rougeñtres en-deflous. Ses 
antennes & fes pattes font jaunes , & fa tête eft grife, 
ainfi que le corcelet. Sa chenille eft rafe, verte , à feize 
pattes , chagrinée de points élevés , avec une corne bleua- 
tre fur la queue. Elle vient fur le faule. Les œufs font de 
couleur verte. 


2. SPHINX exnguis alis laceris , fuperioribus cinereo- 
vérefcentibus ; fafcia obfcuriore tranfverfa inæquali , 
inferioribus fufco-aurantits. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 489 , n. 3. Sphinx alis angulatis, fuperioribus grifeo 

fafciatis , poflicis teftaceis. 

"Albin. inf. t. 10. 

Frifch. germ..7 ,t.2. 

Merian. europ. 2 , t. 24 

Reaum. inf. 1,1.2,f.3. Latva. 

De geer. mem. p. 694 , t. 8, f 5. Phalène à antennes prifmatiques & à trompe 
très-courte , grife , à aïîles découpées , dont les inférieures qui débordent 
les fupérieures, font en partie roufles. 

De geer. mem. p. 148,1. 8, f. 1 — 5. La chenille, 

Rofel. inf. vol, 1, tab. 2, claff, 1, Papil, no&urn. 


Le fphinx du tilleul, 
Longueur 1 pouces 
Ses antennes font blanches en-deffus , fauves en-deffous. 
Ses premieres pattes font fauves & les poftérieures font 
bianches. Le corcelet couvert de poils, eft gris , avec trois 
bandes longitudinales verdâtres , une au milieu & une fur 
chaque côté. Ces bandes font plus larges du côté de la 
tête & fe terminent en pointe du côté du ventre. Celui-ci 
eft gris. Les aîles fupérieures font aufli grifes , avec quel- 
ques nuances vertes , fur-tout vers le bout de l'aile qui eft 
tout verdâtre ; & de plus, fur le milieu de l'aile, il £ ne 
ande 


DES .LNSECTES. 8r 
bande irréguliere d’un vert brun qui traverfe l’aîle , & 
qui fouvent eft coupée dans fon milieu & partagée en 
deux taches. Les ailes inférieures font un peu fauves. 
Toutes les quatre font découpées à leurs bords & termi- 
nées par une tranche fauve. En-deflous elles font d’un gris 
plus clair , mais toujours un peu vert. Le papillon mâle eft 
d'une couleur plus claire que fa femelle. Celle-ci pond 
des œufs ovales de couleur verte. La chenille eft rafe à 
feize pieds , verte , chagrinée , avec une corne fur la 
queue. Elle vient communément fur le tilleul. 


NW. B. Je doutois d’abord que cette efpéce füt la même 
que celle que défigne M. Linnæus , d'autant que la nôtre 
n’a point de trompe , & qu’il en donne une à la fienne , il 
l'appelle /périlinguis. 1] paroît cependant par la citation & 
la figure de M. de Geer, que c'eft la même. Ce dernier 
lui donne une #rompe très-courte. Il faut qu’elle foit réelle- 
ment bien courte , car je n'ai pu l’appercevoir , quel- 
qu’attention que j'aye prife. J'ai donc cru pouvoir mettre 
ce fphinx parmi ceux de cette premiere famille , ne lui 
ayant point trouvé de trompe au moins fenfible. 


SNS EP HTNX elinguis ; alis férratis , cinereo - fufcis 3 
Juperioribus fafciis obfcurioribus tranfverfis ; inferiori- 
bus Baft macula fulya. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 489 , n. 2. Sphinx alis angulatis reverfis, pofticis baf 
ferrugineis ; anticis punéto albo. 

Linn. faun. fuec. n. 810. Phalæna prifmicornis fpirilinguis , alis planiu(ulis 
erolis grifeis, antennis albis, s 


Albin. inf. t.57,f. C. 

Merian. europ. 3 ; t. 37. Ke 
Rofel. inf. vol 3, fupplem. x , tab. 3 , claff 1. Papil, no&turn, 
Jacob. l'amir. inf. tab. 10. 


Le fphinx à aïles dentelees. 
Longueur 1 pouce. 

Ses aîles font dentelées d’une maniere affez fine à leur 
bord. Elles font grandes. Les fupérieures ont environ feize 
lignes de long. Elles font d'un gris un peu brun ;, avec des 
bandes tranfverfes de nuances plus ou moins brunes, Les 

Tome IA, L 


32 HisTOIRE ABRÉGÉE 

inférieutes font de la même couleur , mais elles ont vers 
leur bafe une grande tache brune un peu fauve. La che- 
nille de cette efpéce eft rafe , verte & chagrinée avec des 


taches jaunes obliques & une corne fur la queue ; on la 
trouve fur le peuplier. 


4 SPHIN X efnguis, alis lanceolatis vitreis venis 
RÈQTLS » Juperioribus macula limboque nigris ; fulvoque 


nebulofes. 


Linn. faun. fuec. n. 813. Phalæna fubulicornis elinguis , alis lanceolatis albis, 
venis nigris. 


Linn. (ft. nat. edit. 10 , p. 493 ; n. 28. Sphinx abdomine barbato nigro ;, 
fafcia flavefcente , alis hyalinis margine nigro. 

Rofel. inf. tom. 3. append. 231, t.38. 

Aë. Upf. 1736,p. 16, n. 85. Papilio apiformis abdomine aureo. 


Le fphinx-mouche. 
Longueur 5 lignes. 

Ce petit fphinx reffemble pour fa forme , fa grandeur & 
fes aîles, à une mouche ou à une abeille. Ses ailes inférieu- 
res font tranfparentes comme du verre , & ont feulement 
leurs nervures & leurs bords noirs. Les fupérieures pref- 
qu’auff tranfparentes font étroites. Elles ont au milieu une 
tache noire bien marquée. Leur extrémité eft pareillement 
foire , mais d’une teinte moins foncée , & elles font parfe- 
mées de quelques écailles fauves qui les rendent nébu- 
leufes. Le dos ou corcelet eft noir, mais ila une bande 
jaunâtre de chaque côté, & le ventre pareillement noir eft 
bordé de jaune. Le bout du ventre a quelques poils plus 
longs de couleur fauve. Les antennes prifmatiques font 
noires en-deflus , blanches en-deflous , & les pattes ont 
leurs art'culations épineufes ; comme celles des teignes 
& des pterophores. Je ne connoïis point la chenille de ce 
fphinx qui m’a été apporté & donné. 

SE COÂN D'E NÉ AMI L LE. 
Sphinx -éperviers. 


ç. SPHINX /perilinguis viridis ; alis vitreis pellucidis ; 
venis limboque fufco-ferrugineis, 


MESA À N SE C TES: 8? 


Prtiv. gazoph. tab. 36 ; fig. 10: 

Reaum. inf. 1 ,t, 12, f. 9 , to. Papillon-mouche. 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 493 , n. 28. Sphinx abdomine barbato nigro, falcia 
favefcente , alis hyalinis margine nigro. 


Le fphinx vert à aïles tranfparentes. 
Longueur 10 lignes. 


Ses antennes prifmatiques font groffes , noires , avec les 
nœuds bien marqués. Sa trompe eft grande & en fpirale, 
Au - devant de la tête , fous l’attache des antennes , font 
deux petites aigrettes velues , qui fe voyent aufli dans 
l'efpéce précédente , & dont les poils font en-deflous d’un 
gris jaunâtre. Le corcelet & le ventre font noirs , mais le 
corcelet & le bout du ventre font couverts de poils verdä- 
tres , tandis que le bas du ventre eft garni de touffes de 
poils d’un jaune pâle ou de couleur citronée , & que l'ex- 
trémité a deux paquets de poils noirs. Les ailes font fingu- 
lieres. Elles font tranfparentes , comme une pgafe ou un 
verre , fans écailles , fi ce n’eft fur les nervures & à leur 
bord , où elles font terminées par une bande brune rou- 

eâtre affez large. Les ailes fupérieures ont environ neuf 
Eee de long. J'ai trouvé plufieurs fois ce papillon , quoi- 
que rarement ; mais Je n'ai jamais rencontré fa chenille 
qui doit avoir une pointe ou corne fur fa queue. 


6 SPHINX /pirilinguis, als fuperioribus fufcis 
nebulofis , infertoribus ferrugineis. Planch. 11, fig. $. 


Linn. [yff nat. edit, 10, p. 493 , n, 16. Sphinx abdomine barbato lateribus 
albo nigro variis, alis pofticis ferrugineis. 

Ra. inf. p. 133; n. 1. Papilio velociflima, alis brevibus, corpore craflo , inter 
volandum ftridorem edens. 

Mouffer. lat. Papilionum mediarum prima. 

Reaum. inf. 1,t.12,f. 1 — 6. L'épervier. 

Biblioth. reg. Par. pag. 39, f.7, 89. 

Goed. lat. feël. 2, n.14 , p.41. & gall. tom. 2, tab. xxiv, 

Rofel. inf. vol. 1, tab.8, claff, 1. Papil. no&turn, 


Le moro-fphinx. 


Longueur 13 lignes. 


Cette efpécea les antennes gtofles , brunes en-deflus ; 
Li) 


84 HisTOIRE ABRÉGÉE 
blanchâtres en-deffous. Son corps eft gros , brun &c velu. 
Ses aîles font courtes pour fa groffeur Les fupérieures ont 
dix lignes de long ; elles font brunes , avec quelques ban- 
des tranfverfes ondées & nébuleufes , pius brunes & plus 
foncées. Les inférieures fort courtes , font d’un jaune cou- 
leur de rouille. L’extrémité du corps a de longs poils 
bruns. C’eft fur le caille-lait € ga//ium ) que vient la'chenille 
de ce fphinx. Elle eft rafe , chagrinée , à feize pattes ; 
& elle porte fur fa queue une corne ou pointe bleue ter- 
minée de rouge. 


7. SPHIN X /pirilinguis , alis fuperioribus fufcis ; 
inferioribus abdomineque fafciis tranfverfis rubris. 


Linn. faun. fuec. n, 809. Phalæna prifmicornis fpirilinguis fufca , alis inferiori- 
bus abdomineque fafciis tranfverfis rubris. 

Linn. fjff. nat. edit. vo , p. 490, n. 7. Sphinx liguftri. 

Mouff. lat. p.91, f. 2. € p. 182, f. à. Eruca glabra viridium nobiliffima, 

Jonjt. inf. t. 19 ,n. 1, 2. Eruca viridis liguftrina. 

Siwvamerd. bib. nat. t.19,f.1,2,3. 

Merian. europ. 3 , p. 54 ,t. 23. gallic.t. 124 

Ab. inf. tr. vij. Eruca liguftrina accipitrina. 

Lift. goed. p. 71 ,1.25, (Papilio.) 

Reaum. inf. 2,t.10,f. 1,23, 4. Sphinx. 

Ray. inf. 144, n. 1. Phalæna maxima caudata ,'alis anguflis longis acutis , abdo+ 
mine rofeo, {ex feptemve areolis tranfverfis nigris.* 

— Ibid. 362, n. 61. Eruca glabra maxima, viridium nobiliffima mouffeto. 

Biblioth. reg. Par. p. 24, f. omnes. 

De Geer. mem. p.14,t.1,f.6. & p. 4r. 

Bofel. inf. vol, 3, fupplems tab, $ , claff. 1. Papil. no@urn, 


Le fphinx du rroène. 


Longueur 22 lignes. 


Ce beau fphinx a les antennes groffes , longues & bru- 
nes. Son corcelet eft brun , ainfi que fes aïles fupérieures, 
qui font cependant nuancées de plufieurs teintes de brun, 
avec quelques raies noires longitudinales , & quelques 
bandes tranfverfes vers le bout de l’aîle. Ces aîles fupé- 
rieures font affez étroites , mais longues de deux pouces. 
Les ailes inférieures beaucoup plus courtes , ont le fond 
de leur couleur d’une teinte rouge couleur-de-rofe ; avec 
une bande tranfverfe noire étroite dans le haut , & deux 


DES INsEcTrs: 8$s 
larges bandes femblables vers le bout de l'aile, Le ventre 
de l'infette qui eft affez gros, a des bandes alternativement 
noires & rouges par anneaux. C'eft fur le-troëne & le lilac 
de Perfe que fe trouve la chenille de ce fphinx. Elle eft 
rafe , à feize pattes , d’un beau vert, avec des bandes obli- 
ques , comme des boutonnieres placées de chaque côté, 
nuées du gris-de-lin au blanc. Elle porte une belle pointe, 
fouvent bleue fur fa queue. Elle tient volontiers fa tête 
relevée & fon corps allongé ; comme on repréfente les 
fphinx de la fable. Cette figure eft ordinaire aux infeêtes de 
ce genre 


8 SPHINKX /pirilnguis ; als -fuperioribus fufco- 
nebulofis , inferioribus abdomineque: fafciis tranfs erfis 
luteis , thorace maculis caput mortuum referentibus. 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 490 ,'n. 8. Sphinx alis integris , pofticis luteis fafciis 

fufcis , abdomine luteo maculato cingulis luteis, Ihid. Atropos, 

Reaum. inf. tom. 1 , tab. x4, fig. 2. & tom. 2 , tab. 24 , fig. omnes, 

Rofel. inf. vol. 3 ,t. 1,2 ,claf]. 1. Papil. no@urn, : 


#libin, infrit. 6e 
Linn. amænit. acad. 3 ,p. 321. Caput mortuurme. 


Le fphinx à tête de mort. 

Longueur 2 pouces ÿr, Largeur 9 lignes. 

. Cette grande efpéce a les antennes moins longues que 
fon corcelet ; également grofles , excepté vers le com- 
mencement & le bout, noires en-deflus , blanches en-def- 
fous. Sa tête eft noire & fes yeux font fort gros. Ses ailes 
fupérieures font d’une couleur brune noirâtre , finuées en- 
haut & en-bas par des bandes irrégulieres plus claires , 
variées de brun & de gris , & fur le milieu de l'aile , il y a 
un point blanc bien marqué. Les aïles de deffous ont deux 
bandes noires , une fupérieure plus étroite & l'inférieure 
plus large , le refte de l'aile eft d'un beau jaune. Le ventre 
a pareillement cinq ou fix bandes jaunes & autant de noi- 
ges tranfverfes , placées alternativement ; & fur fon mi- 
lieu , une longue bande longitudinale noirâtre. Mais ce 
qu'il y a de plus fingulier ; c’eft le corcelet de cet animal, 


86 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Il eft noir, mais en-deflus il a une tache grife irréguliere 
fur laquelle font deux points noirs , ce qui repréfente très- 
bien la figure d’une tête de mort , d’où cet infette a pris 
fon nom. Cet animal n'a été donné , & je ne croyois pas 
qu'il fe trouvât autour de Paris ; mais M. Bernard de 
Juffieu , auquel on peut bien s’en rapporter , m'a affuré l'y 
avoir réncontré. Sa chenille eft du nombre de celles qui 
ont une pointe fur la queue. 


9 SPHINX fpsrilinguis alis omnibus fufcis , fafciis 
dentatis obfcuriortbus,abdomine fafciis tran/verfis rubris. 

Linn. Jyft. nat. edit. 10 , p. 490 , n. 6. Sphinx alis integris , poflicis albo fafcia= 
tis, margine poftico albo dentatis, abdofnine rubro cingulis atrs 

Merian. inf. 39-, tab, 75 fe 2 3 te 25e 

Goëd. inf. 3; t. Se 


Reaum. inf. 1,1. 13, f 8. 
Rofel. inf. vol. 1, tab. 7, claff. 1. Papil. no@urfg 


Le fphinx à cornes de bœuf. 


Longueur 1 poucess 


Ses antennes font groffes ; longues de dix ou douze 
lignes , & femblables à des cornes de bœuf. Sa trompe eft 
aufli monftrueufe pour la groffeur. Ses ailes fupérieures 
ont plus de deux pouces de long : elles font brunes , plus 
claires en quelques endroits ;, plus foncées en d’autres, 
avec des bandes noïres tranfverfes formées en zig-zags 
Les inférieures font brunes , avec quelques bandes tranf« 
vèérfes plus foncées. Le ventre qui eft fort gros , eft rayé de 
bandes tranfverfales , alternativement noires & rouges ; 
‘ce qui fait aïfément reconnoitre cette efpéce. 


10, S P H ï N X Jpirilinguis » alis viridi purpureoque 
fafciatis ; fafciis linearibus tranfverfis. 


Linn.-faun. fuec. n. 81. Phalænaprifmicornis fpirilinguis , alis viridi , fulvos 
purpureoque variis. 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 491, n. 15. Sphinx elpenor. 

Mouff. lat. p. 183: Porcellus. 

‘Lifl.goed. p.73, f. r6. Eruca elephantina. 

Goed. gall..tom. 1, tab. Y. 

Merian, europ, 2 ,p. 13 , gallice 1,73 


DRS INSECTES. 87 
Frifch. germ. #3, p.4;t.2. Eruca vitis brunnea. Hi 
Ra. inf. 145 , n. 3. Phalæna major, cauda acuta ; alis anguftis aeutis, ex viridi 
fulvo & purpureo rubente colore varia. 
De Geer, mem. 1, p.694,t.9,f. 8, 9. Phalène à antennes prifmatiques , d’un 
vert-olive, dont le deffous du corps eft couleur de rofe, 
——— mir pe 154,8 95 fe 1 Grc. La chenille. 
Rofel. inf, vol. 1 , tab. 4, claf. 1. Papil, noëturn, 


Le fphirx de la vigne. 


Lonzueur 16 lignes. 


Son corcelet & fon corps font mêlés de vert & de 
rouge , de façon cependant que le vert domine en-deflus. 
Ses antennes font jaunûtres. Ses aïles fupérieures ont des 
bandes tranfverfes alternativement rouges & vertes. Les 
inférieures font noires à leur bafe & rouges vers le bout. 
Ce beau fphinx vient d’une belle chenille de la vigne 
appellée 2 cochonne. Elle eft rafe , noire , veloutée & 
a une corne fur le onziéme anneau. Le devant de fon 
corps eft gros & comme renflé , & fa tête imite le grouin 
d’un cochon. 


11. SPHINX /pirilinguis , alis viridi , fulvo , purpu- 
reoque varie fafciatis & macularis ) Jubtus purpureis. 


Frifch: germ. 2 , 1. 11. 
Reaum. inf. 151. 13, fc1, 453$» 6e TER | 
De Geer. mem. 1, p.694,t.8, fig. 9 11. Phalène à antennes prifmatiques , d’un 


vert obfcur , dont les ailes fupérieures ont une large bande découpée 
blanche. 


— 1,P.162,1.8,f.6— 11.6 p. 42, La chenille. 
Rofel. inf. vol. 1 , tab. 3 , claf]. 1. Papil, no@urn. 


Le fphinx du tithymale. 


Longueur 17 lignes. 


Ce fphinx a les antennes un peu fauves. Son corcelet & 
fon ventre font couverts en - deffus de poils verdâtres. Ses 
ailes fupérieures font d’un gris rougeâtre , avec trois taches 
verdâtres ou olives le long du bord fupérieur , & une large 
bande noire oblique le long du bord inférieur. Les aîles in- 
férieures font rouges , avec la bafe noire , & une bande 
tranfverfe noire vers la partie inférieure ; elles ont de plus 


83 HISTOLRE ABRÉGÉE 
une grande tache blanche;ronde au côté intérieur. Én-def- 
fous le corps & les ailes font rouges. 

Ce fphinx vient de la belle chenille à queue du tithy- 
male , dont la tête eft rouge , ainfi que les pattes pofté- 
rieures , celles du milieu & la bafe de la corne de la queue: 
le refte de fon corps a un fond noir , fur lequel font dés 
anneaux de petits points jaunes & rouges. Il y a de plus 
fur chaque anneau du corps une belle tache ronde rou- 
geâtre , comme glacée d’argent. Cette belle chenille n’eft 
pas commune. Je Pai trouvée en automne. 


12 SPHINX pirilinguis , alis viridi purpureoque 
fafciatis , fafciis ferratis tranfverfis. 
Linn. fÿff. nat. edit. 10, p: 492 , n. 16. Sphinx alis integris flaviçançe purpu!° 
que variis ,inferioribus bafi fufcis, 
“Albin, inf. t. 9. 
Merian. europ. 3 s te 22e 
Rofel, inf. vol 1 , tab. s. la]: 1. Papil. no&urn, 
Le fphinx à bandes rouges dentelees. 
Longueur 1 pouce. L 
Son corcelet & fon corps font d’un vert olive & bordés 
de pourpre. Le milieu des ailes eft du même vert, avec 
quelques bandes tranfverfes brunes , maïs leur bord fupé- 
rieur eft rouge , & l’inférieur a aufli une grande bordure 
rouge dentelée. Les ailes inférieures & le deffous des aîles 
font rouges. Je ne connois point la chenille de ce fphinx 
que Mie Merian dit fe trouver fur le tithymale. 11 paroît 
par la figure de Rofel qu’elle eft brune & qu’elle reffemble 
beaucoup à celle du fphinx de la vigne. 


m 


TOR OULSITIÉNM ie A MLE LE, 
Sphinx - béliers. 
13. SPHINX /perilinguis , alis fuperioribus [ubcæruleis 


punilis fex rubris , inferioribus rubris. 


Linn. faun. fuec. n. 814: Phalæna fubulicornis fpirilinguis , alis fuperioribus 
fubcæruleis, punétis fex rubris ; inferioribus omnino rubris, 


Linn, 


DES INSECTES. 89 

Linn, fyfE. nat. edit. 10 , p. 494, n. 32. Sphinx filipendulæ, : 

Mouffer. lat. p.97, f. infm. Phalæna pratenfis 1. 

Jonft. inf. t. 7, ord. 3. Phalæna minima pratenfis r. 

t. 6. Papil. tab. 9. Aldro, n. 7. 

Lifi. goed. p. 100. f. 37. 

Merian. éurop. 2, p. 27t. 17. gallicet. 67. 

Albin. inf. t. 82, f. C. D. Leopardus fylveftris. 

Reaum. gall. 1 ,t.12,f.14,15,16,17 

2.5 Lei 2e l2e S 

Petiy. muf. p.36 , n. 330. Papilionoiïdes virefcens , maculis quinque miniatis 
ornatus. 

Ray. inf. 134, n. 2. Papilio pratenfis , alis pendulis minor , corpore craflo 
nigro , alis exterñis ex cœruleo nigricantibus cum maculis fanguineis. 

Merr. pin. 198 , n. 3. Phalæna minor, cum alis externis nigris quinque maculis, 
internis rubris, 


Rofel. inf. vol, 4, claffe 2 , tab, $7: 
Le fphinx-bélier. 


Longueur 8 Z lignes. 


Ses pattes , fes antennes , fa tête & fon corps font noirs 
& un peu velus. Ses antennes font figurées en fufeau , plus 
grofles au milieu qu'aux bouts. Les ailes fupérieures font 
d’un vert bleuâtre brillant , avec fix taches d’un beau rou- 
ge fur chacune , rangées deux à deux. Dans les femelles 
cependant , il ny a que cing taches rouges , les deux 
taches de la bafe de l'aile fe joignant enfemble , enforte 
qu’elles n’en forment qu’une feule grande. Les ailes infé- 
rieures font toutes d’un beau rouge ; bordées d’un peu 
de vert. 

La chenille de ce fphinx eft jaune, lifle , a feize pattes 
chargées de taches noires. Elle na point de corne fur la 
queue ,; comme celles des précédens. Elle vient fur le 
charme , la filipendule , le gramen. Sa coque liffe & bril- 
lante eft d'un jaune citron , allongée & comme plifiée. 


N.B. SPHINX /pirilinguis , alis rubris ; [uperioribus 
Zimbo maculifque [ex nrgris. 


Cette variété un peu plus petite que l’efpéce précé- 
dente ; en différe ; 1°. en ce que le haut de fon corcelet eft 
bordé d’un peu de rouge qui forme une efpéce de collier; 


2°. par la couleur de fes ailes fupérieures qui font rouges ; 
Tome IL, 


90 HISTOIRE ABRÉGÉE 

avec fix taches noires, toutes rangées deux à deux, excepté 
celle d’en - haut & celle d’en-bas qui font feules & ifolées. 
Enfin le noir & le rouge de ces aïles font féparés l'un 
de l’autre par un contour gris bien marqué. Les pattes 
de l'infeéte font auili grifatres. 


PTEROPHOR US. Phalænæ fpec. linr. 
LE PANNE RIO'-P' ET OËRGE, 


Antennæ filiformes. Antennes filiformes, 

Lingua fpiralis. Trompe en fpirale. 

Ale ramofe , ramis pilofis. Ailes compofées de plufieurs 
branches barbues. 

Chryfalis nuda , horizontalis. Chryfalide nue & horizontale, 


Jufqu’à préfent cé genre a été coffondu par ies Natura 
liftes avec le genre fuivant , auquel il reffemble beaucoup. 
Quelques-uns de fes caraéteres le rapprochent aufli du 
papillon , enforte qu'il femble tenir le milieu entre les pa- 
pillons & les phalênes, Ses antennes , femblables à celles 
de ces dernieres , font minces comme un fil ; & vonten 
diminuant infenfiblement vers le bout : mais fa chryfalide 
n'eft point renfermée dans une coque ;, comme celle de la 
phalène ; elle eft nue , pofée horizontalement , précifé- 
ment de la même maniere que Peft celle des papillons de 
la feconde famille. Auffi, en voyant cette chryfalide , eft- 
on porté à croire que c'eft celle de quelque papillon , & 
Pon n'eft défabufé , que lorfque le pterophore vient à 
éclore , & qu’il paroît fous fa forme d’infeéte parfait. Cette 
efpéce de chryfalide rapproche donc cet infecte des papil- 
lons , tandis que les antennes femblent le placer parmi les 
phalênes. Mais outre ces deux caraëteres , il y en a un 
troifiéme qui lui eft particulier , & qui confifte dans la 
forme de fes aîles. Tous les autres infeétes de cette feétion, 
papillons, fphinx, phalènes , teignes , ont des ailes formées 
par une membrane tranfparente , continue & d’une feule 


DES [INSECTES 9! 
piéce ; fur laquelle font appliquées de petites écailles 
colorées. Les ailes du pterophore ont une firuéture tout-à- 
fait différente : elles font rameufes ou branchues , décou- 
pées.en plufieurs portions , longues & minces, & chacune 
de ces branches a des deux côtés des efpéces de barbes 
courtes & ferrées , à peu près comme-les barbes d’une 
plume. Les barbes d'une branche touchent celles de la 
branche voiline , enforte qu'au premier coup d'œil Paile 
paroït continue & d'une feule piéce ; il faut la regarder de 

rès pour être détrompé. Cette aîle ainfi compofée , divi- 
fée & fubdivifée , n’en eft pas moins couverte de petites 
écailles colorées , comme le font les ailes de tous les 
infeétes de cette feétion. 

C’eft à caufe de cette forme d'ailes finguliere ; que 
nous avons rendu à cet infeéte le nom de prerophore , que 
quelque Naturalifte lui avoit déja donné anciennement. 
On ne pouvoit trouver un nom plus fpécifique , puifque 
cet animal porte des'‘ailes qui reflemblent à des plumes. 
Nous ne connoiflons dans ce pays-ci que trois efpéces de 
ce joli genre. 


nu PTEROPHORUS aus, alis fuperioribus 
Bipartitis , inferioribus tripartitis. Planch. 11, fig. 6, 

Linn. fÿff. nat. edit. vo , p. $42, n. 304. Phalæna alucita pendataétyla, 

Petiver. gazoph. tab. 67 , fig. 6. 

Reaum.inf. t,t.20.f.152+ 


Rofel. inf, vol. ï , tab s, claff..4. Papil. no@urn. 
Jacob. l’amir. inf. tab. 23. 


Le pterophore blanc. 


Largeur 1 pouce. 


* Ses yeux font noirs & fon corps eft d’un jaune pâle. Ses 
aîles font très - bianches , & l'infeéte leg tient étendues 
& écartées lorfqu'il eft en repos. Les fupérieures font divi- 
fées en deux , ou plutôt paroïffent comme compofées de 
deux bouts de plumes d’oifeau réunis par leur Lie Les 
inférieures font de même divifées en trois fils ou foies ;, 
qui ont de belles barbes fines des deux côtés. Je ne con- 

Mi 


9? HISTOIRE ABRÉGÉE | 
nois point la chenille de cette efpéce. Sa chryfalide à été 
trouvée par M. Bernard de Jufieu. Elle étoit fufpendue 
comme celles des papillons à fix pieds ; favoir, par l'extré- 
mité , & par un anneau de fil qui lui foutenoit le milieu du 
corps. Rofel repréfente la chenille , de couleur verte , à 


points noirs & chargée de quelques poils. 
2. PTEROPHORUS fu/eus, alis Jupertoribus apice 


bipartitis , infertoribus tripartitis. 

Linn. faun. fuec. n. 868. Phalæna feticornis fpirilinguis , alis patentiflimis 
linearibus ramofis, exterioribus bipartitis , inferioribus tripartitis. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 542, n. 301. Phalæna alucita didaétyla, 

Petiv. gaz. tab. 66, f. 10. - 

Ray. inf. p. 205 , 7. 101. Phalæna minima , alis amplis , nervis rigidis, 
membrana connectente facile dilrupta à fe invicem disjunétis. 

AS Upf. 17:6, p. 26, n. 87. Papilio alis ramofis. 

Reaum. inf, x, t. 20, fe12 13.5 14, 15e 


Le prerophore brun. 
Largeur 10 lignes, 

Cette efpéce eft toute brune : fes antennes font de 
la longueur du tiers du corps, & fes pattes poftérieures: 
font très-longues & épineufes , comme celles des teignes. 
Les aîles fupérieures roides & étroites ; fe divifent au bout 
en deux & font velues fur leurs bords. Les inférieures 
fe divifent prefque dès leur naïffance en trois nerfs ou fils 
barbus des deux côtés. 

La chenille de ce pterophore eft à feize pattes. Elle eft 
velue & de couleur verte claire. Sa chryfalide eft auñli 
velue & s'attache comme celle de l’efpéce précédente. On 
trouve la chenille fur le lizeron : cozvo/yulus. 


3. PTEROPHORUS cinereus , fufco maculatus ; 
alis fuperioribus olopartitis , inferioribus quadripartités, 

Linn. [yft. nat. edit. 10, p.s41, n. 305. Phalæna alucita hexadaëlyla, 

Petiver. gazoph. tab. 67 , fix. 7. 

Frifch. germ. 3 , p. 20,t. 7. Papilio erucæ forum caprifolii, 

Reaum. inf. 1,1, 19,f. 19,20, 21. 

Le pterophore en éventail. 

Largeur 6 lignes. 


DES INSECTES: CE 
Ce pterophore le plus charmant de tous ; a les aîles fu- 
périeures divifées en huit nervures barbues , & les infé- 
rieures en quatre. Ces douze nervures s’attachent & fe 
collent enfemble par leurs barbes , enforte qu'elles fem- 
blent ne faire qu’une aîle continue , qui fe plie & fe 
déploye comme font les éventails des dames , moyennant 
les bâtons qui les foutiennent & qui reffemblent aux ner- 
vures de l'aile de notre pterophore. L’infeéte, en étendant 
ces ailes, remplit & décrit un demi-cercle. Ces ailes font 
chargées de bandes brunes fur un fond gris un peu brun. 
La chenille de cette efpéce mange les fleurs du chevre- 
feuille. Son papillon eft peu commun dans Paris, mais les 
maifons de campagne en font remplies en automne : on le 
touve courant fur les vitres des fenêtres. 


PHAL.Æ NA. 
PAT PART AT EVENE: 


Antennæ à baft ad apicem Antennes qui vont en 


decrefcentes. décroiffant de la bafe à la 
pointe. 
Chryfalis in puppa. Chryfalide dans une coque. 
Larya nuda. -_ Chenille nue. 
Familia 14, Familia 24, Famille 1ere. Famille 2e 
Peélinicornes:  Antennis filifor- A antennesen A antennes fili-- 
mibus. peigne. formes. 
19, Elingues. 1°. Linguate alis 1°, Sanstrompe, 1°, Avec une 
planis, trompe & lesailes 
étendues. 
29, Linguatæalis 2°, Linguate elis 2°, Avéc une 2°, Avec une 
deflexise deflexis. trompe & lesailes trompe & les aîles 
) 1 rabatues, rabatues, 
3°. Linguatæ alis 3°. Elingues. 3% Avec une 3°. Sans trompes 
planis. trompe & les ailes 
étendues, 


Les phalènes forment un genre d’infeêtes très-nom- 
breux , quoique nous en ayons féparé les fphinx ; les tei- 


+ HISTOIRE ABRÉGÉE 

gnes & les pterophores. Au refte , les trois caraéteres que 
nous donnons futhfent pour faire connoitre ce genre & le 
diftinguer furement de tous ceux de cette fection , avec 
lefquels on l'avoit confondu jufqu ici. D'abord la forme de 
fes antennes qui vont conftamment en diminuant vers la 
pointe , fait diflinguer ce genre de celui des fphinx , dont 
les antennes à peu près aufli grofles au bout qu'à leur 
origine , font de plus à pans & à côtes. Sa chenille qui eft 
nue ; empêche qu'on ne le confonde avec la teigne , dont 
la chenille eft cachée dans une efpéce de fourreau de 
différentes matieres ; enfin le pterophore a fa chryfalide 
nue , comme celles des papillons , tandis que celle de 
la phalêne eft enfermée dans une coque plus ou moins 
épaifle. Il neft donc pas poffible de confondre la phalêne 
avec ces différens genres , & toutes les fois qu'on verra les 
trois caraéteres énoncés ci-deflus réunis enfemble , on 
diftinguera aifément une phalène. 

Mais comme ce genre eft très-nombreux , nous avons 
cru en faciliter la connoiflance en le partageant en deux 
grandes familles , & en fubdivifant enfuite chacune de ces 
familles en plulieurs ordres. Les antennes nous ont fourni 
un caractere diftinétif pour la premiere de ées divifions ; 
celle des familles. Nous avons dit que les antennes de 
toutes les phalênes alloient en diminuant de la bafe vers la 
pointe, ce qui eft très-vrai. Mais la forme de ces antennes 
n'eft pas la même dans toutes les phalênes : dans les unes, 
ce n'eft qu'un filet , un fimple fil qui diminue infenfible- 
ment vers le bout , nous appellons celles-là ; phalénes 
à antennes fil formes. Les antennes des autres ne font pas 
aufli fimples : l’efpéce de filet qui les forme eft branchu fur 
les deux côtés ; ces antennes ont des barbes, comme celles: 
d’une plume , ou, fi on l’aime mieux , des dents comme 
celles d’un peigne. Nous avons appellé les phalênes qui les 
portent , phalënes à antennes en peigne. Ces phalènes com- 
pofent notre premiere famille , tandis que la feconde 
renferme les phalènes à antennes filiformes.. On voit 


DES INSECTES. os 
que cette diftinétion eft très-facile à appercevoir. Nous 
avouerons cependant qu’il y a quelques cas où l’on rifque 
de fe tromper , fi l'on n’examine les antennes que lévé- 
rement. Certaines phalênes femblent wavoir que des an- 
tennes fimples & filiformes , quoique réellement elles 
foient en peigne. C’eft ce qui arrive à plufieurs femelles 
de phalènes , dont les mâles portent des antennes en pei- 
gne bien barbues , tandis que celles de ces femelles ont 
des barbes très-courtes que l’on n’appercçoit qu'avec peine. 
Dans ce cas , un Naturalifte peu verfé fe trouve fort furpris 
dé voir deux individus de la même efpéce , dont l’un 
paroït avoir des antennes en peigne , & l’autre des anten- 
nes fimples & en filets ; mais s’il examine avec un peu de 
foin ces dernieres antennes , il verra qu’elles ont des bar- 
bes comme celles des mâles ; mais beaucoup plus pe- 
tites. 

Outre cette premiere divifion des phalènes en deux 
grandes familles ; nous avons encore partagé chaque fa- 
mille en plufieurs ordres. La trompe & la pofition des 
ailes nous ont fervi à carattérifer ces fecondes divifions. 
D'après ces caratteres , nous avons établi trois ordres’ dans 
chaque famille. Un de ces ordres comprend les phalênes 
qui n’ont point de trompe , ou qui Pont fi courte qu'elle 
i’eft pas fenfible & qu’elle leur eft inutile. Ces phalènes 
font donc /ans trompe. Les deux autres ordres renferment 
les phalènes qui ont une trompe roulée en fpirale , & ils 
différent l’un de l’autre , en ce que dans l’un les phalènes 
portent leurs aîles rabatues & couchées fur leurs corps, au 
lieu que dans l’autre les aïles font étendues. Ces trois 
orares de phalênes fans trompe, & de phalènes avec une 
trompe & des aîles ou rabatues ou étendues , fe trouvent 
également dans les deux familles de ce genre , à l'excep- 
tion d’un feul de ces ordres qui ne s’eft point encore ren-- 
contré jufqu’ici dans les phalènes que J'ai examinées. Ce 
font les phalènes à antennes filiformes fans trompe. Ce 
defnier ordre manque dans la feconde famille : peut-être 


96 HISTOIRE ABRÉGÉE 
la fuite fera-t-elle découvrir quelques phalènes qui auront 
ce caractere. 

Par le moyen de ces différentes divifions & fous-divi- 
fions , nous facilitons le travail , & il eft aifé de retrouver 
& de rapporter à fa place une phalène que l’on veut con- 
noitre. La forme de fes antennes , fa trompe & la polition 
de fes ailes décident de la famille & de l’ordre où l'on peut 
la trouver , & il ne refte que peu d’efpéces à examiner. 

Les chenilles des phalènes varient beaucoup pour la 
grandeur , la forme & le nombre des pattes. On trouve 
dans ce genre des chenilles de prefque toutes les efpéces , 
à dix, douze , quatorze & feize pattes. Ces dernieres font 
les plus grandes & les plus communes. Celles à dix & 
douze pattes font du nombre de celles que nous avons ap- 
pellées dans le difcours hiftorique qui fe trouve à la tête de 
cette fettion , chenilles arpenteufes ou géometres. Les pha- 
lênes que donnent la plüpart de ces chenilles ont leurs 
ailes étendues , & pofées parallèlement au plan de pofi- 
tion. Ce font fur-tout les arpenteufes à dix jambes , qui 
toutes donnent ces phalênes , car pour les autres arpenteu- 
fes à douze pattes , elles donnent des phalènes qui va- 
rient , tant pour les aîles qui font étendues dans les unes 
& rabatues dans les autres , que pour les antennes , qui 
font tantôt barbues & tantôt à filets. Parmi ces chenilles 
arpenteufes , il y en a de très-fingulieres , foit pour la 
couleur , foit pour les tubercules qu’elles portent , foit 
enfin pour leurs différentes attitudes. Beaucoup reffem- 
blent à des petites branches , ou à des morceaux de bois 
fec , & cette refflemblance peut fervir à fauver plufieurs de 
ces infectes de la voracité des oifeaux , qui ne les ap- 
pÉeneRe pas fi aifément. D’autres chenilles font très-ve- 

ues , tandis que plufieurs font tout-à-fait liffes & rafes. 
Ces dernieres ont un air plus propre , au lieu que les velues 
ont quelque chofe de hideux & même peuvent être nuifi- 
bles lorfqu’on les touche. Prefque tout le monde fait 
par expérience que ces dernieres chenilles font élever des 

ampoulles 


DES. ÎNSE.C TES. 97 
‘ampoules fur la peau..Mais on s’eft imaginé à:tort que ces 
ampoulles étoient produites par un venin qui.fe trouvoit 
dans les chenilles. Si on fe donnoit la peine d’examiner les 
chofes fans prévention, on feroit détrompé. Les chenilles 
ne font point vénimeufes , & les femmes les plus délicates 
ne craignent fouvent point de toucher un ver-à-foie , qui 
n’eft cependant qu’une chenille. Mais ce ver-à-foie ef liffe 
& fans poils , aufli ne produit-il point d'ampoulles & de 
démangeaifons. Il n’y a que les chenilles velues qui foient 
ainfi malfaifantes,, non parce qu'elles font vénimeufes , 
mais-à caufe des poils qui Les couvrent. Ces poils fe caffent 
aifément & fe détachent de l'animal. Comme ils font fort 
fins , ils s’infinuent dans la peau , & de-là naiffent les 
démangeaifons que produifent ces chenilles. Jamais une 
chenille rafe ne produit ce mauvais effet , ce font toujours 
des chenilles velues. 

Toutes les chenilles des phalènes , après avoir changé 
plufieurs fois de peau , fe filent une coque , dans laquelle 
elles fe métamorphofent en chryfalides. Mais le tiflu de 
cette coque , la fineffe du fil qui la compofe , & les diffé- 
rentes mMatieres qui font jointes aux; fils » varient infini- 
ment. Rien n’eft plus beau & plus admirable que la coque 
d’un ver-à-foie , & tout le monde connoît l'utilité de la 
foie qu'il file, D’autres chenilles font des coques qui appro- 
chent beaucoup de celle-là , & dont le fil eft feulement 
plus groflier. Au défaut de la foie ; on pourroit emplover 
quelques-unes de ces coques. Mais il y a beaucoup de che- 
nilles dont la foie n’eft qu'une efpéce de bourre , dont 
les coques font groflieres & même peu chargées de fils. 
Quelques chenilles ont fi peu de foie , qu'elles y joignent 
des matieres étrangeres , des brins de bois , des morceaux 
de feuilles féches , qui leur fervent à fortifier le tiffu de 
leur coque. Enfin un grand nombre de chenilles font leurs 
coques dans la terre, & leur travail ne confifte, qu'a/lier 
& Joindre enfemble par le moyen de leurs fils différentes 

etites mottes de terre , dont leur coque eft compofée. 


Tome II. N 


8 HisSTOIRE ABRÉGÉE | 
Quand on éleve ces chenilles pour en avoir les pos 
il faut avoir foin de leur fournir de la terre dans les boëtes 
où elles font renfermées , fans quoi elles périffent faute de 
pouvoir faire de coques , ou elles deviennent chryfalides 
fans en avoir fait. J'en ai cependant vû quelques-unes, qui 
dans ce cas, employoient au défaut de terre les différentes 
matieres qu’elles trouvoient , & jufqu’à leurs excrémens, 
dont elles formoient le tiflu de leur coque. 

Les chryfalides des phalênes font la pläpart ovales & 
allongées. Elles ne font point anguleufes comme celles 
des papillons , & ne fe transforment pas auffitôt qu’elles 
en infettes parfaits. Elles reftent beaucoup plus long-tems 
enfermées dans leurs coques ; la plüpart n’éclofent que 
l’année fuivante ; J'en ai même vü quelques-unes refter en 
coque deux ou trois années de fuite. La chaleur ou le froid 
contribuent beaucoup à accélérer ou à retarder leur déve- 
loppement. On peut s’en affurer en leur procurant un 
certain degré de chaleur douce : par ce moyen ; on 
voit éclore des phalênes fur fa cheminée au milieu de 
l'hiver. . 

Les phalênes ou les infeétes parfaits qui fortent de ces 
coques , font ordinairement plus lourds & plus pefans que 
les papillons.Leurs couleurs fort aufli plus brunes,plus ter- 
nes & plus obfcures , quoiqu'il y ait quelques phalênes 
dont les couleurs foient fort vives & fort brillantes. Plu- 
fieurs de ces phalênes ne volent que le foir : dans Île Jour 
elles fe tiennent en repos , cachées fous quelques feuilles. 
C'’eft ce qui leur a fait donner par quelques auteurs , le 
nom de papillons de nuir. Dans l'été , lorfque les fenêtres 
font ouvertes le foir , elles entrent dans les appartemens , 
attirées par la lueur des lumieres , autour defquelles on les 
voit voltiger. Aufi un moyen für pour attraper beaucoup 
de phalènes , c’eft d'aller pendant la nuit à leur chaffe dans 
quelque bofquet ;, avec une lanterne allumée. Elles accou- 
rent toutes à la lueur de la lanterne , autour de laquelle on 
en peut prendre un grand nombre, 


DES INSECTES, 

Parmi ces phalènes , on obferye une chofe affez remer- 
quable ; c’eft que les femelles de quelques-unes n'ont 

oint d’ailes. À les voir, on ne les prendroit jamais pour 
des phalênes. Elles reffemblent à un gros animal , court , à 
fix pattes & rampant , tandis que leurs mâles font ailés 
& agiles. Cependant cet animal fi lourd eft une véritable 
phalêne , aifée à reconnoître par fes antennes. Elle à même 
des aîles, mais fi courtes que ce ne font que des éminences 
fort petites placées au bas du corcelet , & qui paroiflent 
tout - à- fait inutiles. Ces phalènes dont les femelles n’ont 
point d'ailes, font ordinairement du nombre de celles dont 
les antennes font en peigne. Ces femelles non ailées ont 
des antennes femblables , dont les barbes font feulement 
plus courtes. Elles ont aufli le corps chargé de ces écailles, 
qui font une note caraétériftique des infeëtes de cette 
fettion. 

Nous examinerons dans le détail que nous allons don- 
ner ; les beautés & les fingularités des différentes efpéces 
de phalènes. Ce genre , quoique moins brillant que celui 
des papillons , n’en eft pas moins digne d'attention. Quel- 
ques phalênes furpaffent de beaucoup en grandeur ce que 
nous avons de plus fort en papillons. Le 97279 paon eft une 
efpéce de géant , dont la taille reffemble plus à celle d’un 
oifeau qu’à celle d’un infeête. Cette efpéce & les deux 
autres paons font magnifiquement parés. Leurs ailes qui 
paroiffent comme couvertes de fourrure , font ornées de 
quatre grands yeux très -finguliers. Leur chenille n’eft pas 
moins belle. Les phalënes-écailles font celles qui portent 
les couleurs les plus vives & les plus brillantes : toutes 
viennent de chenilles très-velues. D’autres phalènes ont 
certaines notes caraétériftiques qui les diftinguent aifé- 
ment. Tantôt c'eft un port d’ailes , tantôt une autre attitu- 
de ; d’autres fois quelque figure tracée fur leurs ailes , 
comme on le voit dans le lambda , oméga , le pfy, &c. 
qui ont été ainfi appellés , à caufe des caracteres de ces 
lettres grecques que leurs ailes repréfentent. Enfin quel- 

Ni 


100 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ques-unes brillent par l'or & le bronze qui femblent éten: 
dus &. parfemés fur leurs ailes. 


PREMIERE FAMILLE. 
PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE, 


GT: 
PHALENES SÂNS TROMPE. 


1. PHALZÆN A pétinicornis elinguis , als cinereo* 
Jufcis , planiufeulis , fingulis ocello , major. 

Jonft. inf. t. 7. Vierfüus finem. 

Reaun. inf. 1 ,t.47,f. 5 : 6, fæmina.t.48,.f. 3, Mal. 


Goed. gall, tom. +, tab. N. 
Rofel. inf. tom.4.,tabl xv ÿ av] , xvij.. 


Le grand-paon de nuir, 
Largeur $ Z pouces. Longueur 2 pouces, 

Le grand paon, la plus grande de toutes les phalènés de 
ce pays-ci, a de grandes antennés peëlinées de couleur un 
peu fauve. Ses ailes font en-deffus brunes , ondées & va- 
riées, avec un peu de gris dans le milieu , & une bordure 
large d’une ligne , de couleur grife jaunètre. Le defous eft 

lus gris , mais les bouts des aïles ont avant la bordure une’ 
large bande brune. Les quatre ailes, tant en-deffus qu’en 
deffous ; ont chacune un grand œil. Ces yeux font noirs ;, 
entourés d’un cercle fauve ; puis en haut d’un demi- 
cercle blanc & d’un autre rougeñtre ; &'enfin l'œil eft ter- 
miné par un cercle entier de couleur noire. Sur le milieu 
de l’œil , paffe tranfverfalement une petite ligne blanchä- 
tre. La femelle femblable au mâle , a les antennes moins 
pettinées & moins barbues , & elle eft d’une couleur 
plus grife , plus fade & plus claire. Ces phalênes font 
grandes , fortes, elles ont l'air fourré , & quand elles 
volent on eft tenté de les:prendre pour des oïfeaux. La 
chenille qui les produit eft d’un beau vert clair , avec des 
tubercules d’un beau bleu d’émail , liffes & brillans ; qui 


PP RES me RE Te Re 


RER 


DES (INSECTES. 101 
donnent naïffance à quelques poils. Ces tubereules font 
rangés au nombre de fept ou huit autour de chaque anneau 
du corps. On trouve cette chenille fur l'abricotier ; le pê- 
cher, le prunier & quelques autres arbres fruitiers ; fa co= 
que eft brune , grofle , dure , formée par de gros fils. Sou= 
vent:l'infeéte fait cette coque fous les rebords des toits & 
des murs.- 


2: PHAL Æ N A pedhinicornis elinguis , alis cinereo- 
fifcis planiufculis , fingulis ocello ; minor. 

Linn. (ft. nat. edit. 10 ; p. 496, n. 6. Phalæna bombyx elinbuis , alis patulis 
rotundatis grileo-nebulofis tubfafciatis , ocello niéitante fubfenefrato, 

Mouffet. lat. p. so. Phalænatertia, 

Reaum inf. 1 , ts 49, fe 7 


Le paon moyen. 


Le paon moyen eft tout-à-fait femblable au grand paon 
pour la forme & les couleurs, & paroïît n’en différer que 
pour la grandeur , enforte qu’en feroit tenté de le regarder 
comme une fimple variété, fi la différence de fa chenille 
ne faifoit voir qu'il eft une véritable efpéce. Cette chenille 
eft verte; a feize pattes , avec des tubercules couleur de 
rofe ; beaucoup plus chargés de longs poils , qui fe ter- 
minent au bout par un petit bouton ; de plus , elle a des 
anneaux fauves ou rougeatres. On la trouve fur les arbres 
fruitiers. 


3: PHALÆNA peédini- 3, PHALÆNA peinii 


cornis elinguts als pla- CornLs elingurs als pla- 


niufculis ferrugineo lutéo- niufculis cinereis in medio 
que vartis , fengulis ocello,  albidis , fingulis ocello , 
Jfafciaque fufca. maf. fafciaque fufca. fœmina. 
Plançh 12, fig. 1, 2.. Planch. 12 , fig. 3. 
E inf. v,tisa,f. 9; 10. Jonff. inf. t, 7, f. 6. 
erian. europ. 1 ,t. 13e - . Reaum. inf. 1 1t.-50 ,f. 4, 5e 
Albin. inf. te 25. Merian. europ, 1,1. 23. 


Linn. faun. fuec. n. 835. Phalæna pedinicornis eHnguis , alis planiufculis çine- 
reis , fingulis océllo , fafciaque fufca , (fæœmina, ) 


102 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Raj. inf. 146 , n. 1. Phalæna major pulchra , maculis ophtalmoidibus in 
alis fingulis, 

Raj. inf. 147. Eruca viridis rarius pilofa , tuberculis fulvis feu rubentibus in 
mediis annulis , geranicola mouff. 180. 

De Geer. mem. 1,p. 697 ,t. 19, f. 7, 8 Phalène à antennes à barbes fans 
trompe , à tache noire en œil fur chaque aile. 

De Geer. ibid. p. 270,1. 19, f. 1 — 12. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. $ , f. 12, fœmina, e3 . maf, claff. 24 Papil, no@urne 


Le petit paon. 
Largeur 2 pouces s lignes.” Longueur 11 lignes, 

Le mâle & la femelle de cette phalêne font fort diffe- 
rens l’un de l’autre : nous allons commencer par décrire la 
femelle. 

Ses antennes font peu peétinées & de couleur jaunâtre. 
Ses aîles font plus grandes que celles du mâle , leur fond 
eft blanc , pointillé de noir en plufieurs endroits qui 
paroiffent gris. Le milieu de chaque aile eft blanc, & c’eft 

à cet endroit qu'eft placé l’œil , dont le fond eft noir , avec 

un cercle un peu fauve. Vers la bafe de chaque aile , eft 
une bande un peu rougeatre , & vers le bout des ailes fu- 
périeures , il y a une tache de même couleur. Le deffous 
des aîles eft femblable au deffus. 

Le mâle a fes antennes beaucoup plus peltinées que 
celles de la femelle. Ses ailes fupérieures font en - deffus 
d’un brun rouge , avec une tache blanche dans leur mi- 
lieu , fur laquelle fe trouve l'œil , comme dans la femelle ; 
en- deflous ces aïles font jaunes , & ont feulement une 
tache rouge vers le bout de l’aîle. Au contraire , les aîles 
inférieures font jaunes en- deflus , & en-deffous d’un 
rouge vineux, avec un peu de blanc autour de l'œil. Le 
bord des quatre aïîles a une frange de couleur grife. La 
chenille de cette’ phalène reffemble tout - à - fait à celle 
du paon moyen & vient fouvent fur la ronce & le 
rofier. 


4 PHALZÆNA pedinicornis , elinguis , alis albo 
ctnereis , ftriis tranfverfis nebulofis nigris ; abdomine 
annulis albis. À ; 


DES INSECTES 10% 

Lian. Jjff. nat. edit. vo , p, $o4 , n. 40. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis 
nebulofs , thorace fafcia poftica atra. < 

Linn. faun. fuec. n. 812. Phalæna fubulicornis elinguis, alis depreffis nebulofs , 
abdomine annulis aibis. 

Mouff. lat. p. 196 , f. 1. Sphondyla rubra. + 

Merian. europ. 3, p. 58, t. 36. gallic, t. 137. É 171e : 

Lifi. goed. p. 105 , f. 39. 

Goed, gall. tom. 3 , tab. 33< 

Albin, inf. t. xxxv. f. $6. 

Reaum.inf. 6,1.17,f.1,3,4, 5: 

Frifch.germ 7,p.1,t.1. Eruca terreftris magna. 

Raj. inf. 150 , n. 2. Phalæna grandis, alis cinerafcentibus, lineolis creberrimis 
nigricantibus variis, abdomine annulis tranfverfis nigris & albis verficolore. 

Raj. ibid. p.351, n. 15. Eruca maxima fubterranea , raris pilis obfita , fupina 
parte tota , excepto capite, rufa , prona flava, 

De Geer. mem. 1,p. 30,1. 2,f.9 , 10. 

Rofel. inf. vol, à , rab. 18, claff, 2, Papil, no&turn, 


Le coffus. 
Longueur 15 lignes. 

Cette grande phalêne eft toute de couleur blanchâtre 
cendrée ; les anneaux de fon ventre chargés de la même 
couleur , forment des bandes tranfverfes. Les ailes fupé- 
rieures dont le fond eft plus blanc par endroits , font 
comme flriées d’une quantité de petites lignes noires 
tranfverfes irrégulieres qui fe joignent fouvent & fe con- 
fondent enfemble. 

La chenille de cette phalêne eft de la longueur du doist, 
rougeâtre , nue , femblable à un ver, avec la tête & les 
machoires écailleufes. Elle a feize pattes & très-peu de 
poils éloignés les uns des autres. Elle vit dans l'intérieur 
des faules qu’elle perce & dont elle ronge le bois. C’eft 
dans ce même endroit qu’elle file fa coque. Il femble que 
da peau de cette chenille eft trop délicate pour qu’elle 
refte nue & expofée à l’air. Auffi, fi on la tire de l'intérieur 
du faule , elle fe file auffitôt une toile dans lagüelle elle 
s'enferme , & fur laquelle elle s’appuye pour percer larbre 
afin de s’y renfoncer. Elle dépofe fes œufs entre l'écorce 
& le bois fec à moitié pourri. Cette chenille rend par la 
bouche une liqueur grafle & huileufe , d’une odeur ex- 
trémement forte & défagréable , qui paroït fournie par 


PA HisTOIRE. ABRÉGÉE 

un vaifleau délié qui aboutit à la tête , & dans lequel vont 
fe décharger deux veflies longues & cylindriques con- 
tenues dans le corps.de l'animal, L’ufage de cette liqueur 
pe eft incertain. Serviroit-elle à amollir le bois 
dont linfeéte doit fe nourrir ; ou le rendroit-elle plus pro- 
pre à fervir d’aliment & de nourriture ? C'eft ce qu'il 
s’agiroit d'examiner. 


_ N.B. Cette phalêne a fes antennes bien peétinées ; 

quoique M. Linnæus lait rangée parmi les fphinx , dont 

les antennes font prifmatiques. Quant à la citation de 

Pline que donne M. Linnæus , je doute que ce coffus foit 

celui de Pline & des anciens , quoiqu'il y ait plufieurs ref- 

femblances : mais le paffage de Pline eft fi obfcur , qu'on. 
ne peut favoir précifément fi cette chenille eft le coffus 

que les anciens fervoient fur leur table comme un aliment 

très-délicat. Je penferois plutôt que ce feroit le ver pal- 

mifte qui eft la larve du grand charanfon du palmier. 


ss PHALZÆNA petlinicornis elinguis , alis deflexis 
albidis diaphanis ; vafis obfcuris. Linn. faun. fuec. 
72. 819. | è 


Linn. fyff. nat. edit, 10, p.499 , n. 16 Phalæna bombyx vinula. 

Mouffer. lat. p. 183, f. 10. Vinula. 

Aldrov. inf. p.268,f.1,3,6,7,8. 

Merian. europ. 3 , p. 59, t. 39. gallice t, 140. 

Lift. goed.p. 56 , f. 20. a.b. c. 

Goed. gall. tom. 3 ; fig. 37. fuperior. & tom. 1, fig. C. : 

Albin. infet. 11, fige 19e 

Frifch. germ. 6 , p. 18, t, 8. Eruca cauda furcata. 

Reaum. gall. 2 ,t. 21: : 

Raj. inf. 153 , n. s, Phalæna major pulcherrima , alis amplis , exterioribu# 
cinereis maculis & lineis nigris eleganter depidis. 

—— ibid, nez. Eruca bicauda elegantiffima. 

De Geer, mem, 1, p. 16,t.2, f. 1 — 8. Chenille à queue fourchue. 

Jbid.p. 318,123, fer — 15. 

Ibid. p. 698,t.23 , fe 12. Phalène à antennes à barbes , fans trompe , cendrée à 
nuances noires , à ailes velues & dont le corcelet eft à points noirs. 

Rofel. inf. vol. x, tab. 19  claff. 2. Papil. noëturn. 


La queue fourchue. 
. : Cette 


DES INSECTES, 10 

Cette phalène n'a rien de bien fingulier. Elle éft d’une 
couleur cendrée , avec les nervures de fes aîles noires 
& fon corcelet pointillé de noir. Mais la chenille qui pro- 
duit cet infecte ef très-remarquable. Elle eft grande , rafe, 
de couleur verte , a quatorze pattes, elle retire fa tête fous 
une efpéce d'angle que forment fes premiers anneaux ; on 
voit fur fon dos deux grandes taches brunes , terminées par 
des lignes qui fe croifent ; & enfin , fa queue eft terminée 
par deux longues appendices ou efpéces de fouëts. Cette 
chenille qu’on trouve fur le faule & le peuplier , a encore 
une autre propriété. C’eft de feringuer une liqueur par 
une ouverture particuliere qu'elle a en-deflous du corps 
entre la tête & la premiere paire de pattes. Cette liqueur 
qui fort d’une vellie ovale , eft claire , tranfparente & 
d’une odeur forte , comme celle que répandent les grofes 
fourmillieres des bois. M. de Geer dit que quelques gout- 
tes de, cette liqueur lui étant entrées dans l'œil , elles 
lui cauferent une douleur cuifante , mais de peu de durée, 
Quelques bupreftes , lorfqu’on les prefle , jettent pareille- 
ment une liqueur acre , qui pique vivement les yeux & 
même les levres lorfqu’il en tombe quelque goutte. 


6 PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis deflexis ; 
Juperioribus flavis , maculis fufcis ; infèrioribus rubris » 

nigro maculatis. 

Linn. [yfE. nat. edit. 10 ,p. Sos , n. 45. Phalæna bombyx fpirilinguis (non) alis 
deflexis , fuperioribus flavis fufco punétatis , inferioribus rubris nigro maçus 
latis. È 

Albin. inf. t, 22. 


Merian. UN 15 216. 
Rofel. inf. vol. x , tab. 10, claff. 1. Papil, no@urn, 


L'ecaille mouchetee. 
Largeur 23 lignes. Longueur 10 lignes. 


Cette belle phalène a le corps jaune , affez gros , tache- 
té d’une rangée longitudinale de points noirs fur le milieu 
du ventre. Les aîles fupérieures en-deflus font jaunes, 
avec un grand nombre de petites taches brunes. J'en ai 

Tome II, 


à) 


106 HisTOrRE ABRÉGÉE 

compté jufqu'à vingt-deux de différentes grandeurs. Les 
aîles inférieures font en-deffus d’un beau rouge couleur de 
cerife , avec cinq ou fix grandes taches d’un noir foncé. 
En-deffous, les ailes fupérieures font jaunes, bordées en- 
haut d’un peu de rouge , & chargées, à la diftance d’une 
ligne environ du bord , d’une large raie rouge , qui forme 
comme un fecond bord. Sur cette bande les taches font 
noires , & fur le refte de Païle , elles font brunes comme 
en-deflus. Les aîles inférieures en - deffous font jaunes , 
lavées d’un peu de rouge , avec une bande noire vers leur 
bafe ; & dans le refte , elles ont cinq taches noires un peu 
allongées. La chenille de cette phalêne a feize pattes. Elle 
eft velue & on la trouve fur la renoncule. 


7 PHALÆNA pedinicornis elinguis , alis deflexis, 
S'aperioribus atris , areis flavefcentibus ; inferioribus 
luters nigro maculans , abdomine rubro. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. Sort , n. 24. Phalæna bombyx elinguis alis deflexis 
atris , maculis o&to albidis , inferioribus fulvis nigro maculatis. 

Reaum. inf. 1,t.31,f.4, 53 6e 

Albin. inf. t. xxj. f. C. D. 

Petiver. gazoph. t. 33, fig. 103 12. 

Frifch. germ. 10 ; p. 3 ;t. 2. Papilio maculis alarum fuperiorum albis & nigris ; 
inferiorum aurantio-luteis , abdomine rubro. 

Raj. inf. 156 , n. 4. Phalæna media , alis oblongis , exterioribus nigris, ma- 
culis majufculis ochroleucis illitis , interioribus lutcis , maculis nigris 
depidis. 

Biblior. reg, Parif. p. 14, f. omnes. 

L'écaille marbrée. ï 

Longueur 1 pouce. 

Sa tête & fes antennes font d’un noir matte & velouté. 
Son corcelet eft de la même couleur , avec une tache 
triangulaire d’un blanc jaunâtre de chaque côté fur les 
épaules , devant l’attache des ailes. Les ailes fupérieures 
en-deflus font noires , avec de grandes taches d’un blanc 
Jaunâtre au nombre de huit ; favoir , une longue trian- 
gulaire à la bafe , enfuite deux à côté l’une de l’autre 
de forme ovale , puis deux petites , l’une longue & lautre 


ronde , enfuite deux fort larges , & enfin une prefque 


-PDES. INSECTES: 107 
quatrée tout en bas. En- deflous , ces aïles font pareille- 
ment noires , avec les mêmes taches , & de plus, un peu 
de rouge couleur de feu vers le bord extérieur de Paile, 
Les aîles inférieures font jaunes en- defus ; avec plufieurs 
taehes noires , dont quatre font plus grandes que les autres 
& de forme allongée. En - deffous elles font femblables 
au deflus , à l'exception de tout le bord extérieur qui eft 
couleur de feu. Le corps de l'’infeéte eft noir en- deffous , 
rouge vif en-deflus & fur les côtés , avec une bande longi- 
tudinale de points noirs fur le deflus du ventre , & une au- 
tre de chaque côté. La bafe des cuifles eft de même cou- 
leur de feu. 

On voit par ce détail que la phrafe & la defcription de 
M. Linnæus ne conviennent guères à cette phalêne , 
quoiqu'il donne plufieurs des citations que nous mar- 
quons. Elle n’a point , comme il le dit , des taches noires 
avec des bandes blanches , mais elle eft noïre avec des 
taches blanchâtres. Il fembleroit avoir voulu défigner plu- 
tôt une autre efpéce que nous appellons /a phaléne chinée, 
dont nous parlerons plus bas ; mais qui n’a point les 
antennes peétinées. 

La chenille de cette phalène eft velue. Elle a feize pat- 
tes : on la trouve fur l’orme. / 


. B. Cet infeête donne une variété qui en différe ; 1°, 
en ce que fon ventre eft par-tout d’un très-beau rouge de 
carmin fans mêlange de jaune, feulement avec une bande 
noire longitudinale dans fon milieu ; & l'extrémité de ce 
même ventre noire ; 2°. par les taches des aïles fupérieures 
qui font en bien moindre quantité fur le fond noir. Il n’y a 
que cinq grandes taches , & quatre ou cinq fort petites ; 
3°. en ce que les aîles inférieures , au lieu d’être jaunes, 
font d’un très - beau rouge vif & éclatant , avec trois gran- 
des taches noires fur chaque aîle , au lieu de la grande 
quantité de taches plus petites qu'on remarque dans l'ef- 
péce ci-deffus, 

Oij 


103 UHiSTOIRE ABRÉGÉE 


8. PHAL ÆN A peélinicornis elinguis , alis deflexis ; 
J'uperioribus Jfufcis , rivulis albis ; inferioribus purpu- 
reis , punis fex nigris. Linn. faun.fuec. n. 820. 


Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. $0o , n. 22. Phaïæna bombyx caia, 

Aldrov. inf. p.246 , f. 11, 12. 

Mouffet. lat. p. 93, n. 18, f. Suprema. 

ibid. p. 186 , f. 2. Ambulo fecundus, 

Hoffn. inf. t. 14, f. 11, edit. alt. 3,4, 9e 

Lift. goed. p. 219 , f. 99. 

Goed. gall, tom. 2, fig. xvij. 

Merian. europ. 1 .p. 2,4. 5. & 160: 

Albin. inf. t.20,f. C. D. 

Frifh. germ. 2 , pe 38, t. 9. Eruca urfina. 

Reaum. inf. 1,1, 36,f.1 — 7. \ ; ) j 

Raj. inf. p.151, n. 3. Phalæna major , alis amplis oblongis , albicante & fufco 
coloribus pulchre variegatis, interioribus rutilis cum maculis nigris. 

Ra. ibid. p. 152 , n.7. Eruca denfius pilofa magna » pilis longiflimis incanis 
fulvis & nigris varia , cum punétorum albentium lineis annularibus. 

Biblioth. reg. Par. p. 13 , f. 1 — 8. Gp. 16, f. 1. Papilio purpurafcens circulis 
atro-cœruleis notatus, alis favelcentibus virgatis, cum maculis fufcis. 

De Geer, mem. 1 , p. 696»t. 12» f. 8, 9. Phalène à antennes à barbes fans 
trompe , dont les ailes fupérieures font brunes & blanches , & les inférieures 
rouges à grandes taches noires. 


Rofel. inf. vol. + , tab, 1, claf]. 2. Papil. noûurn; 


L'écaille martre ou heriffonne. 
Longueur 1 pouce. 


Son corcelet eft brun ; avec un collier rouge fur Île 
devant. Ses ailes fupérieures font brunes , couvertes de 
bandes finuées blanches qui forment comme des ruif- 
feaux ; ces bandes font bien plus larges dans les males que 
dans les femelles. Le ventre & les ailes inférieures font 
d’un rouge un peu oranger. Sur le milieu du ventre en- 
deffus , font quatre ou cinq taches noires aflez larges ran- 
gées en bandes longitudinales , une fur chaque anneau. 
Les ailes inférieures font chargées chacune de fix taches , 
tant grandes que petites, d’un noir bleuâtre. Le deflous de 
l'infeéte eft femblable au deflus, fi ce n’eft que le bord ex- 
térieur des ailes fupérieures eft un peu rouge. 

La chenille de cette phalêne eft très- velue , chargée de 
tubercules , & fes poils font fort longs , c’eft ce qui l’a fait 


‘ 


DES: INSECTES. 109 
appeller la martre ou la hériflonne. Quelques-uns la nom 
ment le lievre ; parce qu’elle marche affez vite. Elle a 
feize pattes. Ses poils font de couleur fauve , & fur les cô- 
tés de chaque anneau de fon corps , il y a un point blanc. 
Elle vient fouvent fur l'orme. Ses œufs font de couleur 
verte. 


9. PHAL ÆN A peélinicornis elinguis ; als deflexis ; 
Jüperiortbus albis , rèvulis tranfverfts zigris , iferiori= 
Bus rofeis , macula triplici nigra. 

Frifch. germ. 7 ,t. 9. 


L'écaille couleur de rofe. 
Loygueur 10 lignes. 


Ses aîles fupérieures font blanches , ivec des bandes 
noires bordées d’an peu de jaune aurore. Ces bandes font 
tranfverfes & au nombre de cinq : mais la quatriéme 
eft divifée en deux par le milieu , & la cinquiéme borde 
l'aile. Les aîles inférieures font d’une belle couleur 
de rofe , bordées en-bas d’un peu de noir, avec trois 
taches longues ou bandes noires , dont une eft beaucou 
plus petite que les deux autres. Le corps de la phalêne eft 
noir ; lavé d’un peu de rouge. Elle eft rare , je ne lai 
pas rencontrée fouvent & Je n'ai jamais trouvé fa chenille, 


xo. PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis deflexis ; 
Sperioribus fufcis , maculis luteis , ënferioribus rubris ; 
maculis quatilor HIQTISe 


L'écaille brune. 
Longueur 8 lignes. 


Cette jolie efpéce a les antennes d’un brun clair ; cou= - 
leur de café pâle ; ainfi qué fes ailes’ fupérieures. Sur 
ces ailes ,: font des taches irrégulieres d’un beau jaune 
citron , au nombre de fept fur chacune ; favoir, une petite 
en-haut près:le bord extérieur ; une,autre vis-à-vis le bord 
intérieur ; beaucoup plus grande & allongée , une trois 


110 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fiéme vers le milieu du bord extérieur prefque toute ronde 
& petite, & une femblable vis-à-vis, près le bord intérieur. 
Enfuite vers le bas de l'aile , il y en a deux plus grandes & 
irrégulieres , dont une eft plus grande encore que l’autre , 
c'eft celle qui eft au bas de l’aïle proche le bord intérieur. 
Enfin , il y en a une feptiéme petite comme un point 
& prefqu'imperceptible tout au bas de l’aïle ; près le 
milieu du bord inférieur. Les ailes de deflous font rouges , 
avec quatre grandes taches noires ; une vers le haut de 
l'aile qui forme une bande tranfverfe ; une plus petite 
qui tient au milieu du bord extérieur ; une troifiéme plus 
grande qui fe Joint au bas du bord intérieur ; & une qua- 
triéme qui borde la moitié extérieure du bas de l'aile. 
Les poils de la tête font rougeîtres , ainfi que les pattes. 
Le deffus du corcelet & du ventre eft brun , & leurs côtés 
ont des poils jaunes. Je ne connois point la chenille de 
cette Jolie phalène. 


31 PHALÆ N A pelinicornis elinguis ; tote rufas 
alarum margine [errato. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 497 , n. 8. Phalæna bombyx elinguis , alis reverfis 
dentatis ferrugineis , margine poftico nigris. 

Raj. inf. 141, n. 1. Phalæna maxima, tota obfcure rufa antennis plumofis , 
capite grandi , alisinterioribus, cum fedit , ultra exteriores extantibus & fur= 
fum reflexis. 

Albin. inf. t. xvje 

Merian. europ. 1 , t. 3, 2e 

Frifch. germ. 3, t. 1 , tertii ordinis » fige 4ë 

Reaum. inf. 2,t.23,f.1:2,3,4,10. 

Biblioth. reg. Par. p. 11 , f. omnes. 

Rofel. inf. vol. x , tab, 41 , claffe 2. Papil. no@urns 


La feuille morte. 
ÆLongueur 15 lignes. 

Sa tête eft grande, groffe & avance en pointe. Tout fon 
corps & fes aïîles font d’une couleur brune rougeître. 
Les bords des aîles font dentelés. Une particularité de 
cette phalène peu brillante d’ailleurs , eft fon port d’ailes. 
Lorfqu’elle eft en repos ; elle tient fes ailes fupérieures 


DES INSECTES. 119 
parallèles au plan de pofition , & les inférieures relevées & 
prefque perpendiculaires. En même tems fes antennes font 
couchées le long de fon corps ; enforte que cette figure 
finguliere , jointe à fa couleur tannée & à la dentelure de 
fes aîles , la fait tout -à- fait reflembler à un paquet de 
feuilles mortes & feches : peut-être évite -t- elle par-là 
d’être apperçue des oifeaux , qui cherchent à fe nourrir des 
papillons & des phalênes & qui leur font la chaffe. Sa che- 
nille vient fur le gazon ; (gramen. ) 

Cette chenille eft grande , longue ; elle a feize pattes ; 
fa couleur eft d’un gris de fouris , & elle a des appendices 
charnues de chaque côté au bas de chaque anneau. Elle eft 
un peu velue. Les œufs de l’infeëte font fort jolis. Ils font 
d’un bleu d’émail , entourés de cercles & de bandes bru- 
nes comme des petits barils. 


142. PHAL ÆNA pedinicornis elinguis ; pallido-rufa , 
crifla dorfali nigra. 

La crête de coq. 

ÆEongueur 8 lignes. 

Elle eft toute de couleur fauve pâle ; imitant celle 
qu’on appelle ventre de biche. Son port d’ailes ef fingulier. 
Elle porte fes ailes en toit très-aigu , & prefque perpendi- 
culaires au plan de pofition , & à la Jonétion de ces aîles 
fur le milieu du dos, eft une crête velue de couleur noire, 
qui donne naiffance à deux petites raies noires qui s’éten- 
dent de chaque côté fur les ailes , mais qui fe terminent 
vite. Le bout poftérieur des ailes eft aufli relevé en crête ; 
comme on le voit dans beaucoup de teignes. 


13 PHAL ÆNA pedinicornis elënguis rufa , alis 
rotundatis fafcia pallidiore ; fuperioribus pumclo albo. 


Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 498 , n.13. Phalæna bombyx elinguis ; alis reverfis 
ferrugineis , ftriga flava , punétoque albo. 

Raj. inf. p= 142, n. 2. Phalæna maxima fulva , alarum exteriorum fuperiore 

* medietate intenfus colorata , cum macula in medio alba , inferiore dilu- 
tiore. ; 


412 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Æeche. nov. inf. fpec, n. 59. Phalæna pe@inicornis elinguis , alis fulvis ; facia 
fava , punétoque albo. maf. 

Goed. gall. tom. 2 , tab, vij. 
. Lift. goed. n. 88. 

Mouffet. lat. p. 92, n.9,f. 1, 2: 
“Albin. inf. t.18. 

Merians EUTOpe 1 y Le 10e 

Reaurm. infe 1 ; 1035 > fe T3 3o4s 75-80 

Frifch. germ, to; t. 10, 

Biblioth. reg. Par. p. 22, f. omnes. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 35, claff. 2. Papil, no@ura, 

L'amir. inf. tab. 31. 


Le minime à bande. 
Longueur 1 pouce 9 lignes. 

Le mâle a les antennes larges , très-pectinées & de cou 
leur brune rougeâtre. En-deflus , fon corps eft de la 
même couleur , ainfi que la moitié fupérieure de fes ailes. 
Sur cette moitié dans les aîles de deflus , fe trouve un 
point blanc de forme ronde. La moitié inférieure des ailes 
eft d’une couleur claire jaune , mais fur les fupérieures le 
bord eft encore brun, enforte que le jaune ne forme 
qu'une bande. Le deffous de l'infette eft femblable au 
deffus , fi ce n’eft qu’en - deflous le corps eft jaune , ainii 
que les pattes. 

La femelle de près d’un tiers plus grande que le mâle ; 
a les antennes moins peétinées. Elle eft toute de couleur 
jaune , avec le point blanc fur les aîles fupérieures, & une 
bande un peu plus claire à l'endroit où fe trouve la bande 
jaune dans le mâle. 

La chenille de cette phalène eft velue, avec des an: 
neaux d’un noir foncé. Elle a feize pattes : on la trouve fur 
le charme , l’orme , le cornouillier , le grofelier & quel- 
ques-autres arbres, 


14. PHAL ÆN A petinicornis elinguis , alis deflexis 
albis , fafcia quadruplici tranfverfa nigra ; acute undu- 
data. 


Linn. jf, nat. edit, 1o , p. Sox , n. 27. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis 3 
malçulis grifeo fufcoque nebulofs ; fæmineis albidis , lituris nigris. 


Frifch. 


DES INSECTES: F13 
Frifch. germ. 1 ,p. 141.3. : 
Merian. europ, 1 ; t. 18. 
Reaum. inf. 2,t.1,f.11,14, 159.6 1,t,46,f. 53 
Biblioth. reg. Par. p. 27, f. omnes. 
Rofel. inf, vol, 1 , tab. 3, claff. 2. Papil, no&turn, 


Le zig-7ag. 
Longueur x pouces 

Ses antennes font noires & très-peltinées, fur-tout celles 
du mâle. Son corps & fes aïles font d’un blanc gris. Sur les 
aîles , font quatre bandes tranfverfes noires ondulées en 
angles ou zig-zag , & de plus , quelques marques noires 
tranfverfes à la bafe de l'aile , formant une cinquiéme 
petite bande. Le bord inférieur de l'aile eft ponétué de 
noir ; & il y a un point pareillement noir au milieu de 
l'aile entre la troifiéme bande tranfverfe & la quatriéme 
en remontant. Les ailes inférieures & le deflous des aîles 
font tout gris. La femelle a fouvent un très-gros ventre 
chargé à l'extrémité de beaucoup de duvet de couleur 
châtain , qui lui fert à couvrir les œufs qu’elle pond. 

Sa chenille eft velue , & a auprès de la tête des aigrettes 
de poils qui lui forment comme des oreilles. Son corps eft 
couvert de tubercules ronds élevés , de couleur fauve. On 
la trouve fur le chêne & fur l’orme. Elle a feize pattes. 


. V. B. La couleur de cette phalêne varie , du moins 
pour le mâle : il eft quelquefois d’un brun cendré , avec 
quatre bandes tranfverfes ondulées plus foncées. J'ai ren- 
contré aflez fouvent cette variété qui eft plus petite de 
moitié. 

15. PHALZÆN A penicornis elinguis , alis deflexis ; 
cènereo - undulatis ; fafciis tranfserfes obfcurioribus , 
capite inter pedes porreclos. Linn. faun fuec. n. 828. 

Linn. [yfé. nat. edit, 10 ,p. so3 , n. 35. Phalæna bombyx pudibunda. 

Merian. europ. 47. 

Reaum. inf. 1,1: 33» fe 45 $: 10,11, 12. 

Lift. Goed. p.191, f. 81. 


Ra. inf, 185, n. 7. Phalæna media cinerea » alis oblongis , exterioribus qua- 
tuor lineis nigricantibus tranfverfis diftinétis, 


Tome IL, Ê 


414 TISTOIRE ABRÉGÉE 

Ra. ibid. 344, n. 9. Eruca major pulcherrima pilofa e viridi favicans, quatuor 
in medio dorfo {copulis è flavo albicantibus , cum purpureo penicillo lon 
giore fupra caudam. 


De Geor. mem. 1 > pe 6973 t. 16 » f. 11, 12. Phalène à antennes barbues, 
brun-jaunâtres, fans trompe : gris-blanchâtre, à quelques raies tranfverfales , 
ondées , brunes. 


De Geer. ibid. p. 243 , t16,f,7, 20. La chenille, 
L'amir. inf. tab. 18. 


La patte érendue. 
Longueur 1 pouce. 


Le mâle a fes antennes très-pectinées ; celles de fa 
femelle le font moins ; dans l’un & dans l’autre elles 
font brunes. Les aîles du mâle font de couleur cendrée , 
avec plufeurs bandes tranfverfes larges, ondulées , peu 
diftinétes & de couleur noirâtre. Celles de la femelle font 
d’un gris plus clair , avec plufieurs bandes ondées & tranf- 
verfes , dont trois font plus noires & plus marquées que les 
autres. En-deflous, les aîles font d’un gris blanc, avec une 
feule bande tranfverfe noire & un point de même couleur 
dans leur milieu. Mais une fingularité de cette phalêne qui 
la fait aifément reconnoitre , c’eft la maniere dont elle 
porte fes pattes antérieures étendues devant fes antennes, 
ayant la tête entre les cuiffes de ces pattes. 

Sa chenille n’eft pas moins remarquable. C’eft une de 
celles que l’on appelle chezilles à Broffes. Elle eft velue 
d’un jaune verdâtre , avec quatre broffes ou aïgrettes cou- 
pées tranfverfalement de couleur jaune blanchâtre , ran- 
gées le long du dos. Elle a de plus un long pinceau de 
poils de couleur rouge pofé fur la queue. Ses pattes font 
au nombre de feize. On la trouve fur le poirier , l’abri- 
cotier & quelques-autres arbres. 


16. PHALÆ NA peéinicornis elinguis , als deflexis 
pallidis , fafcia alarum tranfverfali faturatiore. Linn. 
Jaun. fuec. n 824. 


Goed. gall. tom. 2 , fig. X. 
Lift. Goed. 204 , t. 89. 


Rüj. inf. 213, n. 6. Eruca fepiaria gregaria major ,'pulchre colorata: 
Mouff. lat. 188. Neuftria major , (larva.) 


D'ESt INSECTES arf 
Merian. europ. Y ; ps 12 , ft. 33e ; 
Frifth, germ. 1 ,p. 10, r. 2. Eruca annularis. 
Regum. inf. 23t.4,f.1=— 11, @t. 5 ,f. 7. Eruca, 
De Geer. mem. p. 81 1,f.1—4. 
Rofel. inf. vol. x, tab. 6, claff. 2. Papil, no@urn, 
Biblioth. reg. Par. p. 28, f, omnes 


La livrée. 
Longueur 8 lignes, 

Sa couleur eft d’un blanc jaunître terne , avec une ban- 
de tranfverfe plus brune fur le milieu de fes ailes , terminée 
en-haut & en-bas par deux raies brunes. 

Sa chenille eft très-belle , longue , prefque rafe & elle a 
feize pattes. Elle eft couverte de bandes longitudinales 
bleues & jaunes , ce qui reffemble aux couleurs d’un habit 
de livrée. Elle vient par troupes ; & fouvent mange & dé- 
truit tout, s’accommodant de tous les arbres. Elle dépofe 
fes œufs autour d’une branche d’arbre tout à l’entour & 
par anneaux , & en fi grande quantité que quelquefois 
tout le tour d’une branche en eft couvert dans la longueur 
de près d’un pouce. 


27. PHAL ÆN A pecinicornis elinguis ; als deflexis ; 
féperioribus fafciis pallido - flavis nigrifque alternis 
longitudinalbus , inferioribus crocets fafcia marginal 
LOT , 


Merian. europ. r, tab. s. 
Rofel, inf. tom. 4, tab. xxj.fa,b,c, de, 


La phaléne chouette. 
Longueur $ , 7 lignes. 

Ses antennes font noires & bien peltinées. Son corps eft 
pareillement noir avec un peu de jaune. Ses ailes fupé- 
rieures font d’un gris jaunâtre , couvertes de fept ou huit 
raies longitudinales noires ferrées l’une contre l'autre. Vers 
le bout , une partie de ces raies fe courbe & forme une 
efpéce de lunule. Les ailes inférieures font d’un beau jau- 
ne ; bordées du côté extérieur & en-bas par une large 
bande noire , après laquelle eft une petite bande jaune qui 

Pi 


Tié HisTOIRE ABRÉGÉE 

termine l’aïle à peu près comme dans la phalène-hibou: 
De plus fur le milieu de laile , il y a une efpéce de 
croillant noir qui part de la bande du bord extérieur. L’in- 
fee porte fes aîles roulées autour de fon corps. Il vient 
d’une chenille à feize pattes un peu velue , dont la couleur 
eft noire , avec une large bande longitudinale jaune & 
quelques poils de même couleur. 


a8. PHAL ÆN A pethinicornis elinguis tota alba ; als 
deflexis ; bombyx dicla. 

Linn. Jyfe. nat, edit, 10, p 499 , n. 18. Phalæna bombyx elinguis , alis revwerfis 
pallidis , frigis tribus obfoletis. 

Linn. faun. fuec. n. 832. Phalæna pe@inicornis elinguis, bombyx di&ta, 

Aldrov. inf. 280 — 282,246,f. 2, 3e 

Jonft inf. t. 22. Papilio bombyx. 

Mouffet. lat. 181. Bombyx. 

Merian. europ. 1 ,p.1,te 1e 

Lift. Gocd. 84, f. 32. 

Charlet. onom. 40. Papilio bombycum. 

Alle inf t. 12, f. 16. 

Reaum. inf. 1,t.4,f.14 &2,t.5$,f 2 

Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. tab. 7, 8 ,9 , claf, 1. Papil. no&urr, 

L'anir. inf. tab, 9. 


Le ver-à-foie. 


Nous ne nous arrêterons point à décrire, ni la chenille ; 
ni la phalêne du ver-à- foie qui font très-connues. On fait 
que cet infeéte fe nourrit du mûrier , & perfonne n'ignore 
la beauté du travail de fa coque qui nous fournit fi abon- 
damment la foie. Quoique cette phalène vienne des pays 
chauds & qu'elle ne foit point naturelle à ce pays-ci , nous 
avons cru devoir en faire mention , parce que beaucoup 
de perfonnes l’élevent & la nourriffent & qu'elle eft deve- 
nue commune dans nos pays. 


39. PHAL ÆN À pedinicornis elinguis , als deflexis 
albis , pedum annulis , antennifque nigris. Linn. faun. 
Juec. n. 822. 


Linn. pue. nat, edit. 10 , p.501, n. 29. Phafæna bombyx faliciss 
Goed, belge 5 ; ps 25 , 1. 3, Procul fpe&tabilis, © gall, tom, 2 , tab, itje 


DES INSECTES 

Lil. Goed, 282 5 1, 87e 

Merian. europe 1 , pe 113 te 308 

Frifch. germe 1 , p.22, t 4e 

Redum. inf. 1,t,34,f.4,5, 6e 

AG, Upf. 1736, p.124 , n. 58. Papilio alis depreffis niveis , ahtennis pennatis ; 
pedibus annulis nigris. 

De Geer. mem. p. 696 , t. 11 f 14, 13. Phalène à antennes noires à barbes , 
fans trompe , très-blanche , à jambes picotées de noir. 

Rofel, inf. vol, 1 , tab. 9, claff. 2. Papil, no&urn, 


CS 
mi] 
is} 


L'apparent. 


Longueur 11 lignes. 


Ses antennes font noires & pectinées. Ses pattes font 
blanches avec plufieurs anneaux noirs. Son corps eft grifà- 
tre & fes ailes font toutes blanches. Sa chenille eft com- 
mune fur le faule & le peuplier. Elle a feize pattes & 
eft velue , avec des efpéces de boutons bruns élevés , plus 
garnis de poils que le refte de fon corps. Des deux côtés 
elle a des taches jaunes allongées. 


20. PHALÆNA pedinicornis elinguis ; alis deflexis 
albis , fæminæ ano pilofo ferrugineo. 

Reaum. inf. 1 yt.16,f.1r. 

Raj. inf. 156 , n. 1. Phalæna media , alis niveis , cauda obtufa lanugine 
denfa fulva obfita. 

Frifch. germ. 3 ,t. 1. Primi ordinis. 


Biblioth. reg. Parif. p. 29 , f. omnes. 
Rofel, inf. vol. 1 , tab. 21, claf. 2. Papil. no@urn. 


La phaléne blanche à cul brun. 


Longueur 9 lignes. 


Ses antennes font un peu jaunâtres ; tout le refte de fon 
corps eft velu & très-blanc. La femelle a l'extrémité de fon 
ventre groffe & garnie de poils longs , bruns & fauves ; 
qui lui fervent à couvrir les œufs qu’elle pond. 

Sa chenille a feize pattes. C’eft la plus commune de tou- 
tes. Elle eft velue , de couleur jaunâtre , & elle vient 
fur prefque tous les arbres , qu’elle dépouille fouvent en- 
tiérement dès le printems. 


£ 


118 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


21. PHALÆNA peiinicornis elinguis , alis deflexis 
albidis , pundis nigris ; abdomine ordinibus quinque 
punélorum. Linn. faun. fuec. n. 823. 

Linn. [yfé nat. edit. 10, p. sos ; m. 47. Phalæna bombyx lubricipedas 

Goed. belg. 1, p. 63 ,t. 23. Lubricipeda, & gall, tom, 2 , tab. xxuÿ. 

Liff. Goed, 210, 1.93. 

Ærifch. germ. 3 , p. 22,1. 8. Primi ordinise 

Merian. europ. 1, p. 16,1. 46. 

Albin. inf. t. 21, f. 30. G.H, 

Reaum. inf, 2 ,t. 1,f, 7 — 9: Eelievre. 

AG. Upf. 1736; p. 124, n. 59. Papilio alis depreffis albis , punétis nigris ; 

- ventre quinque punétorum ordinibus. 

De Geer. mem, 1 ,p. 696,1. 11, f. 7 » 8. Phaléne à antennes à barbes, fans 
trompe , à aîles ou blanches, ou d’un jaune clair à points noirs, 

Rofel, inf. vol + , tab. 46, claff 2. Papil. noéturn., 

L'amir. inf. tab, 6. 

La phaléne-tigre. 

Longueur 9 lignes. 

Ses antennes font noires , ainfi que fes yeux : fon corps 
eft jaunâtre , avec cinq rangs [ongitudinaux de points 
noirs placés fur le ventre & pofés réguliérement. Les aïles 
font blanches , chargées de points noirs , ce qui lui a fait 
donner le nom de tigre. Ces points font en moindre nom- 
bre fur les aîles des femelles. Quelquefois la couleur du 
mâle varie. J’en ai qui font par-tout d’un brun clair & cen- 
dré , avec des points noirs bien marqués. Cette variété de 
couleur brune eft repréfentée dans l'Ouvrage de M. de 
Reaumur, planche citée ci-deflus , fig. $ , 6. M. de Geer 
prétend avoir aufli trouvé des femelles , les unes blanches, 
& les autres Jaunes. 

Sa chenille eft velue , brune , à feize pattes , chargée de 
dix tubercules & coure affez vite , ce qui lui a fait donner 
par Goedart le nom de /ubricipeda & par d’autres celui de 
lievre. Elle vient fur les arbres fruitiers & quelques-autres. 


22. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis albida nigro 
punilate , alis deflexts , fuperioribus fafcia duplici fufce 
dentata nigro terminata. 


DES INSECTES, 119 


La printanieres 
Longueur 11 lignes, 

Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon 
corps & fort peu peétinées , prefqu’en filets. Il eft vrai que 
cette rare phalêne eft une femelle & que je nai point 
vû fôn mâle , dont les antennes peuvent être plus en pei- 
gne. Ces antennes , ainfi que les pattes ; font entrecou- 
pées de noir & de blanc. La tête eft blanche , ainfi que le 
corcelet , qui a cependant fur fon milieu une bande longi- 
tudinale brune , terminée de part & d'autre par un bord 
noir. Le ventre eft d’un blanc jaunûtre picoté de noir. Les 
aîles font pareillement blanches, piquées aufli de noir , & 
chargées de deux bandes brunes tranfverfes , l’une vers la 
bafe , l’autre vers le bas de l’aîle. Ces deux bandes font 
larges , un peu en zig-zag , & bordées fur-tout par le côté 
où elles fe regardent par une raie noire. Nous n’avons 
qu'un feul individu de cette efpéce. Il m'a été remis par 
M. Mauduit mon confrere , qui l’a trouvé au commence» 
ment d'avril. 


23. PHALÆN A peinicornis elinguis , alis rotundatis 
fiyfco-ferrugineis , fuperioribus macula alba anguli ani ; 


œmin& apterd. Linn. faun. fuec. n. 827. 


Linn. fyff. nat. edit. xo,p. 503 , à. 37. Phalæna bombyx antiqua, 

Goed. bel. 1 , p. 113 ,t« 59. Antijk peregrinum € gall. tom. 2, tab, lix, 

Lift. Goed, p. 191; f. 79 , fœmina. 

Swammerd. in 4°, 183 , t. 10, maf. & fœmina. 

Swammerd. bibl. nat. t. 33 f. 6, 7,8. 

A, Upf. 1736, p.25, n. 74. Papilio alis depreflis cinereo-fufcis | antennis 
pe&tinatis. 

ZAlbin. inf. t. 89 ; fig. D. E. 

Rej. inf, p. 200 , n. 24. Phalæna minor rufa, in utravis ala exteriore macula 
alba rotunda prope angulum imum interiorem infignita, maf. 

Raj. ibid. 173, n. 24. Phalæna cinerea ventricofà , corpore brevi , alarum 
expérs. fæmina. ‘| ù 

Raj. ibid. 344. Eruca fublutea pilofà , quatuor in medio-dorfo agminulis feu 
pericillis pilorum Îongiorum luteorum , & longo pilorum nigrorum peni- 
cillo in cauda, A LACPISEURS = 14905 

Reaum. inf. 1,1. 19, f. 12,13, 17. 

De Geer, mem 3, pe 697 te 17, fe 13, 14, 15. Phalène à antennes barbues 3 


#20 HISTOIRE ABRÉGÉE 
fans trompe , dont la femelle eft grife & fans ailes, & dont Le mäle eit jaune 
brun à deux taches blanches, 

De Geer. ibid, p. 253» te 17» fe 13 18 La chenille. 

Rofel. inf, vol, 3 ; fupplem, tab, 13, claff, 2. Papil. no&turn, 

L'étoilee. 

Longueur 7 lignes. 

Le mâle a fes antennes grandes , noires & peëtinées. Ses 
aîles font arrondies & il les porte un peu étendues. Les 
fupérieures font en-deflus d’un fauve nébuleux , taché & 
ondé de brun , avec une tache blanche arrondie & appa- 
rente vers l’angle de l'aile qui touche l’anus. Le deflous 
des ailes , ainfi que les ailes inférieures , eft d’un jaune un 
peu roux. 

La femelle a fes antennes petinées & eft de cou- 
leur cendrée. Élle n’a point d'ailes , mais feulement 
des moignons d'ailes attachés à un corps gros & court , 
enforte qu’on ne la prendroit jamais pour une phalêne, 

La chenille eft à broffe & refflemble beaucoup à celle de 
la parte étendue. Elle a feize pattes , eft velue, & a le long 
du dos des broffes blanches , outre deux longues aigrettes 
aux deux côtés de la tête & une fur la queue de couleur 
noire. Les poils de ces aigrettes font longs & fe terminent 
en bouton par le bout. On trouve cette chenille fur le pr 
nier & quelques-autres arbres. 


24 PHALÆNA pelinicornis elinguis , antennis &£ 


corpore luteis , alis deflexis viridibus. 


La phalëne jaune à afles vertes. 
Longueur 6 lignes. 

Ses antennes ne font que légérement pettinées. Elles 
font , ainfi que fon corps & fes pattes, d’une belle couleur 
jaune. Ses quatre ailes font d’un affez beau vert , tant en- 
deffus qu’en-deflous, mais leurs bords ont un peu de jaune. 
Je ne connois point la chenille de cette phalène que je 
n'ai trouvée qu'une feule fois. 


GEI 
25 à 


DES INSECTES I22 


5$. PHALÆ NA peéinicornis elinguis', als deflexis 
rofeës , fuperioribus punélorum arcuumque nigrorum: 
ordine duplicz. 


Raj. inf. p. 227, n. 86. Phalæna minor , alis velut miniaceis , pundis & lineolis 
nigris in medio notatise z 


La rofette. 
Longueur 6 lignes. 


» 


Ses yeux font noirs ; fes antennes ; fes pattes & fon 
cotps font jaunes, Ses aîles font d’une couleur de rofe ten- 
dre. Sur les aîles fupérieures vers le milieu , il y a une ban- 
de de zig-zags ou d’arcs noirs , au bas de laquelle,eft 
une autre bande de points noirs, Cette petite phalêne 
eft belle , elle a un air étranger. On m'en a donné deux 
qui ont été trouvées ici. Je ne connois point fa chenille, 
Les antennes de l'infeëte parfait font fines & peétinées. 


26. PHAL ÆN A pehnicornis elinguis , alis cinereo 
flavoqué rufés ; margine laceris. Linn, faun. fhec. n, 
833. 


Linn, [yff. nat. edit. 10 , p. $o7 , n. 54, Phalæna bombyx fpirilinguis criftata ; 
alis incumbentibus dentato-erofs rufo-grifeis , pun&is duobus albis, 

Goed. belg. 1 ,p: 155 + 67. Libatrix. & gall. tom, 1 , tab, lxvij. 

Liff. Goed. 81 , t. 30. X 

AGE. Upf. 1736, p.25 , n. 63. Papilio alis depreflis erofis croceo-rufis. 

Peti. gazoph. 19 , 1. 19 , f. 4. Phalæna fafciata perelegans extremitate fpiralis; 

Albin. inf. t. 32, fig. b. c. 

Rofel, inf. tom. iv. tab, xx 


La découpure. 
Longueur 10 lignes. 


Ses antennes font peu peétinées : elles font jaunâtres ; 
avec un peu de blanc en devant à leur bafe. Les pattes de 
même couleur ont aufli des anneaux blancs , fur-tout aux 
tarfes. La tête & le corcelet font jaunes. Les ailes font fort 
découpées à leur bord poftérieur : elles font jaunâtres, fau- 
ves, mêlées de brun & de couleur cendrée. Vers leur bafe , 
elles ont une tache blanche ; plus bas vers le tiers de l'aile, 

Tome II, 


122 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fe trouve une raie tranfverfe cendrée , & une autre aux 
deux tiers de laile ; cette derniere eft double. Entre ces 
deux raies vers le milieu de l'aile ; eft un point blanc , 
& un peu plus bas deux petits points noirs. En-deffous , les 
aîles font d’un brun nébuleux. L’infeéte les porte couchées 
fur fon corps , un peu en toit. Sa chenille eft verte , avec 
une raie blanche en-deflus le long du dos. 


27. PHALÆN A pecinicornis elinguis , alis deflexis 

fufcis ; macula duplici albido-flavefcente geminatæ 
Linn. faun. fuec. n. 836. 

Linn. fjff. nat. edit. 10, p.504, n. 38. Phalæna bombyx cœruleo-cephalaz 

Albin. inf. t. 13. D. 

Merian. europ. 1 , t. 9e 

Goed. belg. 1 ,p. 116, t. 61. Cœruleo-cephalus, € gall. tom. 2 ; tab. lxje 

“Lift. Goed. 121,1, 47. 

Frifch. germ. 10, p. $ ,t. 3, f. 4. Eruca cœruleo-viridis, friis luteis, 

Reaum infr,t.18,f1,35 45,678. 

Raj. inf. p. 163, n. 17. Phalæna media habitior , alis exterioribus pullis 3 
duabus tribufve maculis albis ; & duobus circellis compoftis çontiguis 
notatise 


Rofel. inf. vol. 1 , tab. 16, claff, 2. Papil, no&turn. 


Le double-omeva. 
Longueur 10 lignes. 


T'out fon corps & fes aïles font de couleur brune , avec 
quelques bandes plus ou moins brunes dont elles paroïf- 
fent marbrées. De plus , il y a fur les ailes fupérieures une 
tache d’un jaune verdâtre qui paroït compofée de deux © 
doubles ; ou de quatre petits O qui fe touchent & fe 
confondent. 

La chenille de cette phalêne a feize pattes. Elle eft un 

eu velue ; fa couleur eft d’un bleu ardoifé , avec trois 
de longitudinales jaunes , une fur le milieu du dos ; 
& une autre de chaque côté plus étroite que celle du 
milieu. De plus , fon corps eft chargé de petits tubercu- 
les noirs , d'où partent des poils courts & aflez gros. Elle 
vient fur le cerilier , l’abricotier , l’aube - épine , le poiriex 
& quelques-autres arbres, 


DES INSECTES, 123 


28, PHALÆNA pethnicornis elingus ; alis teélifor- 
mibus , fuperioribus cinereis , fafcia duplici ferrugènea , 
& extremo circularitér pallefcente ; [ubtus omnibus 


flavefcentibus , fafcia urdulata fufca. 


Linn. fyfé. nat. edit. 10 , p. 508 , n. 61. Phalæna no@ua fubelinguis ; alis deñexie 
cinereis , apice macula fubocellari flavas ’ 

.Goed. gall. rom. 2 , tab. xxxi. 

Merian. europ.3 , tab. 41. 

Albin. inf. t. 23. C. D. 

Goed. 1 , p. 34° 

Ærifch. germ. 11,1. 4: 

Biblioth. reg. Par. p.16, f. 1 = 86 

De Geer, mem. 1 ,p. 697 ,t.13,f. 18 , 19. Phalène à antennes à barbes en bou- 
quets de poils , fans trompe, d’un gris de perle obfcur , à grande tache jaune 
blanchâtre vers la partie poflérieure des aîles fupérieurés, Idem, t, x, f. 13. € 


t.4,f.1— 6. 
Rofel. inf, vol. 1, tab 14, claff. 2. Papil. no@urn. 
La lunule. 


Longueur 11 lignes. 


Ses antennes font de couleur fauve. Son corcelet eft 
jaune , entouré d’une bande de couleur rougeatre brune 
qui eft double. Ses aïîles font d’un gris de perle cendré, 
avec une bande de couleur rougeître à la bafe , une autre 
tran{verfe un peu plus haut que le milieu de l’aïle , & une 
troifiéme plus bas , dont le bord eft courbé en arc, pour 
envelopper une grande tache jaune , marbrée , ovale , en 
forme de lunule qui termine le bout de Paîle. Toutes ces 
bandes font doubles , ainfi qu'une derniere femblable qui 
eft à l'extrémité de l'aile. Les aîles inférieures font jaunâ- 
tres. Le deffous des ailes eft de la même couleur, avec une 
bande brune qui travérfe le milieu des quatre:ailes. 

La chenille de cette phalêne a feize pattes : elle eft pref- 
que rafé , de couleur un peu jaune ; marbrée & variée de 


taches noires irrégulieres. Elle eft très-commune fur le 
tilleul & Porme. 


29.PHALÆNA peéinicornis elinguis ; alis exteriortbus 
fafcis ; venis plurimis ; fafeia circulari ; &'marginis 
Qi 


R24 HISTOIRE ABRÉGÉE 
interioris appendice nigricantibus ; inferioribus albidis ; 
limbo lineari fufco. 

De Geer,mem.1,:t.6,f.10, 7. 

Rofel. inf. vol. 1, tab, 20 , claff. 2. Papil. no@turn: 

Le bois veiné. 

Longueur 7 lignes. 

Ses antennes pedinées font affez longues & de couleur 
brune. Son corps eft de la même couleur , ainfi que fes 
aîles fupérieures qui ont des veines plus brunes , ce qui les 
fait refflembler à un bois veiné. Il y a une de ces raies qui 
eft prefque circulaire vers le bord inférieur de l'aile. De 
plus, ces aîles vers le haut de leur bord intérieur ; ont une 
appendice très - remarquable. Les aîles inférieures font 
d’une couleur d’agathe claire , avec leur bord inférieur 
brun. 

Sa chenille a feize pattes. Elle eft d’une couleur blan-: 
chître, avec les derniers anneaux de fon corps rougeûtres, 
Sur le fixiéme & feptiéme anneau , on voit en- deflus des 
boffes pointues , dont la pointe regarde le derriere de lin- 
fete. Ces boffes & l'attitude finguliere que prend quel- 
quefois cette chenille qui releve fa partie poftérieure en- 
haut, rendent cet animal très-remarquable. 


30. PHALZÆN A peéinicornis elinguis , alis fuperioribus 
cinereis fufco marmoratis , inferioribus cinereis. 
La phaléne agathe. 
Longueur 9 lignes. 
Ses antennes font d’un brun clair. Ses aîles fupérieures 
‘ , . » P . 
ont d’un gris un peu brun couleur d’agathe , avec des traits 
da plüpart tranfverfes de couleur brune plus foncée , fitués 
principalement vers le bord extérieur de F'aile. Les ailes 
inférieures font bianchâtres. 


gr. PHALÆN A peéinicornis elinguis , alis deflexis 
cinereis à Gmbo nigro punélato ; fuperioribus fafcia 


DES INSECTES. Y2$ 
duplici nigro -lutea , maculague duplici alba punite ni- 
gro énfigrita. 

Le double point. 
Longueur 8 lignes. 

Cette jolie phalène a les antennes & les pattes noires. 
Son corps eft brun. Ses ailes fupérieures ont à leur bafe une 
grande tache grife , au milieu de laquelle eft un point 
noir ; puis une bande jaune bordée en-haut & en-bas de 
noir , après laquelle eft une large bande brune formée pat 
des petits points noirs femés fur le fond gris de l'aile, 
Enfuite vient une feconde tache grife , avec un point noir 
au milieu , après laquelle eft aufli une feconde bande jaune 
& brune femblable à la premiere , mais plus étroite. Enfin 
l'aile fe termine par un large efpace gris , avec quelques 
points noirs feulement d’efpace en efpace au bord infé- 
rieur. Les aîles de deffous font toutes grifes , fi ce neft que 
“leur bord inférieur eft aufli ponctué de noir. Je ne connois 
point la chenille de cette phalêne. 


32. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis , alis maroine 
Jénuatis , fulvo nigro fufco rofeoque marmoratis , fingu- 
dis fubtus punéo nigro , fuperioribus extremo dilataro- 
TeCUrvEs. 


Rofel. inf. vol. x , tab. 10, claff. 3. Papil, no@urn: 
La phalëne jafpée. 


Longueur » lignes. 

Ses antennes font pe&inées &c jaunâtres : fes aîles von 
en s'évafant un peu circulairement vers le bas, & leur 
bord inférieur eft finué. Leur couleur eft marbrée & com- 
pofée d’un mêlange de nuances jaunâtres , brunes & rou+ 
geâtres. Ces couleurs vers le bord extérieur font plus mar- 
quées que vers l’intérieur. Le deffous des ailes eft fembla- 
ble , mais plus obfcur , & chaque aile a en-deflous dans 
fon milieu un point noir. 

La chenille de cette phalène eft une arpentenfe rafe , 


26 HiSToiIRE ABRÉGÉE 

à dix pattes. Ses couleurs reffemblent un peu à celles de 
l'infecte parfait , mais fa forme eft très-finguliere. Elle a 
fur le dos quatre gros tubercules élevés , outre plufieurs 
petits & une longue corne fur le huitiéme anneau. 


33. PHAL ÆN A pedinicornis elinguis , alis viridbus ; 
limbo maculaque angule ant cinereo-fufcis, 


La phalëne - verdeler. 
Longueur 6 lignes. 


Ses antennes font très-petinées & grifâtres , ainfi que 
fon corps: Ses pattes de même couleur ont quelques 
taches noirâtres. Ses quatre aîles font toutes vertes en- 
deflus & en-deflous , mais leur bord a une belle frange gri- 
fe , terminée en-haut par une ligne brune , & de plus cha- 
que aile a au bas du bord intérieur à l'angle qui touche 
le ventre, une tache grife un peu brune au milieu. Chaque 
aile a en-deffous dans fon milieu un petit point noir. Cette 
phalène porte les ailes un peu étendues. Elle vient d’une 
chenille arpenteufe qui fe trouve fur le chêne. 


34 PHAL ÆN A pechinicornis elinguis , alis deflexis 
luteo-rubris , fafcia duplci tranfverfa fanguinea. 

Leche. nov. inf. fpec. p.32 , n. 63. Phalæna pettinicornis flava , alis fafciis duag 
bus rubentibus tranfverfalibus, maf, 


2 F4 
L'enfanglantee. 
Longueur 6 lignes. 


Ses antennes & fon corps font de couleur brune. Ses 
ailes font jaunâtres.Les fupérieures ont de plus en - deflus 
deux bandes tranfverfes rouges , outre leur bord inférieur 
qui eft de même couleur. Les inférieures n’ont que leur 
bord rouge. En-deffous , les fupérieures font toutes jaunes 
fans bandes , & les inférieures ont une bande tranfverfe 
rouge. On trouve cette petite phalène autour des platte- 
bandes d’ofeille. Sa chenille vient probablement fur cette 

-plante. L’infe&te varie pour la grandeur. 


DES ÎNSECTES. 127 


3s. P H A L ÆN A pedlinicornis elinguis cinereæ  alis 


ciliaiis. 


La mignonette. 
Longueur 1 = ligne. 

Cette petite phalène eft toute de couleur cendrée. Ses 
antennes font bien peétinées , & fes ailes ont une longue 
frange à leur bord qui fait plus d’un quart de leur lon- 
gueur. On prendroit à la premiere vüe cet infeéte pour 
une teigne. 


Remarque. Les phalènes qui jufqu’ici ont compofé 
le premier ordre de cette premiere famille , font toutes ou 
prefque toutes du nombre de celles qui portent leurs aîles 
rabatues (als deflexis). Celles que nous allons décrire 
portent au contraire leurs ailes étendues (afs patentibus pe 
Nous n'avons pas féparé ces phalënes en deux ordres , 
parce que quelques unes femblent tenir le milieu entre les 
deux ; enforte qu’on feroit embaraflé de favoir l’ordre 
où on les rangeroit , comme on l’a pu voir dans quelques- 
unes de celles dont nous avons parlé ; mais nous avons 
cru devoir du moins ranger de fuite les unes & les au- 
tres , & tâcher de ne les pas confondre enfemble autant 
qu'il nous étoit poflible. 


ANAL EM. É TE -N.DiU\ELSS 


36 PHALÆN A pedinicornis elinguis , alis patenribus 
angulatis fufco - luseis ; fafcia duplici tranfverfa oëfcu- 
7iore. 

La zône. 

Longueur 8 lignes, 

Sa tête , fes antennes & tout fon corps font jaunes ; fes 
yeux feuls font noirs. Ses aîles ont leur bord inférieur an- 
guleux , & elles font auffi jaunes , avec deux bandes tranf- 
verfes un peu circulaires de couleur plus foncée : ou fi l’on 


a28 HisTOIRE ÂBRÉGÉE 

veut , la bafe de l’aîle eft foncée , puis vient une large 
bande tranfverfe plus claire, enfuite une bande foncée qui 
s’éclaircit peu à peu jufqu’au bas de Païle. Les ailes infé- 
rieures ont feulement dans leur milieu une bande tranf- 
verfe brune fort étroite. On trouve très-fouvent cette pha- 
lêne fur les chênes. Je foupçonne qu'elle vient d’une che- 
nille arpenteufe qu'on rencontre fréquemment fur cet 
arbre. 


37. PHAL ÆN A pechinicornis elinguis , alis patentibus 
angulatis cinereis , fafcia duplici tranfver/a , punéloque 
obfcuriore ; atomis cinerafcentibus. 

L'anguleufe. 

Longueur 4 & lignes. 

Sa couleur eft toute grife : fes aîles fupérieures ont leut 
extrémité pointue ; & celles de deffous ont le milieu 
du boïd inférieur anguleux & pointu. Toutes ces ailes font 
parfemées de petits points bruns. Elles ont toutes quatre 
une bande tranfverfe brune droite , & en-deffous une au- 
tre plus étroite finuée , qui vers l'extérieur fe joint & 
fe confond avec la premiere ; de plus dans le haut de 
laîle , il y a un point marginal brun. Le mâle a les anten- 
nes très-peétinées , & la femelle les a en filets. Souvent le 
bord inférieur des aîles de cette phalêne eft teint en cou- 
Jeur de rofe. 


33 PHAL ÆN A peélinicornis elinguis , alis patentibus 
flavis , lineis fuperne tribus ; inferne duabus tranfverfis 


faces. 


La double ceinture. 
Longueur 3 + lignes. 

Son corps eft jaunâtre ; fes aîles font d’un affez beau 
jaune , avec des lignes tranfverfes brunes au nombre de 
trois en-deflus & de deux en-deffous. Le bord inférieur de 
l'aile eft auffi brun. 

$« 


DES INSECTES: 129 
STT 


PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE, AVEC 
UNE TROMPE ET LES AILES RABATUES. 


32 PHALÆNA pedlinicornis [pirilinouis , ais deflexis 
pallido-luteis limbo roféo ; fuperioribus macula , tnferio- 
ribus fafcia duplici fufca. 

Linn. faun. fuec. n. 837. Phalæna pe@inicornis fpirilinguis , alis fubdeflexis 
margine rubro, fuperioribus fulvis lunula fufca , inferioribus fufcis. 

Linn. Jyf nat. edit. 10 , p. 520 , n. 136. Phalæna geometra yulpinaria, 

Rob. ic.t.30,f. 1. 

AG. Upf. 1736,p.23, n. 4. Papilio alis planis fulvis macula rubente, 

Raj. inf. 228, n. 75. Phalæna minor corpore craflo è fufco & rubro diverfico- 
lore , alis exterioribus obfcure rufs feu pullis, duabus maculis nigris notatis, 
inferioribus è pullo & rubro variis, 


La bordure enfanglantée. 
Longueur 10 lignes. 

Ses antennes font peétinées plus dans les males que dans 
les femelles. Leur nervure du milieu eft d’un beau rouge 
& les barbes des côtés font brunes. Le corps eft Jaune , fi 
ce n’eft en-deffous où il y a du rouge entre les pattes. Les 
ailes font jaunes, bordées de rouge couleur de rofe. Celles 
de deflus ont au milieu une tache brune , à côté de 
laquelle eft une tache rouge qui lui eft Jointe. Les ailes in- 
férieures ont deux bandes tranfverfes & en arc de couleur 
brune. Le deffous des aîles fupérieures a de pareilles ban- 
des , & les inférieures ont feulement une tache obfcure au 
milieu. 


N.-B. Il y en a une variété plus petite qui n’a que fix 
lignes de long. Elle eft beaucoup plus jaune , de couleur 
de tabac d’efpagne & reflemble tout-à-fait à l’autre , mais 
fes antennes font moins barbues. 


40. PHAL ÆN A peéinicornis fpirilinguis viridi -cœru- 
La nitens , alis inferioribus fufcis. Linn. faun. fuec. 
n. 338. 

Tome II. R 


130 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. [yff. nat. edit. o , p. 495 , n. 38. Sphinx flatices, 

Petiv. muf. 229. Papilio parva alis pendulis , corpore & alis viridibus aut 
cœruleis. 

Raj. inf. p. 134, n. 3. Nomen petiveri. 


La turquoife. 
Longueur 6 lignes. 

Ses antennes , tout fon corps & le deflus de fes aîles fu- 
périeures ; font d’un beau vert brillant un peu doré. Les 
aîles inférieures & le deflous des fupétieures font de cou- 
leur brune. 


ai. PHALÆN À peclinicornis fpirilinguis , alis deflexis 
nigro fufcoque undulatis ; inferioribus albs. 

La phaléne brune à aïles inférieures blanches. 

Longueur 7 lignes. 

Sa tête , fes antennes , fon corcelet font bruns. Ses aîles 
fupérieures font de même couleur , mais panachées de 
noir , ce qui les rend plus foncées. Les inférieures font 
blanches. En-deffous , les aîles fupérieures font d’un brun 
un peu plus clair qu’en-deflus & les inférieures font moins 
blanches. 


42. PHAL ÆNA peélinicornis fpirilinguis triangularis, 
alis deflexis nigro-roféis , fafciès tranfverfis nigricar- 
abus. 


La damererte. 
Longueur 4 + lignes. 

Ses yeux & fes antennes font noirs & fon corps eft brun. 
Ses aîles font d’une couleur de rofe terne , avec quatre ou 
cinq raies noirâtres & tranfverfes en-deflus & une couple 
feulement en-deflous ; mais le milieu de chaque aîle eft 
chargé en - deflous d’un point noir qui ne fe voit point en- 
defflus. Lorfque l’infeûte eft en repos, il tient fes ailes 
parallèles au plan de pofition ,; & pour lors ces ailes 
forment une figure triangulaire qui fait reffembler cette 
phalêne à une dame en panier. 


DES INSECTES. 131 


43. PHALÆN A pedinicornis fpirilinguis ; corniculis 
criflatis , alis deflexis ochroleucis ; linea duplict tranf- 
ver/a faturatiore. 

Le toupet - tanne. 

Longueur 5 lignes. 

Sa couleur eft toute d’un jaune obfcur tanné , imitant 
la couleur de feuille morte ; elle varie un peu , étant tan- 
tôt plus claire & tantôt plus foncée. Ses ailes fupérieurés 
ont en-deflus deux lignes tranfverfes plus brunes. Mais ce 
qui fait fur-tout remarquer cette phalène ;, ce font deux 
longs barbiilons pofés au-deffous des antennes & velus 
_des deux côtés , avec une efpéce d’appendice au bout qui 
eft jointe au refte par une articulation. 


SAULT 


PHALENES A ANTENNES EN PEIGNE sos AVEC 
UNE TROMPE ET LES AILES ÉTENDUES. 


44. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilinguis ; alis paten- 
zibüs rotundatis niveës , corpore flavo. 

La laiteufe. 

Longueur 3 lignes. Largeur 7 lignes. 

Ses yeux font noirs & fon corps eft jaunitre. Ses aïles 
font toutes blanches & fort délicates. Elles font arrondies : 
celles de deffous ont cependant vers le milieu du bord in- 
férieur un petit angle. 


45. PHALÆN A pedlinicornis fpirilinguis , alis paten- 
bus albido-luteis ; omnibus fulvo tranfverfim denfe 
Jiriatis. 

La phaléne firiée fauve. 

Longueur s lignes. Largeur 1 pouce. 

Sa tête , fon corps & fes antennes font de couleur fauve. 

Ses ailes font jaunatres , avec des flries fines & tranfverfes 


R i] 


132 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de couleur fauve rougeâtre. Ces ftries font plus ferrées 
près du bord extérieur des ailes de deflus ; qui en cet 
endroit paroiïflent plus brunes. 


46. PHAL ÆN A petlinicornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus cinereis ÿ fuperiorum margine exteriore macula 
triplict nigro- fufca. 

Le damas cendre. 

Longueur 4 lignes. Largeur 8 lignes. 

Sa tête . fes antennes & Île haut de fon corcelet font 
bruns , le refte de fon corps eft de couleur cendrée , ainfi 
que les ailes inférieures. Les fupérieures font pour la plus 
grande partie de même couleur , chargées de quelques 
petits points bruns , & de trois grandes taches brunes fon- 
cées, difpofées le long du bord extérieur de l'aile ; favoir, 
une à la bafe à côté de la partie du corcelet qui eft brune ; 
une au milieu formant un quarré irrégulier , & une petite 
atrondie pofée vers le bas. Les pattes font brunes , avec 
plufieurs anneaux blancs. 


47. PHAL ÆNA pelinicornis fpirilinouis ; alis paten- 
zibus cinereis ; fufco- nebulofis , lineis tranfverjts inæ- 
qualibus. 

La bande inégale. ‘ 

Longueur 7 lignes. Largeur 13 lignes. 

Elle eft pat-tout de la même couleur grife , feulement 
fes aîles font nuancées de brun, & de plus elles ont toutes 
trois ou quatre lignes brunes tranfverfes , qui s'approchent 
beaucoup les unes des autres près du bord intérieur & 
vont en s'écartant vers l'extérieur. En - deflous , les quatre 
aîles ont chacune un point brun au milieu. La femelle n’a 
point les antennes peëtinées , mais tout-à-fait en filets. 


48. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilingues , als paten- 
2ibus luteis , fafcia tranfverfa rubra. 


La bande rouge. 
Longueur 6 lignes, Largeur 13 lignes 


DES INSECTES 13% 

Ses antennes ; fon corps & fes aïles font d’une couleur 

jaune terne. Sur les quatre ailes , tant en-deffus qu’en-def- 

fous , il y a une aflez large bande tranfverfe d’un rouge 

couleur de rofe , & quelquefois vers la bafe des aîles 

fupérieures en-deflus , une autre raie pareille , mais fort 
étroite. 


49. PHALÆNA pefinicornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus cinereo-obfcuris , linea fafciaque alarum tranfverfa 
obfcuriore , punélo marginalt nigro. 


La bande à point marginal, 
Longueur $ lignes. 

Cette phalène reffemble beaucoup à celle de la livrée ;, 
dont nous avons parlé ci-deffus : fa couleur eft par-tout 
d’un gris de perle un peu foncé. Il y a fur le milieu de fes 
ailes fupérieures une large bande tranfverfe de couleur 
plus foncée , fur le botd de laquelle , du côté extérieur , eft 
un point noir. Au - deflus de cette bande dans le haut de 
l'aile , eft une petite bande tranfverfe brune , & vers l’an- 
gle inférieur de la même aile , ef un commencement de 
bande femblable , mais qui ne va pas loin. En-deffous , les 
ailes n’ont ni bandes ni points ; mais elles font toutes 
gtifes. 


so. PHAL ÆN A pedinicornis fpirilinguis , alis paten- 
bus flavefcentibus ; fafciis plurimis tranfverfis ; non- 
aullis connexis ; atomifque fufcis. 

Biblioth. reg. Parif. p. 16,f.9,10,11. 


La rayure jaune picotée. 
Longueur $ lignes, 

Son corps eft d’un brun jaunâtre en-deflous. Ses ailes 
font jaunes , avec des bandes brunes tranfverfes , dont 
quelques-unes fe réuniffent enfemble , & entre ces bandes 
à fond jaune de l'aile eft tout parfemé de petits points 

runs; 


134 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 
st. PHALÆNA petlinicornis fpirilinguis ; alis paten- 


tibus cinereis ; atomis maculifque nigris. 

or1faclle. 
FAUs ; a > 14 lignes. 

Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur , fouvent 
d’un quartou d'un tiers. Les males ont leurs antennes 
pettinées & bien barbues , les femelles les ont tout-à-fait 
en filets. Leurs ailes en-deffus font blanches , mais toutes 
parfemées de petits points noirs qui les font paroitre 
grifes , & de plus elles ont quelques bandes de taches 
en forme de croifflans & de zig zags , mais fouvent peu 
marquées & peu fuivies. En-deffus , les ailes font blanchà- 
tres , avec un point noir près le milieu du bord extérieur 
des aîles de deflus , quelques taches de même couleur vers 
leur extrémité , & fouvent une bordure de points noirs, 
qui cependant n eft pas conftante. Cet infeéte a été pris à la 
Terre de Bandeville , à quelques lieues de Paris , & c'eft 
d'après ceux que M. le Préfident de Bandeville a confervés 
dans fon cabinet , que je l’ai décrit. 


Ÿ$ECOGNDE FAMILLE 
PHALENES A ANTENNES FILIFORMES. 
AL: 


PHALENES AVEC UNE TROMPE ET LES AILES 
ÉTENDUES. 


s2. PHAL ÆN A Jéricornis , fpirilinguis , alis paten- 
tibus cinereis , fafciis plurimis tranfverfis , nonnullis 
connexis ; atomifque fufcis. 


Ray. inf. 180 , n. 6. Phalzna media , colore vario è fordide flavefcente feu 
fulvefcente & nigro cum tribus lineis tranfverfs nigris in exterioribus alis. 


La rayure blanche picotce. 
Longueur $ lignes. Largeur 13 lignes. 


Son corps eft brun : fes aïles font blanchâtres , avec des 


DES INSECTES. 135 
bandes brunes tranfverfes , dont quelques-unes fe confon- 
dent & fe réuniflent enfemble , & entre ces bandes brunes 
le fond de Paile eft picoté & parfemé de petits points 
bruns. On voit par - là combien cette efpéce approche de 
la précédente. Je les regarderois comme variété l’une de 
Pautre , fi celle-ci n’avoit pas les antennes en filets & l’au- 
tre les antehnes peétinées, 


53 PHALÆN A /éticornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus fufcis , utrinque maculis albis quadrangules tefJel- 
latis. 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p.$24, n. 163. Phalæna geometra feticornis, alisom- 
nibus Bavefcenti-albidis, lineis nigris decuflaris. 
Ibid. — Clathrata. 


Les barreaux. 
Longueur $ lignes. Largeur 11 lignes. 


La couleur de fa tête , de fon corps & de fes antennes 
eft noirâtre. Le fond de la couleur des aïîles eft brun , avec 
des taches nombreufes ; la plüpart quarrées ; de couleur 
blanche ; ou fi l’on veut les aîles font blanches , avec des 
bandes brunes longitudinales & tranfverfes qui fe croifent 
& forment comme des grillages ou barreaux fur les ailes. 


54 PHALZÆNA /éricorms fpirilinguis , alis paten- 
tibus albo fufcoque nebulofis ; ano flava. Linn. faun. 
Juec. n, 846. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p.529, n. 195. Phalæna geometrathortulana. 

Goed. belg, 2 ,p. 37; f: 13. € gall, tom. 3, tab. 13. 

Lift. Goed. p.156, f. 61. 

Albin. inf. t. xxxvi]. f. 60. 

Reaum. inf. 1,1, 49,f. 17,18. 

Petiv. gazop. s1, 1. 32, f. 8. Phalæn minor alba , maculis nigrefcentibus 
ornata. : 

Raj. inf. 222 , n. 73. Phalæna minor , alis oblongis ex albo & cœruleo 
nigricante Variis , ad exortum flavis. 

De Geer, mem. 1,p.701,t.28,f. 18, 19. Phalène à antennes en filets, blanche, 
à taches noires nuancées & à corcelet jaune. | 

De Geer, ibid. p. 418. La chenille. 

Rofel, inf. vol, 1 , tab, 14, claff. 4. Papil.no@urn; 


136 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 


La queue jaune. 
Longueur 7 lignes. 

Le haut de fon corcelet eft jaunâtre ; fon corps eft 
cendré & fon ventre fe termine par une queue velue très- 
jaune. Ses ailes font grifes , blanchâtres , avec des taches 
d’un noir bleuûtre. Ces taches forment fur le bas des ailes 
deux bandes tranfverfes , & dans le haut il y en a deux ou 
trois placées irréguliérement. La bafe des ailes fupérieures 
a un peu de jaune. Le deflous de l’animal eft femblable au 
deffus. 

La chenille de cette phalène a feize jambes garnies 
d’une couronne de crochets prefque complette. Elle eft 
verte , avec une raie d’un vert plus obfcur tout le long du 
dos. Elle vient fur les pommiers & autres arbres fruitiers 
auxquels elle fait beaucoup de tort. On la trouve auffi 
aflez fouvent fur les feuilles d'ortie qu'elle plie pour fe ca- 
cher dedans & s’en nourrir. 


ss PHALÆNA /éricornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus fupra fufcis , pone fubtufque flave[centibus. Linn, 
faun. fuec. n. 847. 


La doublure jaune. 
Longueur 6 lignes. 

Son corps eft noirâtre : fes aîles font en-deffus d'une 
couleur brune obfcure , marbrée de taches & de raies plus 
noires , principalement vers le bord extérieur, & jaunâtres 
vers le bord inférieur. En-deffous , les aîles font jaunes , 
avec quelques bandes tranfverfes brünes mal terminées , & 
une tache au milieu des ailes fupérieures. Cette phalène, à 
la premiere vüe , reffemble à un papillon. 


$& PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus albis ; maculis inæqualibus nigris plurimis ; faf- 
ciaque tranfver[a lutea. 


Linn. faun. fuec. n. 849. Phalæna feticornis fpirilinguis ; alis patentibus albis, 
maçulis inæqualibus nigris plurimis, 
Linnr. 


. 


DES INSECTES. 137 


Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $2$ , n. 167. Phalæna geometra groffulariata. 
Mouffet. lat. p.96 , n. 10. 

Jonff. inf. p. 39 ;n. 10, t. 6. Phalænæ mediæ decima, 

Merian. europ. 1, pe 11,1, 29. 

Goed. gall. tom. 2 , tab. xxj. 

Lift. Goed. p. 14, f. 9. 

Frifch. germ. 3 , p. 14, t. 2. Spithometra nigro luteoque maculata. 

Petiy, muf. 3, n. 4. Phalæna hortenfis alba , maculis plurimis nigris infignita. 


— Îdem.4, n. 7. Eruca geometrica , pulchre variegata , groffulariis depaf- 
cens. 


Ray. inf. 178 ; n. 14. Phalæna media, alis amplis albis , maculis crebris nigris & 
lineis tranfverfis luteis variis. / 


— Idem. 179. Eruca geometra groffularia majufcula alba rubro & nigro colo, 
ribus varia. 


— Idem. 373 n. 1. Eruca geometra groffulariam depafcens 
Biblioth. reg. Par. p. 16, f. 2. Nomen petiveri, 

Albin. inf. t. 43 , fig. f. g. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 2, claff. 3. Papil. no@urn. 

L'amir. inf. tab. 26. . 


La moucheree. 
Longueur 8 lignes. Largeur 1 pouce. 


Cette belle phalêne a la tête noite , les antennes & les 
pattes brunes. Son corcelet eft jaune ; avec quelques 
taches noires en-deflus. Son ventre pareillement jaune a 
cinq bandes longitudinales de taches noires ; trois en-def- 
fus ; favoir , une au milieu &t une de chaque côté , & deux 
en - deffous. Ses ailes font blanches , avec plufieurs taches 
noires , la plüpart rondes comme des mouchetures , dont 
plufeurs forment des rangées tranfverfales. Vers la bafe 
de laile , entre deux de ces rangées , eft une petite bande 
d’un jaune aurore , & vers le milieu , entre deux autres 
rangées femblables , fe trouve une pareille bande bien 
plus grande, Ces bandes aurores ne font que fur les ailes 
fupérieures & feulement en-deflus. La chenille de cette 
phalène eft aufli fort belle. C’eft une arpenteufe à dix 
pattes , de couleur blanche , tachetée de rouge & de noir. 
On la trouve fur le grofelier. 

- 


57. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus ; finuatis , pallido-glaucis fafeia tranfverfa obfcu- 
riore. 


Tome IL. S 


138 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Reaum. 1,1. 39, fe 13, 14. | 
Raj. inf. 232, n. 77. Phalæna minor alis ex cœruleo viridibus , exterioribus 


duabus lineis tran{verfs albicantibus diftin@is, 
Linn. faun. fuec, n. 922, Phalæna albo-virefcens , alis planiufculis, 


Le celadon. 
Longueur 9 lignes. Largeur 21 lignes. 

Ses yeux font noirs & fon corps eft de couleur cendrée. 
Ses ailes font grandes , un peu finuées à leur bord infé- 
rieur , & d’un vert d’eau pale , avec une large bande tranf- 
verfe un peu plus foncée fur chacune. Cette bande eft plus 
large vers le bord extérieur. 

Sa chenille eft rafe , de couleur verte , avec des ban- 
des tranfverfes jaunâtres. Sa tête eft groffe & fa queue eft 
déliée. On la trouve fur le chêne. Elle file une coque 
d’une forme finguliere femblable à un Eateau. M. de 
Reaumur appelle cette chenille ; chenille à forme de poif= 
Jon, tom. 1, pag. 560. 


$3 PHALZÆNA féticornis fpirilinguis , alis paten- 

tibus fulphureis , Linea duplici tranfverfa obfcuriore ; 

inferiortbus caudatts. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 519 , n. 119. Phalæna geometra pectinicornis (male } 
alis caudato-angulatis flayvefcentibus , lineis duabus, poflicis apicibus bipunc- 
tatis. , 

Goed. gall. tom, 3 ; tab. 34. 

Lift. Goed. f. ro. 

Petiv. gazoph. 1. 51, f. 6. 

Ra. inf. 177, n. 9. 

Albin. inf, t. 94. 

Rofel. inf. vol, 1 , tab. 6 ; claff. 3. Papil. no@urn. 

La fouffree à queue. 

Longuzur 10 lignes. 

Elle eft par-tout d’une couleur jaune pâle , imitant la 
couleur de foufre ; fes yeux feuls font noirs. Ses quatre 
aîles ont en-deflus deux lignes tranfverfes un peu brunes, 
entre lefquelles la couleur n’eft pas plus foncée que dans le 
refte de l'aile, en quoi elle différe de la précédente, où la 
couleur forme une large bande plus foncée. De plus dans 


DÉS INSECTESA 139 
celle-ci, près du bord extérieur entre les deux raies , il y a 
un commencement d’un troifiéme femblable , mais fort 
court. À l'extrémité des ailes inférieures , il y a des 
efpéces d'appendices ou petites queues , avec deux taches 
noires ; fouvent un peu dorées vers la bafe de ces queues. 
La chenille‘eft une arpenteufe à dix pattes , de couleur 
brune & qui reflemble pour la forme & la couleur à un 
bâton. 


59 PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus luteis , duplici punélorum cinereorum ordine , fupe- 
rioribus maculis duabus & rachi croceo-ferrugineis. 

Linn. [yfé. nat. edit. to, p. $25 , n. 168. Phalæna geometra feticornis alis flavif- 

fimis, anterioribus maculis coftalibus tribus ferrugineis , media fubargentea, 

Ray. inf. 169 , n. 27. Phalæna media , alis avis, maculis aliquot rufis feu fer- 

rugineis piétis, 

L'amir. inf. tab, 13. 

La citronelle rouillee. 

Longueur 7 lignes. Largeur 15 lignes. 

Ses antennes , fa trompe , fon corps & fes pattes font 
d'une couleur fafranée & fes yeux font noirs. Ses ailes 
fort arrondies font d’un jaune citroné , avec deux bandes 
tranfverfes de points ou petites taches cendrées fur chacu- 
ne , & de plus , les ailes de deflus ont leur bord extérieur 
d’un jaune couleur de rouille , avec deux taches fembias 
bles qui vont fe confondre avec ce bord. 


60. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , als paten- 
tibus albis , margine undiqué interrupte fufcis. Linn. 
faun. fuec. n. 860. 

Linn. [yff. nat. edit, 10, p. $27 , n, 182. Phalæna geometra feticornis , alis 
omnibus albis , margine exteriore limbo fuico interrupto. 


AG, Upf. 1736 , p. 23, n. 37. Papilio alis planis albis, maculis fufcis inæ- 
qualibus marginalibus. 


La bordure entrecoupee. 
Longueur 6 lignes. Largeur 11 lignes. 


Ses pattes ;, fes antennes & tout fon corps foût bruns , à 
Sij 


140 HISTOIRE ABRÉGÉE 

l'exception des yeux qui font noirs. Ses aïles font blan- 
ches , bordées de bandes brunes entrecoupées. Dans les 
aîles de deffus , le bord inférieur a une large bande , inégale 
pour la largeur : au bord extérieur , il y a d’abord une affez 
longue bande qui part de la bafe ; enfuite , après un inter- 
valle vuide , eit une feconde bande courte irréguliere , & 
enfin , après un autre inrervalle , fe trouve l'extrémité 
de la bande du bord inférieur. Les aïîles de deffous n’ont 
que deux bandes ou taches au bord inférieur. Le deffous 
de l’infette eft femblable au deflus , fi ce n’eft que Le brun 
eft plus clair. 


61. P H A L Æ NA féticornis fpirilinguis ; als paten- 
abus flavis , maculis numerofis fufces. 

La phaléne panthere. 

Longueur s lignes. Largeur 1 pouce. 

Ses ailes font d’un beau jaune vif ; avec beaucoup de 
taches brunes , au nombre de quinze ou feize pour chaque 
aile : plufieurs de ces taches fe touchent. Le corps de Pin- 
fecte eft pareillement jaune taché de brun. 


62. PHAL ÆNA /ericornis Jpirilinguis » als paten- 
tibus albidis , atomis cinerafcentibus , & fafcia duplici 
undulata Jérruginea. 


Les atômes à deux bandes. 
Longueur s 3 lignes. Largeur 1 pouce. 

Tout fon corps eft jaunâtre , à l'exception des yeux qui 
font noirs. Ses ailes font bilanchâtres , toutes piquées de 
petits points cendrés , avec deux bandes tranfverfes, on- 
dées de couleur jaunâtre & quelquefois brune. 


63. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus albidis , atomis cinerafcentibus ; & fafcia undula- 
ta férruginea. 


Linn, fyfE. natsedit. 10, p. 528; n. 188. Phalæna geometra feticornis, alis albi- 
dis concoloribus , ftriga cinerea , pun&@to margineque nigro punétatis. 


DESUENSECTES 147 


Les atômes à une bande. 
Longueur s lignes, 

Ses yeux font noirs , fon corps eft jaunâtre & fon ventre 
brun. Ses aîles font blanchätres , toutes piquées de points 
cendrés , avec une bande tranfverfe de couleur de rouille 
du milieu. En-deffous, à l'endroit de cette bande , eft une 
bande de points noirs plus gros que ceux du refte des 
aîles. 


64 PHALZÆN A fexicornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus albis , fuperioribus macula nigra , & fafcia duplici 
ir extremo undulata. 


Frifch. germ. 4,1. 16. 
Rofel, inf. vol. à , tab. 7. claff: 3. Papil. no@urn. 


La phaléne blanche à tache & bande noire. 
Longueur 4 lignes. Largeur s lignes. 

La couleur de fon corps eft brune un peu cendrée, Son 
ventre eft blanc en-haut & en-bas, & dans le milieu il eft 
cendré , avec de petits points noirs fur les côtés. Ses ailes 
font blanches ; les fupérieures ont une tache noirâtre aflez 
grande qui touche le bord extérieur ; outre deux autres 
petites taches le long de ce bord, fituées un peu plus haut, 
dont la premiere , partant de la bafe de l’aïle , eft longue & 
la feconde courte. Le long du bord inférieur, il y a deux 
bandes noiïrâtres plus claires & ondulées. Les aïles en- 
deflous ont des raies tranfverfes de points noirs. Cette 
phalêne eft fort délicate. La chenille eft une petite arpen- 
teufe jaunâtre , rafe & à dix pattes. 


65. PHALZÆN A /enicornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus niveis , omnibus pone fafcia undulata fufca , [u- 


periorum margine externo maculis nigrès. 


La bande interrompue. 
Longueur 4 lignes. Largeur 8 lignes. 


Tout linfedte eft de couleur blanche, Ses ailes ont 


142 HISTOIRE ABRÉGÉE 

toutes, proche le bord inférieur , une bande tranfverfe on- 
dulée aflez large ; de couleur brune , qui paroït interrom- 
pue dans fon milieu. Mais fi on regarde de près , on 
voit que la couleur eft feulement beaucoup plus claire 
en cet endroit , ce qui forme deux taches aux deux côtés 
& fait paroitre cette bande comme coupée. De plus , le 
bord extérieur des ailes de deflus a deux ou trois taches 
noires , & les quatre ailes ont en-deflous dans leur milieu 
chacune un point noir. 


66 PHALÆN A /éncornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus cinereis , fafciis linearibus fufcts ; pundoque ni- 


gro. Linn. faun. fuec. 854. 


Linn. [yfE nat. edit. 10, p. 529 , n. 198. Phalæna geometra ffratiotata. 


La phaléné orile à lignes Brunes & poirit noir. 
PB $ 8 F 
Longueur 3 3 lignes. Largeur 9 lignes. 

Elle eft toute grife. Ses ailes ont des raies brunes tranf- 
verfes ondulées , fouvent mal terminées , avec un point 
noir bien marqué au milieu de chacune. J'ai quelque dou- 
te au fujet de cette efpéce , & Je craindrois que celle que 
M. Linnæus a défignée ,ne différât un peu de la nôtre. La 

8 ; p 

fienne paroït plus grande que celle que nous avons , & 
P P D q , 
probablement la trompe de la fienne doit paroiître diffci- 
lement, puifqu'il n'a pas pü s'aflurer de fon exiftence ; au 
lieu qu'on voit très-diftinétement la trompe de notre efpé- 
ce. La chenille vit dans Peau fur le ftatriote & le potamo- 
geton. 


67 PHALZÆN A /eticornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus albis , linea duplici undulata [ubfufca. 
La phalêne blanche à lignes brunes fans points. 


Longueur $ lignes. ‘Ecrgeur 1 pouce. 
Ses yeux font noirs , fa trompe & fes antennes font 


jaunes : tout le refte de fon corps eft blanc , avec deux 
bandes tranfverfes ondées , d’un brun pâle & peu marqué 


DES INSECTES. 14 
fut les aîles fupérieures. Au bord inférieur des ailes , il y a 
quelques petits points noirs prefqu'imperceptibles. 


68. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus luteis , lineodis fufcis & albidis undulatis , limbo 
dentato. 

La brocatelle d’or. 

Longueur $ lignes.” Largeur 11 lignes. 

Son corps & fes ailes font jaunes , avec nombre de raies 
tranfverfes ondulées de couleur brune & quelques-unes 
de couleur blanche. Ces raies font moins nombreufes en- 
deffous , mais chaque aïîle a dans fon milieu un point 
blanc. Le bord inférieur des aîles eft un peu dentelé. La 
chenille de cette phalène eft une arpenteufe à dix pattes 
qui vient fur le chêne & fur l’orme. 


69, PHALÆNA Jéricornts Jpirilinguis , alis pater- 
abus albis , neolis fafciifque plurimis undulatis fufcis, 
limbo fubdentato. 


La Brocatelle d'argent. 
Longueur 4 lignes. Largeur 10 lignes. 

Son corps eft d’un brun cendré : fes ailes font blan- 
ches , avec plufieurs bandes brunes tranfverfes ondulées , 
dont quelques -unes fe trouvent à la bafe de l’aile fuivies 
d'un intervalle blanc. Enfuite vers le milieu il y en a plu- 
fieurs , après quoi vient une bande blanche encore plus 
grande que la premiere , & enfin plufieurs terminent l'aile 
& font coupées dans leur milieu par une ligne tranfverfe 
blanche en zig-zag. La frange du bord inférieur eft un peu 
dentelée & entrecoupée de blanc & de brun. Le deflous 
des ailes eft plus blanc que le deflus , & on y remarque 
quelques points noirs & peu de bandes brunes. 


70. PHAL ÆN A esicornis fpirilinguis , ais paten- 
tibus cènereis ; fafciis plurimis fufcis undularis tranf- 
vérfis , limbo fubdentato. 


144 HISTOIRE ABRÉGÉE 


La brocatelle brune. 
Longueur 4 lignes. 

Son corps eft oris entrecoupé & mêlé de brun. Le fond 
de fes aîles eft de couleur cendrée , avec plufieurs bandes 
tranfverfes brunes ondées. Le bord inférieur des aîles 
eft un peu dentelé , avec une grande frange de poils. 


71. PHALÆN A /ericornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus albis , fingulis fafcia urdulata ferrata , & omicro 
albis. 


Les quatre omicrons. 
Longueur 4 lignes. 

Son corps & fes ailes font blancs. Chaque aile a en-def- 
fus dans fon milieu un petit O noir, ce qui fait quatreO, 
quand l’infeéte tient fes aîles étendues. Au-deffous de ces 
quatre O, il y a une bande tranfverfe noire en zig-zag 
aigu. Le deflous des ailes eft tout blanc. 


72. PHALÆNA /énicornis fpirilinguis , alis paten- 
tibus cinereis , margine exteriore fufco, punéloque alarum 
722970. S 

La nervure Brune. 

Longueur 3 3 lignes. 


» 


Sa couleur en-deflus eft prefque toute grife , avec un 
petit point noir au milieu de chaque aile & la bordure 
extérieure des aîles de deffus brune. En - deflous , les aiîles 
font de même couleur, mais celles de deflus ont plufieurs 
lignes brunes tranfverfes. 


793 PHAL ÆN A /eticornis fpirilinguis ; alis paten- 
tibus viridi fufcoque variegatis , fafcia triplicé undulata 
obfcuriore. 


La phaléne à bandes vertes. 
Longueur s lignes. Largeur 11 lignes. 


.… Sa couleur eft brune , mêlée de vert. Ses ailes ont trois 
bandes 


DES,INSECTES. 14$ 
bandes plus foncées , entrecoupées par autant de bandes 
tranfver{es plus claires. La premiere de ces bandes claires 
eft grifâtre , & la moitié extérieure de la derniere eft pref- 
que tout-à-fait blanche. Cette phalêne eft éclofe chez moi, 
mais je ne me fouviens point quelle eft la chenille qui me 
l'a donnée. 


Su TT. 


PHALENES 4 ANTENNES FILIFORMES; AVEC 
UNE TROMPE ET LES AILES RABATUES. 


74 PHAL ÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis ; 

Juperioribus atris rivulis flavis ; inferioribus rubris ma- 
ds nigres. 

Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. sor,, n. 15. Phalæna bombyx elinguis , alis deflexis 


atris, tivulis flavis, inferioribus rubris nigro maculatis. 
Linn. faun. fuec. n. 821. 


La phaléne chinee. 
Longueur 11 lignes. 
Suivant la phrafe de M. Linnœus , la fienne a les anten= 
nes petlinées & point de trompe ; au lieu qu’on voit tout 
le contraire dans celle-ci. 
Les antennes de la nôtre font longues , fines, noirâtres 
& en filets. Son col eft jaune , ainfi que fon corcelet, quia 
feulement un peu de noir fur les épaules. Le ventre eft 
jaune & a en-deffous trois bandes longitudinales de points 
noirs. Les aîles fupérieures font noires en-deflus , avec de 
longues bandes jaunes au nombre de quatre ou cinq, 
obliques & tranfverfes , ce qui fait paroitre ces aîles flam- 
bées ou chinées. En-deffous elles font jaunes , avec des 
bandes noires bordées de rouge & quelques taches blan- 
ches vers le bas. Les aïles inférieures font en-deflus d’un 
beau rouge , avec trois ou quatre taches noires oblongues ; 
en-deffous elles font d’un rouge plus pale & terne , avec 
une feule tache noire vers l'angle intérieur. l 


Tome IL. L 


146 HISTOIRE ABRÉGÉE 


75. PHAL ÆN A Jéticornis fpirilinguis , ais fuperio- 
ribu: füfcis, Linea punéifque duobus rubris, inferiortbus 
rubris. Lin. faun.fuec. n. 869. 

Linn. Jyff. nat. edit. 10 , p. sr, n. 81, Phalæna no@ua jacobæz. 

Mouffer. lat. p.98,n.3;,t.97./f. Intertres infimas fuprema. & p. 183. Flayefcens 
fuperior. 

Jonft. inf. t. 6 , ord. 3. Phalæna minima pratenfis. 2, 

Charlet. onom. p. $ 3. Eruca jacobæa. 

Rob. ic. t, 10. 

Albin: inf.r. xxxiv, f. HG. 

Merian: europ. 3 » pu 56 , f. 28 

Goed. gall. tom. 2 , tab. ix. 

Lift. Goed. p. 134, f. 54. 

Reaum. inf. rt. 16,fn4,5$,6,7 

Petiy. gaz, p.52 te 33, f. 6. Phalæna umbrica:, linea maculifque fanguineis, 

Raj. inf. 168 , n. 26. Phalæna media , alis exterioribus colore nigro & {angui- 
nec varirs, EXtimo duntaxat margine nigro. 

Derrham. Phyfico-theol, 1. 8, c, 6,.n. 6. Papilio jacobæz. 

Biblioth. reg. Parif. p. 36 , f.-omnes. 

Rofel. inf. vol. x , tab. 49, claff. 2. Papil. no&urn. 

L'amiral, inf. tab. 3. 


La phaléne carmin du féneçon.  * 

Longueur 8 lignes. 

* Ses antennes & tout fon corps font d’un noir matte. Ses 
ailes fupérieures font d’un noir un peu brun, avec une lon- 
gue bande rouge près du bord extérieur & deux taches 
rondes de même couleur , l'une vers l’angle extérieur , 
l'autre proche l'angle intérieur du bas de l'aile, L’aile infé- 
rieure eft rouge , avec fon bord extérieur noirâtre. Cette 
phalêne a les mêmes couleurs deilus & deflous. 

Sa chenille eft à feize pattes. Elle a dés anneaux alterna- 
tivement noirs & jaunes un peu fafranés. Elle fe trouve 
très - communément fur les Jjacobées & les fénecons, Sa 
phalène voltige fouvent dans les Jardins , où fa belle cou- 
Jeur rouge , imitant celle du carmin , la fait remarquer. 
Elie ne s’éleve pas haut en volant, & fon vol eft lourd, 
comme celui de plufieurs autres phalênes. 


76. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis incum- 


Bentibus , exteriortbus cœfais nebulofis ; inferioribus 


DES! TINseGTESs! 147 
duteis. , fafcia atra maroinal. Linn. faun, fuec. n. 
870: 

Linn, [ÿff. nat. edit. 10, p. s12 ,n.87. Phalæna noûua pronuba. 

Lift. Goed. p. 114, f. ar. 

Goed. belg. 1,p. 71, f. 14: NoGtua. € gall, tom: 2 , tab. xiv. 

Albin. inf. 72 ,f. C. D. 

Merian. europ. t. 49. 

Merr. pin. 198 ,,n. $. Phalæna major cum exterioribus alis fufcis, internis 
aureis , nigra linea fimbriatis. 

Ra. inf. 237, n. 18: Papilio major alis prælongis , exterioribus vél rufis, vel 
ex cinereo nigricantibus.; interioribus fulvis', cum fafcia lata nigra prope 
imum maïginem, 

Frifch. germ. 10, p.173 418, f. 4. 

Reaurm. inf. 1,t.14,f.6, 7,839, vo. 

—— Jhid.1.t.41,f.xr. 

AG, Upf. 1736, p. 124, n. 60. Papilio alis deprefMis grifeis , obf&ure maculatis ; 
inferioribus flavis, margine nigro, 

Biblioth. reg. Parif. p. 37; f..omnes. 

De Geer, mem.x , p.ro9,t, $ ,f. 17 3 18. Chenille rafe affez groffe, brune, 
avec deux pêtits traits noirs fur chaque anneau & trois raies jaunâtres. 

L'anmir. inf. tab. 8. f 


La phaléne-hibou. 


Longueur 1 pouce. 


Son corcelet , fa tête , fes antennes , fes pattés & fes 
aïles extérieures font d’une couleur brune plus ou moins 
claire , quelquefois foncée & prefque noire ; fouvent 
bleuûtre. Les ailes extérieures font de plus un peu nuan- 
cées & nébuleufes , & ont deux taches noires , l’une 
au milieu , l’autre vers l’angle extérieur du bas de Paile. 
Les ailes inférieures font d’un beau jaune doré , avec üne 
large bande noïte proche le botd inférieur de l'aile , dont 
elle fait la dire&tion. é 

La chenille de cette phalêne eft life & à feize pattes. 
Elle vient fur différentes plantés, mais particuliérement 
fur le thlafpi & quelques-autres plantes ctuciferes. Elle fe 
cache le jour & ne mange que pendant la nuit. C’eft en 
terre qu'elle fe métamorphofe. On voit quelques variétés 
de couleurs parmi ces chenilles : les unés'font vertes , les 
autres font brunes ; celles-ci donnent les mâles & les 
autres des femelles. ps ,inn 4 
dn#T) 


148 HisSTOIRE ABRÉGÉE 


77. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis , 
: fapertortbus nebulofo-fufcis, inferiortbus nigris, macula 


margineque luteis. 


La phaléne brune à tache jaune aux aïles inférieures. 
Longueur 5 lignes. 

Son corps en-deffus eft d’un brun noïr , mais il y a fur le 
devant du corcelet une bande tranfverfe d’un vert cendré. 
Le deflus des aïles fupérieures eft de même noir ;, mêlé de 
brun, ce qui le rend nébuleux. Le deffus des ailes inférieu- 
res ef noir , avec une grande tache ronde jaune au milieu 
& une bordure de même couleur. La tête '& le deffous 
du corcelet font cendrés : le ventre en-defflus eft aufli cen- 
dré , mais tirant fur le jaune. Le deflous des-ailes fupé- 
rieures eft noir , avec une bordure brune , & le deffous des 
inférieures eft à peu près femblable au deffus , fi ce n’eft 
qu'il y a plus de jaune & que le noir ne forme prefque 
qu’une large bande tranfverfe. Cette phalêne approche 
beaucoup de la précédente ; mais elle eft bien plus petite. 


78 PHAL ÆNA féricornis fpirilinguis , alis deflexis 
cinereis , fafciis tranfverfes fufcis e triplici Linea compo: 
fitis. 


pg { . . 
a rayure. à trois lignes. e 
Longueur 8 lignes. 

Ses ailes & fon corps font d’un gris cendré. Les ailes fu- 
périeures ont quatre bandes tranfverfes plus brunes , com- 
pofées chacune de trois lignes d’un brun foncé , entre lef- 
quelles la couleur brune eft plus claire. Les ailes inférieu- 
res font toutes grifes. 


79. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis 
nigricantibus ; collari purpureo , abdomine flavo, Linn. 


faun. fuec.n. 881. Planch. 12, fig. 6. 


Linn. fyfl, nat. edit, 10 , p. s11 , n 83. Phalæna noëtua rubrico/lis, 


DES INSECTES. 149 


La veuve. 
Longueur 8 lignes, 

Ses aïles font Jongues & couchées le long de fon corps. 
Elles font noires, ainfi que tout l’infeéte , à l'exception 
d’un petit collier jaune au - deffous de la tête & du ventre 
qui eft aufli de couleur Jaune. Le port des ailes les fait 
reffembler à un manteau , dont la couleur noire imite 
le deuil ; c'eft ce qui a fait appeller cette phalène la veuve. 


80. PHAL ÆNA /ericornis fpirilinguis ; alis deflexis 
undulato-nigris , infertortbus baf albis. 


Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.518 , n. 121. Phalæna noQua fpirilinguis criftata ; 
alis nigricante-nebulofis , inferioribus niveis , poflice fafcia lata nigra. 


L'alchy mifle. P 
Longueur 10 lignes. 

Ses antennes fines & noires égalent la moitié de la lon- 
sueur de fon corps. Tout le deffus de l’infee eft d’un 
noir foncé. Ses ailes fupérieures ont cependant quelques 
ondes plus claires , fur-tout vers leur bord inférieur. Les 
ailes de deffous ont leur tiers fupérieur du côté de leur 
bafe de couleur blanche , avec un point noir au milieu du 
blanc , enfuite une large bande tranfverfe & noire ; puis un 
peu avant leur bord , une autre petite bande blanche 
étroite & interrompue par du noir en plufieurs endroits. 
Le deflous de l’infette eft moins noir que le deffus. Sa 
trompe eft brune , ainfi que fes pattes poftérieures, Cette 
finguliere efpéce m'a été apportée. 


81. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis 
férrugineo-fufcis fafcia duplici tranfverfa viridt-aurea. 


Le vert dore. 
Longueur 8 lignes. 


Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon 
corps. Sa tête eft chargée de poils un peu jaunes, & fon 
corps eft d’un gris brun. Les ailes fupérieures font d'un 


{so HISTOIRE ABRÉGÉE 

fauve brun , avec des ondes & quelques taches plus fon- 
cées ,; & en oùtre deux bandes tranfverfes d’un vert doré. 
La premiere plus courte & plus large , neft pas éloignée 
de la bafe de l’aîle ; la feconde beaucoup plus grande , eft 
placée un peu avant l'extrémité de l'aile. Les ailes infé- 
rieures. font d'une couleur plombée & les pattes font 


grfes. 


82. PHAL ÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis , 
Süperioribus cinereo fufcoque nebulofis ; infertoribus ru- 
bris , fafcia duplici tranfverfa rigra. 

Linn. fyft nat. edit, 10,p. $x2 , n. 86. Phalæna no@ua fpirilinguis crifata , alis 
deflexis cinerafcentibus, inferioribus rubris fafciis duabus nigris, 

Jonft. inf. t.7;f. 1,2. 


Reaum. inf. L;t. 32, fig. 6, 7e 
Albin. inf, 1, 80. 


Merian. europ. 3 , p. 59 ,t.-38. 

Büblioth. reg. Parif. p. 11,n 1,25 3e 

Leche: nov. inf. fpec. p. 35 , n. 73. Phalæna feticornis fpirilinguis cinerea , alis 
inferioribus faicia purpurea nigraque alterna. f. 10. A.B. | 

Rofel. inf. vol. à , tab, 15, € tom. iv. tab, xix, claff, 2. Papil. no@urn, 

L'air, inf. tab. 25. 

La likeree rouge. . 

Longueur 18 lignes. 

Fout le corps de cette phalêne eft de couleur cendrée, 
Ses ailes fupérieures font de la même couleur, avec des 
bandes brunes ondées. Les inférieures font d’un beau rou- 
ge , fur-tout proche le ventre , avec deux bandes tranf- 
verfesanoires , larges & en arc. Les ailes en-deffous font 
toutes les quatre blanchâtres , avec de pareilles bandes 
tranfverfes noires ; il y a feulement un peu de rouge 
aux aîles inférieures près du ventre. 

La chenille de cette phalêne eft une arpenteufe à feize 
pattes qui vient fur le chêne & qui eft de couleur grife 
cendrée , comme les Zchens qui viennent fur l'écorce des 
arbres , enforte que lorfqu’elle eft arrêtée fur un arbre , on 
la prend d’abord pour un Zcher. C’eft ce qui l'a fait appel- 
Jer par M. de Reaumur, la Zchenee ou la Zterree. 


DES INSECTES. IST 

83. PHAL ÆN A féricornis fpirilinguis , alis deflexis , 
Sperioribus cinereo fufcoque undulatis ; inferioribus 
nigris , fafcia tranfverfa cœrulea. 

Rofel. inf. vol. 4, rab. xxviij. fig. 1. 

La likenee bleue. 

Longusur 2 pouces. 

Cette efpéce plus grande que la précédente,en approche 
beaucoup. Ses ailes fupérieures font en-deflus grifes , cen- 
drées , ondées de noir & fembiables en tout à cetles de la 
likenée rouge. Ses ailes inférieures en différent, en ce qu’au 
lieu d’une bande rouge tranfverfe , il y en a une d’un beau 
bleu , & que le haut de l'aile eft tout noir , ainfi que le bas, 
enforte que toute l'aile inférieure eft noire ; à l’excep- 
tion d’une large bande bleue ; fi ce n’eft cependant qW#l 
y a un peu de gris qui termine le bord inférieur. En-def- 
fous , cet infecte eft tout fembiable au précédent ; il a 
comme lui des bandes noires fur un fond gris ; toute la 
différence confifte dans la couleur des ailes inférieures, 
dans lefquelles tout ce qui eft rouge dans l’efpéce ci deflus 
eft de couleur blanche un peu bleue. Cette belle phalène 
eft très-rare, Je lai décrite d’après celle qui fe voit dans 
le cabinet de M. le Préfident de Bandeville , qui Pa 
trouvée par terre & morte , étant à la chafle. 

84. PHALÆNA ésicornis fpirilinguis , alis deflexis 
margine erofis ; cénereo-fufcis , fupertortbus triangulo 
marginali fufcefcente incarnatum ‘includente ; thorace 
gtôbo. 

Albin. inf. t. 30. D. 


Merian. europ. 1 ,t, 34: 

Goed. belg. 1 ,p. 109, t. 56, Meticulofa. € gall. tom. 2 , tab. lyj. 

Lift. Gord. 118 ,t. 44. 

Reaum, inf. 1:1.8,f.25, 26. | 

Raj. inf. p.161, n, 13. Phalæna media , alis exterioribus anguftis oblongis ; 
pulverei coloris, media parte macula magna triangulari notatis, 

Linn. faun. fuec. n. 815. Phalæna fubulicornis fpirilinguis , alis deflexis erofs 
pallidis, triangulo fufcefcente incarnatum includente , thorace gibbo, 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 513 , n. 95. Phalæna no@ua meticulofa, 

Rofel inf.tom, iv. tab. ix, 


152 HISTOIRE ABRÉGÉE 

De Geer. mem, 1, p. 698, t. 5, f. 14. Phaléne à antennes en filets, d’un gris 
blanchâtre , à double tache triangulaire d’un vert obfeur. 

De Geer. ibid. p. 102 ,t. 5, f. 12. Chenille rafe aflez grande, d’un beau vert, 
avec trois bandes longitudinales blanches, 

L'amir. inf, tab. 12. 


La meniculeufe. 
Longueur 10 lignes. 

La couleur de cette phalène ef grife , marbrée d’un peu 
de brun. Ses aïîles fupérieures ont en-deflus à la bafe une 
teinte un peu rougeûtre , & vers le milieu du bord exté- 
rieur , une ptite tache triangulaire brune , enfermée dans 
un triangle rougeûtre , qui lui-même eft entouré d’un au- 
tre triangle brun. Après ces taches , le bas de l'aile eft plus 
clair. Les bords inférieurs des quatre aïles font découpés 
& comme rongés. En-deffous , les ailes font grifes. T'ou- 
tes les quatre ont près du bord inférieur une bande brune 
tranfverfe , & celles de deffous ont au milieu un point noir. 

La chenille de cette phalène fe trouve fur la pimpre- 
nelle , l'abfinche & plulieurs plantes potageres. Elle eft 
life , à feize pattes : fa couleur eft verte, un peu claire, 
avec des bandes longitudinales blanches fur le dos. Elle 
fe cache le jour pour ne manger & ne fortir que la nuit, 
ce qui l'a fait appeller par Goedart , la mericuleufe. Elle 
vient de très-bonne heure même pendant l'hiver , & 
quelques-unes fe mettent en coque dès le mois de février. 
Leurs coques font compofées de petits grains de terre 
attachés à une matiere foyeufe. Cette chenille n’a point 
de corne fur la queue , & les antennes de la phalêne font 
à filets & non pas coniques , ainli cet infeéle ne doit point 
fe ranger parmi les fphinx avec lefquels M. Linnæus l’a 
mis. 

_8s. PHAL ÆN A /éticornis fpirilinguis , alis deflexis 
fufcis ; fuperioribus léneis rufis , bafique macula fulva. 
De Geer. inf. p. 123, 1. 6, fe 13 — 13e 

L'aile brune à bafe fauve. 


Longueur 7 lignes. . 


Elle 


DES INSECTES. 15 
Elle eft en- deffous de couleur cendrée : en - deflus fes 
ailes font plus brunes , de couleur d’agathe , avec des ban- 
des rougeatres tranfverfes irrégulieres , qui paroiffent bor- 
dées en quelques endroits de taches plus claires. La bafe 
des aîles fupérieures , ainfi qu’une partie du corcelet , eft 
* d’une couleur jaune pâle un peu rougeître , ce qui forme 
ure grande tache , terminée en-bas par une bande femi- 
circulaire rougetre & brune , femblable à celles qui font 
fur le refte de l'aile , mais mieux marquée , & comme 
compofée de deux lignes’, dont l’extérieure eft plus foncée 
que l’autre. Les aïles ont chacune en-deflous un point 
brun au milieu. 


86. PHAL ÆN A /ecornis fpirilinguis , als deflexis 
cinereo-fufcis . fuperioribus fafcia undo[a triplict ; punc- 
coque obfcuro marmoratis. Planch. 12, fig. 4. 


Le flot. 


Longueur 1 pouce. + 


Cette phalène eft toute d’une couleur brune claire ; 
comme du caffé au lait. Ses ailes fupérieures ont trois 
bandes brunes tranfverfes ondulées , qui étant d'abord fort 
brunes vers le haut, vont en s’éclairciflant par nuances 
plus claires, jufqu'à l’endroit où eft la bande fuivante , ce 
qui imite les flots , tels qu'on les repréfente en peinture. 
Entre la premiere & la feconde de ces bandes , en com- 
mençant à compter de la bafe de l'aile ; fe trouve une 
tache ou un point oblong brun près du bord extérieur, En- 
déffous , les ailes font plus claires & toutes de la même 
couleur , à Pexception du point des ailes fupérieures qui 
paroit aufli en-deffous. . 


87. PHAL ÆN A féicornis fpirilinguis , alis deflexis 
albo-flavefcentibus , fafcia duplici tranfverfafufca. 


La phalëne blanchätre à deux bandes brunes. 
Longueur 7 lignes. 


Sa tête , fes antennes & fon corps font un peu bruns, Ses 
Tome IL. 


154 HISTOIRE ABRÉGÉE 

aîles font d’un jaune pâle prefque blanc ; mais d’un blane 
fale. Les fupérieures ont deux bandes tranfverfes brunes 
qui partagent la longueur de l'aile en trois parties pref- 
qu'égales. 


88. PHALÆNA /éncorms fpirilinguis , alis deflexis 
albido-flavefcentibus , fafcia marginali oblonga fufca. 

La rache marginale. 

Longueur s lignes. 

Elle reffemble aflez à la‘précédente. Son corps eft de 
même un peu brun, & fes ailes font d’un blanc fale jau- 
nâtre ; mais au lieu de bandes brunes tranfverfes , les fupé- 
rieures ont feulement vers le milieu du bord extérieur une 
tache marginale brune oblongue qui femble former le 
commencement d’une raie tranfverfale. 


859. PHALZÆN A /éticornis fpirilinguis , alis deflexis 
flavefcentibus, fupertoribusdéngulis punétis duobus fufcis. 

La phaléne jaune à quatre points. 

Longueur 6 lignes. 

Cette phalène eft toute d’un jaune pâle ; à l'exception 
des yeux qui font noirs. Ses ailes fupérieures ont leurs 
bords d’un jaune un peu plus foncé ; & chacune a deux 
points bruns , un vers le milieu du bord extérieur & un au- 
tre vis-à-vis , vers le tiers de l'aile proche le bord intérieur. 
Lorfque l’infeéte eft tranquille & que fes aîles font baiffées 
& proches l'une de l’autre, les quatre points des deux aîles 
fupérieures femblent être pofés dans la direétion d’une 
ligne tranfverfe. 

La chenille de cette phalêne fe trouve fur l’orme. Elle 
a feize pattes & eft couverte de beaucoup de poils courts 
& noirs ramaflés par bouquets. Elle ne fait point fa coque 
en terre. 


90. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; als deflexis 
albido-fulyis immaculatis. . 


DES INSECTES, 15$ 
Reaum.1,t.36,f. 8,10» 113 12e 


La decoloree. 
Longueur 7 lignes. 


Elle eft toäte de couleur blanche , lavée d’une teinte 
fauve très-légere ; comme fi elle étoit décolorée. Elle n’a 
ni taches ni points. , 


91. PHAL ÆNA /éticornis fpirilinguis , alis deflexis 
canis ; maculis pfiformibus nigris. Linn. faun. fuec. 
71 879. 


Linn fyft. nat. edit. 10 , p. $14 , n. 96. Phalæna no@ua pf. 

Frijth. germ 2,p. 13,1. 2, fig. 3. Eruca dorfo faccato. 

Reaum. inf. 1 ,t.42,f.5,6,11, 12. 

Goed. belg. 1, p. 62,t. 22. Admirabilis. & gall. tom. x , tab. H. 

Lift. Goëd. 109 , f. 92. : 

Raj. inf. 350, n. 23. Eruca rarius pilofa , cornu in medio dorfo ere&o. 
Biblioth. reg. Parif. p. 33 , f. omnes. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 8 , maf. 7, fæmina, claff. 2, Papil. no&turn. 

L'amir. inf. tab, 13. 


Le pfe +. 
Longueur 9 lignes. 

Tout le corps de l'infeûte eft gris ; fes yeux feuls font 
noirs. Ses ailes fupérieures ont trois ou quatre taches noi- 
res qui repréfentent chacune la figure renverfée de la lertre 
grecque appellée pZ +. Celle de ces taches qui eft vers la 
bafe de l'aile, prend fa naiffance d’une longue ligne noire, 
qui partant de l'œil , defcend le long du corcelet. Proche 
le milieu du bord extérieur de l'aile , une de ces taches a 
un petit cercle noir qui lui eft attaché & qui paroiït plus 
dans la femelle que dans le male , fur lequel les p£ 4 font 
plus noirs & plus marqués. Les aîles inférieures ont en- 
deffous dans leur milieu un point noir. La chenille de 
cette phalène eit noire & à peu de poils. Elle a féize pat- 
tes , & fur le milieu de fon dos, on voit une efpece de 
corne ou d’élévation noire. Sur le long de fon dos , regne 
une bande citron , & fur les côtés plufieurs taches rou- 
geûtres, Elle vient fur les arbres fruiciers. 


| Vi 


156 HISTOIRE ABRÉGÉE 


92. PHALÆN A /eticornis fpirilinguis , alis deflexis ; 
extertoribus fufcis, lambda græco infcriptis. Linn. fau. 
Juec. n. 873. 


Linn. [ft nat. edit, 10, p. 513,791. Phalæna no@ua gamma. 

Reaum.infe2,t,26,@mt.27;:fc4, 5. 

Frifch. germ. 5 , p.37»t.15. 

Peiiv. gaz. t.64, f. 6. Phalæna lambda, 

Goed..belg. 2, p. 82 ,t. 21. Philopfon. & gall. tom. 2 , tab, xxxij. 

Lift. Go:d. 41,f. 14. 

Albin. inf. t..79 ; fig. G. H. 

Merian. europ. 1 , t. 32. 

Ro. inf. 163, n. 16. Phalæna è mediis minufeula , alis-exterioribus cinereo & 
nigro colore variis, media parte linea alba 7 litteram aliquatenüs referente, 
nOtatiSe 

A. Upf. 1736 , p. 15 ,n. 68. Papilio alis depreflis, littera y aurea infcriptis. 

Biblioth. reg. Parif. p.31, f.omnes. 

Rofel. inf. vol. à, tab. $ » cla]. 3. Papil, noëurn, 


Le lambda. À. 
Longueur 3 lignes. 

Cet infeëte eft tout brun en- deflus & en-deffous. Ses 
aîles fupérieures font variées & marbrées de différentes 
nuances de brun , plus ou moins claires ou foncées. Sur le 
milieu de chacune de ces aïles , eft une grande tache, 
tantôt jaune , tantôt blanche , repréfentant un lambda à 
ou un gamma y grec couché de côté. 

La chenille de cette phalêne eft une arpenteufe à douze 
pattes , de couleur verte , qui vient fur l’aurone , l'ofeille 
& quelques plantes potageres. Elle fait fa coque en terre. 
La phalêne mâle a une fingularité remarquable. En pref- 
fant le bout de fon ventre pour en faire fortir les parties du 
fexe , il fort en même tems deux belles houppes rondes 
de poils , qui difparoiffent & rentrent lorfque la preflion 
ceffe. On peut voir la figure de ces houppes dans POuvra- 
ge de M. de Reaumur , tom. 2 , tab. 6,f. 10,11. 


93- PHALÆN A /éncornis fpirilinguis, alis deflexis ÿ 
SJüperioribus cinereo füfcoque nebulofis , lineis undulatis 
& omicro nigris ; inferioribus cinerers, 


DIES& INSECTES AS7 


Frifh. germ, 1 , p.24, s. 

Reaum. inf. 1,t,15,f. 4,5. 

De Geer. inf. 1 ,t.9,f. 22. 

Biblioth. reg. Parif. p. 34 , f. omnes. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 13 , claf]. 2. Papil. no@urn. 


L'omicron nébuleux. 
Longueur 11 lignes. 

Cette phalène varie beaucoup pour la grandeur. Elle eft 
d’un brun clair & cendré en-deflous. Le deflus eft d’un 
brun plus foncé. Ses pattes ont à leur extrémité des an- 
neaux blanchîtres. Ses ailes fupérieures font marbrées de 
lignes brunes noirâtres & de traits gris. Elles ont fur leur 
milieu,près du bord extérieur,une tache en cercle formant 
un petit O de couleur noire ; dont le milieu eft gris, 
& plus bas une tache grife prefque quarrée. Les aîles 
inférieures ont en-deflous dans leur milieu un point noir. 
La femelle eft beaucoup plus grife que le mâle , & elle a 
les mêmes lignes & taches fur les aîles fupérieures. 


N.B. Il y a des variétés de cette phalène qui font rou- 
geitres & d’autres noirâtres : mais toutes ont les deux ta- 
ches ronde & quarrée fur les ailes. 

… La chenille de cette phalène ef rafe , à feize pattes. Elle 

eft de couleur verte , avec la partie poftérieure du corps 

élevée en forme de pouppe de vaiffleau. On la trouve fur le 
chêne, le bouleau , l’ofier ; où elle forme fa coque entre 
les feuilles qui fe roulent en paquet ou en boule. 

94 PHALÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis , 
J'uperioribus fufcis , Lneis undulatrs & omicro albis ; 
inferioribus cinereis. 

Rofel. inf. vol. x , tab. 30, claff. 2. Papil, no@urn. 

L'amir. inf. tab. 7. 

L'omicron geographique. 

Longueur 7 lignes. 

Cette efpéce reffemble infiniment à la précédente ; le 
deflous de l'infedte & fes ailes inférieures font précifé- 


158 HISTOËRE /ABRÉGÉE 
ment de même. Il n’y a de-différence que dans les aîles 
fupérieures qui fonc brunes , avec des raies blanchôtres 
tirées en divers fens , & deux taches blanches , une en 
rond formant un O , & une oblongue prefque quarrée , 
comme dans l’omicron nébuleux : aufli ces deux efpéces fe 
reffemblent-elles tant , que je ferois fort porté à les regar- 
der comme variétés l’une de l’autre : les traits blancs dont 
celle-ci eft couverte,la font un peu reflembler à une carte 
de gécgraphie. 


os. PHAL ÆN A /érticornis fpirilinouis ; als deflexis 
albido-cinereis , lineis longis nigris. 

Frifch. germ, 7 ;t. 12, 

L'iota. 

Longueur 9 lignes. 

Sa couleur eft par-tout grife. Ses ailes fupérieures ont 
quelques lignes fines & longues de couleur noire qui imi- 
tent des i, ce qui l’a fait appeller l'iota. Sa chenille vient 
fur l’abfinthe , l’aurone & la fantoline. Elle a feize pattes. 
Sa couleur eft bianchâtre , avec des taches jaunes & noires. 
Elle fait fa coque dans la terre. 


96. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis 
Jufco-cinereis ; fuperioribus fufcis longitudinaliter 


fêri atis. 


Linn. fÿft. nat. edit, 10 , p. $15 , n. 105$. Phalæna noë@ua fpirilinguis eriftata , 
alis deflexis obloletis , margine laterali fulcis. 

Ray. inf. 169, n. 125. 

Merian. europ. 3 , t. 29. 

Albin. inf. t. 13. 

Frifch. germ. 6, p.223t.9. 

Reaum. inf. 1,:1.43,f.9,10, 11. 

Biblioth. rep. Parif. p. 32, f. omnes. 

Rofel. inf. vol. 1 , tab. 13 , claff. 2. Papil. no@turn. 


. L2 
La flriée brune de verbafcum. 


Longueur 9 lignes. 


Elle eft en-deffous d’un brun un peu gris. Ses ailes fupé- 
rieures font d’un brun foncé , plus noir près du bord exté- 


DES INSECTES. 159 
rieur ; & chargé de raies longitudinales plus obfcures , ce 
qui fait paroitre l’aile ftriée. Vers le bord intérieur de l’aîle, 
font deux petites lunules blanches à côté l'une de l'autre. 
Cette phalène eft éclofe chez moi d’une chenille qui a fait 
fa coque en terre. Cette chenille a feize pattes. Elle eft de 
couleur jaune , avec des points & des taches noirs. On la 
trouve fur l’'amandier , le serba/cum ou bouillon blanc 
& fur la fcrofulaire. 


97. PHALÆNA /éicornis fpirilinguis , alis deflexis 
nebulofis ,; fafcia una alterave aurea. Linn. faun. fuec. 
NES - 


Merian. europ. 1, p.14, t. 39. 

Raj. inf. 182. Phalæna media , alis exterioribus duplici area tranfverfa viridi- 
aurata ferici inftar {plendente infignibus, 

Rofel. infvol. 1, rab. 31, claff, 2. Papil. no&turn, 


Le volant doré. 
Longueur 9 lignes. 
Sa tête , fes antennes & Îe devant de fon corcelet font 
d’un jaune pâle. Ses ailes fupérieures font brunes , inais 
très-marbrées. Leur bord inférieur eft plus pale & plus 
clair. Au-deffus fe trouve une bande ondulée un peu pale, 
dorée & chargée d’une légere teinte de vert. Plus haut 
elles font nébuleufés , avec une légere teinture dorée 
qui forme comme une feconde bande. Leur bafe eft plus 
matte pour la couleur. De plus , elles ont vers le milieu 
proche le bord intérieur une tache pâle affez large. En- 
deffous , ces aîles font brunes , avec le bord inférieur 
de couleur plus claire. Lesailes de deffous font brunes en- 
deffus , & inférieurement grifâtres , avec un point noir & 
une raie tran{verfe en arc de mème couleur. On voit fou- 
vent cette phalêne voler vivement autour des plantes odo- 
riférantes & fuccer avec fa trompe le miel de leurs fleurs 
toujours en volant & fans fe pofer. Sa chenille c{ rafe , à 

 feize pattes. Elle eft d’une couleur Jaune rougeître , avec 
quelques rangées de points blancs. 


160 HISTOIRE ABRÉGÉE 


98 PHALÆNA féricornis fpirilinguis , alis deflexis 
fufco nebulofrs , fuperioribus maculis irregularibus albis. 

La phaléne petit-gris. 

Longueur 6 lignes. 

Cette efpéce eft d’un gris un peu brun en-deffous. En- 
defflus elle eft panachée de gris & de noir , & fes ailes 
fupérieures ont plufieurs taches & lignes blanches de di- 
verfes formes. Les plus remarquables , font une grande 
tache blanche triangulaire au bord extérieur qui en en- 
ferme une noire plus petite ; une feconde au bord inté- 
rieur , à laquelle répond celle de l’autre aile ; & enfin , une 
ligne en zig-zag auili de couleur blanche qui fuit le bord 
inférieur de Paile. 


99. PHALÆN A éticornis fpirilinguis , alis deflexis ; 
Süperioribus fufcis , lèneis tranfverfis undulatis nigris , 
infèrioribus ferrugineis. | 

Rofel. inf. vol, 1 , tab. 11, claff. 2. Papil. no@urn. 


La brunette à aîles inférieures rougeätres. 
Longueur 11 lignes. 

Le corps de la phalêne & fes ailes fupérieures font 
bruns. Sur les aîles , font plulieurs bandes noires tranfver- 
fes ondulées & peu terminées. Les aîles inférieures font 
d’une couleur rougeâtre imitant la rouille. En-deffous , les 
‘quatre aîles ont une bande tranfverfe brune , & les infé- 
rieures ont chacune un point dans leur milieu. La che- 
nille de cette phalêne qui vole vite ; eft verte & a fa par- 
tie poftérieure relevée en poînte comme le bout d'un 
bateau ; elle a feize pattes. 


100. PHAL Æ N A /eticornis fpirilinguis , alis fub- 
deflexis , exterioribus cæfio-purpureis , fafciis tranfer- 
Jis undulatis ; tnterioribus pallidis , omnibus margine 
Jférrato. 
* Rofel inf. vol, 1 , tab. 3, claf]. 3. Papil, noë&turn, 
La 


DES INSECTES? 161 
La dent de [cie. 


Longueur 8 ligres 


Ses ailes font larges , un peu écartées , fans être cepen- 
dant étendues. La couleur du deffus du corps & des ailes 
fupérieures eft d'un brun panaché de cendré , de bleuâtre 
& de rouge terne , ce qui forme plufieurs bandes & lignes 
tranfverfes ondulées. Une de ces bandes plus large & plus 
rougeâtre traverie is milieu des aîles , dont le bas eft plus 
gris. Les ailes inférieures font pâles , grifatres , avec auel- 
ques ftries tranfverfes ondulées , plus brunes. Le bord des 
ailes eft dentelé affez profondément & imite les dents 
d’une fcie. Le deffous des ailes eft grifâtre & moins mar- 
bré. La chenille de cette phalène eft une arpenteufe du 
chêne , de couleur verte, qui fait fa coque en terre. Elle 
n'a que dix pattes. 


101. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis deflexis, 
Jüperioribus ferrugineo-cinereis ; macula duplict longa 
rotundaque nigra , inferioribus albidis. 


La double tache. 


Longueur 8 lignes. 


Le corps de la phalêne eft d’un gris foncé un peu fauve, 
ainfi que fes ailes fupérieures. Ces aîles ont deux taches 
noirâtres , l’une plus haut & oblongue , l’autre plus bas de 
forme ronde. Les aîles inférieures & le deffous des ailes 
font blanchîtres. 


102. PHAL ÆNA /ericornis fpirilinguis , alis deflexis 
Jufco-nebulofis , limbo tefjellato , fuperioribus macula 
duplici punéloque albis. 

La frange bigarrée. 

Longueur 7 lignes. 

Cette jolie phalêne eft panachée de brun & de gris. Ses 
ailes fupérieures ont deux taches & un point blanc. La 


premiere tache de forme longitudinale eft Ja plus haute. 
Tome IL. 


162 H1STOIRE ABRÉGÉE 

Vis - à - vis le bas de cette tache du côté extérieur , eft un 
petit point blanc, & plus bas que ce point ; une tache 
blanche tranfverfe. Outre cela , vers le côté intérieur de 
l'aile dans le bas, eft un endroit plus blanc. Les ailes infé- 
rieures font d'un brun plus uni. Toutes les quatre font 
bordées d’une longue frange alternativement brune & 
grife. Le deffous des ailes fupérieures eft d’un brun égal , 
feulement leur bord inférieur eft plus clair. De ce même 
côté , les aîles de deflous font grifes ; avec deux bandes 
brunes tranfverfes un peu en arc. La chenille de cette 
phalêne a feize pattes. Elle eft grife avec des taches noires. 
On la trouve fur la linaire. 


103. PHALÆNA /énicornis fpiridinguis, alis deflexis 
cinereis ; füperioribus fafcia decuflatæ fufca ; punéto 
nigro , lineifque tranfverfis adbides. 

Lix. 

Longueur 6 lignes. 

Ses yeux font noirs. La couleur de fon corps & de fes 
aîles eft d’un cendré terne. Sur le milieu des ailes fupé- 
rieures , eft une bande brune qui forme l’X en fe divifant, 
& à l'endroit de la divifion eft un point noir. Cette bande 
eft quelquefois peu marquée. Au-deffus & au-deflous , 
font deux lignes tranfverfes blanchâtres & un peu ondées, 
En-bas le long du bord inférieur , eft une rangée de points 
bruns. 


104. PHAL ÆN A jfesicornis fpirilinguis , alis deflexis 


atris , féngulis macula alba. 


La phaléne noire à une tache blanche fur chaque afle. 
Longueur 6 lignes. 

La couleur de tout l’infeéte eft noire ; à l’exception 
d'une grande tache blanche de forme ronde placée fur 
chaque aîle prefqu’au milieu ; feulement un peu plus près 
du bord extérieur. 


DES INSECTES. 163 
105. PHALÆN A /ericornis fpirilingurs , alis deflexis 


nigris , fingulis duabus maculis , & lineis undulatis 
adbis. 


La phaléne noire à deux taches blanches fur chaque afle. 
Longueur 7 lignes. 

Le fond de la couleur de cette phalêne eft noir. Ses 
aîles fupérieures ont une grande tache blanche irréguliere 
à la bafe de l’aile , tantôt plus grande , tantôt plus petite , 
quelquefois divifée en deux , & plus bas le long du bord 
extérieur de l’aîle, une autre tache quarrée aufli de couleur 
blanche. Outre ces deux taches , il y a fur le refte de l'aile 
plufeurs traits blancs finués & ondés. Sur les ailes infé- 
rieures , les deux taches blanches fe réuniflent du côté du 
ventre & femblent n’en faire qu’une à deux têtes. Le bord 
inférieur des aîles eft aufi de couleur blanche. Le ventre 
de l'infeéte eft gris en - deffous , avec une bande longitu- 
dinale de points noirs de chaque côté. Cette phalêne va- 
rie pout la couleur. On trouve des individus qui ont bien 
plus de blanc les uns que les autres. 


106. PHAL ÆN A /ericormis fpirilinguis , als deflexis 
nigris , lineis punéhifque albis. 


La phalëne noire à lignes blanches. 
Longueur 6 lignes. 


Elle eft toute noire en-deflus , avec des lignes blanches 
ondées fur les ailes fupérieures , & des plaques ou taches 
blanches fur les inférieures. En-deffous , les ailes font gri- 
fes , avec des bandes noires fur le bas des aïîles & des 
points noirs fur le haut. Le deflous du corps eft aufli un 
peu gris. » 
107. PHA LÆN A /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis 

fulèis , fuperioribus fafcia duplici obliqua alba. 
La phalêne brune à deux bandes blanches. 
Longueur 3 > lignes. 


Xi 


164 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Le deflus des aîles fupérieures eft d’un brun noirâtre, 
avec deux petites bandes blanches tranfverfes à la bafe de 
l'aile ; enfuite font deux bandes blanches affez larges 
qui defcendent obliquement du bord extérieur vers l'in- 
térieur:; enfin Le bord inférieur eft terminé par une bande 
blanche plus étroite. Le deffous des ailes fupérieures eft 
brun & nébuleux , & les inférieures tant en-deffus qu’en- 
deffous font grifes. 


108. PHALÆN A /éricornis fpirilinguis , alis rofeo 
purpureoque variegatis , fuperioribus macula duplici 
marginali alba. 

Le nacarat. 

Longueur 6 lignes 
Le corps de cette phalène eft en-deffus de couleur rou- 

gseâtre. Ses ailes fupérieures ont vers leur bafe une pre- 

miere tache d’un rouge brun proche le bord extérieur , 

tandis que le bord intérieur eft incarnat ; puis fe trouve 

vers le bord extérieur une tache blanche oblongue , d’où 
part une raie blanchâtre qui parcoure l'aile tranfverfale- 
ment. Enfuice fe retrouve la couleur incarnat , dont la 
nuance brunit jufqu'à former une feconde tache d’un rou- 
ge brun , après quoi eft une feconde tache blanche de 
laquelle part une nouvelle raie blanchâtre , mais coudée & 
en arc. Enfuite du côté du bord extérieur , eft une troifié- 
me tache brune , tandis que le refte de l'aile eft couleur de 
rofe & traverfé d’une derniere raie blanchâtre , après la- 
quelle font deux points noirs près du bout extérieur de 

l'aile. Le deflous des ailes , ainli que les ailes inférieures , 

eft d’un rouge terne ; & le deffous du corps de l’infeéte 

eft d’un gris blanchâtre. 

La chenille de cette phalène a feize pattes. Elle eft ver- 
te, avec des bandes longitudinales plus pâles. On la trouve 
fur l’orme. Elle fait fa coque entre des feuilles. 


109. PHAL ÆN A feticornis fpirilinguis , alis deflexis 
rofeis , fuperioribus fafcia duplici limboque albidis. 


DES INSECTES, 16$ 
Rofel. inf. vol, 1, tab. 12, claff, 2. Papil. no&urn, 


L'incarnat. 
* Longueur 7 lignes, 


Le deffus du corps de la phalène eft gris, mêlé d’un peu 
de couleur de rofe. Ses ailes fupérieures ont à leur bafe une 
grande tache couleur de rofe , dont la bafe eft d’une cou- 
leur plus foncée , & qui fe termine par un bord ondé , 
après lequel eft une bande grife , chargée d’un peu de 
couleur de rofe vers le bas ; & d’une affez grande tache 
d’un rouge foncé , placée du côté du bord extérieur. En- 
fuite eft une ligne tranfverfe ondée , un peu rougeître , 
terminée en-haut & en-bas par des traits couleur de rofe , 
puis une bande de couleur brune claire , & enfin une der- 
niere bande blanchätre qui termine Paile. Les aîles infé- 
rieures & le deflous de toutes les quatre font couleur de 
rofe. Les pattes & le ventre en - deffous font blanchtres , 
avec une teinte de rofe claire. Cette phalène eft fort belle 
pour les couleurs. Sa chenille a feize pattes. Elle eft rafe , 
d'une couleur jaune pâle un peu verdâtre & chargée de 
points & de taches noires. 


110. PH AL ÆN A /eticormis fpirilinguis , alis deflexis 
aigro-füufcis , maculis plurimis albido-flavefcentibus. 


Reaum. inf. 1,1, 19, f. 2. 
La plaque dorée. 


Cette phalène eft toute brune & noirâtre. Ses aïles ont 
plufieurs taches un peu jaunes ; dont quatre ou cinq 
plus petites font vers la bafe de l'aile. Enfuite vers le 
milieu , eft une grande tache prefque quarrée , après 
laquelle eft une bande de petites taches rangées tranfverfa- 
lement. Ces taches font pofées à peu près de même 
fur les ailes inférieures. Elles paroiïflent aufi en-deffous 
des aïles, mais de ce côté.elles font blanches & argen= 
tines , au lieu qu’en-deflus elles ont un air doré, Cette 


166 HISTOIRE ABRÉGÉE 
phalêne , à la premiere vüe , a quelque reilemblance avec 
la queue jaune , n°. 50. Elle a, comme elle , le ventre aflez 
long & orné au bout de poils longs , mais bruns. 

Sa chenille eft une arpenteufe rafe , de couleur verte, 
à feize pattes , qui fe nourrit fur le chou. 


111. PHALÆN A féricornis [pirilinguis triangularis , 
alis deflexis flavis , lineis duabus ferrugineis obliquis. 
Linn. faun. fuec. n. 880. 

Linn. fyff. nat. edit. 19, p.533 , n. 230. Phalæha pyralis alis glabris pallidis, 
lineis ferrugineis retrorfum obliquatis litura anterioris. 

AG, Upf. 1736, p.24, n. 49. Papilio alis planis pallidis nitidis, 

Reaum. inf, 1,14 16,f. 12, 133 14 

La band: efquiffee. 


Longueur 6 lignes. 


Sa couleur eft jaunâtre en-deflus. Ses aiîles font couchées 
fur fon corps, un peu en toit , & forment en -bas la figure 
d'une queue d’hirondelle. Les fupérieures ont en-deflus 
trois bandes tranfverfes un peu obliques , de couleur fauve 
pâle , dont une ; favoir , celle du milieu fe divife en deux. 
Les aîles inftrieures n’ont que deux de ces bandes. En- 
deffous ces mêmes bandes , fur-tout les inférieures , patoif- 
fent, mais bien plus brunes & noïfâtres , enforte qu'il 
femble que celles de deflus ne foient que l’efquiffe de 
celles de deffous. Le deffous du ventre & des pattes eft 
aufli brun , tandis que le deffus eft jaunâtre. Les pattes ont 
aux articulations de longues épines , comme dans les tei- 
gnes. La chenille de cette phalène a feize pattes. Elle eft 
de couleur jaune , un peu verte , avec fix rangées longitu- 
dinales de petits points noirs & quelques poils clair- 
femés. Elle fe nourrit des feuilles du chou , & elle a fait fa 
coque chez moi , fur les parois de la boëte où je l'avois 
mie. 


412 PHAL Æ NA féricofnis fpirilinguis triangularts, 
alis deflexis albo- virefcentibus , [ubtus lineis duabus 
tranfverfis rigris. 


D'ESuINSE CTES 167 


La bañde à l'envers. 
Longueur 7 lignes. 

Cette efpéce approche infiniment de la précédente, Le 
deffus de fon corps , de fes pattes & de f2s ailes eft d’un 
blanc un peu verdatre. Le deffous des ailes eft de même 
couleur , avec deux bandes brunes & tranfverfes fur cha- 
cune, mais qui partant du bord extérieur, ne traverfent pas 
toute l'aile & ne vont point jufqu’à l'intérieur. Le deflous 
du ventre & des pattes eft d’un brun noirâtre. Les aïles 
font couchées fur le corps un peu en toit & forment par 
leurs bouts écartés la queue d’hirondelle. 


113. PHAL ÆNA /éricornis fpirilinguis triangularis 
alis fuperioribus fufco- purpureis , fafcia tranfverfa 
albido ferruginea , abdomen fupra protendens. 

Reaum. inf. 2,t.2,f. 4e 


La phaléne à ventre relevé. 
Longueur 4 + lignes. 

Ses yeux font noirs & fa tête eft jaunâtre, Le deflus du 
corcelet & le haut de fes ailes Jufqu'au tiers environ , eft 
d’un rouge pourpre qui eft terminé en- bas par une petite 
raie blanche oblique. Les deux tiers du refte de l'aile font 
occupés par une large bande tranfverfe d'un fauve pâle , 
plus claire en-haut, plus brune en-bas & terminée par une 
autre raie finuée de couleur blanche , après kiquelle le 
réfte de l'aile eft d’un brun rougeütre , à l'exception de la 
frange du bord qui eft blanchâtre. Les ailes inférieures 
font grifes & leur bord intérieur couvre le ventre. Dans ce 
feul endroit , elles ont trois petites taches brunes entre- 
coupées par des traits blancs. Le deffous de l’infette & des 
ailes eft d’un gris ondé. Lorfque cette phalêne eft pofée , 
elle porte finguliérement fa queue. Elle recourbe & releve 
fon ventre en-haut , en lui faifant faire un demi-cercle, 
Ce port lingulier la faït aifément reconnoitre. 


163 HISTOIRE ABRÉGÉE 
114. PHAL ÆN A enicornis fpirilingurs , alis deflexis ; 


füperioribus nigris , pundhs quatuor albis ; inferioribus 
Jflavis-fufco marginatis. 
La phalëéne à quadrille. 
Longu-ur 3 à lignes. 
. Cette jette phalêne a tout le corps noirâtre , à l’excep- 
tion de la partie fupérieure de fon ventre qui eft jaune. 
Ses ailes de deffus font aufli noires ,;‘avec quatre points 
blancs de forme ronde placés deux à deux. Les aîles infé- 
rieures font jaunes & bordées de brun. Le deflous des 
ailes eft femblable au deflus. 


115. PHALÆNA éticornis fpirilinguis alba , oculis 
nigrès , antennis pedibufque fubflavefcentibus. 

L'albätre. 

Longueur 2 + lignes: 

Cette petite efpéce eft toute blanche , à l'exception des 
yeux qui font noirs & des antennes & des pattes qui 
ont une petite teinte Jaune. Ses ailes fupérieures font 
un peu pliflées & leur bord eft plus terne que le refte. 


116. PHALÆNA /enicornis fpirilinguis ; corniculis 
magnis criflatis , alis fufco-fumofis , medtetate poflica 
albidiore , punilis s'errucofis eminentibus. 

Reaum. inf 1,118, f. 16. 


Le toupet à porntes. 
Longueur 6 lignes. 

Cette phalène eft une des plus fingulieres que l'on puiffe 
voir, Elle porte au-devant de fa tête deux longues & gran- 
des appendices applaties & barbues , avec une petite 
pointe au bout , qui reflemble à une piéce ajoutée. Sa 
couleur eft par- tout brune , imitant la couleur de fuie ou 
de fumée ; mais la moitié poftérieure des ailes eft d’une 
couleur un peu plus claire. La partie antérieure a quelques 

raies 


DES INSECTES 169 
raies noires , & de plus on y remarque une fingularité. Ce 
font deux points faiilans élevés & compofés d’écailles qui 
forment une efpéce de brofle. Le deffous des aîles eft 
femblable au deffus pour la couleur , & on y remarque 
feulement une bande tranfverfe noirâtre. Je ne connois 
point la chenille de cette phalène. 


117. PHALÆNA /éricornis fpirilinguis ; alis deflexis 
nigris , fafciis tribus argenteis tranfverfis , tertia inter- 
rupta. 

La phalène à trois bandes argentées. 

Longueur 1 ligne. 

Cette très-petite phalêne a Îa tête jaunâtre. Ses ailes 
font d’un brun noir , avec trois bandes tranfverfes argen- 
tées , aufli larges que les intervalles noirs qui font en- 
tr'elles. La derniere de ces bandes eft coupée dans fon 
milieu & partagée en deux taches. La chenille de cette 
phalène vient fur le cerfeuil fauvage , où elle fait une pe- 
tite coque ronde d’une couleur jaune & fauve. 


118. PHALZÆN A Jéticornis fpirilinguis ; humeris 
latis , férrugineo-fufca , fafciis tribus tranfverfes fatura- 
tioribus. 

De Geer, inf, 1 ,1.26,f. 9: 

La chappe brune. 

Longueur 4 lignes. 

Cette efpéce , ainfi que les fuivantes ; eft d’une formé 
particuliere & différente des autres. Le haut de fes ailes , 
ce qui forme fes épaules, va tout d’un coup en s’élagiffant, 
& enfuite les ailes fe retréciflent vers le bas, ce qui donne 
à l'infeéte une certaine forme ovale , ou la figure d’un 
homme qui porte une chappe. En-deflus , cette phalêne 
eft d’un brun rougeître, avec trois larges bandes tranfver- 
fes de couleur plus foncée , une à la bafe de l’aîle , l’autre 
au milieu & la troifiéme au bas de l’aîle. En-deffous elle eft 


d'une couleur plus claire & blanchatre. 
Tome II. b4 


170 HISTOIRE ABRÉGÉE 
119. PHALÆN A fexicornis fpirilinguis ; humeris 


latis , aurato-flavefcens , alarum fafcia tranfverfa , 
maculaque duplici fufca. 
Goed. gall. tom. 3 ; tab. 4. 


Albin. inf. t. 63, fig. C. D. 
Rofel. inf. vol, 1 , tab. 2, claf]. 4. Papil. noëturn. 


La chappe à bande & tache brune. 


Longueur 4 lignes. 


Elle refflemble tout-à-fait à la précédente , dont elle 
pourroit bien n’être qu’une variété. Elle en différe en ce 
que fa couleur eft d’un jaune un peu bronzé, & qu'au lieu 
de trois bandes brunes , il n’y en a qu'une feule tranfverfe 
au milieu des aîles , & les deux autres d’en- haut & d’en- 
bas font interrompues dans leur milieu, ce qui forme feu- 
lement deux taches brunes attenant le bord extérieur de 
chacune des aîles de deflus , une en-haut, l’autre en-bas. 


120 PHALÆN A /eñicornis fpirilinguis ; humeris 
latis , alis antice pallidis fafcia obliqua fufca ; pone 
fufcis fafcia maculaque cinereis. 

Reaum. inf. 1 ,t.17 , fe 9. 

La chappe brune au fautoir. 

Longueur 4 lignes. 

Sa tète eft jaunâtre avec les yeux noirs. Son corcelet & 
la partie fupérieure de fes aîles font d’un brun pâle , avec 
une bande plus brune oblique, qui va en montant du bord 
extérieur vers l’intérieur. Dans cet endroit, les bandes des 
deux ailes fe touchent & forment enfemble un fautoir. La 
partie inférieure & la plus confidérable des ailes eft d’un 
brun foncé , avec une bande grife oblique qui va en 
defcendant du bord extérieur vers l’intérieur, & vers le bas 
une tache irréguliere de même couleur. Le deflous des 
ailes eft plus pâle que le deflus. On rencontre fouvent 
cette pet te phalêne voltigeante fur les ifs & les charmilles 
où nous ayons trouvé fa coque, Sa chenille eft petite , 


DRASUINSIECTES 177 
à feize pattes. Elle eft d’une couleur gris-de-fouris ; piquée 
de jaune en - deffus. Les côtés & le deflus de fon corps 
font d’un jaune citron. On la trouve fur l'érable dont elle 
fe nourrit. 


121. PHALZÆN A féricornis fpirilinguis ÿ humeris 
latis , flava , fafcia tranfverfa fufca. 

La chappe jaune à Bande brune. 

Longueur 2 + lignes. 

Sa forme eft la même que celle des précédentes ; dont 
elle différe pour la grandeur & la couleur. Elle eft d’un 
jaune luftré , avec une bande tranfverfe brune fur le milieu 
de chaque aîle. Ces deux bandes font enfemble à la jonc- 
tion des deux aïles,un angle obtus. Le deffous de l'infeéte 
eft aufli jaunâtre. 


122. PHAL ÆN A fenicornis fpirilinguis ; humeris 
Zatis , fufco-aurea , fafcia duplici aurata , macula pur- 
purea. 

La chappe bronxée. 

Longueur 3 lignes. 

Elle eft toute de couleur brune & parfemée de petits 
poils jaunes qui la font paroïtre bronzée. Vers le bord inté- 
rieur des aïles de deflus , eft une large tache d’un brun 


pourpre , bordée en-haut & en- bas d’une raie dorée. Le 
deffous de l’infeéte eft aufi bronzé, 


123. PHALÆN A féticornis fpirilinguis » humeris 


latis , antennis flavefcentibus alis dilute virefcentibus. 
Rofel. inf, vol, 1, tab. 1, claff, 4. Papil, no@urn. 
La chappe verte. 


Longueur 4 lignes, 


Ses yeux font noirs , fes antennes & fes pattes font jau- 
nâtres & fes aîles font d’un beau vert clair. Sa chenille eft 
N'y 


172 HISTOIRE ABRÉGÉE 
verte & rafe , elle a feize pattes & elle roule les feuilles de 
chène. 


124 PHALÆNA /éncornis fpirilinguis ; humeris 
latis , alis viridibus ; linea duplici tranfverfa albida. 
Rofel. inf. tom. 4 , tab. 10. 


Reaum. inf. tom. 1 , planch. 39 , fig. 13< 
L'amir. inf. tab, 2. 


La chappe verte à bande. 
Longueur » lignes, 

Cette’ efpéce eft par tout d’un vert clair. Ses aïîles ont 
leurs bords blanchätres , & de plus deux lignes blanches 
tranfverfes qui vont un peu en defcendant du bord inté- 
rieur vers l'extérieur. Ses antennes & fes pattes font jaunä- 
tres, & le deffous de l’infecte eft d'un vert plus pâle que le 
deflus. Elle vient comme la précédente , d’une chenille 
qui roule le chêne & dont la coque a la forme d'un 
bateau. 


125. PHALÆN A /éricornis fpirilinouis , alis deflexis 
viridibus ; fafcia duplici tranfverfa faturatiore. 

La phaléne verte ondee. 

Longueur 7 lignes. 

Ses ailes fupérieures font vertes ; bordées d’un peu de 
rouge & nuancées de trois bandes prefque tranfverfes d’un 
vert plus foncé. Les aïîles inférieures font d’un vert pâle & 
jaunâtre. Ses antennes font rougeîtres ainfi que fes pattes. 
Toutes les quatre ailes font en-deflous d'un vert pale. Cet 
infecte a été pris à la Terre de Bandeville , à quelques 
lieues de Paris. 


126. PHALÆNA /éncornis planilinguis, corpore 


roféo , alis rotundatis planiu/fculis niveis , fingulis punéto 
ciriereo. 


Reaum. inf. 2,t,25 ,f. 1,9 == 15e 


La phaléne culiciforme de l’éclaire. 
Longueur + ligne, 


DES INSECTES. 173 
Cette efpéce eft la plus petite que nous connoiffions. 
Elle reffemble d’abord à une petite tipule culiciforme, ou 
encore mieux au mâle d'un Kermès ou-d’une cochenille. 
Son corps qui n’a qu'un quart de ligne de long , eft rou- 
geâtre , de couleur de chair & comme poudré d’une farine 
blanche. Sa langue ou trompe ne fe tourne point en fpi- 
rale , mais elle eft platte & droite. Ses antennes à peu près 
de la longueur de fon corps font blanches , ainfi que fes 
pattes. Ses aîles débordent fon corps de moitié , elles font 
arrondies & l'infeéte les porte prefque parallèlement au 
plan de pofition. J'ai fouvent trouvé cette petite phalène 
fur l’éclaire , ( chelidonium majus.) Ses ailes font peu 
écailleufes , enforte que J'ai d'abord douté que ce füt une 
véritable phalêne. Je n’ai jamais trouvé fa chenille qui 
fe trouve figurée dans l’Ouvrage de M. de Reaumur. Elle 
reflemble à une petite tortue, pour fa forme ovale & ap- 
platie , & elle eft fi petite qu’on ne peut diflinguer le 
nombre de fes pattes. On n'apperçoit guères que fes fix 
premieres pattes écailleufes. 


TINZÆ A. 
L A, TE GNE. 


Antennæ filiformes à bafi Antennes filiformes dé- 


ad apicem decrefcentes. croiffant de [a bafe à la 
pointe. 
Frons prominula. Toupet de la tête élevé & 
avancé. 
Larvya involucro teéta. Chenille cachée dans un four- 
reau. . 
Chryfalis in involucro larvæ. Chryfalide dans le fourreau de 


la chenille. 


Nous aurions pü Joindre les teignes aux phalènes ; aux- 
quelles elles refflemblent beaucoup : mais comme le genre 
des phalènes eft déja très-chargé , & que les teignes font 


174 HISTOIRE ABRÉGÉE 

auifi fort nombreufes , nous avons cru devoir profiter des 
différences qui fe rencontrent entre les unes & les au- 
tres , pour féparer ces deux genres. Ces différences font 
même fi marquées , que les perfonnes qui n’ont aucune 
teinture d’hiftoire naturelle , favent très-bien difinguer 
certaines efpéces de teignes , telles que celles qui vien- 
nent dans les maifons , d'avec les phalênes. 

Les antennes de ces infectes n'ont rien de particulier ; 
elles reffemblent à celles de plufieurs phalènes & autres 
infettes de cette fettion. Malgré cette reffemblance , on 
diftingue prefqu’au premier coup d'œil,une teigne par une 
efpéce de toupet de poils qui s’avance & s’éleve fur le de- 
vant de la tête , & par un port d'ailes particulier dont nous 
parlerons plus bas. Un autre caractere bien für , confifte 
dans l’examen de la larve ou chenille de la teigne. Ces 
chenilles qui ont tantôt feize , tantôt quatorze pattes , & 
plus fouvent huit feulement , ne font point découvertes & 
à nud comme celles des papillons & des phalènes : elles 
font toujours à couvert & cachées, foit dans un fourreau 
qu'elles fe compofent de différentes matieres & qu’elles 
tranfportent avec elles ; foit dans des feuilles qu’elles ont 
fü rouler pour fe former une habitation dans laquelle elles 
font à l’abri & peuvent manger à leur aife ; foit enfin dans 
l'intérieur d’une feuille dont elles rongent le parenchyme, 
Jaïffant la pellicule ou épiderme tant extérieure qu'inté- 
rieure,qui les met à l'abri. C’eft dans ces mêmes retraites 
que les teignes parviennent à l'état de chryfalides , fans 
avoir befoin de fe filer de coque. Le logement de la che- 
nille tient lieu de coque à la chryfalide ; tout au plus quel- 
ques-unes filent quelques brins de foie qui paroiflent defi- 
nés à foutenir la chryfalide & à fermer les ouvertures de 
fon habitation pendant qu’elle eft dans cet état. Cette 
propriété d'être toujours cachée dans un fourreau , ou une 
demeure qui lui en tienne lieu , & de fe métamorphofer 
dans ce même endroit , eft particuliere à la chenille de la 
teigne , & la fait diftinguer de celles des papillons & des 


DES INSECTES. 17 
phalènes. Examinons maintenant ces chenilles plus en 
détail. 

En général les chenilles des teignes font affez petites , 
ainfi que l’animal parfait qu'elles donnent. Leur corps 
femblable en petit à celui des grandes chenilles , eft ordi- 
nairement liffe ; des poils auroient été inutiles à des infec- 
tes qui fe font des vêtemens & n'auroient fervi qu’à les 
embarraffer. Quant aux pattes de ces chenilles,nous avons 
dit que leur nombre varioit. Beaucoup n’ont que huit 
pattes , favoir les fix écailleufes antérieures & les deux 
poftérieures qui font au dernier anneau. La plüpart de ces 
chenilles qui font renfermées dans des fourreaux , n'a- 
voient befoin que de ces huit pattes pour avancer & pour 
reculer ; les pattes intermédiaires ne leur auroient été 
d'aucun ufage dans leurs fourreaux , quelques-unes ce- 
pendant ont feize pattes , d’autres quatorze , mais ce n’eft 
pas le plus grand nombre. . 

Celles de ces chenilles qui fe font des fourreaux , em- 
ployent différentes matieres pour les compofer. Tout le 
monde connoit les teignes domeftiques qui rongent nos 
tapifleries , nos draps & nos étoffes de laine , dont elles fe 
nourriflent & s’habillent en même tems. Ces fourreaux 
artiflement tiflus , font compofés de brins de laine que l'in- 
fete coupe & hache avec fes dents , & qu'il attache & lie 
enfemble avec un peu de foie qu'il file. Cette foie fe voit 
particuliérement dans l'intérieur du fourreau qui ef liffe & 
poli, pour ne pas bleffer le corps délicat de l’infeéte, tandis 
que l'extérieur eft garni d’un fin duvet de laine. Mais la 
compofition de cet habit n’eft pas la feule chofe digne de 
remarque ; l'infeéte fait de plus Pallonger & l'aggrandir 
à mefure qu'il croît & qu’il groflit. C’eft ce qu'on peut ap- 
percevoir aifément , en tranfportant de petites teignes 
d’une étoffe fur une autre de différente couleur. Comme 
les fourreaux de ces infeétes font de la même couleur 
que la laine qu'ils employent , en changeant ainfi la cou- 
leur de l’étofe , on appercçoit plus aifément les rallonges 


176 HISTOIRE ABRÉGÉE 
& les piéces de fon habit. Je fuppofe donc qu’on prenne 
quelques petites teignes dont le fourreau eft encore pe- 
tit de deflus un drap bleu, & qu'on mette ces teignes avec 
leurs fourreaux bleus fur un drap rouge : au bout de quel- 
que tems , la teigne qui groflit a befoin d'allonger fon 
fourreau ; elle le fait en attachant aux deux extrémités, 
aux bords des ouvertures des deux bouts, des brins de laine 
rouge. Pour exécuter cette manœuvre , elle fe tire pref- 
qu'entiérement de fon fourreau & y rentre de tems en 
tems, L'ouvrage fait , on voit fon fourreau qui étoit tout 
bleu bordé maintenant de rouge aux extrémités , plus ou 
moins ; fuivant que les dernieres allonges faites par l'in- 
fete ont été plus ou moins confidérables. Cet allonge- 
ment du fourreau n’eft encore qu’une petite partie du tra- 
vail de l’infette , il lui refte à faire un ouvrage bien plus 
difficile ; il faut que non-feulement il allonge fon fourreau, 
mais qu'il l’élargiffe , fans quoi il feroit trop étroit. Pour cet 
effet , linfeéte fend avec fes dents fon fourreau dans fa 
longueur , d’abord à un bout & puis à l'autre, & entre les 
bords de cette fente , il ajufte une piéce neuve qu'il com- 
pofe de même. Ainfi,outre les allonges rouges , le fourreau 
a encore dans fa longueur des piéces pareillement rouges 
fur un fond bleu. Au bout de quelque tems, lorfque la 
chenille groffira encore , il lui faudra répéter la même ma- 
nœuvre , & fi on veut que fon fourreau foit encore plus. 
bigarré , on peut la mettre fur une étoffe verte : les nou- 
velles piéces feront vertes , & le fourreau participera 
des couleurs différentes de toutes les étoffes fur lefquelles 
la teigne aura été mife. Mais une autre chofe qui n'eft pas 
moins remarquable , c’eft que les excrémens de l’infeëte 
font aufli de la couleur de l’étoffe. Il femble que la partie 
colorante du drap ou de la laine paffe toute dans les excré- 
mens de l’infe&te , tandis que la fubftance de cette laine 
fert à fa nourriture. 
La teigne , après avoir rongé tous les brins de laine les 
moins ferrés & les plus aifés à dévorer qui fe trouvent 
autour 


DES: INSECTES. 177 
autout d’elle, fe tranfporte enfuite plus loin avec fon four- 
reau , & elle porte toujours fon habitation de place en 
place jufqu’à ce qu’elle fe métamorphofe : pour lors elle 
fixe fon fourreau contre l'étoffe , à l’aide de quelques fils 
qu’elle attache. Elle bouche aufli avec de pareils fils les 
deux ouvertures de ce même fourreau qui lui forme une 
efpéce de coque. Elle n’a pas befoin de s’en filer d’autre, 
Dans cet abri elle fe transforme en chryfalide , & lorf- 
qu’elle eft parvenue à l'état d'infeéte parfait , elle en fort 
en perçant le tiflu dont elle avoit fermé une des deux ou- 
vertures. 

D'aurres teignes domeftiques rongent les pelleteries , les 
peaux d’oifeaux, & avec les poils ou plumes qu’elles en 
enlevent , elles fe forment des fourreaux femblables à 
ceux que nous venons de décrire. Les manœuvres de tou- 
tes ces teignes font les mêmes , il n’y a que leur nourriture 
qui foit différente. 

Parmi les teignes qui fe trouvent dans la campagne, 
quelques-unes fe forment aufli des fourreaux femblables à 
ceux des teignes domeftiques ; & qui n'en différent que 
par les matieres qui les compofent. Le chiendent ou gra- 
men nous em fournit une efpéce , dont le fourreau eft pref- 

ue tout compofé des petits poils qui fe trouvent fur les 
jeunes feuilles de cette plante. La teigne fe nourrit des 
feuilles &t fe fert de leur duvet pour compofer fon four- 
reau qui femble couvert de moififlure , ce qui nous a por- 
té à diftinguer cette teigne par le nom de mo1fte. D'autres 
teignes qui fe trouvent fur le chêne & fur quelques-autres 
arbres , favent couper adroïitement des morceaux de feuil- 
les , qui Joints enfemble par des fils ; leur forment des 
fourreaux durs & confiftans. Quelques-unes même font 
encore mieux : elles favent mettre à protit les découpures 
& les dents qui fe trouvent au bord de ces feuilles , & 
les placer de façon qu'elles forment une efpéce d’orne- 
ment fur leurs fourreaux ; tantot c'eft une efpéce de 
crête de coq qui les garnit tout du long , d’autres fois 

Tome TI. 


178 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ce font des efpéces de coquilles qui en ornent lPextré- 
mité. 

Les brins de paille & de tiges de plantes féchées font 
employés par d’autres teignes pour compofer leurs vête- 
mens. Les unes plus petites fe contentent de couper ces 
petits brins de paille de la longueur de leur fourreau , & 
de l'en revêtir en dehors tout du long ; enforte qu'il 
reflemble à une efpéce de fagot., dont un morceau n'ex- 
cede guères l’autre : d’autres plus grandes placent de même 
plufieurs petits brins d’herbe feche longitudinalement fur 
leur fourreau , mais elles en mettent plufieurs rangs en re- 
couvrement les uns fur les autres , ce qui doit les mettre à 
l'abri de la pluie & de l'humidité. Enfin quelques-unes 
placent au contraire ces brins d’herbe en travers fur leur 
fourreau , ce qui le rend tout hériflé. 

Il y a d’autres teignes à fourreaux qui employent dans [a 
conftruétion de leur demeure des matieres beaucoup plus 
folides que celles que nous venons de voir. Elles fe 
fervent de la pierre même dont elles recouvrent leur ha- 
billement. On voit fouvent de ces petites teignes le long 
des murs de pierre des vieux bâtimens. Leurs fourreaux 
bruns font coniques , terminés en pointe par le bout , 
ronds dans les unes, triangulaires & à pans dans les autres. 
Les petites chenilles qui les habitent font brunes , elles 
ont feize pattes : leur tête fort par l'ouverture large de leur 
fourreau , & l’autre extrémité pointue n’a qu’une petite 
ouverture par laquelle l'animal rend fes excrémens. Ces 
fourreaux font tous couverts de petits grains de pierre liés 
& affemblés enfemble par la foie dont l'intérieur du four- 
reau eft compofé. Quelques auteurs ont nommé ces tei- 
gnes , seignes à capuchon ; à caufe de la forme de leurs 
fourreaux. Elles fe nourriffent d’un petit Zcher verdâtre 
qui couvre fouvent en grande quantité les pierres expofées 
à l'air depuis long-tems. Les arbres font aufli fouvent cou- 
verts d’un petit Zchez femblable ; qui fert pareillement de 
nourriture à une petite teigne à capuchon , mais dont le 


DES INSECTES. 179 
fourreau eft jaune ou vert , à caufe des brins de lichen 
dont elle fe fert pour le former. 

Toutes ces teignes à fourreaux fe métamorphofent 
comme les teignes domeftiques. Lorfqu’elles veulent fe 
transformer , elles fixent leurs fourreaux contre les feuil- 
les , contre les écorces , ou contre les murs en filant au 
bord. Elles deviennent chryfalides dans cette efpéce de 
coque , & lorfqu’elles font changées en infeêtes parfaits , 
elles fortent en fe faifant jour par la petite ouverture de 
l'extrémité du fourreau qui fervoit à donner iflue aux ex- 
crémens de la chenille. 

Les teignes que nous venons de décrire ont des four- 
reaux portatifs ; des efpéces d'habitations mobiles & ifo- 
lées qu’elles portent avec elles de côté & d’autre. Il y a 
d'autres efpéces de teignes qui fe pratiquent des demeures 
où elles font à l'abri & à couvert comme les précédentes , 
mais qu'elles ne peuvent mouvoir. L'induftrie de ces in- 
feêtes n’en eft pas moins grande , & on ne fauroit aflez re- 
marquer l'art qu'ils employent pour fe former les loge- 
mens différens dans lefquels ils paffent leur vie. Parmi ces 
différentes teignes , il y en a qui replient feulement une 
feuille , en attachant fortement les deux côtés avec des fils 
de foie , & fe tiennent renfermées dans ce pli qui fe trouve 
entre les deux côtés de la feuille. D’autres ne fe conten- 
tent pas de plier ainfi les feuilles , elles en roulent le bord 
ou l'extrémité , & fe logent dans le centre de cette efpéce 
de rouleau qu’elles ont ainfi formé. Là elles font à l'abri 
des injures de l’air & des infultes de différens infettes vo- 
races. Le rouleau où elles font renfermées , eft affujetti par 
plufeurs liens de foie pofés de diftance en diflance , com- 
me par paquets , & les extrémités de ce même rouleau 
font fermées par les bords que l'infeéte rapproche & atta- 
che enfemble par le moyen d’autres fils de foie. La teigne 
ainfi renfermée , ronge la partie de la feuille roulée dans 
l'intérieur de fon habitation , laiffant cependant les pel- 


licules extérieure & intérieure de cette feuille dont elle ne 
Zi 


180 HISTOIRE ABRÉGÉE 

mañge que le parenchyme. C’eft aufli dans ce même rou- 
leau quelle devient chryfaiide & qu’elle fe change en 
infeéte parfait. On trouve de ces rouleaux aux feuilles 
de chêne & de plufieurs autres arbres , mais il y a peu d’ar- 
bres qui en foient autant infectés que le lilac. Souvent tou- 
tes fes feuilles font ainfi roulées. Si on les déroule , on 
trouve la partie de la feuille repliée dans l'intérieur ; com- 
me morte , blanche & tranfparente , il ne refle que le 
fquelette de cette feuille dans lequel on trouve plufieurs 
petites chenilles liffes , rougetres , toujours en compagnie 
plus ou moins nombreufe de quatre , dix, douze ; ou 
même quinze & feize. Ces efpéces de chenilles donnent 
des petites teignes qui font ordinairement reconnoiflables , 
en ce que leurs épaules ou la bafe de leurs aïles font affez 
larges. 

” Ces efpéces de teignes font obligées ; ainfi que les pré- 
cédentes ; de fe former une habitation conftruite avec 
les mêmes feuilles qu’elles doivent ronger enfuite, D'au- 
tres ne fe donnent pas la même peine : à mefure qu'elles 
mangent, elles fe logent à la place de la nourriture qu’elles 
ont prife. Ces teignes encore très-petites , percent la pelli- 
cule extérieure de la feuille , infinuent leur tête dans cette 
petite ouverture & mangent le parenchyme intérieur. À 
mefure qu’elles ont ainfi cavé & creufé la feuille , elles 
s’enfoncent & forment des chemins couverts , des galleries 
entre les deux pellicules des feuilles , avançant toujours 
à proportion de la nourriture qu'elles prennent. On voit 
fouvent ces chemins des teignes tracés fur les feuilles. 
Ils font très - reconnoiffables , en ce que la feuille eft tranf. 
parente & a perdu fa couleur verte en ces endroits. Ces 
chemins font fouvent fort irréguliers , pleins de contours 
& de détours fuivant les différens côtés vers lefquels la 
chenille.s’eft portée. Si on leve une des deux pellicules de 
la feuille qui couvrent ces chemins, on trouve ordinai- 
rement vers l'extrémité une petite chenille toute feule, 
life , un peu Jaunûtre , qui a quatorze pattes. Ces petites 


DES INSECTES. 18: 
teignes reftent dans ces mêmes galleries pout fe transfor- 
mer en chryfalides , & elles n'en fortent que fous leur 
derniere forme d'infeétes parfaits. M. de Reaumur a don- 
né à ces chenilles le nom de ver mineur ; parce qu'ils mi- 
nent l'intérieur des feuilles. On pourroit les appeller plu- 
tôt, chenclles mineufes. Au refte, les teignes ne font pas les: 
feuls infeétes dont les larves minent ainfi les feuilles ; 
celles de quelques - autres infeétes ont la même induitrie. 
Nous avons déja vû que les larves de quelques charanfons 
font pareillement mineufes ; celles de quelques mouches 
en font autant. Mais un moyen fur de diftinguer toutes ces 
larves mineufes les unes des autres lorfqu’on les rencon- 
tre dans une feuille , c’eft d'examiner leurs pattes. Les 
larves des teignes en ont quatorze , comme nous l'avons 
déja dit. Celles des charanfons n'ont que fix pattes écail- 
leufes , comme celles de tous les infeétes à étuis , & celles 
des mouches n'ont point du tout de pattes. Ainfi on peut 
favoir ce que donnera par la fuite chacune de ces diffé- 
rentes larves. . 

Les teignes ne minent pas feulement Les feuilles, quel- 
ques efpéces cherchent une nourriture plus fucculente , 
elles minent les fruits. IL eft très - commun de trouver des 
fruits verreux. Qu'on examine les prétendus vers qu'ils 
renferment , s'ils ont plus de fix pattes on peut être für 
qu'ils donneront des teignes, fi au contraire ils n’ont point 
de pattes , ce font des larves de mouches. 

Nous ne finirions pas , fi nous voulions examiner en dé- 
tail tous les différens manéges qu’employent un grand 
nombre de teignes pour fe loger. En général , la plupart 
des produétions animales & végétales font expofées à être 
attaquées par ces petits animaux. Leurs chenilles les 
dévorent , & font d'autant plus difficiles à trouver qu'elles 
fe tiennent ordinairement cachées. Mais fi les chenilles de 
ces teignes font aufli nuïfibles ;, les infeétes parfaits qui en 
proviennent n'en font pas moins dignes d’attention pour 
leur beauté, Il y a peu de genre qui renferme des infeétes 


182 HISTOIRE ABRÉGÉE 
auffi brillans & aufli magnifiques , & fi les teignes étoient 
plus grandes , on feroit furpris de la richefle de leurs cou- 
leurs. Les aîles d’un grand nombre font parfemées d’or & 
d'argent diftribué par bandes & par compartimens. Sur 
d’autres on voit briller les couleurs les plus vives, fouvent 
rehauffées d’un peu d’or , & l’on ne peut fe laffer d’admi- 
rer la magnificence & les beautés que le microfcope nous 
fait découvrir dans les aïîles de ces infe&tes , tandis qu'ils 
aroiflent aux yeux fi vils & fi méprifables. Enfin les ai- 
grettes & les franges dont quelques-unes de ces teignes 
font parées , augmentent encore leur beauté. On verra 
toutes ces différences dans le détail que nous allons don- 
ner des efpéces de ce genre. 


1. TIN Æ A corniculis duobus fubulatis recurvis ,cinerea, 
alis macula fufca. | 

La teigne à queue d'hirondélle. 

Longueur 33 lignes. Largeur 2 lignes. 

Ses yeux font noirs & tout le refte de fon corps ef gris, 
au-devant de fa tête font deux petits crochets recourbés 
en-deflus , compofés de plufieurs articulations , plus longs 

ue la tête & qui accompagnent la trompe de chaque 
côté. Ses ailes font larges & forment vers le bout la queue 
d’oifeau. Au milieu de chacune eft une tache brune , ou- 
tre deux petits points noirs prefqu'imperceptibles , lun 
vers le milieu de l’aile plus haut que la tache, l’autre 
près de la bafe proche le bord extérieur. 


2. TIN Æ A corniculis duobus fubulatis recurvis, als 
flavefcentibus nitidis , ftriarum albidarum ordine duplici 
tranfver/o. 

La teigne à bandes rayonnees. 

Longueur $ lignes. 

Sa tête & fon corps font bruns. Ses aîles font jaunâtres , 
luifantes , un peu bronzées , avec deux bandes tranfverfes 
de petites rayes blanchâtres longitudinales , l'une vers le 

4 


DES INSECTES. 183 
milieu de laîle , l’autre versle bas. Au-devant de fa tête, 
fous les antennes , font deux crochets recourbés en-deflus 
& compofés de plufieurs articulations , qui ont le double 
de la longueur de la tête. 


3. TIN Æ A cinerea, corniculis duobus criflatis ; fafcia 


alarum longitudinale argentea. 


La teigne à rayure d'argent. 
Longueur 4 lignes. 

Au-devant de la tête de cette teigne font deux longs 
barbillons velus des deux côtés & terminés au bout par 
une petite pointe relevée & fans poils. Ses yeux font noirs 
& fa tête eft blanchâtre. Ses aïîles font d’un gris cendré 
avec une longue bande blanche argentée fur chacune 
des ailes fupérieures. Le deffous de cet infeéte eft tout 
gris. 


4. TIN Æ A aës fuperioribus albis punilis nigris ; 
inferioribus fufcis. 

Linn faun. fuec. n. 891. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta, alis fuperiori- 
bus albis, pun@tis nigris : inferioribus fufcis. 

Linn. [yff. nat. edit. 10 , p.534 , n. 238. Phalæna tinæa eyonymella, 

Albin, inf. t.70,f. À. B. C. 

Merian. europ. 2 , p. 2 ;t. 2. in medio ; p. 43 ; t. 44e 

Reaum. inf. 1,t.12,f.1—9,@13t. 17,fs 103110 

Frifch. germ. s ,t. 16. 

Ra. inf. 196. Phalæna parva alis longis lividis feu plumbeis ; exterioribus 
punétis nigris crebris fti@tois. 

AG. Upf. 1736 ; p. 26, n. 81. Papilio alis depreffis argenteis nigro pun@atis, 

Rofel. inf. vol, 1 , tab. 7 & 8 Aclaff. 4. Papil. no&urn, 

La teigne blanche à points noirs. 

Longueur 4 + lignes, 


Tout le deffus de cette teigne eft d’un blanc argenté. 
Ses ailes fupérieures ont en-deflus trois ou quatre rangées 
longitudinales de petits points noirs. On apperçoit aufli de 
pareils points fur la tête & fur le corcelet. Le deffous des 
ailes fupérieures ; & les deux faces des inférieures font de 
couleur plombée. Le ventre eft noir en-deflus & d’un blanc 
un peu brillant en-deffous, 


184 HISTOIRE ABRÉGÉE 

La chenille de cette teigne efl d’un blanc jaunâtre , & 
chargée de quelques poils. Sa tête & le premier anneau de 
fon corps font noirs , & on voit une rangée de dix points 
noirs de chaque côté de fon corps. Ses pattes font au nom- 
bre de feize. Ces chenilles mont point, comme la plüpart 
des autres teignes , de fourreau particulier, mais elles 
vivent en fociété & par troupes fur les arbres fruitiers, 
enveloppées toutes dans des toiles grandes & fortes qu’el- 
les filent. 


- GS TINÆA abs flavis, fafciis maculifque nigris. 


L'arlequinette jaune. 
Longueur 4 3 lignes. 

Sa tête eft noire avec une tache jaune entre les yeux : 
fon corcelet pareillement noir à un peu de jaune en de- 
vant, & trois bandes longitudinales aufli jaunes. Ses aîles 
fupérieures font jaunes avec une bande longitudinale noire 
proche la future ou la Jonétion des aîles, & une autre 

arallèle à cette premiere , pofée plus fur le milièéu de 
l'aile , qui part de fa bafe, & fe trouve réunie en bas avec 
la premiere , par le moyen d’une bande tranfverfale à 
laquelle toutes deux aboutiffent. Après cette bande tranf- 
verfe , il s'en trouve une autre proche le bord inférieur, 
qui paroit compofée de plufieurs points qui fe touchent. 
Du côté du bord extérieur de l’aile font cinq taches diftinc- 
tes , les unes rondes les autres longues. Toutes ces taches 
& ces lignes noires font moins marquées en-deflous. Les 
aîles inférieures font brunes en-deflus , jaunes en-deffous 
avec une bande tranfverfe noirâtre. Le deflous du Corps 
de l’infeête eft jaune. 


6 TIN Æ À plumbea nitida , punélo nigro in medio 
alarum. 
Linn. faun. fuec. n. 894. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta cana,capite fubs 


grifeo , pun&to nigro in medio alarum. 
Linn, fyft. nat. edit, 10, p. 536, n. 254, Phalæna tinea pelljonella, 


Reaum. 


DES INSECTES. 185 


Reaum. inf. 3,1. 6,f.12,16. 
Rofel, inf, vol, 1 ; tab. 19, claf]. 4. Papil. no@urn. 


La teigne commune. 
Longueur 2 lignes. 


Tout le monde connoît affez cette petite teigne qui 
vole fouvent dans les appartemens. Sa couleur eft srife , 
plombée & brillante , & chacune de fes ailes eft chargée 
dans fon milieu d’un point noir. La chenille de cet in'eëte 
ronge les meubles de laine dont elle fe nourrit & fe fait 
un fourreau qui a la couleur de la laine que l'infeéte dévo- 
re: quelquefois ce fourreau eft de plufieurs couleurs , fui- 
vant que la teigne a pañlé d’un meuble à un autre de cou- 
leur différente. 


NB. J'en ai trouvé une variété qui ne differe que parce 
qu’elle eft plus petite de moitié. 


7. TIN ÆA atro-plumbea, alis fuperiortbus fufco- 
nebulofes. 


ohne pl e neébuleufe. 
HS 10 SSL 
Elle eft toute de couleur plombée comme la teigne com: 
mune. Ses aîles de deflus ont fur leur moitié fupérieure 
une bande tranfverfe brune , & toute leur moitié inférieu- 
re eft nébuleufe & tachée du même brun. Ses pattes pof- 
térieures font très-longues. 


8. TINÆ A z01a alba oculis nigris. 
La teigne blanche. 


I 


Longueur 2 3 lignes. 


Elle approche beaucoup de la teigne commune, mais 
elle eft toute blanche tant en-deflus qu'en- deffous : fes 
yeux feuls font noirs. 


9. TINÆA cinerea , alarum margine inferiore pundkis 
RLDTIS. 


Tome II. Aa 


136 Hi1STOIRE ABRÉGÉE 


La teigne à bordure de points. 
Longueur 3 + lignes. 

Ses yeux font noirs, & tout le refte de fon corps ef 
de couleur cendrée un peu plombée. Le bord inférieur 
des aîles de deflus eft orné de petits points noirs au nom- 
bre de tix ou fept fur chaque aïle. Ses antennes font à 
peu près de la longueur de fon corps. 


10. TIN Æ À aurata, alis fuperioribus cruce decuffata 
fufco rubra. 


La teigne à croix de faint andré. « 
Longueur 2 + lignes. 

Elle eft allongée & étroite , & fes ailes font pofées l’une 
contre l’autre vers le bout. La couleur de tout l'infeéte eft 
d'un jaune doré. Sur fes aïles fupérieures eft une croix de 
faint andré de couleur rougeître , formée par deux rayes 
obliques fur chaque aïîle , qui vont fe joindre au bord in- 
térieur , & forment le refte de la croix avec celles de l’au- 
tre aîle. Au-deflous de cette croix on voit fur chaque aile 
une raie oblique de même couleur, qui va en montant 
du bord extérieur vers l’intérieur. Les antennes font de 
la longueur du corps de l'infeëte, & font compofées de 

etits anneaux de couleurs variées. Les pattes font longues 
& le bas des cuiffes eft gros, ce qui a fait appeller cet in- 
feëte par M. de Reaumur , seigne à pattes en raquette. Ses 
yeux font noirs. 


11. TIN Æ A tota fafco-nebulofa , capite albido. 
Linn. [yff. nat. edit. 10,p.$37; mn 259. Phalæna tinea granella. 

La teigne brune à tête blanchätre. 

Longueur 3 ? lignes. 

Sa couleur eft brune partout. Ses ailes fupérieures ont 
beaucoup de taches noirâtres plus foncées que le refle, & 
deux petites taches jaunes , l’une vers le milieu, l’autre 
vers le bord intérieur, ce qui rend ces ailes nébuleufes, 


DES INSECTES. 187 
La tête eft d'un blanc jaunâtre en-deffus avec les yeux 
noirs. Certe efpéce reflemble beaucoup à la fuivante , 
mais elle en differe en ce qu'elle eft toute de la même 
couleur. On là trouve fouvent dans les maifons , où fa 
chenille ronge les étoffes dont elle fe forme un fourreau. 


12. TIN Æ A füufca, cruce dorfi decuffata alba. 


La teigne à croix de che dlier. 
Longueur 2 3 lignes, 


Elle eft longue & étroite, & fa couleur eft brune un 
peu bronzée. Sur chacune des ailes fupérieures , vers le 
milieu , eft une tache triangulaire blanche, argentée, un 
peu oblongue , dont le long côté touche le bord extérieur , 
& l’angle oppofé aboutit au bord intérieur , à Pendroit où 
répond la tache femblable de l’autre aile , ce qui forme 
par la réunion des deux aïles , une éfpéce de croix de che- 
valier, dont deux pointes font blanches, & les deux au- 
tres, la fupérieure & l’inférieure , brunes. 


13. TIN Æ A rigra , capite niveo , alis pone albidis. 

Linn. faun. fuec. n. 892. Phalæna fecicornis fpirilinguis nafuta nigra, capite 
niveo , alis pone albidis. 

Linn, fyff. nat. edit. 10, p. 536 , n. 253. Phalæna tinea raperzella. 

Raj. inf. 204, n. 98. Tenia veflivora major, alis oblongis acutis ; exterioribus 
ad fcapulas nigricantibus , inferiès albentibus ; interioribus fufcis five 
cinereis. 


Reaur. inf.3:t. 20, fer, 3e 


La téigne bedeaude à tête blanche. 
Longueur 4 + lignes. 

Sa tête eft blanche en-deffus. Ses aîles longues enve- 
loppent fon corps , mais leur extrémité poftérieure s'éleve 
en toit & forme la crête. Les fupérieures font noires dans 
leur moitié de devant, & blanchâtres dans leur partie pof- 
térieure avec quelques taches un peu btunes , peu appa- 
rentes. Les aîles inférieures font céndrées. Le corps de 
Tinfeëte eft noir , feulement le bouc de fes pattes eft un 
peu jaunûtre. 


Aa il 


188 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Sa chenille fait, comme celle de la teigne commune, 
un fourreau de la laine des meubles qu’élle ronge, & des 
plumes d’oifeaux qu’elle détruit dans les cabinets où on 
les conferve. Scn fourreau eft de la couleur de la matiere 
qu’elle ronge. Lorfqu'elle croît & groilit, elle fend fon 
fourreau fur les côtés, & l’augmente de largeur , en y 
mettant une piéce : & comme fouvent elle change de 
place & fe nourrit de laines de, différentes couleurs, ces 
diverfes piéces font différemment colorées & forment uns 
bigarrure aflez finguliere. 


14 TIN Æ A fufca, capite fufco, als pone albidis. 
Ra. inf. p. 204, n. 99. 


La tergne bedeaude à tête brune. 
Longueur 4 lignes. 

Celle-ci approche beaucoup de lefpéce précédente , 
elle en differe cependant par plufieurs endroits. D'abord 
fa tête n’a poiînt de blanc, mais elle eft toute brune, ainf 

. PJ 
A \ 
que fon corcelet. Ses aîles font femblables à celles de 
l’efpéce ci-deflus, mais au lieu que dans la précédente 

P je P 
plus de la moitié poftérieure des aïles eft blanche , dans 
celles-ci il n’y a au plus qu’un tiers qui foit blanchâtre fans 
taches noires bien marquées. A cela près ces deux teignes 
different fort peu l’une de l’autre. 


15. TIN ÆA nigra, als pone albidis , macula triplier 
triangulari nigra. 

Reaum. inf. 2, 1.40, f. 9. 

La teigne bedeaude aux trois triangles. 


Elle eft noire & fes pattes font jaunes. Le tiers anté- 
rieur de fes ailes de deflus eft pareillement noir, & les deux 
tiers poftérieurs font blancs, mais chargés de trois taches 
noires triangulaires : la premiere au bord extérieur, la fe- 
conde au bord inférieur de l’aile & la troifiéme au bordin- 
térieur de Paile, Lorfque les ailes font fermées & fe tou- 


DES INSECTES. 189 
chent , cette derniere fe réunitavec celle de l'autre côté, & 
toutes deux paroiflent former enfémble une tache quarrée. 

La chenille de cette teigne habite dans l'intérieur des 


glands de chêne. 


16. TINÆ A ais nigris, fuperioribus macula quadrara 
alba ex quatuor lineolts albis tranfver/es compo/ita. 


La teigne à quarrure. 
Longueur 2 £ lignes. 

Cette petite teigne eft toute noire , à exception d’une 
tache blanche de forme quarrée fur chacune de fes ailes 
fupérieures. Cette tache eft compofée de quatre petites 
raies blanches tranfverfes : celles des deux aïles fe tou- 
chent lorfque l'infeéte eft en repos &paroiflent n’en faire 
qu’une feule. Vers le bas du bord extérieur des aîles font 
des petites taches blanches , qui rendent ce bord varié, 
On trouve cette teigne dans les bois : elle eft rare. | 


17. TIN Æ À nigra, alis antice albidis , maculs quas 


tuor nigris ; pone nigris, maculis duabus albes. 


La teigne à quadrille. 
Longueur 2 ? lignes. 

Cette efpéce eft noire en-deflus , un peu grifâtre en- 
deffous. Plus de la moitié antérieure des aîles de deflus 
eft blanchâtre , & le refte eft noir. Sur la partie qui eft 
blanche fort quatre taches, deux fur chaque aile , une 
plus haut, l’autre plus bas, toutes deux oblongues & telle- 
ment placées, qu'avec celles de l’autre aîle , elles fem- 
blent toutes les quatre former un quarré. Sur la partie 

oftérieure de l’aîle qui eft noire , font deux taches bian- 
ches, une fur chaque aile, placées vis-à-vis Pune de 
l’autre. 


18. TIN ÆA as atris., punéorum alborum Linea du- 
plici tranfverfa. 


190 HISTOIRE ABRÉGÉE 
La teigne noire à deux rangs de points blancs. 
Longueur 1 3 ligne. 

Elle eft par-tout d’un noir matte & nullement brillant, 
elle a feulement deux bandes tranfverfes blanches, for- 
mées. par. des petits points de cette couleur, lune à la 


moitié. de l'aile fupérieure ; l’autre aux trois quarts de la 
‘même aile en defcendant. 


19. TIN ÆA cinerea, alarum maculis nigro- nebulofis. 


Linn  faun. fuec. n. 855. Phaiæna feticornis fpirilinguis naluta grifea , nigro- 
nebulofa. À 


La teigne marbrée à plaques brunes. 
Longueur + lignes. 

Ses yeux font noirs ainfique fes antennes qui font en filets 
coniques , & de moitié plus courtes que le corps. Tout le 
refte du corps de l'infeëte eft de couleur grife. Ses ailes 
fupérieures ont une longue frange vers le bas & font ta- 
chées irréguliérement de taches brunes plus ou moins 
foncées. On trouve fouvent cette efpéce dans les maifons. 


20. TIN Æ A aës dilute cinereis ; fafctis tribus fufcis 
tranfverfis undulatrs. 

La teigne à quatre. bandes brunes ondulees. 

Longueur ; + lignes. 
Il y a beaucoup de reffemblance entre cette efpéce & 


la précédente. Celle-ci ef cendrée avec trois bandes bru- 
nes ondulées & tranfverfes fur les ailes fupérieures. 


21. TINÆ A als argenteis , corport circumyolutis, faf- 
cià duplici tranfver/a punélorum nigrorum. 

Reaum. inf 1,1. 38,f7,8 9 

Le manteau à points. 

Longueur 8 lignes. 

“Cette efpéce eft une des plus‘grandes teéignes que nous 

ayons. Elle eft allongée & elle porte fes aîles tellement 


DES. INSECTES. 191 
tournées autour de fon corps , qu’elle eft prefque de forme 
cylindrique. Sa tête & fon corcelet font un peu ternes ; 
fes yeux font noirs & fes ailes fupérieures d’un blanc ar- 
genté avec deux bandes de points noirs, l’une furle mi- 
leu de l’aile & tout-à-fait tranfverfe , l’autre plus bas & 
un peu en arc. Our la partie fupérieure'de l'aile 11 y a quel- 
ques autres points irréguliérement placés , & fon bord in- 
férieur eft aufli ponétué. 


22. TIN ÆA als albis , corpori circumvolutis , capite 
collarique flavis, | 

Reaum. inf. 1,t.17,f. 13, 14. 

Le manteau à tête jaune. 

Longueur 7 lignes. Largeur 1 = ligne. 

La forme de cette teigne eft allongée & cylindrique , 
comme celle de la précédente. Sa couleur eft en-deflus 
& en-deflous d'un blanc gris , feulement fes yeux font 
noirs. Sa tête & le bord fupérieur de fon corcelet fone 
d'un beau jaune, & fes pattes font un peu Jaunâtres. Les 
ailes débordent le corps de près de moitié. Les œufs que 
dépofe cette teigne font bruns & petits. 


23 TIN Æ A as corpori circumyolutis albido-rofeis 
LE re SCORE É ? 
fafciis tribus obféure virefcentibus. 


Le manteau à bandes verdätres. 
Longueur 6 + lignes. - 

Son port d’aîle eft le même que celui des deux efpéces 
précédentes ; celle-ci eft cependant un peu moins cylin- 
drique. La, couleur de fes aïles eft d’un blanc un peu 

‘teint en couleur de rofe ; avec trois bandes tranfverfes 
larges d’un vert obfcur. La premiere de ces bandes vient 
en defcendarnt du bord extérieur vers: intérieur ; la fe- 
conde monte du bord extérieur à l’intérieur , elle eft vers 
le milieu de l'aile ; & la troifféme placée vers le bas eft 
large & forme une tache verte, Les yeux font noirs. 


Ho2 HISTOIRE ABRÉGÉE 


24 TINÆA ais corport cércumyodutis croceis , oculis 
pedibufque nigris. 


Le manteau jaune. 
Longueur 7 lignes. 


Cette efpéce reffemble aux précédentes pour la forme 
& la grandeur. Mais le deflus de fon corps & fes ailes 
font d’un jaune un peu fafrané, & fes yeux ainfi que fes 
pattes font noirs. 


25. TINÆA a%s corpori circumy dass NT 


margine rofeo. 


Le manteau couleur de rofe. 
Longueur 7 lignes. 

Le deffus de fon corps & fes ailes font d’un blanc gris 
un peu verdäire. Les bords de ces mêmes ailes font de 
couleur de rofe. Au-devant de la tête de l’infeûte font 
deux barbillons relevés en-deffus. Sa forme eft femblable 
à celle des efpéces précédentes. 


26. TIN Æ A füufco-cinerea , alarum macula rhomboi- 
dæa alBida oblonva. 


Le lozange cendre. 
Longueur 3 lignes. 

Cette teigne eft d’un gris foncé , fes yeux feuls font 
noirs. Sur le milieu de fes ailes fupérieures attenant le 
bord inférieur eft un triangle blanchâtre , qui avec celui 
de l’autre côté forme un lozange., lorfque les ailes font 
jointes & fermées. Outre cela il y a encore une tache 
triangulaire oblongue de même Eufque vers le bas de l’aile . 
proche le bord intérieur. 


27. TINÆ À as cinereës , fuperioribus nitentibns , ner- 
vis multifidis fufcis. 


La teione à nervures. 
Longueur $ lignes, 
Son 


DES INSECTES. 193 

Son corps eftun peu brun & fes ailes font de couleur 

cendrée. Les fupérieures font brillantes un peu dorées , 

avec des nervures longitudinales brunes , qui en defcens 
dant vers le bas de l'aile fe divifent & fe fubdivifent. 


o 


28. TIN ÆA zigra, als exterioribus deauratis , anter- 
nis corpore duplo longioribus. 


Linn. faun. fuec. n. 502. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra , alis exte- 
rioribus deauratis , antennis corpore longioribus. 


Linn. fyft. nat. edit. 10 ,p. $40 , n. 285, Phalæna tinea reaumurelle, 


La teigne noire bronxee. 
Longueur 3 + lignes. 


Cette teigne eft toute noire : fes aîles fupérieures font 
bronzées & dorées avec un repli enfoncé en cercle vers le 
bas de l’aîle. Ce qu’elle a de plus remarquable, ce font 
des antennes en filets très-minces & fort longues , qui éga- 
lent le double de la longueur du corps dans les mâles , & 
qui font encore plus longues dans les femelles. J’ai trouvé 


cette efpéce en troupe voltigeant autour des arbres dès 
la ml-mai. 


29. TINÆA riora, als fuperioribus lineis longitudt- 
zalibus, fafcia lata tranfverfa , inferneque radiis plu- 
rimès aureës , antennes corpore triplo longiortbus. Planch. 
12 118. Se 


Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $40 , n# 286. Phalæna tinxa de gesrella, 

Leche, nov. inf. fpec, p. 38, n. 78. Phalæna nafuta feticornis fpirilinguis 
aurea , antennis corpore quadruplo longioribus. 

De Geer, inf. 1 ,p. $41» t. 32, f. 13. Petit papillon à añtennes extrémement 
longues & à trompe , dont les ailes font noirâtres, variées d’un jaune doré, 
& garnies d’une bande tranfverfale du même jaune. 

De Geer. inf. pag. 701, tab. 32, fig. 13. Petite phalène à antennes en filets 
extrêmement longues , à ailes dorées & traverfées d’une large bande d’un 
jaune luifant. 


La coquille d’or. 


Longueur 4 + lignes. 


Cette teigne eft noire un peu bronaée, avec une large 


bande tranfverfe dorée fur le miieu des ailes fupérieures, 
Tome TI. 


194 H1STONREABRÉGÉE 

Au-deffus de cette bande font des lignes longitudinales 
dorées, & au-deffous d’autres lignes, qui allant en s’é- 
cartant les unes des autres , forment une efpéce de figure 
de coquille. Les antennes en filets très - fins font quatre 
fois de 14 longueur du corps dans plufieurs individus, & 
trois fois feulement dans d’autres. M. Leche dans la differ- 
tation citée ci-deflus, dit que cette teigne fe trouve fur 1 
faule. 


30. TIN ÆAÀ als flavefcentibus , lineis duabus & ma- 


cula intermedia fufcis in extremo fuperiorum. 


L'entre-lione. 
Longueur 5 lignes. 

Son corpsseft un peu brun & fes yeux font noirs ; fes 
aîles font jaunâtres. Au bas des ailes fupérieures font deux 
lignes tranfverfes d’un brun fauve , & entre ces deux lignes 
une tache de même couleur qui tient à chacune. 


31. TIN Æ A füfco-rubra  alarum fuperiorum margine 


exteriore maculis duabus flavis. 


La teigne à deux taches jaunes en bordure. 
Longueur 3 à lignes. 

Elle eft toute d’un brun un peu rougeñtre , avec deux ta- 
ches jaunes Re triangulaires pofées le long du bord 
extérieur de l'aile, Pune plus haut, l’autre plus bas. Les 
aîles inférieures font de la même couleur que celles de 
deflus , & ont une bande tranfverfe blanchatre. 


32. TIN Æ À nigra, fafcia tranfver/a alba. 


La teigne cordeliere. 
Longueur 1 + lignes. 


La couleur de cette teigne eft noire, à lexception 
d'une bande tranfverfe blanche qui parcoure les quatre 
ailes tant en-deflus qu'en-defflous & qui eft pofée dans 
leur milieu, comme une ceinture. Les aîles de deflus ont 


DES. INSECTES. 19$ 
dans leur partie fupérieure un point blanc, proche le bord 
extérieur , & vers leur bafe une petite bande tranfverfe de 
couleur blanche. 


33. TIN ÆA fufco-rubra ; alis fuperéoribus maculis 


duabus croceis tranfverfim pofitis. 


La teigne à deux taches jaunes en bande. 
Longueur 3 lignes. 

Cette efpéce reffemble beaucoup à celle du n°. 31: 
elle eft pareillement de couleur brune rougeâtre avec deux 
taches jaunes approchant de la couleur du faffran , l’une au 
bord extérieur des ailes de deflus, l'autre vis-à-vis, fur le 
milieu de ces mêmes ailes : enforte que quand les ailes 
font couchées l’une à côté de l’autre , les quatre taches 
des deux aîles forment prefqu'une bande tranfverfe. 
Outre ces quatre taches , il y en a encore quelques-autres 
femblables , mais prefqu’imperceptibles. Quelquefois le 
fond de l’infeéte eft brun & les taches font blanchâtres au 
lieu d'être jaunes. Cette teigne a une forme un peu trian- 
gulaire. Sa chenille fe loge dans plufieurs fruits & en- 
tr'autres dans l’intérieur des épis de maïs ou bled de Tur- 
quie qu'elle ronge & dévore. 

? 
34 TIN ÆA zaigro-fufca , rivulis flavefcentibus mar: 


MOTALL, 


La teigne à marërure. 
Longueur $ lignes. 

Son corps & fes aîles en-deflus font d’un brun noirître ; 
un peu rouge , lorfqu’on les regarde dans un certain fens. 
Ses ailes fupérieures font toutes entrecoupées de lignes 
jaunâtres finuées & irrégulieres , ce qui forme une efpéce 
de marbrure. En-deffous ces aîles font grifes tirant fur le 
brun. Lés œufs de cette teigne font petits & blancs. 


35. TIN Æ A cinerea, dorfo vita ge fin alba. 
| "1Bby 


196 HisTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. faun. fuec. n, 909. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta cinerea , dorfo 
vitta alba. 

Linn. fyft. nat. edit, 10, pe 538, n. 265. Phalæna tinea xiloficlle. 

Rofel. inf. vol, 1 , tab. 10, claff, 4. Papil. noûurn, 


La teigne à bandeleue blanche. 
Longueur 3 lignes. 


Elle eft toute de couleur cendrée. Ses aïîles font appla- 
ties l’une contre l’autre vers le bout , & fe relevent à cet 
endroit. Le bord intérieur de celles de deffus eft blanc , 
ce qui forme par la réunion des deux aîles, une bande lon- 
gitudinale blanche qui fe reffere & s’élargit alternarive- 
ment par endroits. Les antennes font entrecoupées d'an- 
neaux blancs & cendrés, & l’infeête les porte droites de- 
vant lui. : 


36. TINÆA cinerea, alarum fafcia triplici oblique 
undulata fufca. 


La teigne grife à trois fautoirs bruns. 
Longueur 3 + lignes. 

Ses ailes font grifes avec trois bandes brunes , obliques 
larges ; qui vont en defcendant , & font coupées par au- 
tant d’autres bandes femblables qui vont en montant. Il 
eft difficile de mieux rendre la forme de ces bandes fin- 
gulieres. 


37. TIN Æ A capite thoraceque flavo leneis longitudina- 
libus fufcis , als albo-flavefeentibus fafciis tranfverfis 


fes. 


La teigne à corcelet rayé. 
Longueur 4 lignes. 

Sa tête eft jaune , ainfi que fon corcelet. Sur celui-ei 
font trois bandes longitudinales brunes , une au milieu & 
une de chaque côté. Les ailes font en-deffus d’un blanc 
jaunâtre avec trois bandes tranfverfes brunes fur chaque 
aîle, figurées toutes les trois un peu en fautoir dont la 

L 


DES INSECTES: 197 
pointe regarde la tête. Le deflous des aîles eft brun, & 
le ventre eft jaune. 


38. TINÆA albo-flavefcens , fafciis duabus obliquis 
férruginers , poleriore interrupta. 

La teigne à bande interrompue. 

Longueur 2 & lignes, 

Sa tête & fon corcelet font noirâtres. Ses ailes fupérieu: 
res font d’un jaune blanchâtre & pâle imitant la couleur 
de foufre, avec deux bandes obliques fauves, qui par- 
tant du bord intérieur , defcendent vers l'extérieur fansal- 
ler jufques-là. Celle de ces deux bandes qui eft placée pof- 
térieurement , eft intetrompue & coupée en deux vers fon 
milieu. Les ailes de deéffous font brunes. 


39. TIN Æ A a/ba, margine alarum exteriore maculis 
tribus fufcis , trangulum referentibus. 

La teigne à triangle marginal. 

Longueur 3 + lignes, 

Cette teigne eft en-deffus d’un blanc brillant , avectrois 
taches brunes fur les ailes fupérieures , attenant leur bord 
extérieur. Ces trois taches forment par leur polition une 
efpéce de triangle , deux d’entr'elles touchant le bord ex: 
térieur , & la troifiéme étant plus au milieu de l'aile, En 
deffous les ailes font d’un blanc gris. 


40.TIN Æ A alba, alis fuperioribus Lineis quinque tranf° 
verfis fufcis. ” 

La teigne blanche à cinq bandes brunes. 

Longueur 1 ? ligne. : 

Cette petite teigne eft d’un blanc brillant & argenté; 
fes ailes font terminées au bout par une longue frange : 
les fupérieures ont cinq bandes tranfverfes d’un brun clair, 
dont la. premiere eft à la bafe de Païle & la derniere tout 
à l'extrémité, les trois autres font dans l'intervalle à difan- 


193 HISTOIRE  ABRÉGÉE 

ces égales. Quand on regarde Pinfecte de près ; ces bandes 
paroilfent un peu dorées. On trouve cette teigne voltigean- 
te en quantité fur les charmilles. 


41. TIN Æ A fu/Ca, linea duplici tranfverfa flava , mar- 


gine alarum undique flavo tnterfedlo. 


La teigne à bordure herminée. . 
Longueur 2 lignes. 


Sa couleur eft toute brune en-deffus & en-deflous ; 
mais en-deflus il y a deux lignes ou bandes Jaunâtres qui 
arcourent les ailes tranfverfalement , l’une plus haut, 
l’autre plus bas, & de plus les bords , tant extérieurs qu'in- 
férieurs des étés. font entrecoupés de brun & de) jaune. 
La chenille de cette teigne mange un petit Zchez imi- 
tant une poufliere noire , qui vient fur les arbres & les 
treillages , & fon fourreau noir paroit formé de cette même 
poulliere. 


42. TIN ÆA als füperioribus nigris , fafcia longiu- 


dinali , maculifque duabus aureis, antennis medio albrs. 


La teigne à bande: doree, & anneau blanc aux antennes. 
Longueur 2 + lignes. 

La couleur de fes antennes eft noire , mais elles font 
blanches dans leur milieu. Sa tête , fon corps & fes ailes 
fupérieures font d’un noir un peu bronzé. Sur les ailes 
de deflus eft une bande longitudinale dorée, placée près 
le bord intérieur, qui va depuis le haut jufqu’à la moitié 
de l'aile , & une autre plus petite & plus courte près le 
bord extérieur. Après ces bandes font deux taches dorées 
pofées tranfverfalement y ou , fi l’on veut , une bande 
tranfverfe : interrompue dans fon milieu. Les aîles de def- 
fous font jaunâtres & bordées de brun. 


43: TIN ÆA rigro-aurata , lineis argenteis Farfyer 2) 
tribus ; antennis extremo LES 


DES INSECTES. 199 


Linn. faun. fuec. n. 900. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra, lineis 
argenteis tran{verfis tribus. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 ,p. $41, n. 292. Phalæna tinea merianella. 

AG. Upf. 1736,p.16,n. 84, Papilio alis depreflis oblongis argenteïs, lineis 
tribus tranfverfis aureis ; media bifurca. 

Reaum. inf. 1 ,t. 17, fe12. 


La teigne dorée à bandes d'argent. 
Longueur 1 ligne. 

Sa tête & fes antennes font noires , mais le bout de cel- 
les-ei eft blanc. Ses ailes font d’un noir doré & bronzé, 
avec trois bandes tranfverfes argentées , pofées à diftances 
égales les unes des autres. La derniere de ces bandes fe 
courbe un peu en arc vers le devant. On trouve fouvent 
cette efpéce fur les feuilles au printems ; elle donne la 
variété fuivante. 


W.B.TIN Æ A rigro-aurata, lineis argenteis tranfverfts 
quatuor ; antennis RIQTIS. ÿ 

Linn. faun. fuec. n. 899. Phalæna feticornis fpirilinguis nafuta nigra , lineis 
argenteis tranfverfis quatuor. . 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $4t , n. 193. Phalæna tinea wilkella, 
Reaum. inf. 3 1.4, f. 8. 


ve 
Longueur 1 à ligne. 


Elle differe de la précédente, en ce que fes antennes 
font toutes noires , que fa tête & fes yeux font dorés , & 
qu’au lieu de trois bandes argentéeselle en a quatre, dont 
il ny a que la feconde qui foit parfaitement droite & 
tranfverfe ; les autres moins marquées que celle-là , font 
courbées , favoir la premiere poftérieurement , & les deux 
dernieres antérieurement. La chenille de cette teigne 
vient dans l'intérieur des feuilles de l’orme femelle ; elle 
eft du nombre des chenilles mineufes. 


44 TIN ÆA nigra, alis exterioribus deauratis ; capitis 
vertice , alarumque fafcia tranfverfa flavis. 


La teigne dorée à bande & roupet jaunes, ° 
Longueur 1 $ lignes, 


200 HISTOIRE: ABRÉGÉE 

Elle eft noire à l’exception du haut & du devant de fa 
tête , qui forme un toupet jaune entre les deux antennes. 
Celles-ci aufli longues que le corps, font un peu velues. 
Les aîles extérieures font dorées , & ont dans leur milieu 
une bande tranfverfe jaune, mais nullement dorée. 


45. TINÆA flavo-aurata ; punëlis quatuor argenteis ; 
antennarumque apice albo : Vulgo ännæanella. 


La teigne dorée à quatre points d'argent. 
Longueur 2 + lignes. 

Son corps eft noir & bronzé. Ses aîles fupérieures font 
d’un jaune bien doré, bordées d’une frange noire un peu 
bronzée. Sur chaque aîle fe trouvent fur le fond jaune,deux 
taches noires rondes & couvertes d’argent , ce qui fait 
quatre taches pour les deux aîles, dont les deux fupérieures 
{ont près du bord extérieur de Paile & les deux inférieures 
touchent prefqu’au bord intérieur. Outre ces quatre ta- 
ches , on en voit plus haut une cinquiéme ;, mais peu mar- 
quée , pofée fur la jonétion des deux aïîles & commune à 
toutes les deux. Les antennes font à peu près de la lon- 
gueur du corps, elles font noires à l'exception de leur ex- 
trémité qui eft blanche. J’ai trouvé cette petite teigne 
voltigeant dans un.jardin au milieu de Paris, pendant 
l'été. 

46. TINÆA crocea , Lineis tranfvérfis fufco-argenteis 
ne ; alarum medio macula alba punitifque plum- 
eis. 


La teigne crayonnee. 
Longueur 3 3 lignes. 

Sa couleur eft grife , à l'exception du fond des ailes de 
deflus , qui eft d’un brun fafrané ou jaunâtre. Sur le milieu 
de ces aïles , on voit une tache blanche mal terminée, ac- 
eompagnée vers le côté intérieur de taches brunes & de 
petits points ronds de couleur d'argent foncé ou noirci ; 
ou fi l'on veut de couleur de plomb. Plus haut que cette 

tache 


DES INSECTES. , 201 
tache font deux bandes tranfverfes de la mêmé couleur 
plombée, & plus bas il y en a trois , mais qui ne vont pas 
tout-à-fait d’un côté de l'aile à l’autre, étant interrompues 
irréguliérement en plufieurs endroirs. 


47. TIN Æ A albida , lineis lonpitudinalibus reticulatis 
fufcis , involucro villo[o-alb:fcente. 


La teigne moufre. 
Longueur 4 lignes. 

Cette teigne eft longue, étroite, & fes ailes font un peu 
applaties fur fon corps. En-deffous elle eft d’une couleur 
grife cendrée ; & en-deffus blanchâtre , avec de longues 
lignes longitudinales brunes , qui vers le bout de Paile 
deviennent obliques & forment une efpéce de refeau à 
mailles allongées. Le fourreau de cette teigne eft couvert 
de petits poils courts & blancs qui reffemblent à la moi- 
fiffure. On trouve fouvent ces fourreaux velus fur le 
gramell. 


48. TIN ÆA ais cinereis , lineis albis fafciaque longi- 
tudinali fufca , involucro fufco pediformi. 

Reaum. inf. tom. 3, tab. 16. 

La teigne à fourreau en croffe. 

Longueur 4 lignes. 

Cette efpéce eft longue & de couleur cendrée. Ses 
ailes ont vers le bout une longue frange de poils. De leur 
bafe partent deux lignes blanches argentées , qui defcen- 
dent en s’écartant & vont fe terminer vers les deux tiers 
de l'aile , l’une au bord intérieur & l’autre à l'extérieur. De 
l'écartement de ces deux lignes vers le tiers de l'aile part 
une bande brune longitudinale qui defcend en s’élargiflant 
& va gagner le bas de l’aîle. 

La chenille de cette teigne habite un fourreau long ; 
cylindrique, dur, de couleur brune ; ftrié un peu obli- 


uement , ouvert par le haut, & recourbé en bas en for- 
Tome IL, Ce 


202 HISTOIRE ABRÉGÉE 

me de croffe , avec deux appendices larges & minces en 
forme de feuilles ,; qui terminent le bout de la croffe. Ce 
fourreau eft de foie. La teigne l’allonge par la partie anté- 
rieure & l'élargit en le fendant, & ajuftant une piéce 
dans cette fente. Ces différentes additions font d’abord 
blanches pendant que le refte du fourreau eft brun ou noir; 
la chenille les brunit enfuite par le moyen d’une liqueur 
brune qu’elle fait fortir de fa bouche. On trouve fouvent 
cet infete fur les arbres & en particulier fur le chêne. 


49. TINÆ A rigro-cinerea , involucro fufco recurso s 
lamin& duplici foliof& teclo. 

La teigne à fourreau à deux lames. 

Longueur 3 lignes. 

Les yeux de cette teigne font noirs : fa tête eft d’un gris 
blanc, ainfi que le deflous de fon corps & fes pattes ; le 
deffus & les ailes font d’un noir un peu cendré. Sa chenil- 
le vit dans un fourreau dur, brun, recourbé , & tout cou- 
vert de deux grandes lames minces , qui naïffent de fon 
extrémité. Ces deux lames font de foie , ainfi que tout 
le fourreau. Elles font compofées d’écailles minces fem- 
blables à celles des poiflons , pofées en recouvrement les 
unes fur les autres. On trouve fouvent cet infeéte fur les 
feuilles de plufieurs arbres qu’il ronge. 


N.B. M. de Reaumur prétend que l’efpéce précédente 
& celle-ci ne font que la même efpéce de teigne , plus 
jeune lorfqu’elle n’a qu'un fourreau en croffe , & qui 
enfuite forme les deux lames de fon fourreau lorfqu’elle 
eft plus vieille. Malgré la grande exaëtitude de cet habile 
Naturalifte , je ne puis me rendre à fon fentiment , ayant 
nourri des teignes de l’une & de l’autre efpéce qui fe font 
transformées chez moi. Si les seignes à fourreau en croffe 
n'étoient que les jeunes , elles ne-pourroïent fe transfor- 
mer , & elles commenceroient d'abord par acquérir ces 
deux lames qu’elles devroient avoir en vieilliffant. D'ail- 


D,ESSg A IN SEC T'ES! 203 
leurs les infeëtes parfaits & ailés de l’une & l'autre efpéce 
font différens , comme on le voit par les defcriptions que 
nous en donnons , enforte que je crois pouvoir afligner 
fûrement deux efpéces différentes. 


so. TIN Æ A énvolucro palearum ordine unico recto. 


Reaum. inf. tom. 3, tab. rt, fig. 7» 8,9. 

De Geer. inf. p. 698 , tab. 29 » f. 22. Petite phalène d’un brun noirâtre , à an- 
tennes à barbes fans trompe , dont la femelle eft fans ailes , d’une chenille 
teigné qui fe fait un fourreau des brins de gramen. 

Ibid. pag. 506 , tab. 29 fige 19. — 22. € tab. 30 , fig. 22 , 23. Chenille teigne 
qui vit des feuilles d’ofñer , qui fe fait un fourreau de brins de gramen, arran- 
gés parallèlement les uns aux autres , & dont Le papillon femélle eft entiéres 
ment dépourvü d’ailese 


La teigne à fourreau de paille Jimple. 


J'ai plufeurs fois confervé & nourri cette chenille dans 
fon fourreau ;, fans qu'elle m’ait jamais donné fa teigne 
ailée , non plus que les fuivantes. M. de Reaumur dit que 
la femelle n’a point d'ailes. Le fourreau de cet infeéte 
a environ quatre lignes de long , & eft couvert de pailles 
ou de brins d’herbes féches de toute fa longueur : qui for- 
ment comme un faifceau ou une petite botte d’alumettes. 
On trouve fouvent ces petits fourreaux fur les feuilles des 
arbres. 


si. TIN ÆA snvolucro palearum longitudinalium ordine 
mulriplici compofito. 


La reigne à fourreau de paille compofe. 


Son fourreau à un pouce de long. Il eft compofé , ou du 
moins entouré de plufieurs rangs de pailles ou brins d’her- 
bes pofés longitudinalement & en toit les uns fur les 
autres , à peu près comme un épi. 


s2. TIN Æ A involucro ex paleis tranfÿerfis compoftto. 


De Geer. inf. pag. sat , tab. 29, fig. 23 —— 25. Chenille teigne à felze jambes, 
rafe , noirâtre, qui vit fur l’ofer & qui fe fait un fourreau couvert de brins de 
gramen , qui font placés tranfverfalement fur le fourreau. 


GT'y 


204 HISTOIRE ABRÉGÉE 
La teigne à fourreau dé pailles tranfierfes. 


Ce fourreau a fept à huit lignes de long. Les brins d’her- 
be qui le compofent font pofés deffus tranfverfalement , 
ce qui le rend raboteux & comme hériffé, 


s3. TIN ÆA opidum ; involucro conico recurvo. 
Reaum. inf. tom. 3, tab. 15 , fig. 152, 3. 
La teigne des pierres à fourreau rond en capuchon. 

P IP 


J'ai ramafñlé plufieurs fois la chenille de cette teigre qui 
eft très-commune ; elle eft toujours morte fans me donner 
l'infeëte aîlé. M. de Reaumur n’a jamais pü l'avoir non 
plus. Cette chenille eft petite , brune , couverte d’un four- 
reau qu'elle fe file. Ce fourreau eft conique , pointu & un 
peu recourbé comme un capuchon. Le deflus eft tout 
couvert de poufliere de pierres que linfeéte fait y attacher. 
La chenille fe trouve fur les pierres. Elle fe nourrit d’un 
petit Zchen qui recouvre les vieux murs & les rend tout 
verts. 


54 TIN ÆA Zapidum , involucro triangularti. 
Reaum. inf. ton. 3 , tab. 15, fig. 7, 8. 


La teigne des pierres à fourreau triangulaire à pans. 


Elle reffemble tout-ä-fait à la précédente pour fon four- 
reau , fi ce n'eft qu'il eft à pans & triangulaire , & non 
point rond comme celui de la précédente. On les trouve 
l'une & l’autre dans les mêmes endroits. M. de Reaumur 
dit que les femelles de celles-ci ne font point aïlées, mais 
feulement leurs mâles. Je n'ai pü le favoir , cet infeëte ne 
s'étant jamais transformé chez moi , quoique je l’aye 
ramañlé & nourri plufieurs fois ; je me contenterai donc de 
rapporter ici ce qu'en dit M. de Reaumur. La phalène de 
cette teigne , fuivant lui , eft fort petite & de couleur de 
bronze doré. Les femelles font de couleur grife & n'ont 


DES ÏÎNSECTES. 20% 
point d’ailes. Elles font groffes , trapues , fort lourdes & 
marchent très-peu. À l'extrémité de leur corps , eft une 
frange d’écailles jaunes , du milieu de laquelle fort une 
longue partie qu’elles tirent en dehors , en attendant le 
male qui vient s’accoupler avec elles. C’eft par ce long 
tuyau qui paroi compofé de trois parties ou anneaux, 
qu’elles rendent ieurs œufs, qui font oblongs, Jaunâtres & 
fouyent en très-grande quantité,  ‘ 


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206 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


SECTION QUATRIÉME. 


INSECTES TETRAPTERES A'AILES NUES; 
OU 
INSECTES À QUATRE'AILES NUES: 


N OUS avons examiné dans les fe&tions précédentes 
les infeétes dont les ailes font couvertes en tout ou en 
partie par des étuis durs & écailleux ; Ë ceux qui ont qua- 
tre ailes garnies des deux côtés de petites écailles qui for= 
ment comme une efpéce de poufliere farineufe. La fe&tion 
que nous allons traiter renferme des infeétes qui ont pa- 
reillement quatre aîles ; mais dont Jes aïles font nues, fans 
être recouvertes ni d’étuis écailleux , ni de poufliere. Ces 
aîles font claires ; tranfparentes comme un verre ou un 
talc , & ont feulement plus ou moins de nervures qui 
foutiennent la fubftance délicate dont elles font compo- 
fées. T'ous les infeétes qui ont quatre ailes de cette ftruc- 
ture,fe trouvent renfermés dans cette fection : aufli eft-elle 
nombreufe, 

Par cette raifon nous l'avons divifée en trois articles , 
fuivant le nombre des piéces qui compofent le tarfe de 
ces infeétes. Les deux premiers articles font très - courts : 
le premier ne renferme que deux genres qui ont trois pié- 
ces aux tarfes , & le fecond n’en compte qu'un feul qui en 
ait quatre ; tous les autres genres de cette fe@tion ont 
cinq piéces on anneaux au pied & compofent le troifiéme 
& dernier article qui eft très-nombreux , & renferme lui 
feul quinze genres la plüpart très confidérables. 

Ces différens infeétes à quatre ailes varient beaucoup 
pour la forme extérieure. Les uns ont le corps allongé 
comme la demoifelle , la perle , l’ephémere, la frigane , 
&c. d’autres l'ont plus raccourci ; comme l’urocere , la 
guêpe , le frelon, le diplolepe ; l'abeille & plufeurs au- 


+ 


DESINSECTES 207 
tres. On obferve une pareille variété dans les différentes 
parties qui compofent le corps de ces infe&tes. Nous allons 
examiner ces différences un peu plus en détail. 

Tous ces infeëtes ont deux antennes , mais très - diver- 
fement conformées. Elles font très-courtes dans quelques- 
uns , comme dans la demoifelle & l'éphémere ; à peine 
les apperçoit-on dans ces deux genres. D’autres en ont qui 
ne font guères plus longues , mais qui vont en grofliffant 
par le bout & qui repréfentent une efpéce de mafñlue; 
celles du frelon & du fourmilion font de cette efpéce. 
Plufieurs ont des antennes longues compofées d’un grand 
nombre d'anneaux , & qui font fi minces qu’elles reflem- 
blent à un brin de fil. Telles font celles de la perle , de la 
rafidie , de la frigane , de la mouche-fcorpion , de l’uroce- 
re , de la mouche-à-fcie , du diplolepe & de l'ichneumon:. 
La guêpe , l'abeille & la fourmi en ont de fingulieres. Le 
premier article ou anneau de ces antennes ef beaucoup 
plus long que les autres, & fait à lui feul prefque la moitié 
de la longueur de lantenne ; l’autre partie eft compofée 
d’anneaux fort courts. Après le premier anneau long , l’an- 
tenne fe courbe , forme à cet endroit une efpéce de cou- 
de ou angle & paroït comme brifée ; aufli avons-nous 
nommé ces antennes, aztennes brifees. Enfin une derniere 
forte d'antennes encore plus finguliere ; eft celle que porte 
l'eulophe. Ce petit infecte a des antennes branchues qui 
forment une efpéce de panache très - jolie fur fa tête. C’eft 
dommage que cet animal foit fi petit, on pourroit admirer 
plus aifément la beauté de fes antennes. 

Outre ces différentes fingularités de forme dans les an- 
tennes , il y a encore un genre dont les antennes méritent 
d’être remarquées , moins pour leur conformation que 
pour leur mouvement : c’eft le genre des ichneumons. Les 
antennes de ces infeëtes font longues , gréles & filiformes, 
& le petit animal [ss tient prefque perpétuellement dans 
un mouvement affez vif de vibration. C’eft ce qui a fait 
appeller les ichneumons par plufieurs Naturaliftes , mou- 
ches vibrantes ; où mouches à antennes vibratiles, 


208 HaisTomrENABRÉIGÉ r 

La bouche des infectes de cette feétion varie auffi : tous 
ne l’ont pas figurée de même , & fi l’on vouloit on pourroit 
abfolument divifer en deux cette feétion , d’après la ftruc- 
ture & la forme de la bouche des infeétes qui la com- 

ofent. Dans les uns cette bouche eft armée de deux fortes 
machoires écailleufes , une de chaque côté , avec lefquels 
ils rongent & mordent fortement ; telle eft la ftructure de 
la bouche des demoifelles , du frelon , de l’urocere , de 
l'ichneumon , de la guêpe , de l’abeille , de la fourmi, &c. 
les autres n'ont point de femblables machoires , mais on 
remarque autour de leur bouche quatre barbillons fembla- 
bles à des antennules , deux de chaque côté. Souvent la 
bouche que ces barbillons accompagnent , eft avancée & 
prominente , comme on le voit dans le fourmilion , la fri- 
gane & l’hémerobe ; cette avance eft même fi confidéra- 
ble dans quelques-uns , qu’elle forme une efpéce de bec 
dur aflez long , au bout duquel font les barbillons , comme 
on l’obferve dans la mouche-fcorpion. Ainli il y a deux 
efpéces différentes de bouche dans les infeétes de cette 
fettion ; l’une eft armée de machoires & l’autre entourée 
de quatre barbillons. 

Enfin une derniere partie très-effentielle & remarquable 
dans la tête de ces infectes , eft la partie poftérieure de 
la tête où font pofés les petits yeux. Ces yeux au nombre 
de trois , fe font remarquer fur la plûüpart des infeétes 
de cette fettion. Il y a cependant deux genres dans lefquels 
, cette partie manque ; ce font l’hémerobe & le fourmilion. 

On n’obferve pas autant de différences entre les ailes de 
ces infeétes. En général tous en ont quatre avec des 
nervures aflez fortes. Dans les uns ces ailes font toutes les 
quatre égales : la demoifelle, la perle , la mouche-fcorpion 
& d’autres font de ce nombre. Beaucoup d'autres ont au 
contraire les ailes inférieures plus petites que les fupérieu- 
res ; c’eft ce que l’on remarque dans la guêpe , l'abeille ; le 
cinips , le frelon , &c. mais il y un genre qui eft fur-tout 
remarquable par la petitefle de fes ailes de deflous , c'eft 

léphémere, 


DES INSECTES. 209 
l'éphémere. Ces aîles dans cet infeéte font fi petites pro- 
portionnément à celles de deflus , qu'à peine les apperçoit- 
on d'abord. On eft tenté à la premiere vûe de prendre 
l’éphémere pour un infeéte à deux ailes. Mais une fingula- 
tité qu'offrent quelques infeétes de cette feétion par rap- 
port à leurs ailes , c'eft le défaut total de cette partie dans 
quelques individus. Nous avons déja fait obferver plus 
haut que les femelles de quelques efpéces de phalènes 
manquoient d'ailes , tandis que leurs mâles en étoient 
pourvûüs. La mêmé chofe fe remarque dans les femelles de 
quelques ichneumons & de certaines guêpes ; comme 
nous le verrons en examinant ces genres. Les fourmis ont 
encore quelque chofe de plus fingulier , leurs mâles & 
leurs femelles ont des aîles , & les fourmis ouvrieres qui 
n’ont point de fexe en font dépourvües. 

Si les infeétes de cette feétion varient peu entr’eux pat 
rapport à la forme de leurs ailes , il n’en eft pas de même 
de leur queue. Il y a peu de feétion où cette partie mérite 
autant d’être confidérée ; aufli entre-t-elle pour beaucoup 
dans les caraéteres de ces genres. Deux ou trois genres 
n’ont rien à la vérité de remarquable à la queue ; elle eft 
toute fimple dans la rafdie ; l'hémerobe & la frigane ; mais 
dans la plüpart des autres genres elle eft des plus finguiie- 
res. Ces longs filets que la perle porte au nombre de deux, 
& qui font. au nombre de deux ou trois dans l’éphémere , 
font un ornement dont l’ufage n’eft pas encore bien connu. 
Nous connoiflons mieux celui de cette efpéce de pince 
qui eft à l'extrémité de la queue des demoifelles mâles , 
nous en parlerons en détaillant l’accouplement extraordi- 
naire de ces infeétes ; mais de quelle utilité peut être à la 
mouche-fcorpion cette queue menaçante faite en forme 
de patte de crabe ou de queue de fcorpion que porte 
le mâle feul ? L'infeéte femble vouloir s’en fervir pour 
fe défendre ; dès qu’on le touche , il la redreffe & femble 
vouloir pincer , & fouvent il fait lâcher prife à ceux-qui ne 
favent point que cette queue qui paroït fi redoutable , 

Tome IL : D d 


210 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ne peut cependant faire aucun mal. L’aiguillon que por: 
tent la guêpe & l'abeille eft bien plus dangereux. Sans 
paroïtre à l'extérieur , il pique vivement, & l'infeéte s’en 
fert utilement pour fe défendre. Celui du cinips ,; du 
diplolepe & de l’eulophe eft un peu différemment placé 
& figuré , maïs il ne fait point de mal ; peut-être fa peti- 
tefle en eft-elle caufe , ces infeétes étant tous fort petits. 
Le frelon , l’urocere & la mouche-à-fcie ne font pas plus 
à craindre quoique leur aiguillon foit fort ; il ne bleffe 
oint , maïs il n’eft pas inutile à ces infectes : il leur fert 
à dépofer & à placer leurs œufs , comme nous le verrons ; 
aufli il n’y a que leurs femelles qui en foient pourvues. 
Cet aiguillon mérite d’être confidéré pour fon travail & 
pour fa figure , & nous nous y arrêterons en parlant de 
ces infeétes. Enfin nous ne laiflerons pas échapper celui 
de l’ichneumon, le plus fingulier & le plus long de tous, 
qui fe trouve renfermé dans une efpéce de double gai- 
ne, & qui fervant aufli à dépofer fes œufs, ne fe trouve 
que dans la femelle. 

Les nymphes des infeétes de cette feétion & leurs diffé- 
rentes larves fe reflemblent fi peu pour la plüpart, qu'il 
nous eft prefqu’impoffible de pouvoir rien dire de général 
fur cet article. Nous renvoyons à l’hiftoire de chaque 
genre en particulier le détail de ces différentes métamor- 
phofes. Nous nous contenterons de remarquer ici que 
toutes les nymphes de ces infeétes font du nombre de 
celles dans lefquelles on diftingue les différentes parties 
de l’infeéte parfait ; mais leurs larves & leurs différens 
changemens varient infiniment , fuivant les différens gen- 
res. Ï1 n’y a pas jufqu'aux infeëtes parfaits , qui dans un 
genre de cette fe@ion , femblent encore fubir une efpéce 
de changement. L'éphémere devenu infette aïlé , fe dé- 
pouille encore une fois de fa peau contre la régle ordinai- 
re des infeétes à métamorphofes. Nous ferons obferver 
toutes ces fingularités dans le détail que nous allons don- 
ner des genres ; après les tables générales de cette fetion. 


DES INSECTES 211 


SÉCTION QUATRIÉME 
De la claffè des Infe&tes. 


INSECTES A QUATRE AÎLES NUES. 


ARTICLE PREMIER, 
Trois piéces aux tarfes. 
GENRES. CARACTERES. 


Antennes très-courtese 
Bouche armée de mâchoires. 
La DEMOïsELLE. — armée de pinces dans les mâles! 
Trois petits yeux liffes entre les yeux ou au- devant, 


Antennes filiformes. 

Ailes égales couchées & croifces fur le corps. 
LA PERLE. Bouche accompagnée de quatre barbillons, 

Queue terminée par deux foies. 

Trois petits yeux lifles. 


ARPIELE LE 


Quatre pièces aux tarfese 


Antennes filiformes, 
Aîles couchées fur le corps. * 
La RAFIDIE. 4 Bouche accompagnée de quatre barbillons, 
Queue fimple & nue. 
N Trois petits yeux lifles. 


ARTICLE ÎIL 
Cinq piéces aux tarfes. 


Antennes très-courtese 
3 Aîles inférieures beaucoup plus courtes que les fu- 
L'ÉPHÉMERE. périeures. 
Queue terminée par plufeurs foies. 
Trois yeux lifles & grands devant les yeuxs 


Antennes filiformes. 

Ailes pofées latéralement en forme de toit, & rele- 
vées à l'extrémité. 

Bouche avec quatre batbillonss 

Queue fimple & nue. 

Trois petits yeux lifles, 


La FRIGANE. 


Ddi; 


212 UisSTOIRE ABRÉGÉE 


Antennes filiformes. 
Aïles fouvent égales, 
L'HÉMÉROBE. 4 Bouche prominente avec quatre barbillons. 
Queue fimple & nue. 
Point de petits yeux liffes. 


Antennes courtes, groffes & en mafle. 
Ailes égales, 
LE FourMILIoN. 4 Bouche prominente avec quatre barbillons. 
Queue fimple & nue. 
Point de petits yeux lifles. 


Antennes longues filiformes. 

Aîles égales. 

Trompe dure & cylindrique. 
Queue formée en pince de crabe, 
Trois petits yeux lifles. 


LA MoucueEs- 
SCORPION. 


Antennes en maflue. 

Aîïles inférieures plus courtes, 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon du derriere dentelé. 

Ventre de méme groffeur par-tout, & intimément 
joint au corcelet. 

Trois petits yeux lifles, 


LE FRELON. 


Antennes filiformes. 

Aïles inférieures plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon dentelé prominent & couvert d’une gou- 
tiere. 


* d Ventre de même groffeur par-tout, & intimément 
joint au corcelet. 


L'UROCERE. 


Trois petits yeux lifles. 


Antennes filiformes. 

Aïles inférieures plus courtes, 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon dentelé caché dans le corps. 

Ventre de même groffeur par - fout , & intimément 
joint au corcelet. 

Trois petits yeux lifles. 


La MoucxHeE- 
A=SCTE, 


Antennes cylindriques brifces, 

Ailes inférieures plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon conique entre deux lames du ventre, 

Ventre prefqu'ovale, applati des côtés, aigu en- 
deflous , attaché au corcelet par un pédicule 
court. 

Trois petits yeux liffes, 


LE CiNrps. 


DES INSECTES. 213 


Antennes filiformes longues, compoftes de quatorze 
anneaux. 


Aïles inférieures plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon conique caché entre Les deux Îames du 
ventre. 

Ventre ovale, applati des côtés , aigu en- deffous , 
attaché au corcelet par un pédicuie Courte 

Trois petits yeux lifles. 

Antennes branchues:. 

. Ailes inférieures plus courtes, 

Bouche armée de mâchoires. 

ur conique. 

Ventre prefqu'ovale ; attaché au corcelet par un 
pédicule court. 

Trois petits yeux lifles, 


Antennes filiformes , longues, vibratiles, 

Ailes inférieures plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires. 

Aiguillon divifé en trois piéces. 

Ventre attaché au corcelet par un pédicule Tong & 
mince. 

Trois petits yeux lifles. 


= brifées, dont le premier anneau ef très- 
"À 


LE DIPLOLEPE,< 


LEULOPHE. 


LIcCcHNEUMON. 


long 

Ailes inférieures plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires, avec une trompe mem- 
braneufe couchée en-deffous. 

Aïguillon f fimple & en pointe. 

Ventre attaché-au corcelet par un pédicule court. 

Trois petits veux lifles, 

Corps rafe. 


Antennes brifées, dont le premier anneau eft très- 
long. ; 

Aîles féreutes plus courtes. 

Bouche armée de mâchoires, avec une trompe mem- 
braneufe couchée en-deffous, 
iguillon fimple & en pointe. 

Ventre attaché au corcelet par un pédicule court, 

Trois petits yeux lifles. 

Corps velu. 

Antennes brifées , dont le premier anneau ef très- 
long. 

Ailes Énreuré plus courtes, & point d’ailes dans 
les mulets,» 

Bouche armée de mâchoires. 

Ventre attaché au corcelet par un pédicule court; 
avec uné petite écaille entre deux, . 

Trois petits yeux lifles. 


LA GUESPE. 


LABEILLE, 


LA Fourmr. 


214 HISTOIRE ABRÉGÉE 


SECTIO QUARTA 
Claffis Infeétorum. 


ENSECTA TETRAPTERAYALIS'NUDIS. 


ARTICULUS PRIMUS. 


Tarforum articulis tribus. 
CARACTERES. 


Antennæ breviflimæ. 
LIBELLU LA: Os maxillofum. 


La Demoifelle. Cauda mafculis forcipatae 
Ocelli tres ante aut inter oculos: 


GENERA. 


Antennæ filiformes. 
PERLA. Alæ incumbentes, cruciatæ, æqualese 


Os tentaculis quatuor. 
La Perle, Cauda bifetae 


Ocelli tres. 
ARTICULUS Il". 


Tarforum articulis quatuor. 


Antennæ filiformes. 
RAPHIDIA. Alæ incumbentes. 


ï Os tentaculis quatuor, 
La Rafdie. Cauda nuda. 


Ocelli tres. 
ARTicUuLUSs III“ 


Tarforum  articulis  quinque. 


Antennx breviffimx. 
EPHEMERA. j)Alx inferiores multo breviores. 
L’Ephémere. Cauda fetofa. 


Ocelli tres magni ante oculos. 


Antennæ filiformes, 
PHRYGANEA. N Ale laterales, te&tiformes, PRE aflurgentes, 


; Os tentaculis quatuor. 
La Frigane. Cauda nuda. 


Ocelli tres. 


DES INSECTES,. RES 


Antennæ filiformes, 

Alæ fæpe æquales. 

Os prominens tentaculis quatuor. 
Cauda nuda, 

Ocelli nulli, 


HEMEROBIUS. 
L'Hémerobe. 


Antennæ breves,.clavatæ, craffz. 
ÂAlæ æquales. 
Os prominens tentaculis quatuor, 
Cauda nuda. 
Ocelli nulli, 


ForRMICALEO. 
Le Fourmilion. 


Antennæ longæ filiformese 


PANORPA, Alx æquales, 


La Mouche- Roftrum corneum , cylindraceum. 
AE Cauda chelifera forficibus armata, 
ere Ocelli tres. 
CRABRO. Os maxillofum. 
Le Frelon. Aculeus ani dentatus. 


Abdomen ubique æquale thoraci connatam, 
Ocelli tres. 


Antennæ filiformes., 

Alæ inferiores breviores. 

Os maxillofum., 

Aculeus ani dentatus prominens corniculo te&us, 
Abdomen ubique æquale thoraci connatum, 
Ocelli tres. 


UROCERUS. 
L'Urocere, 


Antennæ filiformes. 

Alæ inferiores brevioress 

Os maxillofum. 

Aculeus ani dentatus non prominens. 
Abdomen ubique æquale thoraci connatum: 
Ocelli tres. 


.TENTHREDO. 
La Mouche-a-Stcie. 


Antennæ clavatæ. . 
LÉ inferiores breviores. 


Antennæ cylindraceæ fra@x. 
Alæ inferiores breviores, 


CvyNrrs Os maxillofum. Fe 
ue Aculeus ani conicus intra valvas abdominis, 
Le Cinips, Abdomen fubovatum , ad latera compreflum, fub- 


tus acutum, petiolo thoraci connexum, 
Ocelli tres. 


Antennæ filiformes longæ articulis x 1 v. 
Alæ inferiores breviores, 
Os maxillofum, 
Aculeus ani conicus intra valvas abdominis. ‘ 
1 Abdomen ovatum, ad latera compreflum , fubius 
acutum., petiolo brevi thoraçi connexum, 
LL Ocelli tres: 


.DrPLOLEPIS. 
Le Diplolepe. 


216 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Antennæ ramofx. 
Alæ inferiores breviores. 
EULOPHUS. Os maxillofum. 
? Aculeus ani conicus. 
Les: : ; : 
L'Eulophe Abdomen fubovatum petiolo thoraci connexum. 
Ocelli tres. 


Antennæ filiformes, longæ, vibratiles. 
Alæ inferiores breviores. 
ICHNEUMON. 405 maxillofum. 
L'Ichneumon. Aculeus ani triplex. k 
Abdomen petiolo tenui longo thoraci connexum, 
Ocelli tres. 


Antennæ fra@æ articulo primo longiore. 
Alæ inferiores breviores. 


. _ . A | MC LA 
VESPA. Os maxillofum , linguâ membranacei inflexi, 
; Aculeus ani fimplex fubulatus. 
La Gutpe. Abdomen petiolo breviflimo thoraci connexum, 


Ocelli tres. 
Corpus glabrum. 


Antennæ fra@æ articulo primo longiore. 
Alæ inferiores breviores. 


A Os maxillofum linguâ membranacei inflexä, 

Pi Its, : 

; j Aculeus ani fimplex fubulatus. 

L’Abeille, Abdomen petiolo breviflimo thoraci connexume 


Ocelli tres. 
Corpus villofum. 


Antennæ fra@æ articulo primo longiore, 

Alæ inferiores breviores , neutris nullæ. 

Os maxillofum, 

Abdomen petiolo breyi thoraci connexum cum 
fquama intermedia. 

Ocelli tres. 


FoRMICA. 
La Fourmi, 


$ 
LE 
JS VA, 
pet da bas 282 )) Le 
RINS 
FLEYE 


Ce 
%x 


ARTICLE 


DES INSECTES. 217 
ARTICLE PREMIER. 
LIBELLUL A. 
LA 'DEMOISELLE: 


Antenne breviffime. Antennes très-couttes: 
Os maxillofum. Bouche armée de machoires. 
Cauda maftulis forcipata. Queue armée de pinces dans 


les mâles. 
Ocelli tres ante aut inter oculos. Trois petits yeux liffes entre les 
yeux ou au devant. 


$. 14. Alis erefis, $. 1°. À ailes relevées. 
$, 24. Alis patentibus. $. 2°, À ailes étendues. 


La demoifelle a été appellée par les Naturaliftes , Z4e//z 
ou Zbellula , foit parce que plufieurs efpéces de ce genre 
tiennent leurs ailes étenaues & comme de niveau , foit à 
caufe de la maniere dont ces infeëtes planent en fendant 
l'air. Le caractere de ce genre confifte ; 1°. dans la forme 
des antennes qui font très-courtes pour la grandeur de ces 
infectes ; 2°, dans les machoires fortes & écailleufes dont 
leur bouche eft armée des deux côtés ; 3°. dans les pinces 
qui fe trouvent à l'extrémité de la queue des mâles, & qui 
font accompagnées d’efpéces de lambeaux ou feuillets 
affez grands. De plus , les demoifelies ont les trois petits 
yeux liffes qui fe trouvent fur la tète de beaucoup d'infec- 
tes à deux & à quatre aïles ; mais ces petits yeux ne font 
pas placés de même dans toutes les efpéces. Les unes les 
portent fur le devant de ja tête ; dans d'autresils font fur le 
fommet entre les deux grands yeux. Je ne les ai trouvés 
dans aucune efpéce placés fur le derriere de la tête , com- 
me ils le font dans la plüpart des autres infeétes. 

La larve de la demoifelle vit dans l’eau , elle eft aquati- 
que ; aufli rencontre -t-on plus ordinairement les demoi- 
{elles au bord des eaux, où elles vont dépofer leurs œufs. 

Tome II. Ee 


218 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Cette larve eft très-finguliere , c’eft ce qui nous a engagé à 
donner fa figure. Elle eft plus courte & plus ramaflée que 
la demoifelle ou Pinfeéte parfait , & on peut aifément dif- 
tinguer les trois parties qui compofent fon corps ; favoir, 
la tête , le corcelet & le ventre. Ce dernier fort long , 
quoique gros dans quelques efpéces , eft compofé de dix 
anneaux. Au corcelet , font attachées fix grandes pattes , 
avec lefquelles cette larve va & vient dans l’eau. En-deflus 
du corcelet , on voit quatre efpéces de boutons qui devien- 
nent plus grands & plus apparens , à mefure que cette 
larve groflit & change de peau, & qui enfuite s'étendent & 
couvrent prefque la moitié du ventre lorfqaw’elle eft deve- 
nue chryfalide. C’éft dans ces efpéces de moignons que 
font renfermées les quatre grandes ailes dont fera parée la 
demoifelle. Mais de toutes les parties de cette larve , 
il n’y en a point de plus finguliérement confiruite que fa 
tête. On diftingue dans cette tête les yeux , de petites an- 
tennes & la bouche : mais pour les voir , il faut lever 
une efpéce de mafque dur & épais qui couvre tout le 
devant de la tête de la larve & qui lui cache la face, fi on 
peut fe fervir de ce terme pour un infeëte. Cet étrange 
mafque eft creux en-dedans , irrégulier , & on y remarque 
les différentes cavités qui reçoivent les éminences de la 
tête de la larve, enforte qu’il s'applique aufli bien & même 
mieux que les mafques que mettent fur leurs vifages les 
perfonnes qui vont au bal. Ce mafque n’eft point immobi- 
le ; l'infette Le remue à fa volonté ; il ne tient que par une 
efpéce de pied long & coudé qui l’attache au col de l'infeéte. 
Ce pied forme une charniere , par le moyen de laquelie le 
mafque peut fe lever & fe baïfler. On. ne conçoit pas 
d’abord par quelle raifon la nature a donné à cette Îar- 
ve un tel mafque , qui femble devoir l’incommoder au 
lieu de lui fervir : mais fi Pon nourrit dans l’eau quel- 
ques-unes de ces larves ; on voit qu’elles tiennent leur 
mafque baiflé , & qu’elles le relevent pour furprendre & 
faifir les infeftes aquatiques dont elles fe nourriflent, 


DES INSECTES. 219 
Ce mafque arrète ces infectes qui font enfuite dévorés par 
la larve. 

Les nymphes ou chryfalides des.demoifelles ne diffé- 
rent prefque pas de leurs larves. Seulement les boutons du 
corcelet, ces appendices qui renferment les aïles font plus 
grandes & couvrent une portion du ventre ; elles reffem- 
blent à quatre aïîles épaifles un peu courtes ; couchées 
fur le deffus de cette partie. Du refte cette nymphe court 
dans leau , va & vient comme la larve , & fe nourrit 
des infeétes qu'elle rencontre & dont elle eft très-friande. 

Lorfque l'infeëte eft arrivé à fa groffeur, il fubit fon der- 
nier changement. La nymphe s'approche du bord de l’eau, 
fouvent elle en fort tout-à-fait. Sa peau commence à fe 
fendre fur le deffus de fon corcelet , peu à peu l’infecte 
parfait fe tire de cette enveloppe , & après quelques 
inftans, lorfque fes ailes font féchées & affermies ,il s éleve 
légérement en l'air ; où il doit dorénavant faire fon habita- 
tion. On trouve quelquefois au bord de l’eau la dépouille 
de la larve , que la demoifelle , après s’en être tirée , a laif- 
fée attachée à quelque plante. 

La demoifelle a le corps beaucoup plus long & plus 
étroit que fa larve. Ses ailes au nombre de quatre font lon- 
gues & étroites. Quelques efpéces du nombre des plus 
grandes les tiennent étendues parallèlement & de niveau 
avec le corps fur lequel elles font pofées. D'autres au con- 
traire les tiennent dans la même direétion que leur corps, 
mais plus relevées & adoffées toutes les quatre les unes 
contre les autres ; ce font les plus petites efpéces. Ces der- 
nieres volent moins vite , mais les grandes ont un vol très- 
vif & très-rapide. La nourriture ordinaire de ces demoi- 
felles leur eit fournie par la chaffe qu’elles font en volant 
aux petits moucherons , à ces petites tipules qu’on trouve 
en grande quantité au bord de l’eau. { 

Les demoifelles mâles fe diftinguent aifément des fe- 
melles par deux crochets accompagnés d’efpéces de feuil- 
lets qu'elles ont à l'extrémité de la queue. Les femelles 


Ee i 


220 HISTOIRE ABRÉGÉE 
n'ont point de femblables crochets , mais feulement on 
remarque au dernier anneau de leur ventre qui eft un 
peu renflé , une ouverture qui eft celle de la partie du fexe. 
Pour les mâles, leur partie neft point placée au même en- 
droit , envain l'y chercheroit-on. C’eft au haut du ventre 
qu'elle ef fituée , au premier anneau de cette partie qui 
tient au corcelet. Cette polition différente des parties du 
mâle & de la femelle paroït finguliere & ne femble pas 
commode pour l’accouplement. Aufli y en at-il peu qui 
foit aufli extraordinaire que celui des demoifelles. Lorfque 
ces infeétes veulent travailler à la propagation de leur 
efpéce , c’eft le mâle qui fait les avances , c’eft lui qui en 
volant pourfuit fa femelle ; qu'il faifit au col avec les pinces 
de fa queue. Telle eft la maniere dont ces infettes com- 
mencent à fe faire l'amour. Lorfque le mâle tient ainf 
fa femelle , il la ferre & ne la laiffe plus échapper. Il n’eft 
pas cependant encore fort avancé , il Jui eft impoflible 
de porter fa partie près de celle de fa femelle qu'il tient 
par l'extrémité de fon cotps ; tant que la femelle ne fe 
prête point à fes défirs, l’accouplement ne peut fe faire. 
Aufli le mâle tient-il quelquefois fort long -tems fa fe- 
melle ; il l'emporte en l'air fufpendue à fa queue , jufqu’à 
ce qu’enfin celle-ci ou fatiguée ou mife en aëtion fe rende 
à fes importunités : pour lors la femelle replie fon ventre 
en - deffous , le fait paffer entre fes jambes & pardevant fa 
tête , & porte elle-même l'extrémité de fon ventre contre 
la partie du mâle qui s’accouple avec elle fans lâcher la 
tête de fa femelle. Pendant cet accouplement ces infec- 
tes font dans une attitude bien finguliere ; ils forment une 
efpéce d’anneau. La tête de la femelle eft accrochée par 
la queue du mâle , tandis que l'extrémité de fon ventre qui 
fait le cercle , eft accouplée avec la partie fupérieure du 
ventre de cé même mâle. Ces infeétes volent dans cette 
attitude forcée , & ne fe féparent qu'après quelque tems , 
lorfque l’accouplement eft tout-à-fait fini. 

Les œufs que dépofe la femelle font oblongs ; c’eft dans 


DES INSECTES. 221 
l'eau qu'elle va les dépofer , & c’eft aufli dans l’eau qu’é- 
clofent les petites nymphes qui viennent de ces mêmes 
œufs. 

Les demoifelles ont en général la tête large , les yeux 
fort gros & le ventre grefle ; quelques-unes cependant 
comme l’éÆonore ont le ventre plus large & moins long. 
Plufieurs font ornées des plus belles couleurs ; dans les 
unes c’eft un bleu ou un vert tendre, dans d’autres c’eft 
un vert doré & comme fatiné. Les ailes de quelques-unes 
font diftinguées par différentes taches ; la Zouife fur-tout a 
deux grandes taches bleues , qui couvrent la plus grande 
partie de fes aîles. Enfin, pour ce qui eft de la grandeur, il 
y a quelques-unes de ces demoifelles qui ont jufqu’à deux 
pouces & plus de long. 


PREMIERE FAMILLE. 
Demoifelles à aïles relevées. 


1. LIBELLUL A corpore viridi-cæruleo nitido ; alis 
medio cœrulefcentibus ; bai & apice albidis , margine 
zmmaculato. 


Linn. faun. fuec. n, 759. Libellula corpore fericeo nitido , alis inaurato-fufcis, 
macula nigra. 


Jonft. inf. tab. 3, fig. 6. 


Ray. inf. p. so , n. 9. Libella media corpore partim viridi, partim cœruleo, 
alis media parte maculis ampliffimis e cæruleo nigricantibus. 

Raj. inf. p. 140 , n. 2. Libella media corpore partim viridi, partim cœruleo, 
alis media parte maculis amplifimis è cœruleo nigricantibus oblitis, 


Hoffnag. inf. t. ur, f. ulrim. 
Reaum. inf. tom. VI. tab. 35 ,f. 7. 
Rofel. inf. vol. 2, tab. 9 , fig. 7. Infe&. aquatil, claff. 2. 


La lourfe. 
Longueur 11 lignes. 

Cette belle demoifelle a la tête groffe , les yeux reticu- 
lés faillans & bruns , qui ne fe touchent point. Dans l’ef- 
pace qui eft entre les Le yeux, on voit les trois petits 
yeux bruns, pofés en triangle. Le col fur lequel la tête eft 
appuyée eft court & étroit. Le corcelet eft plus gros de 


222 H1i1STOIRE ABRÉGÉE 

couleur brillante verte & bleue. De la partie inférieure 
de ce corcelet partent les fix pattes longues , & chargées 
d’une double rangée de petites épines ou pointes , ce qui 
eft commun à ce genre, De ja partie fupérieure naiffent les 
quatre ailes, toutes de même grandeur. Ces ailes font 
fort reticulées & elles ont dans leur milieu une grande 
tache d’un brun bleuâtre qui en occupe plus de la moitié. 
La bafe & la pointe font les feules parties de l'aile qui ne 
font point chargées de la même couleur ; elles font feule- 
ment jaunâtres. Sur le bord extérieur de l'aile il n’y a au- 
cune tache , ce qui eft rare dans ce genre. Le ventre long 
cylindrique & compofé de neuf ou dix anneaux, eft d’un 
bleu quelquefois un peu vert & très-brillant. On trouve 
ce bel infecte dans les prés au bord des étangs. 


2. LIBELLULA corpore viridi fericeo, alis fubfufcis 

punilo marginali albo. Linn. faun. fuec. n. 758. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $4s ; 7. 17. Libellula virgo. 

Raj. inf.p. s1 , n. 12. Libella media, corpore viridi, alis fulvefcentibus, 
maculis parvis albis prope extremum angulum. 

Rofel. inf. vol. 2, tab. 9, fig. 6. Infe&t, aquatil. claff. 2. 

Lulrique. 

Longueur 10 lignes. 

Cette efpéce reffemble beaucoup à la précédente, feu- 
lement fa couleur eft plus verte & très-brillante. Ses ailes 
n’ont point de taches bleues, mais elles font d’un Jaune un 
peu brun ; de plus vers l'extrémité du bord extérieur de 
l'aile on voit un petit point blanc allongé. 

. , 'É 

M. de Geer donne celle-ci pour la femelle de la précé- 
dente. Je fuis fort porté à le croire n’ayant trouvé que des 
femelles de cette efpece , & tous ceux de la précédente 
que j'ai pû rencontrer , étant des mâles. Cependant com- 
me je n'ai point trouvé ces infectes accouplés , je n'ofe 
affurer ce fait. * 


3. LIBELLU LA corpore cœruleo cinereoque alterno ; 
als punélo marginali nigro. Linn. faun. fuec. nr. 763. 


DE SH ÂANSE C TES: 223 


Linn. fyft. nat. edit. vo , p. s46 , n. 18. Libellula puella, 
Rofel. inf. vol, 2, tab, 10, fig. 3, 4. Infe@& aquatil. claff: 25 


L'amelie. 
Longueur 14 lignes. 
Ses ailes font blanchîtres , finement veinées de noir 
avec un point noir fur le bord extérieur vers le bout. Sa 
tête eft d’un bleu cendré avec les yeux bruns. Le corcelet 
qui eft bleu , eft orné de trois bandes longitudinales bru- 
nes, une au milieu ; & deux plus étroites fur les côtés. 
Les fegmens du ventre font bleus , avec un anneau noir 
vers leur bout poftérieur. Ils font au nombre de neuf, & 
les deux derniers font plus gros que les autres & tout 
bruns. On trouve cet infeîte dans les prés. 


4. LIBELLUL A corpore ixfra cœruleo-viridi , fupra- 
Jfufco , thorace fafciis fufcis , cærulefcentibusque alter- 
ris , pundo alarum marginall nigro. 

Rofel, inf. vol, 2 , tab. 11, fig. 7. Infect, aquatil. claffe 1e 


La dorothee. 
Longueur 14 lignes. 

Je ne vois d'autre différence entre celle-ci & la précé- 
dente , que cette raie longue & brune , qui couvre tout 
le deflus du ventre. Du refte le corcelet & les aîles font 
tout-à-fait femblables. Mais ce‘qu’il faut remarquer, c’eft 
que dans certe efpéce- ci tout ce qui eft bleuâtre dans 
les mâles , eft d’un jaune un peu vert dans les femelles. Je 
les ai trouvés fouvent accouplés dans les prés. 


W.B. LIBELLUL A corpore infra fulvo , fupra 7970 ; 


thorace fulyo fufcoque variegato, punélo alarum margi- 
zali fufco. 


Celle-ci n’eft qu'une variété de la précédente, dans la- 
quelle tout ce qui étoit bleu ou vert dans l'autre fe trou- 
ve de couleur fauve , tandis que la raie de deffus le corps 
au lieu d’être brune eft noire. Quelquefois auffi les raies 


224 HISTOIRE ABRÉGÉE 
du corcelet fe trouvent manquer , & ce corcelet pour lors 
eft tout brun , avec les côtés feulement fauves. 


$- LIBELLULA corpore viridi pallide incarnato , 
thorace fafciis tribus longitudinalibus nigris, alis punc- 
to marginqli fufco. 

Ra. inf. p. 52,1 194 

La fophie. 

Longueur 16 lignes. 

Sa couleur eft d’un vert un peu rougeñtre & pâle , elle 

a feulement trois bandes noires longitudinales fur le cor- 
celet. Le deffous de fon ventre eft brun, & quelquefois 
en deffus il y a une raie brune longitudinale dans toute 
la longueur, mais elle n’eft pas conflante. Les ailes font 
réticulées & diaphanes, avec un point brun à l’extémité 
du bord extérieur. On trouve cette efpéce avec les deux 
précédentes auxquelles elle refflemble beaucoup. 


S 2'CO ND Et FAMILLE. 
Demoifelles à aïles étendues. 


6 LIBELLU LA als macula duplci marginal. Linn, 
faun. fuec. n. 764. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 543  n. x. Libellula quadrimaculata, 
Raj. inf. p. 49 : n. 3. Libella maxima ; abdomine longo tenui lævi viridi fplen« 
dente , ad initium & finem intumefcente. 


La françoife. 
Longueur :9 lignes. 

Sa tête ef brune & le devant au-deffus des machoires 
eft d’un jaune verdâtre. Le corcelet eft brun, mais cou- 
vert en-deffus de poils gris. Le ventre eft large en haut, 
mais il va en diminuant par le bas & il fe termine par deux 
appendices cylindriques. Sa couleur eft brune , en haut il 
eft un peu velu fur les côtés. Les quatre ailes font jaunes 
à leur bafe & le long d’une partie du bord extérieur, & de 
plus les inférieures ont au-deffous de cette couleur jaune, 

une 


DÉS ‘INSECTES. 22 


‘ühe tache d’un brun noir. Mais ce qui fait aifément dif- 


tinguer cette efpéce de toutes les autres, c’eft qu'elle a 
deux taches marginales au bord extérieur de chaque aile, 
une vers le bout à l'endroit où les autres efpéces en ont 
une , & une feconde prefqu’au milieu du bord extérieur 
qui dans cet endroit d'un étranglement. Toutes deux font 
d'un brun noir. Cette efpéce ef rare ici. 


7. LIBELLULA als albis,, ball luteis ; abdomine lu- 
tefcente. Planch. 13, fig. 1. 

Linn faun. fusc. n. 765. Libellula alis albis bafñ luteis. 

Linn. fift nat. edit. 10, p.541 , n. 2. Libellula flaveola, 

Ra. inf. p. 49, n. 4. LibeIlula maxima, abdomine breviore latioreque favo, 

Reaum. inf. tom. vi. tab. 35 site Te 

Rofel. inf. vol. 2 , tab. 6. Infe&. aquatil. claff, 2. 


L'éleonore. 
Longueur 16 lignes. 


Les yeux de cette efpéce font fortgros,de couleur brune 
& fe touchent vers le deffus de la tête. C’eft au-devant de 
cette Jonction des deux yeux, que fe trouvent les trois pe- 
tits yeux lifles, qui ordinairement font à la partie pofté- 
rieure de la tête , le corcelet large eft d'un brun noirâtre 
& velu , avec deux plaques jaunes un peu verdatres ; une 
de chaque côté. Les pattes font noires &-épineufes. Le 
ventre large, court , applati & compofé de neuf anneaux, 
eft noir en-deffous & jaune en-deffus. Les ailes diaphanes 
& claires ont à leur pointe une tache oblongue noire pla- 
cée au bout du bord extérieur, & à leur bafe il y a une 
affez grande tache d’un jaune brun. On trouve cette gran- 


de demoifelle dans les prés, & proche les rivieres. Elle 
vole très-vite. 


8. LIBELLULA ais albis, bafi luteis ; abdomine [u- 
pra pulvere cinèreo -cærulefcente confperfo. 
Rofel. inf. vol. 2, tab, 7, fig. 2 ,-3, Infe&. aquatil, claf, 24 
La philinte. 
Tome IL. Ff 


226 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Je crois celle-ci variété de la précédente. Elle n’en dif- 
fere que parce que fon ventre eft couvert en-deflus d’une 
oufliere cendrée bleuâtre. Pour tout le refte elle lui ref- 
femble tout-à-fait. 


9. LIBELLUL A #horace viridi nitido , léneis flavis ; 
als albis, abdomine nigro cœrulefcente. 

Linn. faun. fuec. n. 768. Libellula thorace viridi nitido, lineiïs flavis , alis pal- 
lidis, abdomine nigro. 

Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque 
cœruleo. 

idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore ,; & craffiore latioreque 
cœruleo, 


Reaum. inf. tom. ij. tab. 35, f. 2. 
La [y lvie. 
Longueur 2 pouces. 

Ses yeux font bruns, fa tête & fon corcelet font verdä- 
tres avec deux bandes jaunes ; mais un peu irrégulieres fur 
les côtés du corcelet. Ses pattes font d’un brun noir. Les 
ailes, du moins dans celles que j'ai, font tout-à fait dia- 
phanes, avec une petite tache brune oblongue au bord ex- 
térieur : M. Linnæus dit qu’elles font un peu jaunâtres. 
Le ventre cylindrique & gros eft jaune en-deflous, & 
en-deflus il eft noir , mais couvert d'une poufliere erife , 
cendrée & bleuâtre ; ce qui fait aifément diftinguer cette 


efpéce. 


10. LIBELLU L A s#rid-inaurata , als pallidis , pe- 
dibus nigris. Linn./faun. fuec. n. 769. 


Linn. Jyff. nat. edit, 10 , p. 544, n. 8. Libelluia ænea. 


L'aminthe. 
Longueur 18 lignes. 


Cette belle efpéce eft par-tout d’un beau vert doré, à 
lexception de fa levre inférieure qui eft jaunâtre , & des 
yeux qui font d’un vert brun. Le corcelet a quelques 
poils bruns. Les aïles font un peu jaunâtres ; avec les ta- 
ches marginales brunes au bord extérieur , & de plus les 


DES INSECTES. 527 
aîles inférieures ont leur bafe lavée d'un peu de jaune 
clair. Le mâle a quatre pointes à la queue , dont les deux 
fupérieures font velues , & les inférieures fourchues. La 
femelle a les deux appendices de fa queue femblables à 
des feuillets, ce qui eft commun à plufieurs efpéces de 
ce genre. 


11. LIBELLULA Zateribus flava , alis albis. Linn. 


faun. fuec. n. 767. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 544, n. 6. Libellula vulgatiffima. 
Raj. inf. p. so, n. 7. Libella major, præcedenti congener. 
Swammerd. 4°, p. 175, 1.8, f. 6. 


La jufline. 
Longueur 17 lignes. 

Elle eft brune ; mais fon front eft jaune , ainfi que les 
côtés de fa poitrine & de fon ventre. Ses aïles font très- 
diaphanes , & n’ont que la petite tache du bord extérieur, 
qui eft oblongue , d’une couleur brune un peu cendrée , 
avec les bords noirs , ce qui fait le caraëtere fpécifique de 
cette efpéce , que l’on trouve avec les précédentes. 


12. LIBELLULA fuba, alis flavefcentibus, thoracis 
lateribus lineis duabus flavis , fronte flavefcente , cauda 
diphy La. 


Linn. faun. fuec. n. 770. Libellula grifea , alis flavefcentibus , thoracis late< 
ribus lineïs flavis, cauda diphylla. 

Linn. [ÿft. nat.…edir, 10,p. 544, n. 9. Libellula grandis. 

Raj. inf. p. 48, n. 1. Libella maxima vulgatiffima , alis argenteis. 

Idem. p. 49, n. 2. Libella maxima abdomine longo tenuiore , alis fulvefcen< 
tibus, 

Idem. p. 140, Libella maxima , abdomine longiffimo tenuiore, alis fulvefcen- 
tibus. 

Mouffet. inf. p. 67. Libella major. 1, 3. 

Reaum. inf. tom. vj. tab. 35, f. 3. 

Rofel. inf. vol, 2, tab. 2. Infe&, aquatil. claff: 2. 


La julie. 
Longueur 28 lignes. 
Cette efpéce eft la plus grande de toutes celles de ce 


pays-ci. Sa tête eft jaune fur-tout en-devant , & fes yeux 
Ff i 


228 H LS TOMREN A BRÉGÉE 

font brufs. Ces yeux qui font fort gros fe joignent au-def- 
fus de la tête , &:font fouvent parfemés de points élevés 
& luifans, ce qui feroit un caraétere bien diftinétif s’il 
étoit conftant , mais quelquefois ces points manquent, ou 
il n’y en a tout au plus qu'un ou deux. Le corcelet-eft de 
couleur fauve avec deux bandes obliques citronnées de 
chaque côté. Le ventre qui.eft fort long, eft aufli de cou- 
leur fauve foncée , fouvent tacheté de blanc au haut & au 
bas de chaque anneau. Les petits feuillets qui terminent 
le ventre font fort longs dans cette efpéce. Les aïles font 
plus ou moins jaunâtres avec une tache brune au bord 
extérieur. À la naiflance de chaque aile il y a une petite 
éminence brune , noirâtre. 


13, LIBELLU LA s#horace luteo-virefcente , lineis ni- 


gris ; abdomine nigricante caraüleribus flavis. Linn. 
Jjaun. fuëc. n 771. 


Linn. fyft. nat. edit, 10 ,p. 545$, n. 11. Libellula forcipata, 

Petiv. muf. 84, n.819. Libella major, corpore compreffo flavefcente. 

Merr. pin. 197, n. 4. Libella maxima lutea , cüm 4. vel $ fpinis in extremitate 
caudæ: | à 

Reaum. inf. tom.iv, tab. 10,f. 4, &tom.vj. tab. 35 fig. s. 

Rofel, inf. vol. 1 , tab. $. Infe&, aquatil. claf]. 2. 


La caroline. 
Longueur 23 lignes. 

” Sa tête eft jaune & a de gros yeux bruns. Son corcelet 
eft aufli d'un jaune tirant un peu fur le vert, avec trois 
lignes noires de chaque côté qui defcendent obliquement 
de l'extérieur vers l'intérieur. Le ventre qui eft fort long 
& brun eft compofé de neuf anneaux. Sur le dos du ventre’ 
dans le milieu eft une bande Jaune , mais qui fe termine: 
au fixiéme anneau, fans aller fur les trois derniers. De plus 
tous les anneaux ont ‘fur les côtés deux taches jaunes, 
une au haut de l'anneau plus petite & tranfverfe , l'autre. 
plus bas, longitudinale , un peu courbe , & dont les poin- 
tes regardent le. deflous du corps. Les aïîles font tranfpa- 
rentes, fans couleur; & elles ont là tache oblongue & : 


DES INSECTES. 229 
noire du bord extérieur. On trouve cette efpêce avec les 
autres dans les prés & les endroits aquatiques. 


14. LIBELLU L A #horace virefcente , abdomine fufco, 


charaileribus flavis. 
La cecile, 


Celle-ci plus grande que la précédente ; pourroit bien 
n’en être qu’une variété. Elle a comme elle la tête jaune 
& de gros yeux bruns, le ventre brun avec des taches 
jaunâtres fur les côtés, ainfi que vers Le bas & le haut de 
chaque anneau. La feule différence confifte dans le corce- 
let & le premier anneau du ventre qui font d’un vert jau- 
nâtre fans mélange d'aucune autre couleur. Les pattess 
font brunes & les ailes quelquefois un peu colorées de 
jaune , avec la tache oblongue du bord un peu cendrée. 


PER" LA: 
BRAS PE RILTES 
Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 
Ale incumbentes , cruciatæ ; Ailes égales, couchées & croi- 
æquales. fées fur le corps. 
Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua- 
tre barbillons. 
Cauda bifeta. Queue terminée par deux foies. 
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


Plufeurs Naturalifes ont confondu enfemble la perle 
& la frigane , qui réellement approchent beaucoup l’une 
de l’autre ; toutes deux ont leurs antennes longues & min- 
ces comme un fil; toutes deux ont quatre barbillons à la 
bouche & trois petits yeux liffes fur la tête ; enfin la friga= 
ne & la perle viennent de larves aquatiques qui fe reflem- 
blent beaucoup. Mais il y a deux caraéteres qui diftinguent 
ces infectes. D'abord la perle porte à fa queue deux lon- 
gues appendices fort minces , comme des efpéces degoie , 
& qui ne fe trouvent point dans la frigane ; de plusleSailes 


230 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 

de la perle font croifées & couchées le long de fon corps, 
au lieu que la frigane porte les fiennes latéralement , en 
toit aigu, & relevées par le bout à peu près comme cel- 
les des teignes. Ces deux caraéteres , mais fur-tout la 
différence de la queue, nous ont engagé à diflinguer ces 
deux genres, dont le port ef très-différent. 

Nous ne nous étendrons pas beaucoup fur les larves 
de ces infeétes , qui reffemblent tout-à-fait à celles de la 
frigane dont nous donnerons plus bas une defcription dé- 
taillée. Il nous fuffit de dire ici que ces larves font allon« 
gées & que leur corps eft compofé de plufieurs anneaux 
avec fix pattes & une tête écailleufe. Ces larves qui vi- 
vent dans l’eau, habitent une efpéce de tuyau , dont l'in- 
térieur eft de foie filée par l’infeéte , & dont l'extérieur 
eft recouvert de différentes matieres , tantôt de fable, 
tantôt de coquilles ou de plantes que linfeéte a forte- 
ment attachés avec des fils à fon fourreau. Nous ne pou- 
vons pas cependant nous difpenfer de parler en particulier 
du joli fourreau que fe conftruit la larve de la perle Jau- 
ne , qui eft une des plus communes & des plus petites ef- 
péces de ce genre. Cette larve recouvre fon fourreau avec 
les feuilles de la lentille d’eau, qu'on voit en grande quan- 
tité fur la furface des eaux dormantes. Mais elle n’employe 
pas cette feuille telle qu’elle eft. Elle la taille & la coupe 
en petits morceaux quarrés très-réguliers ; elle ajufte bout 
a bout fur fon fourreau ces petits quarrés verts, qui for- 
ment une efpéce de fpirale femblable à un ruban vert 
qu’on auroit roulé fur un cylindre. Rien n’eft plus joli 
que ce fourreau vert ainfi travaillé, & on ne le prendroit 
pas d’abord pour la demeure d’un infeëte. 

C’eft dans ces fourreaux que les larves des perles fe mé- 
tamorphofent. Lorfqu'elles veulent fe changer en nym- 
phes , elles bouchent Pouverture de leur fourreau avec 
des fils qui forment un tiffu lâche , par lequel l'eau péné- 
tre toujours dans leur demeure , mais qui en défend lap- 
proche aux infeétes voraces qui pourroient leur nuire. Cet 


DES TINSEECTES: 231 
ouvrage fait ; la larve change de peau, & devient une 
chryfalide longue dans laquelle on diftingue aifément les 
différentes parties de l’infeéte parfait. Au bout de quelque 
tems on voit cet infedte fortir de ce fourreau qui eft 
près de la furface de l'eau, & s'élever enfuite dans l'air 
qui eft l'élément qu'il doit habiter fous fa derniere forme. 

La perle eft allongée. Ses ailes font grandes & chargées 
de nervures qui forment un refeau. Lorfqu'elle veut dé- 
pofer fes œufs, elle va chercher l’eau qui doit les recevoir; 
aufli rencontre-t-on fouvent ces infeétes au bord de l’eau. 


1. PERL A fafca, capite thoraceque linea longitudinal 
flava , alis fufco reticulatis. Planch. 13, fig. 2. 
Linn. faun. fuec. n. 744. Phryganea alis venofo-reticulatis, cauda bifeta, 


Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 548 , n.8. Phryganea bicauda. 
A&. Unf. 1736 » pe 27, n 1. Hemerobius cauda bipili, alis cinereis venofo- 


reticulatis. 
Wagn. helv. p. 217 , 228, 219. Mufca aquatilis æftiva major. 
Reaum. inf. tom. iv , tab, 11, f.9, 10. 


La perle brune à rates jaunes. 
Longueur 8 lignes. 

Sa couleur eft toute d’un brun obfcur & foncé, il n’y a 
qu'une feule bande jaune longitudinale qui parcourt le 
milieu de fa tête & de fon corcelet. Ses antennes font lon- 
gues, filiformes & brunes ainfi que fes pattes. Son ventre 
fe termine par deux filets bruns prefqu'aufli longs que les 
antennes. Ses ailes plus longues d’un tiers que fon corps 
fant veinées de nervures brunes. Ces aïles font étroites 
par le haut, larges par le bas, appliquées & collées fur 
le corps qu’elles enveloppent , & croilées les unes fur les 
autres. On trouve cet infecte au bord des rivieres & des 
eaux. 


2. PER LA fufca, abdominis lateribus pedibufque pal- 
lido-flavis , alis fufco-venofis. 


Reaum. inf. tom. 11 , tab. 13, f. 11e 


La perle brune à pattes jaunes, 


232 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Cette efpéce un peu plus petite que la précédente,varie 
beaucoup pour la grandeur. Les plus grandes ont fept 
lignes environ de long. Leur couleur eft brune avec un 
peu de Jaune fur la tête. Les côtés du ventre & les pattes 
font auili jaunâtres. Les antennes qui font longues , font 
de couleur noire, à l’exception de leur bafe qui eft jaune. 
Sur la tête , outre les trois petits yeux lifles, on voit en- 
core quelques tubercules. Le col forme une efpéce de 
bouclier large & bordé. Les ailes pofées comme dans l'ef- 
péce précédente ,.furpaffent d’un grand tiers la longueur 
du corps, & les deux filets de la queue femblables aux 
antennes pour la forme débordent les ailes. On trouve cet 
infeéte avec le précédent. 


3. PERLA zigro-fufca, alis fubcinereis pallidis | cau« 
dæ fetis truneatis. 


Linn. faun. fuec. n. 748. Phryganea nigra , alis incumbentibus fubcinereo - nes 
bulofis , caudæ feris truncatis. 
Linn. [yff. nat. edit. 10, p.549, n. 15. Phryganea nebulofa. 


La perle brune à aïles pâles. 
Longueur $ + lignes 

Cette efpéce reffemble aux précédentes pour la forme. 
Elle eft toute brune & noirâtre. Ses aîles font pales un 
peu cendrées & veinées fur-tout vers le bord intérieur. 
Je n'ai point vû fur ces ailes les bandes blanches qu'y a 
remarquées M. Linnæus. Les filets de la queue font très- 
courts & les antennes plus courtes que le corps. 


4 PERL A Java, alis albis , oculs niorts. 
La perle jaune. 


Longueur 2 lignes, 

Quant à la forme, cette efpéce reffemble beaucoup aux 
précédentes. Sa couleur eft d’un jaune pâle ; fes yeux , les 
petits yeux liffes , & l'extrémité des antennes font noires; 
les ailes font blanches fans couleur ; ces aïles débordent 
le corps de moitié. Les antennes font prefque de la lon- 

gueut 


DES INSECTES 233 
gueur du corps. On trouve par-tout cette petite efpéce , 
qui fouvent pendant l'été entre le foir dans les maiïfons. 
Sa larve vit dans l’eau: nous avons parlé de fon Joli four- 
reau dans le difcours qui eft à la tête de ce genre, 


NRTICL.E! SE CO N°'D. 


RAT PAT D ISA 
L'AIR AP HRDIVE. 


Antennæ filiformes, Antennes filiformes. 
Alæ incumbentes. Aîles couchées fur le corps: 
Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua: 

tre barbillons. 
Cauda nuda. Queue fimple & nue. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Nous ne nous étendrons pas fur ce genre dont nous ne 
connoiflons qu’une feule efpéce , que nous n'avons même 
trouvée que rarement. Sa larve , fa nymphe & fa demeure 
nous font abfolument inconnues. Quant à fon caraëétere il 
eft formé par la réunion des cinq notes caraétériftiques que 
nous avons données ci-deflus. De plus la raphidie a une 
autre marque effentielle qui la diftingue aifément ; c’eft 
qu'elle ef la feule des infeétes de cette feétion qui ait qua- 
tre anneaux aux tarfes ; aufli forme-t-elle elle feule un ar- 
ticle à part. Du refte je n'ai point obfervé dans cet infette 
cette efpece d’aiguillon ou de pointe à la queue, que M. 
Linoæus donne pour un caraétere de cet animal. 


1. RAPHIDIA. Planch. 13, fig. 3. 


Linn. faun. fuec. n. 730. Raphidia. 

A&. Upf. 1736, p. 28, n. 1. Raphidia aculeo recurvo. 
Linn, fyft. nat. edit. 10, p. $$2, n. 1. Raphidia ophiopfis. 
Rofel. inf. vol. 3 , fupplément tab. 21,f. 6,7. 


La raphidie. 


Longueur 6 lignes. 


Cet animal eft un des plus finguliers que l’on puifle voir 
Tome II. G£g 


o 


234 HISTOIRE ABRÉGÉE 
pour fa forme. Il à la tête allongée formée en cœur dont 
la pointe tiendroit au corcelet & dont l'endroit le plus 
large feroit en devant. Cette tête eft lifle , noire ; appla- 
tis, avec des antennes courtes ; des machoires jaunûtres 
& quatre antennules. Sur le milieu de la tête en-deffus 
entre les yeux, font les trois petits yeux liffles rangés en 
triangle. Le corcelet auquel tient cette tête eft étroit , 
long & cylindrique. Le ventre plus large eft noir com- 
me le refte du corps avec les anneaux bordés de jaune. 
Les pattes font jaunâtres. Les aîles qui font pofées en toit 
font blanches , diaphanes, veinées & comme couvertes 
du refeau noir fort fin. Cet infeëte reflemble pour la fi- 
gure de fa tête au #ecmare à tête écorchée, n°. 11. Il eft 
rare, Je ne l'ai jamais trouvé que deux fois & toujours 
dans les bois. 

ARTICLE TROISIÉME, 


EPHEMER A. 
L'ÉPHÉMERE. 


Antennæ breviffime. Antennes très-courtes. 
Al inferiores multo breviores.  Aîles inférieures beaucoup plus 
courtes que les fupérieures. 
Cauda fetofa. Queue terminée par plufieurs 
foies. 
Ocelli tres magni ante oculos. Trois yeux lifles & grands de- 


vant les yeux. 


On a donné à ces infeétes le nom d’éphémere à caufe 
de la briéveté de leur vie , lorfqu’une fois ils font parve- 
nus à leur dernier état d’infeéte parfait. Plufieurs d’en- 
tr'eux ne vivent réellement qu’un feuljour fous cette for- 
me , quelques-uns même n'ont pas plus de quatre ou cinq 
heures de vie. ; 

C’eft dans l’eau qu’on trouve la larve finguliere de l’é- 
phémere. Cette larve eft oblongue , fa tête eft affez groffe: 
fon corcelet eft compofé de trois anneaux, & on en comp- 
te dix au ventre. Mais ce qui rend cette larve remar- 


DES : INSECTES. L'UPARE 
; | : CS 

quable, ce font des efpéces de nageoires, des appendices 
très-joliment conftruites au nombre de douze, fix de cha- 
que côté du ventre , que l'infeéte agite perpétuellement 
avec beaucoup de vivacité. Ces nageoires font attachées 
aux fecond , troifiéme , quatriéme , cinquiéme , fixiéme 
& feptiéme anneaux du ventre. Le premier anneau n’en a 
point, non plus que les trois derniers , mais le dernier a 
quelques autres particularités. On y remarque trois longs 
poils, barbus comme les côtés d’une plume , qui fant ac- 
compagnés de deux appendices plus courtes dans les fe- 
melles que dans les mâles , où il y en a encore deux au- 
tres plus petites. On peut par le moyen de ces appendices 
diftinguer les larves des males d'avec celles des femelles, 
On les reconnoit encore par la grandeur des yeux, qui 
font plus gros dans les mâles. 

Ces larves varient pour la couleur: fouvent elles font 
jaunes, quelquefois d’un bleu qui tire fur le vert. Rien 
n'’eft plus charmant que cette larve, lorfqu’on l’examine 
dans l’eau, Lors même qu'elle eft en repos , les belles 
panaches de fa queue font étendues , & fes nageoires 
jouent continuellement des deux côtés du ventre , ce qui 
forme le plus agréable fpeétacle. 

Ces larves d’éphémeres ne croiffent que fentement, 
Elles reftent trois ans entiers fous cette forme avant que 
de fe métamorphofer. Pendant tout ce tems elles vivent 
dans l’eau , où elles fe font pratiqué des habitations en 
creufant des trous ronds & profonds dans la terre qui 
forme les bords de la riviere. Ces infeëtes font ces trous 
à fleur d'eau plus haut ou plus bas à mefure que leau 
monte ou defcend. C'eft-là qu'ils fe retirent pour fe mettre 
à l'abri des poiflons & des infeétes aquatiques voraces qui 
les recherchent. Pour euxla terre & l'argile paroiffent faire 
leur feule & unique nourriture. 

Lorfque la larve de l’éphémere veut fe métamorphofer, 
elle s'éleve à la fuperficie de l’eau , & elle fort dans l'inf- 
tant de fa dépouille de larve. Aufli-tôt elle s’éleve en l'air 

GB i) 


236. HISTOIRE ABRÉGÉE 

en voltigeant , s'attache au premier endroit qu’elle ren- 
contre, & y quitte une feconde dépouille ; mince, blan- 
che &tranfparente, que l’on trouve fouvent attachée pen- 
dant l'été aux vitres des fenêtres. C’eft alors que l’éphé- 
mere eft devenue infeëte parfait. En fortant de fa dépouille 
délarve ; elle voloit & paroïfloit très-parfaite. Ce n’étoit 
cependant qu'une chryfalide , mais chryfalide très fingu- 
liere , puifqu'elle eft pourvue d’ailes dont elle fe fert très- 
bien. Nous n’avons obfervé que ce feul infeéte qui ait une 
pareille chryfalide. L’éphémere au refte n’eft qu'uninflant 
fous cette forme ; elle s’en dépouille tout de fuite & de- 
vient infeéte parfait. Il falloit que ces différens change- 
mens s’exécutaflent promptement dans un infeéte qui 
fouvent ne vit que quelques heures dans fon dernier état. 
Mais ce qui paroit fingulier , c'eft que cet infeéte qui ne 
doit être ailé & parfait que pendant un efpace de tems 
fi coutt , refte trois ans entiers dans fon état de larve. 

L'’éphémere, en fortant de l’eau pour fa premiere tranf- 
formation, avoit acquis beaucoup plus de longueur & de 
grandeur que fa larve. Lorfqu'elle quitte fa dépouille de 
chryfalide , elle acquiert encore plus de grandeur. Ses 
pattes fur-tout & les filets de fa queue paroiffent beaucoup 
augmentés, Mais la différence qu'il y a entre ces deux 
changemens , c’eft que dans le fecond l’éphémere ne chan- 
ge pas de figure comme dans le premier ; la chryfalide 
& l'infeéte parfait font fi femblables à la grandeur près; 
qu'il n’eft pas poflible de les diftinguer. 

L'éphémere devenue infééte parfait eft allongée. Sa 
tête eft groffle & fes antennes font fi courtes, qu'a peine 
les apperçoit-on. Les yeux liffes qui font très-petits dans 
la plüpart des infeëtes , font très-grands dans plufieurs ef- 
péces de ce genre. Comme ils font placés devant les yeux 
a refeau , & que fouvent ils font aufli grands & même plus 
grands qu'eux , il femble que ces infeétes ayent quatre ou 
cinq yeux qui femblent couvrir toute leur tête. Leurs ailes 
fupérieures font grandes pour le volume de l’animal ; 


DES INSECTES. 537 
mais les inférieures font fi petites & fi courtes, qu’à peine 
les apperçoit-on. Enfin la queue eft terminée par deux ou 
trois {oies longues ou efpéces de filets , outre quatre peti- 
tes appendices qui ne fe trouvent que dans les mâles. La 
réunion de ces différens caraéteres fait aifément reconnoi- 
tre ces infeétes. On peut aufli diftinguer les males d'avec 
les femelles par les appendices de la queue. Ces males ne 
s’accouplent point avec leurs femeiles ,; comme font les 
infectes & la plüpart des autres animaux. La propagation 
des éphémeres fe fait d’une maniere toute différente , il 
n'y a pas d'accouplement. La femelle après fa derniere 
métamorphofe retourne vers l'eau d’où elle ef fortie , là 
elle fe foutient avec les filets de fa queue fur la furface de 
l'eau en battant des aïîles, & dans cette fituation prefque 
droite , elle Jette fes œufs fur la furface de la riviere. Le 
mâle aufli tôt va.les féconder en répandant deffus la li- 
queur fpermatique , à peu près defla même maniere que 
les poiffons fécondent les œufs de leurs femelles. Ceux 
de l'éphémere font prefque ronds & tiennent enfemble 
par des petits filets qui les raflemblent en paquets. 

C'eft dans le courant de l'été & principalement dans les 
mois de juin & de Juillet que les éphémeres fe métamor- 
phofent en infettes parfaits. Souvent il en vient une fi 
grande quantité à la fois , que tous les environs de la ri- 
viere en font couverts & que l'air en eft obfcurci. Mais 
ces effains d'éphémeres ne durent pas long-tems. Comme 
ces infeétes ne vivent fouvent que quelques heures ;, après 
deux ou troisjours on en eft délivré, & on voit tout à 
coup difparoître cette multitude d'infeëtes,dont beaucoup 
tombent dans l’eau & fervent de pâture aux poiflons. Aufli 
dans certains endroits les pécheurs appellent-ils ces infec- 
tes la manne des poilons. J'ai vû quelquefois des vents 
d'orage amener de ces effains d’éphémeres dans le centre 
de Paris, & inquiéter beaucoup les habitans du quartier 
dans lequel ils étoient portés. 

Ces petits animaux ne prennent point de nourriture fous 


238 HISTOIRE ABRÉGÉE 

leur derniere forme, lorfqu'ils font devenus infeêtes par- 
faits. Aufli-tôt après leur métamorphofe,ils font leurs œufs 
& périflent au bout de quelques heures fans avoir befoin 
de fe nourrir. Il femble qu’ils ne parviennent à Pétat d’in- 
fecte parfait que pour multiplier leur efpéce ; cet ouvrage 
accompli, Pinfeëte périt , & l'état brillant auquel il étoit 
parvenu , après avoir rampé fous Peau pendant trois ans 
entiers, commence & finit prefque dans Île même inf- 
tant. 


1. EPHEMER A a%s nebulofo-maculatis , cauda tri- 
Jeta. Linn. faun. [uec. n. 750. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 546, mn, 1. Ephemera vulgata. 


L'éphémere à trois filets & aïles tachetees. 
Longueur 8 , 9 lignes. 

Cette efpéce d’éphémere eft la plus grande que nous 
ayons dans ce pays-ciffElle eft brune par-tout. Ses ailes 
font ornées de veines brunes qui forment un refeau , & 
de plus elles ont cinq ou fix taches de la même couleur. 
Elle porte à fa queue trois filets bruns , à peu près de la 
longueur de fon corps. 

J'en ai une variété un peu moins grande, & dont les 
ailes font moins tachées, du refte elle eft tout-à-fait fem- 
blable à l’autre. 


2. EPHEMERA Zuréa, alis albis reticulatis , cauda 
tr1feta. 


L'éphémere à trois filets & aïles réticulees. 
Longueur $s lignes. 

Sa couleur eft jaune, mais fes yeux font noirs; il y a 
aufli quelques points bruns fur les côtés des anneaux du 
ventre , & les trois filets de la queue prefqu'auffi longs que 
le corps font joliment entrecoupés de jaune & de noir. 
Ses ailes blanches , diaphanes , & quelquefois un peu 
jaunâtres,font couvertes d’un refeau fin de vaifleaux bruns 
fort petits. 


DES INSECTES. 239 
3. EPHEMERA Zeo-fufca, alis fülco-viridibus s 


cauda trifeta. 
Rofel. inf.vol. 2, tab. 12, fig. » , 6. Infe&, aquatil. claff. 2e 
L’éphémere à trors filets & aïles brunes. 


Il eft aifé de diftinguer cette efpéce de la précédente à 
laquelle elle refflemble aflez pour la couleur & la gran- 
deur , 1°. parce qu’elle eft plus brune ; 2°. parce que fes 
aîles verdâtres font membraneufes fans être réticulées ; 
3°. parce que les trois filets de fa queue ne font point 
entrecoupés de jaune & de noir , mais d’une feule couleur 
jaunâtre. De plus ces filets vüs à fa loupe paroiffent velus, 
au lieu que ceux de l’efpéce précédente font lifles, 


4. EPHEMERA igra, cauda trifeta. 
Linn. [yff. nat, edit. 10, p.547, n. 6. Ephemera vefpertina, 
Léphémere noire à srois filets. 

Longueur 1 ligne., Largeur à ligne. 

Cette efpéce eft la plus petite que je connoiffe de tou- 
tes celles de ce genre. Sa tête fon corcelet , fon ventre , 
fes pattes , en un mot tout fon corps eft de couleur noire. 
Jl n’y a que fes ailes qui foient claires & tranfparentes , à 
l’exception de leur bord extérieur qui eft noirâtre. Les an- 
tennes & les filets de la queue font très-longs & égalent 
trois fois la longueur du corps. Je nai trouvé ce petit in- 
fete qu’une feule fois dans Paris, voltigeant au bord de la 
feine. 


$s EPHEMER A sea , alis albis reticulatis , cauda 
bifeta. Planch. 13 , fig. 4 


L’éphémere jaune à deux filers & aëles réticulees. 
Longueur 4 lignes. 

Je doute beaucoup que ce foit cette efpéce que M. 
Linnœus ait voulu défigner n°. 751, de fa fauna fuecica. 
La notre eft Jaunâtre ; fon ventre eft un peu brun, & cha- 


240 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

que anneau eft chargé de trois points noirs, ce qui fait 
trois bandes longitudinales de points fur le ventre. Ses 
ailes font réticulées & diaphanes, fi ce n’eft à leur bord 
extérieur qui efl un peu Jaune. Les deux filets de fa queue 
plus longs que fon corps, font un peu entrecoupés de jau- 
ne & de brun, & fes yeux font noirs. 

Celle de M. Linnæus a deux tubercules plus gros 
que les véritables yeux , ce qui n’eft pas dans la nôtre. Son 
corcelet eft plat & nébuleux , celle que nous avons a le 
corcelet rond & jaune. Pour le refte elles font toutes les 
deux affez femblables. 


6. EPHEMER A fufca, cauda bifeta , alis albis. Linn. 
Jfaun. fuec. n. 753. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $47 , n. 3. Ephemera culiciformis. 

L'éphémere à deux filets & aïles blanches. ; 

Longueur 2 liznes, ° 
Cette petite éphémere eft toute brune ; quelquefois ce- 

pendant fon ventre eft plus clair & fes pattes font blanchä- 

tres. Ses aïles n'ont aucune couleur, & font très-tranfpa- 

rentes. Les filets de fa queue font blanchätres & plus longs 

que fon corps. Elle a fur fa tête deux gros tubercules pla- 

cés au-deffus des yeux qu'ils couvrent en partie. 


7. EPHEMER A #horace fufco , abdomine albo , cauda 
bifèta , alis fufcis ftriatis. 


L'éphémere à deux filets & aïles brunes. 


Elle eft un peu plus grande que la précédente. Sa cou- 
leur eft brune , mais fon ventre eft blanchâtre. Ses aïîles 
font un peu brunes , & chargées de veines qui ne forment 
point de refeau. Sa queue a deux filets de la longueur de 
fon corps, de couleur pâle, & fa tête a deux tubercules 
aflez marqués pofés fur les yeux. 


8. EPHEMER A a%s albis, margine craffiore, nigri- 
canribus , cauda bifera. Linn. faun. fuec. n 754 
Linnr 


DES INSECTES. 241 


Linn. fyff. nat. edit, 10, p. $47 , n. 4. Ephemera horarias 
AG, Upf. 1736, p.27, n. 3. Ephemera alis albis minima, 
Swammerd, in-4°. p. 87. Ephemera minima, 


L'éphemere à deux filets & aïles marginées. 
Longueur 3 lignes, 

Sa couleur eft brune , fes pattes font blanchîtres , les 
anneaux de fon ventre font aufli bordés de blanc, & les 
deux filets de fa queue font blancs, ponétués de noir. Ses 
ailes font diaphanes & blanches , mais leur bord extérieur 
eft plus épais & noirâtre. Ses pattes de devant font très- 
longues; fur fa tête il y a deux gros tubercules pofés fur 
les yeux qui fe trouvent cachés enforte qu'on ne les voit 
que fur les côtés. En- devant font les petits yeux lifles. 
Par cette conformation il femble que l’infeéte ait fept 
yeux, trois de chaque côté & un au milieu ; favoir les 
deux gros tubercules , les deux yeux reticulés , & les trois 
yeux liffes dont un eft au milieu & impair. Cette efpéce 
fe trouve fouvent fur les fenêtres où elle laïffe fa dépouil- 
le. Elle fort le foir de l’eau en grande quantité, fubit fa 
métamorphofe , dépofe fes œufs, & périt fouvent avant 
vingt-quatre heures. 


PHRYGANEA. 
LA FRIGANE. 


Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 
Al laterales , teétiformes, pone  Aïles pofées latéralement en 
afurgentes. forme de toit, & relevées à l’ex- 

trémité. 

Os tentaculis quatuor. Bouche accompagnée de qua- 
tre barbillons. 

Cauda nuda. Queue fimple &nue. 

Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


La frigane fe difingue aifément des autres genres de 
cette feétion , & en particulier de ceux qui font renfermés 


dans ce troifiéme article ; par la réunion des différens ca- 
Tome LI. 


242 HISTOIRE ABRÉGÉE 

racteres que nous donnons de cet infecte. Parmi ces carac- 
teres , il y en a un plus particulier à ce genre que les 
autres : il confifte dans la forme de fes ailes qui font 
pofées latéralement , qui fe réuniffent en haut en forme de 
toit aigu , & qui ont l'extrémité poitérieure plus relevée , à 
peu près comme on l'obferve dans les teignes & quelques 
phalênes. C’eft cette forme d’ailes , Jointe aux couleurs 
dont elles font fouvent ornées , qui a fait nommer ces 
infeêtes pat quelques Naturaliftes , mouches papidionacees. 
D'autres ont joint enfemble ce genre & celui des perdes , 
quoiqu'ils foient trés-aifés à diftinguer l’un de l'autre par 
les filets de la queue qui fe voyent dans les perles & qui 
manquent dans les friganes ; & par les piéces ou anneaux 
des tarfes , dont le nombre ef différent dans ces deux gen- 
res. Il eft vrai qu'ils fe refflemblent par le lieu qu'ils habi- 
tent , par la forme & la couverture de leurs larves & 
par quelques-autres caraéteres , tels que la ftrutture des 
antennes & de la bouche : mais les autres marques carac- 
tériftiques doivent les faire féparer. 

Les larves des friganes refflemblent à celles des perles, 
dont nous avons déja parlé. En général elles font longues, 
compofées de plufieurs anneaux , avec une tête écailleufe 
& fix pattes. Cette tête des larves des friganes eft munie 
de deux fortes ferres , larges par le bout où elles fe tou- 
chent , & très-propres à pouvoir couper. Cette bouche 
ainfi armée de ferres, eft placée dans la cavité d’une efpé- 
ce de cafque écailieux , dont la partie fupérieure forme la 
levre de deffus , tandis que la levre inférieure eft com- 
pofée de trois parties en forme de pyramides ou cônes 
renverfés , à peu près comme celle des chenilles. Auñfi cet 
infeéte a-t-il une filiere dont il fe fert comme elles pour 
tramer l'intérieur du fourreau dans lequel il habite. 

Après la tête de l’infeéte , on compte douze anneaux 
qui compofent fon corps. C’eft aux trois premiers anneaux 
que tiennent les fix pattes de linfeéte , deux à chaque an- 
neau , une de chaque côté. Ces pattes ne font pas toutes 


DES INSECTES. 243 
fix de la même grandeur. Les deux premieres font plus 
petices & les deux dernieres beaucoup plus grandes. Les 
deux premiers anneaux , ceux auxquels font attachées les 
deux premieres paires de pattes, font écailleux. Le troifié- 
me anneau , duquel les dernieres pattes les plus longues de 
toutes tirent leur origine , n’eft point écailleux comme les 
deux premiers , il eft Jjaunâtre & piqué de points bruns. 
Celui qui le fuit , eft encore remarquable par trois tuber- 
cules ou mammelons qu'on y obferve ; favoir, un en-def- 
fus fur le milieu & deux fur les côtés. Il eft difficile de dé- 
terminer l’ufage de ces tubercules. Les huit autres anneaux 
font tous figurés à peu près de même. Ils ont chacun fur 
les côtés des touffes de filets blancs qui forment des 
aigrettes fort Jolies , & qui femblent avoir quelqu’analogie 
avec les ouies des poifluns. Outre ces filets , l’infeéte a 
quelques poils , principalement à la tête & à la queue. En- 
fin le dernier anneau eft remarquable par deux crochets 
écailleux & très - forts qui fervent à l’infeéte à fe crampo- 
ner & à s'attacher à.fon fourreau. 

Ce fourreau dans lequel la larve de la frigane habite, eft 
une efpéce de coque ou tuyau de foie , couvert de toutes 
fortes de matieres , telles que du bois , du fable , des 
plantes , des coquilles. Ces matieres , dont la plüpart font 
plus légeres que l’eau , rendent le tuyau moins pefant, 
enforte que l’infeéte le porte-& le traine avec plus de faci- 
lité. 1] marche avec fes fix pattes , dont les dernieres plus 
longues que les autres paroiffent cependant au- dehors & 
peuvent agir , quoique Pinfeéte ne fafle fortir de fon étui 
que fa tête & les deux premiers anneaux de fon corps. 
Rien n’eft plus fingulier que de voir la frigane fe promener 
ainfi dans l'eau , avec ce fourreau que les matieres dont il 
eft couvert rendent très barroque pour fa figure. 11 femble 
que ce foit une efpéce de trophée de plantes & de coquil- 
les , parmi lefquelles il y en a plufeurs où l’habitant de la 
coquille vit encore , mais fe trouve arrêté & entrainé par 
la frigane. 

Hhi] 


244 H1STOIRE ABRÉGÉE 

Ce n’eft que par le moyen des deux crochets qui font au 
dernier anneau de fon corps , que la larve de la frigane 
tient à fon fourreau ; mais elle y tient fi fortement qu’il eft 
difficile de l'en tirer fans la bleffer. Si cependant on y par- 
vient & qu’enfuite on pofe ce fourreau vuide à côté d'elle, 
elle y rentre la tête la premiere par le bout antérieur qui 
eft ouvert , & enfuite elle fe retourne dans le fourreau 
bout à bout , faifant reparoitre fa tête à l'ouverture par la- 
quelle elle eft entrée. Mais après avoir été tirée de fon 
fourreau , fi elle ne le retrouve pas , elle s’en confiruit 
& s’en file un autre ; dans la compoñition duquel elle 
a foin de faire entrer des plantes & des coquilles dont eile 
le recouvre. 

Ces fourreaux étoient très-néceffaires pour mettre à l’a- 
bri cet infete , dont le corps eft tendre & mol , à l'excep- 
tion de fa tête & de fes deux premiers anneaux qui font 
écailleux ; & qu’il laifle ordinairement paroitre #euls à 
l'extérieur. Sans fon fourreau , il feroit devenu la proie 
d’un nombre infini d'infectes aquatiques & voracese Pour 
lui , il tire fa nourriture la plus ordinaire des plantes 
d’eau. 

Lorfque cette larve veut fe transformer , elle commen- 
ce d’abord par fixer & attacher fon fourreau , à l’aide de 
plufieurs fils contre quelque corps folide & immobile. En- 
fuite elle ferme la partie antérieure de ce fourreau , qui eft 
la feule qui foit ouverte , avec de gros fils de foie écartés 
l’un de Pautre ; ce qui forme une efpéce de grille par 
laquelle Peau peut entrer & fortir librement , mais qui 
fufit pour fermer l'entrée du fourreau aux infeétes qui 
pourroient nuire à la larve. C’eft dans ce fourreau ainfi 
fermé , que la larve fe transforme en nymphe en chan- 
geanc de peau. Cette nymphe eft grande & allongée, ainfi 
que la larve ; fa couleur eft d’un blanc un peu citron ; on y 
diftingue aifément toutes les parties que doit avoir l'infec- 
te parfait qui en fortira ; elle a de plus , comme la larve , 
des aigrettes de poils fur le ventre. Mais outre ces parties 


DES INSECTES. 24$ 
communes à la larve ou à l’infeéte parfait , la nymphe en a 
quelques-unes qui lui font propres & qu’on ne remarque 
que fur elle. Ce:font deux petites cornes charnues à fa par- 
tie poftérieure , qui peut-être lui fervent , comme les flig- 
mates , à pomper l'air, & deux petits crochets à fa partie 
antérieure. Ces crochets placés à la tête fe croifent en. 
devant & forment une efpéce de bec qui fait reffembler 
la tête de la nymphe à celle d’un oifeau. C’eft avec ces 
crochets que la nymphe déchire la grille de fon fourreau 
pour faire paffage à l'infeëte parfait auquel la nature n’a 
donné aucun infrument propre à faire cet ouvrage. 

J'ai eu des friganes qui font reftées dans cet état de 

nymphe pendant dix-fept ou dix-huit jours , les unes plus, 
les autres moins. La différence de la chaleur doit probable- 
ment accélérer ou retarder le tems de leur transformation. 
Au bout de ce tems, l’infecte parfait fort de fon fourreau 
que la nymphe a ouvert & déchiré , comme nous l'avons 
dit. 
Ces infeêtes font remarquables par la forme de leurs ai- 
les qui font fingulieres au moins dans la plüpart. Elles 
font , ainfi que nous l'avons déja dit , pofées perpendi- 
culairement fur le côté , & le bord fupérieur qui formeroit 
un toit aigu s’il étoit prolongé , fe replie, fe couche fur le 
corps , & forme avec le refte de l'aile un angle droit. Leur 
bouche eft formée par une petite trompe entourée de qua- 
tre barbillons ; favoir , deux fupérieurs plus longs, & deux 
inférieurs plus courts. Les antennes dans prefque toutes 
les efpéces font très- longues, quelques - unes les ont trois 
fois plus longues que le refte de leur corps ; fouvent ces 
mêmes antennes font Joliment entrecoupées d'anneaux 
alternativement blancs & bruns. Dans prefque tous ces in- 
fectes , les couleurs font obfcures & très-peu brillantes , 
quoique les ailes de quelques-uns foient un peu panachées. 
Les deux dernieres efpéces de ce genre font un peu plus 
courtes & plus larges que les autres & reffemblent à des 
petites mouches. 


246 HISTOIRE ABRÉGÉE 

On trouve ordinairement ces infettes auprès des rivieres 
& des eaux dans lefquelles habitent leurs larves. Iis font 
très-communs dans l'été. On les voit le foir voltiger fou- 
vent par troupes au bord de la Seine ; où ils vont dépofer 
leurs œufs. 


1 PHRYGANEA afs teflaceis ; nervofo - ffriatis. 
Planch. 13, fig. 5. 

Linn. faun. fuec. n. 738. Phryganea alis teflaceis, nervofo-friatis , antennis 
antrorfum porreétis. 

Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. $47 , n. 2. Phryganea firiata. 

Aë. Upf. 1736, p.27, n. 2. Hemerobius alis teftaceis venofo-ftriatis , antennis 

. longitudine alarum. . 

Raj. inf. p.274, n. 2. Mufca quadripennis, alis longis anguftis papilionum ia 
modum vaiepatis. 

Aldrov. inf. p. 763. Perlarum forte fpecies. 

Frifch. germ. 13 , tab. 3. Larva. 

Reaum. inf. tom. 3,tab. 13, f8,9, 11e 


La frigane de couleur fauve. 
Longueur 11 lignes. 


Cette grande efpéce eft par-tout de couleur fauve , à 
l'exception de fes yeux qui font noirs. Elle reffemble à une 
phalène par fon port d’ailes. Ses antennes font de la lon- 
gueur de fon corps ; elle les porte droites en devant ;, 
comme la plüpart des infe@tes de ce genre. Ses ailes font 
plus grandes d’un bon tiers que le refte de fon corps , elles 
ont des veines , dont la couleur eft un peu plus foncée que 
le refte. Ses pattes font grandes , longues & un peu épi- 
neufes. 


2 PHRYGANEA as deflexo-compreffis flave/centi- 
Bus , macula rhombea laterali alba. Linn. faun. fuec. ne 
741. 


Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 548, n. $. Phryganea rhombica. 
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 14, f. 4. 
Rofel. inf. vol. 2, tab. 16. Infect, aguatil. claff. 2. 


La frigane panachee. 
Longueur 7 lignes. 


On eft d’abord tenté de prendre cette frigane pour un 


DES INSECTES. 247 
papillon de teigne. Elle porte fes aîles de même que 
les teignes. Sa couleur eft d'un jaune un peu brun. Sur l'aile 
fupérieure , il y a une large tache blanchg qui va oblique- 
ment en defcendant du côté du bord extérieur. Derriere 
cette tache, il y en a une feconde de même couleur , mais 
moins marquée , & entre ces deux taches il y a un peu de 
brun. 

La larve qui produit cette frigane eft une teigne aquati- 
que qui vit dans un fourreau qu'elle fe file , & qui eft re- 
couvert de petites pierres & de débris de coquilles. On y 
voit mème quelquefois des coquilles entieres & dont l’a- 
nimal eft encore vivant , quoiqu’attaché à ce fourreau. La 
larve porte par-tout avec elle ce fourreau auquel elle 
tient par des crochets qui font à la partie poftérieure de 
fon corps. Elle fe nourrit de petits infe&tes. Lorfqu’elle 
veut fubir fa métamorphofe,, elle s'enfonce dans ce four- 
reau , dont elle bouche l'ouverture avec les foies qu’elle y 
file , & elle fe change en nymphe. Au bout de quelques 
jours , la nymphe devient une belle frigane , & quittant fa 
dépouike & fon fourreau , elle abandonne le féjour de 
l'eau où elle a pañlé une partie de fa vie. On la trouve 
cependant aux environs de l'eau , où elle va dépofer fes 
œufs. 


3 PHRYGANEA zigro-fufca ; als pedibufque 


teflacers. 


La frigane Brune à afïles fauves. 
Longueur 5 lignes. 

Ses antennes , fa tête , fon corcelet & fon ventre font 
noirs. Ses pattes & fes ailes font de couleur fauve & uni- 
forme. Ses antennes font de la longueur de fon corps ; & 
elle les porte droites en devant. Cette efpéce approche 


beaucoup de la précédente. Sa larve eft commune dans 
l'eau. 


4 PHRYGANEA ra , als plumbeis, pedibus fubvis. 


248 HISTOIRE ABRÉGÉE 
La frigane plombée à aëles fauves. 


Longueur & à lignes, 

Ses antennes #ont à peu près de la longueur de fon 
corps : elles font noires , ainfi que la tête, le corcelet & le 
ventre en-deflus. Les pattes & les anneaux du ventre en- 
deffous font d'un jaune fauve. Les ailes font d’une couleur 
grife foncée & plombée ; elles font lifles & luifantes. 


s PHRYGANEA cirereo-fufca , futura alarum 


macula alba, antennis albo fufcoque tnterfelis ; corpore 
duplo longioribus. 


La frigane à antennes panachées. 
Longueur 4 + lignes. 

Sa couleur eft grife , cendrée , obfcure & nullement 
luifante , fes pattes font un peu plus blanchâtres. Mais ce 
qui fait reconnoîitre cette efpéce , c’eft une tache blanche 
qui fe trouve fur la future des aîles , un peu avant l'endroit 
où elles fe relevent & qui eft commune aux deux ailes , & 
de plus la forme des antennes , plus longues du double 
que le corps , fines & joliment entrecoupées d’anneaux 
bruns & blancs. Elle porte ces antennes droites en avant 
& l’une contre l’autre. On trouve fort fouvent cet infeëte 
pendant l'été au bord de la riviere fur-tout le foir. 


GPHRYGANEA als fuperioribus nebulofis , antennis 


longitudine corports. 
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 13 , fig. 13. 


La frigane à aïles tachetées & courtes antennes. 
Longueur 4 lignes. 


Ses yeux font noirs , fa tête , fon corcelet & fon ventre 
font bruns & fes pattes jaunâtres. Ses antennes qui font 
brunes , n’égalent que la longueur de fon corps. Ses ailes 
de couleur grife &t foncée, font par endroits d’une couleur 


plus.obfcure ou plus claire , ce qui les rend D Lx 
lle 


DES INSECTES. 249 
Elles ne font point liffes ni brillantes , mais vües à la loupe 
elles paroïffent un peu velues. 


7 PHRYGANEÉA als fuperioribus nebulofis 71L9TO* 
punilatis , antennis corpore triplo longioribus. 
Linn. faun. fuec. n. 746. Phryganea alis fuperioribus nebulofs, antennis corpo- 


re triplo longioribus. 
Linn.[yft. nat. edit. 10, p. 548 , n. 10. Phryganea longicornis, 


La frigane à aïlés tachetées & longues antennes. 
= 


Longueur 3, 3 à lignes. 


La couleur de cette efpéce eft cendrée & un peu bru- 
ne. Ses yeux font noirs , & l’on voit fur fes ailes fupérieu- 
res des petites taches noires plus ou moins marquées. Ses 
pattes font blanchâtres. Mais ce qui la diftingue de toutes 
les autres efpéces , c'eft la longueur de fes antennes qui 
font très - fines & trois fois plus longues que le corps. Elle 
fe trouve dans les endroits aquatiques. 


8. PHRYGANEA azra, pedibus atbis ; alis pallidis 
venofis. 
La frigane noire à afles päles vernées. 
Longueur 5 lignes, 
Elle eft toute noire , à l'exception de fes pattes qui font 
blanchâtres & de fes aîles qui font d'un gris pâle , avec des 
veines un peu brunes. 


9. PHRYGANE A viridis , ocudis nigris , alis niveës. 


La frigane verte. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur ligne. 

Sa tête eft d’un beau vert clair , à l'exception de fes 
yeux qui font noirs. Ses antennes plus longues que fon 
corps font très-fines & entrecoupées de brun & de gris 
blanc. Son corcelet eft vert , avec un peu de jaune en-def- 
fus & fur les côtés. Son ventre ef tout vert. Ses pattes 
font d’un blanc argenté , & fes ailes font toutes blanches. 
Jai plufieurs fois attrapé cet infeéte au vol fur le foir. 

Tome TL. Ti 


250 HiISTOIRE ABRÉGÉE 
10. PHRYGANEA fu/Ca , alis albis fufco maculaiis. 


Linn. faun. fuec. n. 735. Hemerobius alis albis, maculis fufcis , pone punétis fex 
diftin@is ; antennis fufcis. 
Linn. fjfl nat. edit. 10, p. $50 , n. 9. Hemerobius fex punétatus, 


La frigane à aïles ponéluees. 
Longueur 1 + ligne. Largeur 1 ligne. 

Son corps eft d’un brun verdâtre un peu panaché ; fes 
antennes fines & déliées font brunes & un peu plus cour- 
tes que le corps. $es aîles plus grandes du double que fon 
corps & pofées en toit , font diaphanes , avec des nervures 
& des taches noires , & elles ont particuliérement fix 
points noirs vers le bas de l'aile ; placés chacun dans le 
milieu d’une maille de nervures. 


11 PHRYGANEA xota atra, corpore rofundiore ; 


antennis corpore breviortbus. 


La frigane-mouche en deuil. 
Longueur 2 lignes. Largeur 1 3 ligne. 
La forme de cette efpéce & de la fuivante eft différente 
de celle des autres. Elle eft moins allongée ; plus large & 
lus courte , & elle reffembie à une mouche ou à une pe- 
tite phalène. Elle eft par-tout d’un noir foncé & obfcur. Ses 
aîles font auffi de la même couleur. Ses antennes font plus 
courtes que fes aîles , & celles-ci plus longues que le ven- 
tre d’un bon tiers , ont leurs bords frangés ; mais fans mé- 
lange d'autre couleur que de noir. On trouve cet infete 
dans les prés. Sa larve habite un fourreau tiflu de foie 
& de grains de fable très-fins. Les dernieres pattes de 
cette larve font d’une grandeur prodigieufe. 


12.PHRYGANEA fufca, corpore rotundiore, antennis 


corpore brevioribus , alis pallidis venofis. 
Reaum. inf. tom. 3 , tab. 14 , fig. 7: 
La frigane-mouche de couleur päle. 


Elle différe très-peu de la précédente , & lui reffemble 


DES INSECTES. 2$r 
entiérement pour la forme. Ses antennes font courtes & 


"noires , & tout fon corps eft d’un brun noirâtre. Ses aîles 


font blanches , veinées longitudinalement de brun & fans 
frange au bord. Ses pattes font pales & un peu jaunâtres. 


HEMEROBIUS. 
L'HÉMEROBE. 
Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 
Ale fœpe æquales. Aîles fouvent égales. 
Os prominens tentaculis qua- Bouche prominente avec qua- 
tuor. tre barbillons. 
Cauda nuda. Queue fimple & nue. 
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles, 


L'’hémerobe a été ainfi appellé, à caûfe de la briéveté de 
la vie de cet infecte , qui cependant s'étend à quelques 
jours de durée , au lieu que fon nom fembleroit faire 
croire qu'il ne vit qu'un feul jour , comme quelques efpé- 
ces d'éphémeres. R 

Les larves de ces infeétes font ovales & un peu allon- 
gées. Leur tête eft petite & a en devant deux efpéces 
de cornes ou pinces en forme de croiffant qui fe joignent 
& fe croifent par leurs pointes : ces pinces fervent de bou- 
che à la larve. Quelques minçes & petites qu’elles paroif- 
fent , elles font creufes en-dedans & elles ont une ouver- 
ture à leur bout. L’infeéte qui fe nourrit de pucerons , les 
faifit avec ces pinces & en même tems pompe les humeurs 
de ces petits animaux par le canal intérieur de ces cornes 
qui font ouvertes à leur extrémité. Ces pinces font doncen 
même tems l'office de bouche ; l’hémerobe s'en fert pour 
arrêter fa proie & la dévorer , elles lui tiennent lieu de 
trompe. Le corcelet qui fuit la tête eft court , &:le ventre 
de cette larve eft gros en-devant & fe retrécit vers la 
queue. Des fix pattes qu’on obferve fur le corps de cette 
larve , les deux premieres font attachées au corcelet , & les 
quatre autres tirent leur origine des deux ae an- 

i i 


252 HISTOIRE ABRÉGÉE 

neaux du ventre ; favoir , deux pattes de chacun de ces an- 
neaux. La couleur de ces larves varie ; les unes font gri- 
fes , d’autres de couleur citron , quelques-unes canelles , 
& plufieurs font variées de nuances de ces différentes cou- 
leurs rangées par bandes longitudinales. On remarque fur 
chacun des anneaux de leur ventre deux mammelons , un 
de chaque côté , d’où partent des aigrettes de poils. 

En général ces infeêtes font très-grands mangeurs de 
pucerons , aufli un Naturalifte moderne les a-t-il qualifiés 
du nom de Zons des pucerons. Si on met quelques-uns de 
ces infeëtes fur un arbre ou fur une plante toute couverte 
de pucerons, en deux jours ils favent tellement la nétoyer 
qu'on n’apperçoit plus que quelques peaux vuides de ces 
infectes que les larves d’hémerobes ont fuccés. Les puce- 
rons femblent ne pas connoitre ces ennemis ; ils reftent 
tranquilles auprès d’eux fans fe mouvoir , fans s'enfuir ; 
tandis que les hémerobes les dévorent les uns après les 
autres. Mais ce n’eft pas aux pucerons feuls que ces infec- 
tes font formidables, Souvent lorfqu’ils fe rencontrent ils 
ne s'épargnent pas & ils fe dévorent les uns les autres. 

Un infeéte qui mange autant & qui fe trouve placé au- 
près de fa proie & au milieu de la nourriture qui lui con- 
vient , doit parvenir promptement à fa grandeur. Aufli la 
larve de l’hémeroble croit-elle très-vite Souvent en quinze 
ou feize jours elle a atteint toute fa groffeur , & pour lors 
elle fe difpofe à fe métamorphofer. Pour exécuter cette 
métamorphofe , elle commence par fe filer une coque de 
foie blanche ; ronde , groffe comme un pois &t d’un tiffu 
ferré. La maniere dont elle file n’approche pas de celle 
qu'employent les chenilles & plufieurs autres infe@tes. Sa 
filiere n’eft point à fa bouche , c’eft à fa queue qu'elle eft 
placée , c’eft avec elle qu’elle forme cette coque ronde 
dans laquelle elle fe renferme , pour fe changer enfuite en 
chryfalide ou nymphe. Cette nymphe refte renfermée dans 
cette coque plus ou moins de tems fuivant la faifon. 
Si c'eft le terms de l'été , au bout de trois femaines environ 


DESMÉNSE CES. 2$3 
on en voit fortir l'infeête parfait. Au contraire , lorfque la 
larve fe met en coque pendant l’automne , elle y refte tout 
l'hiver jufqu’au printems. 

L'infecte parfait eft allongé ; il a quatre ailes fort gran- 
des pour fon corps & chargées de nervures qui forment un 
refeau à mailles ferrées. Les yeux de plufieurs efpéces 
font dorés & brillans , c’eft ce qui les a fait appeller par 
quelques auteurs ; mufca chryfopis. Mais cette beauté eft 
bien contrebalancée dans certaines par la puanteur qu’elles 
répandent.Le vol de ces infettes eft en général affez lourd. 

Les œufs que dépofent les hémerobes font très fingu- 
liers & méritent bien l'attention des Naturaliftes. Ces 
œufs qui font ovales , fort petits & de couleur blanche, 
font foutenus par un fil fort long & fort mince de pareille 
couleur. On en trouve fouvent plufieurs ainfi ramaffés les 
uns auprès des autres en bouquet , ce qui forme le plus 
joli effet. Ce fil vient d’une efpéce de gomme qui enduit 
l'œuf lorfque l’infeéte le dépofe. Cette gomme fe file, 
comme fait la cire d’efpagne fondue , & l’infecte en rele- 
vant la partie poftérieure de fon ventre , lallonge & en- 
traine l’œuf qui refte attaché au haut de ce même fil. 

Nous ne connoiflons point la larve de la derniere efpé- 
ce de ce genre. Comme on trouve toujours cet infeéte au 
bord de l'eau , peut-être faudroit-il y chercher fa larve qui 
doit reffembler à celle des autres efpéces , & fe nourrir de 
petits infeétes aquatiques , ou des pucerons qui fe trouvent 
fur les plantes d’eau. 


1 HEMEROBIUS /reo-viridis , alis aqueis vafis 
viridibus, Linn. faun. fuec. n. 731. Planch. 13, fig. 6. 


Linn. [yff. nat. edit. 10, p, $49 , n. 1. Hemerobius perla 

Mouffet. theat. p. 61. f. ult. Mufca chryfopes. 

Goed. belg. 1 , p.40 ,t. 14. Audax , intrepidus. & gall, tom. 3 , tab #4 , fe 17 33 
Lift. Goed. p. 229, f, 104. Tolmerus. de 

Merian. europ. 3 , p. 49 ,t. 8, f. In fruu, 

Merian..gallice t. 175, 109. 

Albin. inf. t. 64. 

Periv, muf. p. 4, n, 6, Perla minima merdam olens; 


2$4 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Grew. muf. pe 156. , 

Raj. inf. p. 24. MufCa quadripennis , corpore luteo-viridi , alis peramplis 
è favo pariter virentibus. : 

Reaum inf. tom. 3 ,tab.3;,f.2,5, 6. Leo aphidis. 

Rofel. inf. vol. 3 , fupplem, tab. 21 , fig. 4, s. Formicaleo, 


Le lion des pucerons. 
Longueur 6 lignes. 

Ce bel infeéte eft d’un vert jaunâtre , avec des yeux do- 
rés & fort brillans. Ses antennes font en filets & de la lon- 
gueur de fon corps. Sur fon ventre ont voit quelques 
points noirs. Ses ailes font grandes , pofées le long de fon 
corps , qu'elles furpaffent de moitié pour la longueur. Elles 
font diaphanes , avec des nervures vertes, enforte qu'el- 
les reffemblent à un refeau ou à une gaze verte. 

Les œufs que dépofe cet hémerobe font blancs , fort 
petits & portés fur un long pedicule plus fin qu’un cheveu. 
On trouve fouvent fur les feuilles d'arbres , principalement 
fur celles des rofiers beaucoup de ces œufs ramaflés les 
uns auprès des autres qui forment une efpéce de bouquet. 
L'infeëte ou la larve qui en fort eft ovale , un peu allongée 
& fe tefmine en pointe par derriere. Elle a fix pieds & fa 
tète eft munie de deux pinces avec lefquelles elle faifit 
les pucerons qu’elle dévore & dont elle fait un grand dé- 
gât. On trouve ordinairement cette larve fur les branches 
garnies de pucerons. Lorfqu'elle eft à fa groffeur , elle 
forme une petite coque blanche de la moitié de la grof- 
feur d’un pois ; dans laquelle elle fe métamorphofe. Au 
bout de quelque tems , fa coque s’ouvre en-deffus , & on 
en voit fortir l’infeête parfait.& ailé que nous venons de 
décrire. Cet infeëte vole par-tout dans les jardins , & fon 
vol eft aflez lourd ; enforte qu'il eft facile à faifir. Mais 
malgré fa beauté il ne faut pas le tenir long-tems entre 
Jles doigts ,.car il répand une odeur très-fétide , tout-à-fait 
femblable à celle des excrémens. 


2. HEMEROBIUS Zeus ÿ alis aqueis , vafes fufeo 


punélatis. 


DES INSECTES: 2$$ 


Linn. faun. fuec. n. 732. Hemerobius viridi nigroque varius , alis aqueo-reti- 
culatis. ; 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $49, n. 2. Hemerobius chryfops. 

Reaum. inf. tom. 3, tab. 33 ,f.1o,1r,12,13, 143 15. 

Frifch. germ. 4 , p. 40, t. 23. Mufca fœtida auro oculata. 

Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x , tab. 21, fig. 3e 


L'hémerobe à aïles ponituees. 
Longueur 3 lignes. | 

Cette efpéce reffemble beaucoup à la précédente pour 
fa figure , mais elle eft plus petite. Ses yeux font de même 
dorés & brillans. Ses antennes font de la longueur de fon 
corps , mais non pas de fes ailes. Tout l'animal eft jaune. 
Ses aîles plus longues prefque du double que le corps font 
diaphanes , avec des nervures ponétuées de brun, en quoi 
cet infecte ef très-aifé à diftinguer du précédent. 

Sa larve eft plus courte & plus fphérique que celle de 
l'efpéce précédente. Elle porte fur fon corps une couvertu- 
re informe, faite des débris des pucerons qu’elle a mangés 
& auxquels elle fait une chafle perpétuelle. Pour fe tranf 
former , elle fe file une coque ronde femblable à celle 
de la premiere efpéce. On trouve cet infette dans les 
jardins , mais plus rarement que le précédent. 


3. HEMEROBIUS ater, alis fufcis nigro-reticularis , 
margine exteriore dilatato. 
Linn. faun. fuec. n. 743. Phryganea alis reticulatis , cauda inermi , thoracis: 
marginibus flavis. 
Linn. [yft. nat. edit. 10 ,p. 548 ,n. 7. Phryganea flavilatera.. 
Rofel. inf. vol. 2, tab. 13. Infe&. aquatil. claff. 2. 


L'hemerobe aquatique. 
Longueur 7 lignes. 


Ses antennes font plus courtes que fon corps au moins 
de moitié. Elles font noires , ainfi que tout l’infeëte ; il y a 
cependant fur le devant du corcelet un peu de brun, 
mais obfcur & peu apparent. Les ailes grandes , brunes 
& comme pliffées , font ornées d’un refeau brun de vaif- 
feaux très-marqué. Mais ce qui rend cet infeëte plus remar- 


256 HISTOIRE ABRÉGÉE 

quable ; c’eft que le bord extérieur.de fes aîles de deflus. 
eft dilaté & comme élargi vers le haut. On trouve cet 
infecte au bord de l’eau. 


FORMICALE O. 
LE. F' OU R M-IL TION: 


Antennæ breves , clava- Antennes groffes , cour- 
1e , craf]æ. tes & en maffe. 

Alæ æquales. Âîles égales. 

Os prominens tentaculis qua- Bouche prominente avec qua 
tuor. tre barbillons. 

Cauda nuda. Queue fimple & nue. 

Ocelli nulli. Point de petits yeux liffes. 


La forme des antennes du fourmilion nous a engagé 
à féparer ce genre de celui des hémerobes , avec lequel 
il étoit confondu par quelques Naturaliftes. Dans le fourmi- 
lion , les antennes font courtes , plus grofles vers l’extrémi- 
té , & elles forment une efpéce de maflue , tandis que 
dans l’hémerobe elles font minces comme un fil qui va en 
diminuant infenfiblement vers le bout. 

On a donné à cet infeéte le nom de formicaleo, en 
françois fourmilion , par la mème raifon qui a fait appeller 
quelques efpéces du genre précédent lions des pucerons. 
La larve du fourmilion eft fort friande des fourmis , elle 
leur fait la chafle , enforte qu’on n’a cru pouvoir mieux 
défigner cet infecte qu'en l’appellant lion des fourmis , 
ou fourmilron. 

Il eft peu d'infeêtes dont les flratagemes & les petites 
manœuvres foient auffi jolies & aufli curieu‘es à examiner, 
& c’eft par cette raïifon que plufieurs Naturaliftes fe font 
appliqué à les décrire fort en détail. Nous nous conten- 
terons d'en donner ici un abrégé fuccint. 

La larve de cet infeéte vient des œufs que l’infeéte par- 
fait à dépofés dans le fable fin & très-fec,en quelqu'en- 
droit à l'abri de la pluie , foit dans quelque crevafle de 

maux 


DES. INSECTES. 2$7 
mur ou de terre , foit au pied de quelque mutaille ordi- 
nairement expofée au foleil du midi. C’eft -là qu'éclofent 
les larves des fourmilions & qu'elles font leur habitation 
ordinaire, Leur couleur eft grife , & leur corps qui eft 
couvert de petits tubercules eft de forme ovale. Son extré- 
mité poftérieure fe termine en pointe & fert à ces infectes 
à s’enfoncer dans le fable ; car ils ne marchent qu’à recu- 
lons quoiqu'ils ayent fix pattes. Au-devant de la tête, font 
des pinces dentelées , aigues & creufes en- dedans , avec 
lefauelles cette larve attrape & fucce les mouches & diffé- 
rens autres infectes , mais fur-tout les fourmis dont elle eft 
très-friande. Ces pinces lui fervent de bouche ou de trom- 
pe » ainfi que d'armes offenfives , de la même maniere 
que celles de l'hémerobe dont nous avons parlé. Sa mar- 
che à reculons ne lui permettant pas de courir après les in- 
fectes dont elle doit fe nourrir , elle ufe de flratagème : 
elle s'enfonce dans le fable , & tournant circulairement 
elle creufe des fillons concentriques de plus en plus pro- 
fonds , jettant au loin avec fes cornes le fable qu’elle ôte 
de cet endroit. A Ja fin elle parvient à creufer un trou en 
forme d'entonnoir , au fond duquel elle fe place , cachée 
dans le fable & n'ayant que fes pinces étendues & ouvertes 
qui en fortent. Malheur à tout infe&te qui vient à tomber 
dans ce trou : le fourmilion qui s’en appercçoit par les grains 
de fable qui roulent au fond ; l’accable d'une grêle de 
poufliere quil Jette avec fes cornes & qui entraine cet in- 
fete au fond du trou où il le prend avec fes pinces & 
le fucce. Il n’épargne pas même d’autres fourmilions , qui 
en allant & venant viennent à y tomber. Lorfque la larve 
eft parvenue à fa groffeur , elle ne creufe plus de trou ; 
elle va & vient en traçant des fillons irréguliers dans le 
fable , & enfin elle fe file une coque ronde , imitant une 
boule , dont l'extérieur eft formé du fable dans lequel elle 
a vêcu , & l’intérieur tapiffé de foie blanche & fine. C'eft 
dans cette coque qu’elle fe change en nymphe. Ceïte 
nymphe eft un peu courbée en demi-cercle , & on y diftin- 

Tome II. Kk 


258 HISTOIRE ABRÉGÉE 

sue toutes les parties de l'infeéte parfait qui en doit fortir. 
Elle eft plus allongée que la larve ; mais beaucoup plus 
courte que l'infeéte parfait. Au bout de quelque tems, 
cette nymphe quitte fa dépouille , devient un infeéte ailé, 
& perce fa coqué pour prendre fon eflor. 

L'infeûe parfait eft très -allongé. Il a quatre grandes 
ailes chargées de nervures & de taches , & il refflemble 
affez à la demoifelle. Il ne dépofe que très-peu d'œufs 
dans le fable , mais ils font gros , oblongs & d’une couleur 
blanchätre lavée de rouge. Je n'ai point vü ces infeûtes 
accouplés, mais une chofe très-finguliere , c’eft que dès 
que l'infeéte parfait fort de fa boule ou de fa coque , il 
dépofe un ou deux œufs. Ces œufs ne doivent point être 
féconds puifqu’il n’y a point eu d’accouplement. J'en ai 
gardé quelques-uns dans le fable , & ils ne m'ont réelle- 
ment rien donné : peut-être l’infete dans la campagne 
s’accouple-t-il dès l'inftant qu’il fort de fa coque , d'autant 
qu’on trouve ordinairement plufieurs larves de ces infeétes 
dans le même endroit, & qu’ils vivent prefqu'en fociété , 
quoique féparés les uns des autres : peut-être auffi le mâle 
va-t-il féconder les œufs que la femelle a rendus , com- 
me nous avons déja dit que faifoit le mâle de l’éphémere. 
C’eft ce qui demande à être examiné. On peut voir tout le 
détail des manéges différens de ce fingulier infette dans 
l'Ouvrage de M. de Reaumur qui en a parlé fort au 
long. 

Je ne connois ici qu'une feule efpéce de fourmilion. Les 
autres pays en fourniflent quelques-autres efpéces ; dont 
M. de Reaumur fait mention. 


1. FORMICALEO. Planch. 14, fig. 1, 


Linn. faun. fuec. n. 733. Hemerobius formicaleonis. 
Linn. [yff. nat, edit. 10, p. $so , n. 4. Hemerobius hirtus , alis nebulofis , vafs 
pi'olis, antennis clavatis. 
Tter. æl. 119, 206. Formicaleo. 
Reaum. inf. tom. 4, tab. 14, f. 18, 19. Formicaleo. 
————— tab. 11, f.8. 
tome 6 y tab, 32, 33 34» fe 7, Formicaleo. 


DES INSECTES. 259 
Rofel. inf. vol, 3. fupplem. tab. 17,18, 19, 20. 


Le fourmilion. . 


Longueur 11 lignes. 


L'infete parfait du fourmilion eft allongé. Sa tête ‘eft 
large , brune , tachetée de jaune en-deflus , avec de gros 
yeux fur les côtés ; & en-deffus deux antennes qui vont en 
groffiffant par le bout ; & dont la longueur n’égale pas 
celle du corcelet. Après la tête , vient le col de l'animal , 
qui eft affez long, cylindrique, plus étroit que la tête, & de 
même couleur qu’elle.Le corcelet femble compofé de deux 
parties , une antérieure d’où partent les ailes fupérieures , 
& une poftérieure qui donne naïffance aux ailes de deflous. 
Ce corcelet eft pareillement brun & taché de jaune en- 
deffus. Le ventre allongé & compofé de huit anneaux 
eft tout brun , à l'exception du bord des anneaux qui eft 
un peu jaune. Les pattes font brunes. Les ailes grandes, 
plus longues que le corps & fouvent mal développées ; 
font diaphanes , ornées d’un refeau de nervures noires 
& chargées de plufieurs taches brunes noirâtres , affez 
grandes , particuliérement du côté de leur bord extérieur. 


P. A NO RPuA: 
LA MOUCHE-SCORPION. 


Antenne longæ filiformes. Antennes longues filifor- 


mes. 
Ale æquales. _ Aîles égales. 
Roffrum corneum cylindraceum. Trompe dure & cylindrique. 
Cauda chelifera forficibus ar- Queue formée en pince de 
mata. crabe. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Parmi les carateres que nous donnons de ce genre , il y 
en a deux qui lui font propres & qui le font fürement 
diftinguer de tous ceux de cette feétion. Le premier con- 
fifte dans la forme’ de la trompe de cet infette , qui eft du- 
re » immobile , de figure allongée & cylindrique ; l’autre 

KK i 


260 HISTOIRE ABRÉGÉE 

caratere encore plus fingulier , dépend de la confiruëtion 
de fa queue, qui dans les mâles reffemble à la queue d'un 
fcorpion. C’eft aufli ce qui a fait appeller cet infeëte ;, 
mouche-fcorpion. 

Je ne connois point fa larve ni fa nymphe ; mais comme 
on trouve cet infecte dans les prairies au bord des eaux , Je 
penfe que l’un & l’autre pourroient bien étre aquatiques &c 
ne fe trouver que dans l'eau. Quant à l'infeété parfait , il 
eft très- commun l'été dans les prés. Lorfqu'on le prend , 
il redreffe fa queue & femble vouloir fe défendre avec les 
pinces qui font à fon extrémité : mais cette queue me- 
naçante ne fait aucun mal, comme je l'ai fouvent éprouvé. 

Je ne connois qu’une feule efpéce de mouche-fcor- 
pion. 


1. PANORPA. Linn. faun, fuec.n.729. Planch. 14, 
fig. 2. ; 


Linn, fyff. nat. edit. vo, p. $$t, n. 1. Panorpa alis #qualibus nigro-maculatis.. 
Aldrov. ‘inf. t. 386, f. 89. & 387, f. 5,6. 

Mouffer. theat. p. 62 , f. 3: 4. Multa fcorpiuros, 1, & 4, 

Hoffn. inf. t. 2, f. 14. 

Merret, pin. p. 200. Mufca fcorpiura. 

Frifch. germ. 9 , p.291. 14, f. 1. Scorpio-mufcae 
Jonfton, inf t. 9. Mufca fcorpiuros, 
Reaum. inf. tom. 4, tab. 8, f. 9. 


La mouche-/corpion. 
ÆEongueur 7 à 8 lignes. 


Les antennes de ce fingulier infeûte font en filets me- 
nus , environ de la longueur de fon corps , noires & come 
pofées de petits anneaux au nombre d'environ trente- fix. 
Sa tête eft noire , avec les trois petits yeux liffes en-deflus, 
& en-devant elle a une longue trompe dure cylindrique 
de couleur brune, au bout de laquelle font quatre anten- 
nules , deux plus longues & deux plus courtes. Le corps 
de l’infe&e eft brun , noirâtre , jaune fur les côtés , aves 
quelques taches de même couleur en-deffus. Sa queue 
formée par les trois derniers anneaux du ventre eft de cou- 
leur maron. De ces trois anneaux, le dernier eft plus gros, 


DES ÉNSECTES. 26: 
prefque rond , & il fe termine par deux crochets, ce 
qui forme une queue femblable à celle du fcorpion. Ii n’y 
a cependant que les mâles doft la queue foit ainfi figu: 
rée. Les femelles n'ont pas cette pointe & ce dernier an- 
neau avec des crochets. Les ailes aufli longues que le 
cotps , font diaphanes , réticulées , avec des nervures & 
des bandes de taches de couleur brune. 

On trouve cet infette voltigeant dans les prairies. 


W. B. Quelquefois on rencontre différentes variétés de 
cet infeéte , qui différent par rapport à la couleur des 
ailes. Il y en a qui au lieu de plufieurs bandes de taches 
fur les ailes , n’ont qu'une feule bande noire , tranfverfe & 
irréguliere pofée fur le milieu de l’aile , dont l'extrémité 
eft aufli noire. D’autres ont les ailes abfolument toutes 
blanches , à l'exception de cette extrémité qui eft noire. 
Les uns & les autres étoient des mâles. ” 


CRABR OO. 
TAMERTECREERLR ON: 
Antennæ clavatæ. Antennes en maflue, 
Ale inferiores breviores. Aîles inférieures plus courtes: 
Os maxillofum. * Bouche armée de machoires. 
Aculeus ani dentatus. Aiguillon du derriere dentelé. 
Abdomen ubique æquale thoraci Ventre de même groffeur par- 
connatum. tout & intimement joint au COt- 
celet. 
Ocelli tres, * Trois petits yeux liffes. 


Ce genre & les deux fuivans avoient jufquici éré con- 
fondus enfemble fous le nom général de mouches-à-fcie. 
Il eft vrai que ces infectes fe reffemblent par beaucoup de 
caracteres , & particuliérement par la forme de l’aiguillon 
qu'ils portent au derriere & qui eft crenelé & dentelé 
comme une fcie ; mais les antennes du frelon font fi dif- 
férentes que nous avons cru devoir féparer ce genre des 
autres, Ces antennes font terminées par un gros article 


262 HISTOIRE ABRÉGÉE 
qui forme une efpéce de bouton ou de maflue, au lieu que 
celles des mouches-à-fcie font fimples , d’égale groffeur 
ar-tout , & minces comme un fil. 
Les larves de ces infeétes font des efpéces de vers, tout- 
à-fait femblables à celles des mouches-à-fcie , dont nous 
arlerons bientôt en détail. Leurs nymphes refflemblent 
aufli à celles de ces infeétes. Ainfi, pour éviter les répéti- 
tions , nous ne nous arrêterons point davantage fur cet 
article. 


1 CRABRO riger, fubhirfutus ; fronte , thorace [u- 
perne, abdomineque flavis , fegmento 1°. 2°. & 4° 
ex parte NIQTLS. 


Le frelon a épaulertes. 
Longueur 10 lignes. Largeur 3dignes. 

Ses antennes font jaunes , compofées de deux premiers 
articles courts , velus & noirâtres , enfuite de trois longs, 
jaunes & liffes , puis d’un fixiéme & dernier jaune & plus 
gros qui forme le bout de la maflue. Ce dernier vû de 
près paroït compofé de quatre parties peu diftinétes, en- 
forte que toute l'antenne auroit neuf parties ou articles, 
comme celles des mouches-à-fcie. Le devant de la tête 
eft jaune , les yeux font bruns & Île refte eft noir. Le cor- 
celet noirâtre & velu a en-devant fur chaque épaule une 
efpéce de plaque jaune, ce qui forme à l’infeéte des ef- 
péces d'épaulettes. Le ventre eft compofé d'anneaux dont 
le premier eft noir avec une tache citron tranfverfe dans 
fon milieu ; le fecond & le quatriéme font aufli noirs avec 
un peu de jaune fur les côtés, le troifiéme , cinquiéme , 
fixiéme , feptiéme & huitiéme font jaunes , avec une tache 
noire triangulaire dans leur milieu. Les pattes font brunes; 
leur forme ef finguliere , principalement celle des pattes 
poftérieures. Elles ont à la naïffance de la cuifle une lon- 
gue piéce qui les fait defcendre fort bas , enforte qu’elles 
fembleroient prendre naiffance du bas du ventre. Les ai- 
les font un peu veinées & de couleur fauve. 


DES ÎNSECTES. 263 


2. CRABRO riger; abdomine flavo , fégméntis tribis 

Jüperioribus nigris , maculis flavis. 

Le frelon à échancrure & ventre jaune. 
Longueur to lignes. Largeur 3 lignes. 

Ses antennes de même forme que celles de l’efpéce 
précédente font de couleur fauve brune , ainfi que fatête , 
{es jambes & fes tarfes. Ses yeux , fon corcelet & fes cuif- 
fes font noirs , feulement le corcelet a des efpéces d'épau- 
lettes brunes. Le ventre en-deffous eft pareïllement noit 
avec deux bandes longitudinales de taches jaunes , mais 
fon extrémité inférieure où eft l’aiguillon eft brune. En- 
deflus le ventre eft jaune à l’exception des trois premiers 
anneaux qui font d’un noir bleuâtre & luifant. Sur le troi- 
fiéme de ces anneaux on voit deux taches Jaunes une de 
chaque côté, & le premier anneau eft un peu échancré au 
milieu de fon bord inférieur & laïffe voir à fon défaut des 
poils jaunes, qui forment une tache un peu velue. Les 
aîles font jaunâtres avec des veines brunes. Cet infeête a 
été trouvé fur le Mont-Valérien. 


3 CR À BRO sous niger , abdominis fegmento primo 
ovatim maroine tncifo lunula flava. Planch. 14, fig. 4: 


Albin. inf. t. 69. 


Le frelon noir à échancrure. 
Longueur 1 pouce. . Largeur 3 + lignes. 

Ses antennes font jaunes figurées comme celles des ef- 
péces précédentes , la forme de fon corps efl auili la mé- 
me. Tout Pinfeéte eft noir & un peu velu, il ny a que 
fes tarfes qui font d’un jaune fauve. Le premier anneau 
de fon ventre eft fingulier. Son bord inférieur eft profon- 
dément échancré en demi-cercle , enforte que dans le 
milieu cet anneau manque: prefque tout-a-fait , mais 
à fa place on:voit une membrane jaune demi- circu- 
laire qui forme une tache à cet endroit. Les ailes font 


264 HISTOIRE ABRÉGÉE 
diaphañes ; veinées avec leur bord extérieur brun & fort 
épais. 

URSOùG:E:R US: 


L'EURYO:C -E R'E, 


Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 

Ale inferiores breviores. Ailes inférieures plus courtes. 

Os maxillofum. Bouche armée de machoires. 

Aculeus ani dentatus prominens.  Aiguillon dentelé prominent 
corniculo teétus. & couvert d’une goutiere. 

Abdomen ubique æquale thoraci Ventre de même groffeur par- 
connatum. tout & intimement Joint au cor- 

celet. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


L’utocere a été ainfi nommé à caufe d’une efpéce de 
corne ou de pointe qu'il porte à fa queue. Ce genre diffe- 
re du précédent par fes antennes longues & minces com- 
me un fil, & on le diftingue du genre fuivant ou des mou- 
ches-à-fcie par cette corne de la queue qui le rend fingu- 
lier. Cette corne forme une efpéce de goutiére fous la con- 
cavité de laquelle l’aiguillon de l’infette fe trouve caché. 
Cet aiguillon eft un peu dentelé en forme de fcie , com- 
me celui du genre fuivant, mais il eft de plus renfermé 
entre deux lames ou fourreaux comme dans les ichneu- 
mons que nous examinerons bientot. 

La larve & la nymphe de cet infe&e doivent reffem- 
bler à celles de mouches-à-fcie, maïs je ne connois ni 
Pune ni l'autre, n'ayant même jamais trouvé l'infe@te par- 
fait autour de Paris. Ceux que J'ai reçus m'ont été envoyés 
de Dieppe par M. Ferret Apoticaite de cette Ville, qui 
joint aux connoiffances de [a matiere médicale,beaucoup 
de goût pour lhiftoire naturelle qu'il cultive avec foin. 
M. de Reaumur parle dans fon ouvrage de ce même in- 
fe: fous le nom d'ichreumon de Laponie , & M. Lin- 
næus e1 fait mention dans fon traité des animaux de Sue- 
de ; enforte que cet infeëte paroit particulier aux RES 

froids. 


DESS INSECTES. 26$ 
froids. J'en ai cependant fait mention, parce qu'on m'a 
afluré l'avoir rencontré aufli autour de Paris. D'ailleurs 
nous n’avons point d’autres efpéces de ce genre au moins 
jufqu’ici , & celle que je décris eft la feule que je con- 
noifle. 


1. UROCERUS. Planch. 14, fig. 3. 


Linn. faun. fuec. n. 925. Tenthredo nigra , artubus ferrugineis , ani cotnicu- 
lo cylindrico. 

Linn. [yft. nat. edit, 10 ,p. $60 , n. 1. Ichneumon abdomine mucronato ferru- 

ineo , fegmentis 3,4,5$, 6, nigris, thorace villofo. 

AG. Upf. 1736, p.28, n. 1. Ichneumon flavus, abdomine medio nigro , cau- 
da acuta , aculeo umbilicali triplici exferto. 

Aët. Stockolm, 1739, t. 3, fe 7. 

Reaum. inf. tom. 6 , tab. 31,n. 1,2. Ichneumon de laponie. 

De Geer. inf. pag, 564 ; tab. 36, fig. 1, 2. Grand ichneumon dont le ventre qui 
fe termine en une queue pointue , ne tient pas au corcelet par un filet; dont 
le corcelet eft noir, le ventre demi-noir & demi-jaune , & les antennes & 
les jambes jaunes. . 

Ibid. pag. 702. Grand ichneumon dont le ventre demi-noir & demi-jaune, qui 
eft à queue pointue , ne tient pas au corcelet par un filet, 

Rofel, inf. vol, à , tab, 8 & 9. Bombyl. & vefp. 


L'urocere. 
Longueur 13 lignes. Largeur 3 lignes. 


Les antennes de cet infeéte ont la moitié de la longueur 
de fon corps. Elles font jaunes & compofées de vingt-trois 
articles. Sa tête eft noire avec une grande tache jaune der- 
riere chaque œil , qui femble former un fecond œil. Son 
corcelet eft noir-& velu. Son ventre eft cylindrique & naît 
du corcelet par une bafe large & continue : il eft compo- 
fé de neufanneaux. Le premier eft noir & bordé de jaune, 
le fecond eft tout jaune , les quatre fuivans font noirs. Des 
trois derniers deux font tout jaunes & le dernier de tous eft 
jaune avec un peu de noir dans fa partie fupérieure. Ce 
dernier anneau fe prolonge en une pointe droite cylindri- 
que & aigue par le bout. Sous le ventre il y a une fente 
qui part prefque du milieu & de laquelle fort comme dans 
les ichneumons , un long aiguillon qui déborde le ventre 
& la pointe. Cet aiguillon eft compofé de trois lames , 

Tome II, LI 


266 HISTOIRE ABRÉGÉE 

deux aux côtés qui fervent de fourreaux , & une au milieu 
un peu en fcie, qui eft le véritable aiguillon & qui au 
bout fe bifurque. Les ailes font grandes Jaunâtres & vei- 
nées ; les cuiffes font courtes & noires , & les jambes ainfi 
que les pieds font jaunes. Le mâle eft plus petit d’un tiers 
que fa femelle , & il n’a ni pointe ni aiguillon à l’extrémi- 
té de fon ventre. 


TENTHREDO. 
LA MOUCHE-:-A-SCIE. 
Antenne filiformes. Antennes filiformes. 
Ale inferiores breviores. Aïles inférieures plus cour- 
tes. 
Os maxillofum. Bouche armée de machoi- 
o res. 


Aiouillon dentelé caché 
dans le corps. 

Ventre de même groffeur 
par-tout & intimement joint 
au corcelet. 


Aculeus ant dentatus non 
prominens. 
Abdomen ubique æquale 


thoraci connatum. 


Ocell tres. 


Familia 1. Antennis novem 
nodiis. 
2% Antennis undecim 


nodiis. 
———— 3% Antennis oëlode- 
cim nodiis. 


Trois petits yeux liffes. 


Famille 1°. À antennes com- 
pofées de neuf articles. 
2°. À antennes com 
pofées de onze articles. 
- 3°. À antennes com- 
pofées de feize articles. 


Ce genre d’infe&tes eft nombreux: on lui a donné le 
nom de senthredo & en françois celui de mouches-à-fcie à 
caufe de la forme de l’aiguillon qu'il porte à fa queue. 
Cet aiguillon qui ne fe trouve cependant que dans les fe- 
melles, eft dentelé à peu près comme une fcie. Pour le 
voir il faut prefler le ventre & regarder en-deflous ; on 
voit fortir l’aiguillon d’une petite fente qui eft à l’extrémi- 
té inférieure du ventre. Cette forme d’aiguillon , la con- 


DES INSECTES 267 
formation du ventre de ces infeétes, joints aux autres 
caraéteres que nous donnons, font fufhifamment diftinguer 
les mouches-à-fcie. J'ai vü cependant plufieurs perfonnes 
qui avoient de la peine à diftinguer ces infeëtes d'avec les 
ichneumons mâles , qui n’ont point de queue à l'extrémi- 
té de leur ventrescomme leurs femelles. Deux carateres 
peuvent aifément faire reconnoître ces infeétes. D'abord 
le ventre des mouches-à-fcie eft toujours intimement 
joint au corcelet, ils femble que ces deux parties fe tien- 
nent & foient toutes d’une venue , parce que la bafe du 
ventre eft aufli large que la partie du corcelet à laquelle 
elle tient, de façon que l’un & l’autre femblent continus, 
au lieu que dans tous les ichneumons le haut du ventre 
eft étranglé mince , & ne tient au corcelet que par une ef- 
péce de pédicule fort long dans quelques-uns , mais tou- 
jours aifé à appercevoir. La feconde marque à laquelle 
on peut encore diftinguer ces deux genres, confifte‘dans 
la forme des antennes , & cette marque eft aifée à apper- 
cevoir pour quelqu'un qui eft accoutumé à obferver. Les 
antennes de ces deux genres font filiformes , mais celles 
des ichneumons font compofées d’un nombre infini d’ar- 
ticles fi courts qu’à peine les diftingue-t-on ; c'eft comme 
un crain ou une foie de cochon toute unie: au con- 
traire les antennes des mouches-à-fcie paroïflent un peu 
noueufes , parce que les anneaux qui les compofent 
font plus longs , moins unis, & aifés à diftinguer , quoique 
du refte le nombre de ces anneaux ne foit pas confiant 
dans toutes les efpéces de ce genre , comme nous le 
verrons. 

Les larves des mouches-à-fcie refflemblent infiniment 
aux chenilles des papillons & des phalênes tant pour la 
forme que pour les couleurs. C’eft ce qui leur a fait don- 
ner par quelques Naturaliftes le nom de fauffes chenilles. 
Il y a cependant un moyen für de diftinguer les unes d’a- 
vec les autres, c’eft de compter le nombre de leurs pattes. 


Les chenilles qui ont le plus de pattes en ont Fe :au- 
LI ïÿ 


263 H1ISTOIRE*ABRÉGÉE 
cune véritable chenille n’en a davantage , & plufieurs en 
ont beaucoup moins. Au contraire les fauffes chenilles ou 
les larves des mouches-à-fcie ont toutes plus de feize 
pattes ; celles qui en ont le moins en ont dix-huit & on 
en compte fur d’autres jufqu'à vingt & vingt-deux. À ce 
caraétere qui diftingue les cheniiles des larves des mou- 
ches-à:fcie , on en peut ajouter encore un autre qui fetire 
* de la conformation de la tête de ces infectes. Nous avons 
dit en parlant des chenilles, que leur tête étoit compofée 
de deux efpéces de calottes hémifphériques écailleufes. 
La tête des fauffes chenilles eft toute d’une piéce , elle 
n’eft formée que par une feule calotte pareillement dure 
& écailleufe. Cette tête des faufles chenilles eft arrondie : 
on y découvre leurs yeux qui ne font pas aufli grands que 
ceux des chenilles. Leurs pattes varient pour le nombre 
depuis dix-huit jufqu’à vingt-deux. Les fix premieres de ces 
pattes font écailleufes & fe terminent en pointes , comme 
les fix premieres pattes des vraies chenilles. Leurs autres 
jambes font molles, membraneufes & ne font point ar- 
mées de crochets à leur extrémité. Leur corps compofé 
d’anneaux, comme celui des chenilles , eft liffe dans pref- 
que tous ces infeêtes ; dans quelques-uns cependant il eft 
chargé de quelques piquants fur-tout lorfque ces larves 
font Jeunes & petites ; car J'en ai vu plufieurs quien grof- 
fiffant & en changeant de peau perdoient ces pointes. II 
en eft de même des couleurs qui varient fuivant l’äge de 
ces larves. La plüpart, lorfqu’elles font fort petites, font 
brunes ou noirâtres, mais à mefure qu’elles croiflent , 
leurs couleurs s’éclairciflent & quelquefois deviennent 
vives & belles fuivant les efpéces. 

La plus grande partie de ces fauffles chenilles fe roule 
lorfqu’on les touche ; elles retirent alors leur tête au centre 
du cercle qu’elles décrivent avec leur corps. On les voit 
auffi affez fouvent dans cette même attitude fur les feuil- 
les des arbres & des arbuftes qu'elles mangent, & qui 
font leur nourriture ordinaire. Les rofiers, les faules & 


ï DES INSECTES. 269 
quelques autres plantes font les plus expofées à être ron- 
gées par ces larves. 

Lorfqu’elles ont acquis toute leur groffeur , & qu’elles 
veulent fe transformer , elles quittent l'arbre ou la plante 
fur laquelle elles habitoient ; elles en defcendent & vont 
s’enfoncer dans la terre ; c'eft-là qu’elles font leur coque, 
Souvent on voit un rolier tout couvert de ces infeëtes, & 
deux jours après of n’en apperçoit plus ; on ne trouve 
point non plus de coque fur l'arbre ; fi on ne favoit que 
ces infectes fe font cachés en terre , onne pourroit s’ima- 
giner comment ils ont difparu tout à coup. 

La coque que ces larves fe font dans la terre , eft com- 
pofée de fils de foie aflez gros , qui laiffent entr'eux quel- 
ques intervalles vuides comme des mailles. Le deflus de 
la coque eft affermi par la terre qui l'environne. Ces co- 
ques font petites, de la figure d’un œuf, & compofées de 
deux tiffus, l’un extérieur, & plus groflier auquel la terre 
fe trouve attachée , l’autre intérieur & plus fin. Pour faire 
ces coques la fauffe chenille a, de même que les chenil- 
les , une filiere à fa lévre inférieure qui eft divifée en trois 
parties. Il femble que ces infeétes laiffent à deflein des 
intervalles vuides, des efpéces de mailles dans le tiflu de 
leurs coques, pour qu'il puiffe pénétrer jufqu'à la nymphe 
un peu de l'humidité de la terre dont elle a befoin. Si la 
terre eft trop féche , les nymphes périflent ; il en eft de 
même de la trop grande humidité qui les fait aufli périr. 
C’eft par cette raifon qu'il eft très-dificile d'élever chez 
foi des mouches-à-fcie. On éléve aifément les chenilles 
qui donnent les papillons ou les phalênes ; celles même 
qui font leurs coques dans la terre réufliflent dans des 
boëtes, elles s’y mettent en coque & donnent des phalé- 
nes. Mais fi on nourrit des faufles chenilles , les coques 
qu'elles font ainfi dans la terre renfermée réufliflent très- 
rarement ; ou cette terre eft trop féche , ou ff on a la 
précaution de l’arrofer de tems en tems , on l'humedte 
trop ; & l’on trouve les nymphes ou féchées ou moilies. 


270 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 

Sur plus de trois cent faufles chenilles que J'ai élevées ; 
à peine quatre ou cinq font-elles venues à bien, quelque 
foin que Je prifle d’arrofer la terre où elles étoient. 

La nymphe des mouches-à-fcie eft différente de celles 
des chenilles, en ce qu’on y diftingue très-bien toutes les 
parties de l’infeéte parfait qui font molles & blanchätres 
& feulement couvertes d’une pellicule mince. Cette nym- 

he refte ordinairement tout l'hiver fous cette forme, & 
ne devient infeéte parfait que l’année d’après. Alors elle 
déchire fa coque ;, perce la terre qui la recouvre , & de- 
venue infecte parfait elle prend fon eflor. Sous cette der- 
niere forme la mouche-à-fcie a quelque reflemblance avec 
une guêpe, mais elle eft lourde & pefante, & elle fe laiffe 
prendre aifément. Ses antennes font plus ou moins lon- 
gues, & compofées de plufieurs articles dont le nombre 
varie ; dans les unes on en compte feulement neuf, dans 
d’autres onze , dans quelques-unes dix-huit. C’eft d’après 
ce nombre différent de piéces qui compofent les antennes 
des mouches-à-fcie, que nous avons cru pouvoir divifer ce 
genre en trois familles. Une chofe que Je n'ai pû fuivre & 
qui demanderoit à être examinée , ce feroit d'obferver fi 
le nombre des articles des antennes des mouches-à-fcie , 
ne répondroit pas au nombre des pattes de leurs larves : 
par exemple, fi toutes les larves à dix-huit pattes ne don- 
neroient pas des infeétes parfaits dont les antennes au- 
roient toutes neuf piéces; fi celles à vingt-deux pattes ne 
feroient pas celles des mouches-à-fcie à antennes de dix- 
huit piéces. Je fuis fort porté à croire que cela doit être. 

Les aîles des mouches-à-fcie font au nombre de qua- 
tre , deux fupérieures plus longues & deux inférieures plus 
courtes. Leur ventre eft de la même groffeur par-tout , 
tant à la bafe qu’en bas, & paroït ne faire qu’une même 
fuite avec le corcelet. C’eft à l'extrémité du ventre que 
fe trouve l’aiguillon , fait en forme de fcie , comme nous 
l'avons déja dit, mais il faut preffer un peu le ventre 
pour le faire paroïtre , encore ne fe trouve-t-il que dans 


DES INSECTES: 271 
les femelles. Cet inftrument qu’elles ont feules paroït leur 
avoir été donné pour fervir à dépofer leurs œufs. Elles 
fontavec cet aiguillon des entailles, foit dans les feuilles, 
foit dans les tiges des arbres & des plantes, & c’eft dans 
ces entailles qu’elles togent & dépofent leurs œufs. 

Beaucoup de mouches-à-fcie ont une couleur terne, 
brune , ou noirâtre ; quelques-unes en ont de plus vives 
& de plus marquées , & il y en a que leur couleur jaune 
feroit d’abord prendre pour des guêpes, fi on n’y regardoit 
de près. Mais ces infectes ne font ni fi vifs, ni fi malfai- 
fans que les guêpes ; ils fe laiffent prendre aifément , ne 
font aucun mal avec leur aiguillon & ne paroiffent pas 
même vouloir s’en fervir pour fe défendre. 


PREMIERE FAMILLE. 


1. TENTHREDO siridis , capite thoraceque Japra 


caratleribus ni gris. 


La lettre hébraïque verte. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 + ligne. 

Cette mouche-à-fcie eft toute verte en-deffous. Ses an- 
tennes & fes yeux font noirs. Sur fa tête’ entre fes yeux, il 
y a deux cercles noirs adoffés & qui fe touchent , fur lef- 
quels font placés les trois petits yeux liffes de pareille 
couleur. Le corcelet a dans fon milieu en-deflus une li- 
gne noire longitudinale irréguliere , & deux raies obliques 
de même couleur de chaque côté. Le deflus du ventre a 
une bande noire longitudinale qui regne tout du long 
dans fon milieu. Les pattes ont quelques filets noirs & 
les bords des anneaux des tarfes font teints de cette même 
couleur. Les ailes qui font tranfparentes ont des veines 
noires , & leur bord extérieur plus épais que le refte de 
l'aile eft vert. Cette belle mouche-à-fcie n’eft pas des plus 
communes , elle fe trouve fur les fleurs. 


N.B,. Il yen a une variété dont le ventre eft tout noir 


272 HISTOIRE ABRÉGÉE 

en-deflus ; & dans laquelle les taches noires de la tête & 
du corcelet font plus grandes. Ses pattes font aufli pref- 
que toutes noires & très-peu panachées de vert. Elle eft 
un peu plus petite. 


2. TENTHREDO crocea, antennis oculifque nigris. 


La mouche-à-fcie fafrannée. 
Longueur 3 ; lignes. Largeur 1 à ligne. 

Ses antennes & fes yeux font noirs , le refte de fon corps 
eft fafranné ; il y a feulément au bout du corcelet une raie 
noire tranfverfe ; fur laquelle font deux points jaunes 
oblongs placés l’un à côté de l’autre. Les ailes font brunes 
avec un point marginal jaune , & l’aiguillon eft noir. 


3: TENTHREDO crocea, capite, pedibus ; thoracif- 
que apice RI9TIs. 

La mouche-à-fcie fafrannée à tête noire. 

Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses antennes, fa tête & fes pattes font noires. L’extré- 
mité de fon corcelet a aufli une tache affez confidérable 
de même couleur, tout le refte eft de couleur de fafran. 
Les ailes font noirâtres avec leur bord extérieur épais & 
noir. 


4. TENTHREDO crocea, capite thorace füpra , ala- 


rumque margine exteriore PLLOTLS. 


Reaum. inf. tom. $ , tab. 14, f.1o,11, 12. 
Linn. faun. fuec. n. 919. Tenthredo antennis feptinodiis, corpore flavo, macula 
alarum longitudinali fernique nigra. 
Linn. [yff, nat. edit. 10 , p. 557 , n. 11. Tenthredo rofæ. 
A. Upf. 736 ; p. 29, n. 14. Ichmeunon alis planis luteis, margine exterio= 
“re nigris, Collari nigro. 


Rofel. inf. vol. 2, tab. 2. Bombyl. & vefp. 
La mouche à [cie du rofier. 


Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne. 
Sa tête eft noire aïnfi que fes antennes : fon corcelet eft 


de même couleur à l'exception d’une tache jaune de cha- 
que 


DES INSECTES 273 
que côté au deflus de l’attache des aïîles. Son ventre & 
fes pattes font d’un jaune couleur de fafran , mais les an- 
neaux des tarfes font bordés de noir ; fes ailes font aufli 
jaunâtres avec le bord extérieur noir. On en trouve dont 
le deffus du corcelet n’eft pas noir entiérement , mais qui 
ont au haut & au bas des taches fafrannées faites en lofan- 
ge & qui fe touchent par leurs pointes dans le milieu du 
corcelet ; celles-là font les femelles dans lefquelles on voit 
diftinétement la petite fcie de l’aiguillon. Elles ont encore 
une autre différence , c’eft que dans ces femelles les an- 
neaux des antennes font très-diftinéts , au lieu que dans les 
autres il n’y a que les deux premiers anneaux les plus pro- 
ches de la tête qu’on puiffe diftinguer , & tout le refte de 
l'antenne femble n'être compofé que d’un feul anneau 
très-long. 

C'eft fur le rofier que vient la larve de cette mouche- 
a-fcie qui dépofe fes œufs fous l'écorce de cet arbriffeau. 
La larve en ronge les feuilles , & lorfqu'elle veutfe méta- 
morphofer elle s'enfonce en terre & y file une coque bru- 
ne , d’où fort enfuite l’infe&te parfait. 


N.B. On en trouve une variété toute femblable , mais 
plus petite de moitié. 


$.- TENTHREDO igro-cœrulefcens ; pedibus tibiis 
alifque exterioribus croceis , macula marginali fufca. 

Lc mouche-à-fcie noire à aïles jaunes. 

Longueur 4 lignes. Largeur 1 À ligne. 

Sa tête , fon corcelet & fon ventre font d’un noir bleuâ- 
tre & luifant. Ses ailes fupérieures font d’un jaune fafran- 
né, fur - tout au bord extérieur ; & au milieu près du mé- 
me bord elles ont une grande tache brune. Quant aux pat- 
tes leurs cuiffes font de la même couleur que le corps , 
mais les jambes font jaunes & les pieds noirs. 


6. TENTHREDO xigra, thorace maculis flavis ; 


abdomine lureo bafi & apice nigro , pedibus vartegans. 
Tome II, Ë Mm 


274 HISTOIRE ABRÉGÉE 


La mouche-à-fcie noire,à ventre jaune noir en haut & en bas. 
Longueur s lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Sa tête & fes antennes font noires , il n’y a que les lévres 
& les machoires qui foient jaunes. Le corcelet eft noir 
avec une raie Jaune devant l’attache de chaque aile , & un 
triangle vers la pointe formé de trois points jaunes, dont 
le fupérieur eft le plus grand. Le ventre eft jaune mais 
couvert d'un peu de noir à la bafe & à la pointe, favoir 
en haut le premier anneau & une partie du fecond, & en 
bas les deux derniers anneaux. Quant aux pattes , leurs 
cuiffes font noires , & les jambes & Îles pieds font jaunes 
variés d’un peu de noir. Les aïles ont leur bord extérieur 
& le point marginal noir. 


7. TENTHREDO rigra, thoracis apice flavo', feg- 
mentis abdominalibus quarto & quinto luters. 


La mouche à-fcie à une bande jaune. 


15 


Longueur $ 3 lignes. Largeur 1 + ligne. 


* Ses antennes font noires. Sa têté eft de la même cou- 
leur, mais la lévre fupérieure & les machoires font jau- 
nes. Le corcelet pareillement noir a deux petites raies 
jaunes, une de chaque côté devant l’attache des ailes, & 
une tache de même couleur à fa pointe. Le quatriéme & 
le cinquiéme anneau du ventre font jaunes , les autres font 
noirs , ce qui forme une bande jaune affez large fur le ven- 
tre ; les pattes font aufli jaunes à l'exception des cuiffes 
qui font noires. Les ailes font un peu brunes avec le point 
marginal oblong & noir. 


8. TENTHREDO zigro-cœrulea , alis pedibufque 
Jlavis , fegmentis abdominalibus primo & ultimo macu- 
da lutea. 


La mouche-à:fcie noire , marquée de jaune fur le premier 


& dernier anneau du ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 


DES: INSECTES. 27$ 

Ses antennes font noires , tout le corps eft d’un noir 

bleuûtre ; il n’y a que le premier & le dernier anneau du 

ventre qui ont chacun une tache jaune dans leur milieu 

en-defflus. Les pattes & les ailes fupérieures font d’un jau- 

ne un peu fauve. Celle que je décris eft un mâle, je n’ai 
point trouvé fa femelle. 


9. TENTHREDO rigra, fégmemis abdominalibus 


primo & quinto luters, 


La mouche-à-fcie à deux bandes jaunes. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Sa tête eft noire avec la lévre fupérieure & la bafe des 
antennes jaunes. Sur fon corcelet il y a une petite raie 
jaune de chaque côté devant l’attache des aîles. Le ven- 
tre eft noir, mais le cinquiéme anneau, & le bord du 
premier font jaunes , ce qui forme deux bandes jaunes fur 
le ventre. Ses pattes font toutes jaunes, à l'exception des 
genoux & des pieds de celles de derriere qui font noirs. 
Enfin le deffous du ventre eft jaune , & le bord extérieur 
des ailes de deflus eft noir. On trouve en grande quantité 
cette mouche-à-fcie fur les plantes ombelliferes. 


10. TENTHREDO zigra, pedibus abdominifque [eg- 
mentis primo ; quinto, fexto & ultimo margine flaves. 

La mouche-à-fcre à trois bandes jaunes. 

&ongueur 4 à lignes. Largeur 1 ligne, 

Celle-ci approche beaucoup de la précédente. Elle eft 
noire & n’a de jaune que les parties fuivantes , favoir la 
lévre fupérieure , une raie de chaque côté du corcelet 
devant l’attache des ailes , les bords du premier, du cin- 
quiéme , du fixiéme & du dernier anneau du ventre , & 
les pattes ; encore les genoux & les tarfes des pattes pof- 
térieures font-ils noirs. Les aîles font brunes avec la tache 
marginale du bord extérieur bien marquée. 


 - 
Mm i] 


276 HISTOIRE ÂBRÉGÉE 
11 TENTHREDO 75. Jegmentorum abdomina- 


lum marginibus , excepto fecurdo , tertio & Jexto Ta- 
vis j pedibus ferrugineis. Planch. 14, fig. ç. 
Linn. fjft. nat. edit, 10 , p.556, n. 11. Tenthredo antennis fubclavatis , abdo- 


mine nigro , cingulis quatuor flavis, 


La mouche-à-fcie à quatre bandes jaunes. 
Longueur $ 3 lignes. Largeur x 4 ligne. 

Ses antennes font noires , avec un peu de couleur fauve 
à leur bafe ; la tête & tout le refte du corps eft noir , feu- 
lement la leyre fupérieure eft jaune : il y a deux petites 
raies de même couleur fur le corcelet, une de chaque côté 
devant l’attache de l’aîle , outre une tache jaune encore 
plus grande fur le côté & en-deflous ; la pointe du corce- 
let a aufli un peu de jaune. Le bord du premier anneau du 
ventre , celui du quatriéme , du cinquiéme & des derniers 
en commençant par le feptiéme font de la même couleur; 
les autres , favoir le fecond, le troifiéme & le fixiéme font 
tout noirs. Les aîles font brunes fur-tout vers le bord exté- 
rieur. Les pattes font de couleur fauve brune , avec un peu 
de noir fur les cuifles. C’eft fur le faule que vient cette ef- 
péce de mouche-à-fcie. 


12. TENTHREDO rigra , pedibus fegmentorumque 


abdominalium marginibus ; excepto fécundo , tertio, & 

quinto , flavis. - 4 
La mouche à-fcie à deux bandes noires fur lé ventre. 
Longueur $ lignes. Largeur 3 Z ligne. 

Ses antennes font noires , feulement les deux anneaux 
de la bafe font jaunes/ Sa tête eft noire & fa levre fupé- 
tieure jaune. Son corcelet eft noir, avec une tache jaune 
aflez grande de chaque côté devant l’attache des ailes, 
faite en forme d’épaulette. Il y a aufli à la pointe du cor- 
celet une tache jaune ; mais qui n’eft pas abfolument 
conftante. Le ventre eft noir , avec les bords des anneaux 
jaunes , à l’exception cependant du fecond , du troifiéme 


DESYENSE CTIES 277 
& du cinquiême anneau qui font tout noïrs ; ce qui forme 
deux bandes noires fur le ventre , dont la fupérieure eft 
plus large. Les pattes font jaunes, avec les tarfes noirs, & 
la partie inférieure des cuiffes de la même couleur. Les 
ailes font un peu brunes , & leur bord extérieur eft plus 
épais & de couleur fauve. Cette efpéce a beaucoup de 
reflemblance avec la mouche-à-fcie à deux bandes jaunes. 


3. TENTHREDO zigra , fegmentorum abdomina- 
um marginibus , excepto fecundo & tertio flavis. Linn, 
faun fuec. n. 935. 
Linr. [yft. nat. edit. 10, p. $56, n. 12. Tenthredo antennis feptemnodiis luteis ; 
abdomine cingulis quinque flavis, primo remotiore, 


Reaum. inf, 5 ,t. 13, fig. 12 23e 
Blachwell, herb. t. 87, f. ro. 


La mouche-à-fcie de La ferofutaire. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne. * 

M. Linnæus a fait une defcription très-exaéte de cette 
efpéce , que Je ne ferai prefque que copier. Le noir eft la 
couleur qui domine dans cette mouche-à-fcie , mais fur la 
tête la levre fupérieure eft jaune , & il y a une petite raie 
de même couleur fous les yeux. Les antennes font de cou- 
leur fauve. Le corcelet a vers fa bafe deux raies pareille- 
ment jaunes qui vont fe terminer aux ailes. De plus, ilya 
à la même bafe une tache jaune de chaque côté , & une 
autre plus bas fous l’infertion de l’aîle : enfin en-deflous , 
il y en a une troifiéme de même couleur , à l’endroit d’où 
les pattes poftérieures prennent naïffance. Le corcelet fe 
termine par deux petites taches jaunes l’une au-deflus de 
l’autre. Le bord de tous les anneaux du ventre eft jaune, à 
l'exception du fecond & du troifiéme anneau , enforte 
qu'il y a une grande diftance noire entre la premiere ban- 
de jaune & les autres. Quelquefois cependant ces deux 
anneaux ont un peu de jaune à leur bord , au moins fur les 
côtés. Les jambes & les pieds font fauves. Les aïîles font 
prefque de la même couleur , fur- tout au bord extérieur, 


273 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 

dont le point marginal eft de couleur de rouille, Cet infec- 
te reflembie beaucoup à une guëpe & on s'y trompe pref- 
que toujours au premier coup d’œil. 

La larve qui le produit eft une fauffe chenille à vingt- 

deux pattes; favoir , fix écailleufes & feize membraneufes. 
Elle eft groffe , fa tête eft noire , & le refte de fon corps eft 
blanc , mais parfemé de points noirs. Elle vient abondam- 
ment fur la fcrofulaire qu’elle ronge & dépouille de fes 
feuilles. Lorfqu’elle eft parvenue à fa groffeur , elle s’en- 
fonce en terre au pied de la plante & elle refte ainfi en co- 
que fous terre pendant tout l'hiver , Jufques vers le mois 
de juin de l’année fuivante. 


14. TENTHREDO xigra, fegmentorum abdomina- 
lium marginibus omnibus flavis. 

La mouche-a-fcie à ventre rayé. ® 

Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 

Le noir domine dans cette efpèce comme dans la pré- 
cédente : elle en différe en ce que fa tête ef toute noire, 
ainfi que fes antennes , qui ont feulement un peu de jaune 
aux deux premiers anneaux de leur bafe. Cette tête , vûe à 
la loupe, paroït un peu chagrinée. Le corcelet pareillement 
noir , a feulement un peu de jaune à l'attache des ailes, & 
deux points jaunes très-petits l’un à côté de l’autre vers fa 
pointe. Tous les anneaux du ventre , excepté le premier 
feulement;,font bordés d’un jaune un peu fauve. Les pattes 
font de la même couleur, feulement la bafe des cuiffes eft 
un peu noire. Les ailes font diaphanes , avec des nervures 
& un point marginal bien marqué de couleur noirâtre. 


15. TENTHREDO igra , thoracis apice maculis 
albis ; pedibus anticis abdomini/qué poflica parte fèr- 
TUQINELS. 

La mouche-à-ftie porte-cœur. 

Longueur $ + lignes. Largeur 1 ligne. 


Ses antennes aufli longues que fon corcelet ;, font noi- 


DES INSECTES. 279 
res, aiuf que la tête , dont fa levre fupérieure eft jaune. 
Le corcelet eft pareillement noir , avec quelques taches 
blanches vers fa pointe ; favoir ; une fupérieure plus gran- 
de , & quatre autres plus petites rangées en croix & 
placées plus bas. Les trois premiers anneaux du ventre 
font noirs , le refte eft de couleur fauve. Les quatre pattes 
antérieures font pareillement fauves mélées d’un peu de 
noir , & les deux poftérieures font toutes noires. Les aîles 
diaphanes ont leur bord extérieur épais & brun , avec 
un point bien marqué dans le milieu de ce bord. 


NW. B. Cette efpéce varie beaucoup ; il y en a qui ont 
tout le ventre , les fix pattes & les antennes de couleur 
fauve ; d’autres ont leurs fix pattes fauves & les antennes 
noires ; d’autres enfin ont le ventre noir en-haut & les fix 
pattes fauves. | 


16 TENTHREDO zigra , thoracis apice maculis 

albis , pedibus anticis , abdominifque medio ferruginers. 
La mouche à [cie à deux taches blanches au corceler. 
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes & fa tête font toutes noires ; fon corcelet 
eft de la même couleur , avec un point fauve de chaque 
côté à Pattache des ailes, & deux taches blanches pofées 
à côté l’une de l’autre à la pointe-de ce même corcelet. Le 
premier anneau du ventre eft noir , les quatre fuivans font 
de couleur fauve & les derniers font tout noirs. Les deux 
pattes de devant font fauves & les autres noires. Les ailes 
tranfparentes ont des nervures bien marquées, avec le 
point marginal & le bord extérieur noirs. 


17. TENTHREDO rigra , thoracis apice macula 


ava , fesmentis abdominalibus utrimque maculis luteis. 
q 


La mouche-à-fcie noire à ventre bordé de taches jaunes. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 


Sa tête & fes antennes font noires, Son corcelet eft de 


280 HISTOIRE ABRÉGÉE 

même couleur, avec une tache jaune à fa pointe , & deux 
autres taches fur les côtés , une devant l’attache de cha- 
que aîle. Le ventre eft aufli noir ; mais fur les côtés il y a 
deux rangs de taches jaunes , une aux côtés de chaque an- 
neau. Les deux derniers anneaux ont de plus un peu de 
jaune à leurs bords. Les pattes font rayées de noir & de 
jaune & les cuiffes poftérieures font rougeâtres. 


a8. TENTHREDO gra, thoracis maculis tribus 

abdominifque apice flavis , pedibus flavo nigroque variis, 
La mouche-à-fcie noire à pattes & corcelet variés de jaune. 
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 ligne, 

Ses antennes & fa tête font noires , avec la evre fupé- 
rieure jaune. Le corcelet eft pareillement noir & a en-def- 
fus trois grandes taches jaunes ; favoir ; une de chaque 
côté devant lattache des aîles & une troifiéme à la pointe. 
Le ventre eft tout noir , avec un peu de jaune aux derniers 
anneaux , fur-tout en-deffous. Les pattes font noires & ont 
un peu de jaune à leur bafe & la plus grande partie de la 
jambe jaune. 


19 TENTHREDO rigra , thoracis abdominifqué 
apice maculis flavis ; abdominis medio fulvo ; pedibus 
rubris. 


La mouche-à-fcie noire à pattes rouges & bande du ventre 


fauve. 
Longueur 4 + lignes. Largeur 1 ligne. É 

Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente. Sa 
tête , fes antennes & fon corcelet font femblables , feule- 
ment au corcelet , au lieu de taches devant les attaches 
des aîles , il n’y a que deux petites raies jaunes. Le ventre 
eft noir , avec quelques taches jaunes fur les trois derniers 
anneaux. Mais cette efpéce différe principalement de la 
précédente ; 1°. parce que le troifiéme & le quatriéme 
anneau du ventre font de couleur fauve ; ce qui forme une 


bande 


DES INSECTES. 281 
bande large; 2°. en ce que les pattes font rouges , avec du 
jaune à leur bafe , quelque peu de noir au haut des jam- 
bes poftérieures & les tarfes poftérieurs noirs. Celle que 
je viens de décrire eft une femelle. Elle pourroit bien être 
la femelle de la précédente qui eft un mâle. 


20. TENTHREDO fava , capite thoraceque [upra 
r11gr0. 

Linn. faun. fuec. n, 933. Tenthredo falicina , larvæ cœruleo-viridis , pe&ore 
caudaque fulva. 

Frifch. germ. 6, p. 9 , t. 4. Ichneumon flavus , larvæ viridis nigro pun@atæ, 

Goed. belg, 1,p. 65 , t. 18. € gall, tom. 2, tab. xix, 

Liff. Goed. 125 , t. 49. 

Albin. inf. rt. s,f. g.h. 

Reaum. inf, tom. 1,1, 1,f. 18, Larya, &tom, $ ,t. 11, f. 104 


La bedeaude du faule. 


Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne. 


Tout le deffous de fon corps eft jaune , ainfi que fes 
pattes. Le deflus du ventre & le devant de la tête font de 
la même couleur, mais le deffus de la tête eft noir. Le 
corcelet eft aufli noir en-deflus, à l’exception du devant où 
il y a fur les côtés du jaune qui forme des efpéces d’épau- 
lettes. Les aïles ont leur bord extérieur épais & noir ; 
quoique M. de Reaumur dife le contraire. 

La larve ou fauffe chenille qui produit cet infe&te , 
habite fur le faule. Elle eft très - belle & la bigarrure de fes 
couleurs lui a fait donner le nom de Bedeaude. Sa tète eft 
noire & life. Le devant de fon corps , c’eft-à-dire ;, les 
trois premiers anneaux font de couleur fauve, ainfi que les 
trois anneaux poftérieurs. Tout le milieu eft d’un bleu fort 
beau tirant fur le vert. Le corps , tant fur la portion bleue 
que fur les endroits fauves , a neuf rangs longitudinaux de 
points noirs. Cet animal a vingt pattes , fix écailleufes en- 
devant & quatorze membraneufes. 


21, TENTHREDO capite thoraceque nigro caradteri= 
Bus flavis , pedibus abdomineque ferruginess. 
Tome TI, Nn 


282 H1ISTOIREABRÉGÉE 


La mouche-à-fcie à ventre & pattes fauves & corcelez 
panachés 
Longueur 5 + lignès. * Largeur 1 © ligne. 

Cette efpéce varie finguliérement fuivant le fexe. Dans 
les mâles les antennes font fauves , dans les femelles elles 
font-noires : dans celles - ci la tête efl naire ,;-aves la levre 
fupérieure jaune , dans les mâles , outre la levre tout le 
tour des yeux eft jaune. Dans les deux fexes le corcelet 
ef noir , avéc quelques points Jaunes vers l'extrémité , 
mais dans les mâles il y a de plus quelques taches jaunes 
différemment figurées fur le devant. Le ventre dans les 
uns & les autres eft fauve , mais les premiers anneaux 
font noirs dans les femelles. Les pattes dans tous font de 
la même couleur que le ventre. Le deffous du corcelet.eft 
jaune dans les males & noir dans les femelles. Les ailes 
font affez tranfparentes , ayec des nervures & un point 
marginal noir. 


22. TENTHREDO zigra , antennarum apice albo ; 


abdomints bafi macula utrinque alba , apice fubro. 


La mouché-à-fcie à antennes blanches au bout. 
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne. 


Ses antennes font noires ; mais leurs trois derniers an- 
neaux du bout font blancs. Sa tête eft noire , à l'exception 
de la levre fupérieure & des machoires qui font blanches, 
Le corcelet eft tout noir : le ventre eft de la même cou- 
leur, mais à fa bafe il y à de chaque côté une affez grande 
tache blanche. Les quatre ou cinq derniers anneaux du 
ventre font fauves & les pattes font brunes. 


23. TENTHREDO rigra, pedibus albo variegatis. 


La mouche-à-fcie noire à pattes argentées. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne, 


Ses antennes & fa tête font noires , avec la levre fupé- 
rieure blanche. Sur fon corcelet il y a deux petites raies 


DHESSA AN SEiC TE 5: 283 
blanches , obliques devant l’attache des ailes. Le premier 
anneau du ventre eft aufli bordé d’un peu de blanc , & les 

attes font entrecoupées de blanc & de noir, Quelquefois 
e deffous du ventre a deux bandes longitudinales de ta- 
ches blanches , mais qui ne font pas conftantes. 


24. TENTHREDO gra , femoribus maculis albis , 


abdominis medio ferrugineo. 


La mouche-à-fcie à pattes argentées & milieu du ventre 
auve. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Sa tête , fes antennes & fon corcelet font tout noirs , le 
ventre eft de la même couleur , mais fon milieu eft d’un 
fauve rougeâtre , plus néanmoins dans les femelles que 
que dans les mâles ; dans ceux-ci il n’y a que le troifiéme 
anneau qui foit de cette couleur , avec une partie du fe- 
cond & du quatriéme , encore le troifiéme a-t-il une petite 
tache noire. Dans les femelles au contraire , le fecond , le 
troifiéme , le quatriéme & une grande partie du cinquiéme 
anneau font de cette couleur fauve. Les pattes font noires, 
avec un peu de blanc, mais différemment placé fuivant le 
fexe. Dans les mâles & les femelles , les pattes poftérieu- 
res font toutes noires & ont feulement une grande tache 
blanche vers l’origine de la cuifle. Les pattes antérieures 
ont pareillement des Hgnes blanches en-deffus , mais dans 
les mâles les tarfes des quatre pattes antérieures font 
blancs , & noirs au contraire dans les femelles. Dans 
celles-ci les pattes du milieu font toutes noires , dans les 
mâles elles ont en-deflus des lignes blanches comme 
les pattes antérieures. Les aïles dans les deux fexes font 
brunes , avec le bord extérieur & le point marginal noirs. 


N.B. On en trouve une variété qui eft plus grande & 
dans laquelle les taches blanches des cuiffes poftérieures 
manquent totalement. p 
25. TENTHREDO rigra , pedibus férrugineis. 

Nni 


284 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. 557, n. 19, Tenthredo antennisfeptemnodiis , cor= 
pore atro, pedibus rubris. 


La mouche-a-ftie noire à pattes fauves. 
Longueur $s lignes. ! Largeur x ligne. 

Elle eft toute noire , à l'exception de fa levre fupérieure 
quieft jaune, des attaches des ailes qui font ün peu fauves 
& des pattes qui font aufli de la même couleur ; fi ce n’eft 
que leurs tarfes poftérieurs font noirs. Le point marginal 
des ailes eft noir & allongé. 


26. FEN THREDO xigra, pedibus flavis , abdominis 
medio ferrugineo. 

La mouche-à-fcie noire à pattes jaunes & milieu du ventre 
fauve. 

Longueur 4 + lignes. Latgeur 1 ligne. 

Ses antennes font noires ;, avec les deux premiers an- 
neaux de leur bafe jaunes. Sa tête eft noire & la levre fu- 
périeure jaune. Les pattes font auñli jaunes , feulement les 
tarfes ont un peu de noir au bout. Le corcelet qui eft noir 
a une petite raie jaune de chaque côté devant Pattache des 
aîles. Le ventre eft noir, avec un peu de jaune au premier 
anneau & quelques taches de même couleur aux deux der- 
niers. Le troifiéme , le quatriéme &t le cinquiéme anneau 
font de couleur fauve , tout le refte eft noir. Le point mar- 
ginal des ailes fupérieures eft d'un jaune un peu brun. 


L4 

27. TENTHREDO xigra ; pédibus abdomini/que me- 

dio ferrugineis. 
La mouche-à-fcie noire a pattes & milieu du ventre fauves. 
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne. ù 

Cette efpéce plus petite que les précédentes eft noire , 
& fes pattes font fauves , fi cependant on en excepte 
les tarfes qui font noirâtres. Le milieu du ventre ; favoir, 
le troïfiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau eft 
aufli fauve , du moins dans les femelles ; telles que font 


DES EN SEC TES 28ç 
celles que j'ai. Les aïles font un peu brunes ; avec leur 
bord extérieur & le point marginal noir. 


28. TENTHREDO rigra , pedibus quatuor anticis 
flavis , femoribus poflicis abdominifque medio ferrugi- 
rzeLSs. 

La mouche-à-fcie noire, à pattes de devant jaunes & mi- 
lieu du ventre fauve. 

Longueur 4 lignes. Largeur + ligne. 

Elle eft toute noire , à l'exception de fa levre fupérieure 
& des quatre pattes antérieures qui font d’un jaune citron. 
Ses cuiffes poftérieures , ainfi que le milieu de fon ventre ; 

: pt : CE RRE 
favoir , le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau 
font aufli d’une couleur fauve rougeâtre ; tout le refte 
eft noir. 


29. TENTHREDO zigra , abdominis medio ferru- 
g21200. 
La mouche-à-fcie noire , avec le milieu du ventre fauve. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 : ligne. 
Cette efpéce eft toute noire ; il n’y à que le fecond, 


le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau de fon 
ventre qui foient fauves. 


30. TENTHREDO 1014 nigro-cœrulea , alis nigrican- 


tibus ;, margine extertore nigro. 


La mouche à-fcie noire bleuätre. 
Longueur 3 lignes. Largeur x ligne. 

Elle eft par -tout d’un noir bleuûtre fans mélange d’au- 
cune autre couleur. Ses aîles font noirâtres , avec leur 
bord extérieur épais & noir de même que le point margi- 
nal qui eft allongé. 


31. TENTHREDO rigra, geniculis ferrugineis. 


La mouche-à [cie noire à genoux fauves. 
Longueur 4 lignes, Largeur x + ligne, 


286 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Cette mouche - à -fcie eft toute noire , il n’y a que l’arti- 
culation des cuifles avec les jambes qui foit d’un jaune 
fauve dans toutes les pattes. 


32. TENTHREDO zigra , pedibus flavis. 


Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. $57 , n. 14. Tenthredo antennis feptemnodiis, cor= 
pore nigro , pedibus luteis. 
Reaum, inf. $ , te 11, fe 1 — 5e 


La mouche-a-fcie noire à pattes jaunes. 
Longueur 2 £ lignes. Largeur + ligne. 

Cette efpéce eft toute noire , fes pattes feules font jau- 
nes , quelquefois même les quatre poférieures font noires. 
Les aîles font brunes , avec le bord extérieur & le point 
marginal noir. 4 

Cet infe&te vient d’une fauffe chenille que l’on trouve fur 
l’orme. 


N.B. J'en ai une variété toute femblable, mais plus 
petite d’un bon tiers. Celle-ci m’eft venue d’une coque 
que J'ai trouvée dans du bois de faule pourri. 


33. TENTHREDO xigra , antennis uno verju petlina- 
tès , tibiis tarfifque flavis. 

La mouche-à-fcie noire à antennes peclinéés. 

Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font fingulieres. Les deux premiers articles 
proche la tête font plus gros & plus courts , comme dans 
les autres efpéces de ce genre ; le troifiéme à une petite 
pointe en-dedans & une longue blanche en dehors ; les 
trois fuivans ont de pareilles appendices en-dehors, mais 
qui diminuent de longueur à mefure que ces anneaux font 
plus éloignés de la tête ; enfin dans les trois derniers an- 
neaux l’appendice n’eft pas fenfible, Ces antennes font ve- 
lues ,; mais pour s'en appercevoir il faut les regarder à 
la loupe. Tout l'infe@e eft noir, il ny a que fes jambes 
ne tarfes qui foient jaunes. Celui que je décris eft un 
mâle. 


DES ‘INSECTES. 287 
SEC ON D É FAMILLE 


34 TENTHREDO rigra , thorace rubro. 


La mouche-à-fcie noire à corcelet rouge. 
Longueur 2 & lignes. Largeur à ligne. 

Tout fon corps & même fes ailes font noires ; fon cor- 
celet feul eft d'un beau rouge & les genoux des pattes 
font un peu pâles. On trouve cette efpéce dès le printems. 


3$*TENTHREDO nigra ; pedibus , lateribus thoracis 
abdominifque viridefcentibus. 


La mouche-à-ftie noire à ventre bordé de vert. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 4 ligne. 

Ses antennes font jaunâtres. Sa tête eft noire , avec la 
levre fupérieure & le tour des yeux verdâtre. Les pattes 
font aufli d’un jaune vert. Le corcelet & le ventre font 
“noirs , mais bordés fur les côtés de la même couleur verte. 
Ses ailes font brunes , veinées fans point marginal , & fans 
que le bord extérieur foit plus épais que le refte, ce qui eft 
rare dans ce genre. 


TROISIÉME FAMILLE. 
36. TENTHREDO rigra , pedibus ferrugineis ; tibiis 


poflicis albo nigroque annulatis. 

Linn. faun. fuec. n. 37. Tenthredo antennis o&odecim-nodiis , pedibus ferru- 

gineis , pofticis albo nigroque annulatis, . 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.558 , n. 30. Tenthredo cynofbati. 
La mouche-à [cie & jambes variées. 
Longueur 1 + lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font noires & de la longueur des deux tiers 
du corps. Sa tête eft aufli noire de même que le corcelet , 
mais fur celui-ci il y à deux petits points jaunes aux atta- 
ches des ailes , un de chaque côté & une tache jaune à la 
pointe du corcelet. Le ventre eft noir & étroit pour une 

. pe A 
efpéce de ce genre , ce qui la fait un peu reflembler à 


283 HISTOIRE ABRÉGÉE 

un ichneumon , quoique le ventre ne foit point attaché 

au corcelet par un filet comme dans les ichneumons. Les’ 
pattes font toutes fauves , il n’y a que les jambes de celles 

de derriere qui font blanches dans leur milieu & noires au 

haut & au bas. 


37. TENTHREDO igra , punélo thoracis luteo , pe- 
dibus abdominifque medio ferrugineës. 


La mouche-à-fcie à point jaune-au corcelet, & milieu du 
ventre fauve. 
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes font brunes & prefqu’aufli longues que fon 
corps. Sa tête eft noire. Sur le corcelet qui eft pareille- 
ment noir , on voit deux lignes jaunes obliques , une de 
chaque côté devant l'attache des ailes, & de plus un point 
jaune qui termine le corcelet. Le premier anneau du ven- 
tre eft noir, les quatre fuivans font fauves, & les derniers: 
font noirs. Les pattes font de couleur fauve. 

Je fuis fort porté à regarder cette efpéce comme fim- 
ple variété de la précédente , en ayant eu quelques indi- 
vidus , qui avoient les jambes poftérieures panachées de 
blanc & de noir. 


38. TENTHREDO xigra, fegmentis abdominalibus 
margine flavis , antennis duas tertias corporis partes 
æquantibus. 


La mouche-à [cie à longues antennes. 
Longueur 4 lignes. Largeur < ligne. 

Ses antennes font noires & fort longues , elles égalent 
au moins les deux tiers de la longueur du corps. Sa tête 
eft noire avec les machoires jaunes. Le corcelet pareille- 
ment noir , a une tache jaune triangulaire à la pointe. Les 
anneaux du ventre font fort longs , noirs & bordés d’un 
peu de jaune citron. La couleur des pattes varie. T'antôt 
elles font toutes citron : dans d’autres les cuifles font noi- 

res 


” BIENS 


INSECTES, 


289 


res & le refte eft fauve : dans quelques-unes elles font 
toutes brunes. Cet infeëte eit de forme allongée. 


CIN P:S. 
LE SOUMIN UP PRE 


Antenne cy lindraceæ frac- 
1@. 
Ale inferiores breviores. 


Os maxillofum. 


Aculeus ani conicus intra 
yvalyas abdominis. 

Abdomen fubovatum ad la- 
era compreffum , fubtus acu- 
zum , petiolo thoraci conne- 
xum. 

Ocelli tres. 


Familia. 14. Antennarum arti- 
sulis undecim. 
24. Antennarum arti- 
culis feptem. 

——— 34 Antennarum arti- 
culis tredecim- 


Antennes cylindriques bri- 
fées. 

Aïles inférieures plus cour- 
tes. 

Bouche armée de machoi- 
res. : 

Aïguillon conique entre 
deux lames du ventre. 

Ventre prefqu'ovale , ap- 
plati des côtés , aigu en def- 
fous , attaché au corcelet par 
un pédicule court. 

Trois petits yeux liffes. 


Famille 1°. À antennes com- 
pofées de onze anneaux. 
2°, À antennes com- 
pofées de fept anneaux. 

—— j°. À antennes com- 
pofées de treize anneaux. 


On voit par le caratere du cinips , qu’il différe de la 


Mouche-à-{cie par beaucoup d’endroits. Outre la gran- 
deur différente de cet infeëte , qui en général eft beaucoup 
plus petit que la mouche-à-fcie , il y a trois caraëteres 
effentiels qui le font diftinguer. Le premier confifte dans 
la forme finguliere des antennes du cinips, qui font ron- 
des , cylindriques , d’égale groffeur tout du long , mais 
brifées ou coudées dans leur milieu , où elles forment un 
angle plus ou moins aigu. De tous les genres de cette fec- 
tion,celui-ci eft le feul qui porte des antennes précifément 
de cette forme. Celles de la guêpe , de l'abeille , de la 
Tome II. Oo 


290 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fourmi font à la vérité brifées ou coudées , mais leur ftruc- 
ture eft diflérente , comme nous le verrons en parlant de 
ces $enres. Le fecond caraétere effentiel du cinips dépend 
de la ftruéture de fon aiguillon. Cet aiguillon paroït fe ter- 
miner en pointe aigue, mais fi on Île regarde à la loupe , on 
voit qu'il n’eft pas aufli fimple qu'il le paroit d’abord : il eft 
creufé comme une tariere , & de plus il eft garni de poin- 
tes fur les côtés , comme feroit un fer de flêche. Cette 
ftrudture de l’aiguillon qui reflemble à une tariere , a fait 
donner par quelques Naturaliftes le nom de mouches-a-ta- 
riere aux infeëtes de ce genre. Nous n'avons pas cependant 
cru devoir conferver ce nom pour éviter la confufion qui 
pourroit naître de la refflemblance des noms de ce genre & 
des mouches-aà-fcie qui compofent le genre précédent. 
L’aiguillon des cinips eft encore remarquable par fa pofi- 
tion, il n’eft pas précifément placé à l'extrémité du ventre, 
comme dans plulieurs autres infeétes , mais en-deflous 
entre deux lames que forme le ventre de cet infe&te , 
comme nous allons le voir , en parlant du troifiéme ca- 
raétere effentiel de ce genre. Ce caraëtere dépend de la 
forme du ventre des cinips. Leur ventre eft applati par les 
côtés ; & vû dans cetre fituation ; il paroït ovale. En - def- 
fous il eft aigu, & c eft dans cette efpéce de tranchant que 
laiguillon fe trouve caché entre les deux lames , dont la 
réunion forme la crête aigue du deffous du ventre, Par 
la réunion des trois principaux caracteres que nous venons 
de détailler , ileft très -aifé de diflinguer le cinips de tous 
les autres genres de cette feétion. 

Les larves de ces infeëtes reflemblent à des vers blancs 
qui ont la tête brune & écailleufe. Ces larves varient pour 
le nombre des pattes. Toutes en ont fix écailleufes fur 
le devant de leur corps , mais leurs autres pattes qui font 
membraneufes , font tantôt au nombre de douze & tantôt 
au nombre de quatorze ; du moins J'ai obfervé ces diffé- 
rens nombres fur différentes efpéces : peut-être y en a-t-il 
qui ont jufqu’à feize pattes membraneufes outre les fix 


DES INSECTES. 291 
écailleufes ; c’eft ce que je n’ai pas rencontré jufqu'ici. La 
plûpart de ces larves ne font pas aifées à découvrir , elles 
font cachées dans ces galles ou excroiffances qui viennent 
fur les feuilles & les tiges des arbres. La noix de galle fort 
connue & fi employée pour la compolition de l'encre à 
écrire , eft une de ces excroiffances formée par un infeéte 
du genre des cinips. Lorfque ces infeétes veulent dépofer 
leurs œufs , ils fe fervent de leur tariere ou aiguillon pour 
faire unetntaille à quelque nervure de feuilles , ou même 
aux jeunes tiges , & ils pondent dans cette entaille un 
œuf, qui coulant le long de la rainure de la tariere , refte 
dans la place qui lui eft deftinée par le moyen d’une efpéce 
de glu qui l’enduit. Les fucs de la plante ou de la feuille 
s’épanchant par les vaifleaux qui fe trouvent ouverts en cet 
endroit , y forment une excroiffance ou tubérofité dans la- 
quelle l'œuf fe trouve renfermé , & qui petit à petit ac- 
quiert du volume & de la confiftance. Au bout de quelque 
tems , lorfque la galle eft déja grofle, la larve du cinips 
venant à éclore, trouve de la nourriture à fa portée, eile 
mange l’intérieur de la galle qui la renferme , & aggrandit 
ainfi fon logement à mefure qu’elle grollit. Si on ouvre les 
galles dont le chène , le faule & plufieurs arbres ou plantes 
{ont couverts en été ; avant que les cinips fe foient tranf- 
formés & en foient fortis , on trouve dans leur cavité inté- 
rieure la larve du cinips qui refflemble à un petit ver blanc. 
Comme cette cavité eft ronde , la larve eft ordinairement 
courbée en-dedans & comme roulée en boule , enforte 
que fa tête eft près de fa queue, Cette larve , dans une 
fituation auffi gênante , paroit ne devoir fe remuer qu'avec 
peine ; mais la nature a donné à plulieurs de ces larves 
d’autres parties qui les aident à faire les mouvemens né- 
ceffaires. Ce font des efpéces de mammelons ou tubercu- 
les mols qu'elles ont fur le dos & qu’elles font fortir ou 
rentrer à leur volonté. Par l’aétion & le jeu de ces mam- 
melons , la larve peut fe pouffer , fe tourner & fe retourner 
dans la cavité de la galle. La larve du cinips peut donc fe 

Ooji 


292 HISTOIRE ABRÉGÉE 
mouvoif ; fe nourrir & groflir dans la galle ; ce qu’il y a de 
fingulier , c’eft que quoiqu’elle mange , elle ne paroït pas 
rendre d’excrémens. Je n’en ai jamais trouvé dans l'in- 
térieur de la galle ;, l’'infeête ef toujours feul & fort propre, 
foit que fes excrémens foient aflez liquides pour s’imbiber 
dans la fubflance de la galle , foit qu’ils fortént de fa cavi- 
té par quelqu'ouverture qu’il n'eft pas poflible de décou- 
vrire 

: Les galles que les cinips produifent fur les arbtes & les 
plantes varient infiniment pour la forme. Les unes font 
rondes comme des petites pommes , tantôt ifolées , tantôt 
réunies plufieurs enfemble ; d’autres font de figure irrégu- 
liere , ailongées ; molles , ou dures , quelques-unes font 
hériflées de filets , ou de petites feuilles commie des efpé- 
ces de fleurs. Il y en a d’autres appiaties , unies ou frifées. 
Nous verrons ces différences dans le détail des efpéces. 

Lorfque la larve du cinips eft parvenue à fa groffeur 
dans l’intérieur de la galle , elle emploie ; fuivant les diffé- 
rentes efpéces , des manœuvres différentes pour fe méta- 
morphofer. Les unes , comme le cinips du faule , percent 
la galle , en fortent , fe faiffent tomber à terre & s y enfon- 
cent pour y filer une coque dans laquelle elies fe changent 
“en nymphes , comme nous avons vü que le font les mou- 
ches à-fcie ; d’autres , comme Je lai obfervé dans les cinips 
du chêne , ne quittent point leurs galles ; mais elles y 
dépofent leur peau & s’y changent en nymphes ; ce n’eft 
que lorfqu'elles font devenues infeétes parlaits,qu’elles per- 
cent la galle & qu'elles en fortent fous la forme d’infeétes 
aîlés. Dans ce dernier état , tous ces cinips cherchent à 
s’accoupler & enfuite dépofent de nouveau leurs œufs 
dans des entailles qui produifent de nouvelles galles fur 
les arbres. 

* Telles font les manœuvres qu'emploie le grand nombre 
des cinips. Mais toutes les efpéces de ce genre ne viennent 
point dans des galles , il y en a qui ont une habitation diffé-" 
rente. Au lieu des galles quine peuvent nuire qu'aux 


DIE SA ÉN SECTE 5 293 
arbres ; elles dépofent leurs œufs dans le cotps d’autres in- 
fectes , qui leur fervent aux mêmes ufages que les galles 
ont fervi aux infectes dont nous venons de parler, On voit 
quelquefois ces petits cinips voltiger fur les chenilles , 
faire une légere entaille à leur peau & y dépofer leurs 
œufs. D’autres font la même chofe fur les pucerons, fur les 
chryfalides & fur les œufs des infectes. Il y a même quel- 
que chofe de plus. Nous verrons par la fuite que plufeurs 
petites efpéces d’ichneumons dépofent de même leurs 
œufs dans le corps des pucerons ; ou dans les œufs des 
infectes , & que leurs petites larves fe nourriflent des fucs 
des uns & des autres. Quelques cinips favent choilir ces 
pucerons & ces œufs déja piqués par des ichneumons & y 
dépofent aufli un œuf. La petite larve de l'ichneumon 
éclôt la premiere & fe nourrit de la fubfiance du puceron 
ou de l'œuf, La larve du cinips qui fort peu après de fon 
œuf tue à fon tour celle de l’ichneumon & s’en nourrit. 
Beaucoup de cinips fortent ainfi de coques d'ichneumons 
qu'ils ont fait périr , & qui eux-mêmes avoient tué d’au- 
tres infeétes ou des chenilles. Les autres cinips qui ne 
fe trouvent pas ainli renfermés avec une larve dichneu- 
mon dévorent feulement l'infecte dans le corps duquel ils 
ont été dépofés. C'eft pour eux une efpéce de galle dans 
laquelle ils croiifent , fe métamorphofent en chryfalide , 
& dont ils ne fortent que lorfqu’ils font devenus infeétes 
parfaits. D’autres au contraire ne s’y métamorphofent 
point, mais lorfqu'ils ont acquis toute leur grandeur, ils 
quittent les chenilles qu’ils ont tuées , ils en fortent & vont 
fe ranger fous quelques feuilles , où ils fe changent en 
chryfalides tout-à-fait femblables à celles dont nous allons 
parler. 

Enfin quelques cinips n’habitent ni galles ni infees ; 
leurs larves fe tiennent feulement cachées fous les feuilles. 
C'eft auffi dans ce même endroit qu'elles fe changent en 
chryfalides. Ces chryfalides font moins molles que celles 
des cinips précédens, Comme elles font à nud & expo- 


204 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fées à l'air , leur peau extérieure fe durcit ; prend de la 

confiftance & une couleur brune, de façon cependant 
uen l’examinant de près, on y diftingue les différentes 
arties de l'infeéte parfait qui en doit fortir. On trouve 

affez fouvent ces petites chryfalides attachées en-deffous 

des feuilles par leur partie poñiérieure. Il y en a fréquem- 

ment plufieurs rangées les unes auprès des autres. 

On voit par ce détail, que tous les cinips n’habitent 
point dans des galles , comme Pont cru quelques Natura- 
liftes, & que ce prétendu caraétere qu'ils ont voulu don- 
ner de ce genre n’eft pas à beaucoup près conftant. Le 
grand nombre à la vérité fe trouve dans des galles ; mais 
plufieurs autres vivent dans le corps d’autres infeëtes , & 
quelques-uns font à nud. 

Au refte quelques différences qu’il y ait entre les habi- 
tions des larves de ces infeétes, les cinips ou infeétes par- 
faits qui en viennent, fe reffemblent tous & font du même 
genre. Ces cinips en général font très-petits. Nous avons 
parlé au commencement de cet article de la forme de leurs 
antennes qui eft conftamment la même dans tous. Mais le 
nombre des articles ou des piéces qui compofent ces an- 
tennes , varie. Dans le plus grand nombre elles font com- 
pofées de onze anneaux, plufieurs n’en ont que fept, & 
quelques-uns en ont jufqu'à treize. Leurs machoires font 
dures , pofées latéralement des deux côtés de la bouche, & 
fe joignent en-devant. On apperçoit fur le derriere de 
leur tête les trois petits yeux lifles. Le corcelet de ces in- 
fectes eft ovale & donne naiffance en-deflus à leurs ailes 
qui font au nombre de quatre & en-deffous à leurs fix 
pattes. Quant au ventre, nous avons parié plus haut de fa 
figure ,ainfi que de celle de l'aiguillon. Il ne nous refte ici 
que deux chofes à remarquer fur ce dernier article. Dans 
la plüpart des cinips Paiguillon eft caché entiérement ou 
prefqu'entiérement entre le deux lames qui font au-deffous 
du ventre. Il y en a cependant deux ou trois efpéces où 
l'aiguillon paroit au dehors & déborde plus ou moins le 


DES INSECTES. 29$ 
corps. Dans ces infeétes cet aiguillon a deux efpéces de 
fourreaux ou demi-fourreaux aufli longs que lui, qui l’en- 
veloppent l’un à droite l’autre à gauche. Lorfque ces four- 
reaux font féparés l’un de l’autre ainfi que de l'aiguillon, 
il femble que l’infeéte ait trois aiguillons , mais il n’y a que 
celui du milieu qui foit le véritable aiguillon , les autres 
font des fourreaux mois & nullement aigus par le bout. 
Cette conformation refflemble beaucoup à celle des ich- 
neumons , auxquels on pourroit rapporter ces efpéces de 
cinips , fi les autres caraéteres ne les éloignoient de ce gen- 
re. Les autres cinips dont l’aiguillon ne paroît pas au de- 
hors , doivent en certaines occafions le faire fortir pour le 
mettre en ufage. Aufli dans ces infeêtes l'aiguillon eft-il 
réellement beaucoup plus long que le corps, mais il y en 
a une partie qui fe replie & qui fe roule dans l'intérieur 
du ventre comme une efpéce de reflort. Lorfque ce ref- 
fort agit , l'extrémité de Paiguillon eft alternativement 
pouflée & retirée aflez vivement , & peut agir contre les 
corps qu'il faut percer. 

La plûüparc des efpéces que renferme ce genre font bril- 
lantes pour leurs couleurs , quelques-unes même ont ur 
éclat très-vif, & femblent le difputer pour la beauté avec 
or & les émeraudes. Tels font les czzips dorés , le porte- 
or & plufieurs autres. D'autres efpéces dont les couleurs 
font plus obfcures , fe font remarquer par la propriété qu'el- 
les ont de fauter prefqu’aufli vivement que les puces, ce 
qu'elles exécutent par le moyen de leurs cuifles poftérieu- 
res qui font plus fortes & plus grofles que les autres. Enfin 
nous avons vü qu il y avoit quelques cinips qui portoient 
une queue à trois pointes ;, ou un aiguillon accompagné 
de deux appendices à l'extrémité du ventre. Nous allons 
examiner à préfent toutes ces différences plus en détail, 


296 HISTOIRE ABRÉGÉE 
PREMIERE FAMILLE. 


1. CYNIPS #horace viridi-æneo, abdomine aureo , fers 
ani corpore longioribus. 

Linn, faun. fuec. n. 939. Tenthredo thorace vlridi æneo , abdomine aureo. 

Linn, [yft. nat. edit, 10, p. 567 , n. 57. Ichneumon auratus , thorace viridi, 


abdomine aureo. 
AG, nat. curiof. ann. 12 , obf. 10. 


Le cinips doré à queue , du bedeouar Life. 
Longueur 15 ligne. 


Ses antennes font noires, grofles , cylindriques , plus 
longues de moitié que fa tête. Ses yeux font bruns. La 
tête, le corcelet , le ventre & les cuifles poftérieures font 
d’un vert doré, plus brillant fur le ventre que par-tout 
ailleurs. Les pattes , à l'exception des cuifles poftérieures , 
font blanchâtres & pâles. L’aiguillon du ventre plus long 
que le corps d’un bon tiers , eft compofé de trois filets , 
dont deux aux côtés font noirs & fervent de gaine , & 
celui du milieu qui eft le véritable aiguillon , eft de la 
couleur des pattes. Les ailes diaphanes ont un petit point 
à leur bord extérieur. 

Ce bel infeéte habite le bedeguar , ou une excroiffance 
fongueufe du rolier , qui intérieurement eft remplie de 
loges dans lefquelles fe trouvent les larves de ces cinips. 
Il vient aufli dans une excroiflance à peu près femblable 
du chêne. 


2. CYNIPS #orace viridi-æneo, abdomine aureo, fetis 
ani non exfertis. 


Le cinips doré fans queue. 


Cette efpéce reffemble tout-à-fait à la précédente , feu- 
lement elle ef un peu plus petite. Ses cuiffes poftérieures 
ne font point dorées ; mais elles font jaunes ainfi que le 
refte des pattes. L’aiguillon ne paroïit pas à extérieur , il 
déborde à peine le ventre, & le point marginal des ailes 

cft 


DES INSECTES: 297 
eft peu apparent. Je foupçonnerois prefque ce cinips de 
n'être qu'une fimple variété du précédent , ou de ne diffé- 
rer que par le fexe. C'’eft ce que l’obfervation pourra dé- 
terminer. Il vient aufli du bedeguar du rofier. 


3. CYNIPS punéatus [ériceo-auratus , fetis ani corpore 
brevzoribus. 

Le cinips porte-or. 

Longueur 2 + lignes. 

Celui-ci eft le plus brillant de tous ceux de ce genre: 
Tout fon corps eft d’une belle couleur dorée & changean- 
te , à l'exception des antennes qui font noires & des bouts 
des pattes ou des tarfes qui font d’un jaune pâle. Son cor- 
celet & fa tête font finement pointillés ; ce qui rend fa 
couleur encore plus riche & plus belle. Les filets du ven- 
tre au nombre de trois, fontplus courts que le corps & à 
peu près de la longueur du ventre; les deux latéraux font 
noirs & celui du milieu ou le véritable aiguillon , eft rou- 
geûtre. Je n'ai trouvé qu'une feule fois ce bel infeéte vol- 
tigeant dans un petit bois, & je ne connois point la galle 
dont il fort & qu’il produit. 


4 CYNIPS zgro-viridis ; biis flavis , galle fungo[æ 


quercus. 


Le cinips de la galle fongueufe du chêne. 
Longueur + ligne. 

Cette efpéce beaucoup plus petite que les précédentes, 
eft d’un vert foncé brillant. Ses antennes font brunes & 
fes pattes jaunes , à l'exception des cuiffes qui font de la 
couleur du corps. Elle vient des mêmes galles fongueu- 
fes du chêne où l’on trouve la premiere efpéce ; mais le 
bedeguar ne me l’a jamais donnée. 

Les mêmes excroiflances donnent un autre cinips pa- 
reillement très-petit,, qui pourroit bien n’être qu’une va- 
riété ou une différence de fexe de celui-ci. Ce cinips eft 

Tome II. Pp 


298 HISTOIRE ABRÉGÉE 
noir , & fes antennes ont leurs articles longs & alternati- 
vement étranglés comme des anneaux. 


s- CYNIPS zigro-cupreus, pedibus fufcis ; gallæ rotun- 
de , glabræ, duræ , foliorum quercis. Planch. 15, fig. 1. 


Le cinips de la galle liffe & ronde du chêne. 
Longueur 1 3 ligne. 

Il eft d’un brun bronzé & brillant. Ses antennes font 
noires , fes jambes & fes pieds d’un brun maron, & fes 
ailes blanches fans point marginal. 

C’eft dans les petites galles liffes , rondes & dures , qui 
fe trouvent fous les feuilles de chêne attachées ordinaire- 
ment aux nervures , que vient cet infecte , feul dans cha- 
que galle. Ces galles font ligneufes , d’une fubftance dure 
& ferrée , formées comme les autres par l’extravafation 
du fuc de la feuille, que produit la piqüre du cinips, lorf- 
qu'il y dépofe fes œufs. Quelquefois au lieu du cinips on 
voit fortir de cette galle un infeête brun, plus grand, qui 
eft un ichneumon, dont nous parlerons en fon lieu. Cet 
ichneumon n’eft pas le véritable habitant de la galle, ni 
celui qui l’a formée. C’eft un parafite dont la mere a dé- 
pofé l'œuf dans la jeune galle, qui venant à éclore , pro- 
duit une larve , qui dévore celle du cinips, & fort enfuite 
lorfqu’elle a fubi fa métamorphofe & acquis des ailes. 


N.B. J'ai un autre cinips qui m’eft venu d’une galle 
toute femblable , & qui eft plus petit & bleu. Il a un petit 
point marginal aux ailes. Ce pourroit bien n'être qu'une 


fimple variété. 


6 CYNIPS zxigro- cupreus ; pedibus fufcis, alarum 
punélo fufco. 


Le cinips noirätre à point marginal, 


Celui-ci ne differe du précédent que par le point brun 
marginal de fes ailes: du refte il eft tout-à-fait femblable 
pour la grandeur, la forme & la couleur. Je n'ai point vû 


DES INSECTES. 299 
la galle dont il fort. S'il vient de la même que le précé- 
dent , cela prouveroit qu’il pourroit bien n'être qu'une va- 
riété de cette efpéce. 


7. CY NIPS sirid-fericeus , abdomine aurato , pedibus 
albis , gallæ intra foliorum quercis fublantiam deli- 
tefcentis. 

Reaum. inf. tom, 3 ,tab. 39, fig. $ 9,10: 11,12: 

Rofel. inf. vol, 2 , tab. ro, fig. 1 4. Bombyl. & vefp. 

Le cinips de la galle du chêne , qui vient dans la fubflancé 
même de la feuille. 

Longueur 1 ligne. 

Cette belle efpéce eft d’un beau vert clair, & doré. Ses 
antennes & fes pattes font d’un jaune pâle. Ses aîles font 
blanches & tranfparentes fans point marginal. 

La galle dans laquelle habite fa larve & dort fort l’in= 
feéte parfait , eft dans la fubftance même de la feuille du 
chêne , paroïffant également des deux côtés & formant 
fur chaque furface de cette feuille une élévation hémif- 
phérique. Les parois de cette galle font minces & un peu 
ligneufes. La defcription que donne M. de Reaumur de 
l'infette, différe de celui qui m'’eft éclos dela galle même. 
Le fien eft brun & a un point marginal fur les grandes 
aîles. Peut-être les mêmes galles font -elles formées par 
des infeétes différens. 


8 CYNIPS zigro-cupreus ; pedibus fufcis, galle 


imbricatæ quercis. 


Linn. faun. fuec. n. 948. Tenthredo gallæ imbricatæ. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 554, n. 8. Cynips gemmæ quercüse 
Reaum. inf. tom, 3 ,tab, 45, fig. 5e 

Frifch. germ. 12 , tab. =, fig. 2. 

Le cinips de la galle en rofe du chêne. 


Longueur x ligne. 
Ce cinipseft d’un noir verdâtre un peu doré. Ses anten- 


nes & fes pattes font d’une couleur fauve un peu foncée, 
Ppi 


300 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Il dépofe fes œufs dans les bourgeons du chêne , ce qui 
produit une des plus belles efpéces de galles , feuillée 
comme un bouton de rofe qui commence à s'épanouir. 
Quand la galle eft petite, cette grande quantité de feuilles 
eft ferrée, & elles font rangées l’une fur Pautre comme 
les tuiles d’un toit. Au centre de la galle , eft une efpéce 
de noyau ligneux, au milieu duquel eft une cavité dans 
laquelle fe trouve la petite larve , qui s’y nourrit, ygroflit, 
fubit fa métamorphofe , & perce les parois de cette ef- 
péce de coque pour en fortir. Toute la galle a fouvent 
près d’un pouce de diametre, quelquefois davantage lorf- 
qu’elle eft féche & épanouie , & elle tient à la branche par 
un pedicule. 


9 CYNIPS ziger, pedibus fulvo flavis, gallarum 
fungiformium quercis, 


Linn. fyfl. nat. edit. 10, p. 553, n. 4. Cynips nigra , bafi antennarum pedibuf= 
que ne tenribass 


Leche. nov. inf. fpec, fig. 14. Cynips nigra, pedibus fulvo-flavis , gallarum 


fungiformium. 
Reaum. inf. tom. 3 , p.192, tab. 42, fig. 8. 


Le cinips de la galle en chapeau du chêne. 


L'on trouve fur le chêne, principalement fur le revers 
de fes feuilles, des petites galles plattes & rondes qui ont 
deux ou trois lignes de diamétre, & qui tenant à la feuille 
par un pédicule court qui part de leur centre , reffemblent 
à un petit champignon applati. J'ai fouvent ramaflé ces 
galles , mais jamais elles ne n’ont donné le cinips qu’elles 
doivent produire. M. Leche dit dans fa diflertation que 
nous citons , qu'il eft noir, & que fes pattes font d’une 
couleur fauve claire. 


10. CYNIPS rigro-aureus , pedibus fufco -variegatisæ 
gallæ planæ rubræ fimbriatæ quercüs. 


Le cinips de la galle plaite & frifée du chêne, 


Longueur x ligne, 


s6 Sincanit LP SE CS 


DES INSECTES. 3or 
Il eft d’un noir doré & brillant. Ses antennes font noires, 


‘& fes pattes entrecoupées de jaune pâle & de brun. Il 


m'eft venu d’une petite galle platte , ronde & rouge, qui à 
l'entour a un double rang de feftons frifés, & qui fe trouve 
fouvent fur les nervures du revers des feuilles de chêne. 


am CYNIPS fufcus nitens , capite nigro ÿ abdominis 
apice villofo , gallæ racemofæ quercüs. 


Reaum. inf. tom. 3 tab. 35 ,f. 3, &tab.40,f.1,2,6. 
Le cinips de la galle en grappe du chêne. 


Sa tête eft noire , fon corps eft d’un brun brillant , & le 
bout de fon ventre eft un peu velu. Ce cinips vient de 
petites galles rondes, dures & difpofées en grappes fur 
l'extrémité des pédicules des feuilles de chêne. 


12. CY NIPS yiridis nitens, pedibus pallidis , gallæ 
globofæ vix fénfibilis foliorum quercüs. 

Le cinips de la galle tête d’épingle du chêne. 

Longueur = ligne. 

Cette petite efpéce eft d’un beau vert brillant, & fes 
pattes font pâles "bu Elle vient d’une très-pe- 
tite galle groffe coïffme la tête d’une épingle, que l'on 
trouve fous les feuilles de chêne attachée aux principales 
nervures. Cette galle qui n’a qu’une demi-ligne de diamé- 
tre, a des parois minces , feches & affez dures. 


On voit que le chêne donne naïffance à beaucoup 
de cinips. Outre ces efpéces, il ya encore plufieurs autres 
galles qui fe trouvent fur le même arbre, & dont je n'ai 
point vû l'infeéte. M. de Reaumur n'a de même point 
connu l'infeëte de plufieurs , peut-être parce qu’il périt 
quand la galle eft détachée de Parbre , & ne reçoit plus le 
fuc qui lui portoit la nourriture. Nous allons donner en 
deux mots le catalogue de ces efpéces de galles du chêne, 


13. CYNIPS palle [cabre foliorum quercise 


302 HISTOIRE /ABRÉGÉE 
Reaum, inf. tom. 3, tab. 35, fig. se 
Le cinips de la galle raboteufe des feuilles du chêne. 


14 CY NIPS gallæ tuberculatæ quercüs. 
Reaurm. inf. tom. 3 , tab. 40, fig. 8,9, 10. 
Le cinips de la galle à tubercules du chêne. 


M. de Reaumur a vû la larve de cette galle, mais n’a 
point eu l'animal aïlé & parfait qu’elle produit. 


25. CYNIPS gallæe numi/malis quercüs. 

Reaum. inf. tom. 3, tab. 40, fig. 14. 

Le cinips de la galle en écuffon du chêne. 

16. CYNIPS gallæ pomiformis extremitatis ramorunt 
quercus. 


Linn. fyffnar.edit. 10,p. $$4, n. 7. Cynips grifea, alis cruce lineari. 
Reaum. inf. tom. 3, tab. 40 , fig. 1 — 6. 


Le cinips de la galle en pome des extrémités des branches 
du chêne. 


17. CYNIPS galle ligneæ radicagse 
Reaum, inf. tom. 3 ,tab, 44,f.6,7,8. 


Le cinips de la galle lLgneufe des racines: 


18. CYNIPS zgro-viridis nitens , pedibus pallides ; 
gallæ foliorum falicis. 


Linn faun. fuec. n. 945. Tenthredo gallæ foliorum faliciss 
Frifch. germ. 4, p. 22, tab. 3. Ichneumon foliorum falicise 
Reaum. inf. tom. 3, tab, 37, fig. 1— 5. 


Le cinips de la galle des feuilles de faule. 
Longueur + ligne. 

Il eft d’un vert noirâtre brillant. Ses antennes & fes 
pattes font d'un jaune pâle. Ses aïles font diaphanes avec 
une petite raie marginale, Cet infeête vient dans ces galles 
irréguliéres que l’on voit dans la fubftance même des feuil- 


“. ’ 
REA LL De + US 


DES INSECTES. 303 
les du faule. Ces galles font médiocrement dures & un 
peu charnues. Souvent les faules en font couverts. 


19. CYNIPS gallæ graminis flamento[æ. 
Le cinips de la galle à filets du chiendent. 


On voit fouvent fur le gramen ou chiendent , des touffes 
de filets blancs aflez gros , placées principalement aux en- 
droits de la tige d’où partent les feuilles. Ces touffes font 
au moins de la groffeur d’un pois, il femble que ce foient 
de petites racines. J'ai long-tems ramaflé plufieurs de ces 
touffes fans favoir ce que c'étoit & fans qu’elles m’ayent 
donné aucun animal. Enfin en ayant ouvert quelques-unes, 
j'ai trouvé dans le centre une petite loge , où étoit une 
larve , ou une chryfalide. A yant ainfi découvert que cette 
excroiffance du gramen étoit une larve, j’en ai confervé 
plufieurs , mais la larve ou la chryfalide ont toujours péri 
avant que de fubir leur derniere métamorphofe. Il faudroit 
les fuivre à la campagne en confervant le chiendent en 
terre & le couvrant d'une cloche de verre , pour que les 
petits cinips ne s’échappañent point lorfqu'ils feroient 
éclos. Leur chryfalide eft d'un blanc jaunâtre tranfparent , 
avec deux petites marques noires à la tête. 


20. CYNIPS sorus fufcus, thorace fubvillofo , galle 


hederæ terreftris. 


Linn faun. fuec. n. 949. Tenthredo gallæz glechomæ, 
Blank. belg. 186. Hedera terreftris. 
Reaum. inf. tom. 3, tab. 42, f. 1—5e 


Le cinips de la galle du Lierre terrefre. 


Sa couleur eft brune & noirâtre ; fon corcelet eft un peu 
velu. Il vient de galles dures & rondes , qne l’on trouve 
quelquefois dans la fubftance même de la feuille du lierre 
terreftre. 


21. CYNIPS aurantit, ferrugineus, alarum baft alba 
punélo nigro , antennis nigris , pedibus faltatoriis. 


304 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Le cinips fauve & fauteur de l'oranger. 


Longueur 1 3 ligne. 

Cette efpéce eft belle. Sa couleur eft jaune foncée ; 
imitant la couleur de rouille. Ses antennes font noires , 
fes yeux bruns & fes pattes un peu plus pâles que le refte 
de fon corps. Ses ailes font brunes noiïrâtres , mais leur 
bafe eft blanche avec un point noir tranfverfal fur le blanc, 
ce qui fait paroitre les aïles joliment panachées. Cetinfeëte 
faute très-bien, aufli fes cuiffes poftérieures font-elles beau- 
coup plus groffes que les autres. Je l'ai trouvé plufieurs 
fois en grande quantité fur les orangers, mais Je ne fais 
s'il vient d’une galle , & fi cette galle fe trouve fur l’o+ 
ranger. 


22. CYNIPS rigernitens , pedibus faltatoriis: 


Le cinips fauteur notr. 
Longueur + ligne. 

Il eft noir & life, fes pieds font bruns & il faute très- 
bien. Je ne connois ni fa galle ni fa larve. 


23. CYNIPS ater , pedibus faltatoriis fulvis, 


Le cinips [auteur noir à pieds fauves. 
Longueur 1 à ligne. 

Il différe du précédent par fa grandeur , fa couleur 
noire matte, & la couleur de fes pattes qui font d’un 
fauve pâle. Je ne connois point la galle qui le pro- 
duit. 


x Les trois efpéces précédentes de fauteurs ont le vrai 
caractere des cinips , mais elles en ont un de plus quileur 
eft particulier. C’eft qu’elles portent leurs ailes rout-à-fait 
croifées les unes fur les autres , comme fi elles n’avoient 
qu'une feule aîle. Nous aurons lieu de remarquer le même 
port d'ailes dans quelques mouches & autres infeétes à 
deux ailes, 


24e 


DES INSECTES, 30$ 


24. CY NIPS seridi-fericeus , abdomine aureo ; pedibus 
pallidis , chryfalidum papilionum. 

Reaum inf. tom. 6, tab. 30, fig. 13,14, 15. Ichneumon. 

Le cinips des chryfatides de papillons. 

Longueur 1 à ligne. 

Les chryfalides du papillon blanc du chou m'ont donné 
en très grande quantité cette belle efpéce , foit qu'elle ait 
été dépofée primitivement dans la chryfalide , ou la che- 
nille qu’elle aura fait périr, foit que quelqu'ichneumon ait 
d’abord fait périr la chryfalide , & ait enfuite été tué lui- 
même par ces cinips. Une feule chryfalide m'en a donné 
plus de quatre-vingt. Ils font d’un vert clair doré, & leur 
ventre eft bronzé. Dans les mâles les antennes & les pattes 
font d’une couleur fauve très-pale. Dans les femelles les 
antennes font brunes , les cuifles d’un vert doré , & les 
jambes feules font pales. 


25. CY NIPS riger, pedibus pallidis , ovorum infeélorum. 


Le cinips des œufs des infeies. 
Longueur + ligne. 
Cette petite efpéce qui eft noire & dont les pattes font 

âles & blanchâtres, ne fait point de galles , mais elle dé- 
pole fes œufs dans ceux des autres infeétes , des papillons, 
des punaifes, &c. La petite larve éclot dans cet œuf, y 
prend fa croiffance , fe nourriffant de la fubftance de l'œuf, 
Enfin elle s’y transforme en nymphe, perce la coque & 
fort avec des ailes fous la forme de cinips. 


26. CYNIPS riger nitens , pedibus pallidis , ichneu- 


monum aphidurm. 


Le cinips de l'ichneumon des pucerons. 
Longueur + ligne. 

Il eft noir un peu verdâtre & luifant. Ses pieds font fau- 
ves plus pâles dans les femelles que dans les mâles. Ceux- 


Tome IL Qq 


306 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ci ont auffi les antennes plus longues & comme un peu 
ectinées du côté intérieur. L'origine de ce petit infete 
eft affez finguliere. Nous verrons en parlant des ichneu- 
mons,qu'il y en a une très - petite efpéce , qui dépofe fes 
œufs dans le corps des pucerons & les fait périr. L'oœuf 
ou la larve de l'ichneumon ne font pas eux-mêmes en 
füreté. Notre petit cinips plus petit que le puceron & que 
lichneumon, va dépoler fes œufs dans ces mêmes corps 
de pucerons que l’ichneumon a fait périr. Lorfque fa larve 
eft éclofe , elle attaque celle de l'ichneumon & elle s'en 
nourrit. C’eft dans ie corps de ce puceron fort petit, que 
fe palle cette aëtion dans laquelle périt l'ichneumon. Le 
cinips fe métamorphofe enfuite dans ce même endroit , 
& le perce pour en fortir lorfqu'il ef aiîlé. 

Pour avoir ces cinips il faut prendre ces pucerons de 
couleur jaune bronzée , que l’on trouve morts fur les feuil- 
les. Ce font ceux qui ont été tués par les ichneumons. Dans 
le nombre il y en a plufieurs où les cinips font venus fe 
loger , & l’on peut par ce moyen avoir l'ichneumon & le 
cinips. | 
SE CON DE AT A M IILILIE. 


27 CYNIPS folorum fine galla, totus nigro-viridis 


nitens. 


Le cinips des feuilles fans galle. 
Longueur + ligne. 

En examinant les feuilles des arbres , on y trouve aflez 
fouvent , particuliérement en-deflous , des petites larves , 
& plus fouvent encore des petites chryfalides attachées à 
la feuille par la pointe de derriere , les unes auprès des au- 
tres & rangées en grouppes. T'outés ces petites chryfalides 
donnent des cinips dont plufieurs différent entr'eux. Quel- 
ques-unes donnent aufli un autre genre d'infettes très-ap- 
prochant du cinips & dont nous allons parler inceflam- 
ment. Ceci prouve que tous les cinips ne viennent point 
dans des galles. 


Li 


DES INSECTES, 307 

Celui dont il s’agit ici eft un vrai cinips ; fes antennes 

& la forme de fon ventre le démontrent. Il eft par-tout 
d’un brun verdâtre & brillant, même fur les pattes. 


28. CYNIPS rofz, fine galla , totus niger. 
Le cinips du rofier ; fans galle. 


Longueur + ligne. 

Il eft tout noir , un peu brillant. J’ai trouvé fes petites 
chryfalides brunes , tachées de noir, attachées les unes 
auprès des autres fous les feuilles du rofier. 


29. CYNIPS quercis , fine galla , totus viridi-aureus , 
pedibus flavis. 

Le cinips du chêne, fans galle. 

Longueur 1 + ligne. 

Ses chryfalides fe trouvent comme celle des précédens 
grouppées fous les feuilles de chêne , & quelquefois ran- 
gées en cercle. Elles font fauves. L'animal qui en fort eft 
d'un vert doré très-brillant , fes pattes font d’un jaune 
pâle , & fes antennes font brunes. 


> Outre les cinips que nous avons décrits, ily ena 
plufieurs dont nous ne connoiffons point les galles , & dont 
nous ne donnerons qu'une très-courte defcription. Peut- 
être y en a-t-il quelques-uns qui peuvent venir de certai- 
nes galles dont nous avons parlé, & dont nous n'avons 
point connu l'animal. Dans ce cas, ceux qui pourront fui- 
vre ces métamorphofes,auront foin de les rapprocher. 


DE LA PREMIERE FAMILLE. 
30. CY NIPS zgro-viridis nitens ; alis punélis tribus 
ZLOTLS. 
Le cinips à aëles porntillées. 
Longueur 1 + ligne. 


Ses antennes & fes pattes font brunes. Son corps eft 
d'un vert noir bronzé, & fes ailes font chargées Le long 


Qai 


308 HisTOIRE ABRÉGÉE 
de leur bord extérieur de trois taches brunes ; qui font 
aifément reconnoitre cetre efpéce. 


DE LA SECONDE FAMILLE. 
31. CYNIPS seridis nitens , pedibus albido-flavis. 


Le cinips vert bronze à pattes blanches. 
Longueur à ligne. 

Le mâle a les pattes toutes jaunes blanchâtres. La fe- 
melle a les cuiffes: vertes comme le refte du corps & 
laiguiilon de la queue fort apparent. 


32. CY NIPS riger nitens, pedibus pallidis. 


Le cinips noir à pattes blanchätres. 
Longueur 1 ligne. 


DE LA TROISIÉME FAMILLE, 


33. CINIPS fufcus, femoribus clavatis. 
Le cinips brun à groffes cuiffes. 


Longueur 1 4 ligne. 

Cette efpéce plus grande que les autres , a tout le port 
d’un ichneumon. Ses antennes ont les deux tiers de la 
longueur de fon corps, & ne font pas tout-à-fait cylin- 
driques comme dans les autres efpéces. Néanmoins elles 
font coudées , & ont à la bafe un long article, ce qui dé- 
termine le genre de cet infeëte & l'éloigne des ichneu- 
mons. L'animal eft étroit & plus allongé que ne le font 
les autres cinips. Celui que j'ai eft un mâle, fans quoi la 
forme de fon aiguillon auroit encore fourni un cara@tere 
& démontré que cet infeéte eft un véritable cinips. 


DEPEOLEPIS: 
BE DE P'L O0 LE PE, 


Antenne filiformes lonsæ Antennes filiformes lon- 
articulis quatuordecim. gues compofées de quatorze 
anneaux. 


DES CIN SECTE". 309 


Alæ inferiores breviores. Aîles inférieures plus courtes. 

Os maxillof[um. Bouche armée de machoires. 

Aculeus ani conicus intra yalvas. Aiïguillon conique entre deux 
abdominis. lames du véntre. 


Abdomen ovatum , ad larera Ventre prefqu'ovale , applati 
compreffum , fubtus acutum, petiolo des côtés , aigu en-deffous , atga- 


brevi thoraci connexum. ché au corcelet par un pédicu- 
le court. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Le diplolepe eft ainfi appellé à caufe des deux lames 
de fon ventre dans lefquelles fon aiguillon fe trouve caché, 
de même que dans le genre précédent des cinips. Il ref- 
femble encore aux cinips par un grand nombre d’autres 
endroits. On peut voir par les caraëteres que nous don- 
nons de ces deux genres , qu'ils ne différent l'un de Pautre 
que par leurs antennes , qui dans le cinips font coudées , 
ou brifées & cylindriques , au lieu que dans le diplolepe 
elles font longues , filiformes , toutes unies comme celles 
de l’ichneumon & nullement coudées dans leur milieu. 
Cette forme d'antennes rapprocheroit le diplolepe de 
l'ichneumon , tandis qu’il refflemble au cinips par tous les 
autres caractetes. C'eft ce qui nous a porté à diftinguer 
cet infeéte & à en former un genre féparé. 

Du refte , à cette différence près, le diplolepe ne pa- 
roit gueres s'éloigner du cinips. Sa larve eft précifément 
femblable à la fienne, & habite de même dans les galles 
des arbres & arbuftes, dans lefquels elle croit & fe mé- 
tamorphofe , & dont elle fort fous la forme d'infeéte 
parfait. 

Ce genre n’eft pas à beaucoup près aufli nombreux 
que celui des cinips. Nous n’en connoïffons que les ef- 
péces fuivantes. L 


u DIPLOLEPIS fu/cus, gallæ globofæ glabre & 
duræ foliorum quercäs. Planch. 15 ; fig. 2. 


Rofel. inf. vol, 3, fupplem, tab. 35 , 36, &'tah 53 » f. 10, 11, Vefpa galfaruma 
- quernärumMe 


310 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Le diplolepe de la galle ronde & dure du chêne. 


Longucur 1 + ligne. Largeur ? ligne. 

Cet infeéte eft tout brun & affez luifant. Ses antennes 
font de la longueur de fon corps. L'animal eft gros , court 
&gamaflé comme ceux de ce genre. Ses ailes font tran{pa- 
rentes , plus longues du double que fon corps , & elles ont 
à leur bord extérieur un point marginal brun. L’infeête les 
porte ordinairement à plat & croifées fur fon corps. 

C’eft dans ces galles rondes, dures & liffes qui viennent 
fur le revers des feuilles du chène;que nait cet infeûte. Ces 
mêmes galles produifent un cinips , comme nous l'avons 
déja và. IL s’agiroit de favoir fi c’eft Le cinips ou le diplole- 
pe qui eft le véritable habitant de la galle; c'eft ce qu'il n’eft 
pas aifé de déterminer : peut-être le cinips, en dépofant fes 
œufs, donne lieu à la galle de fe former, & que le diplole- 
pe dépofe enfuite fon œuf dans la galle commençante, 
ce qui fait périr la larve du cinips: peut-être aufli ces deux 
infectes étant armés de femblables aiguillons , peuvent-ils 
Fun & l’autre dépofer leurs œufs fur les feuilles du chêne 
& occafionner des galles femblables. 


2. DIPLOLEPIS Sedeguaris niger , abdomine ferru-= 
gineo apice nigro , pedibus rufis 


Linn. faun. fuec. n. 938. Tenthredo antennis duodecim-nodiis nigris, abdomine 
fubtus ferrugineo , pedibus flavis , alis immaculatis. 


Linn. fÿfE. nat. edit. 10 ,p. 553, n. 1. Cyÿhips nigra, abdomine ferrugineo pof= 
tice nigro , pedibus ferrugineis, 

Reaurm. inf. tom. 3, tab. 46, f. $ — 8. & tab. 47 ,f. 134. 

AGE Uÿf. 1736, p.219 , n. 3. Ichneumon bedeguaris. 

Blank. belg. 187, 1. 16,f.v,x,y; ze 


Le diplolepe du bedeguar. 
Longueur : + ligne. Largeur + ligne. 

Le bedeguar , ou cette excroiffance chevelue que l’on 
trouve fur le rofier & dont nous avons déja parlé , fournit 
plufieurs de ces diplolepes qui font noirs , avec le ventre 
brun , luifant, noir vers le bout & les pattes brunes. Si on 
ouvre les loges ligneufes du bedeguar lorfque les petits 


DES:INSECTES. 311 
animaux qui font dedans font prêts à en fortir , on trouve 
dans les unes des cinips ; dans d’autres des ichneumons & 
dans plufieurs ces infeëtes-ci. 


3 DIPÉOËEEPTS aies levis fungoft , fufcus 
oculis nigris. 

Le diplolepe de la galle fongueufe & Life du rofier. 

Longueur 1 ligne. Largeur = ligne. 

La couleur de cette efpéce eft fauve ; fes yeux feuls font 
noirs, & fon ventre eft un peu plus brun que le refte 
de fon corps. Ses antennes font de la longueur de l'animal, 
& fes ailes font un peu plus grandes que lui. Il fort du be- 
deguar life, ou de cette galle fongueufe du rofier dans Le 
quelle vient le beau cinips doré à queue. 


4 DIPLOLEPIS ziger ; abdomine fufco lucido , 
pedibus rufis , antennis nipris. 
Le diplolepe noir à ventre brun & antennes noires. 


Longueur 1 ligne, Largeur : ligne. 


Ses antennes font noires & prefque de la longueur de 
fon corps. Sa tête & fon EN font de même couleur. 
Le ventre eft d’une couleur brune très-luifante. Son ai- 
guillon ef affez apparent. Ses pattes font fauves , & fes ai- 
les diaphanes excédent le ventre. 


s- DIPLOLEPIS fu/cus , abdomine lucido, pedibus 
rufes , antennis fufcis. 


Le diplolepe brun à ventre luifant & antennes brunes. 
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne. 


Il reffemble tout-à-fait au précédent , fi ce n’eft qu'il eft 
brun & que fon ventre eft encore plus luifant. 


6. DIPLOLEPIS rotus niger , pedibus flavis. 


Le diplolepe noir à pattes jaunes. 
Zongueur 1 ligne, Largeur à ligne. 


Ses antennes font de la longneur de fon corps. Tout f'a- 


312 HISTOIRE ABRÉGÉE 

nimal eft noir , mais fa tête & fon corcelet font d’un noi 
matte ; au lieu que fon ventre eft luifant & poli. Ses pattes 
font Jaunâtres & fes ailés un peu noires. Ces ailes font 
aufli grandes que tout l'animal. 


E'Ù PO, PAT US: 
EE UT COPIE. 


Antennæ ramofce. Antennes branchues, 

Ale inferiores breviores. Aïîles inférieures plus courtes; 

Os maxillofum. Bouche armée de machoires. 

Aculeus ani conicus. Aiguillon conique. 

Abdomen fubovatum,petiolo tho- Ventre prefqu’ovale, attaché au 
raci connexum. corcelet par un pédicule court. 

Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


Le caractere fingulier de ce genre fe tire de la forme de 
fes antennes qui font branchues , & forment une efpéce de 
jolie pauache , ce qui lui a fait donner le nom qu’il porte, 
Les branches des antennes naïffent du filet principal ; 
elles font au nombre de trois qui partent du fecond , du 
troifiéme & du quatriéme anneau de l’antenne. Ce genre 
eft le feul de tous ceux de cette feétion dont les antennes 
foient ainfi figurées. À cé caraëtere près’, l'eulophe reflem- 
ble tout-à-fait aux diplolepes & aux cinips , & ces trois 
genres ne fe diftinguent guères que par la forme de leurs 
antennes. 

Je n'ai point trouvé la larve de cet infete qui doit 
approcher de celles des cinips qui n’habitent point dans 
des galles. Sa chryfalide au moins reffemble tout à-fait 
aux leurs, & lorfque je lai ramañlée , je m'attendois à 
avoir des cinips. Elle me donna ces infeétes qui font do- 
rés , verdatres & brillans. Cette chryfalide fe trouve atta- 
chée fous les feuilles ; il y en a plufieurs ramaflées enfem- 
ble. L'infeête parfait eft petit , & jufqu’ici je nai rencon- 
tré qu une feule efpéce de ce genre. L'efpéce d'ichneumon 


que décrit M. de Geer ; pag. 89 , tab. 35, f 1 nr 
e 


DIS (LNSECTE SE 313 
de fon ouvrage ; paroït être une autre efpéce de ce même 
genre. 


4 EULOP HUS. Planch. 15 , fig. 3e 
L'eulophe. 


Longueur 2 + lignes. 

Ses antennes font compofées de fept piéces affez lon. 
gues, dont trois ; favoir , la feconde , la troifiéme & la 
quatriéme jettent de longues appendices ou branches auffi 
longues que l'antenne , ce qui forme comme deux bou- 
quets fur la tête de l’infeête. Tout l'animal eft d’un beau 
vert doré & brillant , il n’y a que les antennes qui font 
jaunûtres & les pattes qui font blanches. 

Ce font des petites chryfalides femblables à celles des 
cinips fans galles,qui n’ont donné ce bel infeéte. Ces pe- 
tites chryfalides étoient attachées par leur pointe de der- 
riere à des feuilles de tilleul , & elles font éclofes chez 
moi. : 


ICHNEUMON. 
LICHNEUMON. 


Antennæ filiformes ; lon- Antennes filiformes lon- 


gæ ; vibratiles. gues vibratiles. 
Alæ inferiores breviores. + Ailes inférieures plus courtes. 
Os maxillofum. Bouche armée de machoires. 
Aculeus ani triplex. Aiguillon divifé en trois piéces: 
Abdomen petiolo tenui longo tho= Ventre attaché au corcelet par 
raci connexum, un pédicule long & mince. 
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


Les Naturaliftes ont donné aux infeëtes de ce gegre le 
nom d’ichneumons ; mouches-ichneumons , ou guépes- 
ichneumons , parce que ces petits animaux qui approchent 
de la guêpe , font à plufieurs autres infeétes une guerre 
femblable à celle que l’ichneumon des anciens faifoit fui- 
vant eux au crocodile. Cet ichneumon qu’ils décrivent 

Tome II, Re 


314 HISTOIRE ABRÉGÉE 
fous la forme d'un petit quadrupede , à peu près de la 
groffeur d’un rat , fautoit dans la gueule du crocodile 
qu'il tient ouverte lorfqu’il dort au foleil. Pénétrant ainfi 
dans le corps de cet animal , il rongeoit & déchiroit fes 
entrailles & le faifoit périr. Telle eft la fable qu'ont rap- 
portée les anciens. L'infeéte que nous traitons eft un 
ichneumon bien plus formidable pour les autres infeëtes , 
que l’autre ne l’eft pour le crocodile. Il fait dépofer fes 
œufs dans le corps de ces petits animaux, par une entaille 
qu'il fait à leur peau , & fa larve venant à éclore dans l'in- 
térieur , ronge les entrailles de Pinfeéte qui la renferme , 
s’en nourrit & le fait périr. Comme lichneumon des an- 
ciens eft un animal qui n’a Jamais exifté , nous avons cru 
devoir conferver ce nom à cet infe@te , fans craindre la 
confufion des noms entre deux animaux dont l’un n’eft 
que fabuleux. 
Parmi les différens caraéteres de ce genre , il ÿy en a trois 
qui lui font propres , & qui feuls le feroient aifément dif- 
tinguer de tous ceux de cette feétion. Le premier confifte 
dans la forme & le mouvement des antennes de l’ichneu- 
mon. Ces antennes font fines , aufli déliées qu'un fil, affez 
longues dans la plüpart des efpéces de ce genre, & de plus 
elles ont un mouvement de vibration prefque perpétuel. 
L'infeête les fait toujours agir, & c’eft par cette raifon 
que quelques auteurs ont appellé les ichneumons , #1/cæ 
vibratiles , où mufCcæ antennis vibrantibus. Le fecond ca- 
faétere propre aux ichneumons dépend de la conformation 
de leur ventre & principalement de fa partie fupérieure. 
Dans ce genre d'infeétes , le ventre tient au corcelet par 
un pédicule mince & étranglé , fouvent aflez long , comme 
on léremarque dans licrenmon à long pedicule & dans 
quelques-autres efpéces. Cet étranglement du ventre vers 
fon. origine fert à faire reconnoitre les ichneumons & à 
empêcher de les confondre avec d’autres infeétes qui en 
approchent ; fur-tout avec les mouches-à-fcie dont quel- 
ques-unes leur reflemblent beaucoup. Enfin le dernier 


DES INSECTES: 31$ 
caractere particulier de ce genre fe tire de la figure de l'ai. 
guillon des femelles. Cet aiguillon déborde le ventre, 
dans quelques efpéces même il furpañle de beaucoup la 
longueur du corps : mais ce quieft le plus fingulier , c’eft 
quil femble que l'ichneumon ait trois aiguillons d’égale 
longueur. C'eft ce qui a fait nommer cet infeûte par 
Aldrovande & Mouffet , mufca tripilis. Cependant fi on 
examine un peu attentivement ces trois aiguillons , on 
voit qu'il n y en a qu’un véritable, qui eft celui du milieu, 
les deux des côtés ne font que des efpéces de fourreaux ou 
demi-fourreaux , des lames creufes , qui fe joignant en- 
femble recouvrent le véritable aiguillon & lui fervent 
d’enveloppe. C'eft ce que l’on apperçoit clairement , lorf 
que l'infeête tient ces fourreaux rapprochés contre l'ai- 
guillon : pour lors il paroît n avoir qu'un feul aiguilion plus 

ros ; mais s’il les fépare de lui même ou qu'on les écarte, 
il femble qu'il en ait trois ; fi au contraire on n’écarte 

u’un des demi-fourreaux , l'ichneumon paroît avoir deux 
aiguillons. Ces différences ont trompé quelques Natura- 
liftes anciens , qui ont donné à quelques efpéces de ce 
genre le nom de mouches à deux aiguillons ; mufca 
bipilis. 

La ftrudture des demi-fourreaux & celle du véritable af 
guillon font différentes. Ceux-là font creufés d'un côté 
pour couvrir l’aiguillon ; convexes en-dehors , affez mols 
& moufles vers le bout. Leur couleur eft ordinairement 
noire , & vüs à la loupe ils paroïffent velus. Le véritable 
aiguillon qui eft au milieu eft cylindrique , ferme , pointu 
& un peu plus gros vers le bout , creux en-dedans & percé 
vers fon extrémité ; fa couleur brune tire fur le maron & 
fa fuperficie eft life. De plus , l’origine des fourreaux 
& celle de l’aiguillon font différentes. Celui-ci part de 
l'extrémité du ventre, ceux-là naïffent du deffous du ven- 
tre , un peu moins bas que fon extrémité , & ils fe recour- 
bent pour aller gagner l’aiguillon qu'ils enveloppent. Cet 


aiguillon accompagné de fes fourreaux eft propre aux fe- 
KRr i] 


> 


316 HiISTOIRE ABRÉGÉE 

melies , & toutes les fois qu'on trouve des ichneumons 
qui n’en ont point , on peut affurer qu'ils font males. 1l faut 
cependant y regarder de près , car dans quelques femelles 
l’aiguillon eft très-court*, ce qui peut induire en erreur 
fi on n’y fait pas aflez d’attention. 

T'els font les caraëteres à l’aide defquels on peut aifé- 
ment reconnoître Les ichneumons. Les larves de ces infec- 
tes reflemblent à des vers blancs, mollaffes, fans pattes, & 
dont la tête feule eft brune & écailleufe. On les rencontre 
difficilement , parce qu'elles font ordinairement cachées 
dans le corps d’autres infeétes vivans. Les chenilles dont la 
peau eft tendre & délicate , font de tous les infettes ceux 
qui font les plus fujets à être attaqués par les ichneumons. 
Les pucerons & quelques -autres font aufli la proie de 
quelques petites efpéces de ce genre. Lorfque l’ichneumon 
femelle veut faire fa ponte , elle fe pofe fur une chenille , 
ou un autre infecte femblable , elle perce fa peau avec fon 
aiguillon , & dépofe dans le corps de l'animal un ou plu- 
fieurs œufs qui coulent le long de la cavité intérieure de 
Paiguillon. Si l'ichneumon eft d’une grofie ou moyenne 
efpéce , il ne dépofe guères qu’un ou deux œufs dans le 
gorps d'une chenille ; mais les petits ichneumons en dé- 
pofent un nombre confidérable. La chenille ainfi bleffée , 
va & mange à fon ordinaire dans les commencemens , 
elle ne paroît ni malade, ni languiffante ; elle porte cepen- 
dant dans fon corps des larves d’ichneumon , quelquefois 
jufqu’à trente & quarante qui vivent à fes dépens & fe 
nourrifflent de fa fubftance. Il femble que dans cet état 
elle devroit périr en peu de tems. Mais ces larves vora- 
ces n'attaquent point les vifceres principaux de la che- 
nille , ce qui la tueroit fort vite & elles auili faute de nour- 
riture. Elles ne détruifent qu'une efpéce de fubftance graif- 
feufe qui eft en grande quantité dans la chenille, & qui 
femble ne lui être utile que dans le tems de fa transforma- 
tion. Cette fubfiance.que Malpighi a décrite dans fa dif- 
fertation fur le ver-à-foie, & qu'il a nommée corps praif° 


DES INSECTES. 317 
Jeux ; peut nourrir fuflifamment la larve ou Îes larves 
d’ichneumons fans que la chenille périfie. Elle vit pendant 
long-tems , elle mange à fon ordinaire , & ce n’eft qu’a- 
près un certain tems qu'elle commence à languir : pour 
lors les larves d'ichneumons qui font parvenues à leur 
groffeur , après avoir rongé le corps graifleux de la che- 
nille , percent fa peau avec leurs dents, & en fortent pour 
fe filer une coque dans laquelle elles puiflent fe méta- 
morphofer. On voit la chenille criblée de tous côtés par 
les larves qui en fortent , fe mouvoir languifflamment 
& périr peu de tems après. D'autres chenilles , quoique 
remplies de larves d’ichneumons , parviennent à fe tranf- 
former & à fe changer en chryfalides , probablement parce 
que ces larves qui ne font pas encere parvenues à leur 
groffeur , ne les ont pas autant épuifées & ne percent 
point leur peau pour en fortir ; mais après quelques jours, 
on voit fortir de ces chryfalides les larves qui les percent 
de tous côtés pour fe filer enfuite des coques , ce qui fait 
également périr la chryfalide. D'autres larves ne fortent 
point de cette façon des chryfalides des chenilles ; elles 
reftent enfermées après les avoir fait périr , elles fe tranf- 
forment dans leur intérieur, & on voit fortir d’une chryfa- 
lide de chenille un ichneumon parfait & ailé, au lieu du 
papillon ou de la phalêne qu’on s’attendoit d’avoir. 
Lorfque les larves d’ichneumons, après être parvenues à 
leur groffeur , font forties du corps de la chenille qui les 
renfermoit , elles fe filent comme les chenilles une petite 
coque de foie. Cette coque eft de la figure d’un œuf 
un peu allongé. Les petites efpéces qui habitent en grand 
nombre dans le corps d’une feule chenille , & qui en for- 
tent en même tems , filent ces coques les unes à côté des 
autres , ce qui forme une maffe cotonneufe , telle qu’eft 
celle que donnent les /chrewmons à coton : ou bien ces pe- 
tites coques rangées fymétriquément les unes à coté des 
autres, imitent un rayon de ruches d’abeilles, comme on le 
voit dans la troifiéme efpéce de ce genre. Les grandes 


318 HISTOIRE ABRÉGÉE 
efpéces au contraire qui n’habitent jamais que feules , où 
tour au plus deux à la fois dans le corps d’un infecte , fe 
filent des coques féparées. Ces coques plus grofles que les 
précédentes, font toutes blanches lorfqu elles viennent d’E- 
tre filées : peu de tems après elles font joliment bariolées 
de bandes tranfverfes brunes & blanches. L’infeéte pour 
produire cette variété de couleurs , fortifie d’abord fa co- 
que de bandes de foie plus fortes par endroits. Enfuite 
lorfque la coque eft achevée, il répand une liqueur brune, 
qui pénétrant dans les endroits les plus minces de la 
coque ; leur donne cette couleur , tandis que les bandes 
plus épaifles & plus fortes en foie reftent blanches: On 
rencontre fouvent des coques d’ichneumons ainfi bario- 
lées , dont les bandes font plus ou moins ferrées. L'’autres 
grandes efpéces d’ichneumons ne fe filent point de coques, 
mais fe transforment en chryfalides dans l’intérieur des 
chenilles, ou de leurs nymphes qui leur fervent de coques. 
Les nymphes d’ichneumons font molles , blanchatres , 
& on y diflingue aifément toutes les parties de l'infecte 
parfait qui en doit fortir. Queilques-unes de celles qui font 
renfermées dans des coques, ont une propriété finguliere, 
c'eft de faire fauter la coque qui les contient. Sï on met 
ces coques fur fa main ou fur une table , on eft furpris de 
les voir fauter & fouvent s'élancer de plufieurs lignes 
en l'air. Le méchanifme par lequel l’infeëte fait ainli fauter 
fa coque, paroït fort difficile à appercevoir. Ce qu'il y a de 
plus probable , c’eft que l’infecte s'allongeant , & pouifant 
par cette action les deux extrémités de fa coque , force 
quelques endroits du milieu de cette même coque à ren- 
trer en-dedans , enfuite lorfque l’infe&e fe replie fubi- 
tement , les bouts de fa coque qui étoiert allongés fe rap- 
p'ochent l'un de l’autre , & le milieu fe rérablifflant par un 
mouvement élafñique & fe trouvant pouflé en - dehors, 
frappe le plan fur lequel la coque eft pofée , & l'en éloi- 
gne par le mème effort , ce qui la rejette & la fait fauret en 
air. 


D4S INSECTES. 319 

Les ichneumons ou les infectes parfaits qui fortent des 
chryfalides, font ordinairement ailongés & éfiiés. Leur tête 
eft petite , & les antennes de la plüpart font longues. pro- 
portionément à leur grandeur. Els ont tous quetre ailes 
veinées , attachées à leur corcelet, dont les deux fupérieu- 
res font plus longues que les autres. Leurs pattes font 
au nombre de fix & affez grandes ; les dernieres fur tout 
font plus longues que les autres. Le ventre eft allongé 
& ne tient au corcelet que par un filet mince, quelquefois 
affez long : enfin dans les femelles le ventre ef terminé par 
un aiguillon plus ou moins long , accompagné des deux 
côtés de demi-fourreaux qui reflemblent au véritable ai 
guillon , enforte que linfeëte paroît en avoir trois. 

Les efpéces que renferme ce genre , font en très-grand 
nombre; & plulieurs d'entrelles offrent des fingularités 
remarquables. Nous ne nous arrêterons ici qu’à quelques- 
unes des plus frappantes. Quelques ichneumons méritent 
d’être confidérés pour leur petiteffe finguliere. De ce nom- 
bre font les quatre premieres efpéces de ce genre , dont 
les unes habitent fouvent par centaine à la fois dans le 
corps d’une feule chenille , & fe filent enfuite des coques 
ramaflées en peloton ; les autres n'habitent. qu’une à une 
dans le corps des pucerons , que leur peritefle empêche 
d’en contenir davantage. D’autres fchneumons attirent les 
resards ar la longueur de leur aiguillon. La cinquiéme 
efpéce , que nous avons appellée l'ichzeumon à longue 
queue , furpañle toutes les autres par cet endroit : fon ai- 
guillon eft deux fois plus long que fon corps. Dans quel- 
ques efpéces , les cuiffes poftérieures font déméfurément 
groffes , dans d’autres ce font les jambes , ce qui leur donne 
un port tout-à-fait extraordinaire. Dans la plüpart de ces 
infeétes , le ventre eft ou cylindrique ou applati en-deflous ; 
quelques -uns au contraïre Font applati fur les côtés ; 
enforte que de ventre eft aigu en -deffous & en: deflus ; 
& que vû de côté ;'il-paroît large & repréfente une efpéce 
de coutelas ou de faucille, Beaucoup d’efpéces ont leurs 


320 HISTOIRE ABRÉGÉE 

antennes miparties de blanc & de noir, d’autres ont les 
pattes ou le corps bariolés ; quelques -unes ont des ban: 
des noires fur les ailes. 

Enfin une derniere remarque à faire ; c’eft que dans 
quelques efpéces de ce genre les mâles font aîlés , tandis 
que leurs femelles n’ont point d'ailes. On feroit fort em- 
baraflé de reconnoitre ces ichneumons fans aîles , fi les 
trois aiguillons qu'ils portent & le mouvement perpétuel 
de leurs antennes ne les décéloit pas. Ces deux caracteres 
les font aufli-tôt diftinguer, car du refte ces ichneumons 
non ailés ont à la premiere vüe beaucoup de refflemblan- 
ce avec les fourmis. Nous avons trouvé dans ce pays-ci 
trois efpéces de ces ichneumons fans ailes, dont une eft 
très-petite , & peut-être y en a-t-il davantage. Les pays 
étrangers en ont aufli, & je me fouviens d'en avoir vü 
une efpéce affez grande dans le cabinet de M. de Reau- 
mur qui l'avoit rangée parmi les fourmis. 


1. ICHNEUMON érico conglobato albo. Linn. fauni 
fuec. nm 9$1. 


Linn, fyft. nat. edit. 10, p. $68 , n. 67. Ichneumon niger pedibus ferrugineis, 

Journal des favans, 1913 , p. 474. Mouche à coton. 

Derrh. phyfico-theol. 1.8, 6.6, n.21. 

Raj. inf. 255» n. 13. Vefpa ichneumon parva ; crucigena nullis in cauda 
fetis, toto corpore;, antennis & pedibus nigris. 

Frifch. germ. 6 , p. 24st. 10. + 

Reaum. inf. 2, tab. 35, fig. 6. 

AG. Upf. 1736 , p. 29 ; n. 10. Ichneumon tophos fericeos exftruens, 


L'ichneumon à coton blanc. 
Longueur 1 ligne. 

On trouve fouvent dans les prés des efpéces de boules 
foyeufes, blanches , d’un pouce environ de long , & de la 
forme d’un œuf, attachées aux tiges des herbes. Elles 
reffemblent à la premiere vüe à une coque de quelque 
chenille. Mais fi on ouvre une de ces boules, on voit que 
c'eft un amas de petites coques recouvertes d’une cou- 
che de foie. Toutes ces coques font filées par des petites 

larves 


DIEISUINSE CTES 32t 
latves d’ichneumons qui s’y métamorphofent, & en lés 
gardant on en voit fortir les petites mouches-ichneumons 
en très-grande quantité. Elles font noires , leurs antennes 
font au moins de la longueur de leurs corps, leurs aîles 
font diaphanes avec un petit point marginal brun, & leurs 
pattes font entrecoupées de couleur fauve & de noir. A 
l'extrémité du ventre des femelles ; on voit trois petits ai- 
guillons courts qui partent de deffous le ventre , & qui 
paroiflent davantage en le preflant. 


2.1ICHNEUMON /érico conglobato flavo. Linn. faun. 
Juec. mn. 9$2. 


Linn. fyff nat. edit. 10, p. #68, n. 68. Ichneumon niger pedibus flavis, 

Goed. lat.1,p. 59, n. 11, & gall. tom, 2 , tab, xj. 

Lift. Goed. 17, n. 7. 

Ray. cantabr. p. 35. 

Ra) inf. 254, n. 12. & p. 260. Mufca braflicariæ erucæ, 

Derrh. phyfico theol. 1.8, c. 6, n. 21. 

Reaum. inf: tom. 2 , tab. 33, f.1,7:85 123 13e 

Merian europ. 1 ,r. 45. l 

A&. Upf. 1736, p. 29, n. 11. Ichneumon parafiticus erucarum minimus. 

De Geer. inf. p. 575 & 704 , tab. 16, f, 1 —6. Petit ichneumon noir à 
corps allongé & ovale , & à jambes d'un jaune foncé , qui vit en fociété dans 
les chenilles. 

Rofel. inf. vol. 2 , tab. 4. Bombyl. & vefp, 


L'ichneumon à coton Jaune. 
Longueur 1 3 ligne. 

Ceux-ci vivent en compagnie comme les précédens. 
Ordinairement ils dépofent leurs œufs dans le corps de 
quelque chenille , & principalement de celle du papillon 
blanc du chou. Les petites larves qui en viennent, vivent 
dans le corps de la chenille & fe nourriffent de fa fubftan- 
ce , ce qui la fait périr. Quelquefois cependant elle par- 
vient à {e changer en chryfalide, mais bientôt après elle 
périt fans fe transformer en papillon. Les petites larves 
parvenues à leur groffeur , fortent du corps de la chenille 
ou de la chryfalide qu’elles percent de tous côtés & fe 
mettent à filer des petites coques jaunes les unes à côté 


des autres ; mais ces coques ne forment point de boules 
Tome {1. S£ 


22 / HISTOIRE ABRÉGÉE 

régul'ercs & ne font pas recouvertes d'une couche de foie, 
comme dans l’efpéce précédente , enforte que l’on diftin- 
gue très-bien chaque coque en particulier. Au bout de 
quelques jours on en voit fcrtir de petits ichneumons fem- 
biables aux précécens , fi ce n'eft qu'ils font un peu plus 
grands , que leurs pattes font jaunes & que leurs antennes 
n'égalent pas tout-à-fait la longueur de leur corps. 


3. ICHNEUMON érico alyeari-formi. 
Reaum. inf. tom. 1 ,tab. 35 , f. 7. La coque. 
L'ichneumon à coques en forme de rayons de ruche. 


Longueur 1 ligne. | 

Les coques de cette efpéce font toutes pofées les unes 
à côté des autres dans leur longueur , & forment des ef- 
péces de tablettes plattes des deux côtés. Sur chaque face 
on voit les extrémités de ces petites coques cylindriques ; 
qui font ouvertes lorfque lPinfeéte en eft forti & qui re- 
préfentent très-bien les cellules d'un rayon de mouches à 
miel. Pendant long-tems J'ai rencontré de ces coques 
tantôt grifes , tantôt brunes, mais prefque toujours les 
petites mouches en étoient forties, & celles qui ne l'é- 
toient pas périfloient avant que de fe transformer. Enfin 
je fuis parvenu à avoir quelques-uns de ces ichneumons 
qui font femblables aux précédens , mais plus éfilés. Leur 
couleur eft noire , leurs pattes font brunes, & leurs anten- 
nes ont les deux tiers de la longueur de leur corps. 


, 2 ICHNEUMON aphidum. Linn. faun. fuec. 
7Le 953: + 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 568 , n. 65, Ichneumon niger , pedibus rufis, an« 
tennis filiformibus longis. 


L'ichneumon des pucerons. 
Longueur 1 ligne. 

Parmi les pucerons qui couvrent les plantes ê&c les ar- 
bres, on en voit qui font morts, & dont le corps brun , 


DES INSECTES. 323 
gros & luifant refte collé à la feuille. Ces pucerons ont 
été piqués par des petits ichneumons , qui ont dépofé 
leurs œufs dans leur corps. Ces œufs venant à éclore, la 
petite larve vit dans le corps du puceron qu'elle fait pé- 
rir. Elle fait enfuite fa coque dans ce cadavre qui paroït 
dur & gros, & elle en fort fous la forme d'infette parfait 
& ailé par une ouverture qu'elle fait à la peau. Ce petit 
ichneumon femblable aux précédens, eft noir avec les pat- 
tes jaunes , & les antennes prefqu’aufli longues que fon 
corps. On le voit quelquefois voltiger fur les pucerons , 
s’y arrêter & approcher fon aiguillon & fon ventre de l'a- 
nus du puceron pour y dépofer fon œuf, 

Nous avons vû en parlant des cinips, que la petite larve 
de cet ichneumon n'étoit pas en füreté dans le corps du 
puceron. Il furvient fouvent un petit cinips dont nous 
avons parlé , qui vient aufli dépofer fon œuf dans le mê-« 
me endroit, & dont la larve tue celle de l’ichneumon , 
enforte que l'on voit alors fortir de ces pucerons morts, 
des cinips & non pas des ichneumons. 


ss ICHNEUMON ter, pedibus rufis ; fetis ani 


corpore duplo longioribus. 


Linn. faun. fuec. n. 959. Ichneumon ater , pedibus rufis. 
Linn. fylE. nat. edit. 10, p. $63 , n. 30. Ichneumon manifeflator. 


Raj. inf. 256. Vefpa ichneumon tota nigra, præter pedes qui crocei funt, 
(maf.) : 

Raj. ibid. 261. Mufca tripilis corpore tenui admodum & prælongo, fetis a 
cauda, omnium , quas unquam vidi, longiffimis, exeunribus , (fæmina.) 


AG. Upf. 1736 » p. 29, n. 3. Ichneumon cauda tripili, abdomine tereti atro ; 
pedibus filiformibus rubris. 


Reaum. inf. tom. 6 , tab. 19, f. 16. 


De Geer. inf. pag. 703, tab. 16 , fe. 9. Ichneumon noir à corps allongé & 
cylindrique , & à jambes rouffes, de la grande efpéce, 


Lichneumon à longue queue. 
Longueur 10 lignes. Largeur 1 + ligne. 


Ce grand & fingulier ichneumon ef tout noir, à l’ex- 
ception de fes pattes qui font d’un roux fauve. Ses anten- 
nes ont [es trois quarts de la longueur de fon corps , &les 

Sf i] 


324 HISTOIRE ABRÉGÉE 

{oies de fa queue en ont au moins le double. Cette efpèce 
eft celle de ce genre qui a la plus longue queue. Des 
trois foies qui la compofent, deux font noires, groffes & 
velues , ce font celles des côtés qui fervent de gaines. 
Celle du milieu qu’elles enveloppent & qui eft le vérita- 
ble aiguillon,eft brune, liffe , plus mince & plus roide,elle 
part du deflous du ventre ; au lieu que les autres naiflent 
de fa pointe. Les ailes qui font grandes, ont un point mar- 
ginal brun. Tout l'infeëte eft allongé , mais fon ventre 
fur-tout eft fort long & plus gros par le bout. On ren- 
contre fouvent cet ichneumon voltigeant dans les bois. 


N.B. J'en ai trouvé une autre efpéce toute femblable, 
mais plus petite de près de moitié. Je penfe qu'elle n’eft 
qu'une variété de la précédente, n’y trouvant aucune au- 
tre différence que celle de la grandeur. 


6 ICHNEUMON rer, pedibus rufis ; fetis ani 


longitudine corports , abdomine læve. 


L'ichneumon noir à queue de la longueur du corps & ven- 
tre liffe. 
Longueur 7 lignes. Largeur x + ligne. 

Cette efpéce eft noire avec les pattes fauves. Elle fe 
diftingue des autres qui en approchent , parce que les 
poils de fa queue font de la longueur de fon corps , & 
l'animal ef aflez gros & large. Son ventre eft lifle & c’eft 
en quoi cet ichneumon différe du fuivant. 


7. ICHNEUMON rer, pedibus rufis , fetis anë lon 


gitudine corporis , abdomine tuberculis lateralibus. 


L'ichneumon noir à queue de la lonoueur du corps, & 


ventre à tubercules. 
Longueur 6 lignes. Largeur = ligne. 


+ La feule différence qui foit entre cette efpéce & la pré- 
cédente , dépend ; 1°. de la largeur ; celle-ci eft plus grefle 
& plus mince : 2°, des tubercules qui font des deux côtés 


DES INSECTES. 32$ 
du ventre , favoir deux fur chaque anneau. Css tubercu- 
les font lifles & élevés. On trouve cette efpéce & la pré- 
cédente fur les arbres. 


8. ICHNEUMON arer, pedibus rufes , fetis ani corpore 
triplo brevioribus , abdomine fère feffrli. 


Reaum. inf. tom. 2 , tab. 35 , f. 23. 


L'ichneumon à pattes fauves & courte queue. 
Longueur 6 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Cette efpéce plus groffe & moins éfilée que la précé- 
dente;lui reffemble pour les couleurs. Elle eft noire & fes 
pattes font d’une couleur fauve rougeâtre. Elle différe de 
lefpéce ci-deflus ; 1°. par la longueur diflérente de fa 
queue qui n'égale gueres que le tiers ou même le quart 
de la longueur de fon corps , & dont les filets font roides. 
2°. Parle haut des cuifles qui eft noir dans cette efpé- 
ce, au lieu que dans l’autre il eft de la même couleur 
que le refte des pattes. Cet ichneumon vient dans les 
coques & les chryfalides des papillons. Il n’y en a ordinai- 
rement qu'un dans chaque coque. Les antennes de cet in- 
fecte font noires, aufli longues que fon corps & compo 
fées d'environ trente-fix articles, 


9, ICHNEUMON arr, pedibus rufis , fetis ant 
corpore triplo brevioribus , abdominis bafi 1tenut longa 
petiolata. 


L'ichneumon à pattes fauves & ventre en filet. 
Longueur 3 + lignes. Largeur + ligne. 

Celui-ci eft long, éfilé & reflemble beaucoup à Pavant 
derniere efpéce. Il eft pareillement noir & fes pattes font 
fauves. Ses antennes font de la longueur de la moitié de 
fon corps , mais les filets de fa queue qui font minces, 
n'égalent pas le tiers du corps. La bafe des cuiffes eft noi- 
re comme dans lefpéce précédente dont celle-ci différe 
en ce que fon ventre eft mince comme un fil, fur-tout en 


326 HISTOIRE ABRÉGÉE 

haut ; h'allañt en grofliffant que vers le bas, au lieu que 
le ventre de lichneumon précédent eft gros- par-tout ; 
quoique le bas foit un peu plus gros que le refte, 


10 ICHNEUMON xiger, pedibus rufrs ; fronté 
flava. 


L'ichneumon noir à pattes fauves & devant de la tété 

Jaune. 

Longueur 3 lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes font noires, un peu pâles en-deffous , & de 
la longueur de la moitié de fon corps. Tout l'animal ef 
noir , à l'exception du devant de fa tête qui eft jaune. Ses 
pattes font de couleur fauve, mais fes pieds de derriere 
font noirs, Les aïîles ont un point marginal bien marqué, 


11. ICHNEUMON riger, pedibus ferruginers ; 
femoribus poflicis craffrs globofis. 

L'ichneumon noir à pattes Brunes & groffes cuiffes. 

Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 

Ce petit ichneumon eft tout noir , il n'y a que fes pat- 
tes qui foient d’une couleur fauve brune. Ses antennes 
font de la longueur des deux tiers de fon corps. Mais ce 
qui fait le caraëtere fpécifique de cet infeéte , ce font fes 
cuifles poftérieures qui font grofles & prefque fphériques. 
On le trouve fouvent dans les maifons fur les fenêtres. 


12. ICHNEUMO N riger, pedibus ferruginers ; 
femoribus poflicis craffis denticulo armatis. 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 565 , n. 47. _Ichneumon niger ; abdomine fubcy= 


lindrico , pedibus ferrugineis , femoribus clavatis, polticis dentatis. 


L'ichneumon noir à pattes brunes & groffes cuifles den- 
telees. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur ? ligne, 
Il eft tout noir , fes pattes feules font d’un brun fauve. 
Ses antennes font de la longueur des trois quarts de fon 


DES INSECTES. 32 
corps. Ses cuifles poftérieures font fingulieres. Elles font 
grofles , prefque rondes & armées intérieurement. d’une 
pointe ou petite dent aigue , ce qui fait le caraétere parti- 
culier de cette efpéce. 


13 ICHNEUMON rriger , pedibus rufis ; genubus 


annulo albo. 


L'ichneumon noir à pattes fauves & genoux blancs. 
Longueur $ lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps. Elles font noires , ainfi que la tête, le corcelet & 
le ventre. Les pattes font d’une couleur fauve un peu 
rougeâtre , mais à l’origine de chaque jambe il y a un an- 
neau blanc. On apperçoit aufii à Porigine des cuifles , fur 
cette efpéce de tête ronde qui les Joint au corps, un petit 
point blanc. 152 

Cet infeête varie. Dans les uns la groffe tête qui joint 
les pattes au corps eft fauve comme les cuifles, dans les 
autres elle eft noire. Dans les derniers l'anneau blanc des 
pattes eft plus apparent. Dans tous, les filets du ventre 
font noirs, & égalent environ la longueur de la moitié du 


ventre. 


14. ICHNEUMON iger, pedibus rufis ; fémorum 
Bafi punélo albo. 


L'ichneumon noir à pattes fauves, & point blanc à la bafe 
dés cuifles. 
Æongueur $ lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font de la longueur de fon corps. Tout 
Vinfeëte eft noir & allongé. Ses pattes font fauves à l’ex- 
ception des tarfes poftérieurs. Sur la petite piéce de la 
bafe des cuiffes qui eft noire , il y a un petit point blanc, 


N.B. Im apice thoracis pundlo albo. : 


Cette variété , qui eft un peu plus grande , mais du refte 
toute femblable à l'efpéce ci-deflus , n’en différe que par 


328 HISTOIRE ABRÉGÉE 
un petit point blanc, qui fe trouve à la pointe du cor« 
celet. 


15. ICHNEUMON riger, pedibus albidis , alarum 
punilo nigro. 


De Geerinf. pag. 585 & 704 , tab, 27, fig. 26. Ichneumon noir à corps allongé 
& ovale, à jambes d’une feuille - morte jaunâtre, 


L'ichneumon noir à pattes blanchätres. 
Longueur 1 +ligne. Largeur j ligne. 

Ce petit ichneumon eft tout noir & liffe. Ses antennes 
font de la longueur de fon corps. Ses pattes font blanchä- 
tres. Ses ailes qui font diaphanes ont un point noir au bord 
extérieur. Il eft forti de têtes de cir/ium où habitoient des 
larves de charanfon dont il avoit fait périr quelques-unes. 


16. ICHNEUMON rorus niger ,tibiis pofticis clavatis, 
abdomine longo , tenut , falcato. 

Linn faun. fuec. n. 985. Ichneumon tibiis pofticis clavatis. 

Mouff.t. lat, 64, f. 1, 2. Mufca triplis 1. 

Reaum inf. tom. 4 ,tab.1o,f. 14. 

AG. Upf. 1736, p. 28 , n. 2. Ichneumon cauda triplici, abdomine fuperne fla- 
vefcente , pedibus clavatis. 


Ibid. p. 29, n. 17. Ichneumon cauda inermi , abdomine falcato , pedibus clava= 
tis. maf. 


L'ichneumon tout noir à pattes poflerieures très-longues & 


groÿes. 

Longueur 6 lignes. Largeur = ligne, 

Cet ichneumon ef noir, mince & long ; on voit cepen- 
dant-un petit anneau blanc à l’origine de fes jambes & des 
tarfes près de larticulation. Les pattes poftérieures font 
plus loigues que les autres & ont fur-tout des jambes fort 
grofles. Le ventre qui eft mince , applati , plus gros vers 
le bout & recourbé , eft terminé par trois aiguillons très= 
déliés & plus longs que le corps de l'animal ; les deux laté- 
raux font noirs & un peu blanchätres vers le bout, & celui 
du milieu eft un peu fauve. Les ailes font blanches & dia= 
phanes, 


17e 


DES INSECTES. 329 
17 ICHNEUMON ager, tibiis poflicis clayatis 3 


abdomine tenui falcato circa medium fulvo. 


L'ichneumon noir à pattes poflerieures groffes & milieu du 
veritre fauve. 
Longueur s lignes. Largeur 3 ligne. 

On prendroit volontiers cette efpéce pour une variété 
de la précédente. Elle lui reflemble infiniment & elle n’en 
différe que par les marques fuivantes. 1°. Elle n’a point 
d’anneaux blancs à l’origine des jambes & des tarfes , mais 
elle eft toute noire , à l'exception du milieu du ventre ; 
favoir , le quatriéme & le troifiéme anneau & le bas du 
fecond qui font de couleur fauve. 2°. Ses aiguillons font 
plus courts que fon corps & n'égalent guères que la moitié 
de la longueur du ventre ; ils font tout noirs. 3°.Les anten- 
nes plus courtes que dans l'efpéce ci-deffus ne font que de 
la longueür de la tête & du corcelet pris enfemble , ce 
qui fait environ le tiers de la longueur de l'animal. 


18. ICHNEUMON rger, femoribus poflicis crafft- 
Vimis fulvis punélo albido. 


L'ichneumon noir à pattes poflérieures fauves ; très = groffes 

& tachetees. 

Longueur 3 3 lignes. Largeur + ligne. 

Je nai pù examiner cet animal que fur un feul individu 
en mauvais état & mutilé , mais fa figure eft fi finguliere 
que je n'ai point voulu le pañfer fous filence. Il eft d'une 
couleur noire matte. Ses antennes font à peu près de la 
longueur de la moitié de fon corps. Les piéces qui font à 
la bafe des cuifles poftérieures , font aufli longues que les” 
cuifles auxquelles elles refflemblent,& leur couleur eft noi- 
re. Les véritables cuifles font très’grofles , ovales , de 
couleur fauve ; avec un point blanchâtre un peu citron 
vers leur extrémité du côté intérieur. Les jambes font 
minces & en arc pour fe pouvoir courber & appliquer fur 
la cuiffe ; elles font noires. Les ailes font aufñli noiratres. 

Tome IL AT 


330 Hi1STOIRE ABRÉGÉE 


19. ICHNEUMON riger , nibiis rufes , femoribus 
poflicis clavatis , abdomine longo falcato. 


L'ichneumon noir à pattes fauves , à cuiffes poftérieures 
groffes & ventre en faucille. 
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne. 

Ses antennes qui font longues, font toutes noires , ainfi 
que fa tête , fon corcelet & fon ventre ; ce dernier eft très- 
long & fait à lui feul les deux tiers de la longueur de l’'ani- 
mal. Il eft très-mince , éfilé & recourbé en faucille. Les 
cuiffes font noires & les jambes fauves. Les pattes de der- 
riere plus longues que les autres, ont leurs cuifles très- 
grofles. Cette forme des pattes & la figure du ventre, font 
aifément reconnoiître cette efpéce. 


20. ICHNEUMON Zureus , capite thoraceque fufco 
apice flavo. 
L'ichneumon jaune à tése & corcelet noir avec la pointe 


Jaune. 
Longueur 10 lignes. Largeur 1 3 ligne. 


Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps. Leur couleur eft brune tirant fur le fauve. Sa tête eft 
brune , avec les yeux noirs & la levre fupérieure d’un jau- 
ne citroné. La couleur de fon corcelet eft d’un brun noir, 
mais fa pointe eft jaune. Le ventre un peu applati,eft jaune, 
ainf que les pattes. Les aîles font aufli teintes de jaune. 


21. ICHNEUMON /ureus totus. Linn. faun. fuec. n. 
967- 


Linn. fyff. nat. edit, 10 , p.566, n. 51, Ichneumon luteus, thorace ftriato , ab= 
domine falcato. 

Lift Goed. 59, f. 20. C. 

Goed. belg. : , p.135 ,f. 37. & gall. tom. 3 , tab. 37 , fig. Infima. 

Raj. inf. 253, n. 6. Vefpa ichneumon major tota fulva , alis amplis, anteriori- 
bus nota fulva circa medium marginem anteriorem infñgnibus. 

AG. Upf. 1736, p. 29, n. 15. Ichneumon flavus , abdomine falcato, alis ere&tis, 

Reaum. inf. tom, 6 ; tab, 30 ; fige 9 


DES INSECTES 331 


L'ichneumon jaune à ventre en faucille. 
Longueur 10 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Cette grande & belle efpéce a les yeux noirâtres & tout 
le refte du corps d’un jaune roux. Ses antennes font un peu 
moins longues que fon corps. Son ventre eft fait en arc & 
plat des côtés , enforte qu'il reffemble à un coutelas 
courbe ou à une faucille. Il tient au corcelet par un pédi- 
cule long, très-mince & femblable à un filet qui eft com- 

ofé de fes premiers anneaux. Les aiguillons font très- 
courts & débordent à peine le ventre. Les ailes membra- 
neufes ont un point marginal jaunâtre. 


N.B. J'en ai une variété plus petite d’un tiers. 


22. ICHNEUMON capite thoraceque nigris , antennis 
pedibus abdomineque falcato, lureis. 

Reaum. inf. tom. 2 , tab. 34, fig. 6. 

L'ichneumon à tête & corcelet noirs ; & ventre jaune en 
faucille. 

Longueur 9 lignes: Largeur ? ligne. 

C’eft précifément la même forme de corps que dans 
l'efpéce précédente. Son ventre eft aufli applati par les 
côtés & recourbé en forme de faucille ; fes antennes font 
auffi de la longueur de fon corps & les aiguillons de fa 
queue fort courts. La différence de cette efpéce confifte 
en ce que fa tête & fon corcelet font noirs, & tout le refte 
de fon corps jaune , tant les antennes & les pattes que le 
ventre. 


23. ICHNEUMON Zuteus ; oculis ; thorace infra, 
abdomini/que falcati apice nigris. 
Linn. faun, fuec. n. 969. Ichneumon totus luteus , abdominis apice nigro, 
Linn. f}ff. nat. edit. 10 , p. 566, n. 51. Ichneumon luteus , abdomine falcato , 
apice nigros \ 
Ray. inf. 253 , n. 7. Vefpa ichneumon precedenti congener , fed minor , tum 
corpore, tum alis, verum imo abdomine feu cauda nigra. 


Albin, inf. tab. 7, f. e. fé 
03 


332 HISTOIRE ABRÉGÉE 


L'ichneumon jaune à corcelet noir en-deffous & extrémité 
du ventre notre. 
Longueur 8 lignes. Largeur 1 à ligne. 


Ses antennes aufli longues que fon corps ; font d’un 
jaune fauve. Le refte de fon corps eft de la même couleur, 
à l'exception des yeux, du deflous du corcelet & de l’ex- 
trémité du ventre qui font noirs. Les ailes font aufli jaunes. 
Cet infecte reflemble tout-à-fait pour la forme aux deux 
précédens, fon ventre eft fait de même en coutelas & ap- 
plati des côtés. Les filets de fa queue font très-courts & 
peu apparens. 


24. ICHNEUMON riger , abdomine falcato , pedibus 
abdominifque medio flavis. 

Linn. faun. fuec, n. 975. Ichneumon niger ; abdomine antice luteo , pedibuf- 
que luteis. 


Linn. fyfi. nat. edit, 10, p. $65 , n. 46. Ichneumon niger , abdomine falcato , 
fegmentis 2°. 30, 4°. que rufñis, pedibus tenuibus ferrugineis. 

Ra. inf.2ss , n. 17. Vefpa ichneumon major & longior , abdomine multo te- 
nuiore ligamento pectori adnexo. 


AG. Upf. 1736, p. 19 , n. 16. Ichneumon niger , abdomine falcato fuperne 
juteo , alis erectis. 


De Geer inf. p. 305. & 574 ; tab. 6 , fig. 11, 12. Ichneumon noir à corps en 
forme de faux , dont le milieu eft jaune-rougeâtre & à jambes antérieures 
jaunes. 


L'ichneumon noir à pattes & milieu du ventre citron. 
Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne, 


La forme du corps de celui-ci eft encore la même que 
celle des trois précédens. Ses antennes font de la longueur 
de fon corps. Tout l'infecte eft noir , à Pexception du 
milieu de fon ventre ; favoir, le fecond , le troifiéme & le 
quatriéme anneau , & des pattes qui font de couleur 


citron , encore les cuiffes poftérieures font -elles fouvent 
noires. Les ailes font brunes. 


25. ICHNEUMON Zuteus , thoracis fafciis tribus 
lonatudinalibus fufcis. 


L ichneumon jeune à corceler rayé. 
Longueur s lignes. Largeur à ligne. 


DES! TN SECTE S. 333 
Cet infeête eft par- tout d'un jaune un peu fauve ; feule- 
ment fes yeux font noirs,& il y a fur fon corcelet trois ban- 
des brunes longitudinales , une au milieu & une de chaque 
côté ; ce qui fäit paroitre le corcelet rayé de fauve & 
de brun. La levre fupérieure eft plus jaune que le refte du 
corps , les antennes égalent les trois quarts de la longueur 
de celui-ci, & le ventre eft un peu applati. C’eft autour 
des chênes que l'on trouve fréquemment cette efpéce. 


26. ICHNEUMON fufcus , capite abdominifque apice 
TILQTLS 


L'ichneumon brun à tête & bout du ventre noirs. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 


Ses antennes de la longueur de fon corps , font de cou-" 
leur brune. Sa tête eft noire ; fon corcelet eft brun , avec 
un peu de noir à la pointe, Son ventre eft fauve , mais fon 
premier anneau & les derniers de la pointe font noirs. Les 
pattes font brunes , & les ailes font très-tranfparentes avec 
un point marginal brun. 

La coque de ce petit ichneumon eft blanchôtre , fa- 
tinée , avec deux anneaux bruns , un en- haut , l’autre en- 
bas , ce qui la fait reffembler à un petit baril, 


27.ICHNEUMON favo - ferrugineus , apice thoracis 


2970. 


L'ichneumon jaune à pointe du corcelet noire. 
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne. 

Il eft par - tout d'un jaune un peu fauve , fi ce n’eft à la 
partie poftérieure de fon corcelet qui eft noire. Ses anten- 


nes font de la longueur de fon corps , & les filets de 
fa queue très-courts & peu apparens. 


28.ICHN EUMON Paso , rufo , nigroque 'ariegatus 3 


choracis apice flavo. 


L'ichneumon fauve à taches noires & pointe du corceletjaur. 
Longueur s + lignes. Largeur x ligne. . 


334 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

Ses antennes qui font fauves , égalent les deux tiers 
de la longueur de fon corps. Sa tête eft de la même cou 
leur , avec les yeux noirs & une tache pareillement noire 
fur fa partie poftérieure. Son corcelet eft rayé de bandes 
longitudinales noires & brunes ; avec du jaune fur les 
côtés & fa pointe de même jaune. Le ventre fauve & lui- 
fant a une tache noire fur le milieu de chaque anneau en- 
deflus. Les pattes font fauves , mais la partie intérieure 
des cuifles eft noire & les articulations font jaunes. Les ai- 
les font un peu brunes , avec un point marginal fauve. Cet 
ichneumon eft forti de la coque de la chenille commune 
qu’il avoit tuée. 


29.ICHNEUMON fu/cus ÿ nigro maculatus , als 
zigris. 

L'ichneumon brun à taches noires & aïles noirätres. 

Longueur : lignes. Largeur > ligne. 

Ses antennes font noires & prefqu'auñfi longues que fon 
corps. Sa tête & tout l'animal font d’un fauve brun. Sur la 
tête il y a une tache noire , & de plus les yeux font noirs. 
Le corcelet a en-devant trois taches noires , une au milieu 
& deux fur les côtés , & de plus une quatriéme tache à la 
pointe. Le ventre plus jaune que le refle du corps , a 
en-deffus au milieu une raie longitudinale de taches 
noires , dont il y en a une fur le milieu de chaque anneau. 
Les pattes font brunes , avec les articulations plus claires. 
Les filets du ventre font noirs, mais celui du milieu ou 
Paiguillon eft fauve. Les ailes font noirûtres. 

Cet infete varie : on en trouve dont la tête & le corce- 
let font prefque tout noirs , & dont les pattes font très- 
brunes. Dans tous , le ventre a un pédicule très-mince & 


affez allongé. 
30.ICHNEUMON Znearis rufus nigro maculatus y 


als albis cruciatis. 


L’ichneumon fauve à taches noires & aïles croifées. 
Longueur 1 5 ligne. Largeur à ligne. 


DES INSECTES. 33% 

Il approche infiniment du précédent. Il n’en différe 
que parce que ; 1°. fes antennes ne font pas noires , 
mais brunes & moins longues que fon corps ; 2°. fon ven- 
tre eft prefque tout noir en-deflus ; 3°. fes pattes font d’un 
fauve clair fans mêlange d’autres couleurs ; 4°. enfin fes 
aîles font diaphanes , appliquées & croifées fur le corps de 
l'infecte. Les filets de la queue dans la femelle font noiri- 
tres & prefque de la longueur du corps. Pour les ailes, 
elles débordent le ventre d’un bon tiers. Le ventre aflez 
long & égal , a un pédicule court ;, en quoi cet infeéte 
différe encore du précédent. 


31. ICHNEUMON iger, fronte punéifque humerorum 
Jlaves. 


L'ichneumon noir à petites taches jaunes. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne. 

Il eft tout noir , à exception des taches jaunes fuivan- 
tes, Premiérement,les yeux font entourés d’une ligne jau- 
ne plus large fur le devant , ce qui rend la partie antérieure 
de la tête jaune pour la plus grande partie. Secondement, 
au-deffus de l’attache des ailes fupérieures , il y a une raie 
jaune oblique , & plus bas fur le côté un point de même 
couleur. Le deffus du corcelet a un femblable point de 
chaque côté près l’attache des ailes inférieures. A l’origine 
de chaque cuifle en-deflous il y a aufli un point jaune. 
Toutes ces taches font fort petites. Les antennes font de 
la grandeur des deux tiers du corps. L'individu que j'ai eft 
un mâle , enforte que Je ne fais comment font les filets de 
la queue dans la femelle. ‘ 


32. FCHNEUMON #rro- cœrulefcens , abdominalibus 
Jegmentis utrinque macula flava. 


L'ichneumon noir à ventre tacheté de citron fur Les côtés. 
Longueur 6 lignes. Largeur x = ligne: 


Ses antennes font de la longueur de fon corps. Elles 


336 HISTOIRE ABRÉGÉE 

font;ainfi que tout l'animal, d’une couleur noire matte. Sur 
le ventre cette couleur tire un peu fur le pourpre & paroïit 
comme veloutée. Tous les anneaux du ventre ont de cha- 
que côté une tache. d’un jaune citron excepté le dernier 
anneau. Les ailes font noiratres. Le premier anneau du 
ventre eft moins en filet qu'il ne l’eft ordinairement dans 
les infectes de ce genre. 


33. ICHNEUMON rer, punilatus , pedibus ruffs ÿ 


abdominis baft utrinque macula flaya. 


L'ichneumon noir chagriné à paites fauves & deux taches 
jaunes fur le ventre. 
Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne. 

Il eft tout noir , chagriné , matte & nullement luifant. Sa 
forme reflemble aflez à celle de l’ichneumon , (n°. 36) 
à plaque de poils bruns [ur Le entre. Ses antennes ont le 
tiers de la longueur de fon corps. Ses pattes font rougeà- 
tres, & Île fecond anneau de fon ventre a de chaque côté 
une grande tache Jaune. Les ailes ont leur bord & un 
point marginal bruns. 


34 ICHNEUMON iger , femoribus poflhicis rufrs ; 


abdominis medio utrinque macula alba. 


L'ichneumon noir à cuifles poftérieures fauves & deux ta- 
ches blanches fur Le ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes n’ont guères que la longueur de la moitié 
de fon corps. Tout l'animal eft noir & liffe , à l'exception 
de fes cuifles poftérieures qui font d’un fauve roux , & de 
deux petites taches blanches allongées ; une de chaque 
côté au milieu du ventre fur le troifiéme anneau. 


35. ICHNEUMON xiger ; pedibus rufis ; thoracis 
Bafi Linea, apice punélo, albis ; abdominis fegmento ; 1°. 
punis duobus ; 2°, margine , albis. 
L'ichreumon 


D'ES£ EN SEC Drisa 1 | 327 


L'ichneumon noir à pattes rougeätres , à corcelet & venrre 
* sachetés de blanc. 
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne, 


Ce joli ichneumon eft noir. Ses antennes égalent {a 
moitié de la longueur de fon corps. Son corcelet a fur 
fa bafe une raie blanche tranfverfe un peu en arc , & à fa 
pointe une tache de même couleur. Le premier anneau du 
ventre a de chaque côté un point blanc , & le fecond 


eft tout bordé de blanc. Les pattes font d'une couleur 
fauve rougeitre. 


36 ICHNEUMON ater, alis extremo fufcis » 
abdominis apice villofo ferrugineo. | 
De Geer. inf. p. 577. 6 7o$ ,tab. 36, fig. 12. Ichneumon noir, dont le corps fe 
termine en boule allongée , qui eft gris-verdäte , luifant & comme fatinée 


L'ichneumon noir à plaque de poils bruns fur le ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps. Tout Fanimal eft noir , chagriné & un peu velu. 
Son ventre ne paroit compofé que de quatre anneaux » 
mais le dernier qui eft fort gros , eft réellement compofé 
de quatre autres qui femblent confondus & paroïflent n’en 
former qu’un. C’eft fur ce gros anneau que fe trouve 
une toufle de poils qui forme une plaque noire ou brune 
fuivant le fens où on la regarde. Les ailes font brunes 
& prefque noires vers leur bout, du moins les fupérieures. 
Cet ichneumon eft forti de la coque de différentes pha- 


lênes dans les chenilles defquelles fes œufs dvoient été 
dépofés. 


37. ICHNEUMON iger , alis fafcia duplct 
tranfverfa nigra. 


L'ichneumon noir à deux bandes [ur les aïles. 
Longueur 3% lignes. Largeur à ligne. 


Sa couleur eft toute noire & fon corps eft lifle. Ses anten- 
Tome II. Vy 


338 HISTOIRE ABRÉGÉE 

nes égalent les deux tiers de fa longueur. Ses aïles ont deux 
bandes larges, tranfverfes , de couleur noire. Celle du bout 
eft plus large que l’autre. Cet infe&te a le port d’une abeille. 


38. ICHNEUMON sors niger. 


L'ichneumon tout noir. 
Longueur 1 ligne. 

Tout l’infeête eft noir & liffe , quelquefois cependant il 
y a une petite tache de couleur citron à l'extrémité du ven- 
tre. Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps. & les filets de fa queue font prefqu’aufli longs que 
l'animal. Ses aïîles font noires. 


39. ICHN EUMON rotus ater , antennis medio albis. 


Linn. [yft. nat. edit, 10, p. Se #. 23. Ichneumon ater totus, antennis fafcia 
alba, 

Reaum. inf. tom.\6, tab.20,fe 1: 2:334 

De Geer. inf. p. 581. & 704, tab. 24 , fig. ro. Ichneumon tout noir à corps 
allongé & ovale , dont les antennes ont au milieu une petite rache blanche, 


L'ichneumon noir à anneaux blancs aux antennes. 
Longueur 6 lignes, Largeur 1 ligne. 

Ses antennes font prefque de la longueur de fon corps. 
Elles ont dans leur milieu trois ou quatre articles blancs 
V’un à côté de l’autre , ce qui fait que le milieu de l’anten- 
ne eft blanc & forme une efpéce d’anneau. Tout le refte de 
l'infedte eft d’un noir matte ; fes aîles mêmes font noi- 
râtres ; on voit feulement à l'origine des cuiffes poftérieu- 
res une petite tache blanche. Le premier anneau du ven- 
tre qui tient au corcelet eft long & mince. On trouve 
fouvent cet ichneumon dans les nids de guêpes-maçones 
où 1] fait du ravage , dévorant les larves de ces guèpes. : 


40. ICHNEUMON riger, thoracis apice antennarum= 
que medio albis. 

L'ichneumori noir”, avéc la pointe du corceler & le milien 
des antennes blancs. 

Longueur 5 lignes. Largeur à ligne, 


DES INSECTES: 339 

11 ne différe du précédent qu’en ce que la pointe de fon 

corcelet eft blanche , & que fa couleur noire eft luifante & 

non pas matte. Du refte , il a des anneaux blancs au milieu 

des antennes , & une petite tache blanche à l’origine de 
chaque cuille : peut-être n’eft-ce qu’une variété. 


4. ICHNEUMON #rer » femoribus teflaceis ; antennis 
medio albis. Linn. faun. fuec: n.9$5$. 


L'ichnreumon noir à cuifes rougeätres & anneau blanc aux 
a/2Le/L/1ES . 
Longueur 43 lignes. Largeur à ligne. 


Ses antennes égalent les trois quarts de la longueur de 
fon corps ; elles font noires ; avec quelques anneaux 
blancs dans leur milieu. Tout l'animal eft noir , excepté fes 
pattes qui font rougeîtres , encore dans les pattes pofté- 
rieures ny a-t-il que les cuiffes qui foient de cette couleur, 
& le refte eft noiratre. Les ailes font brunes : le ventre 
eft long & fes filets égalent les deux tiers de fa longueur. 
J'ai trouvé cet ichneumon dans les taillis. 


42. ICHNEUMON aer ; pedibus rufés , tibis pofticis 
apice nigris , antenmis medio albis. Linn. faun. fuec. 
22. 962. 


AS. Upf. 1736, p so, n. 21. Ichneumon antennis fpiralibus , corpore atro, 
ventre fubfalcato , pedibus luteis. 


L'ichneumon noir à pattes rougeätres 8 anneau blanc aux 
antennes. 
Longueur = lignes. Largeur ligne. 


Ses antennes qui égalent environ la longueur de fon 
corps , font noires , avec le milieu blanc. Sa tête , fon cor- 
celet & fon ventre font noirs. Ses pattes font d'une couleur 
fauve rougeître , il n’y a que les bouts des jambes pofté- 
rieures qui foient noirs , ainfi que les tarfes. Les ailes font 
brunes & les filets de la queue font à peu près de la lon- 
gueur du ventre. 

On voit que cet infedte différe peu du précédent. Ce- 

Vvi 


340 HISTOIRE ABRÉGÉE 

endant ; à les voir l’un auprès de lautte , îls ont un 
port différent , qui prouve que celui-ci n’eft point une fim- 
ple variété. 


43. ICHNEUMON niger , pedibus rufis , tibiis anten- 
nifque medio albis. 


L'ichneumon noir à pattes rougeätres, à taches blanches fur 

Les jambes & anneau blanc aux antennes. 

Longueur s lignes. Largeur ? ligne. 

L'infede eft noir. Ses antennes qui ont le tiers de a 
longueur de fon corps, font blanches au milieu. Ses pattes 
font de couleur fauve , mais la piéce de la bafe ef noire 
avec un point blanc, & les cuifles ont une tache blanche 
en-deflus dans leur milieu. 


44 ICHNEUMON viger, pedibus rufes , tarfes 
pollicis antennifque medio albës. 


L'ichneumon noir à pattes rougeätres , avec le milieu des 
tarfes & des antennes blanc. 
Longueur 4 lignes. 

Sa couleur eft noire, avec un peu de blanc à fa bafe 
du ventre, & le milieu des antennes auffi de couleur blan- 
che. Ses pattes font rougeâtres à l'exception des tarfes & 
des extrémités des jambes qui font noirs, fi ce n’eft que 
le milieu des tarfes poftérieurs a deux anneaux, favoir le 
fecond & le troifiéme qui font blancs. Les filets de la 
queue font un peu plus longs que le corps , les deux Îa- 
téraux font noirs & celui du milieu ou l’aiguillon eft brun. 


45. ICHNEUMON yrger , pedibus rufes ; geniculs 


antennarumque medio albis. 


L'ichneumon noir à pattes rouzeätres ; avec les genoux 7 
le milieu des antennes blancs. 
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 


Cette efpéce eft noire. Ses antennes qui ont la moitié 


DES INSECTES. 341 
de la longueur du corps ; font blanches au milieu. Son 
corcelet a latéralement & un peu en-deflus quatre ou cinq 
petites taches blanches de chaque côté. Les bords des 
anneaux du ventre ont aufli un peu de blanc fur les côtés. 
Les filets de la queue font un peu moins longs que le ven- 
tre. Les pattes font de couleur fauve , avec quelques ta- 
ches blanches à leur origine , & l'articulation du genou 
ef blanchâtre. Le point marginal des ailes eft aflez mar- 


qué. 
46. ICHNEUMON ver , abdomine toto ferrugineo 


antenris annulo albo. 


L’ichrneumon noir, à ventre & Jambes fauves, & anneau 
blanc aux antennes. 
Longueur 3 à lignes, Largeur = ligne. 

Sa tête & fon corcelet font tout noirs. Ses antennes pa- 
feillement noires & blanches dans leur milieu, font pref- 
que de la longueur de la moitié du corps. Le ventre eft 
tout entier de couleur fauve, Les pattes font de la même 
couleur, à Pexception des cuiffes qui font grofles & noires. 
Les aiguillons font de la longueur du tiers du ventre. Les 
ailes font un peu brunes. 


47.1CHNEUMON riper, abdomine pone ferrugineo, 


antennis medio albis. 


L'ichneumon noir à ventre fauve vers le bas, & anneau 
blanc aux antennes. 
Longueur 6 3 lignes. 
Les deux tiers poftérieurs de fon ventre font de couleur 
fauve , & le milieu de fes antennes eft blanc. Tout le 
refte de l'infeéte eft noir. 


48. ICHNEUMON gr, abdomine ferrugineo 


apice nigro , antennis annulo albo. Linn. faun./fuec. 
2. 970. Planch. 16, fig. 1. 


34% HISTOIRE ABRÉGÉE 


A&. Upf. 1736,p.19,n. 7. Ichneumon aculeo triplici, pedibus abdomine- 
que teflaceis, apice nigro. 

L'ichneumon noir à ventre & pattes fauves & anneau 
blanc aux antennes. 

Longueur 3 lignes. Largeur Z ligne. 

Sa tête & fon corcelet font noirs, fes antennes font 
brunes avec quelques anneaux blancs dans leur milieu. 
Les pattes & le ventre font fauves , mais l'extrémité du 
ventre eft noire. Le ventre eft aflez gros, à l’exception des 
premiers anneaux qui partent du corcelet & qui font min- 
ces. Les filets de la queue font courts & noirâtres. 


N.B. Il yena une variété, qui a de plus le premier 
anneau des tarfes poftérieurs blanc. 


49 ICHNEUMON riger,abdomine antice ferrugineo, 
police nigro punélis tribus albis ; thoracis apice annu- 
doque antennarum albo. 

Linn. faun. fuec. n. 978. Ichneumon abdomine antice ferrugineo , poftice 


nigro, punétis quatuor albis, antennis albo annulo. 
AG, Upf. 1736, p.30, n, 22. Ichneumon abdomine teftaceo , apice nigro ; 


punétis quatuor albis. 
L'ichneumon noir à bande fauve fur le ventre, avec là 

pointe du corcelet $C anneau des antennes blancs. 
Longueur $ lignes. Largeur ? ligne. 

es antennes font noires avec quelques anneaux blancs 

dans leur milieu. Sa tête eft toute noire. Son corcelet qui 
eft de même couleur, a une tache blanche à fa pointe. Le 
premier anneau du ventre plus mince & plus étroit que 
les autres , eft noir , le fecond & le troifiéme font de 
couleur fauve , les quatre derniers font noirs, &ont , à 
l'exception du premier de ces quatre , chacun un point 
blanc fur leur milieu en-deffus , ce qui fait une raie de 
trois points blancs , à l’extrémité du ventre. Les pattes 
font d’un fauve un peu clair , à exception des cuiffes pof- 
térieures qui font noires. Les ailes font brunes. On trou- 


DES INSECTES: 343 
ve cet infeéte dans les bois. Les filets de fa queue font 
très-courts. 


N.B. À. Idem femoribus omnibus nipris. | 
B. Idem femoribus nigris , tibiifque omnibus Bafi 


albis , apice nigris. 


. Ce font deux variétés de l’efpéce ci-deflus ; dont l’une 
a toutes les cuifles noires, au lieu que la nôtre n’avoit que 
les cuiffes poftérieures de cette couleur. L'autre,outre les 
cuifles noires , a la moitié fupérieure de toutes les jambes 
blanche , & la moitié inférieure noire. Peut - être que la 
quarante-troifiéme efpéce n’eft aufli qu'une variété de 
celle-ci. 


so. ICHNEUMON ziger ; abdomine ferrugineo ;, 


apice n19r0 , tibiis antenntfque annulo albo. 


L'ichneumon noir à ventre fauve en devant, & à anneaux 
blancs aux pattes & aux antennes, 
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 

Sa tête & fon corcelet font tout noirs. Ses antennes 
font de la même couleur avec leur milieu blanc; elles 
font de la longueur des trois quarts du corps. Le ventre 
qui part du corcelet par un filet mince , a les quatre pre- 
miers anneaux fauves, & les derniers noirs. Les pattes 
font aufli fauves , mais la bafe des jambes du milieu & de 
derriere a un anneau blanc bien marqué. Les tarfes & les 
jambes poftérieures font noirs. Les aiguillons de la queue 
font pareillement noirs & de la longueur du tiers du 
ventre. 


51. ICHNEUMON zger, abdomine ferrugineo ; 
pone nigro , apice albo ; antennis medio albis. 


Linn. fyff. nat. edit, 10, p. 563 , n. 23. Ichneumon niger, pedibus fubclava- 
tis abdomineque ferrugineis, fes mentis duobus ultimis nigris, ano albido, 


L'ichneumon noir , à ventre fauve en-devant, noir polie 


344 HISTOIRE ABRÉGEE 
rieurement & termine de blanc ; & à anneau blanc aux 


(TILÉEILILES » 
Longueur 3 à lignes. Largeur? ligne. 


Ses antennes qui égalént au moins les deux tiers de Ia 
longueur de fon corps, font noires , avec leur milieu 
blanc. Sa tête & le corcelet font tout noirs. Les quatre 
premiers anneaux du ventre font fauves, les autres font 
noirs à l'exception du dernier qui eft blanc. Les pattes 
font aufli fauves avec les articulations des pattes pofté- 
rieures noires. Les ailes font un peu brunes & les filets 
de la queue de la longueur de la moitié du ventre en 
viron. 


$2. ICHNEUMON riger ; thoracts apice , abdominis 
medio ; pedibufque flavo Varievatis ; antennis medio 
albis. 


L'ichneumon panaché de noir & citron à anneau blanc 


AUX ŒILLEILILES. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 à ligne. 


Cet ichneumon reffemble beaucoup à une guêpe. Ses 
antennes qui font affez groffes | compofées d’une quaran- 
taine d'articles courts, & courbées en cornes de bélier s 
n'égalent pas la moitié de la longueur de fon corps. Elles 
font de couleur noire,& blanches dans leur milieu. La tête 
eft toute noire , ainfi que le corcelet , qui a une tache 
citronée triangulaire à fa pointe. Le ventre eft noir, à l’ex= 
ception du fecond & du troifiéme anneau qui font de cou: 
leur citron. Il y a auffi quelquefois fur fes derniers anneaux 
une tache jaune , mais qui n’eft pas conftante. Les cuifles 
font noires , Les jambes jaunes en-haut, noires vers le bas, 
& les tarfes d’un jaune un peu fauve. Cet ichneumon eff 
très-carnaflier. Il atraque les autres infeétes & les dévore. 


53: ICHNEUMON iger, fronte , thoracifque apice 
albis ; tibiis palmifque albo variegatis. 
L'ichneumor 


DES INSECTES. 34$ 


L'ichreumon à pointe du corcelet blanche & pâttes pana- 


chées de blanc. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne. 


Ses antennes font prefque de la longueur de fon corps ; 
elles font noires. Tout l'animal eft de la même couleur, 
mais fa levre fupérieure & la pointe de fon corcelet font 
d’un blanc un peu citron. Les cuifles des pattes antérieures 
font noires , & leurs jambes & leurs pieds font blancs. Les 
pattes poftérieures ont pareïllement leurs cuiffes noires , 
mais leurs jambes & leurs pieds font moitié blancs moitié 
noirs. Les ailes font un peu brunes , avec le point marginal 

a 
noirâtre. 


$4+ ICHNEUMO N ziger, pedibus ferrugineis ; 
thoracis apice , maculifque abdominis quatuor albis , 
antennarum medio albo. 


Lichneumon noir à pointe du corcelet & taches du ventre 
blanches. 


Longueur 6 ligness Largeur 1 + ligne. 


Cette efpéce eft une des plus belles. Ses antennes font 
de la longueur des deux tiers de fon corps. Elles font noi- 
res , avec leur milieu blanc. Sa tête eft noire , avec une 
petite raie jaune au-deflus des yeux. Le corcelet pareille- 
ment noir a un peu de blanc à fa pointe. Le ventre eft 
noir , avec quatre taches blanches , deux fur le fecond an- 
neau & deux fur le troifiéme , une de chaque côté. Les 
pattes font rougeîtres , mais l’origine des cuifles eft noire, 
avec un petit point blanc , & de plus les tarfes des pattes 
poftérieures font noirs. Les ailes ont un point marginal 
brun. 


ss ICHNEUMON riger, pedibus ferrugineis ; apice 


thoracis albo. 


L'ichneumon noir à pieds rongeätres 8 pointe du corceler 
blanche. 


Longueur 6 lignes. Largeur x ligne, 


Tome II, X x 


346 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Cette efpéce eft toute noire , elle a feulement les pattes 
fauves , & une tache blanche à la pointe de fon corcelet. 
Le point marginal de fes aîles eft jaunatre. Cet ichneu- 
mon ef forti d’une coque de phaléne. 


se ICHNEUMON riger, pedibus ferrupginers ; 


thoracis abdominifque apice albo. 


L'ichneumon noir à pointe du corceler & bout du ventre 
blancs. 
Longueur à lignes. Largeur = ligne. 

Il reffemble au précédent pour les couleurs. Il eft noir , 
fes pattes font rougeîtres , ainfi que l’attache des cuifles, 
qui dans Pefpéce précédente et noire. Ses antennes font 
de la longueur de la moitié de fon corps, noires en-haut &c 
un peu fauves à leur bafe. La pointe du corcelet a une ta- 
che blanche , & le dernier anneau du ventre ef blanc. Les 
filets de la queue font de la longueur de la moitié du ven- 
tre & noirs , à l'exception de l'aiguilion du milieu qui eft 
rougeâtre. Ses ailes font noirâtres. 

J'ai trouvé affez fréquemment cet ichneumon à la fin de 
l'été fur les tiges de /czrpus,au bord des étangs & des ma- 
res : peut-être dépole-t-il fes œufs dans le corps de quel- 
qu'infeëte aquatique. 


57 ICHNEUMON ziger, fronte thoracifque apice 
flavis , pedibus abdominifque medio ferruginers. 


L'ichneumon noir à pointe du corceler jaune , avec les paë- 


tes &C le milieu du ventre fauves. 
Longueur $ lignes. Largeur à ligne. 


Ses antennes noires font de la longueur des deux tiers 
de fon corps. Sa tête eff noire , avec la levre fupérieure & 
l'origine des antennes jaunes. Le corcelet aufli noir a une 
tache jaune à fa pointe , & deux petites raies de même 
couleur devant l'attache des aîles , une de chaque côté. Le 
ventre eft noir , mais fon milieu; favoir , le fecond , le 


DES INSECTES, 347 
troifiéme & le quatriéme anneau font d’un fauve rougei- 
tre. Les pattes font aufli de couleur fauve. Les aîles font 
noirâtres & plus courtes que le ventre. 


NV. B. J'en ai une variété dont les cuifles poftérieures 
font noires. 


$3- ICHNEUMON riper, fronte flava ; antennis 
pedibus abdominifque medio ferrugineis. 


L'ichneumon noir , à antennes , pattes & milieu du ventre 


fauves. 


Longueur 5 lignes. Largeur ? ligne. 


Cette efpéce approche beaucoup de la précédente ; la 
principale différence confifte en ce que fes antennes font 
de couleur fauve , & que fon corcelet eft tout noir fans 
points ni raies Jaunes. Du refte fa tête eft noire , avec 
la levre fupérieure jaune ; fes pattes font fauves ; le fe- 
cond , le troiliéme & le quatriéme anneau du ventre font 
de la même couleur & les autres font noirs. Les filets de 
fa queue font très-courts & ne paroiffent prefque point. 

Ceux que J'ai de cette efpéce font des femelles, & ceux 
de la précédente font des males : peut - être les unes font- 
elles les femelles des autres , & pout lors ces deux ichneu- 
mons ne différeroient que par le fexe. C’eft ce que le 
hafard feul peut faire connaitre ; il faudroit les trouver ac- 
couplés. 


59. ICHNEUMON rger ; fronte, thoracis apice, 
tibiis ex parte , abdomini/que medio flavis. 
Linn. faun. fuec. n. 983. Ichneumon niger , tibiis fegmentoque fecundo tertio- 
que abdominis flavis. 
L'ichneumon noir, à pointe du corcelet , partie des pattes & 
milieu du ventre fauves. 
Longueur 4 + lignes. Largeur = ligne: 
Sa tête , fes antennes & fon corcelet font noirs. Sur 
fa tête , on voit la levre fupérieure & la bafe É antennes 
31] 


343 HISTOIRE ABRÉGÉE 

qui font d'un jaune citron. La pointe du corcelet a une ta- 
che de même couleur, Le premier anneau du ventre plus 
mince que les autres eft noir ; le fecond & le troifiéme 
font jaunes & les derniers font noirs , mais le quatriéme a 
deux taches fauves , une de chaque côté. Les pattes font 
jaunes, à l'exception des cuiffes poftérieures & de la partie 
inférieure des jambes. Les antennes font de la longueur 
des deux tiers du corps. Le ventre de cet infeëte eft ap- 


plati. 
60. ICHNEUMON riger, thoracis apice flavo, 


humeris pedibufque  férruginers : fegmentis abdorminalibus 

margine albidis. 

L'ichneumon noir à pointe du corcelet jaune , & partie 
antérieure du corceler fauve. 
Longueur 3 lignes. Largeur £ ligne. 

Sa tête & fes antennes font noires ; celles-ci font pref- 
que de la longueur de fon corps. Le corcelet eft fauve en- 
devant , noir poftérieurement, avec une tache jaune fur la 
pointe , fuivie d’un petit point jaune. Les pattes font d’un 
fauve clair , mais les tarfes de la derniere paire font noir4- 
tres. Le ventre eft noir ; avec un petit trait blanchâtre 
au bord de chaque anneau. Les ailes font tranfparentes 
& ont un point marginal brun. C'eft dans les bois qu’on 
trouve cette petite efpéce. 


61. ICHNEUMON riger, fronte, thoracis apices 
pedibus ; abdomineque fupra flavis ; thorace flavo ma- 
culato. . 

L'ichneumon arlequin. 

Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses antennes égalent prefque la longueur de fon corps ; 
elles font noires en-deflus , pales en-deflous. Ses yeux forit 
noirs , ainfi que fa tête, dont la levre fupérieure eft jaune & 
le deffous des yeux. Le corcelet pareillement noir ; a en- 


DES INsecTes. 349 
devant près de la tête une tache jaune en forme de V. Sa 
pointe eft aufli jaune , & en-deflous il a de chaque côté 
-quatre taches jaunes ; une petite à l'attache de l’aîle-, une 
pareille un peu plus bas , une femblable auprès de la 
econde paire depattes , & une grande allongée à l’attache 
-de la premiere paire. Les pattes font toutes de couleur 
jaune citron. Le ventre dont le pédicule eft mince ; eft de 
couleur noire, mais en-deflus , il a une grande tache jaune 
qui s'étend depuis la moitié du premier anneau , jufqu'au 
quatriéme & même un peu fur le cinquiéme. Les ailes 
font un peu brunes. Cette efpéce m'a été apportée. 


62. ICHNEUMON »iger, abdomine antice fudvo , 


petiolo Breve. 


“L'ichneumon noir à ventre fauve en-devant & court pe- 
dicule. 
Longueur $ + lignes. Largeur x ligne. 


Il eft tout noir, feulement Îes trois premiers anneaux 
de fon ventre font fauves. Le premier ne forme qu'un pé- 
dicule fort court , en quoi cette efpéce eft très -aifée à dif- 
tinguer de la fuivante. Les antennes font de la longueur 
du tiers du corps , & compofées d'environ quatorze ou 
quinze anneaux. Les ailes font noirâtres. Cet infeéte varie 
pour la grandeur. J'en ai qui font moitié plus petits que 
les autres. 


63. ICHNEUMON iger » abdomine fulvo , poflice 


zgro , petiolo longiffrmo. 
Ærifch. germ. 2 , pag. 6,t.1,f. 6,7. 


+ 
L'ichneumon noir à ventre fauve en- devant & à long pé= 
dicule. 
Longueur 10 lignes. Largeur 1 & ligne, 


La figure de Frifch eft très-bonne & repréfente parfaite- 


ment bien ce bel infeéte. Il eft noir. Ses antennes font 
courtes , elles n'égalent pas la cinquiéme partie de la lon 


350 HISTOIRE ABRÉGÉE 
gueur de fon corps , & elles ne font compofées que de 
douze anneaux , au lieu que celles des autres efpéces de ce 
genre font longues & compofées d’une quantité prodi- 
gieufe d'articles très-courts & qu’on ne peut prefque dif- 
tinguer. Le ventre eft fauve , excepté fes quatre derniers 
anneaux qui font d’un noir bleuâtre. Mais ce qui rend cet 
infedte remarquable , c’eft que le premier &x:le fecond 
anneau du ventre font très-longs & comme un fil , au- 
quel font attachés les autres qui font ramaflés & plus 
courts , repréfentant la figure d'un œuf. Les aïles font bru« 
nes , courtes , croifées les unes fur les autres , & le ventre 
les déborde de près de moitié. Les pattes font longues. 
Cet infeête eft carnaflier , il attaque fouvent les autres 
& dévore de groffes araignées. C’eft un fpeëtacle amu- 
fant , lorfque dans un bois on rencontre aux prifes ces deux 
animaux , & que l'on voit l'ichneumon piquer avec fon 
aiguillon qui eft très-court & déchirer avec fes machoires 
l'araignée qui fuccombe à la fin dans ce combat. 


64% ICHNEUMON niger , abdomine antice rufo ; 


poflice nigro , palmis anticis albis. 


L'ichneumon noir à ventre fauve en-devant & tarfes anté- 
rieurs blancs. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligné. 

Ses antennes font dé la longueur de fon corps. Tout 
l'infeéte eft noir ,à l'exception du fecond & du troifiéme 
anneau du ventre qui font fauves , & des tarfes des deux 
pattes antérieures qui font blanchâtres, Le premier anneau 
du ventre eft fort mince. 


65. ICHNEUMON riger, abdominis medio, pedibuf- 
que anterioribus rufes , palmis poflicis albis. Linn. faur. 
Juec. n. 982. 


L'ichneumon noir à ventre fauve au milieu & pieds de der- 
riere blancs. 
Longueur 3 ? lignes, Largeur ? lignes 


DES INSECTES. 3$1 
Sa tête , fes antennes & fon corcelet font noirs, il y a 
feulement un peu de blanc à fa levre fupérieure & à l’o- 
rigine des antennes. Le ventre eft fauve, mais fa bafe & 
fa pointe font noires. Les quatre pattes antérieures font 
- toutes fauves. Les deux poftérieures font noires avec les 
tarfes blancs. Les antennes ont les trois quarts de la lon- 
gueur du corps: J'ai trouvé cet infeéte dans les-taillis. 


66. ICHNEUMON riger ; abdominis medio, pedibuf- 
que rufes , palmis poflicis nigris. 

L'ichneumon noir à pattes &C milieu du ventre fauves , & 
pieds de derriere noirs. 

Longueur s 3 lignes. Largeur x ligne. 

: Ses antennes font noires & de la longueur des deux 
tiers de fon corps. Sa tête & fon corcelet font de la même 
couleur fans aucune tache. Le fecond & le troifiéme an- 
neau du ventre font fauves , les autres font noirs. Les 
quatre pattes de devant font toutes fauves, ainfi que les 
cuiffes poftérieures , mais les jambes & les tarfes des pat- 
tes de derriere font noirs. La tête des cuiffes eft aufli noi- 
re , & l’on voit deffus un petit-point citron. 


67. ICHNEUMON riger , pedibus ferrugineis , bits 
pofêicis albo nigroque variegaiis. Linn. faun. fuec. r. 
963. 

L'ichneumon noir , à pattes poflérieures panachées. 

Longueur 3 + lignes. Largeur = ligne. 

Ses antennes font noirâtres & à peu- près de la longueur 
de fon corps. Le devant de fa tête a un peu de jaune , 
& le refte eft noir. Son corcelet & fon ventre font tout 
noirs. Les quatre pattes de devant font rougeatres ; les 
cuiffes des pattes poftérieures font de la même couleur , 
mais leurs jambes font panachées de quatre anneaux al- 
ternativement blancs & noirs. Les aîles font un peu bru- 
nes. On trouve communément cet ichneumon autour des 
fleurs dans les pays de bois. 


352 HISTOIRE ABRÉGÉE 


W.B. J'en ai une variété un peu plus petite & qui 
différe de l'efpéce ci-deflus par deux petites raies 
blanches qui font fur fon corcelet devant l’attache des 
ailes, & de plus parce que l'origine de fes cuifles eft 
blanche. 


68. ICHNEUMON iger , pedibus fegmentorumque 
abdominis margine ferruginers, #birs poflicis albo ni- 
gro fulvoque variegatis. 


L'ichneumon noir à anneaux du ventre rougeätres , & 
pattes poflérieures panachees. 
Longueur 1 + lignes. Largeur = ligne. 

Ses antennes font brunes & prefque de la longueur de 
fon corps : fa tête & fon corcelet font tout noirs. Son ven- 
tre eft aufli noir , mais fes anneaux font bordés de brun. 
Les pattes de devant & les cuifles des pattes poftérieures 
font de couleur fauve. Les jambes de ces mêmes pattes 
ont d’abord un anneau noir, puis un blanc, enfuite un de 
couleur fauve, & leurs tarfes font entrecoupés de blanc 
& de brun. Les filets du ventre font noirs & du tiers de 
fa longueur. 


69. ICHNEUMON ziger ; abdomine coccineo. 


L'ichneumon noir à ventre couleur de cerife. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. : 

Ses antennes, fa tête, fon corcelet , fes ailes , fes pat- 
tes & les aiguillons de fa queue font noirs. Le ventre eft 
d’un rouge vif, imitant la couleur de cerife. Ses antenhes 
font prefque de la longueur de fon corps , & les filets de 
fa queue font moins longs de moitié que fon ventre. Jai 
trouvé ce bel ichneumon au mois de juin dans le bois de 


Boulogne. 


70 ICHNEUMON iger, rhorace domine 
rubris, Ë 
… L'ichneumon 


DES INSECTES. 353 


L'ichneumon noir à corcelet & ventre rouges. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur ; ligne. 
Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 

corps. Elles font noires ; ainfi que fa tête , fes pattes & fes 
aîles. Le corcelet eft d’un rouge affez vif, & le ventre d’un 
rouge jaunûtre ; il y a aufli quelque peu de noir fur le mi- 
lieu des anneaux fupérieurs du ventre. Cet infete porte 
fes aîles croifées fur fon corps , & à la premiere vûe on 
eft tenté de le prendre pour l’efpéce de tipule que nous 
nommons mouche de faint-Marc. 


71. ICHNEUMON iger punélatus , capite thorace- 


que antice rubro maculitis , pedibus fufcis. 


L'ichneumon à corcelet racheté de rouge en-devanr. 
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes font de couleur noire, & égalent la lon- 
gueur du tiers de fon corps. Sa tête eft prefque toute d’un 
rouge brun avec un peu de noir. Son corcelet ef noir , 
mais il a fur le devant plufieurs plaques d’un rouge foncé. 
Le ventre eft noir &éfilé , & fon pédicule eft mince & 
long. Ses pattes font brunes. Les filets de la queue ont 
prefque la moitié de la longueur du ventre. 


72. ICHNEUMON iger levis, thorace antice 
pedibufque fufcis. 
F HA Es 

L'ichneumon noir, a pattes & corcelet en-devant de cou 
leur brune. 

Longueur 2 lignes. Largeur = ligne. 

Sa tête & fes antennes font noires : celles-ci font de la 
longueur de la moitié du corps. Son corcelet eft brun en- 
devant, noir vers le bout. Le ventre eft ovale, affez court, 
de couleur noire, avec un peu de brun à la bafe du fe- 
cond anneau. Les pattes font brunes: les filets de la queue 
ont le tiers de la longueur du ventre. Ce petit ichneumon 
eft forti d'un nid d’araignée dont il avoit dévoré les œufs. 

Tome IL. Yy 


354 HISTOIRE ABRÉGÉE 

11 reffemble à une fourmi , ‘ou aux ichneumons dont les 
femelles n’ont point d’ailes & dont nous allons bientôt 
parler. 


73.1CHNEUMON ater , abdomine fabfeffli, fegmen. 


ris duobus anticis rufes , alis nigricantibus. 


L'ichneumon noir avec les deux anneaux antérieurs du 
ventre rougeätres & les aëles noires. 
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne, 

Cet ichneumon eft tout noir , à l'exception des deux an- 
neaux antérieurs de fon ventre qui font gros & rougeä- 
tres. Tout le ventre eft aflez ramaflé & tient au corcelet 

ar un filet fi court, qu’il femble prefqu’attaché comme 
celui des abeilles. Les ailes font noirâtres & les pattes 
longues. 


74 ICHNEUMON ater; abdominefubfeffili fegmenris 
tribus anticis rufrs , alis nigricantibus. 

Linn. faun. fuec. n. 977. Ichneumon ater ; abdominis feffilis fegmentis anticis 
rufis , alis fufcis. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p.579, n. 10. Sphex nigra, alis fufcis, abdomine 
antice ferrugineo, cingulis nigris. 

Frifch germ. 2 ,p. 11,113 fig. 13. 

Ray. inf. 254, n. 9. Vefpa ichneumon major , capite thorace & pedibus ni- 
gris, abdominis anteriore parte rubra, polteriore nigra. 

AE, Upf. 1736,p. 50, n.25. Ichneumon ater , alis nigricantibus, abdomine 
medio fuperiore teftaceo. 


Pr 


L'ichneumon noir, avec les trois anneaux antérieurs du 
ventre rougeñtres , & les aëles noires. 
Longueur s lignes, Largeur : ligne. 

Ses antennes font grofles , noires, courtes , n’égalant 
que la moitié de la longueur du corps & compofées de 
onze articles. Sa tête & fon corcelet font noirs. Le ventre 
eft de la même couleur à l'exception des trois premiers 
articles qui font rougeîtres ; & fouvent bordés d'un peu 
de noir. Les pattes font noires & les ailes noirâtres. Ces 
pattes font afiez longues & le ventre tient au corcelet par 


DES INSECTES. 3$$ 
un filet court. On voit que cette efpéce approche beau- 
coup de la précédente , dont elle différe par fa grandeur 
& la forme de fes antennes. Sa larve fait des trous en 
terre , dans lefquels elle enfouit les corps des chenilles 
qu’elle a tué pour y dépofer fes œufs , après quoi elle res 
bouche ces trous. 


75 ICHNEUMON ziger, abdomine capireque 
flavis , als nigricantibus. 

L'ichreumon noir à ventre & tête jaunes. 

Longueur 2 4 lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font noires & prefqu’aufli longues que fon 
corps. Sa tête eft d’un jaune rougetre avec les yeux noirs. 
Le corcelet & les pattes font aufli noirs. Le ventre eft 
d’un beau jaune clair ; à fon extrémité font les trois filets 
aufli longs que le corps ; & dont les deux latéraux font 
noirs , tandis que celui du milieu,ou l’aiguillon,eft rougei- 
tre. Les ailes font noiratres. Ce petit ichneumon eft une 
des jolies efpéces de ce genre. Je l'ai attrappé en voltigeant. 


76 ICHNEUMON iper, pedibus abdomini/que 
poflica parte férrugineës. 

L'ichneumon noir à pattes & partie fupérieure du ventre 
rougeätres. 

Longueur 2 ? lignes. Largeur ? ligne, 

Ses antennes font de la longueur de la moitié de fon 
corps , elles font noires, ainfi que fa tête & fon corcelet. 
Ses pattes font de couleur rougetre. Le ventre eft de la 
même couleur à l’exception de fes anneaux antérieurs, du 
moins en - deffus. Ces premiers anneaux font noirs & très- 


minces. Les filets de la queue font de la longueur de la 
moitié du. ventre. 


77 ICHNEUMO N #igér, pedibus abdominifque 
antica parte ferrugtneis. 


Yyi 


356 HISTOIRE ABRÉGÉE 

L'ichneumon noir à pattes & partie antérieure du ventre 
rougedtrese 

Longueur + ligne. 

Cette efpéce eft des plus petites & reffemble à un mou- 
cheron. Ses antennes font noires & de la longueur de fon 
corps. Sa tête & fon corcelet font noirs. Son ventre eft 
fauve en-devant , noir poftérieurement. Les pattes font 
de couleur rougeûtre. Les filets de fa queue font prefque 
de la longueur de fon corps, & le ventre tient au corcelet 
par un pédicule très-délié. 


78.ICHNEUMON xiger fronte flava ; pedibus ferru- 


gineis ; abdomine rufo apice nigro. 


L'ichneumon noir à ventre & pattes fauves & levre jaune. 
Longueur s lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font brunes & de [a longueur de fon 
corps. Sa tête eft noire , avec la levre fupérieure d’un jau- 
ne citron. Son corcelet eft tout noir. Le ventre eft fauve, 
à l'exception de fon dernier anneau qui eff noir. Les pattes 
font aufli de couleur fauve. Les ailes tranfparentes ont un 
point marginal noir. Les filets du ventre font fi courts 
qu’on ne les voit qu’en le preffant. 


79. ICHNEUMON riger fronte flava , pedibus ferru- 
gineis ; abdomine rufo ; police nigro , petiolo tenui 
d07190. 


L'ichneumon noir a long filer, à pattes & partie antérieure 
du ventre fauves. 
ÆZongueur 5 lignes. Largeur 3 ligne. 

Ses antennes font noires ; minces & prefque de Ia lon- 
gueur du corps. Sa tête eft noire , avec fa levre fupérieure 
d’un jaune citron. Son corcelet eft tout noir. Son ventre 
tient au corcelet par un pédicule mince comme un fil qui 
fait les deux tiers de fa longueur. Il eft rougeñtre & noir 
vers le bout , avec les filets affez courts. Les pattes font 
fauves, mais l’origine des quatre antérieures eft de couleur 


ME DES INSECTES 357 
citron & celle des poftérieures eft noire. Les aïles plus 
courtes que le corps font un peu brunes & prefque fans 
point marginal. 


80.ICHNEUMON riger, pedibus abdomineque ferru= 
girers. 
Linn faun. fuec. n. 972. Ichneumon niger ; abdomine toto ferrugineo, 


AG. Upf. 1736 ; p.19 , n. 6. Ichneumon aculeo triplici ere&o , collari nigro ; 
abdomine pedibufque teflaceis. 


L'ichneumon noir à pattes & ventre fauves. 
Longueur 1 à ligne. 

Cette petite efpéce a la tête , les antennes & le corce: 
let noirs , fon ventre & fes pattes font de couleur fauve. Le 
pédicule qui tient fon ventre eft fort mince & long ; 
ce ventre eft gros vers le bout , un peu applati fur les 
côtés comme un coutelas , & les filets de Paiguillon font 
très-courts. Sur les aïîles, il y a un point marginal fort gros 
pour leur grandeur. 

L'efpéce que décrit M. Linnæus à lendroit cité , paroït 
la même que la nôtre , fi ce n'eft que la fienne eft plus 
grande : peut-être n’eft-ce qu'une variété. 


81. ICHNEUMON xiger , antennis pedibus abdomi- 
neque ferrugineo - fufcis , fetis ani corpore paulo longio- 
ribus. x 


L'ichneumon noir à antennes , pattes & ventre fauvess 
ÆEongueur 3 lignes. Largeur + ligne. 

Ses antennes dont la longueur égale celle des deux 
tiers du corps,font d’un fauve brun, ainfi que les pattes & 
le ventre. La tête & le corcelet font noirs. Les filets de fa 
queue font un peu plus longs que fon corps, & tous trois de 
la même couleur que le ventre.Les aîles font un peu brunes. 


82.ICHNEUMON riger, pedibus abdomini/que medio: 


Jferrusgë PLELS « 


L'ichreumon noir à pattes & milieu du ventre fauves: 
Longueur 3 lignes, | 


58 | H1STOIRE ABRÉGÉE 

- Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps ; elles font noires , ainfi que la tête & le corceler. 
Les pattes font de couleur fauve , les cuifles poñtérieures 
font cependant noirâtres. Le ventre eft fauve dans fon mi- 
lieu & noir à la pointe & à la bafe. Les ailes ont un point 
marginal noir. 

Cet infeéte varie pour la couleur de fes antennes qui 
font quelquefois rougeätres. Les cuiffes poftérieures font 
aufli noires dans les uns , fauves dans Îles autres. Il vient 
fur l'oignon , le porreau , l'ail & les autres plantes de cette 
claffe. On trouve quelquefois les feuilles de ces plantes. 
couvertes de petites coques ; dont le tifflu compofé de 
mailles reflemble à un refeau. J'en ai ramaflé plufeurs 
qni m'ont donné cet ichneumon & fes variétés. 


83. ICHNEUMON arer, pedibus anticis pallidis ; 
femoribus poflicis abdominifque medio ferrugineis. 


L'ichreumon noir , à pattes antérieures pâles , poflérieures 
fauves & milieu du ventre rougeätre. 
Longueur 2 lignes, Largeur 3 ligne. 


Ses antennes , fa tête & fon corcelet font d’un noir mat= 
te. Son ventre eft de la même couleur , à l'exception d’un 
“peu de rouge brun fur le fecond & fur le troifiéme an- 
neau. Les quatre pattes de devant font d'une couleur jau- 
nâtre pâle. Quant à celles de derriere , elles font noires ; 
mais leurs cuifles font fauves. Les antennes font à peu près 
de la longueur du corps , & les aîles font diaphanes , avec 
un point marginal noir. Cet ichneumon vient dans les 
coques de papillons. 


84. ICHNEUMON iger , pedibus quatuor anticis 
luteis ; abdomine fubtus fulvo. 


L'ichneumon noir à pattes antérieures citronées & ventre 


fauve en-defjous. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne, 


DES INSECTES. 359 
Ses antennes aulli longues que fon corps, font brunes, fa 
tête & fon corcelet font noirs. Le ventre en-deflus eft 
noir, avec un peu de blanc au bord des anneaux , en-def- 
fous il eft fauve , excepté vers le haut qui eft jaune. Les 
quatre pattes antérieures font d’un jaune citron , les pofté.. 
rieures font noires, avec un peu de jaune en-deflous. Les 
ailes ont un point marginal noir. 


85. ICHNEUMON riger ; alis albis , fafcia duplici 

zigra , poflertore majore. Linn. faun. fuec. r. 954. 

Linn. fÿft nat. edit. 10, p 566, n. 55. Ichneumon ater , antennis pedibufque 
ferrugineis, alis albis fafciis éuabus nigris. 

L'ichaeumon à deux bandes Jur les aïles. 

Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne. 

Ses antennes font de la longueur des deux tiers de fon 
corps. Elles font brunes , un peu claires, ainfi que les pat- 
tes & les aiguillons de fa queue. Le refte de l'animal eft 
noir. Les ailes diaphanes ont deux bandes tranfverfes bru- 
nes , une fupérieure p'us étroite , l’autre inférieure & pof- 
térieure plus large. Lnfeéte porte fouvent fes aïles croi- 
fées fur le dos. On le trouve communément dans les mai- 
fons fur Îles fenêtres. 


86. ICHNEUMON Znearis , antennis longitudine 
corporis , tentaculs fetaceis , femoribus clavans. Linn. 
Jaun./fuec. n. 936. 

ZLinn. [yff. nat. edit. 10, p. $64, n. 34. Ichneumon corpore nigro immaculato, 
abdomine cylindrico pedibus rufñis, tentaçulis fetaceis. 


L'ichneumon brun en files. 
Longueur à lignes. Largeur à ligne. 

Ce petit ichneumon eft très-allongé , prefque comme 
un filet. Sa couleur eft brune un peu claire. Ses antennes 
font de la longueur de fon corps. A fa tête auprès des ma- 
choires , font deux appendices ou filets blancs de la lon- 
gueur du corcelet. Le ventre qui nait d’un pédicule fort 
mince , eft gros par le bout & forme la mañle. Les cuifles 


360 HISTOIRE ABRÉGÉE 

font prefque de la même forme. Les filets de l’aiguillon 
font de la longueur du corps. Les ailes que l'infete porte 
croifées , ont une tache confidérable près le bord exté- 
rieur. On trouve fouvent cet infe&te dans les maifons fur 
les fenêtres. 


87. ICHNEUMON Znearis albus , fufeo maculatus , 


abdominis petiolo tenu longo. 


L'ichneumon blanc. 
Longueur 2 lignes. Largeur = ligne. 


_ Ses antennes font blanches , & un peu brunes vers le 
bout. Sa tête eft blanche , avec les yeux réticulés & 
les trois petits yeux liffes noirs. Sur le corcelet , il y a une 
tache brune en-devant , deux autres devant les attaches 
des ailes , & fa partie poftérieure eft de la même couleur, 
le refte eft blanc. Le ventre tient au corcelet par un long 
pédicule mince & blanc , duquel part le refte de cette 
partie qui eft ovale , avec une large bande tranfverfe bru- 
ne. Les pattes & les filets de la queue font blancs. Les ai- 
les font de la même couleur , avec un point marginal 
brun. Cet infeéte eft rare. Je ne l'ai trouvé qu’une feule 
fois volrigeant fur un chêne. S'il étoit plus grand , ce feroit 
une des Jolies efpéces de ce genre. 


88.ICHNEUMON Znearis fufcus , capite abdominif= 
que apice nigris , anteruus corpore longioribus. 

L'ichneumon aiguillerte. 

Longueur 13 ligne. Largeur = ligne. 

Ce petit ichneumon eft mince , délié & longuet. Ses 
antennes font noires , fines & plus longues que fon corps. 
Sa tête eft noire & Île refte du corps eft d’un brun clair, à 
l'exception de l'extrémité du ventre qui eft noire. Ce ven- 
tre eft formé en fufeau , & tient au corcelet par un pédicu- 
le fort mince. Les ailes font de la longueur du corps , & 
l'animal les porte croifées fur lui. 


89e 


DES INSECTES. 361 


89. ICHNEUMON zi- ICHNEUMON aprerus, 
ger » pedibus abdominifque  fulvus ; capite antennarum 
annulo duplici ferrugineis.  apice , abdominifque fafciæ 
Maf. duplici tranfverfa , nigris. 

Fœmina. 


L'ichneumon à anneaux fur le ventre & femelle fans aïles. 
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 

Le mâle eft noir : fes antennes font de la longueur 
de fon corps. Ses pattes font de couleur fauve, & il y a fur 
fon ventre qui eft mince & éfilé deux bandes tranfverfes 
ou anneaux de-même couleur que les pattes. Ses aïles font 
grandes , avecun point noir marginal bien marqué. 

La femelle plus groffe que fon male , & femblable à la 
premiere vûe à une fourmi , a les antennes de couleur 
brune , noires vers le haut & de la longueur de la moitié 
de fon corps. Sa tête eft noire ; fon corcelet & fes pattes 
font fauves. Le ventre eft de même couleur, avec deux 
bandes tranfverfes noires. Le ventre eft aflez gros , mais 
fon premier anneau eft délié. 

Cet ichneumon eft forti de nids d'araignées dont il 
avoit dévoré les œufs. Il paroït que cette efpéce dépofe 
fes œufs principalement dans ces nids. 


90. ICHNEUMON ziger, pedibus rufis ; geniculis 

Jufcis ; fæminé aptera. 

L'ichneumon à pattes variées de fauve,& femelle fans aëles. 
Longueur 1 ligne. 

L'infeëte eft noir , fes pattes font fauves , mais leurs arti- 
culations font brunes , ce qui les rend panachées. Ses an- 
tennes font de la longueur de fon corps & de couleur bru- 
ne. La femelle n’a point d'ailes , & porte à l'extrémité 
de fon ventre les trois aiguillons qui font de la longueur 
de cette partie. J'ai trouvé le male & fa femelle accouplés 


fur une charmille du Jardin Royal. 
Tome IT. Zz 


362 HISTOIRE ABRÉGÉE 


91. ICHNEUMON riger, pedibus antennarumaque 
bafi ferrugineis , femina aptera. 


L'ichneumon noir à pattes &C bafe des antennes fauves, 

& femelle fans ailes. 

Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne. 

Ses antennes font de la longueur de fon corps. Sa tête, 
fon corcelet , fes antennes & fon ventre font noirs. Ce 
dernier eft allongé & tient au corcelet par un pédicule fort 
mince. Les pattes & la bafe des antennes font de couleur 
fauve. Les filets de la queue font très-courts. Je n’ai que la 
femelle qui n’a point d'ailes. Le mâle doit en avoir, mais 
je ne le connois pas. 


92. ICHNEU MON Sedeouaris niger, pedibus abdomi- 
nifque medio ferruginers. 

L'ichneumon du bedeouar. 

Longueur 1 =ligne. , 

Le bedeguar du rofier qui donne naïffance à deux efpé- 
ces de cinips & à un diplolepe , produit encore cet 
ichneumon , & quelquefois en eft tout rempli. Il faudroit 
favoir fi ces infettes ne fe détruifent pas l’un Pautre. Ce 
qu'il y a de certain , c’eft que celui-ci eft un véritable 
ichneumon. Ses antennes font de la longueur de la moitié 
de fon corps. Elles font noires , ainfi que fa tête & fon 
corcelet : fes pattes font fauves. Le ventre allongé, qui 
tient au corcelet par un pédicule mince , eft fauve au mi- 
lieu , noir à la bafe & à la pointe. La femelle porte à 
la queue trois aïiguillons bruns prefque de la longueur 
de fon ventre. Les ailes ont un point marginal noir aflez 
gros. 


VUE SP A. 
LA GULPE 


Antennæ frailæ , articulo Antennes brifées, dont le 
primo dongrore. premier anneau eff très-long. 


DES, INSECTES. 363 


Ale inferiores breviores. AÂîles inférieures plus courtes. 
Os maxillofum , lingua membra- Bouche armée de machoires, 
nacea inflexa. avec une trompe membraneufe 


couchée en-deflous. 


Aculeus ani fimplex fubulatus. Aiguillon fimple & en pointe, 
Abdomen petiolo breviffimo tho- Ventre attaché au corcelet par 


raci connexum. un pédicule court. 
Ocelli tres. © Trois petits yeux lifes. 
Corpus glabrum. Corps rafe. 


Ce genre & le fuivant différent de tous ceux de cette 
feétion par deux caraéteres. Le premier confifte dans la 
forme de leurs antennnes , qui font brifées ou coudées 
dans leur milieu , de façon que la premiere portion de 
cette partie, celle qui eft entre la tête & l'angle que forme 
l'antenne , n’eft compofée que d’un feul article , ou d’une 
feule piéce longue , tandis que le refte de l’antenne a plu- 
fieurs anneaux courts , ordinairement jufqu’au nombre de 
dix. L'autre caraétere dépend de la configuration de l’ai- 
guillon ; qui dans ces infectes n’eft qu’une fimple pointe 
comme une alêne , ou du moins paroït tel à la vüe , car au 
microfcope on voit qu'il eft un peu hériffé. Ces deux 
caracteres fe rencontrent également dans ce genre & dans 
le fuivant qui renferme les abeilles. L’un & l’autre ont auffi 
toutes les autres marques cara@tériftiques que nous avons 
détaillées , & fur-tout cette efpéce de trompe membra- 
1eufe , qui fort de la bouche entre les machoires , qui fe 
replie en-deffous , & qui, en l’examinant de près, paroït 
compofée de plufieurs parties appliquées les unes à côté 
des autres. Nous aurions donc pü réunir enfemble les guê- 
pes & les abeilles , puifque les unes &t les autres fe refflem- 
blent par tant d’endroits. Quelques Naturaliftes l'ont fait 
& ont mis tous ces infeétes dans un feul genre. Mais 
comme ce genre feroit très-chargé , & que d'ailleurs les 
guêpes font ordinairement diftinguées des abeilles, même 
par les perfonnes qui favent le moins l’hiftoire naturelle , 
nous ayons cru devoir féparer ces infe@tes. Les guèpes ont 


Z 2 i] 


364 HISTOIRE ABRÉGÉE 
le corps rafe & life ; les abeilles au contraire l'ont plus ou 
moins velu. Cette diftin@tion nous a fervi pour établir la 
différence de ces deux genres. Ceux qui ne la jugeront pas 
fuMfante , pourront , ils le veulent , les réunir enfemble. 
Le travail des guêpes n’eft pas aufli fini , ni aufli parfait 
que celui des abeilles ; néanmoins il en approche beaucoup 
& mérite l'attention d’un Naturalifte. Avant que de faire 
leur ponte , ces infectes doivent préparer un logement 
pour recevoir leurs œufs. Pour cet effet , les guëpes conf- 
truifent une efpéce de gâteau compofé de plulieurs cellu- 
les hexagones les unes à côté des autres , qui forment une 
étendue plus ou moins grande. Ce gâteau femblable à 
un rayon des ruches de mouches à miel, n’eft pas compo- 
fé de cire. Il reffemble à un papier brouillard brun & très- 
fort. La guêpe le forme avec des brins de bois , des fibres 
de bois pourri extrêmement fines , qu’elle imbibe d’une 
liqueur gommeufe qu'elle fait fortir de fa bouche , & qui 
donne à ce mêlange beaucoup de confiftance. Pour lors , 
elle l’étend avec fes machoires & fes pattes , & elle en 
conftruit les paroïs minces des cellules de fon gâteau. On 
voit fouvent des guêpes le long des vieux chaflis & des 
bois pourris des bâtimens , qui enlevent de petites portions 
de bois pour conftruire leur ouvrage. Ces gâteaux font 
plus ou moins grands fuivant les différentes efpéces de 
guêpes. La guépe-frelon en confiruit de très-grands dans 
Vintérieur des vieux bois , fouvent dans les greniers des 
maifons ; ceux-là n’ont qu’une vingtaine de cellules , mais 
toutes fort grandes proportionément à la grandeur de cet 
infete. D’autres guêpes plus petites font des gâteaux, où il 
y a un bien plus grand nombre de cellules. On trouve aufli 
fort fouvent dans les champs de pareils gâteaux, mais plus 
petits, compofés feulement d’une douzaine de cellules, & 
attachés à quelque tige d’arbriffeau par une efpéce de pé- 
dicule. Ce font les nids de la guêpe commune. Nous 
décrirons encore dans un moment des nids de guêpes 
d’une confiruction différente. 


D ES MTNISE C TES; 36$ 

Les guèpes ne conftruifent pas leur gâteau tout-à-la- 
fois , elles commencent par former une certaine étendue 
de la bafe, fur laquelle elles élevent les cellules du mi- 
lieu ; enfuite peu à peu elles pratiquent à l’entour de nou 
velles cellules, qui augmentent la circonférence du gâ- 
teau. On trouve quelquefois des gâteaux dans cet état. 
Les cellules du milieu font finies , fouvent déja occupées 
par une larve ou une nymphe de guêpe , tandis que cel- 
les de la circonférence font vuides & feulement à moitié 
conftruites. 

Lorfque les cellules, ou quelques-unes d'entr'elles font 
finies , les guêpes y dépofent leurs œufs, Ces œufs font 
allongés & ils font collés par un de leurs bouts à un des 

arois de la cellule. Il n’y en a jamais qu’un dans chaque 
cellule. Quelques jours après qu'il a été dépofé , la larve 
en fort. Elle eft alors fort petite, & elle refflemble à un 
ver blanchâtre, fans pattes, & dont le corps eft compo- 
fé d’une douzaine d’anneaux. La guêpe a foin de nourrir 
ces petites larves. Elle leur apporte une efpéce de miel 
brun , doux au goût, mais moins pur & moins agréable 
que le miel des abeilles. À mefure que la larve croit, elle 
change plufieurs fois de peau, & lorfqu’elle eft parvenue 
à toute fa groffeur , elle fe change en nymphe. Mais avant 
ce dernier changement elle eft quelque tems fans prendre 
de nourriture , & pour lors les guêpes meres ferment la 
céllule où eft la larve , avec une efpéce de calotte qu’elles 
conftruifent de la même matiere que le refte du gâteau, 
C’eft dans cette cellule ainfi fermée, que la larve fe chan- 
ge en chryfalide. Ainfi toutes les fois qu’on trouve un gâ- 
teau de guêpe dont plufieurs cellules font fermées, on et 
für , en les ouvrant , de trouver des chryfalides plus ou 
moins avancées , ou des larves prêtes à le devenir. Ces 
chryfalides des guêpes , ainfi que celles des abeilles, font 
peut-être celles de tous les infe@tes, dans lefquelles on re- 
connoît le mieux toutes les parties de l’infecte parfait qui 
en doit fortig, Les antennes, les pattes, les moignons des 


366 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ailes , tout en un mot fe diftingue ,; & on peut avec Ja 
ointe d’une épingle féparer toutes ces parties qui font 
molafles & repliées contre le corps de la nymphe. Plus 
la nymphe eft avancée , plus ces parties prennent de con- 
fifance , & enfin un ou deux jours avant que la nymphe 
fe change en infecte parfait , on n’apperçoit guéres de dif- 
férence entr'elle & la guêpe. Pour lors la nymphe quitte 
lPenvelopoe fine & légere qui la couvre, & avec fes ma- 
choires fortes elle rompt cette efpéce de dôme qui cou- 
vre fa cellule , & en fort fous la forme d'’infeéte aîlé & 
parfait. Au bout de quelques inftans,lorfque toutes fes par- 
ties font refluyées , féchées & bien affermies, la nouvelle 
guêpe prend fon effort, fe met à l'ouvrage , & travaille 
avec celles qui lui ont donné le jour, à la conftruétion de 
nouvelles ceilules , ou à nourrir les petites larves. 

Telles font les manœuvres des guêpes qui vivent en 
fociété au nombre de douze, de vingt, & fouvent davan- 
tage. Car en général les fociétés des guëêpes ne font pas à 
beaucoup près aufli nombreufes que celles des abeilles. 
Mais outre ces guêpes, ii y en a d’autres dont les manœu- 
vres font fort différentes. 

Les unes vivent feules , on pourroïit les appeller guêpes 
folitaires. Ces guêpes,du nombre defquelles eft celle dont 
le premier anneau du ventre eft figuré en poire & le fe- 
cond en cloche, fe conftruifent des nids fort finguliers. 
Ce font des efpéces de boules compofées d’une terre fine, 
que la guêpe pétrit avec de l’eau & probablement avec 
quelque liqueur un peu gluante qui lui donne plus de 
confiftance. Ces boules creufes en-dedans font ouvertes 
par en-haut. Lorfqu’elles font achevées, la guêpe y dé- 

ofe un œuf, elle nourrit la larve qui en éclot, & enfui- 
te elle ferme pareillement avec fon mortier de terre l’ou- 
verture du nid dans lequel la larve fe change en chryfali- 
de , & dont elle fort fous la forme d'infeëte parfait, en 
perçant les côtés de cette efpéce de prifon. Chaque nid 
ne contient qu'un infeûte : lorfqu'il eft fermé, & que le 


DES DONS EUTES 367 
petit infeêe n'a plus befoin de fa mere, elle va ailleurs 
conftruire un autre nid, où elle dépofe pareillement un 
œuf, Le travail de chaque nid doit être long , & linfelte 
ne doit pas pondre un nombre d'œufs bien confidérable. 
Auf ces guêpes font-elles bien moins communes. 

Enfin il y a d’autres guêpes que l’on pourroit appeller 
guêpes maçonnes & qui travaillent dans les murs. Ce font 
de petites efpéces de guêpes dorées & parées des couleurs 
les plus brillantes. On voit ces petites guêpes roder au- 
tour des murs à la campagne , entrer dans les petits trous 
qui y font & en fortir fouvent. C’eft dans ces trous que 
ces guêpes font leurs nids, qu’elles enduifent de mortier 
de terre qu’elles délayent , & où elles forment, pour dé 
pofer leurs œufs, des’efpéces de cellules irrégulieres. Ces 
œufs y éclofent, & leurs larves s’y changent en chryfali- 
des & en infectes parfaits de la même maniere que celles 
des autres guêpes. It 

Le nombre des efpéces de guêpes ne laifle pas que 
d'être confidérable. On pourroit les divifer en guêpes 
communes & guêpes dorées , comme nous le ferons en 
traitant les efpéces. Les unes & les autres donnent fou- 
vent des variétés , ainfi que nous l’obferverons, & peut- 
être diminueroit-on le nombre des efpéces, fi on fuivoit 
ces. infeêtes de près. Les mâles & les femelles peuvent 
avoir des différences qui les faffent prendre pour des efpé- 
ces tout-à-fait diftinétes. C’eft ce qu’on ne peut certifier 
que d’après une obfervation bien fuivie. Ce que nous 
difons , pourroït avoir lieu principalement dañs les petites 
guêpes dorées , dont je foupconne qu’une grande partie 
n'eft que variété , ou ne différe que par le fexe. Ceux 
qui auront le tems ou l’occafion de fuivre ces particularités 
plus en détail , pourront par la fuite nous donner des 
obfervations plus füres , & rettifier ce que nous donnons 
fur cet article. : 

Îlne nous refte , avant que de détailler les efpéces , qu’à 
dire un mot fur ce que quelques-unes d’entr’elles nous 


363 HISTOIRE ABRÉGÉE 

offrent de particulier. La ouépe-frelon , la premiere des 
efpéces que nous donnons,eft remarquable par fa grofleur. 
Cet infeéte a un pouce de long & fa piqüre eft des plus 
vives & des plus mauvaifes. De plus , il mord avec force, 
& l’on ne peut employer affez de précautions pour s'en 
faifir. La guêpe commune & celle à anneaux bordés de 
noir ,; nous offrent un grand nombre de variétés. J’en dé- 
cris quatre de chacune de ces efpéces. Les trois efpéces 
de guèpes à premier anneau du ventre en poire font re- 
marquables par la forme de cet anneau.Les deux premieres 
pourroient bien n'être que variétés l’une de l’autre. La 
troifiéme a une autre fingularité ; c’eft que le fecond an- 
neau de fon ventre eft très-grand, & forme comme une 
cloche fous laquelle les autres font retirés , c’eft une 
des guêpes folitaires qui forment un nid de terre figuré 
en boule.La guépe déginguendee,& celle qui la précéde,ont 
toutes les deux les cuiffes poftérieures monftrueufes , ce 
qui leur donne un port extraordinaire ; la premiere a de 
plus un pédicule long & mince , par lequel fon ventre 
tient au corcelet , ce qui eft particulier à cette efpéce. 

Les guêpes dorées mériteroient d’être confidérées pref- 
que toutes l’une après l’autre pour la beauté , la richelfe & 
la vivacité de leurs couleurs. La feconde de ces efpéces a 
de plus une fingularité digne d’attention ; ce font des 
pointes qui terminent le bord inférieur des derniers an- 
neaux de fon ventre , & qui vûes à la loupe paroiffent très- 
joliment arrangées & travaillées. Nous allons examiner 
plus en détail toutes ces fingularités dans les defcriptions 
que nous donnerons des différentes efpéces de guêpes. 


1, VESP A #orace nigro, antice rufo immaculato ; abdo- 
minis incifuris punrilo nigro duplici conti ouo. NX 


Linn. faun. fuec. n. 988. Apis thorace nigro , antice rufo &c. idem. 
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. $72, n, 1. Vefpa crabro, 

Mouffet. inf. lat. so. Crabro. 

Merr. pin. 196. Crabro. 

Ra. inf. 250, Crabro vulgaris, 


Frifch. 


DES INSECTES 369 
Frifch. germ. D, p.21, tab. xx , f, 1, Crabro. 
Swammerd. bibl, tab..16 , f. 9. 
Reaum. inf. tom. 6, tab. 18,f.1, 
La guêpe frelon. 
Longueur 1 pouce. Largeur 4 lignes. 

Ses antennes & fa tête font d’une couleur fauve un peu 
brune. Sa levre fupérieure eft jaune & fes yeux font noirä- 
tres. Le corcelet eft noir au milieu , & brun fur le devant, 
fur les côtés & par derriere. Les pattes fonc de la même 
couleur brune tirant fur le maron. Le premier anneau du 
ventre eft noir , mêlé de brun, & bordé d’un peu de jaune 
citron; les autres font noirs à leur partie fupérieure , dont 
une portion eft recouverte par l'anneau de deflus , & jau- 
nes à leur partie inférieure. Sur cette couleur jaune , fe 
trouvent deux taChes noires fur chaque anneau , une de 
chaque côté qui tient à la couleur noire d’en-haut. 

» , A . . 

Cette groffe efpéce de guêpe fait fon nid dans les 
troncs d’arbres creux & dans les charpentes des greniers. 
Ses gâteaux ou rayons font faits d'une matiere femblable à 
un gros papier ou parchemin roux. Elle eft très - vorace & 
dévore les autres infeétes , même les abeilles, 


2. VESP À shorace lincolis trium parium differentium 
Jlavefcentium *. 


* Punélis incifurarum nullis. Maf, * Punélis nigris incifurarum libe- 
ris. Fœmina. 


Reaum. inf. tom, 6;tab.x4 ,f.3, 4 Reaum. inf. tom. 6 , tab. 14, f.53 6, 7: 


Linn. faun. fuec. n. 989. Apis thorace lincolis trium parium differentium flave(- 
centium , punétis nigris incifurarum liberis. Es 

Linn. fÿfl. nat. edir. 10 , p. 572 , n. 2. Vefpa vulgaris, 

Mouffet. lat. 52. Vefpa. 

Merret. pin. 196. Vefpa flava major. 

Ray. inf. 250. Vefpa vulgaris. 

Frifch. germ. 9,p.23,t.12, fe 

Swammerd. bibl. t.16 , f. 8. À 

Rofel. inf. vol. 2., tab. 7. Bombyl. & vefp: A 


La guëpe commune. 
Longueur 8 lignes. Largeur 2 Zligness 


Tome IL, à Aaa 


370 Hi1STOIRE ABRÉGÉE 

Ses antennes font noires ; beaucoup plus longues dans 
le mâle que dans la femeile. Dans les mâles , la tête eft 
jaune ; dans la femelle, il n’y a que la levre fupérieure qui 
foit jaune , le refte eft d'un brun fauve. Le corcelet dans 
tous les deux eft noir , avec fix taches jaunes , trois de 
chaque côté ; favoir , une raie oblique devant l’attache 
des ailes , une tache affez grande à la partie poftérieure du 
corcelet , & une poftérieure à celle-là & plus allongée 
tranfverfalement. De plus ; à la naïffance des ailes , il y a 
encore un peu de jaune. Les pattes font jaunes ; avec 
quelque peu de noir aux cuifles. Quant au ventre , il 
différe beaucoup dans les deux fexes. Le ventre du mâle 
ef compofé de fept anneaux , qui font noïrs dans leur par- 
tie fupérieure qui eft cachée , & jaunes à leur partie infé- 
rieure. Sur cette partie Jaune , on ne voit aucuns points 
noirs en-deflus , fi ce n’eft au premier anneau qui en a de 
très-petits ; mais dans le milieu du deffus de Panneau, il y 
a feulement une avance triangulaire que forme la couleur 
noire. En-deffous, il y a trois rangs longitudinaux de points 
noirs qui tiennent à la bande de même couleur. 

La femelle n’a que fix anneaux au ventre ; dont les cou- 
leurs font femblables à celles de celui du mâle ; excepté 
que chaque anneau a en-deffüs deux gros points noirs laté- 
raux , un de chaque côté , ifolé & qui ne tient point à la 
bande noire , fi ce n’eft fur le premier anneau. La femelle 
eft auffi plus groffe & plus large que le mâle. 

On voit fouvent cette guépe Pété danses maifons : elle 
eft-carnafiere & mange fur-tout les mouches. 

&F Nous avons quelques guêpes que l’on trouve dans 
les maifons & les jardins , & qui ne me paroifflent que des 
variétés de la guèpe commune à laquelle elles reffemblent 
beaucoup. Je vais les indiquer en peu de mots. 

A. J’efpa thorace lineols trium parium differentium 

Slavefcentium , punélis nigris incifurarum connexis. 


Elle ne différe que parce que les points latéraux de 


DES INSECTES, 371 
fon ventre ne font point ifolés , mais tiennent à la bande 
noire. 


B. J’efpa thorace lineolis quatuor partum differentium 
flavefcentium , punélis nioris incifurarum connexis. 


Outre que les points noirs du ventre ne font pas ifolés , 
celle-ci a de plus à la partie poftérieure de fon corcelet 
trois paires de taches jaunes , au lieu de deux qui fe trou- 
vent dans la guêpe commune, La précédente & celle-ci 
font des individus mâles." 


C. V’efpa thorace lineolis quinque parium differentium 
flavefcentium ; punélis nigris incifurarum connexis. 


Elle différe de la précédente , en ce que auprès des 
lignes obliques, jaunes qui font devant l'attache des ailes, 
il y en a de chaque côté une autre en fens contraire. De 
plus , la partie antérieure du corcelet eft bordée de jaune, 
& les antennes font brunes. Celles-ci font des femelles. 


D..We/pa thorace lineolis duorum parium differentium 
Jflavefcentium ; punilis nigris inciftrarum connexts. 


Elle n’a que deux taches à la partie poftérieure du corce- 
let , & les deux lignes obliques devant les ailes , ce qui fait 
quatre en tout ou deux paires. 


3. VESP A rigra, abdomine flavo ; fegmentis margine 


ZILQTLS + 


La guêpe à anneaux bordés de noir. 
Longueur s 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses antennes qui font aufli Îongues que fon corcelet, 
font de couleur fauve ; quélquefois cependant elles va- 
tient pour la couleur & font noirâtres. Les pattes font 
aufli noires mêlées d’un peu de jaune. La levre fupérieure 
eft jaune & le refte de la tête eft noir. Le corcelet eft 
pareillement noir , mais fur fa partie antérieure ; il y a une 
bande jaune tranfverfe , divifée quelquefois en deux dans 

Aaai 


272 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fon milieu. De plus ; on voit un'point Jaune élevé de cha- 
que côté à l’attache des ailes , & un autre un peu devant 
cette attache : enfin il y.a deux autres points à côté l’un de 
l’autre à la partie poftérieure du corcelet , & en outre deux 
taches latérales oblongues , une de chaque côté un peu 
en-deflous. Les anneaux du ventre font jaunes ; avec un 
peu de noir en-haut & une bordure noire en-bas , enforte 
qu'il ny a qu'uné bande jaune dans le milieu ; qui dans 
les anneaux fupérieurs eft quelquefois partagée en deux ; 
mais comme Île noir du haut de l’anneau eft caché par 
Panneau fupérieur , tous les anneaux paroïffent jaunes & 
bordés de noir. Les ailes font brunes fur-tout vers leut 
bord du bout. 


&F Cette efpéce donne les variétés fuivantes. 


À. Vefpa nigra ; thorace punilis .oëlo luteis , fingulrs 
fegmentis abdominalibus fafciis tranfverfis lureis , 
primis tnterruptis. 

B. J’efpa nigra , thorace punélis decem luteis , fingulis 
Jégmentis abdominalibus fafciis tranfverfis luteis. 


C’eft celle que nous venons de décrire ci-deffus. 


C. Vefpa nigra ; thoracis baft lineolis duabus flavis; 
apice linea flava , fingulo fegmento abdominali fafcia 
tranfverfa lutea , fecunda & tertia interrupta. 


Linn. faun. fuec. n. 592. Apis nigra , thorace bafi apice que flavefcente , abdo- 
mine fafciis quatuor flavis , tertia interrupta. 
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 573, n. 10, Vefpa arvenfs. 

Celle- ci a les pattes jaunes, mais fes cuiffes font noires. 
Ses antennes font toutes nojres , à l'exception d’un petit 
point jaune au bout du premier anneau , le plus long 
de tous. 


4 
D. V’efpa nigra , thoracis bBafi lineolis duabus flavis ; 
apice linea flava , fingulo féomento abdominali fafcia 
éranfverfa lutea , quatuor primis interruptis, 


DES INSECTES. 373 

Elle différe de la précédente , parce que toute la pre- 

miere piéce de fes antennes eft jaune. Elle a aufli une 

tache jaune fur les côtés du corcelet , outre les deux lignes 

“de la bafe & celle de la pointe. Enfin les quatre premieres 

bändes jaunes du ventre font interrompues dans leur mi- 
lieu. 


E. f’efpa nigra , thoracis baft lineolis duabus flavis ; 
apice linea flava , fingulo fegmento abdominaë , ex- 
cepto 1°, & 3°. fafcia tranfverfa lutea. 

Elle reffemble en tout à la précédente , excepté qu’il 
n'y a point de bande jaune fur le premier & le troifiéme 
anneau de fon ventre qui font tout noirs, ce qui fait que 
la premiere bande jaune ef fort éloignée des autres. 


4 VESPA zigra , fégmentis abdominalibus margine 

Jflavis. : 

La guëpe à anneaux Bordes de jaune. 
Longueur s lignes. Largeur1= gere. 

Ses antennes font noires & ne vont pas jufqu’à la moitié 
de fon corcelet. Sa tête eft noire , avec la levre fupérieure 
Jaune ; & une raie de même couleur fous les yeux. Son 
corcelet eft noir , avec une raie jaune tranfverfe à fa bafe, 
& une femblable à fa pointe. Les pattes font Jaunes. T'ous 
les anneaux du ventre font noirs en-haut & bordés de jau- 
ne en-bas. Le noir du haut empiette fur le jaune au milieu 
du deflus de l’anneau & forme en cet endroit une avance 
triangulaire. 

Il eft aifé de diftinguer cette efpéce de la précédente à 
laquelle elle refflemble ; 1°. par les taches du corceler 
qui font fort différentes ; 2°. par les anneaux du ventre 
dont le bord eft noir dans la précédente & jaune dans 
celle-ci, quoique dans l’une & dans l’autre le ventre foit 
rayé de bandes jaunes & noires alternativement. On 
trouve fouvent ces deux efpéces fur les fleurs dans les 
jardins, 


NT 


374 HiSToOIRE ABRÉGÉE 


s.VES P A zigre , 1horace maculis quindecim flavis , 

Jégmentis abdominalibus margine luteis, fecundo macula 
utrimque flava. 

La guëpe à anreaux Bordes de jaune & deux taches jauñes. 


ts 


Longueur 5 à lignes. Largeur 1 + ligne. 


Ses antennes de la longueur du tiers de fon corps , font 
noires en- deflus , brunes en - deffous , à Pexception de la 
premiere piéce qui eft jaune en-deffous. La levre fupé- 
rieure eft Jaune , avec un point noir, quelquefois divifé 
en deux dans fon milieu. Les machoires ont aufli un 
peu de jaune. Sur la tête derriere les antennes , il y a une 
taie jaune tranfverfe ; le refte de la tête eft noir. Le corce- 
let a en-devant une bande jaune à fa bafe , enfuite de 
chaque côté , une ligne oblique devant l’attache de Paile, 
pus ün point à cette même attache , & une autre tache à 
côté & plus en-devant ; vers fa pointe , eft une premiere 
paire de taches triangulaires , en defcendant une feconde 
de taches tranfverfes , puis uneæroifiéme de lignes longi- 
tudinales , enfin plus bas , deux taches irrégulieres près la 
naiffance des cuilles poftérieures. Toutes ces différentes 
taches & raies forment le nombre de quinze. Les anneaux 
du ventre font noirs bordés de jaune. Le fecond qui eft 
plus large , a outre cela dans fon milieu deux taches jau- 

es , une de chaque côté. Les pattes font un peu fauves , 
avec les cuifles noires. Cette guêpe vient dans ces petits 
gâteaux ou guépiers gris que l’on trouve dans la cam- 


pee. , attachés fouvent par un pédicule aux tiges des at- 
uftes. 


6. VESPA #orace nigro maculis flavis , abdomine 
Jlavo , fafciis quatuor 129715 , anternis longrs. 


La guëpe à longues antennes , & quatre bandes noëres fur le 
ventre. 
Longueur s lignes. Largeur 1 ligne. 


Ses antennes font au moins de la longueur des deux 


DES INSECTES. 375 
tiers de fon corps. Elles font tantôt fauves ; tantôt noires, 
& reflemblent pour leur longueur & leur forme à celles 
des ichneumons. Sa tête ef noiratre ; jaune en-deflus. 
Son corcelet eft noir, avec deux taches jaunes en croiffant, 
l'une à côté de tte vers fa bafe , une autre petite à 
raehe des ailes , & une impaire à la pointe du corcelet. 
De plus de chaque côté du corceletun peu en-deflous , il 
y en a quatre autres. Le ventre ef jaune , mais le premier , 
le fecond, le troifiéme & le quatriéme anneau ont à leur 
bafe ‘une bande noire ; ce qui fait quatre bandes de cette 
couleur fur le ventre. Les paties font mêlées de fauve & 
de jaune. 


7: VESP À nigra, abdomine faftiis tribus flavis , tertia 
remotiffima , prèmo articulo infrdibuliforme. 
Linn. faur. fuec. n. 996. Apis glabra nigra, abdomine fafciis tribus flavis, tertia 
&c. idem. 
La guépe à premier anneau du ventre en poire & trois Ban- 
des Jaures. 
Longueur s lignes. Largeur 1 ligne. 

Cet infedte varie pour la grandeur & Les couleurs. Ses 
antennes font noires , jaunes à leur bafe & un peu plus 
longues que la tête. Celle-ci ef noire , avec fa levre fupé- 
rieure jaune. Le corcelet eft aufhi noir ; avec deux points 
jaunes à fa bafe , deux autres à l'origine des ailes , & 
une petite ligne tranfverfe de même couleur à fa partie 
poftérieure. Les pattes font jaunes , mais les cuifles font 
noires en partie. Le premier anneau du ventre eft fait 
en poire & eft tout noir. Le fecond a fur fa partie pofté- 
rieure une tache jaune prefque divifée en deux. Le troifié- 
me dans les mâles eft tout jaune , dans les femelles ilaun 
peu de noir au milieu de fa partie fupérieure. Le quatrié- 
me eft tout noir. Le cinquiéme eft bordé de jaune. Le 
fixiéme & dernier dans les femelles eft tout noir , dans les 
mâles il eft bordé de jaune, & dans ces derniers il yenaun 
feptiéme tout noir, Les mâles font d’un tiers plus petits 


346 HISTOIRE ABRÉGÉE 

que les femelles. Dans tous les ailes font brunes. Cette 
guêpe n'eft pas commune. Son corps , vû à la loupe ; 
paroit ponétué & chagriné. 


N.-B. Cette efpéce varie pour la couleur du corcelet , 


qui dans quelques-unes eft abfolument noir fans taches 
jaunes. 


8. VESPA riora Sabdomine fafciis quinque flavis s 


premo articulo cnfundibuliforme. 


La guépe a premier anneau du ventre en poire & cinq ban 
des Jaures. 
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne. 


Ses antennes font noires , fi ce n’eft à leur bafe qui 
eft jaune. La levre fupérieure eft jaune & le refte de la 
tête noir. Le corcelet eft de la même couleur , avec une 
petite raie jaune tranfverfe à fa bafe , qui fouvent ef divi- 
fée en deux par fon milieu , & une autre femblable à la 
pointe. Outre cela , les mâles ont un peu de jaune à l’atta- 
che des ailes, ce qui n’eft point dans les femelles. Le 
premier anneau du ventre eft fait en poire & tout noir. Les 
cinq fuivans font noirs & bordés de jaune, ce qui fait cinq 
bandes tranfverfes fur le ventre. Le dernier anneau de la 
pointe eft tout noir. Dans les mâles , les trois premiéres 
bandes jaunes font quelquefois interrompues dans leur 
milieu. Les pattes dans les deux fexes font jaunes , avec 
un peu de noir aux cuifles. 


9. VESP A zigra , abdomine fafciis quinque flavis » 


prima remoriffrma. . 


Linn. faun. fuec. n. 990. Apis nigra, abdomine fafciis quinque &c. idem, 
Linn. fyft. nat. edit. 10 , p.572, n. 4. Velpa parietum. 
Frifch.germ.9,t.12,f.1. 


« 


La gnëpe à cing bandes jaunes fur de ventre , la premiere 
eloignee des autres. . 
Longueur 4 lignes. Largeur x ligne. 


Ses antennes font noires , mais leur premier anneau qui 
eft 


\ 


DES ÎNSECTES. 377 
eft le plus long,eft jaune en-deffous. Dans les unes ; toute 
la levre fupérieure eft jauhe ; dans d’autres il ny a que 
deux taches en croiflant , une dé chaque côté qui fe regar- 
dent , & deux petites taches à la bafe des machoires. Ces 
dernieres font les femelles. Toutes ont fur la tête entre les 
deux antennes un petit point Jaune , le refte de la tête 
eft noir. Le corcelet l’eft aufli , avec deux taches jaunes 
à fa bafe , qui fouvent fe touchent, de plus deux points 
jaunes à l’origine de chaque aile , & deux autres au bout du 
corcelet , fuivis d’une petite raie tranfverfe de même cou- 
leur. Tous les anneaux du ventre font bordés de jaune, 
excepté le dernier ; mais Le fecond anneau étant plus grand 
que les autres , la premiere bande fe trouve fort diftante 
des fuivantes. Cette premiere eft plus large , fur-tout fur 
les côtés. Le fecond anneau eff fi grand,que l'infecte retire 
fouvent tous les autres & Les cache fous celui-là. 


N.B. I] y a une variété de cette guèpe , dans laquelle le 
corcelet eft tout noir , à l’exception des deux points jaunes 
de fa bafe qui fe touchent, & où de plus la premiere bande 
jaune du ventre , celle qui eft féparée des autres par un 
grand intervalle , n’eft pas plus large qu’elles , & n’efi point 
à moitié divifée en deux dans fon milieu. 


10. VESPA z10ra , abdominis articulo primo infundibu- 
Ziformi , fecundo campanulato maximo. Planch. 16 , 
fig. 2 


Linn. faun. fuec, n, 1002. Apis nigra abdominis primo articulo infundibulifor- 
mi &c. idem. 2 ‘ 


Linn. fÿff. nat. edit. 10, p. 573 , n..9. Vefpa coarétata. 
Frifch.germ.9 , p.175 t.9. 
La guépe à premier anneau du ventre en poire & le fecond 


en cloche. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne, 


Ses antennes font noires , avec un peu de jaune fur leut 
premier anneau. da tête eft pareillement noire , avec un 
petit point Jaune entre l'origine des antennes , & une ta- 


Tome II Bbb 


378 HISTOIRE ABRÉGÉE 

che de même couleur à la bafe de la levre fupérieure, 
Le corcelet qui eft noir a une tache jaune à fa bafe , une 
autre à fa pointe ; aux côtés de laquelle font fouvent deux 
petits points jaunes de chaque côté, un point jaune à Pori- 
sine des ailes , & une tache à côté en - deffous. Tous les 
anneaux du ventre font bordés de jaune. Le premier, plus 
long que les autres , eft fait en poire allongée, & a de cha- 
que côté un petit point Jaune; le fecord , le plus grand 
dé tous , eft fait en cloche , & a de chaque côté une bande 
jaune oblique qui defcend vers l’extérieur. Cet anneau 
eft fi grand , que l’infeéte peut cacher & retirer tous les 
autres fous celui-là. Les pattes font jaunes , avec un peu 
de noir aux cuifles , & les ailes font noirûtres. 

Cet infecte conftruit fur les tiges des plantes & fur-tout 
des bruyeres, des petits nids fphériques qu'il fait avec une 
terre fine, Lorfque le nid eft fait , il y laifle une ouverture 
en-haut , par laquelle il le remplit de miel & y dépofe un 
œuf. Pour lors il ferme cette ouverture. La petite larve 
étant fortie de l’œuf, fe nourrit du miel, après quoi elle fe 
métamorphofe & fort enfin fous la forme de guêpe par une 
ouverture qu'elle fait au côté de cette boule. Chaque nid 
ne contient qu'un feul infeéte. 


11. VESP A zigra , abdomine punélorum flayorum ordine 
guadruplici longitudinal. 


La guépe noire à raies de points jaunes fur le ventre. 
Longueur 3 4 lignes. Largeur 1 ligne, 

Cette efpéce eft une des plus rares & des plus jolies. Sa 
tête & fes antennes font noires ; il y a feulement une très- 
petite raie jaune prefqu'imperceptible de chaque côté fur 
le deffus de la tête proche les yeux , & une autre de cou- 
leur fauve poftérieurement derriere chaque œil. Le corce- 
let eft noir & chagriné,avec deux petites taches jaunes à fa 
bafe , une de chaque côté. Chaque anneau du ventre a qua- 
tre points jaunes, ce qui fait quatre bandes longitudinales 
de points jaunes fur le ventre. Les pattes font de couleur 


DES INSECTES, 379 
fauve , & il y a un point de même couleur à l’attache des 
ailes. Ces ailes font un peu brunes. 


12, VESPA zigra , abdominis fegmento primo margine 
Jlavo, fecundo & tertio punélo duplici lureo. 


La guépe noire à premier anneau du ventre borde de jaune ; 
avec deux points fur le fecond & le troifième. 
Longueur 4 lignes. Largeur ? ligne. ; 

Sa tête ; fon corcelet & fes antennes font tout noirs. Le 
ventre l’eft auf , à l'exception d’une bande jaune qui bor- 
de fon premier anneau , & de quatre points de même cou- 
leur, deux fur le fecond , & deux fur le troifiéme anneau, 
un de chaque côté. Les points du troifiéme anneau font 
les plus gros. Les pattes font variées de jaune & de noir. 
La forme de cette efpéce ef allongée. 


13. VE SP A rigra ; abdominis fegmentis primo & 


ecurido utrimaue puntlo albo , pedibus ferrugineis. 
que P xÿ 


La guépe noire à quatre points blancs fur le ventre. 
Longueur 2 = lignes. Largeur + ligne. 

Cette guêpe eft noire , avec quelques poils blancs fur le 
haut de fa tête. Sur le premier & le fecond anneau de fon 
ventre , il y a de chaque côté une tache blanche , ce 
qui fait quatre taches en tout. Ses antennes font un peu 
fauves vers le bout. Il en eft de même des pattes, dont les, 
cuiffes & les jambes font en partie noires & le refte fauve, 
avec les articulations blanchâtres. 


14. VES P A ora, fronte, thoracifque bafi flavis. 


A . A JA Q . 
La guépe noire , à levre fupérieure & bafe du corcelet jau- 
nes. 
Longueur 3 lignes. Largeur % ligne. 


Cette guêpe eft toute noire , à l'exception de fa levre fu- 
périeure , qui dans les unes eft toute jaune , & dans d’autres 


ait feulement jaune des deux côtés & noire au milieu, Son 
Bbbi 


330 HISTOIRE ABRÉGÉE 

corcelet a aufli une raie jaune tranfverfe fort fine à fa 
bafe , & un petit point Jaune à l’origine des aîles. Enfin 
dans quelques-unes , il y a un peu de jaune à la bafe des 
jambes & des tarfes poftérieurs , ce qui n’eft pas conftant. 
Ces différences , comme aufi la grandeur qui varie beau- 
coup ;, pourroient bien venir de la diverfité du fexe. On 
trouve pendant lété cette guêpe en grande quantité fur les 
fleurs avec la fuivante. 


N.B. VESPA ziora , fronte flava. 


Cette vatiété plus petite d’un tiers , a le corcelet tout 
noir , fans aucun mêlange de jaune. Son ventre eft très- 


liffe. 
15. VESPA zipra, femoribus pofticis globofis ferratis ; 


tibiis arcuatis , alarum bafi, genubufque flavis. 
La guépe noire à cuiffes pofterteures fort groffes. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne. 

Elle eft toute noire : fon ventre eft beaucoup plus lui- 
fant que le refle de fon corps. Il y a un petit point jaune 
à l’attache de fes ailes, & une petite tache femblable aux 
articulations des pattes. Mais ce qui fait le caraétere de 
cette efpéce, ce font fes cuiffes poftérieures qui font très- 
grofles , formées en globe un peu allongé , & garnies de 
dents d’un côté. La jambe faite en arc pour fe confor- 
mer à la figure de la cuifle, eft reçue dans une rainüre de 
cette même cuifle du côté dentelé, 


16. VESP A fémoribus poflicis craffis , globofis , ferratis , 
denticulo donatis ; abdominis globoft petiolo tenu longo. 
La guépe dévinguendee. 
Longueur 3 3 lignes. 
Cette efpéce a la forme la plus finguliére ; quoiqu’elle 
approche un peu de la précédente. Ses antennes font noi- 
res & brifées , comme celles des infeétes de ce genre, Sa 


DE SEL NSIEICITIES: 381 
tête eft noire avec deux taches rondes en-deflus entre les 
yeux. Son corcelet eft pareillement noir avec deux petites 
taches jaunes , une de chaque côté à l’attache des ailes. 
Les quatre pattes antérieures font de même noires , mais 
l'articulation de la cuiffe & de la jambe font jaunes du 
moins dans les femelles , car les mâles ont toute la jambe 
jaune & feulement le haut de la cuiffe noir. Quant aux 
pattes de derriere elles partent d’une piéce aflez longue 
de couleur noire , à laquelle tient la cuiffe qui eft courte, 
groffe, ronde, globuleufe ; un peu applatie vers l'inté- 
rieur, dentelée à cet endroit, avec une plus longue dent 
vers le haut. Cette cuifle eft jaune avec une tache noire 
en-deflus. La jambe eft noire & figurée en arc ou en faulx 
pour fe conformer à la cuifle contre laquelle elle s’appli- 
que. Le ventre eft court, noir, liffe & globuleux, & il 
part du corcelet par un pédicule jaune prefqu'aufli long 
que lui, en quoi cette guêpe reffemble un peu à un 
ichneumon. On trouve cette belle efpece dans les endroits 
aquatiques. 


17: VESPA #ota nigro cærulefcens. 


La guépe noire. 
Longueur 3 zlignes. Largeur = ligne. 

Cette guêpe eft toute d’un noir un peu bleuâtre, fans 
mélange d’autre couleur. Elie reffemble beaucoup , à la 
couleur près , à celle du n°. 14. Vüe de près, elle paroït 
pointillée, en quoi elle varie ; car il y en a qui font plus 
-pointillées les unes que les autres. 


18. VESPA rubra , thorace lineolis longitudinalibus 
nigris , abdomine maculis flavis. 


La guépe rouge à bandes noires fur le corcelet ; & points 
jaunes fur de ventre. 
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne. 


Le fond de la couleur de cette belle efpéce ; eft d’un 


382 HISTOIRE ABRÉGÉE 

rouge un peu brun, plus clair & plus vif en quelques en- 
droits. Sur le haut de fa tête , derriere les antennes, il va 
une aflez grande tache noire. Le corcelet a trois larges ban- 
des longitudinales noires , une au milieu & une de chaque 
côté. Outre cela la partie poftérieure du corcelet qui tou- 
che au ventre, eft noirâtre. Le ventre n'a point de mar- 
ques noires , mais le fecond anneau a de chaque côté une 
grande tache jaune ; le troifiéme en a de femblables , mais 
bien plus petites. Le quatriéme anneau a une bande tranf- 
verfe jaune , interrompue dans fon milieu. Les aïles font 
bordées de brun. Les antennes & les pattes font entié- 
rement de couleur rouge. 


GUESPES DORÉES. 
19. VE SP A szridi-cærulea , abdomine , thoracifque 


* antica parte ruberrèmis. 


La guépe dorée à corcelet mi-parti de rouge & de vért. 
Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne. 

Ses antennes font noires. Sa tête eft d’un beau vert 
doré ; avec un peu de rouge poftérieurement à l’endroit 
des petits yeux liffes. Les gros yeux réticulés font bruns. 
Un peu plus de la moitié antérieure du corcelet eft d’un 
beau rouge cuivreux & matte ; la partie poftérieure eft 
d’un vert doré entremêlé de bleu. Le ventre eft d’un rou- 
ge très-éclatant ; il eft life & ie refte du corps eft chagri- 
né, ce qui rend fa couleur très-riche. Les pattes font d’un 
vert cuivreux & les aîles brunes. 

Cette guèpe a un caraétere qui fe trouve dans les fui- 
vantes qui font aufli dorées ; c’eft que le bas du corcelet 
a de chaque côté une épine latérale bien marquée. Cette 
marque caraëlériflique me feroit penfer que toutes ces 
guêpes pourroient bien n’être que des variétés ou des dif- 
férences de fèxe. C’eft ce qu'il faudroit examiner. 


20, VESP A shorace viridi-cæruleo , abdomine inaurato, 
pone cupreo dentato. 


DES INSECTES: 383 


Linn. faun. fuec. n. 1004. Apis nitida, thorace viridi-cæruleo ; abdomine 
inaurato. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 571; n. 23. Sphex glabra nitida, thorace viridi, 
abdomine aureo, apice quadridentato. : 

Aë. Upf. 1736,p.28 , n. 5. Apis parietina nitida , collari cæruleo , abdomine 
aureo. 

Frifch. germ. 9 , p. 19, 1,10, f. 1. Vefpa argillacea variegata feu fuperbe 
colorata. 

Raj. inf. 275. Penultima & antepenultima. 

La guépe dorée à corcelet vert , & derniers anneaux du 


v'enitre épineux. 

Longueur à lignes. Largeur 1 ligne, 

Cette guêpe eft enrichie des plus belles couleurs. Le 
devant de fa tête eft d’un vert doré, & la partie poftérieu- 
re d’un bel azur. Le corcelet eft de même azuré avec 
quelque mêlange de vert. Le bout de ce corcelet fe ter- 
mine de chaque côté par des pointes épineufes comme 
dans l’efpéce précédente. Le ventre à fa partie antérieure 
eft d'un beau vert doré, & fa partie poftérieure eft-d’un 
rouge cuivreux , imitant Ja couleur de cuivre de rofette 
bien poli. L’avantdernier anneau du ventre eft couronné 
de petites pointes fines & ferrées ; & le quatrième ou der- 
nier anneau fe termine par quatre épines plus groffles & 
bien marquées. Le deffous du ventre eft plat, renfonçé 
& de couleur verte. Tout l’infeéte ef pointillé par deffus , 
ce qui rend fa couleur très-brillante, Ses antennes font 
noires & fes pattes vertes & dorées. 

Cette guêpe fe loge dans les trous des murs, entre les 
pierres & dans le mortier qui les joint. On la voit fouvent 
fortir de ces trous où elle fait fon nid & fon ouvrage. 


21. VESP A horace viridi - cæruleo, abdomine aurato: 
cupreo , pone ir1erme. 


La guépe dorée à corcelet vert & derniers anneaux du 
ventre liffes. { 
Longueur 2 ? lignes. Largeur À ligne. 


Elle reflemble beaucoup à la précédente pour fa for- 


384 HISTOIRE ABRÉGÉE 

me & fes couleurs. Sa tête & fon corcelet font colorés de 
vert & de bleu azuré. Son ventre prefqu'hémifphérique , 
eft par-tout d'un beau rouge cuivreux. Il n’eft compofé 
que de trois anneaux qui font liffes & unis, fans pointes 
ni épines. Cette efpéce fe trouve avec la précédente dont 
elle pourroit bien ne différer que par le défaut de fexe. 
Elle fe replie aifément en boule, appliquant fa tête & fon 
corcelet contre fon ventre qui eft plat en-deflous. 


22. VESPA cærulea nitens. 
Linn. fyft nat.edit. 10, p. $72, n. 25, Sphex cyanea. 
La guépe dorée bleue. 


Longueur 2 + lignes. Largeur ? ligne. 
23. VESPA saridis nitens. 


La guéëpe dorée verte. 
Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne. 

Je joins enfemble ces deux guêpes qui ne font que va« 
riérés ou diverlités de fexe. La premiere eft d’un bleu 
pourpre & doré avec un peu de vert à la partie antérieu- 
re de fon corcelet, & à la partie poftérieure du ventre. 
Ce ventre eft liffe , mais la rête & le corcelet font poin- 
tillés & chagrinés. 

La feconde eft toute verte avec lé ventre pareillement 
life & le refte du corps pointillé. Toutes deux ont les an- 
tennes noires , & deux épines latérales au bas du corcelet. 


24 VESPA capite thoraceque rubro cupreo , abdomine 
rufo pone nigro. 
A / . LI à F4 A . 
La guépe dorée cuivreufe à ventre fauve & noir. 


LS 


Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 


Sa tête & fon corcelet font d'un rouge cuivreux doré 
& très-éclatant. En-deffous le corcelet eft vert doré ; en- 
deffus il a quelques fillons longitudinaux & tranfverfes, & 
ne fe termine pas par deux épines comme dans les précé- 
dentes , mais il va en diminuant. Les pattes font de mê- 

me 


DES. INSECTES. 38s 
me couleur que la tête & le corcelet. Le ventte n’eft point 
doré ; mais fa partie antérieure eft de couleur fauve, & 
fa partie poftérieure eft noire. Cette guëpe a un aïiguillon 
très-sros pour fa grandeur. 


PAS LIT ONCE 
L’ABEILLE. 


Antennæ frailæ , articulo 
primo longiore. 
Alæ infertores breviores. 


Os maxillofum ; linguä 
membranaceä inflex. 


Antennes brifées , dont le 
premier anneau eft très-long. 

Aïles inférieures plus cout- 
tes. 

Bouche armée de machoi- 
res > AVEC une trompe meEnm- 


braneufe couchée en - def- 


fous. 
Aculeus ani fimplex fubu-  Aïguillon fimple & en 
latus. pointe. 


Ventre attaché au corcelet 

par un pédicule court. 
Trois petits yeux liffes. 
Corps velu. 


Abdomen petiolo bres'iffimo 
zhoract cônnexum. 
Ocell tres 
Corpus villofum. 
Fomilia x, Corpore villo{o. 
Apis proprie diéta. 
22, Corpore hirfutiffi- 
mo. 
Apis-bombylius. 


1°. Famille. Abeilles propre- 
ment dites. 

2€, = Abeilles bour- 
dons. 


Le caractere de ce genre eft le mênte que celui du gen- 
te précédent : il n’y a,entr'eux qu’une feule différence ; les 
guêpes ont le corps rafe & lifle, au lieu que les abeilles 
l'ont velu. Parmi ces dernieres , les unes ne font que mé- 
diocrement velues, ce font celles que l’on connoït en gé- 
néral fous le nom d’abeilles ; les autres font très-velues 
& beaucoup de perfonnes leur donnent Le nom de bour- 
dons. Mais comme on donne ce même nom aux mâles 

Tome II, Ces 


386 HISTOIRE ABRÉGÉE 

des vétitables abeïlles, nous avons cru devoir réunir tous 
ces infectes dans un feul & même genre , en confervant 
cependant la diftinétion des abeilles en abezlles proprement 
dites où médiocrement velues , & en abeilles très-velues, 
ou abeilles - bourdons ; d'après quoi nous avons divifé ce 
genre en deux familles. 

Les travaux des abeilles, ou du moïns de plufieurs 
d’entrelles, font beaucoup plus parfaits & plus confidéra- 
bles, que ceux des guépes dont nous avons déja parlé. 
Nous allons commencer leur détail par l'examen du tra- 
,vail de l'abeille domeftique ou des ruches, & enfuite nous 
parlerons des abeilles fauvages, qui offrent des particula- 
rités différentes. 

Les abeilles domeftiques vivent enfemble en fociété, 
comme perfonne ne l'ignore. La ruche où elles habitent 
eft ordinairement compofée de trois différentes fortes d’a- 
beilles. Il y a une , deux ou trois femelles, fuivant que la 
ruche eft plus ou moins confidérable ; un certain nombre 
de mâles , tantôt foixante, cent, deux cent , plus ou moins; 
& beaucoup de mulets , ou d’abeilles qui n'ont point de 
fexe, & qui compofent tout le refte des habitans de la 
ruche. Ces dernieres font par milliers. Les femelles ont 
été décorées par quelques Naturaliftes anciens du nom de 
rois. Ils s’imaginoient qu’il n’y avoit jamais qu'un feul 
roi dans un effain, qu'il en étoit le chef, & que lorfque 
ce roi venoit à périr , le défordre & l'anarchie s’empa- 
roient de toute la fociété qui bientôt périfloit aufli. Nous 
ne nous arréterons pas à toutes ces fables & à quantité 
d’autres contes femblables , que plufieurs auteurs ont dé- 
bités très-férieufement. Le travail des abeïlles & toutes 
leurs opérations font aflez admirables par elles-mêmes , 
fans y ajouter un merveilleux qui mexifte pas. 

On reconnoît les femelles des abeïlles à leur grandeur. 
Elles furpañlent ordinairement par leur taille les mulets & 
les mâles. Leurs antennes font compofées de quinze pié- 
ces & leur ventre de fept anneaux. C’eft fur-tout cette 


DES INSECTES. 387 
derniere partie qui eft allongée & fort groffe dans les fe- 
melles , & qui furpaffe la longueur de leurs ailes. Malgré 
cette grofleur du ventre, on ne conçoit pas comment il 
peut encore contenir la quantité prodigieufe d'œufs que 
dépofent ces infetes. Il eft vrai que la plus grande partie 
de l’intérieur du ventre eft occupée par les ovaires, qui 
forment deux paquets de houppes toutes remplies d'œufs 

lus ou moins avancés. L’extrémité du ventre de ces fe- 
melles eft armée d’un aiguillon plus long que celui des 
autres abeilles , & un peu recourbé vers le ventre. Ces 
infectes s’en fervent peu , ne fortant pas ordinairement de 
la ruche. 

Les males font moins longs que les femelles, mais 
plus gros que les mulets. Leurs antennes n'ont que onze 
piéces , leurs yeux font plus gros de beaucoup que ceux 
des mulets , leur corcelet eft plus velu & leur ventre 
plus liffe. Ces infeëtes n’ont point d’aiguillon à l'extré- 
mité de leur ventre, mais fi on prefle cette extrémité , 
on en fait aifément fortir une efpéce de corps charnu 
accompagné de deux crochets. Ce font les parties de 
la génération , & le corps charnu du milieu eft [a 
vraie partie du mâle ; auquel les crochets ne fervent 
qu'à arrêter & à fixer la femelle pendant laccouple- 
ment. 

Enfin les mulets plus petits que les femelles & que 
les mâles ,compofent la plus grande partie de la ruche ou 
de l'effain. Leurs antennes font compofées de quinze 
anneaux comme celles des femelles , & leurs yeux font 
plus petits. Outre leur taille, ils font encore reconnoifla- 
bles par les efpéces de broffes ; qui font à la partie iné- 
rieure de leurs cuiffes poftérieures. Ces brofles plus gran- 

es & plus remarquables dans les mulets que dans les 
males, & qui manquent abfolument dans les femelles , 
étoient néceflairesaux premiers pour ramaffer la cire qu'ils 
rapportent à la ruche ; comme nous le dirons dans un 
inftant, Les mulets ont un aiguillon qui ne fe trouve pas 

Ceci 


388 HiSTOIRE ABRÉGÉE 
dans les mâles & les anneaux de leur ventre font au nom- 
bre de fept. 

Toutes ces abeïlles ont à la tête deux machoires for- 
tes, une à gauche , l’autre à droite, & entre les deux ma- 
choires une efpéce de trompe ou de langue, accompa- 
gnée de deux lames dures écailleufes qui la recouvrent, 
Cette trompe , avec fes étuis, eft plus longue dans les 
abeilles ouvrieres que dans les mâles. 

Parmi cestrois diférentes fortes d’abeilles qui compofent 
l'effain, il n’y a qu'une forte fur qui roule le travail, ce font 
les mulets. Les femelles & les males ne fervent unique- 
ment qu'à la propagation de l’efpéce ; les mulets nourrif- 
fent les petits, ramaflent le miel , & confiruifent les 
rayons de la ruche. 

Ces rayons ou gâteaux font des efpéces de plans de 
cire , fur lefquels des deux côtés font confiruites des cel- 
lules hexagones , formées pareïllement de cire : mais avant 
que de conftruire ces rayons , lorfque les abeilles entrent 
dans une ruche neuve, elles ont un autre travail à faire. 
Elles commencent par enduire tout l'intérieur de leur ru- 
che d’une matiere réfineufe ;, odorante , plus ferme & plus 
dure que la cire, que Pon connoïît fous le nom de propodis. 
Cet enduit leur eft néceffaire pour boucher les petites ou- 
vertures qui peuvent fe trouver à la ruche, & la garantir 
du froid & des infeûes qui pourroient y pénétrer. Les 
abeilles tirent la matiere de la propodis de cette efpéce de 
réfine que fourniffent les jeunes bourgeons du peuplier , 
du faule & de plufeurs autres arbres, avant que ces 
bourgeons foient épanouis. Lorfque l'intérieur de la ruche 
eft ainfi enduit , les abeilles commencent à confiruire les 
rayons ou gâteaux de cire, dont nous avons parlé. Ces 
gâteaux font ordinairement pofés perpendiculairement ou 
prefque perpendiculairement ; attachés au haut de la ru- 
che d’où ils paroiffent pendre & foutenus d'efpace en ef- 
pace par des traverles aufli de cire ; qui les attachent aux 
cotés. C’eft pour épargner aux mouches ce dernier travail, 


DES INSECTES. 389 
que ceux qui en ont foin ont attention de mettre dans 
Tintérieur de la ruche plufieurs bâtons pofés tranfverfale- 
ment , qui foutiennent les rayons & les empêchent de fe 
détacher. Ces gâteaux font pofés les uns à coté des autres, 
de façon qu'il ne refte entre deux qu'un paflage étroit , ca- 
pable de laiffer pafler feulement deux mouches de front. 
Beaucoup de Naturalifes ont admiré avec raifon la répu- 
larité des cellules qui font élevées fur le plan des gâteaux 
des deux côtés. Néanmoins ce Joli ouvrage paroït un peu 
moins furprenant , fi on fait attention que des cellules qui 
feroient travaillées pour être rondes, & qui en même 
tems feroient appliquées & preffées les unes auprès des 
autres , ne peuvent manquer de prendre par leur com- 
preffion mutuelle une figure hexagone, fi d'ailleurs [a ma- 
tiere dont elles font compofées eft affez molle pour céder 
à la preflion. C'eft précifément le cas où fe trouvent les 
cellules des abeilles. Leurs parois ne font compofés cha- 
cun que d’une lame de cire mince , & elles font preflées 
les unes contre les autres ; l’infeête fe trouve donc forcé 
de leur donner la figure d’un hexagone, qui ne laïfe au- 
cun vuide entre les cellules , & il ne pourroit leur donner 
une figure plus convenable. 

La cire dont eft compofé le gâteau eft blanche, lorfque 
le rayon eft récemment conftruit; par la fuite elle jaunit 
& même lorfque les ruches font un peu anciennes, les 
vapeurs de la ruche donnent à cette cire une couleur bru- 
ne prefque noire. Les abeilles commencent par conftruire 
une partie du gâteau; enfuite elles en érendent peu à 
peu les bords en ajoutant de nouvelles cellules dans cette 
circonférence. Quelquefois lorfqu’elles font preflées , elles 
rempliflent les cellules avant que de finir le gâteau , &t 
l’on en voit où elles ont déja dépofé du miel ; ou bien qui 
contiennent des œufs fans être encore achevées. Au refte 
l'ouvrage va très-vite ; comme les ouvrieres font en très- 
grand nombre ,-un gâteau d’une grandeur confidérable eft 
quelquefois fini en quelques heures de tems, J'ai va un 


390 HISTOIRE ABRÉGÉE 
effain qui en une feule nuit en avoit fait quatre ou cinq; 
chacun de la grandeur de la main. La cire dont les abeil- 
les fe fervent pour conftruire leurs gateaux & que nous fa- 
vons leur fouftraire pour notre ufage , leur eft fournie par 
les fommets des étamines des fleurs. Si on examine les 
étamines de quelque fleur bien ouverte, on voit que leurs 
fommets donnent une poulliere plus ou moins jaune fui- 
vant les différentes plantes. C’eit cette poulliere que les 
abeilles ramaffent , & lorfque les fommets ne font pas 
affez ouverts, elles favent les pincer avec leurs machoi- 
res, pour en faire fortir la poufliere. Les abeilles en char- 
gent tout leur corps qui eft velu , elles le couvrent de 
oudre jaune en s’enfonçant dans le fond de la fleur, & 
enfuite elles fe nétoyent le corps avec leurs pattes, & 
ranaffent cette poudre qui eft ordinairement jaune, & 
tantôt de couleur verte ou blanche ou rougeître , fuivant 
les plantes qui la fourniflent , elles la pétriffent & elles 
en forment deux efpéces de boules fouvent grofles com- 
me un grain de poivre , que l’on voit attachées à leurs 
pattes de derriere ; les palettes velues qui font au dedans 
de leurs pattes poftérieures , leur fervent à cet ufage : ces 
boules de cire s’y attachent, & les abeilles chargées de 
ce butin regagnent leur ruche. C’eft - là qu’elles dépofent 
ces deux boules de cire, que d’autres reçoivent pour les 
mettre en ufage , tandis que les premieres retournent faire 
une nouvelle récolte fur les fleurs. Souvent les abeilles 
n'employent pas cette cire fur le champ , elles la dépofent 
dans des cellules & font des magafins de cette cire brute 
pour s’en fervir par la fuite. Mais cette matiere que les 
abeilles ont rasportée , n’eft pas encore de la véritable 
cire , elle n'en a ni la molefle ni la dudtilité , & elle ne 
peut être mife en ufage dans cet érat. Il faut que l’abeille 
l’avale , qu’elle lui fafle fubir une efpéce de digeftion dans 
fon corps, après quoi elle la rend par fa trompe fous une 
forme liquide propre à être employée à fes travaux. Il 
paroït qu'il s'y mêle dans l’eftomach de l’abeille quelque 


DES INSECTES. 307 
liqueur qui la perfeétionne & la rend plus maniable. Peut- 
être aufli que la partie la plus grofliere en eft féparée , tant 
pour fervir d’aliment à l'abeille, que pour être rendue avec 
fes excrémens. 

Les cellules dont les gâteaux de cire font compofés,ont 
deux ufages. Elles fervent indifféremment aux abeilles, 
foit à y dépofer leur miel , foit à y mettre leurs œufs & à 
y élever leurs larves. Nous allons commencer par le 
premier de ces ufages , après quoi nous examinerons Île 
fecond , qui nous conduira à obferver les différentes mé- 
tamorphofes de ces infeétes. 

Outre la cire que les abeilles retirent des étamines des 
fleurs & qui leur fert à conftruire leurs gâteaux , elles re- 
cueillent encore fur les mêmes fleurs une liqueur épaïñfle, 
vifqueufe , douce & fucrée , dont elles compofent leur 
miel. Cette liqueur leur eft fournie par des glandes ou 
des points glanduleux qui fe trouvent dans la plüpart des 
fleurs , & qui ont reçu des Botaniftes modernes le nom de 
glandes neétariferes à caufe de la douceur du liquide 
qu'elles féparent. Les abeilles fuccent cette liqueur avec 
leur trompe & ia reçoivent dans leur eflomach. Une par- 
tie de ce miel brut fert à leur nourriture, elles rejettent 
par leur trompe le refte qui a fubi quelque préparation 
dans leur corps, & fe trouve converti en véritable miel. 
Si on tue une abeïlle qui vient de fe gorger ainfi de miel, 
on trouve à la partie fupérieure de fon ventre une efpéce 
de véficule tranfparente , jaune & remplie du miel le plus 
doux. C’eft ce que les enfans favent très-bien, & fouvent 
la campagne ils vont chercher ces véficules dans Le corps 
des abeilles , & fur-tout des grofles velues , connues 
fous le nom de ourdons. Ces véficules ne font autre 
chofe que l’eftomach de l’abeille rempli de miel. Lorf- 
qu'elle a ainfi fait fa récolte elle revient à fa ruche. C'eft- 
là qu'elle rend & dégorge , pour ainfi dire , le miel. Une 

artie lui fert à donner à manger aux autres abeilles qui 
travaillent dans l'intérieur de la ruche. Celle qui revient 


392 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de la campagne leur offre du miel dont elles prennent 5: 
ce qui empêche que l'ouvrage ne foit interrompu. Une 
autre partie du miel eft employée pour donner à manger 
aux petites larves qui font dans différentes cellules. Enfin 
le furplus qui n'eft pas confommé fur le champ, eft mis 
en réferve dans des cellules des gâteaux. Les abeilles 
femblent prévoir qu'il viendra une faifon où le froid faifant 
difparoitre les fleurs , les privera de la nourriture qui leur 
eft “éceffaire : elles font donc provifion pour l hiver ; elles 
rempliffent de miel un nombre de cellules, & lorfqu'elles 
font pleines, elles les couvrent d’une efpéce de dôme de 
cire qui leur fert de couvercle. C’eft dans ces cellules que 
le miel fe trouve renfermé. 

D'autres cellules font deftinées à un autre ufage , elles 
fervent à élever les petits. La femelle ou les femelles qui 
font prodigieufement fécondes , paroiffent devoir s'accou- 

ler de bonne heure. Dès les premieres chaleurs du prin- 
tems, elles font fécondées & commencent à pondre, Pour 
cet effet la femelle va de cellule en cellule , elle enfonce 

ans chacune l'extrémité de fon ventre & y dépofe un feul 
œuf qui s'attache au fond ou aux parois. Elle en dépofe 
ainfi plufieurs centaines dans un feul jour. Ces œufs font 
oblorgs , un peu recourbés, clairs & limpides , plus gros 
par un bout & plus minces par l’autre , qui eft celui par 
lequel ils font attachés dans la cellule. : 

Au bout de quatre ou cinq jours les petites larves éclo= 
fent & fortent de l'œuf. Ces larves reffemblent à des petits 
vers blancs, compofés d'une tête un peu plus dure & plus 
brune que le refte du corps , & de treize anneaux qui for- 
ment le refte de l'animal, Elles n’ont point de pattes & 
de chaque côté elles font munies de dix ftigmates par lef- 
quels elles refpirent. Ces larves font ordinairement recour- 
bées & ramaflées en rond dans le fond de la cellule. On 
ne fauroit concevoir la tendrefle & les foins qu'ont les 
abeilles ouvrieres ou mulets pour ces petites larves nou- 
vellement éclofes. Quoiqu'’eiles ne foient point leurs me- 

Jes 


DESLINSECTES 303 
res , elles les élevent avec la plus grande attention, & 
c’eft une nouvelle preuve que toutes les aétions des abeil- 
les , comme celles des autres infectes, n’ont pour but 
que la propagation de leur efpéce. Ces abeilles vont fré- 
quemment porter à manger à ces larves’, elles leur dégor- 
gent du miel qui eft avidemment reçu, & elles en laiflent 
une quantité fufiifante dans la cellule. On voit fouvent 
les abeilles fe promener ainfi de cellule en cellule, & 
porter à manger aux larves qui y font. Ces larves fi bien 
nourries , grofliflent promptement. Dans cet intervalle 
elles changent plufieurs fois de peau , précifément de la 
même façon que les chenilles:, & enfin lorfqu’elles font 
parvenues à leur groffeur , elles fe préparent à fe méta- 
morphofer. C’eft alors que la larve , qui jufques-Îà n’a 
fait aucun ouvrage, commence à travailler. Elle file par 
le moyend’une filiere qui eft placée à fa levre inférieure , 
comme dans les chenilles , elle tapiffe tout l’intérieur de 
fa cellule de fils de foie fins, & feulement un peu plus 
forts dans la partie fupérieure. En même tems les abeilles 
ouvrieres ferment cette cellule à l'extérieur, par le moyen 
d’un couvercle de cire , qu’elles conftruifent , & la larve 
fe trouve ainfi tout-à-fait renfermée. Pour lors après s’être 
vuidée de fes excrémens , elle quitte fa peau qui fe fend 
le long de la partie fupérieure de fon dos, & elle fe trou- 
ve changée en une véritable nymphe. Cette nymphe eft 
molle , blanchâtre , & on y diftingue très-bien toutes les 
parties de l'abeille parfaite qu’elle doit produire. Au bout 
de quelques jours , lorfque toutes ces parties ont acquis 
aflez de force & de confiftence, la jeune abeille quitte 
lenveloppe légere de nymphe, elle déchire le couvercle 
de cire qui ferme fa cellule ; avec fes machoires qui font 
dures & fortes, & elle en fort fous la forme d’infecte par- 
fait. Dans ce premier moment elle paroît toute humide. 
Les autres abeilles la léchent avec leurs trompes , elle- 
même s’efluie , & au bout de quelques minutes elle prend 


fon eflort , va travailler à la campagne & fouvent rapporte 
Tome JL, Ddd 


4 


394 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de la cire dès fa premiere fortie , fans fe tromper de che: 
min & fachant retrouver la ruche qu’elle fembleroit ne 
devoir pas encore connoître. Dès que les jeunes abeilles 
ont quitté l’état de nymphe & font forties de leurs cellu- 
les, d'autres abeilles ouvrieres vont nétoyer la cellule où 
chacune d'elles étoit renfermée. Elles la découvrent , elles 
emportent la dépouille de fa nymphe & la foie qui la fer- 
moit , mais il refte une partie des fils de foie qui tapif- 
foient les parois, fous lefqueis font les différentes dépouil- 
les de la larve , ce qui retrécit la cellule ; enforte que ces 
cellules deviennent plus étroites , lorfque plufieurs œufs 
y ont été dépofés les uns après les autres. Souvent après 
avoir été nétoyées , ces cellules fervent aux abeilles à y 
dépofer du miel. , 

elles font les métamorphofes des abeilles & les atten- 
tions qu’elles ont pour leurs petits. Mais ces mêmes foins 
font encore redoublés pour les larves des mâles & encore 
plus pour celles des femelles qui font en très- petit nombre. 
Les cellules où doivent être dépofés des œufs qui donne- 
ront des males, font plus grandes que les autres, elles font 
ordinairement placées au bord des gâteaux, leur grandeur 
les rend reconnoiffables. Celles qui font deftinées aux fe- 
melles font encore plus grandes & de figure ronde, en 
quoi elles différent des autres cellules ; elles font aufli plus 
fortes ;, rien n'y eft épargné. Îl femble que les abeilles 
fachent le nombre des males & des femelles qui doivent 
éclore dans la ruche ; elles ne font que la quantité de cellu- 
les néceffaires pour les uns & pour les autres. Lorfque 
leurs larves font éclofes , elles redoublent leurs foins & pa- 
roiflent leur prodiguer la nourriture. 

Du refte ces mêmes males , dont les abeilles ouvrieres 
ont un fi grand foin tant qu'ils leur font néceffaires pour 
féconder la femelle , éprouvent bientôt leur barbarie , 
lorfqu’elles n'en ont plus befoin. Dès le mois de juin , ou 
au plûtard au commencement de Juillet , les abeïlles tuent 
à coups d’aiguillons tous les mâles de la ruche , qui dé- 


DES INSECTES. 39$ 
outvus d’une pareille arme , ne’ peuvent fe défendre, 
Elies font plus ; elles arra:hent des cellules ceux qui font 
encore fous la forme de larve & les déchirent avec leurs 
machoires , après en avoir eu jufqu'alors le plus grand 
foin. Elles népargnent pas davantage ceux qui font déja 
en nymphes , on ne voit par toute la ruche que carnage. 
La femelle a été fuMifamment fécondée , elle pondra juf- 
qu'à l'hiver , & parmi les œufs il fe trouvera de nouveaux 
mâles & de jeunes femelles pour l’année fuivante. Les 
abeilles ne veulent donc point conferver leurs mâles qui 
font devenus inutiles , & qui ne fortant pas de la ruche , 
confommeroient fans travailler le miel dont elles ont be- 
foin. Lorfque cette expédition cruelle ef faite , les abeilles 
fe remettent à l'ouvrage & amañlent le miel pour l'hiver. 
L'ufage où font les abeilles de tuer ainfi tous les mâles 
dans un certain tems de l’année , nous inftruit fur la durée 
de la vie des abeilles de ce fexe. Quelques mois la termi- 
nent; ils ne font faits que pour féconder les femelles ; leur 
deftination remplie , on les fait périr. Mais la durée de 
la vie des autres abeilles, n'eft pas fi aifée à déterminer. 
Quelques Naturaliftes les font vivre pendant un grand 
nombre d'années. Ce qu'il y a de für, c’eft que tous les ans 
il en périt une grande quantité , enforte qu'en moins de 
deux ans une ruche doit fe renouveller prefqu’entiére- 
ment. 

La ponte d’une feule femelle eft très-confidérable , tel- 
lement que tous les habitans de la ruche ne peuvent plus y 
refter au bout d’un certain tems. C’eft ce qui en obiige 
une partie d'aller ailleurs chercher un autre domicile. On 
appelle ces colonies qui fortent de la ruche , des effains. 
Chaque ruche en fournit plufieurs pendant un été plus ou 
moins ;, fuivant que la ruche eft plus ou moins nombreufe. 
Les premiers eflains, ceux qui fortent au commencement 
de l'été, font ordinairement les plus forts, & en donnent 
eux-mêmes quelquefois un autre avant la fin de l'été. On 


peut juger par-là de la prodigieufe fécondité d’une feule 
Dddi) 


396 HISTOIRE ABRÉGÉE 
femelle , puifqu'une rüche où il n’y en a qu'une, eft quel- 
quefois compofée de quarante mille habitans. 

Lorfque les effains font prêts à partir, on apperçoit du 
trouble & de la confufion dans la rüche : les abeïlles ne 
fortent pas comme à l’ordinäire. Vers le chaud du jour, 
entre dix heures du matin & trois heures après-midi , l’ef- 
fain part , voltige d'abord par pelotons ; enfuite fous la 
forme d’un gros nuage & sant en l'air, va s'attacher à 
quelqu’arbre ou à quelqu'autre endroit. Il y a toujours une 
femelle dans l’effain , point de mâles , & le refte eft com- 
pofé de mulets tant jeunes que vieux. Mais au défaut 
de males , la femelle eft fécondée & donnera des œufs qui 
en produiront. La femelle eft toujours avec le gros de 
l'eflain ; & lorfqu’elle s’eft arrêtée avec lui dans quel- 
qu'endroit , le refte des mouches vient bientôt rejoindre 
la troupe. Souvent les effains s’élevent fort haut & font 
portés au loin. C’eft pour lors autant de perdu pour le pro- 
priétaire. Ceux qui cultivent & élevent les abeïlles , ont 
grand foin de ne pas les laifler échapper. Lorfque Peffain 
part » le bruit que l’on fait avec des chaudrons & du fable 
fin jetté en l'air, obligent à fe fixer bientôt : peut-être 
les abeilles prennent -elles ce fable pour des gouttes de 
pluie , & le fon des poëlons pour le bruit du tonnere. Quoi 
qu'il en foit , dès qu'elles font arrêtées , on leur offre 
une nouvelle ruche toute préparée , enduite de terre en- 
dedans , & frottée de plantes aromatiques & de miel. 
L’effain s’en accommode & bientôt il y travaille. 

Tant qu'il y a une femelle dans un effain ou dans une 
ruche , les abeilles travaillent avec la plus grande ardeur. 
Si la femelle périt, ces infeétes perdant l'efpérance de la 
multiplication, ceflent leurs travaux, la ruche ou l’effain 
dépérit promptement. Qu'on leur donne une autre fe- 
melle , on les voit reprendre leurs travaux avec la plus 
grande activité. Il fufit quelquefois de leur donner un 
œuf ou une larve qui doive produire une femelle : l'efpé- 
rance d'avoir bientôt un chef eft fufifante pour les encou- 


DES INSECTES. 397 
rager à foutenir leurs ouvrages. Souvent il y a deux ou 
trois femelles dans une ruche : fi elle n’eft pas trop nom- 
breufe elles vivent enfemble tranquillement , mais fi la 
ruche eft nombreufe , & que les abeilles craignent une 
trop grande multiplication fur-tout à l'entrée de l'hiver , où 
la difette eft à craindre , elles tuent toutes les femelles, 
comme elles ont tué les mâles , à l’exception d'une feule. 
C'eft fur cette feule femelle que roule toute l’efpérance 
de la ruche, c’eft elle qui doit donner naiffance à toutes les 
abeilles qui y naïîtront & aux effains qu’elle produira , dont 
chacun fera compofé de plufieurs milliers de mouches. 
Cette femelle a été fuffifamment fécondée par plufieurs 
centaines de mâles , pour pondre par la fuite tant de mil- 
liers d'œufs. 

Il ne paroït guères poffible d’appercevoir l’accouple- 
ment de cette femelle qui ne fort point de la ruche. Les 
ruches de verre que les obfervateurs ont inventées & par 
le moyen defquelles on découvre une partie de ce qui 
fe pañle dans la ruche , n'inftruifent pas davantage fur cet 
article. La femelle eft toujours entourée de tant d’autres 
abeilles qui la cachent à nos yeux, qu'il eft affez difficile de 
la découvrir & abfolument impoflible de {a fuivre un 
peu de tems. Cette difficulté à fait donner à la mere 
abeille par quelques Naturaliftes de grandes louanges fur 
fa retenue & fa pudeur. Ils auroient pû s’en épargner les 
frais , s'ils avoient fait attention qu’il n’eft pas étonnant 
qu'on n’apperçoive pas deux infeétes accouplés parmi 
trente ou quarante mille autres qui vont & viennent perpé- 
tuellement. 

Les abeilles domeftiques que nous élevons avec foin, à 
caufe de la cire & du miel qu’elles produifent , ont été 
d’abord fauvages , ainfi que les autres efpéces de ce genre. 
On en trouve encore quelquefois qui font domiciliées 
dans des troncs d’arbres au milieu des bois , ou dans des 
creux de rochers. L’utilité qu'on en retire les a fait placer 
dans des ruches , où l’on peut recueillir leur miel & leur 


393 HISTOIRE ABRÉGÉE 
cire. On fait cette récolte de deux façons différentes. Les 
uns font périr toutes les mouches par le feu ou l’eau bouil- 
lante , & retirent enfuite tout le miel & toute la cire. 
Cette cruelle maniere de profiter du travail de ces infe&tes, 
n’eft pas avantageufe au propriétaire qui perd ainfi une ru- 
che entiere & les eflains qu’elle auroit pù donner. D'auires 
fe contentent d’enfumer la ruche , ce qui chaffe & éloigne 
les abeilles , & pour lors on prend les rayons de cire char- 
gés de miel , ayant foin cependant d’en laiffer une partie 
out la nourriture des abeilles. De cette maniere on ne 
perd que les œufs , les larves & les nymphes qui fe trou- 
vent dans les gâteaux qu'on enleve , le refte de la ruche 
fublifte , & les abeilles travaillent fur nouveaux frais pour 
réparer ce qu'on leur a dérobé , & faire une nouvelle pro- 
vifion pour l'hiver. 

Dès que cette derniere faifon approche , que le froid fe 
fait fentir & que la campagne eft dépeuplée de fleurs , les 
abeilles reftent engourdies dans leurs ruches. Elles fortent 
au plus pendant quelques inftans dans les jours d'hiver un 
peu doux , lorfqu'il fait un beau foleil. Mais fi le froid 
eft vif , elles reftent immobiles. Pour lors elles ont à crain- 
dre deux extrémités également dangereufes pour elles. Le 
trop grand froid en fait fouvent périr beaucoup , quel- 
qu'attention que l’on ait de tenir les ruches au midi & bien 
couvertes ; & un hiver trop doux ne leur eft pas moins 
redoutable. N’étant point engourdies par le froid , elles 
ont befoin de prendre de la nourriture , & fouvent leur 
provifion de miel eft finie avant la fin de l'hiver , ce qui les 
fait périr de faim. Il faut alors avoir attention de leur don- 
ner du miel autour de leurs ruches , fi on veut les con- 
ferver. 

Outre le froid & la faim qui font périr les ruches , elles 
ont encore d’autres ennemis à craindre. Les mulots les 
dévorent pendant l'hiver , lorfque ces infeëtes font en- 
gourdis , & que ces animaux peuvent pénétrer dans la ru= 
che. Les moineaux , les guépes-frelons , & d’autres infec= 


DESAINSECGTES 399 
tes leur font la chaffe. La larve d'un infeéte coleoptere 
dont nous avons parlé & auquel nous avons donné le nom 
de clerus , s'infinue , comme nous l'avons dit,dans les ru 
ches , à l’aide des tuyaux ou chemins couverts qu’elle fe 
forme, & qui la mettent à Pabri des aiguillons des abeilles, 
dont elle dévore les larves & les nymphes. Une efpéce de 
teigne fait à peu près la même manœuvre , & tous ces in- 
feétes font un tort confidérable aux ruches. Les abeilles 
elles-mêmes fe caufent fouvent la mort , en voulant fe 
fervir de leur aiguillon pour bleffer d'autres animaux qui les 
incommodent ou qui leur nuifent. Quoique cet aiguillon 
paroifle très-uni & ttès-liffe à la vûüe , il eft cependant 
armé de petits crochets imperceptibles femblables aux 
barbes d’une fleche. Lorfque l'abeille a enfoncé fon aiguil- 
lon & qu’elle veut le retirer trop vite, il refte dans la plaie 
& avec lui l'abeille perd la veficule du venin qui eft à 
la racine de l’aiguillon & les ligamens qui l’attachent. L’a- 
beille ainfi bleflée ne peut pas vivre long-tems , elle ne 
tarde pas à périr. La piqüre que caufe l'aiguillon de cet 

. infecte eft accompagnée de douleurs , chaleurs , cuiffons , 
gonflement & rougeur. Ces fymptômes ne font pas dûs 
a la piqûre feule , mais à la liqueur vénimeufe qui s’intro- 
duit dans l’ouverture que fait Paiguillon. Cette liqueur 
vient de la veficule dont nous venons de parler qui fe 
trouve à la bafe de l’aiguillon de l’abeille ; elle coule dans 
l'inftant de la piqûre & s’infinue dans la plaie. Les accidens 
qu’elle excite , reffemblent en petit à ceux du venin de la 
vipere ; on peut les amortir & les arrêter par les mêmes 
remédes qui réufliffent dans la morfure de ce ferpeñt. 
Ils’agit de frotter l'endroit piqué avec quelqu’alkali forc & 
pénétrant , la douleur eft paflée en peu de tems. 

Nous ne nous étendrons pas fur les propriétés du miel & 
de la cire que perfonne n’ignore , fur le profit qu’ils produi- 
fent & la maniere de les recueillir. Ces détails étrangers à 
notre objet , ne feroient qu'allonger l'hiftoire des abeilles 
domeftiques , fur laquelle nous ne nous fommes déja que 


400 HISTOIRE ABRÉGÉE 
trop étendus. Nous allons donc paffer à l'examen des au: 
tres abeilles. 

Parmi ces abeilles , les unes font remarquables pàr leur 
figure & d’autres par leurs travaux. Nous pouvons mettre 
au rang des premieres l'abeille à crochets. Ces crochets au 
nombre de cinq qu’elle porte aux deux derniers anneaux 
de fon ventre, font affez remarquer cette efpéce ; qui d’ail- 
leurs eft une des plus belles, Nous l'examinerons plus en 
détail , lorfque nous en parlerons en particulier. L'aber/le à 
longues antennes n’eft pas moins remarquable par la lon- 
gueur de fes antennes qui égale celle du corps, & par la 
forme de ces antennes qui font reflerrées à l'origine de 
. chaque anneau. Quelques efpéces font fingulieres par leur 
couleur dorée ou cuivreufe,foit fur tout le corps, foit fur le 
ventre feul. Enfin quelques - unes ont des ailes noiratres & 
comme nébuleufes , tandis que les autres en ont de claires 
& diaphanes. 

D’autres abeilles méritent encore plus d’être confidérées 
par la fingularité de leurs travaux , quoiqu’elles m'appro- 
chent pas cependant pour cet article de l'abeille dometi- 
que. Les abeilles maçonnes ont été ainfi appellées , parce 
qu’elles travaillent réellement avec le mortier & le ciment, 
& qu’au lieu de conftruire des rayons de cire , elles fe font 
des nids de maçonnerie. Ces abeilles ramaffent de la terre 
avec leurs machoires, elles la détrempent avec une liqueur 
vifqueufe & gluante qu’elles rendent par leur trompe & 
elles en forment leur habitation. C’eft ordinairement le 
long des murs expofés au plein midi, qu’on trouve à la 
campagne ces nids d’abeilles maçonnes. Chacun reffemble 
à un petit paquet de terre informe de fix ou fept pouces de 
diametre qu'on auroit Jetté contre le mur. Ceux qui ne 
connoiflent pas ces nids, n’imagineroient jamais que cet 
amas de terre füt l’ouvrage d'un infeëte. C’eft cependant 
une abeille qui l’a formé , & on peut juger combien un 
pareil travail lui a coûté , fi Pon penfe que l'abeille ne 


peut apporter chaque fois que quelques grains de fable 
& 


DES INSECTES. 401 
& de terre. Elle parvient cependant par des voyages réité- 
#rés à former un groupe de maçonnerie lourd ; péfant 
& fort confidérable. L'extérieur de ce nid informe & ter- 
reux, empêche que les oifeaux ne le puilfent découvrir, & 
r’aillent dévorer les larves de ces abeilles dont ils font fort 
friands. Ce même extérieur empêche les hommes même 
d’y faire attention. En revanche , l’intérieur de ce nid eft 
fait avec beaucoup de foin. Si on ouvre, on voit qu’il eft 
compofé en-dedans d'une douzaine ou d'une quinzaine 
de loges féparées les unes des autres par des murs épais, & 
dans chacune defquelles on trouve uné larve ou une nym- 
phe d’abeiïile. La mere ne conftrüit pas toutes ces loges à 
la fois. À mefure que chaque loge eft finie , elle y dépofe 
un œuf, la remplit de la quantité de miel fufhifante pour la 
nourriture de la larve qui en doit naître , & enfuite ferme 
cette loge & en conftruit une autre à côté d'elle, La larve 
qui nait de chaque œuftrouve donc une nourriture conve- 
nabie que fa mere lui a préparée. Lorfqu’elle l’a confom- 
mée & qu’elle eft parvenue à fa groffeur, elle fe met à filer 
pour tapifler d’un enduit mince de foie la loge qui la ren- 
ferme , & enfuite elle s’y transforme en nymphe. Enfin 
lorfqu’elle quitte l’état de nymphe & qu’elle parvient à 
celui d'infeëte parfait , elle perce avec fes machoires qui 
font fortes ; les parois de fa prifon , elle en fort & bientôt 
après elle prend fon vol. Quand toutes les abeilles font 
forties de ce nid , on voit à fa furface autant d'ouvertures 
qu'il y a de loges dans l’intérieur. Je n’ai point diftingué de 
mulets parmi ces abeilles , & ayant examiné toutes celles 
d'un nid qui étoient prêtes à éclore & déja transformées , 
je n'y ai trouvé que des femelles & une couple de mâles. 
Le bois fournit à d’autres abeilles une matiere propre à 
faire leurs nids. Elles parviennent , à l’aide de leurs ma- 
choires, à percer les vieux bois pourris , elles en détachent 
peu à peu des brins & y creufent des ouvertures profondes 
dans lefquelles elles dépofent leurs œufs. On a nommé ces 
abeilles charpentieres | à caufe de leur travail. On voit 
Tome II. Éee 


402 HISTOIRE ABRÉGÉE 

quelquefois ces infeëtes détacher un à un les fils du bois 
avec aflez de promptitude, Le trou qu’elles creufent efta 
fufifamment large pour qu’elles puiffent y être contenues. 
Quand il eft aflez profond , l’abeiile s’y enfonce , mais 
dans un autre féns ; elle y entre le derriere le premier , & 
va par ce moyen dépofer un œuf qui s'attache au fond 
du trou , à caufe de la liqueur gluante qui l’enduit. Cela 
fait ;, l’abeille mere amafle dans cette loge la quantité 
de miel fufifante pour la nourriture du petit qui éclora , 
enfuite elle ferme la loge avec un mélange de brins de 
bois & d’une efpéce de glu qu’elle rend par fa trompe. La 
larve éclôt dans cet endroit , s’y nourrit , y groflit & 
s'y change en nymphe, & enfuite en infeéte parfait. Pour 
lors, elle perce l’enduit qui ferme l'ouverture de fa loge & 
elle fe met à voler. 

Les abeilles mezeufes travaillent un peu différemment 
des précédentes. On leur a donné ce nom parce qu'elles 
creufent la terre comme les mineurs , & qu’elles y font 
des mines & des fentiers fouterrains. Ces abeïlles font 
très-communes dans ce pays-ci , où nous en comptons 
plufieurs efpéces , comme on le verra dans le détail. C’eft 
ordinairement dans les terres des foflés ou des chemins, 
coupées perpendiculairement ou prefqu'à plomb , qu'on 
trouve ces abeïlles. Le long de ces terrains qui forment 
des efpéces de murs , on voit nombre de trous ronds , di- 
rigés horizontalement , dans lefquels entrent de petites 
abeilles & d’où elles fortent. Si on fuit ces trous, on 
apperçoit que la plüpart font affez profonds , ou lorfqu’ils 
ne le font pas , on voit fouvent une abeille qui en fort, 
emportant un peu de terre avec fes machoires. Cette 
abeille mine peu à peu la terre & forme fon trou. Ces trous 
ne menent quelquefois qu’à un feul fentier , d’autres fois 
ils font divifés au bout en plufieurs culs - de - fac fuivant les 
différentes efpéces de mineufes. A l'extrémité ou aux ex- 
trémités de ce trou, l'abeille dépofe un , ou plufieurs œufs, 
avec lefquels elle renferme des provifions de miel , & de 


DES INSECTES, 403 
ées œufs fortent les petites larves qui grofiffent & fe méta- 
morphofent en nymphes & en infeétes parfaits. Il eft à 
remarquer que ces abeilles ont foin de creufer leurs trous 
affez bas , pour que l'humidité qui eft vers la fuperficie de 
la terre ne puifle pas pénétrer jufqu’à l'habitation de leurs 
petits. 

Nous ne finirions pas, fi nous voulions examiner en 
détail toutes les induftries des différentes abeilles , dont les 
unes font leurs nids dans les premiers trous qu’elles ren- 
contrent , & dans les crevaffles des murs ; les autres les ta- 
piflent de feuilles artiftement coupées ; d’autres parmi les 
mineufes enduifent l'intérieur de leurs nids de lames qu'el- 
les coupent dans les pétales des fleurs. Ces détails nous 
meneroient trop loin , & ce que nous avons dit fuflit pour 
mettre un obfervateur intelligent en état de fuivre les tra- 
vaux différens de ces infectes & de découvrir leurs manœu- 
vres fingulieres. Nous finirons ce qui nous refte à dire 
fur les abeilles, par un détail fuccint de ce qui regarde 
les abeilles très-velues , connues fous le nom de 4ourdons , 
qui compofent la feconde famille de ce genre. 

La premiere de ces efpéces a été nommée avec raifon 

ar M. de Reaumur , abeille perce-bois , parce qu’elle tra- 
vaïlle dans les bois qu'elle perce & déchire pour y former 
les loges dans lefquelles elle dépofe fes œufs. Cette abeille 
choifit volontiers les bois de charpente ; quelquefois une 
porte épaifle ou un chafis. Elle perce ce bois avec fes ma- 
choires ; & pratique fuivant la longueur du bois un long 
tuyau ouvert par les deux bouts. Elle y conftruit enfuite 
plulieurs$ cellules à la fuite les unes des autres, & divifées 

ar des planchers qu’elle forme avec des brins de bois bien 
callés enfemble , par le moyen d’uné liqueur gluante qui 
fort de fa trompe , ce qui forme du tout un compofé ferme 
& dur. Avant que l'abeille ferme chaque loge , elle y 
dépofe un œuf ; avec une fufhfante quantité de miel pour 
la nourriture du petit qui en fortira. Cela fait ; elle ferme 
la loge en conftruifant le plancher dont nous avons parlé, & 

Eee] 


404 HISTOIRE ABRÉGÉE 

elle fait la même chofe pour la loge fuivante ; allant ainf 
de loge en loge tout le long du tuyau jufqu’à l'ouverture. 
Les petites larves , après être éclofes, métamorphofées en 
nymphes & changées en infeétes parfaits , fortent de leurs 
loges en perçant les planchers qui les ferment. Mais com- 
me les œufs les premiers dépofés font du côté par où 
l'abeille a commencé, & les derniers du côté de l’ouvertu- 
re par où elle a fini , les premieres abeilles qui éclofent ne 
fortent pas par cette derniere ouverture ; ce qu’elles ne 
pourroient faire fans traverfer & percer toutes les autres 
loges dont les infetes ne font pas encore fortis : elles 
ont l'attention d'ouvrir la leur du côté oppofé ; & elles 
éclofent toutes ainfi fucceflivement , & fortent par les 
loges qui font déja vuides. Cette efpéce d'abeille eft re- 
marquable par fa grofleur , par la couleur noire de fon 
corps , & le violet foncé de fes aïles. Le poil dont elle 
eft toute couverte nous a porté à la ranger dans la fecon- 
de famille , quoique fes manœuvres foient différentes de 
celles des autres efpéces connues fous le nom de éour= 
dons. 

Ces prétendus Zourdons ou faux-Bourdons ; comme les 
appelle M. de Reaumur, ont été ainfi nommés, à caufe du 
bourdonnement qu’ils font en volant. Ils font tous très-ve- 
lus , & plus gros de beaucoup que les autres abeïlles. Par- 
mi les différentes efpéces de ces infeétes dont nous don- 
nons le détail, je craindrois qu’il ny eût quelques variétés, 
& encore plus de fimples différences de fexe , ce qu'il fau- 
droit examiner. Ce qu’il y a de certain , c’eft que tous Îles 
mâles que j'ai pù trouver , ne piquent point, non plus que 
ceux des abeilles domeftiques. Mais il faudroit rechercher 
fi ces mâles , leurs femelles & leurs mulets ne différent 
point les uns des autres quant aux couleurs. Quoi qu’il en 
foit , les ouvrages de ces différens bourdons font tous les 
mêmes. C'eft fous terre qu’ils travaillent & fur-tout fous 
les gazons , dont les racines liant la terre , forment une 
voûte plus folide au fouterrain que pratiquent ces infeétes, 


DESSIN SEC T'E'S: 40$ 
On en voit un nombre confidérable voltiger fur uñ gazon, 
_on na qu'à les fuivre , on appercevra un endroit où ils dif- 
paroïffent , & en regardant de près ; on découvrira l’ou- 
verture de leur habitation. S'ils ne font que la commen- 
cer , tous les infectes feront occupés à fouir la terre , & à 
tranfporter dehors les molécules qu'ils en détachent. Les 
trous qu’ils pratiquent font vaftes & fpacieux , aufli beau- 
coup d'’infectes fe mettent-ils à Pouvrage. Car ces abeilles 


vivent en fociété comme les abeïlles domeftiques , mais 


leurs compagnies font moins nombreufes , puifque les 
plus fortes troupes ne vont guères à une centaine. C'eft 
dans ces fouterrains que ces abeilles velues font des gâ- 
teaux femblables à ceux des abeilles ordinaires’, en ce 
qu'ils font pareillement compofés de cellules hexagones , 
mais ils en différent par beaucoup d’autres endroits. Pre- 
miérement , les cellules de ces gâteaux font beaucoup 
plus grandes , de même que ces infeétes font plus gros que 
l'abeille domeftique , & de plus je n'ai Jamais obfervé 
de cellules que d’un feuk côté , au lieu que les gateaux de 
cire des ruches ont leurs deux furfaces chargées de cellu- 
les. Secondement , la matiere dont ces gâteaux font com- 

ofés eft fort différente de la cire des abeilles ; c’eft une 
efpéce de parchemin brun & fort que ces infeétes compo- 
fent avec des brins de bois pourri qu'ils réduifent en pâte, 
par le moyen d’une liqueur gommeufe dont la nature les a 

ourvus. Ces abeilles velues forment avec cette pâte leurs 
gâteaux, de la même maniere que les abeilles domeftiques 
conftruifent les leurs , c’eft-à dire , à l’aide de leurs ma- 
choires & de leurs partes. Enfin ces gâteaux à cellules font 
entourés d’une frange épaifle de lames minces , contour- 
nées , femblables à des feuilles féches , & dont le tiffu eft 
le même que celui du gateau. Comme ces gâteaux font 
dans des fourerrains où l'humidité pourroit pénétrer , ces 
lames ou feuilles qui les entourent , fervent probablement 
à garantir de cette humidité les cellules qui contiennent 
les œufs & les petits de ces infeûes. Ce que j'avance 


406 HISTOIRE ABRÉGÉE 
paroît confirmé par la manœuvre qu'empioye la derniere 
efpéce de ces infeétes. Au lieu d’entourer fon gateau de 
ces lames qui font longues à conftruire , elle le munit 
de foin , ou de paille en-dehors & de crin en-dedans. Son 
nid reffemble à celui d’un oifeau , & au milieu de ce 
nid elle conftruit les cellules du gâteau-que le foin & 
le crin mettent à l'abri de toute humidité. C’eft dans les 
cellules de ces gâteaux , que ces infectes dépofent leurs 
‘œufs , avec une quantité de miel néceflaire pour la nourri- 
ture des petits qui écloront. Ce miel eft doux , agréable, 
& on en trouve fouvent l’eftomach de ces infeétes rempli; 
mais il n'eft pas polfible d'en ramaffer une certaine quanti- 
té , ces abeilles-bourdons ne faifant point de provifion 
pour l'hiver comme les abeilles domeftiques , & fe con- 
tentant-de ramaffer ce qui eft néceffaire pour chaque petit. 
Ayant examiné des gâteaux aflez confidérables , je n'ai Ja- 
mais trouvé de celluiés remplies de miel , toutes étoient 
occupées par des larves ou des nymphes. Probablement 
ces efpéces d’abeilles n’ont pas befoin de provifions pour 
leur hiver. Celles qui paffent cette faifon reftent engour- 
dies pendant tout ce tems , comme beaucoup d’autres in 
fettes , qui pendant cette efpéce de létargie ne diflipent 
point & ñe prennent point de nourriture. Elles doivent 
même être beaucoup plus engourdies par le froid que les 
abeilles domeftiques qui vivent en grandes troupes,& par- 
là fe réchauffent mutuellement. L’accroiflement & la 
‘nourriture de leurs petits , leurs métamorphofes , leurs 
nymphes font tout - à - fait femblables à celles des abeilles 
des ruches , à la grandeur près ; ainfi nous ne répéterons 
pas ce que nous avons dit fur cet article. Les cellules 
où les petits font aïnfi renfermés , & où ils fe métamor- 
phofent , font couvertes par les meres d’un petit dôme 
brun de même fubftance que les parois de la cellule. 

Les infeûtes parfaits qui en fortent, font brillans pour 
leurs couleurs. Tout leur corps eft couvert de poils ferrés » 
noirs , jaunes ; ou blancs par taches & par bandes , & ces 


DES INSECTES. 407 
petits animaux reffemblent à un velours de plufieurs cou- 
leurs. On les trouve fréquemment l'été fur les fleurs à 
la campagne & dans les jardins. Nous allons examiner 
aétuellement en détail toutes ces différentes efpéces d’a- 
beilles. 

PREMIERE FAMILLE. 


Abeilles proprement dites. 


1. APIS gregaria. Linn. faun. fuec. n. 1003. 


Linn. fyfl. nat. edit. 10 , p. 576 , n. 17. Apis pubefcens, thorace fubgriféo , ab- 
domine fufco , pedibus pofticis glabris utrinque margine ciliatis. 

Moufht. lat. 2. Apis. 

Merian. europ. :, Pel9ytete 

Aldroy. inf. 20. 

Jonft. inf. x , 1.2. 

Charlet. exerc. 36. 

Merret. pin. 196. Apis domeftica feu vulgaris alvearium. 

Raj. inf. 240. Apis. 

Swammerd. bibl. nat. t. 17 ,f. 1,3, 4. 

Reaum. inf. $ ,t.21,23,6. 22 3 fe [295 4e 

Dale pharmac. 386, n. 154 Apis. 


Miles ou bourdons. 


Mouff. lat. 37. Fucus. 
Merret. pin, 196. Fucus. 


L'abeille domeflique ou des ruches. 


Longueur 6 lignes. Largeur 1 E lignes. né 


Nous ne nous arrêterons pas à décrire ici l’abeille ordi- 
naire ; tout le monde connoïît fa forme & fa couleur, 
& quant à fon travail nous l’avons décrit affez au long dans 
l'hiftoire de ce genre , enforte que nous ne ferions que ré- 
péter ici ce que nous avons détaillé plus haut. On peut 
donc confulter fur cet article , ainfi que fur les différentes 
métamorphofes de cet infeéte,ce que nous avons rapporté 
dans le difcours qui eft à la tête de ce genre. 


2. APIS fubhirfuta fufca » abdomine nitido , pedibus 
véllofis. ’ 


Labeille brune à ventre life & pattes velues. 
Longueur 4 lignes, Largeur à ligne. 


408 HISTOIRE ABRÉGÉE 

_ Cette efpéce reffemble très-fort à l'abeille commune 
des ruches. Sa couleur eft ia même ; & à la premiere 
vüe on les prendroit lune pour l’autre. Mais outre que 
celle - ci eft plus petite , elle à encore d’autres différences. 
D'abord elle eft moins velue , & fes pattes au contraire 
font bien plus velues & plus chargées de poils que dans 
l’efpéce commune. De plus fon ventre , du moins à fa par- 
tie fupérieure , eft très-lifle & luifant , & fon premier 
anneau eft arrondi par le haut, & nullement applati du 
côté qu'il regarde le corcelet , en quoi cette efpéce différe 
de la précédente. Cette derniere ‘différence eft la plus 
effentielle. Tout l'infeéte eft aflez allongé. 

Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur. 


3. APIS abdomine fafciis flavis interruptis , apice fpina 
quintuplici recurvä armato. ; 
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. $77;n. 21. Apis nigra , pedibus anticis hirfutiflimis ; 


ano multidentato , abdomine maculis flavis. 
Swammerd. bibl, nat. tab. 16, fig. iv. 


L'abeille à cing crochets. 
Longueur 7 lignes. Largeur 2 = lignes. 


Cette efpéce a un caractere diftin@if particulier ; ce font 
cinq petites pointes recourbées en crochets qui font à l'ex- 
trémité de fon ventre ; favoir, trois fur le dernier anneau, 
deux fur les côtés & une au milieu , & deux fur l'avant 
dernier anneau , une de chaque côté. Maïs ces crochets ne 
fe trouvent que dans les mâles & les femelles, ils man- 
quent dans les mulets. Ces derniers beaucoup plus petits 
que les autres , ont la tête noire un peu velue ; avec la le- 
vre fupérieure & les côtés des machoires jaunes , & deux 
petites raies de même couleur derriere les yeux. Leur cor- 
celet qui eft noir, a de chaque côté une petite raie Jaune 
proche lattache des aïles , & un point de même couleur 
poftérieurement. Les anneaux du ventre au nombre de 
fix , ont chacun une bande jaune afflez large interrompue 
dans fon milieu ;, mais dont interruption eft plus fee 

ans 


DES 1 2I NS ECTS 409 
dans les anneaux fupérieurs que fur les inférieurs. Le ven- 
tre en-deflous a un duvet épais de couleur fauve. Les 

attes font brunes , avec du Jaune fur le deffus des jam- 
Le & des tarfes , & un duvet fauve femblable à celui 
du ventre. : 

Les mâles plus gros que les mulets , en différent , pre- 
miérement, parce que leur corcelet qui eft noir, à de cha- 
que côté une raie longitudinale jaune, au lieu de la petite 
ligne & du point de même couleur qui fe voyent fur celui 
des mulets. De plus ; leur ventre a fept anneaux , dontle 
dernier qui a trois crochets eft tout noir, les fix autres ont 
chacun une bande jaune interrompue dans fon milieu. Ou- 
tre cela fur les trois premiers anneaux , on voit de chaque 
côté un point noir, pofé fur la bande jaune, mais qui 
n’eft point ifolé. : 

Enfin les femelles les plus groffes de toutes font aufi 
beaucoup plus velues. Elles n'ont point de jaune fur le 
corcelet, mais un duvet brun & ferré. Leur ventre a fept 
anneaux comme celui des mâles. Les deux premiers n'ont 
qu'une tache Jaune triangulaire de chaque coté. Les deux 
fuivans ont une bande jaune interrompue dans fon milieu , 
avec un point noir de chaque coté. Le cinquiéme & le 
fixiéme ont la même bande légérement interrompue & 
fans’ aucun point. Enfin le feptiéme ou dernier anneau 
eft tour noir. Le ventre eft plus velu que celui des mâles & 
des mulets, & ila de chaque côté beaucoup de poils bruns 
qui cachent en partie les taches jaunes. Les pattes ont des 
poils blanchatres. j 

On voit ces abeilles fouvent en grand: quantité pen- 
dant l’été fur les fleurs , principalement fur les fleurs raz 
diées & à fleurons. Elles reflemblent d'abord à des guë- 
pes ; à l'exception qu’elles font velues. 


4.A PIS rigra,thorace abdomini/que bafi fuperne lana rufa. 


L'aberille maçonne à poils roux. 
Longueur 7 lignes. Largeur 2 ? lignes. 


Tome IT. 10 8 4 


410 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Celle-ci eft aflez velue. Sa levre fupérieure & le haut de 
fa tête font chargés de poils jaunâtres. Le deflus de fon 
corcelet eft tout couvert de poils roux, ainfi que la partie 
fupérieure de fon ventre , du moins en-deflus. Les pattes 
ont aufli des poils de même couleur, le refte du corps eft 
noir. 

Ces abeilles font du nombre de celles que M. de Reau- 
mur a appellées abeilles maçonres , à caufe de leur travail. 
Pour conftruire leur nid , elles choififfent un mur expofé au 
midi,& ordinairement quelque angle de ce mur formé par 
des pierres ou des corniches qui débordent. Là elles conf 
truifent plufieurs loges avec de la terre délayée, à laquelle 
elles ajoutent une liqueur un peu gluante , & dans chacune 
des loges elles dépofent un œuf, après l'avoir remplie de 
miel. Enfuite elles ferment chaque loge. Le groupe de ce 
nid peut contenir dix , douze ou quinze de ces loges 
femblables les unes aux autres, & tout cet amas reffemble 
à un peu de terre que l’on auroit jettée contre le mur dans 
le tems qu’elle étoit délayée. Lorfque la larve eft fortie 
de l’œuf, elle fe nourrit du miel contenu dans fa loge » 
après quoi elle la tapiffe de fes fils, elle pafle par l'état de 
nymphe & devient abeille parfaite. Pour lors, elle faitavec 
fes machoires une ouverture à fon premier logement, & 
elle en fort , laiffant le nid vuide & percé de difiérens 
côtés fuivant le nombre d’infecles qui en eft forti. On 
trouve fouvent ces nids fur les murs des maifons de cam- 


pagne. 
s. APIS zigra , abdomine füpra lineis albis , fuëtus lana 


. Julva. 


Linn. faun. fuec. n. 1o1c. Apis nigra , abdomine füpra lineis quatuor albis ; 
fubtus lana fulva, 

Linn. [yff. nar. edit. 10; p. 575, n. 4. Apis centuncularis. 

Ra. inf. 242, n. 6. Apis {ylvelris corpore longo anguflo , parva nigra, dorfo 
fanugine rara fulva obfito , abdomine fupino nigro glabro fplendente, prono 
lanugine rufa denfa veftito. . 


L'abeille charpentiere à ventre velu & roux en-defjous. 
Longueur 6 lignes, Largeur 2 3 lignes, 


DES INSECTES, ail 
Cette efpéce eft noire. Les poils de fon corcelet , de fes 
pattes & du devant de fa tête font un peu gris. Le ventre 
eft life , noir en-deflus , & le bord de fes anneaux eft cou- 
ronné de poils blanchîtres ; en- deffous lé ventre ef très- 
velu , & fes poils font roux. Les mulets font plus petits 
d'un tiers que les mâles, mais du refte n’en différent point. 
Cette abeille fait fon nid dans de vieux bois, dans des 
troncs d'arbres pourris qu'elle perce , & c’eft pour cela 
qu’on l’a nommée la charpentiere. 


6. APIS rigra , hirfutie flava , abdomine fupra glabro 
ziterite Clpreo. 


Raj. inf. 242, n. 4. Apis fylveftris, corpore produ&tiore , vulgari mellifica 
paulo minor, thorace fulvo ; abdomine nigro. 


L'abeille fauve à ventre cuivreux. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne: 

Sa tête , fon corcelet ; fes pattes & le deflous de fon 
ventre font couverts de poils roux affez ferrés. Son ventre 
en-deffus eft très-liffe , un peu brillant & cuivreux. Ses an- 
tennes font noires , un peu plus longues que la tête & aflez 
fines. 


7. APIS rigra ; thorace hirfuto fulso ; abdomine glabro 


incifuris albis. 
Roj. inf. pag. 244. Apis fylvefris in terra foramen fibi fodiens, 


L'abeille mineufe à corcelet roux & velu. 
Longueur 3 à lignes. Largeur 1 ligne. 


Sa tête, fon corcelet & fes pattes font couverts de poils 
fauves. Ses antennes font lifles & noires. Son ventre eft 
noir & liffe , mais chaque anneau eft bordé de poils blan- 
châtres , ce qui forme fur le ventre qui eft noir des bandes 
tranfverfes de couleur blanche. 

Cette petite abeille fait en terre des trous dans lefquels 
elle dépofe fes œufs , d’où fortent les petits après leur mé- 
tamorphofe. Elle varie pour la grandeur. 


F£f ij 


412 HISTOIRE ABRÉGÉE 


8. APIS rigra, hirfutie cinerea. 
L'abeille grife. 


Longueur $ à hgnes. Largeur 2 lignes. 

Cette efpéce eft noire , mais fa tête , fon corcelet , le 
deffus de fes pattes , & le haut de fon ventre font couverts 
de poils gris. Ses antennes & le bas de fon ventre fur-tout 
en-deflus font noirs & liffes. Ses antennes qui s'étendent 
prefque jufqu'au bout du corcelet , font compofées de 
treize anneaux; le premier eft le plus long ; le fecond qui fe 
trouve à l'endroit où l'antenne eft ployée, eft très-court & 
fphérique , les onze autres fe diftinguent difficilement 
& femblent ne former qu'une feule piéce. Les ailes ont 
beaucoup de nervures qui repréfentent une efpéce de re- 
feau vers leur milieu ; ces nervures ne paroïiflent point fur 
le bout de l'aile qui eft un peu brun. 

Cette abeille fe met dans des trous horizontaux qu’elle 
pratique dans les terrains coupés perpendiculairement. 


9. APIS riora, hirfurie cinerea , fronte flava , incifuris 


abdominalibus albis. 


L'abeille grife à levre jaune 4 à houppe aux pattes du 
milieu. 
Longueur 6 lignes, Largeur 2 lignes. 

Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente , elle 
eft de même toute couverte de poils gris, mais fa le- 
vre fupérieure , le devant de fa tête , & la bafe de fes 
antennes font d’un jaune citron. Elle a encore un autre ca- 
raëtere fpécifique , c’eft que fes pattes du milieu font fort 
velues, & ont fur-tout à l'extrémité de la jambe & du pied, 
deux houppes de poils affez longs. Ces houppes cependant 
ne fe rencontrent pas dans toutes ces abeilles , les mâles 
n’en ont point & font moins velus que les autres, Les poils 
du bord des anneaux du ventre font blancs, ce qui forme 
des bandes tranfyerfes blanches fur cette partie, 


DES INSECTES. 413 
so. APIS zirfutie flavefcens , fronte flava ;. antennis 


articulatim compreffis corpus æquantibus. 


Linn. fyff. nat. edit. vo , p. 574, n. 1. Apis antennis filiformibus longitudine 
corporis hirfuti fuivique, 


Real 243. Apis fylveltris domeficæ fimilis , antennis nigris longifMimis retro 
reflexis, 


L'abeille à longues antennes. 
Longueur 6 lignes. Largeur 2 3 lignes. 


Cette efpéce eft couverte de poils jaunâtres ; roux, 
quelquefois un peu gris qui font répandus fur tout fon 
corps. Les mulets ont le bas du ventre un peu'plus life, 
les mâles & les femelles lont velu comme par anneaux. 
Dans tous, la levre fupérieure & le devant de la tête font 
d’un jaune citron , & de plus dans les femelles la bafe 
des antennes & les côtés des machoires font de la même 
couleur. Mais ce qui caratérife fur - tout cet infeête , c’eft 
la longueur de fes antennes qui égale celle de tout le 
corps. Elles font noires & compofées de treize anneaux, 
dont les onze derniers ne font diftingués que par un refler- 
rement ou étrangiement , ce qui les fait paroitre comme 
un fil tord. L'animal les porte renverfées fur le dos. 


11. APIS ubhirfuta cinerea , abdomine nigro, Jegmentis 
albidis ; fronte flavefcente. Linn. faun. fuec. n. 1007. 


L'abeille à levre jaune & anneaux du ventre blanchätres, 
Longueur à lignes. Largeur 1 + ligne. 


Cette abeille a beaucoup de rapport avec la précédente: 
Elle eft velue , & fes poils font gris , tirant un peu fur lé 
fauve. Le ventre eft plus life & noir , feulement fes ane 
neaux font bordés de poils gris & blanchâtres. La levre fu: 
périeure & le devant de la tête de l'infeéte font d’un jau- 
ne citron. Enfin fes antennes font noires femblables à cel- 
les de lefpéce précédente , mais elles n’égalent que la 
moitié de la longueur du corps. 

Cette efpéce forme dans la terre des trous horizontaux 


414 HISTOIRE ABRÉGÉE 

qui font fort longs & divifés au bout en plufieurs cellules. 
On voit ces trous dans les terreins coupés perpendiculai- 
rement en forme de murs. 


12. A PIS Æirfurie cinerea , pedibus labioque fuperiore 
flavefc-ntibus ; abdomine glabro nigro ; ëncifuris rufes. 


L'abeille à levre & pattes jaunes & anneaux du ventre 
fauves. 
Longueur 3 + liznes. Largeur À ligne. 

Elle eft noire. Sa tête & fon corcelet font couverts 
de poils un peu gris. Sa levre fupérieure & fes pattes, 
à l’exception cependant des cuifles,font d’un jaune un peu 
citron ; les cuiïfles font noires. Le ventre eft life , d’un 
brun foncé & noirâtre , & le bord de chaque anneau eft 
d'un brun clair tirant fur le fauve. Ses antennes font noires 
& s'étendent prefque jufqu’au bas du corcelet. 


13. APTS Æirfuta , pedibus crocers ; abdomine nioro, 
zncifuris albis. ; 

L'abeille à pattes jaunes & anneaux du ventre blancs. 

Longueur 7 lignes. Largeur 1 à ligne. 

Ses antennes font un peu plus longues que le tiers de fon 
corps. Leur couleur varie , quelquefois elles font noires , 
& d'autres fois jaunes , avec un peu de noir feulement 
à l'extrémité. Les pattes font d’un Jaune fouci. Tout le 
refte du corps de l’infeéte a des poils d’une couleur fauve 
un peu pale , à l'exception du ventre qui eft noir , mais, 
dont les anneaux font un peu blancs vers le bord & un peu 
velus. Cet infette eft étroit & allongé : on le trouve com- 
munément dans les Jardins fur les fleurs. 


14. APIS z0ra , pedibus croceis , abdomine leviter cupreo. 


L'abeille à pattes jaunes & ventre un peu cuivreux. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. , 


Cette petite efpéce eft noire , peu velue , & de couleur 


DESYXINSECTES. 41s 
un peu cuivreufe fur-tout fur le ventre. Ses pattes font 
d’un jaune fouci,, ainfi que fes antennes qui font à peu près 
de la longueur de la moitié du corps. Elle a affez de ref- 
femblance avec la précédente. 


15. APIS #ota viridi-cuprea. 
L'abeille verdätre & cuivreufe. 


Longueur 3 £ lignes, Largeur 1 ligne. 

Sa couleur eft par-tout verdâtre & un peu cuivreufe; 
Elle eft médiocrement velue. Les poils du bord des an- 
neaux du ventre font blancs, & ceux des pattes plus longs 
que les autres font un peu jaunes. 


16. A PIS nigro cœrulefcens , alis nebulofis , fronte femo- 
ribufque poftecis hirfutie flasis. 

Ray. inf. p. 243. Apis fylvefris muraria nigra. 

L'abeille bleuätre à.ailes nebuleufes. 

Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes. 

Elle eft d’un noir bleuâtre & affez liffe ; elle n’a de poils 
que fur le devant de la tête , au bout du corcelet & aux 
pattes poftérieures en-deflus. Ces poils font d’un jaune 
pâle ; les aîles font noires principalement vers leurs bords; 
mais leur milieu eft plus clair, ce qui rend l'aile nébuleufe. 
Cette abeille fait fon nid dans les trous des murailles à 
demi-ruinées. 


17. APIS ziora, abdomine rufo nitido, apice nigro. 
L'abeille noire à ventre brun & liffe. 


Longueur 42 lignes. Largeur 1 + ligne. 


Tout l'infeëte eft noir, prefque life , fon ventre feul eft 
de couleur brune ;, avec les deux derniers anneaux un peu 
noirs. Ce ventre eft très- life & luifant. Les antennes qui 
vont Jufqu’à la moitié du corcelet,font compofées de trei- 
ze articles , dont le premier eft plus long , le fecond fort 
court & globuleux, & les onze autres peu diitinats, Les ai: 
les font brunes. 


416 HISTOIRE ABRÉGÉE. 


N.B. Il y en a une toute femblable qui poutroit bien 
n'être qu’une variété de celle-ci. Elle eft beaucoup plus 
petite, n'ayant que deux lignes de long fur une demi-ligne 
de large. Du refte fa forme & fa couleur font les mêmes ; 
elle femble feulement avoir un peu plus de noir à Pextré- 
mité du ventre. 


18. APIS zigra, abdomine rufo nitido, éncifuris nigrs. 


L'abeille noire , à ventre brun & anneaux noirs. 
Longueur 4 lignes, Largeur \ ligne. 

Sa tête & fon corcelet font noirs & couverts de poils 
roux peu ferrés. Les pattes font pareillement noires avec 
quelques poils femblables. Le ventre ef liffe, brun, lui- 
fant, & fes anneaux font tous bordés de noir, qui forme 
des bandes tranfverfes fur le ventre. 


SECONDE FAMILLE. 
Abeilles - bourdons. 
19. APIS #irfuta atra, alis violaceis. 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 578, n. 29. Apis hirfuta atra , alis cœrulefcentibus, 
Petiv. gazoph. 1. 12, f. 5. Bombylius lufñtanicus e nigro cœærulefcens. 

Reaum. inf. om. 6 , tab. $ fe 13 2e 

L'abeille perce-bors. 

Longueur io lignes. Largeur 3 x lignes. 

Cette abeille eft toute noire & velue. Ses aïles font auffi 
d’un noir violet. On la voit fouvent voltiger fur les fleurs 
en bourdonnant. Elle fait fon nid dans de vieux bois, 
comme nous l'avons expliqué dans le difcours prélimi- 
naire de ce genre. 

20 APIS Æirfuta atra, ano fufco. Linn. faun. [uec. n, 

1014. 


Linn. [fe nat. edit. 10, p. 579, ñ. 35. Apis fubterranea. 

AG. Up]: 1736,p.28 ,n. 14. Apis hirfuta nigra, abéominis apice fufco. 

Raj. nf. 246, n. 1. Bombylius maximus , totus niger, exceptis duobus extre- 
mis abdominis annulis rubris. 
L'abeille 


DES INSECTES. 417 
L'abeille noire à ventre brun vers l'extreémire. 


Elle eft à peu près de la groffeur & de la figure de l’a- 
beil!le perce-boïs. Ses aîles font noires, ainfi que tout fon 
corps ; l'extrémité de fon ventre feulement eft brune , & 
il y a quelques poils jaunes, mais peu apparens autour 
du col. 

21. APIS Æirfuta atra, ano fulvo. Linn. faun. [uec. n. 

1015. 

Linn. fÿff. nat. edit. 10,p. 579, n. 31. Apislapidaria. 

AG, Upf. 1736, p.28 ,n. 13. Apis hirfuta nigra , abdominis apice rubro. 

Raj. inf. p. 146 , n. 2. Bombylius minor , præcedenti concolor , abdomine 
imo pallidius rubente feu fulvo. 


Reaum. inf. tom. 6 , tab, 1, fig. 1,2,3,4. 
Frifch. germ. 9 ,p.25,n.2. 


L'abeille noire avec les derniers anneaux du ventre fauves. 


Sa gtmdeur varie beaucoup ; j'en ai qui ont neuf lignes 
de long , & prefque cinq de large ; d’autres n’ont que fix 
lignes & demie de longueur , & deux & demie de largeur. 
Les unes & les autres font toutes noires avec les trois 
derniers anneaux du ventre couverts de poils fauves rou- 
geâtres. Elles n’ont aucun poil jaune fur le col. 


22. APIS zigra , fronte bafique thoracis flavis , ana 
fulvo. 

Raj. inf. p. 247, n. 10. Bombylius medius niger, ano fulvo feu rufo,cum dupli- 
ci tran{verfa area lutea , altera fuper fcapulas , altera per medium abdomen, 

L’abeille noire à couronne du corcelet citron , & extrémité 


du ventre fauve. 
Longueur 6 lignes. Largeur 2 3 lignes. 


Elle eft noire : les poils du devant de fa tête , aïnfi que. 
ceux du col ou de la bafe du corcelet font de couleur ci- 


tron. Les derniers anneaux du ventre font couverts de 
poils fauves. 


23. APIS ziora , thoracis abdominifque bafi flavis , 
ano fulvo. 


Tome IL Ggeg 


418 H1ISTOIRE ABRÉGÉE 
Raj. inf. p.247. n. 7: 


L'abeille noire à couronne du corcelet & haut du ventre 


citron , & l'extrémité du ventre fauve. 
Longueur. 6 lignes. Largeur 2 3 lignes. 


Sa tête eft toute noire. Les poils du col ou de la bafe 
du corcelet font de couleur citron, ainfi que ceux du haut 
du ventre. Le milieu du ventre eft noir & fes derniers 
anneaux font couverts de poils fauves. 


NW. B. APIS flava, abdominis medio nigro , ano fulvo. 


Celle-ci paroït n'être qu'une variété de Ia précédente 
dans laquelle le jaune citron de la bafe du corcelet couvre 
toute cette partie , enforte qu'elle eft par-tout de cette 
couleur , à l'exception d’une petite bande noire vers fon 
extrémité. Le ventre eft comme dans l’efpéce ci-deffus , 
mais le devant de la tête eft couvert de poils cites. 


24 A PIS xigra , thoracis abdominifque baft flavis ; 


ano albo. 


L'abeille à couronne du corcelet & haut du ventre citron, 


& l'extremite du ventre blanche. 
Longueur 7 lignes. Largeur 4 lignes. 


Sa tête eft toute noire. Les poils de la bafe de fon cor- 
celet , ainfi que ceux du haut de fon ventre font d’un beau 
citron & forment deux bandes brillantes. Le milieu du 
ventre eft noir & fes derniers anneaux font couverts de 
poils blancs. 

Parmi ceux que je décris, il y a des mâles & des femel- 
les ; celles-ci font plus grandes d’un tiers que les autres. 


25. APIS rigra ; thoracis bai & apice, abdominifque 
bafi flavis , ano albo. 


Linn. faun. fuec. n. 1018. Apis hirfuta fulva , abdominis medio nigro, ano 
albo. 

Linn. [yft. nat. edit. 19, p. 579 , n. 33. Apis hypnorum. 

AG. Upf. 1736, p. 28, n. 17. Apis hirfuta, collari fulvo , abdominis bafñ falva, 
medio nigro ; ano albo, 


DES INSECTES. 419 


L'abeille à couronne & extrémité du corcelet, & haut du 
ventre citron , & l'extrémité du ventre blanche. 
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes. 

Sa tête eft noire : les poils de la bafe & de l'extrémité 
du corcelet font de couleur citron, & le milieu eft noir. 
Le haut du ventre a de même des poils citrons , fon mi- 
lieu eft noir, & les derniers anneaux font couverts de 
poils blancs Ceux que je décris font tous mâles. 


26. APIS zigra, thoracis bafi flava , ano fupra flavo 
apic: albo. 


L’'abeille à couronne du corcelet citron , & extrémité du 
ventre mi-partie de citron & de blanc. 
Longueur 10 lignes. Larzeur 4 lignes. 

Cette grande efpéce ef noire. Le haut ou la bafe de fon 
corceler a une bande de poils jaunes citrons. Les deux 
tiers fupérieurs du ventre font noirs , enfuite il y a quel- 
ques poils Jaunes, & fon extrémité eft blanche. Les ailes 
font brunes. 


27. APIS zigra, abdomine fulvo. 


L'abeille noire à ventre fauve. 
Longueur $ + lignes. Largeur 3 lignes. 

Sa tête & fon corcelet font entiérement noirs ; fon ven- 
tre eft tout couvert de poils fauves. 


28. APIS shorace fulvo , abdomine flavo ano fulvo. 


Linn. [yft. nat. edit. 10 ,p. 579 , n. 31. Apis mufcorum. 

Linn. faun. fusc. n. 1017. Apis hirfuta fulva , abdomine flavo. 

A, Upf. 1736, p. 28, n. 18. Apis hirfuta , collari fulvo , abdomine flavo: 
Frifch. germ. o, pag. 16, n. 8. 

Reaum inf. tom. 6, tab. 2 sfG- 1,25 3 

L'abeille fauve, à ventre jaune & extrémité fauve. 
Longueur $ lignes. Largeur 2 Z lignes. 


Cette abeille a la tête noire. Son corcelet eft tout cou- 
vert de poils roux, & Les poils de fon ventre font Jaunes, 
Gegi 


420 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fi ce n’eft vers l'extrémité où ils font aufli roux. Ses pattes 
& f:s antennes font noires. Elle fait un nid fphérique en- 
touré de paille ou de foin en-dehors , muni de crin en- 
dedans , & rempli de petites cellules en godets. 


FORMICA. 
LA FOURMR 


Antenne frailæ , articulo Antennes brifées dont le 


primo longiore. premier anneau efttrès long. 
Alæ inferiores breviores, neutris  Aîles inférieures plus courtes, 

nulle. & point d’ailes dans les mulets. 
Os maxillofum. Bouche armée de machoires. 


Abdomen petiolo brevi thoraci Ventre attaché au corcelet par 
connexum cum fquama interme- un pédicule court , avec une pe- 
dia. tite écaille entre deux. 

Ocelli tres, Trois petits yeux lifles. 


La fourmi a beaucoup de caraéteres communs avec les 
infcétes dont nous avons traité en dernier lieu & fur-tout 
avec les guêpes & les abeilles : mais parmi les caraëteres 
différens que nous donnons de ce genre, il y en a deux 
qui lui font propres & eflentiels. Le premier & le principal 
conlifte dans cette petite écaille relevée qui fe trouve pla- 
cée dans la fourmi précifément entre le corcelet & le ven- 
tre , à l’endroit où ces deux parties fe tiennent par un pé- 
dicule mince & court. Cette écaille fe trouve dans toutes 
les efpéces de fourmis, dans tous les individus foit mâles 
foit femelles ; foit dépourvus de fexe ou mulets. L'autre 
caraétere n’eft pas fi diftin@if, il ne fe voit qu’en compa- 
rant ces dernieres fourmis aux autres. Les males & les fe- 
melles de ce genre font ailés, mais il y a des fourmis ou- 
vrieres, des fourmis dépourvues de fexe, comme dans 
les abeilles , qui n'acquiérent jamais d'ailes. Ce caraétere 
eft propre à la fourmi , mais pour le voir il faut fuivre ces 
infeétes avec attention, au lieu que le caraétere précédent 
fe trouve dans toutes les fourmis, dans tous les âges , 


DES INSECTES. 421 
dans tous les fexes , & ne fe trouve que dans la fourmi 
feule. 

D'après ce que nous venons de dire , on voit déja que 
dans les fociétés de fourmis qui font toutes nombreufes , 
il y en a de trois différentes fortes , de même que dans les 
ruches des abeilles , favoir des mâles , des femelles, & 
des ouvrieres qui n’ont point de fexe. Les deux premieres 
ont des aîles , les dernieres n’en ont point , & n'en acquié- 
rent jamais , quoique différens Naturaliftes ayent avancé le 
contraire. Les mâles font de toutes les fourmis les plus 
petites : je les ai toujourstrouvés moins gros que les four- 
mis ouvrieres , malgré ce que quelques auteurs ont pré- 
tendu. Ces mâles , outre leur petiteile, font reconnoiffa- 
bles par la groffeur de leurs yeux, qui eft confidérable par 
rapport à leur corps, & de plus ils font ailés. Les femelles 
pareillement aîlées font très-grandes & très-grofles , & 
furpaffent de beaucoup toutes les autres fourmis , mais 
leurs yeux font plus petits à proportion que ceux des mä- 
les. Enfin les ouvrieres tiennent le milieu pour la groffeur 
entre les mâles & les femelles, elles ont les machoires 
plus grandes que les uns & les autres, & elles font dé- 
pourvues d’aîles. On ne rencontre guéres dans les four- 
milieres que les ouvrieres & les femelles. Ces dernieres 
s’y rendent pour dépofer leurs œufs. Les mäles volent 
aux environs , & vont s’accoupler avec les femelles qui 
voltigent aufli , mais ils ne s’approchent guéres de l’habita- 
tion générale. C’eft peut-être ce qui aura trompé différens 
Naturalifies , qui voyant dans les fourmilieres des fourmis 
ailées beaucoup plus groffes que les autres, auront indif- 
tinement regardé ces fourmis comme des males & des 
femelles. De-là ils ont avancé que les males étoient plus 
gros que les ouvrieres. Mais ces fourmis ailées n’étoient 
toutes que des femelles. On ne voit guéres les males à la 
fourmiliere , mais on les trouve plus aifément le foir en. 
été , voltigeans tout accouplés avec leurs femelles Ces 
derniereS en yolant les emportent en l’air avec elles, & 


422 HISTOIRE ABRÉGÉE 

on eft tout furpris en les attrappant au vol, de voir qu’au 
lieu d’un feul infeéte on en a fuifi deux, dont ityena 
un infiniment petit par rapport à l’autre qui eft cinq ou 
fix fois plus gros que lui. 

Quoique la fourmi foit un infeête des plus communs, 
que l’on eft à portée de voir & d'examiner tous les jours, 
il en eft cependant peu fur lefquels on ait débité autant de 
contes & de faits controuvés. Prefque tous les auteurs ont 
attribué à la fourmi une prévoyance & une intelligence 
fupérieure , qui lui faifoient amafier des provifions confi- 
dérables pour pañler l'hiver. Ils ont été plus loin , ïis ont 
décrit dans le plus grand détail les prétendus greniers fou- 
terrains qu? conftruifoient ces infeëtes , les galeries difé- 
rentes qui y conduifoient, & la police & l'ordre qui ré- 
gnoient dans ces vilies fouterraines. Il eft ficheux que 
tous ces détails fi beaux & fi élégamment décrits, n'ayent 
jamais exifté que dans l’imagination & les ouvrages des 
auteurs qui en ont parlé. D’autres Naturalifies modernes 
qui paroiflent avoir obfervé davantage les fourmis, & 
avoir apperçu le peu de fondement de toutes ces fables , 
ont néanmoins donné dans d’autres erreurs ; les uns en 
attribuant au bout d’un certain tems des ailes à tous les 
babitans de la fourmiliere , même aux fourmis ouvrieres 
ou fans fexe ; les autres en faifant les males beaucoup plus 
gros qu'ils ne font; d’autres enfin en s’imaginant qu après 
un certain tems les fourmis ailées perdoient leurs ailes. 
Nous allons nous borner à décrire fuccin£tement l'hifloire 
de ces infeétes , en re@tifiant les faits qui ont été avancés 
fans fondement, & en débaraffant notre récit du faux mer- 
veilleux dont on a décoré les fourmis. 

Ces petits infeêtes habitent ordinairement des trous 
fouterrains , qu’ils creufent volontiers au pied d’un arbre 
ou d'un mur, dans un terrein ferme & fec : c'eft ce que 
l'on nomme la fourmiliere. L'entrée de cette habitation 
eft un peu ceintrée en voute, foutenue par des racines 
d'arbres ou de plantes,qui empêchent en même tems l'eau 


DES INSECTES. 423 
de pénétrer dans cette ouverture. Quelquefois il y a deux 
ou trois entrées pour une feule demeure. Elles conduifent 
_ À une cavité fouterraine enfoncée fouvent d'un pied & 

plus en terre , aflez large , irréguliére en-dedans, mais 
fans aucune féparation ni galerie. C’eft dans cette ouver- 
ture que fe retirent les fourmis & qu'elles fe mettent à 
Pabri. On fent qu’une pareille cavité doit avoir coûté 
beaucoup de peines & de travaux à des infeëtes aufli pe- 
tits. Ils ne peuvent détacher à la fois qu'une très-petite 
molécule de terre , & l'emporter enfuite dehors à laide 
de leurs machoires. Mais le nombre des ouvrieres fupplée 
à leur force & à leur grandeur. Ce nombre prodigieux de 
fourmis travaille à la fois fans s’incommoder & s’embaraf- 
fer. Elles ont foin de fe partager en deux bandes dont l’u- 
ne eft compofée des fourmis qui emportent la terre de- 
hors, l’autre de celles qui rentrent pour travailler, par ce 
moyen louvrage va continuellement & fans interruption. 
Ce font les fourmis ouvrieres ou fans fexe qui feules font 
chargées de ce pénible travail, les mâles & les femelles 
ne font rien. Ce font aufli ces mêmes ouvrieres qui feront 
pareillement feules occupées de l'éducation & de la nour- 
riture des petits. Lorfque la fourmiliere eft creufée , les 
fourmis s’y retirent les foirs , & ce n’eft qu'après ce tra- 
vail fait qu’elles penfent à manger ; jufques-là on les voit 
uniquement occupées de leurs travaux, pas une ne porte 
de la nourriture à l'habitation. Mais leur ouvrage fini, 
elles vont à la picorée. Tout leur eft bon , fruits, graines, 
infetes morts, charognes , pain, fucre , elles mangent de 
tout. Dès qu’elles ont trouvé quelque butin , elles s’en 
chargent pour le porter à la fourmiliere , & en faire part 
à leurs compagnes. On voit ces infeêtes porter ou tirer 
des fardeaux beaucoup plus péfans qu'eux. Si le morceau 
eft trop lourd , les fourmis fe mettent quelquefois trois ou 
quatre après , ou bien elles le déchirent avec leurs ma- 
choires & l’emportent piéce à piéce. Il fembie que celles 
qui ont fait quelque bonne découverte en faffent part à 


424 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Icurs compagnes. Eneffet , dès qu’elles font retournées au 
domicile commun , on voit toute la fourmiliere fe mettre 
en marche & former une efpéce de proceflion. Toutes 
vont l’une après l’autre prendre une part du butin, & elles 
le rapportent dans le même ordre à la fourmiliere , en 
formant une autre bande qui n'interrompt point la file de 
celles qui viennent, Si dans la marche quelqu’une vient à 
périr par accidens ou autrement, quelques-unes empor- 
tent aufli-tôt fon corps affez loin. 

La nourriture que les fourmis rapportent ainfi à leur 
habitation n’eft point mife en réferve ; elle eft confonimée 
entr'elles fur le champ, & fur-tout elle eft partagée à leurs 
petits. On trouve tout au plus dans le fouterrain quelques 
reftes qui n'ont pû être mangés tout de fuite , encore les 
fourmis les emportent - elles promptement dehors dès 
qu’ils commencent à fermenter ou à fe goûter. 

Mais le principal foin des fourmis regarde leurs petits. 
Ces infeëtes reflemblent en cela aux abeilles & à beau- 
coup d’autres. Ils ne travaillent avec tant d’ardeur & d’ac- 
tivité que pour la propagation de leur efpéce. Ce font les 
femelles ailées qui dépofent leurs œufs. C'eft pour cette 
raifon qu'on trouve ces femelles dans les fourmilieres 
mêlées avec les ouvrieres , mais en beaucoup plus petit 
nombre. On les voit fur-tout dans le fort de l'été, dans le 
tems de la ponte. Dans les tems froids il n'y en a aucune, 
toute [a fourmiliere n’eft compofée que des ouvrieres qui 
n'ont point d'ailes. Le feul travail des femelles eft de dé- 
pofer leurs œufs ; les ouvrieres ont foin du refte. Ces œufs 
font blancs, petits & prefqu'imperceptibles. Au bout de 
quelques jours il en fort une petite larve blanche, & fem- 
blable en tout à un vermifleau. Cette larve groflit beau- 
coup, elle devient même plus groffe que les fourmis , & 
ce font ces efpéces de vermiffeaux ou larves blanches, que 
lon nomme improprement œufs de fourmis. Les ouvrie- 
res ont les plus grands foins de ces petites larves. Com- 
me elles font tendres & délicates, elles ont attention FT 

e 


DES INSECTES. 425$ 
le-milieu du jour pendant la chaleur de les apporter à 
l'entrée de leurs fouterrains pour leur faire fentir l'influen- 
ce de l’air doux. A lapproche de la nuit , ellesles repor- 
tent au fond de la fourmiliere , pour les garantir du froid. 
On voit les fourmis porter avec leurs machoires ces lar- 
ves fouvent beaucoup plus grofles qu'elles, fans cepen- 
dant les blefler. Elles les nourriffent avec le même foin; 
dès qu'elles ont été à la picorée , elles commencent par 
donner à manger à ces petits ; pour elles , elles ne man- 
gent qu'après qu'ils en ont eu fufhfamment. Si les vivres 
font rares , elles donnent tout à leurs petits , toutes les 
autres font diette. Auffi ces larves fi bien nourries croif- 
fent-elles fort vite. Lorfqu'elles font fort groffes , comme 
elles n’ont point de pattes , elles reffemblent à une efpéce 
d'œuf allongé. Quelques Naturalifles même ont cru que 
ces prétendus œufs de fourmis étoient des efpéces de co- 
ques qui renfermoient leurs larves , & croifloient avec 
elles. Quoi qu'ilen foit, lorfque la larve eft parvenue à fa 
groffeur , elle fe change en nymphe. Swammerdam affure 
pofitivement qu'avant cette métamorplhofe , la larve fe 
file une coque dans laquelle la nymphe eft renfermée. 
Pour moi je n'ai pû découvrir aucune de ces coques dans 
les fourmilieres : mais comme les nymphes fonc dans les 
commencemens fort molles & prefque fluides, elles font 
enveloppées d'une peau blanche tendre & tranfparente, 
qui à plus l’air d'une pellicule que d’une coque filée. A 
mefure que la nymphe fe fortifie & prend de la confiften- 
ce , cette peau qui paroifloit remplie de fluide, fe colle 
& s'applique fur les différentes parties de la nymphe, qui 
deviennent très-reconnoiffables. Dans cet état on difiüin- 
gue fur la nymphe toutes les parties de la fourmi, de mé- 
me que dans les nymphes des abeilles , des guêpes & de 
plulieurs autres infeétes. 
Les fourmis ont pour ces nymphes les mêmes foins 
qu’elles ont eu pour leurs larves, fi ce n’eft qu’elles n’ont 
as befoin de leur donner de nourriture. Enfin lorfque la 
Tome II. Hhh 


426 HISTOIRE ABRÉGÉE 
nymphe eft parvenue à fa perfeétion, elle auitte fon en- 
veloppe & devient un infeëie parfait, une véritable four- 
mi , aîlée fi elle eft male ou femelle, & fans ailes Iorf- 
qu'elle eft du nombre des ouvrieres. Swammerdam pa- 
roit penfer que les males font les feuls parmi les fourmis 
ui ayent des ailes , mais j'ai fouvent trouvé des femelles 
ailées , & même des mâles & des femelles accouplés en- 
femble & tous les deux ailés. Cet accouplement ne fe fait 
point dans la fourmiliere , c’eft ordinairement en l'air qu’il 
fe pañle , & ces infeétes volent attachés enfemble , com- 
me nous l'avons déja dit. La femelle fécondée va enfuite 
retrouver la fourmiliere pour y dépofer fes œufs. Cela 
fait , tous les mâles périflent , ainfi qu'une grande partie 
des femelles, & on ne trouve guéres que des ouvrieres 
dans le commencement de l'hiver. Dans cette mauvaife 
faifon elles reftent dans leur fouterrain , où elles font en- 
gourdies fans aucun mouvement , comme beaucoup d’au- 
tres infeétes , & entaflées les unes fur les autres. On voit 
par-là combien il feroit inutile à ces infeétes de faire les 
provifions qu’on leur à attribué , & combien leur préten- 
due prévoyance feroit mal entendue , puifque pendant le 
froid ils font fans mouvement & ne peuvent prendre de 
nourriture. Aufli réellement ne font-ils aucun amas. Mais 
dès que les premieres chaleurs du printems fe font fentir, 
les fourmis commencent à fe réveiller de leur état léthar- 
gique , & elles fortent de leur demeure pour aller jouir 
de l'air & chercher des alimens. 

Il eft facile de juger par le détail que nous venons de 
donner , à quoi fe réduit tout ce que l’on a avancé d’ex- 
traordinaire & de merveilleux fur les fourmis. Ce que l’on 
doit le plus admirer dans ces infettes, c’eft leur tendrefle 
pour leurs petits. 

Les fourmis ont beaucoup d’ennemis. Les oifeaux de 
différentes efpéces, & beaucoup d'infeétes leur font la 
guerre. Nous avons parlé de la Jolie chafle que leur fait 
le fourmilion. 


DES INSECTES. 427 

On a cru pendant long-tems que ces animaux portoient 
une grande amitié aux pucerons qu’ils recherchent , autour 
defquels ils s'amaflent , & qu'ils femblent lécher & caref- 
fer. Mais en parlant des pucerons nous avons fait voir que 
cette prétendue amitié n'étoit fondée que fur ce que les 
fourmis font fort friandes d'une efpéce de liqueur fucrée 
& mielleufe que rendent les pucerons & dont fouvent ils 
font enduits. 

Quand aux efpéces de fourmis dont nous allons donner 
le dérail, elles ne font pas nombreufes ; nous n’en con- 
noiffons que fix, peut-être y en a-t-il encore quelques 
autres que nous n'avons pas obfervées. 


1. FORMICA zigra, alarum dimidio fufco. 


Caen A \ 2 rs 
La grande fourmi à aïles à moitié brunes. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne. 


Cette fourmi la plus grande de ceiles que je connoifle 
dans ce pays-ci , eft toute noire, life , mais peu luifante. 
Ses ailes qui font plus longues que fon ventre, & qui dé- 
bordent le corps d'un tiers, ont leur moitié fupérieure bru- 
ne avec des nervures plus foncées , & leur moitié infé- 
rieure blanche. 


2. FORMICA rigra , antennis pedibufque flavis. 


La fourmi noire à antennes & pattes jaunes. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur + ligne, 

Sa couleur eft noire à l'exception de fes pattes & de 
fes antennes qui font Jaunes. Ces dernieres font environ 
de la longueur de la moitié du corps. Le ventre eft plus 
luifant que le refte de l’infeéte. Les yeux font affez petits, 
comme dans toutes les efpéces de ce genre. Les ailes qui 
ne font guéres plus longues que le corps font blanches , 
avec des vaiffaux bruns dans leur partie fupérieure , & un 
point marginal brun. Cette fourmi eft aflez rare. 


3. FOR MICA fu/ca , pedibus rufis , thorace macula 
Jflava. Planch, 16, fig. 4. 
Hhh i 


428 HISTOIRE ABRÉGÉE 


La fourmi brune à pattes fauves. 
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne. 


Je foupçonne cette efpéce d’être la même que M. Lin- 
næus a défignée fous le nom de formica magna faun. fuec. 
n. 1019, & que Raj appelle £ipromyrmex, page 69 de 
fon hiftoire des infeétes. Quoi qu'il en foit , la nôtre eft 
toute d’une couleur brune noirâtre à l'exception de fes 

attes qui font rougeñtres , & d’une tache de même cou- 
ÉE prefque quarrée , divifée en deux vers le haut qui fe 
trouve fur le corcelet. Le devant de ce corcelet eft aufli 
un peu rougeûtre. Les aîles plus longues que le ventre, 
font veinées de brun dans leur partie fupérieure. Les mâ- 


les de cette efpéce n'égalent pas la cinquiéme partie de 
la groffeur de leurs femelles. 


4 FORMICA fufca , thorace fulvo. 


Linn. faun. fuec. n. 1010. Formica rufa. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 580, n. 2. Formica thorace compreffo ferrugi- 
neo , capite abdomineque nigris. 


Ruj. inf. p. 69. Formica media rubra. 
Aë, Stockholm. 1741, p. 39. Pifl-myror. 


La fourmi brune , à corcelet fauve. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. 

« La partie poftérieure de fa tête, fon ventre & fes pat- 
tes font de couleur brune. Le devant de fa tête & fon 


corcelet font d’un fauve jaunatre. Cette efpéce eft une 
des plus communes dans les jardins. 


s FORMICA fufca. Linngaun. Tec. n. 1021. 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. $80, n. 3. Formica cinereo-fufca, tibiis pallidis, 
Rüaj. inf. p. 69. Formica media, nigro cotore fplendens, 
A6. Stockhol. 1741, p. 40, Swart-myror. 


La fourmi toute brune. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur : ligne. 

Sa couleur eft toute brune. Elle eft fort liffe & luifante. 
Ses aîles débordent fon corps de près de moitié: elles font 
blanches & leurs nervures ne font prefque point marquées. 


DES INSECTES. 429 
6 FORMICA arra. Linn. faun./fuec. n. 1023. 


Linn. fyft. nat, edit, 10, p. 580, n. 4. Formica tota nigra nitida, tibiis cine- 
rafcentibus. 


Raj. inf. p. 59. Formica minor e fufco nigricans, 
Aë, Stockhol. 1741 , p. 41. Sma-myror. 


La fourmi toute noire. 
Longueur 1 5 ligne. Largeur 3 ligne, 

Elle eft toute noire & peu luifanre. Ses aîles débordent 
le ventre de plus de moitié, & font un peu brunes dans 
leur partie fupérieure. 


£gF Il faut remarquer que les dimenfions que nous 
avons données des différentes efpéces de fourmis , font 
toutes prifes fur celles qui font aïlées, & particuliérement 
fur les femelles qui font les plus grandes, Les mâles & 
les mulets font beaucoup plus petits. 


430 HISTOIRE ABRÉGÉE 


ER NS ER Ré 


SECTION CINQUIÉME. 


LNSE CF 'E'S LD T'P'T'EMRYESS: 
OU 
ENSECTES..A-D EUX A ILES, 


Tous les infeêtes que nous avons examinés dans les 
fe&tions précédentes , ont quatre ailes , foit que toutes les 
quatre foient minces & tranfparentes , foit que les deux ai- 
les fupérieures foient épaifles , dures , opaques & forment 
des efpéces d'étuis comme dans les coleopteres. Les petits 
animaux que renferme cette cinquiéme feétion , différent 
des autres en ce qu'ils n’ont que deux ailes. Ce caractere 
facile à appercevoir , les diftingue aifément , & leur a fait 
donner le nom de dpteres , infeéla diptera , qui veut dire 
infeétes à deux ailes. 

Ces infeétes font compofés , comme la plüpart des au- 
tres , de trois parties principales ; favoir , la tête , le corce- 
let & le ventre. 

Dans la tête , on remarque d’abord les deux gros yeux à 
refeau plus ou moins grands , fuivant les différens genres , 
mais qui d’ailleurs n’ont rien de particulier dans les infec- 
tes de cette fettion , fi cependant on en excepte le genre 
des taons , dont les yeux font remarquables par leurs cou- 
leurs. Ces nuances différentes des yeux des taons , fe per- 
dent & difparoiffent lerfque l'infeête eft mort , enforte 
qu'on ne peut les appercevoir fur le fec. Mais lorfque 
l'animal eft vivant , on voit différentes rayures rouges, 
jaunes & verdâtres qui panachent l'œil en formant des 
efpéces de canelures. 

Outre ces deux grands yeux à refeau , la plüpart de ces 
infectes ont les petits yeux liffes dont nous avons déja par- 
lé. Il y a cependant deux genres fur lefquels il n'en paroit 


DES INSECTES. 43r 
aucun, celui des coufins & l’hippobofque. M. de Reaumur 
prétend auffi dans un endroit de fon Ouvrage ; que les 
tipules en font dépourvues. Néanmoins je les ai apperçus 
fur ces infeétes. Ainfi , à l’exception du coufin & de l'hip: 
pobofque , tous les autres genres de cette feétion ont 
des petits yeux liffes. Ces yeux font placés fur la partie 
poñtérieure de la tête,& je les ai toujours obfervés au nom- 
bre de trois fur les infeétes à deux aîles , ni plus ni moins, 
quoique de grands Naturaliftes en ayent attribué jufqu’à 
quatre à certaines mouches & deux feulement à d’autres. 

Les antennes varient beaucoup dans cette fe&tion , auffi 
font-elles une partie confidérable du caraëtere de ces in- 
fe&tes. La mouche, le ftomoxe & la volucelle nous en 
offrent qui font d’une forme particuliere , & qui ne ref- 
femblent en aucune façon à celles des infe@tes que nous 
avons vûs jufqu'ici. Dans ces différens genres, l'antenne 
eft compolé de quelques articulations dont les premieres 
font petites & courtes , & la derniere qui eft grande , lar= 
ge & applatie forme une efpéce de palette. Outre cette 
finguliere configuration , on voit partir latéralement de 
Pavant dernier anreau de cette antenne une efpéce de 
poil , qui dans les unes ef life & velu dans les autres. Le 
genre du bibion a encore des antennes dont la forme mé- 
rite d'être examinée. Elles font compofées d’anneaux ap- 

latis & lenticulaires enfilés par leur milieu, ce qui les fait _ 
reffembler à ces anciens ifs découpés qu’on voit encore 
. dans quelques Jardins. Toutes ces antennes différ:ntes 

font placées fur le devant de la tête. Il y a cependant un 
genre , c'eft celui de la nemotele , où les antennes ne pa- 
roiflent pas pofées fur la tête même , mais fur une efpéce 
de bec ou gaine pointue qui couvre la trompe & lui fert 
d'étui. 

La bouche eft de toutes les parties de la tête celle qui 
varie le plus parmi les genres de cette fe&tion. Nous en 
avons aufli tiré un des principaux caraëteres. Quélques in- 
” feûtes, comme lœfre , paroïffent n’en point avoir du tout ; 


432 HISTOIRE ABRÉGÉE 
on apperçoit feulement au devant de la tête trois petits 
points noirs qui paroiflent tenir lieu de la bouche, mais qui 
ne peuvent fervir à ces infeëtes pour prendre de la nourri- 
ture. Aufli n'en prennent -ils point lorfqu'ils font devenus 
infectes parfaits. Dans ce dernier état , ils ne vivent que 
fort peu de tems , aïlez feulement pour s’accoupler & dé- 
pofer leurs œufs , après quoi ils périffent fans avoir pris 
aucune nourriture ,; & fans avoir en befoin d'en prendre. 
D’autres infeétes , comme l’afile , le ftomoxe , le coufin, 
ont à la bouche une trompe fimple plus ou moins aigue, 
creufe en-dedans , avec laquelle ils favent piquer les ant- 
maux & pomper le fang qui leur fert de nourriture. La 
trompe de quelques-autres eft plus finguliere. C’eft un 
Corps flexible , membraneux , creux en-dedans , ouvert 
par le bout , qui peut fe gonfler, fe dilater , & s’appliquer 
plus ou moins fortement aux différens corps qu'il rencon- 
tre. Cette trompe paroïît reflembler en petit à celle de 
l'éléphant. L'infecte fait l’étendre, la raccourcir, la ployer 
en différens fens , à caufe de fa grande flexibilité. Beau- 
coup d’infeétes de cette feétion font pourvus d’une pareille 
trompe. Elle eft nue & fimple dans la mouche , dans Ja 
mouche-armée , dans le fcatopfe , & ces infeétes la reti- 
rent feulement dans une fente qui eft au-devant de leur 
tête. Dans la volucelle & la nemotele, il y a une efpéce de 
bec dur, ou une gaine avancée fous laquelle cette trompe 
fe loge. Erfin dans le taon qui eft pourvu d'une pareille 
trompe, on obferve des corps durs blanchètres & pointus, 
des efpéces de groffes dents qui l’accompagnert à droite 
& à gauche , & dont l'infeéte fe fert pour mordre forte- 
ment , & pouvoir enfuite fuccer le fang des animaux qu'il 
a mordus. Enfin la derniere efpéce de bouche, eft celle 
des tipuies & des bibions qui eft accompagnée de ces bar- 
billons que nous avons déja remarqués à la bouche de- 
quelques - autres infeétes. Dans ceux-ci ils font longs, 
compofés de plufieurs piéces articulées enfemble & au 
nombre de quatre, deux de chaque coté. 

Parmi 


DES INSECTES, 433 

Parmi des infectes qui fe reffemblent affez & quiappro- 
chent les uns dés autres , on eft étonné de rencontrer au- 
tant de variété par rapport à la conformation de la bouche, 
qui eft une partie fi eflentielle à l'animal. On n’en fera pas 
cependant furpris, quand on fera attention à ja différence 
de la nourriture propre à ces différens infeétes. La nature 
les a tous pourvus d’une bouche la plus convenable pour 
prendre l'aliment qui leur eft deftiné. L’œftre n’en prend 
point , il n'a point de bouche , à peine apperçoit-on quel- 
ques traces qui défignent l'endroit où elle devroit fe trou- 
ver. Le taon , le coufin, l’afile, l'hippobofque & le fto- 
moxe fe nourriflent du fang des animaux qu’ils piquent & 
qu'ils incommodent fouvent beaucoup : il leur falloit un 
infttument fort & long qui pût percer la peau fouvent 
très-dure des grands animaux , & pénétrer à travers fon 
épaifleur, jufqu'aux vaifleaux fanguins qui rampent deflous. 
La mouche, la volucelle , le fcatopfe & quelques-autres 
font moins carnafliers : ils fe nourriflent de matieres plus 
tendres , prefque fluides & qui font à leur portée. Une 
fimple trompe leur fuflit pour fuccer des nourritures pref- 
que liquides. On voit par ce court détail que nous pour- 
rions facilement étendre , que ces petits animaux ont tous 
reçu la conformation la plus propre à leur maniere de 
vivre , & plus on étudiera l’hiftoire des infecies , plus on 
fera convaincu de cette vérité. 

Le corcelet eft la feconde partie du corps des infe&tes de 
cette fection. Il fuit la tête , à laquelle il eft attaché par un 
petit étranglement tellement conftruit , que la tête tourne 
fur le corcelet comme fur un pivot. C’eft une efpéce de 
col court & délié comme un fil. La forme du corcelet va- 
rie peu dans ces différens infeétes , il eft feulement plus ou 
moins arrondi. Celui du coufin & de la tipule l'eft telle- 
ment , que ces infectes font comme boffus. Mais ce même 
corcelet mérite d’être confidéré par beaucoup d’autres en- 
droits, D'abord on voit à fa partie inférieure les origines 
des fix pattes dont ces animaux font pourvus , qui toutes 

Tome II, Er1 


434 HISTOIRE ABRÉGÉE 

partent du corcelet. Sur fes côtés , on apperçoit quatre 
ftigmates , deux de chaque côté , un plus haut, l'autre plus 
bas, & enfin fur le dos vers la pointe du corcelet font atta- 
chées les deux aîles. Examinons maintenant ces différentes 
parties en détail. 

Les pattes dans tous ces infeétes font au nombre de fix 
ê& rangées par paires. Elles font compofées de trois parties, 
comme dans les autres infeétes que nous avons examinés 
jufqu’à préfent ; favoir, la cuiffe , la jambe & le pied. Les 
deux premieres de ces parties n’ont rien de remarquable ; 
mais la troifiéme , ou le pied que nous appellons aufli le 
tarfe,eft compofée de cinq piéces ou articles dans tous les 
infeétes de cette feétion. Ce nombre dans tous eft unifor- 
me , au lieu que dans les fections précédentes il varie , & 
cette variété nous a même fervi à divifer ces fettions en 
ordres différens. Le dernier article du tarfe dans tous ces 
infeétes , eft garni d’efpéces de griffes ou onglets crochus; 
au nombre de deux dans la plüpart, & de quatre ou de fix 
dans les hippobofques. De plus , ce dernier anneau a 
encore une particularité , du moins dans un très-grand 
nombre d'animaux de cette fettion : c’eft qu’en-deflous il 
eft garni d’efpéces de pelottes ou éponges qui fervent à 
l'infeéte à appliquer intimément fa patte fur les corps les 
plus liffes , & à le foutenir dans une pofition perpendicu- 
laire , dans laquelle il fembleroit devoir tomber. Quelque 
liffe , quelque poli que nous paroiffe un corps , une glace 
par exemple ; il a une infnité de petites cavités & inégali- 
tés que le microfcope fait appercevoir. Ces pelottes molles 
des pattes qui peuvent fe gonfler & fe retirer , fe moulent 
aux inégalités de la furface des corps , & cette application 
intime produit une forte adhéfion , à peu près comme 
deux hemifpheres dont les furfaces font très-unies , étant 
appliqués l’un contre l’autre , fe tiennent fortement par le 
contact intime,& ne peuvent être féparés qu'avec beaucoup 
de peine. C’eft à l'aide de ces pelottes que les mouches ; 
par exemple, marchent fermement le long des glaces, & fe 


DES INSECTES. 435$ 
tiennent même pofées contre le haut d’un plancher fans fe 
laifler tomber. 

Ces pattes font extrêmement longues & fines dans quel- 
ques-uns de ces infectes. Les coulins & certaines tipules 
les ont démefurément grandes , aufli longues que celles 
des faucheurs. Elles le font même tellement dans certaines 
tipules ,; qu'à peine paroiflent-elles pouvoir porter leur 
corps, qui balance perpétuellement lorfque ces infeétes 
font en repos & pofés fur leurs pattes. 

Nous avons déja vû que les fligmates qui fervent à la 
refpiration des infees , font au nombre de quatre fur le 
corcelet de la plüpart. Ils font très-marqués & très-diflinéts 
fur les infeétes de cette feétion. Comme le corcelet dans 
le plus grand nombre de ces petits animaux eft affez lifle , il 
laifle appercevoir ces ftigmates , qui reflemblent à des 
efpéces de boutonnieres pofées un peu en biais , & qui 
font au nombre de deux de chaque côté du corcelet. On les 
voit très-bien dans la mouche commune , du moins le ftig- 
mate fupérieur , car pour celui d'en - bas l'aile en dérobe la 
vue en partie: 

Enfin la partie la plus remarquable du corcelet, c’eit l'o- 
rigine des ailes. Ces ailes au nombre de deux feulement 
naiffent de Pextrémité de la partie fupérieure du corceler. 
Elles font minces , claires & tranfparentes comme du tale, 
ornées feulement de quelques nervures. Il n’y a que les ai- 
les des coulins fur lefquelles on appercçoit, fur-touc à l’aide 
de la loupe, quelques petites écailles femblables à celles 
. dont les ailes des papillons & des phalênes font couvertes, 
mais beaucoup plus petites & pofées feulement le long 
des nervures. Sous l’origine des ailes , ces petits animaux 
ont une partie qui eft particuliere aux infeéctes de cette fec- 
tion , & qui fe trouve conftamment dans tous les genres 
qui la compofent. On a donné à cette partie le nom de ba- 
lancier , & réellement elle refflemble tout-à-fait à un 
balancier. C’eft un petit ftilet mince plus ou moins long , 
dont l'extrémité eft terminée par une tête ou efpéce dg 


liii 


436 HISTOIRE ABRÉGÉE 

boule. Ce balancier a un mouvement aflez vif, & l’infete 
le met fouvent en ation. Quelques Naturaliftes l'ont fait 
entrer avec raifon dans les caraëteres des infectes à deux 
ailes , d'autant plus qu'il eft particulier à ces infeétes. Mais 
comme les deux ailes de ces infeëtes fufifent pour les faire 
reconnoître , & que ce caractere eft aifé à appercevoir ;, 
nous n'avons pas cru devoir parler du balancier & multi- 
plier les fignes carattériftiques. Quant à l’ufage de cette 
paitie fi efientielle aux infectes à deux ailes , c’eft ce qu'il 
ne nous eft pas aifé de déterminer. Ce balancier tient-il 
lieu dans ces infeëtes des deux aîles qui femblent leur man- 
quer & qui fe trouvent dans les fections précédentes ? Ou 
bien leur fert-il de contrepoids pour garder l'équilibre lorf- 
qu ils volent , à peu près comme ces bâtons armés de poids 
par les bouts dont fe fervent Îes danfeurs de corde pour fe 
foutenir. C'eft ce qu'ont penfé plufieurs Naturaliftes , à 
caufe de la figure de ces balanciers , quoique leur periteffe 
femble démentir cet ufage : peut-être ont-ils été donnés à 
l'infeéte pour exciter le bourdonnement qu'il produit en 
volant. 

Quoi qu'il en foit, ces balanciers s’apperçoivent au pre- 
mier coup d'œil dans les tipules & les coufins , où ils font 
grands & à découvert. Dans la plüpart des autres infeétes, 
il faut les chercher pour les voir. Ils font fouvent recou- 
verts par une efpéce de petit aileron qui fe trouve fous l’o- 
rigine de Paile. Cet aïleron reffemble au commencement 
d’une aile qui,ayroit été tronquée près du corcelet. C’eft 
une membrane dure, blanchâtre qui eft tournée & recour- 
bée , & qui forme fouvent une cavité femblable à un euil- 
leron. Dans les infeéles qui font pourvus de cette partie, 
c'eft ordinairement fous le cuilleron qu’eft placé le balan- 
cier. Nous ne connoiffons pas plus cerrainement l'ufage 
de cette parie que celui du balancier. Quelques Natura- 
liftes l'ont comparée à une efpéce de tambour fur lequel le 
balancier frappe continuellement , ce qui produit , à ce 
qu'ils prétendent, le bourdonnement que l’infecte fait en 


DES INSECTES. 437 
volant. Mais fi Paileron doit avoir un pareil ufage ; com- 
ment expliquer le méchanifme du bourdonnement que 
produifent les coufins qui n’ont qu’un balancier fans aîle- 
rons. 

Outre les parties que nous avons remarquées dans le 
corcelet , & qui font communes à tous les infeétes de 
cette fection , il y en a encore d’autres qui ne fe rencon- 
trent que dans le feul genre de la mouche-armée , & qui 
ont fervi à la dénommer & à la carattérifer. Ce font des 
pointes , des efpéces d’épines aflez fortes & pointues qui 
fe trouvent au bas de la partie fupérieure du corcelet , & 
qui varient pour le nombre fuivant les différentes efpéces de 
ce genre. Dans la plüpart de ces efpéces il n’y en a que 
deux ; quelques-unes au contraire en ont jufqu’à fix. Nous 
parlerons plus au long de cette partie , en examinant le 
genre des mouches-armées en particulier. 

Le ventre eft la troifiéme & derniere partie du corps 
des infeétes. Dans ceux que nous examinons, il n’offre rien 
de particulier. Il eft compofé de plulieurs anneaux qui ont 
chacun deux ftigmates , un de chaque côté , un peu en- 
deffous , à la jon@tion de la partie fupérieure de l'anneau 
avec l'inférieure. Car les anneaux du ventre ne font pas 
circulaires & d’une feule piéce ; mais ils font formés de 
deux piéces ou demi-anneaux , un en-deflus du ventre, 
l’autre en-deffous qui fe joignent fur les côtés. Cette con- 
formation donne au ventre de l'infeéte la liberté de groflir 
& de s'étendre lorfqu'il eft rempli d'œufs ; ce qu'il ne 
pourroit pas faire aifément, fi les anneaux fermes qui 
le compofent étoient d’une feule piéce. La groffeur & la 
longueur du ventre varie fuivant les diflérens genres de 
cette fection , & même dans les efpéces différentes du 
même genre. Cependant en général il n’eft pas fort allon- 
gé ;, fice neft dans deux genres feuls , celui des tipules & 
celui des coufins qui ont le ventre long & cylindrique. On 
verra par la fuire que ces deux genres ont beaucoup de 
rapport enfemble. 


438 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Les larves qui produifent les différens infectes de cette 
fection ne laiffent pas que de varier entr’elles pour leur 
forme. La plus grande partie de ces larves reffemble à des 
efpèces de vers mols , fans pattes , & dont la tète n’eft 
point écaiileufe , mais aufli molle que le refte du corps, & 
n'a pas de figure conftante , enforte qu’elle groffit & s’al- 
longe en différens fens , fuivant que linfeéte la dirige. On 
n’appercoit fouvent point d’yeux à cette tête , mais elle eft 
pourvue d’une bouche , tantôt en forme de fimple fucçoir, 
tantôt armée de crochets ou d’une efpéce de dard. Comme 
ces larves font la plüpart dépourvues de pattes , elles ne 
font que ramper : elles gonflent leurs anneaux poftérieurs 
& les raccourciffent , ce qui fait avancer leur train de der- 
riere , & enfuite après l'avoir fixé , elles allongent les 
anneaux de devant & les fixent pour attirer de nouveau 
leur partie poftérieure. Quelques-unes font aidées dans 
cette efpéce de marche aflez lente, par quelques mamme- 
lons qu on remarque en- deflous de leur corps & qui fem- 
bient tenir lieu de pattes. Toutes ces larves ont plufieurs 
ftigmates qui leur fervent à pomper lair. Ordinairement 
on en remarque deux à la partie antérieure de leur corps , 
un de chaque côté , & deux autres plus grands à la partie 
ooftérieure. Ces derniers ont fouvent une configuration 
finguliere. Nous détaillerons ces différences dans l'examen 
de chaque genre , & on appercevera en même tems la 
caufe de cette différente confiruction qui dépend ordinai- 
rement du genre de vie de Pinfeëte. La plüpart de ces lar- 
ves , tant qu’elles font dans ce premier, état ne changent 
point de peau , comme font celles des autres infettes que 
nous avons examinés jufqu'ici ; mais lorfqu’elles font par- 
venues à leur groffeur , le plus grand nombre s'enfonce en 
terre pour s'y métamorphofer. La maniere dont ces larves 
s'y changent en nymphes , différe un peu de tout ce que 
nous avons vû jufqu’à préfent. D'abord la larve fe retire, 
prend une figure ronde allongée qui approche beaucoup 
de celle d'un œuf. Pour lors fa peau devient brune , fe 


DES INSECTES. 439 
durcit , & acquiert une confiftance affez forte pour former 
une efpéce de coque folide & moins grofle que la larve. 
L’infeëte fe trouve ainfirenfermé dans une véritable coque 
formée de fa propre peau ; c'eft-là qu'il prend une autre fi- 
gure. D'abord il eft mollafle & reflemble à une efpéce 
d'œuf mol & blanc. Quelques Naturaliftes ont donné à 
l'infeéte dans cet état le nom de boule allongée. Dans ce 
tems on ne diftingue aucune des parties de linfeëte , tout 
eft confus , & fi l’on ouvre la coque , ce qu'elle contient ne 
reffemble nullement à une nymphe. Mais après quelques 
jours , cette efpéce de boule fe raffermit , on commence à 
y diftinguer quelques parties de l'infeéte parfait qui en 
doit venir, & enfin ces parties fe développant fuccefli- 
vement , on parvient à FRA dans la nymphe tous 
les membres différens de Î'infeéte parfait auquel il ne man- 
que qu’une certaine confiftance. Lorfqu'il l'a acquife, l'in- 
fette ouvre cette coque dans laquelle il eft renfermé ; en 
faifant fauter fa partie fupérieure , comme une efpéce de 
calotte , qui fouvent en fe détachant fe fépare en deux 
demi-calottes. Telle eft en général la manœuvre qu'em- 
ployent la plüpart des infectes de cette feétion pour fe mé- 
tamorphofer , & fur laquelle nous allons faire quelques 
réflextons. 

Nous avons dit que les larves de ces infeëtes avoient 
ordinairement deux ftigmates antérieurs , & deux autres 
plus grands à leur partie poftérieure. Ces derniers varient 
prodigieufement dans les différens genres , & même dans 
les différentes efpéces de cette feétion. Fantôt ces fligma- 
tes font nuds &t fimples ; tantôt ils font larges, & l'ouver- 
ture de chacun paroït renfermer en-dedans trois petits 
trous ou trois petits ftigmates contenus dans une même 
cavité médiocrement profonde. D'autres fois , on remar- 
que que le bord de cette ouverture des ftigmates pofté- 
rieurs eft relevée en bourrelet , pour les défendre du con- 
taët des matieres vifqueufes & à demi-fluides , au milieu 
defquelles vivent plufieurs de ces infeêtes ; dans d’autres 


440 HiSTOIRE ABRÉGÉE 
les fligmates font élevés ; prominens & forment des efpé- 
ces de petites cornes ; dont l'extrémité eft ouverte & don- 
ne pañlage à l'air que refpire l'animal. Enfin dans les larves 
de plufieurs tipules , ces ftigmates poftérieurs font accom- 
pagnés d’appendices charnues quelquetois fort longues. 
Lorfque la larve fe métamorphofe & que fa peau de- 
vient une coque dure & folide dans laquelle l'infecte eft 
renfermé , il fe fait beaucoup de changemens dans la forme 
de l'infecte. La coque a des fligmates comme la larve, il y 
en a deux ou quatre à la partie antérieure & deux autres à 
la poftérieure. Mais fouvent les larves qui avoient des 
efpéces de cornes à leurs ftigmates les perdent en fe chan- 
geant en coques , & celles qui n’en avoient point en 
acquiérent. On voit ces petites coques dont les unes ont 
deux ou quatre cornes antérieurement , & d’autres quel- 
ques-unes poftérieurement. Ce changement paroiït d’abord 
difficile à fe faire ; aufli l’eft-il réellement , & on ne con- 
çoit pas comment l'infeéte peut l’exécuter. Pour le com- 
prendre , il faut regarder la peau de la larve qui devient 
une coque , comme une efpéce d’habillement large que 
porteroit une perfonne & dont elle retireroit fa tête & fes 
bras pour s’envelopper dedans comme dans un fac. La 
larve ici fait la même chofe. Elle retire de dedans les 
avances & les éminences que forme fa peau , les cornes 
de fes fligmates. La peau pout lors n'étant plus foutenue ; 
s'affaifle , & ces éminences difparoiffent à mefure qu’elle 
durcit, enforte qu’on ne les apperçoït plus fur la coque. La 
larve fait plus ; elle détache de même de fa peau tout fon 
corps , qui fe reflerrant enfuite fous la forme de nymphe; 
n’en remplit plus toute la cavité , de forte qu'il y a fouvent 
un intervalle vuide entre la nymphe & la peau de la 
coque. C'eft ce qu’on appercçoit bien fenfiblement dans la 
larve de la mouche-armée ; qui refflemble à un ver long 
dont la nymphe ne remplit qu’une partie , tellement que 
fes derniers anneaux font vuides & tranfparens. D'un autre 
côté , lorfque Panimal s’eit ainfi débarraflé de fa peau, 
avant 


DES INSECTES. 44 
avant qu’elle fe durcifle , il déploye fouvent d’autres cor- 
nes , qui auparavant écoient couchées fur lui en-deffous de 
fa peau extérieure. Comme celle-ci eft encore molle, elle 
cede à la fortie de ces cornes ; qui paroiflent fur lacoque 
& durciflent avec elle. C’eft, pour me fervir de la compa- 
raifon que nous avons déja apportée , c'eft , dis-je, comme 
fi une perfonne qui fe feroit enveloppée dans un fac, 
pouffoit & étendoit fon bras qu'elle tenoit auparavant ap- 
pliqué contre fon corps ; & le faifoit paroïître à travers 
le fac qui le couvre. 

Sous cette efpéce de coque dure , les infe@es ne pren- 
nent pas tout de fuite la forme de nymphe ; ils paffent d’a- 
bord ; comme nous l'avons dit , par une efpéce d’état 
moyen & reffemblent à une boule un peu allongée. Si on 
ouvre la coque dans ce tems , on trouve cette boule qui ne 
refflemble point à l’infecte. Mais après quelques jours d’in- 
tervalle , on y trouve une nymphe dont toutes les parties 
font très-reconnoiffables. Cet état de Zoule allongée, com- 
me l'ont appellé des auteurs modernes , a été regardé 
comme très différent de la nymphe. Cependant c'eft la 
même nymphe , ce font les mêmes enveloppes , les mé- 
mes parties intérieures ; il n’y à de différence que dans le 
plus ou le moins de confiftence & de fluidité. Tant que les 
parties de la nymphe font molles & prefque fluides , elles 
pouffent prefqu'également en tout fens , comme font tous 
les liquides , la membrane qui les renferme. Il faut donc 

u'elle prenne une forme approchante de celle d’une bou- 
le , à caufe de la preflion prefqu’égale en tous fens qu'elle 
éprouve. Mais à mefure que les différentes parties de la 
nymphe s’affermiflent & prennent plus de confiftence , la 

rellion devient plus inégale. Certaines parties pouflent 
au-dehors la membrane qui les enferme , & on voit la 
figure de l'infecte fe former & fe tracer fur cette enve- 
loppe. 

Enfin lorfque l’infeëte parfait fort de fa coque, il fait 
fauter la’ partie fupérieure de cette coque ,; comme une 


Tome IL. Kkk 


42 HiSTOIRE ABRÉGÉE 
efpéce de calotte hémifphérique , qui fouvent dans cette 
action fe divife en deux demi-calottes. Deux chofes fur- 
prennent également dans cette opération : la premiere , 
commænt un infeéte encore mol & tendre , dépourvu 
d'inftrumens propres à cet effet, peut rompre une coque 
aufli dure que la fienne ; la feconde , pourquoi cette coque 
dans tous fe fend au même endroit & avec les mêmes cir- 
conftances ! 

Pour expliquer ce mécanifme , il faut examiner un de 
ces infecles fortir de fa coque. Si on obferve , par exemple, 
une mouche dans cet inftant, on voit que la partie fupé- 
rieure de fa coque eft foulevée par une efpéce de caroncule 
molle , ou une tubérofité qui eft fur le devant de la tête de 
linfete , & qui fe dilatant & fe contraétant alternative- 
ment , parvient à faire fauter & détacher cette calotte fu- 
périeure de la coque. On wapperçoit point cette tubérofité 
fur la tête de la mouche , elle difparoit totalement dans 
Pinfe&e parfait ; probablement parce que fa tête prenant 
plus de confiftence , ainfi que toutes les parties , la peau 
devenue dure ñne peut plus ceder & fe dilater en cet 
endroit. On voit déja le mécanifme qu’employe l’infeëte 
pour ouvrir fa coque. Mais il refte encore une autre diffi- 
culié , c’eft de favoir comment une pareille impulfion qui 
ne paroït pas bien forte , eft cependant capable d'ouvrir 
une coque affez dure , & pourquoi elle s’ouvre toujours 
au même endroit ? Pour réfoudre ces deux queftions, il ne 
s'agit que d'examiner une coque avec un peu d'attention. 
En la regardant de près , on apperçoit à fa partie fupé- 
rieure une trace circulaire , & une autre verticale qui cou- 
pe la premiere par le milieu , & fe joint avec elle par fes 
extrémités. Ces traces font précifément à l'endroit où la 
coque doit s'ouvrir: fi on y infinue la pointe d'une épin- 
gle fine, la coque s'ouvre , les deux demi-calottes fe fé- 
parent. Il paroït donc qu’elles ne tiennent que foiblement. 
Lorfque la peau de la larve fe durcit pour former la coque 
Feridroit de la jonétion de ces deux demi-calottes tant 


DES INSECTES. 443 
entr'elles qu'avec le refte de la coque , ne fe durcit point, 
il refte un fillon mol & tendre , afin que l'infeéte puife fa- 
cilement enlever ces deux parties & fortir de fa prifon. 

La transformation des infeêtes à deux aïles, telle que 
nous venons de la décrire , eft fouvent achevée en quinze 
jours ou trois femaines , quelquefois cependant elle du- 
re davantage , ce qui dépend des efpéces différentes , & 
de la faifon plus ou moins chaude. Il y a aufli quelques 
différences dans les manœuvres qu'employent ces petits 
animaux. La plüpart , comme nous lavons dit, s’enfon- 
cent en terre pour s’y transformer, Îl y en a cependant 
quelques-uns qui, quoique du même genre , ne cherchent 
point à fe retirer en terre. Parmi les mouches , par exem- 
ple, plufieurs reftent à l'air, & s'y changent en coque. 
Les coques de la plüpart approchent de la figure d'un 
œuf , mais nous avons des efpéces de mouches qui fe 
nourtiflent de pucerons , dont la coque eft allongée & 
gonflée par une de fes extrémités , enforte qu’elle repré- 
fente la figure d'une larme. La coque de la mouche-ar- 
mée ne différe point pour la forme extérieure de fa larve 
qui reffemble tout-à-fait à un ver. Nous verrons dans le 
détail des genres , toutes ces différences dont plufieurs 
offrent des fingularités affez curieufes. Mais avant que de 
finir ce qui regarde ces infeétes , nous ne pouvons nous 
empêcher de remarquer deux genres qui fe reffembient 
beaucoup & qui différent confidérablement de tous les 
autres de cette fection, ce font les genres des tipules & 
des coufins. Leurs larves ont des machoires, une bouche, 
-des yeux, & ne reffemblent point à toutes celles que nous 
avons décrites. Leurs nymphes font encore plus fingulié- 
res & s’écartent davantage de celles des autres infcètes , 
quoiqu’elles ayent comme elles des petites cornes pour 
refpirer l'air. Enfin leur metamorphofe eft fi différente , 
qu'elle mérite d'être confidérée en particulier. Nous la 
détaillerons par la fuite en examinant ces deux genres. 
- Lorfque les différens changemens des infe@tes à deux 

Kkki 


44 HISTOIRE ABRÉGÉE 
aîles font finis, & que l’infecte parfait vient de fottir de fa 
coque , il eft ordinairement plus mol, &il paroït plus gros 
& plus pâle qu'il ne le fera par la fuite, de plus tout fon 
corps eft humide ; au bout de quelques minutes il fe fé- 
che , toutes fes différentes parties acquiérent plus de con- 
fiflence & diminuent de volume, fa couleur devient plus 
foncée & plus brune , & l'infecte eft en état de voler & de 

rendre fon effort. 

En général le mâle eft plus petit que fa femelle , com- 
me cela eft ordinaire dans les infeétes, Dans les coufins 
& quelques efpéces de tipules , ce mâle fe diftingue de 
la femelle par fes antennes qui forment de belles pana- 
ches , tandis que celles de la femelle font de fimples 
filets. 

Après que ces infeétes font fortis de leur coque , ils ne 
tardent pas à s'accoupler. Cet accouplement fe fait d’une 
maniere aflez finguliére, du moins dans une grande par- 
tie de ces infectes. Le mâle a au derriere deux efpéces 
de pinces , ou deux crochets avec lefquels il faifit la par- 
tie poftérieure de fa femelle , enforte qu'elle ne peut lui 
échapper. Mais c’eft tout ce qu’il peut faire, prefque tout 
le refte de l’accouplement dépend de la femelle. Celle- 
ci allonge pour lors une efpéce de cône charnu, en-def- 
fous duquel fe trouve ia partie du fexe. Il faut qu’elle in- 
troduife cette avance dans le corps du mâle, pour aller 
recevoir la partie mafculine qui ne fort point au dehors. 
Ainfi dans ces infectes, c’eft le mâle qui a une ouverture 
propre à recevoir la partie de la femelle. 

Cette derniere ainfi fécondée dépofe fouvent des cen- 
taines d'œufs ; il y a cependant quelques efpéces qui n’en 
font que très-peu. On trouve des mouches qui n’en dépa- 
feut que deux ou trois à la fois, mais ce n'eft pas le plus 
grand nombre. Ces œufs, fuivant les différentes efpéces 
de ces infeétes, varient infiniment pour leur couleur , leur 
forme & leur figure. Les uns font liffes , d’autres diverfe- 
ment canelés ; plulieurs font ovales , d’autres ronds, & 


DES INSECTES, 44$ 
quelques-uns de forme très-irréguliere. Nous verrons ces 
différences en traitant les différens genres de cette fetion 
& leurs efpéces. Quelques femelles au contraire ne font 
point d'œufs , mais des petits tout vivans, elles font vivi- 
pares. Nous parlerons de quelques mouches qui font dans 
ce cas. Il paroiît étonnant que parmi les infeëtes d’un mê- 
me genre , il y ait des efpéces vivipares, tandis que tou- 
tes les autres font ovipares. Cela néanmoins paroïtra moins 
fingulier , fi on fait attention à la différence légere qui 
conftitue lesuns & les autres. Dans les ovipares, l'œuf fort 
du corps avant que le petit foit éclos ; dans les autres ce 
même petit fort de l'œuf encore contenu dans le ventre 
de fa mere , & paroït au Jour fous fa forme naturelle. Les 
femelles vivipares ont comme les ovipares des œufs, 
mais qu'elles couvent dans leur intérieur & qui ne paroif- 
fent point. Si on ouvre ces femelles fécondées , avant que 
leurs petits foient fortis , tantôt on trouve le petit tout 
vivant dans le ventre.de fa mere & tantôt on y trouve un 
petit œuf, lorfqu'’il n'y a pas long-tems que cet infeëte 
s'eft accouplé. 

Tous les infe&tes de cette fe&tion voltigent dans Pair, 
lorfqu’ils font devenus infeétes aîlés & parfaits. Mais au- 
paravant tandis qu'ils ne font que fous la forme de lar- 
yes, leur habitation varie beaucoup fuivant les différentes 
efpéces. Les larves des coufins, celles de beaucoup de 
tipules , celles des mouches-armées , & celles de quelques 
e‘péces de mouches vivent dans l’eau , elles font aquati- 
ques. La larve de l'oeftre & celle du taon vont fe loger 
dans le corps des grands animaux , aux dépens defquels 
elles fe nourriflent. Le fondement des chevaux, les cavi- 
tés du nez des moutons & des bœufs , le gofier du cerf & 
d’autres animaux fervent à loger les premieres, qui fe 
nourriflent des fucs fales qu’elles trouvent dans ces en- 
droits. Le taon va dépofer fes œufs fur le bœuf & d’au- 
tres quadrupedes , fous la peau defquels fe loge fa larve, 
qui vit d’une efpéce de fanie qui fuinte continuellement 


446 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de la playe qu’elle produit. Plufieurs larves de mouches 
détruifent les pucerons qui leur fervent de pâture , d’au- 
tres vivent au milieu des chairs puantes & pourries , & 
quelquefois dans des matieres encore plus fales ; enforte 
que ces infectes ailés qui ont un air fi propre , ont pris 
naiflance au milieu de l'ordure & de la fange. Après avoir 
quitté ces éndroits dégoûtans , les infeétes parfaits vont 
les retrouver pour y dépofer leurs œufs : ils favent ce qui 
conviendra à pe petits , & ils les mettent à même de 
trouver une nourriture convenable dès qu’ils feront éclos. 
Quelque défagréable que paroifle l’hiftoire de pareils ani- 
maux;leur prévoyance eft admirable,leurs manœuvres ont 
quelque chofe dintéreffant, & nous efpérons que ce dé- 
tail curieux dédommagera amplement le leéteur du dégoût 
qu'ils pourroient lui caufer. Nous allons d’abord donner 
une table , dans laquelle nous réunirons les cara@eres des 
différens genres de cette feëtion , après quoi nous exami- 
nerons chaque genre en particulier. 


DES INSECTES. 447 


SE C'DIO NLIC NO I É M'E 
De la claffe des Infeétes. 


INSECTES À DEUX VAFLES. 


GENRES. CARACTERES. 


Antennes fetacées qui naiflent d’un bouton. 
Trois points au lieu de bouche. 


L'OESTRE. is poin 
Trois petits yeux liffes, 


ties, 

Bouche compolée d’une trompe & de dents qui fe 
joignent. 

Trois petits yeux liffes, 


LE Tao. 


Antennes fetacées coniques, divilées en quatre par- 
ties. 

Bouche formée par une trompe fimple & aigue. 

Trois petits yeux liffes. 


| Antennes fetacées coniques, divifées en quatre par- 
L'ASILE. 


Ç Antennes fetacées & brilées, 
LA MoucxeE- \Bouche avec une trompe fans dents, 
ARMÉE. Extrémité du corcelet armée de pointes. 
Trois petits yeux lifles. 


Antennes formées par une palette platte & folide, 
avec une foie ou poil latéral. 

Bouche avec une trompe fans dents, 

Trois petits yeux lifles. 


La MoucxeE. 


téral velu. 5 
Bouche formée par une trompe fimple & aigue, 
Trois petits yeux lifles, 


LE STomoxeE. 


Antennes formées par une palette avec un poil la- 
téral velu , & placées fur la rête. 

Bouche formée par une trompe renfermée dans une 
gaine où un bec aigu, 

Trois petits yeux lifles. 


a formées par une palette avec un poil 1a- 
La sors 


448 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Antennes grenues terminées par une pointe & pla= 
cées fur la gaine de la trompe. 

Bouche formée par une trompe renfermée dans une 
gaine ou un bec aigu. 

Trois petits yeux lifles. 


La NEMOTELE. 


LE ScATOPSsE. Bouche avec une trompe fans dents, 

Trois petits yeux liffes. 

Antennes fetactes très-courtes, compofées d'un feul 
poil. 

L'HIPPOBOSQUE. < Bouche formée par une éfpece de bec cylindrique & 
obtus. 

Point de petits yeux lifles. 


Antennes filiformes, un peu pedtinées, ( fouvent en 
panache dans les mâles) beaucoup plus longues que 
la tête. 

LA TIPULE. Bouche accompagnée de barbillons recourbés & ar- 
ticulés, 


s Antennes filiformes. 


Trois petits yeux liffes. 


la tête. 

Bouche accompagnée de barbillons recourbés & ar- 
ticulés, 

Trois petits yeux lifles, 


Antennes en if , perfoliées , prefqu'aufli courtes que 
LE BiB1oN. 


Antennes peétinées ( en panache dans les mâles. ) 
Bouche formée par un tuyau mince & filiforme, 


Le Cousin. 1 
Point de petits yeux lifles, 


SECTIO 


DES ENS E Cc'PrSs: 449 


SECPHO. OPULIN T' À 
Claffis Infeétorum. 


PINS EC AN ND FPT ER A 


GENERA. CARACTERES, 


Antennæ fetaceæ è globulo prodeuntes, 


OESTRUSs. 
Os nullum, punéta tantum tria, 


L'Oftre. Ocelli tres. 
TABANUS. Antennæ fetaceo-conicæ è quatuor partibus, 
: Os probofcide dentibufque conniventibus, 
Le Tuon. Ocelli tres. 
ASILUS. Antennæ fetaceo-conicæ quadri-partitæ. 
x Os roftro fubulato acuto. 
L Afile. Ocelli tres, 


Antennæ fetaceæ fraûz. 

Os probofcide abfque dentibus, 
Thoracis apex aculeatus. 
Ocelli tres. 


STRATIOMYS. 
La Mouche-armee. 


Musca. 
La Mouche. 


pilo. 
Os probofcide abfque dentibus. 
Ocelli tres. 


Antennæ patellatæ, feta laterali pilofa, 
Os rofiro fubulato , fimplici , acuto. 
Ocelli tres. 


STOMOXxYS. 
Le Stomoxe. 


Antennæ patellatæ , feta laterali pilofa, capiti inf- 
dentes. 

Os probofcide, vagina acuta feu rofro recondi- 
tum, 

Ocelli tres, 


Tome II. ER 


VOLUCELLA. 
La V'olucelle. 


ren è patella plana, folida , feta laterali feu 


450 
NEMOTELUS. 
La Nemotele. 

SCATOPSE. 


Le Scatopfe. 


HirroBOsCA. 
L'Hippobofque. 


T1PULA. 
La Tipule. 


Bigro. 
Le Bibion. 


CU LEX. 
Le Coufin. 


STOIRE ABRÉGÉE 


Antennæ moniliformes, ftylo terminatæ, roftro in- 
fidentes. 

Os probofcide, vagina acuta, feu rofiro recondi- 
tum. 

Ocelli tres. 


Antennæ filiformes. 
Os probofcide abique dentibus, 
Ocelli tres. 


Os roftro cylindrico obtufo. 
Ocelli nulli. 


Antennæ filiformes fubpe&tinatæ ( maribus fæpe plu- 
mofæ) capite multo longiores. 

Os tentaculis incurvis articulatis. 

Ocelli tres. 


Antennæ taxiformes, perfoliatæ, capitæ vix lon 
giores. 

0 tentaculis incurvis articulatis, 

Ocelli tres. 


Antennæ peétinatæ ( maribus plumofæ, } 
Os fiphone filiformi. 
Ocelli nulli. 


{ Os rex fetaceæ breviflimæ ex unico piloe 


ue 
- 


AUS 
Li 


DES INSECTES. 4a$T 
OS TR US. 
L'O.E S T.R E. 


Antennæ fetaceæ e globu- Antennes fétacées qui 
d prodenntes. naiflent d’un bouton. 

Os nullum , punéta tantum tria. Trois points au lieu de bouche. 

Ocellitres. Trois petits yeux lifles, 


Deux caraêteres diftinguent furement l’oeftre de tous les 
autres infeétes à deux aïîles ; le premier confifte dans la 
forme de fes antennes qui font fort courtes & fort petites : 
ce n'eft qu'un fimple filet mince , mais qui fort d’une grof- 
fe bafe , qui repréfente un bouton rond. L'autre caraëtere 
confifte dans la bouche , ou pour mieux dire , dans le dé- 
faut de bouche de cet infeéte. Car l’oeftre n’en à point , 
on apperçoit feulement trois petits points enfoncés à l’en- 
droit où la bouche devroit fe trouver , foit que ces petits 
enfoncemens fervent à l’infecte de fucçoirs pour tirer 
quelque peu de nourriture liquide , foit que l'oeftre ne 
prenne point abfolument de nourriture lorfqu'il eft de- 
venu infete parfait, ce qui eft plus probable ; & qui 
lui feroit commun avec plufieurs autres infeétes. 

C’eft ordinairement dans le corps des grands animaux 
qu'on peut trouver les larves des oeftres , tantôt dans le 
fondement des chevaux,tantôt dans les cavités du nez des 
bœufs & des moutons, quelquefois fous la peau des 
bœufs , fuivant les différentes efpéces de ce genre, car 
chacune a fon habitation particuliere. Ces larves reffem- 
blent à des efpéces de vers couts ; mols, & qui n’ont point 
de pattes. Ils ont tous à leur partie poftérieure deux grands 
ftigmates , dont chacun contient fouvent plufieurs ouver- 
tures. On remarque dans ces larves quelques variétés 
fuivant les endroits où elles vivenr. 

Celle de l'offre des bœufs vit fous la peau des bœufs & 
des vaches. On voit fur le dos de ces animaux des éléva- 
tions ;, des efpéces de tumeurs ou de boffes. Ces boffes 

Lili) 


452 H1STOIRE ABRÉGÉE 
font formées par une larve d’oeftre , qui vit fous la peau 
de l’animal. Si on les examine de près , on voit dans quel- 
qu'endroit de la tumeur une ouverture à la peau , par la- 
quelle on appercçoit la partie poftérieure de la larve , qui 
eft toujours appliquée à cette ouverture , & qui refpire 
l'air par le moyen des fligmates qu’elle a à cet endroit. 
Cette larve n’a pour toute bouche qu'une fimple cavité 
enveloppée & accompagnée poflérieurement de quatre 
mamelons charnus. C’eft avec cette bouche qu’elle fucce 
perpétuellement la fanie & les liqueurs qui fuintent de l’ul- 
cere qu’elle entretient fous la peau de l'animal, & qui 
lui fervent de nourriture. Les deux figmates Ge fa parte 
poñérieure font grands & formés en croiflant, & outre 
ces ftigmates, l’infeéte à encore au derriere huit petits 
trous pofés fur une même ligne , qui peuvent lui fervir à 
rejetter l’air pompé par les fligmates. On voit aifément 
cette conformation de la partie poftérieure de la larve, en 
examinant l'ouverture de quelque bofle qui fe trouve fur 
le dos d’un bœuf attaqué par ces infetes. Comme la larve 
tient fon derriere appliqué à l’ouverture de cette tumeur, 
on voit au dehors les fligmates fans dilater la cavité. On 
croiroit que ces larves ainfi renfermées fous la peau d’un 
bœuf, & qui y fuccent continuellement , devroient in- 
commoder cet animal & lui caufer de la douleur. II ne 
paroit pas cependant qu’il s'en inquiéte , & l’on voit des 
‘bœufs dont le dos eft chargé de plulieurs de cestumeurs, 
qui font aufli tranquilles & aufli-bien nourris que ceux 
qui n'en ont pas. É 
Lorfque la larve a pris toute fa croiffance fous la peau 
du bœuf, elle cherche à en fortir pour fe métamorpho- 
fer ; un endroit aufli humide ne feroit pas propre à cette 
opération. Elle commence d’abord pendant quelques jours 
à élargir peu à peu avec fon derriere l’ouverture de la 
tumeur , & lorfqu'elle eft fufifamment ouverte pour lui 
donner paflage , elle en fort à reculons. Dès qu’elle en eft 
fortie entiérement , elle tombe à terre, mais fans fe blef- 


DES INSECTES. 453 
fer , à caufe de la moleffe de fon corps, qui céde aifé- 
ment. Pour lors elle s’enfonce fous quelque pierre pour 
fe métamorphofer. 

Les larves des autres efpéces d'oeftres, celles qui vi- 
vent dans le fondement des chevaux, on dans le nez des 
moutons, font voir dans leur conformation quelques dif- 
férences, qui leur étoient néceflaires à caufe des endroits 
où elles vivent. Ces larves font verdâtres ou Jaunûtres , 
quand elles font jeunes, & elles deviennent brunes, lorf- 
qu'elles font parvenues à leur groffeur. Leur bouche eft 
femblable à celle de la larve de l’oeftre des bœufs, mais 
elle eft de plus accompagnée de deux crochets qui leur 
fervent à fe cramponner dans l'inteflin, ou dans la cavi- 
té des narines , & à empêcher qu’elles ne foient pouffées 
en-dehors par ies matieres qui paflent dans ces endroits, 
& par le mouvement périftaltique des inteftins. C’eft par 
la même raifon que les. onze anneaux dont leur corps eft 
compofé , font tous bordés de pointes triangulaires , dont 
l'angle aigu eft tourné vers le derriere de linfeûte. La 
maniere dont ces pointes font arrangées, permet bien à 
l'infecte de s’avancer & de monter dans la cavité où il 
vit, & empêche qu'il ne puiffe rebrouffer chemin & re- 
culer malgré lui. Enfin les fligmates poftérieurs de ces in- 
feétes font renfermés dans une efpéce de bourfe, qui 
lorfqu’elle eft ouverte, laiffe voir fix fillons , qui font les 
véritables ouvertures des fligmates. Cette bourfe met à 
couvert les fligmates, & empêche. que les liqueurs vif- 
queufes au milieu defquelles vivent ces infeêtes, n’en 
puiflent boucher l'entrée. Ces larves parvenues à leur 
groffeur ;, fortent de la cavité où elles font renfermées , 
foit du fondement, foit du nez des animaux fur lefquels 
elles vivent, elles tombent à terre comme les larves de 
l'oeftre des bœufs , & la métamorphofe des unes & des 
autres eft tout-à fait femblable. 

Ceft ordinairement par terre , fous quelque pierre , que 
fe fait cette métamorphofe. Lorfque les larves des oeftres 


4s4 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fe font arrêtées dans quelque retraite femblable , au bout 
de que'que tems elles prennent une figure ovale , appro- 
chante de celle d’un œuf; leur peau fe durcit, acquiert 
une couleur brune très-foncée, & forme une efpéce de 
coque. C'eft dans cette coque formée par fa propre peau, 
que la larve prend d’abord la figure d’une efpéce de bou- 
le allongée & enfuite celle de chryfalide ou nymphe. 
Cette nymphe fe fortifie, prend de la confiftence , & en- 
fin fort de fa coque en faifant fauter la partie fupérieure 
de cette même coque qui fe partage en deux. 

L'infede parfait qui en fort eft gros, court, plus ou 
moins velu, femblable à une groffe mouche. Il vit peu 
de tems fous cette derniere forme. Aufli ne tarde-t-il pas 
à s'accoupler & à dépofer fes œufs. Il cherche pour cet 
effet l'endroit qui fera le plus convenable pour fes petits. 
Ceux dont les larves doivent vivre dans le fondement des 
chevaux ou dans le nez des moutons, vont s’infinuer dans 
les ouvertures de ces cavités , & collent fortement leurs 
œufs dans leur intérieur ; c’eft-là que leurs petits doivent 
éclors. La chaleur & l'humidité de ces endroits facilite 
leur fortie de œuf. On voit fouvent les grands animaux 
fort agités & dans une efpéce de fureur par l'inquiétude 
que leur caufent ces infectes, qui veulent s’introduire 
dans leur nez ou leur fondement, & c’eft à caufe de 
cette agitation furieufe qu’excitent ces infeétes, qu’on 
leur a donné le nom d’oe/frus. 

. L’oeftre des bœufs , celui dont la larve vit dans les tu- 
meurs qu'elle produit fur le dos des bœufs & des vaches, a 
plus de peine pour dépofer fes œufs. IT faut qu'il perce le 
cuir dur & épais de ces quadrupedes. Aufli la nature lui 
a-t-elle donné une efpéce de tariere à cinq pointes qui 
forme un trou rond , à l’aide duquel il dépofe profon- 
dément fon œuf fous le cuir de l'animal qu'il a piqué. 

Nous ne décrirons que trois efpéces de ce genre; il y en 
a cependant quelques-autres dont différens auteurs moder- 
nes ont parlé ; mais que nous n’avons pas eu occafion 


DES INSECTES. 4s$ 
de rencontrer. À mefure que les Naturaliftes les trou- 
veront , ils pourront les décrire & les ajouter aux efpéces 
que nous allons donner. 


1. OESTRUS vilofus ; pallido-flavefcens , abdominis 
medio cingulo nigro , apice fulvo. 

Linn. faun. fuec. n. 1028. Oeftrus ani equorum. à Ë 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 584, n. 3. Oeltrus alis immaculatis, thorace nigro; 
feutello pallido ; abdomine nigro , bal albo apiceque fulvo, 


Reaum. inf. tom. 4, tab. 35, f.1— 5. L 
Is. gotl. 277. Vermes hzmorrhoidum cæcarum facie. 


Loeftre du fondement des chevaux. 
Longueur lignes. Largeur 2 lignes. 

Cet oeftre eft fort velu , fur-tout le mâle. Son corps 
eft noir , mais fes poils font jaunâtres. Le milieu du corce- 
let eft moins chargé de poils , enforte qu’on voit le noir du 
fond en cet endroit. Le haut du ventre eft très-velu , fon 
- milieu ef liffe & noir, & le bout eft velu , mais les poils de 
cette extrémité font d’une autre couleur que ceux du refte 
du corps , ils font de couleur fouci. La femelle eft plus 
allongée & moins velue que le male. Les ailes de Pun & 
de l’autre font comme enfumées de brun, mais fur-tout 
celles de la femelle. Leurs antennes font très-courtes : ce 
n'eft qu’un filet qui fort d’une ne brune & globuleufe ; 
leurs pattes font jaunâtres. 

La larve de cet infeéte fe loge , comme nous l'avons dit, 
dans le fondement des chevaux , auquel elle tient forte- 
ment par les crochets dont elleeft armée. On l'apperçoit 
même à l'extérieur , c’eft-là qu’elle fe nourrit & qu'elle 
groflit. Lorfqu’elle eft prête à faire fa métamorphofe , elle 
fe laiffe tomber , & s'enfonce dans la terre , où fans chan- 
ger de peau, fon corps fe dureit, comme il arrive aux lar- 
ves des autres infectes de cette fettion. De cette chryfalide 
qu coque , fort l’oeftre que l’on voit voltiger autour des 
chevaux & les tourmenter, lorfqu'il cherche à dépoferfes 
œufs dans leur fondement. 


456 HISTOIRE ABRÉGÉE 


2. O ESTRUS cinereus , nigro maculatus & punélatus. 
Planch. 17, fig. 1. 

Linn. faun. fuec. n. 1017. Oeftrus finus frontis ruminantium. 

Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. $8$ , n. s. Ocftrus alis immaculatis , thorace 


abdomineque ferrugineo nigro maculato. 
Reaum. inf. tom. 4, tab. 35,f.21— 24. 


Loefîre des moutons. 
Longueur s lignes. Largeur 1 ? ligne. 

Le fond de fa couleur eft gris. Il eft parfemé de taches 
noires & de petites tubercules de même couleur qui le 
rendent comme chagriné. Son corps eft aflez rafe ; le 
devant de fa tête eft d'un jaune pâle & fes pattes font un 
peu brunes. Ses ailes font veinées de noir , mais non 
pas Jufqu’en bas. Ces veines longitudinales font terminées 

ar une autre tranfverfe Joliment gaudronnée. 

Sa larve habite dans les finus frontaux du nez des mou- 
tons. Lorfau’elle eft prête de fe métamorphofer , elle 
en fort , elle tombe & s’enfonce dans la terre pour s’y 
changer en coque. 


3. OESTRUS #orace flavo, cingulo nigro ; alis nigra 
fafcia, pedibus pallidis. Linn. faur. fuec.n. 1024. 

Linn. [yff. nat. edir. 10, p. 584, n. 1e Oeflrus alis maculatis , thorace flavo faf= 
cia fulca, abdomine flavo apice nigro. : 

Raj. inf. pe 271. Mulca bipenmis oeftrum di@a,alis membranaceis punétis crebris 
nigriorious velut afperfis. 

Derrham. phyfico-theol. 1. 8, c. 6, n. rt. 

Frifch. germ. $ , p.21, t. 7. Vermisin ftercore vaccino. 

Reaum. inf. tom. 4 , tab, 36, 37: 38. 


L'oeflre des Eœufs. 


Cet oeftre reffemble pour la groffeur à une groffe mou- 
che ou à un petit bourdon. Ses yeux font noirs , & le bou- 
ton de fes antennes duquel fort le poil latéral, eft applati & 
en palette. Son corcelet eft jaune , avec une bande tranf- 
verfe noire entre les ailes qui va de l’une à l’autre. Le bout 
ou la pointe de ce corcelet, a auffi quelques poils noirs mé- 
lés avec des poils fauves. Le ventre eft de la même couleur 

fauve , 


DES INSECTES. 457 
fauve , avec des bandes tranfverfes noires formées par les 
bords fupérieurs & inférieurs de chaque anneau qui font 
de cette couleur. Le dernier article du ventre eft noir. Les 
balanciers des ailes font blancs & les pattes font de cou- 
leur pâle. Le bout du ventre fe termine par une queue re- 
courbée en-deflous ; mais qui ne pique point. Les aïles 
couchées fur le ventre font joliment panachées ; le fond 
de leur couleur eft blanc , mais dans leur milieu elles ont 
une-large bande brune tranfverfale , & outre cela trois 

oints bruns, l’un vers la pointe de Paile ; le fecond un peu 
plus bas vers le bord intérieur , & le troifiéme entre la 
bande tranfverfe & le corps de l’infeéte proche le bord 
intérieur. 

Cet infecte dépofe fes œufs fous le cuir des bœufs, & il 
en fort des larves de couleur ardoifée , dont la peau eft 
comme chagrinée. Ces larves font convexes du côté du 
ventre ; & plattes du côté du dos. Elles n’ont point de 
crochets à leurs bouches comme la plüpart des larves des 
infeétes à deux aîles , mais feulement deux boutons écail- 
leux. La larve groffiffant fous la peau du bœuf, produit 
un ulcere , d’où il fuinte un pus & des humeurs dont elle 
fe nourrit. Quand elle eft parvenue à fa groffeur , elle fort 
du corps de l'animal , fe laiffe tomber à terre , s’y enfonce 
& s’y métamorphofe en coque & enfuite en oeftre. 


DA BEANQU'S: 


L'EUTA ON. 
Antennæ fetaceo conicæ Antennes fétacées coni- 
quatuor partibus. ques, divifées en quatre par- 
ties. 
Os probofcide dentibufque coni- Bouche compofée d’une trom- 
ventibus. pe & de dents qui fe joignent. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Le taon a deux caracteres bien diftin@ifs , dont l’un 
Tome II, Mmm 


458 HISTOIRE ABRÉGÉE 

confifte dans la figure de fes antennes , & l’autre dans 
la forme de fa bouche. Le premier diftingue ce genre de 
tous ceux de cette fettion , à l'exception du genre de l’afile 
qui fuit & qui a des antennes à peu près femblables. Le fe- 
cond lui eft abfolument propre & ne fe rencontre dans au- 
cun autre genre. 

Les antennes qui confituent le premier de ces carac- 
teres , forment une efpéce de fil court qui fe termine 
en pointe par le bout. Elles font compofées de plufieurs 
anneaux , ordinairement au nombre de fept, dont les trois 
premiers font très-diftinéts & plus gros que les autres, & 
forment trois parties différentes dans l'antenne. Les quatre 
autres font courts , paroiffent confondus enfemble , & ne 
forment qu'une piéce qui femble continue , & qui eft 
la quatriéme & derniere piéce de l'antenne. Souvent le 
troifiéme anneau eft plus gros que les deux premiers , & 
dans plufeurs efpéces , il a une pointe ou appendice laté- 
rale plus ou moins longue , ce qui donne à l'antenne une 
forme affez finguliere , & même l'a fait quelquefois paroi- 
tre comme fourchue. 

La bouche du taon qui forme l’autre caraëtere propre de 
ce genre.eft aflez finguliere. Elle a une efpéce de trompe , 
mais cette trompe n'eft pas feule & ifolée , comme nous 
verrons qu’elle fe trouve dans plufieurs genres de cette 
fe&ion ; elle eft accompagnée à droite & à gauche d'efpé- 
ces de groffes dents blanchâtres & pointues , outre les 
étuis qui enveloppent la trompe. Ces dents fe joignent 
enfemble par leurs extrémités,lorfque l’infeëte les rappro- 
che, mais elles peuvent s'écarter & fe mouvoir à droite & 
à gauche. Comme le taon fe nourrit du fang des chevaux, 
des bœufs & d’autres quadrupedes dont la peau eft dure 
& épaifle , il paroît que ces efpéces de crocs aigus lui ont 
été donnés pour percer ce cuir épais & pouvoir enfuite 
fuccer avec fa trompe le fang qu'il en a fait fortir. C'eft par 
cette raifon que ces infeétes incommodent extrêmement 
les chevaux & Les bœufs pendant l'été, Ils les piquent de 


DES INSECTES. 4s9 
tous côtés, fuccent leur fang & les agiterit tellement qu'ils 
les rendent comme furieux. 

C’eft ordinairement dans les prés bas & les bois humi- 
des , qu’on trouve les taons en abondance. Je ne connois ni 
leurs larves ni leurs nymphes. L’analogie porte à croire 
qu’elles reffemblent à celles de l’oeftre, & Je penferois que 
la larve pourroit bien vivre dans l’eau , l'infeéte parfait fe 
trouvant volontiers dans les endroits aquatiques. 

Le taon ; pour le port extérieur , reffemble affez à une 
mouche extraordinairement groffe. Ses yeux font gros , & 
lorfque l'animal eft vivant , ils font panachés , du moins 
dans plufieurs efpéces , de raies d’un jaune vert & de ban- 
des brunes rougeîtres. Son ventre eft gros & large : fes ai- 
les font aflez fortes & ornées de nervures confidérables. 
Dans quelques efpéces , ces aîles font joliment panachées 
de taches blanches & de bandes noires. Les couleurs 
de ces infeétes font en général aflez obfcures. 


1. TABANUS sorace cinereo ; abdomine flavefcente , 
J'egmentis fingulis triangulo albo. 

Linn faun. fuec. n. 1045. Tabanus grifeus, abdominis fegmentis fingulis trian< 
gulo albo. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 6ot , n. 1. Tabanus oculis virefcentibus , abdominis 
dor{o maculis albis trigonis longitudinalibus. 

AG. Upf. 1736,p. 31, n. 17. Tabanus vulgaris grifeus , incifuris dorfi macula 
trigona albicante notatis. 

Jonft. inf. tab. 8 ,0rd. 2 ,f. 21,22. 

Reaum. inf. tom. 4, tab. 17, fig. 8. 


Le taon à ventre jaunâtre 8 taches triangulaires Blanches. 
Longueur 11 lignes. Largeur 4 lignes. 

Sa tête eft grife , mais fes yeux bruns & prefque noirs, en 
occupent la plus grande partie , laiffant entr’eux fort peu 
d'intervalle. Dans cette efpéce & dans les autres de ce 
genre, la tête eft large, courte, applatie de haut en bas. Le 
corcelet eft de couleur grife. Le ventre eft jaunâtre . prin- 
cipalement en-haut fous les aîles. Le milieu & le bas font 
bruns , avec une tache blanche triangulaire au milieu 
de chaque anneau , ce qui fait une bande longitudinale de 

Mmmi 


460 HISTOIRE ABRÉGÉE À 
taches ; dont la pointe regarde le corcelet. Les cuifes 
font noirâtres & les jambes jaunes. Les ailes font un peu 
obfcures , avec des veines brunes plus foncées. 

Ce taon pendant l'été incommode beaucoup les bœufs 
& les chevaux. 


2.TABANUS cinereus ,thorace fafciis longitudinalibus 
albis , abdomints Jegmento Jéngulo triangulo maculifque 
albis. Planch. 17, fig. 2. 


Le taon gris à taches blanches triangulaires fur le ventre. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 + lignes. | 

Sa tête eft de couleur grife , à Pexception des yeux qui 
font noirâtres & fort grands. Le corcelet qui eft gris en- 
deffous & fur les côtés , eft brun par deffus , avec cinq ban- 
des grifes longitudinales & un peu de poil fur chaque côté. 
Le ventre en - deffous eft tout gris , en-deffus il eft brun, 
avec une tache grife triangulaire placée au milieu de cha- 
que anneau , dont la pointe regarde le corcelet. Aux côtés 
de cette tache , en font deux autres irrégulieres prefque 
rondes & de même couleur. Les bords du ventre font ai- 
gus & blanchâtres. Les pattes font un peu jaunatres , 
à l'exception des cuifles qui font grifes. Les aïles font 
tranfparentes & veinées de brun. Cet infeëte varie pour la 
grandeur. On le voit voler l'été dans les prés & les pâtura- 
ges. 


3. TABANUS fufcus , tibiis albido-pallidis. 


Le taon brun à jambes blanchätres. 
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes. 

Ce grand taon eft brun & luifant : fon corcelet eft aflez 
velu , & fes poils font d’un brun châtain. Le ventre a quel- 
ques poils femblables fur fes bords , mais le deflus ef life 
& d’un brun foncé. Les aïles font aufli un peu brunes, mais 
inégalement ; elles font plus foncées en quelques endroits 
qui forment de grandes taches longues au milieu de Paile 
& plus claires dans le refte. Les pattes de même couleur 


DES INSECTES. 461 
que le corps, ont leurs jambes d’un blanc pâle, avec cette 
différence que dans les pattes de devant , il n’y a que 
le haut de la jambe & le bas de la cuiffe de cette couleur, 
au lieu que dans la feconde & la troifiéme paire , cette 
mème couleur regne fur le bout de la cuifle & fur toute la 
jambe , excepté à fa derniere extrémité. 


4. TABANUS sous niger, antennis dichotomis. 


Le raon noir à antennes fourchues. 
Longueur 7 lignes. Largeur 3 lignes. 

La couleur de tout linfette eft noire , fes aîles même fe 
font. Tout l'animal eft life , à l'exception de quelques poils 
noirs & courts fur les côtés du corcelet. Mais un caractere 
fpécifique de ce taon, qui le peut faire aifément reconnoi- 
tre, confifte dans la forme de fes antennes, dont la fecon- 
de piéce a une appendice ou dent latérale femblable à une 
feconde antenne un peu plus courte que la premiere , 
ce qui fait paroître les antennes comme fourchues. 


s- TABANUS füufcus ; alis cinereis punélis minutiffimis 
albis. 
Linn. faun. fuec. n. 1050. Tabanus fufeus ; alis cinereis punis minutiflimis 


albis ; oculis viridibus, Jineolis quatuor undulatis fufcis. 


Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 602, n. 11. Tabanus oculis fafciis quaternis undatis, 
alis fufco punétatis. 


AG. Upf. 1736, p. 31, n. 20. Tabanus fufcus, alis cinereis punéatis, 


Le taon à aëles brunes piquées de Blanc. 
Longueur 4 lignes, Largeur \ ligne. 

Tout l'infeéte eft d’un brun cendré. Quand il eft en vie 
fes yeux font verts , avec des raies brunes finuées. Entre les 
yeux, eft un grand efpace gris , fur lequel font deux taches 
noires mattes bien vifbles , & une poftérieure beaucoup 
plus petite. Je n’ai pu découvrir, ni fur cette efpéce, ni fur 
les deux précédentes, les petits yeux liffes. Le corcelet 
eft brun , avec des raies longitudinales, grifes, ferrées , au 
nombre de fept environ, Le ventre qui eft un peu cendré, 


462 HISTOIRE ABRÉGÉE 

a le bord de chaque anneau plusblanc, Les aîles brunes & 
cendrées , font toutes piquées de petits points blancs, avec 
une tache marginale noire. Les pattes font de la même 
couleur que le corps, à exception des jambes qui font en« 
trecoupées d'anneaux alternativement bruns & blancs. 
Cette efpéce eft une des plus communes dans les prés. Ses 
yeux font très-beaux. 


6 TABANUS cer, thorace lineis duabus longirudi- 
nalibus cinereis , abdominis fegmentis limbo cinereo. 

Le taon noir à anneaux du ventre bordes de blanc. 

Longueur s lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses yeux font bruns & le refte de fa tête eft gris, avec 
deux taches noires luifantes placées entre les deux yeux 
& qui fe touchent l’une l’autre. Sur le derriere de la tête 
on voit très-diftinétement les trois petits yeux lifles. Le 
corcelet eft noirâtre avec deux bandes longitudinales gri- 
fes bien marquées qui fe voyent en-deflus. Le ventre de 
même couleur que le corcelet , a chaque anneau bordé 
de gris. Ce ventre eft plus éfilé & plus allongé, & fa poin- 
te eft plus menue que dans les efpéces précédentes. Le 
deffous de l'infeéte eft tout noir ainfi que les cuiffes , mais 
le refte des pattes eft un peu jaunâtre. Les aîles ont un 
peu de jaune ; leurs veines fur-tout & leur point margi- 
nal font d'un Jaune fauve. Cet infeéte eft affez liffe. 


N.B. J'en ai une variété plus velue , encore plus noire 
& fur laquelle on voit fort peu de gris. Son corcelet fur- 
tout eft prefque tout noir. L’une & l’autre fe trouvent 
dans les prés voifins des bois. 


7. FABANUS cirereus, nbiis fulyis, 


Le taon gris à jambes fauves. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Sa couleur eft toute grife, mais plus claire encore en: 
deflous qu'en-deflus. Ses jambes & fes pieds font d’une 


DES INSECTES. 463 
couleur fauve un peu pâle. Ses aïles font un peu jaunâ- 
tres vers le haut & le bord extérieur, & diaphanes dans 
tout le refte. Je n'ai qu'un individu de cette efpéce, qui 
n’eft pas des plus communes. N'ayant point examiné les 
yeux fur l’animal vivant, Je ne puis aflurer fi celui-ci eft 
le même que M. Linnæus a défigné n°. 1048, de la 
fauna fuecica. I] paroit lui refembler beaucoup. 


8. TABANUS ju/Cus, abdominis lateribus pedibufque 
flavis , alis maculis fufcis. 

Linn. faun. fuec. n. 1049. Tabanus fufeus , alis maculis fufcis albifque variis, 
oculis fulvo-viridibus , punis nigris. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 602 , n. 12. Tabanus oculis nigro-pun@atis , alis 
maculatis. 

AG. Upf. 1736,p.31,n.21. Tabanus fufcus, alis cinereis, maculis albis ni« 
grifque. 

Tid. n. 22. Tabanus fufcus , alis fufcis , maculis nigris, 

Raj. inf. p. 272. Muica bipennis pulchra ; alis maculis albis amplis pi&is. 

Le taon brun, à côtés du ventre jaunes , & aïles tacherées 
de noir. 

Longueur 4 + lignes. Largeur à ligne. 

Sa tête eft brune : dans lanimal vivant les yeux font 
mêlés de vert & de couleur fauve, avec quelques points 
noirs. Les trois premiers anneaux des antennes font gros 
& pâles, les autres forment un filet mince & noir. Le 
corcelet eft brun avec quelques bandes longitudinales 
grifes. Les cotés & le haut du ventre font jaunes, & cha- 
que anneau de cette partie, a une tache triangulaire bru- 
ne, le bas du ventre eft brun, Les pattes font Jaunes à 
l'exception des tarfes qui font noirâtres. Les aïles font 
blanches ; mais chargées de plufieurs taches brunes & 
noires. 


9. TABANUS fufcus , abdominis lateribus pedibufque 


Jlavis ; als immaculatis albis. 
Le taon brun , à côtés du ventre jaunes & aïles blanches. 


Je penfe que celui-ci pourroit bien n’être qu'une varié- 


464 HiSTO'RE ABRÉGÉE 

té du précédent. Il lui reffemble en tout pour la grandeur ; 
les couleurs & la forme, & en particulier pour la figure 
de fon ventre qui eft allongé. Il n'y a de différence que 
dans les aîles qui dans celui-ci n’ont aucunes taches. 


10. TABANUS fu/cus, abdomine antice luteo , alarum 
margine exteriore , factifque duabus tranfverfis nigris. 

Le taon à deux bandes noires [ur les aïles. 

Longueur $ lignes. Largeur 1 + ligne. 

Parmi les infeétes de ce genre, cette efpéce eft une des 
plus belles & des plus aifées à reconnoître. Elle eft brune , 
il y a cependant deux outrois bandes longitudinales plus pà- 
les fur fon corcelet. La partie fupérieure du ventre, favoir 
les deux premiers anneaux qui font environle tiers de tout 
le ventre, font de couleur Jaune, le refte eft brun. Les aîles 
ont leur bord extérieur noir, ainfi que deux larges bandes 
tranfverfes qui tiennent à ce bord, le refte de l'aile eft 
blanc. On voit diftinétement dans cette efpéce les dents 
de la bouche qui font noires , au lieu que dans prefque 
toutes les autres elles font blanches. La trompe fembla- 
ble à celle des mouches,en différe , en ce qu’elle ef creu- 
fe & forme une gaine qui renferme un aiguillon fembla- 
ble à celui des aliles , mais compofé de cinq piéces. On 
trouve ce taon dans les bois humides. 


W.B. Il yen a une variété qui a fur la bande noire 
tranfverfe de laïle , une tache blanche comme le fond 
des ailes, 


11. T'ABANUS crereus, abdomine flavo maculs 
triangularibus nigris , alarum margine exteriore , faf- 
ciaque tran/verfa marmorata fufca. 

Le taon à une feule bande noire panachée. 

Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ce taon approche un peu du précédent. mais il en dif- 


fére par plulieurs endroits. Outre qu'il eft plus petit, fon 
ventre 


DES INSECTES. 46$ 
ventre eft par-tout d’un jaune fale , avec deux taches noi- 
res triangulaires fur chaque anneau. Le corcelet eft gris & 
chargé de trois bandes longitudinales noires. Les yeux 
font noirs & le refte de la tête eft gris. Les antennes fort 
grandes & prefqu’aufli longues que le corcelet, font grifes 
à leur bafe , noires dans le refte. Enfin les ailes qui font 
joliment travaillées , ont leur bord extérieur irréguliére« 
ment chargé d’un noir brun, & de plus elles ont une bane 
de tranfverfe de même couleur dans leur milieu, mais 
cette bande eft interrompue par deux ou trois taches 
blanches de la couleur du fond. Outre les trois petits 
yeux lifles qui font noirs & pofés à l'erdinaire au der- 
riere de la tête entre les yeux , & proche les uns des au- 
tres comme en un bouquet, cet infeéte femble en avoir 
trois autres plus grands ; un entre les yeux derriere Pat- 
tache des antennes & devant les petits yeux, & les deux 
autres devant l’attache des antennes au-deffus de la bou- 
che , un à droite , l’autre à gauche. Tous les-trois font 
noirs, lifles , affez grands & paroiflent très-bien à caufe 
de la couleur grife de la tête de ce petit animal. Cet in- 
fete a été trouvé dans les prairies. 


ASILUS. 
Li dis DLE; 
Antennæ fetaceo-conicæ Antennes fétacées , coni- 
quadripartitæ. ques,divifées en quatre pat- 
à ties. 
Os roffro fubulato acuto. Bouche formée par une trom- 
pe fimple & aigue. 
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


L'afile,que d’autres appellent la mouche-afile,différe des 
autres genres de cette feétion par la forme de fes antennes, 
qui lui eft commune avec le genre précédent , & on la dif- 
tingue de ce dernier genre par la ftruéture de fa bouche ; 


qui a une trompe fimple ;, aigue & piquante. 
Tome LI, | de Nan 


466 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Ses antennes font femblables à un gros fil qui fe termi- 
neroit en pointe. Elles font compofées de plufieurs arti- 
cles dont les trois premiers font diftinêts & les autres ne 
paroiffent former qu’une feule piéce & font confondus , 
enforte que toute l’antenne ne paroït compofée que de 
quatre piéces, quoiqu'il y en ait réellement davantage. 
Dans quelques efpéces la derniere piéce, celle qui termi- 
ne l’antenne , ef plus groffe & forme une efpéce de maf- 
fue , qui cependant finit toujours en pointe vers le bout. 
Ces efpéces paroiïflent différer un peu des autres par cet 
endroit, ainfi que par la longueur de leur trompe qui ef 
plus confidérable que dans la plüpart des autres afiles. 

En général ces infeétes ont le corps allongé , leur ven- 
tre fur-tout eft long & affez mince. Leurs pattes font 
grandes , & les anneaux du tarfe ou du pied qui font au 
nombre de cinq, font courts & un peu figurés en cœur. 
Ces infettes demandent à être pris avec précaution ; ils 
piquent aflez fortement avec leur trompe aigue. Ils s’en 
fervent pour piquer différens animaux , & en tirer le fang 
qu’ils pompent & fuccent par cette même trompe qui eft 
creufe en-dedans. Ces afiles incommodent beaucoup les 
troupeaux dans les bas prés, où ils font fréquens. Je ne 
connois ni leurs larves ni leurs nymphes qui probablement 
fe plaifent dans les endroits humides , & peut-être même 
vivent dans l’eau. 

Les efpéces de ce genre font affez nombreufes. 


1. ASILUS Zanigerus , alarum baft fufca. 


Linn. faun. fuec. n. 1119. Culex lanigerus , alis femifufcis. 

Linn. ff. nat. edit. 10, p. 606 , n. 1. Bombylius alis femi-nigris, 

Aldrov. inf. p. 350,"f. 10. Mufca X. 

Mouffet. lat. 6s , f. s. À gauche. 

Hoffnag. inf. t.8,f.5. 

Periv. gazop. 56 , tab. 36, n°2 $. Mufca apiformis probofcide porre&a , alis 
maculatis. 

Ibid. p. 67, tab. 42, n.9. Mufca apiformis probofcide porre@a, alisnon ma 
culatis. 


AG, Upf. 1736 » pe 315 n, 14. Idem nomen. 


DES INSECTES. 467 


Raj. inf. pag. 273. Mufca bombyliformis denfe pilofa nigta, abdomine obtufo 
ad latera rufo. 
Reaum. inf. tom. 4 tab, 8,f.11,12313e 


Le bichon. 
Longueur 4, $ lignes. Largeur 2 lignes. 


Nous avons rangé dans ce genre cet infeële qui en a 
tous les caraéteres par fa trompe & la forme de fes anten- 
nes. Cette trompe eft mince , noire, longue , égalant les 
deux tiers ou les trois quarts de la longueur de l’infe&te , 
& fouvent divifée en deux à fon extrémité. L'animal la 
porte toujours avancée devant lui, & fouvent il en fait for- 
tir une autre plus fine qui y eft renfermée comme dans un 
étui. Les antennes de la longueur de la tête , font un peu 
coudées dans leur milieu. Pour les pattes elles font fines , 
déliées & longues pour la grandeur de l'infeéte. Elles font 
noires ainfi que les antennes. Tout l’infeéte eft court & 
ramañlé , & pareillement de couleur noire, mais couvert 
d'un duvet touffu , cotonneux & blanchâtre. Ses aïles fort 
longues pour fon corps , ont leur partie fupérieure noire 
proche la bafe , principalement du côté du bord extérieur ; 
le refte eft d’un clair obfcur. Cet infette vole dans les Jar- 
dins autour des fleurs , qui fucce avec fa trompe fans 
s'arrêter & en volant continuellement. Il ne pique point & 
on peut le prendre impunément. Il varie pour la grandeur. 


2. À SILU S hirfutus ferrugineus ; alis fulvis , femoribus 


TILQTES 


L'afile velu de couleur fauve. 
Longueur 9 lignes. Largeur 3 lignes. 


Ses yeux , fa trompe & fes antennes font noirs. Sa tête 
eft couverte de poils fauves. Le fond de la couleur du 
corcelet & du ventre eft noir, mais ils font aufli couyerts 
de poils fauves , enforte que cette derniere couleur fem- 
ble être celle de linfe&te. Les aîles font jaunes ainfi que 
les pattes, à l’exception feulement des cuifles qui font 
noires. Cet infeéte fe trouve dans les prés. 

Nnni 


468 HISTOIRE ABRÉGÉE 


3. ASILUS feérrugineus , abdominis articulis tribus ; 
priortbus atris , poflerioribus quatuor flavis. Linn. faun. 
Juec. n. 1031. Planch. 17, fig. 3. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 605 , n. 3. Afilus abdomine tomentofo antice nigro, 
pofuce flavo inflexo. 

Mouffer. lat. p. 46. Vefpæ fpecies. fig. exter. 

Jonft. inft. t.9,f. 2. Mufca boaria aldrov. tab, 1, 

Hoffn. inf. 1,16 ,f. 10. 

Raj. inf. p. 167. Mufca maxima crabroniformis. 

ErifCh. germ. 3 , p. 38, 1. 8. Tertii ordinis. Mufca rapax magna, abdomine lutee 
maculato. 

Reaum. inf. tom. 4, tab, 8, fig. 3. 

AË. Upf. 1736, p.29, n. 8. Ichneumon collari gibbo, abdomine ovato acutoe 


L'afile Brun , à ventre à deux couleurs. 
Longueur 1 pouce. Largeur 2 + lignes. 


Cette efpéce eft la plus grande de toutes celles de ce 
genre que nous avons dans ce pays-ci. Sa trompe plus 
courte que fa tête, eft de couleur noire ainfi que fes yeux. 
Son corcelet grand & convexe en-deflus eft de couleur 
de rouille. Les pattes font de la même couleur , ainfi que 
les ailes, qui ont pourtant quelques taches noirâtres pref- 
que triangulaires à leur bord intérieur: Les trois premiers 
anneaux du ventre font noirs , mais les quatre fuivans font 
jaunes & un peu velus. Le bout ou l'extrémité eft brune 
& fe termine en pointe. 

On trouve ce gros infeéte dans les prés humides où il 
vole fort vite ; il faut prendre garde à fes doigts en le pre- 
nant , car il pique fortement. 


4 ASILUS riger, abdominis féomentis tribus a tergo 
rufes. Linn. faun. fuec. n. 1036. 


L'afile noir à sache fauve fur Le ventre. 
Longueur 10 lignes. Largeur 2 à ligues. 

Cet afile eft noir, prefque fans poils, fi ce neft en 
quelques endroits & particuliérement fur le devant de la 
tête. Son ventre eft compofé de fept anneaux dont le qua- 
triéme & le cinquiéme font d’un brun fauve , rougetre » 


DES INSECTES. 469 
outre deux taches de même couleur aux côtés du troifié- 
me. De plus les anneaux vüûs à un certain jour , ont fur cha- 
que côté une tache blanche formée par des poils très- 
courts , ce que l’on apperçoit plus diftinétement fur le qua- 
triéme anneau que fur les autres. Les ailes font nébuleu- 
fes & les pattes brunes, 


$s. ASILUS sorus niger fubhirfurus , alis atris. 


L’'afile tout noir. 
Longueur 8 lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Il eft couvert de poils longs ; mais peu ferrés. Tout 
fon corps eft d’un noir foncé fans mêlange d'aucune au- 
tre couleur. Ses aîles font aufli très-noires. Je l’ai trouvé 
plufieurs fois fur les bords de la feine. 


6. ASILUS ziger hirfutus ; tibiis halteribu[que fèrru- 


gineis , als nioro undulatis. 


L'afile noir selu , à pattes & balanciers fauves, & aïles 
noires ondees. 
Longueur 7 lignes, Largeur 1 3 ligne. 

Il eft noir & velu. Les poils de fon corcelet vûs à un 
certain jour paroiflent un peu dorés, & forment quatre 
raies longitudinales de cette couleur. Les balanciers font 
jaunes. Les cuifles font noires & le refte des pattes eft de 
couleur fauve avec un peu de noir aux tarfes. Les aîles 
ont des ondes de brun, qui fuivent la direétion des vei- 
nes qui font noires. Cette efpéce n'eft pas rare dans les 
prés. 

7. ASILUS xiger glaber ; antennis’, femoribus , 
halteribus, tibiifque fecundi & poflici paris rufis, alis 

® fufco undulatis. à 

L'afile noir Liffe, à antennes , cuiffes & balanciers fauves 
& aëles ondees. de brun. 


ÆLongueur 7 ? lignes. . Largeur 1 X ligne. 


Sa couleur eft noire pag-tout , à l’exception des fix cuif- 


470 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fes , des jambes de la feconde & de la troifiéme paire ; 
des antennes & des balanciers qui font de couleur fauve. 
Le corcelet a de chaque côté une raie longitudinale & 
une tache, qui à un certain jour paroït d’un jaune doré 
& foyeux. Cette raie & cette tache font formées par dé 
très-petits poils. Le troifiéme , quatriéme & cinquiéme 
anneau du ventre ont aufii de chaque côté une petite ta- 
che blanche pareillement formée par des petits poils. Les 
antennes font compofées de quatre articles dont le troi- 
fiéme eft le plus long , & le quatriéme ou dernier très- 
court & pointu. Les ailes ont des ondes de brun, qui fui- 
vent la direttion des nervures , & l'intervalle qui eft entre 
elles eft blanc. Cet afile a été trouvé à Fontainebleau. 


8, ASIL Ü S riger glabér, femoribus halteribufque 


ferruginers ; als nigres. | 


Linn. faun. fiec. n. 1037. Afilus corpore atro glabro, alis nigris , femoribus 
hafreribufque ferrugineis. : 


Lin. ff. nat. edit, 10 ,p. 606, n. 11, Afilus œlandicus. 

Reaum. inf. tom. 4 , tab. 22, f.7, 8. 

L'afile noir Liffe ; à pattes. & balanciers fauves, & aïles 
toufesS 1101TES. 

Longueur € £ hgnes.. Largeur 1 ligne. 


Il eft tout noir , life & luifant. Ses pattes , tant les cuif- 
fes , que les jambes , font de couleur fauve , mais les tar- 
fes , & le bas des jambes poftérieures font noirs. Les bas 
lanciers font de la même couleur que les pattes. Les aîles 
font étroites & très-noires. Cette efpéce a le haut du ven- 
tre plus étroit que le bas. On la trouve dans les bois 
humides. 


9. ASILUS ziger glaber, fémoribus halteribufque 


ferrugtineis ; alis albis venis nigris. 


L'afile noir life, à pattes & balanciers fauves , & aïles, 
blanches veinées. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 Lignes + 


: DES ÎNSECTES. 471 
: Il reffemble beaucoup au précédent pour fa forme. Son 
corps eft noir & lifle. Ses pattes font de couleur fauve 
avec un trait noir fur le deflus des cuifles. Les jambes & 
les tarfes poftérieurs font noirâtres. Les balanciers tirent 
fur le jaune pour la couleur , &c les ailes font blanches & 
finement veinées. Cette efpéce eft la plus commune de 
toutes. On la trouve par-tout dans les campagnes & les 
jardins. Elle varie pour la grandeur. 


10. ASILUS zriger glaber, femoribus tibiifque rues , 


alarum punclo marginale ZLLgTO. 


L'afile noir liffe, à pattes fauves & tarfes noirs. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. ‘ 

Le corps de cet infeûte eft noir & life. Ses pattes 
feules font de couleur fauve à l'exception des pieds ou 
tarfes qui font noirs. Ses aîles font blanches & ont un 
point marginal noir & long. Le cara@tere de cette efpéce 
éft d’avoir la premiere piéce des tarfes poftérieurs auf 
longue que les quatre autres & beaucoup plus groffe 
qu'elles. 


11. ASILUS ziger glaber, Ps alre , als 


Jfubrotundis obfcuris margine nigro. 
L'afile noir Life, à balanciers blancs & aïles bordees de 


noir. 
Longueur 3 lignes. Largeur ? ligne. 

Cette petite efpéce eft toute noire ; life & peu allon- 
gée. Les balanciers de fes aîles font blancs, & les aîles 
font d'une teinte un peu obfcure , bordées d'un point 
marginal long & noir. Ces ailes font larges & ovales. 


a2 ASILUS azrennis capite longioribus clavatis 
acuminatis ; nigro rufoque varius glaber , Jegmentis 
abdominalibus fecundo &C tertio margine flavis , alis 


Jufco GE 


Linn. faun. fuec. n.1030. Afilus antennis capite longioribus clavatis 4cumi- 
matis, fegmentis abdominalibus glabris, margine flavis , fronte glabra, 


472 H1STOIRE ABRÉGÉE 


Linn. [yJt. nat. edit. 10, p. 604, n. 4. Conops antennis clavatis mucronatis 
luteis , abdomine fubcylindrico glabro , fegmentis quatuor margine fiave{- 
centibus. 


Reaum. inf. tom. 4, tab. 33 ,f. 12,13. 


L'afile à antennes en maffue & aïles brunes. 
Longueur $ 3 lignes, Largeur 1 À ligne. 

À la premiere vûe on prendroit cette efpéce pour une 
guêpe. Elle eft life : fes antennes ont leur derniere piéce 
groffe en fufeau allongé & pointu , & elles font grandes 
& plus longues que la tête. Le devant de la tête eft d’un 
jaune citron ainfi que les balanciers, les pattes font fau- 
ves. Le corcelet eft varié de noir & de fauve rougeitre. 
Il en eft de même des anneaux du ventre dont quelques- 
uns font bordés de jaune citron, principalement le fe- 
cond & une partie du troifiéme fur les côtés. Les ailes 
font brunes , ondées & nébuleufes, On trouve ce bel 
alile dans les prés. 

. 
13 ASILUS antennis capite longioribus clavatis acu< 
minatis , nigro rufoque varius , glaber , fégmentis abdo- 
minalibus omnibus margine flavis ; als fufcis margine 


albo. 


L'afile à antennes en maffue , & ‘ailes brunes bordees de 
blanc. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 


Cette efpéce refflemble beaucoup à la précédente, & a 
Pair & le port d'un ichneumon. Ses antennes font noires , 
allongées , groffes par le bout , un peu moins cependant 
que dans l’autre. Sa trompe pareillement noire , eft longue 
& fine. Le devant de fa tête eft de couleur citron. Le cor- 
celet eft noir , bordé de couleur fauve , fur-tout aux angles 
extérieurs du haut fur les épaules. Le ventre fauve mêlé 
de noir , a tous fes anneaux bordés de jaune citron ; il eft 
plus étroit que dans l’efpéce ci-deflus , fur-tout vers le 
haut, & il reffemble à celui d’un ichnetmon. Les balan- 
ciers font de couleur citron , & les pattes fauves, saepté 

es 


DES INSECTES. 473 
les tarfes qui font noirs. Les ailes plus courtes que le ven- 
tre ; font brunes au milieu & blanches aux bords , ce qui 
les rend fort belles. On trouve cet infeéte avec le précé- 
dent , dont il pourroit bien n’être qu’une variété. 


14 ASILUS acztennis capite brevioribus clavaris 
Jesofrs ; nigro rufoque varius , glaber , alis nigris , oris 
aculeo ir2 medio incurvato. 


L'afile panache de fauve & de noir à afles noires. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Il y a encore peu de différence entre cette efpéce & les 
deux précédentes. Ses antennes beaucoup plus courtes 
que fa tête, ont leur derniere partie groffe , avec quelques 
{oies latérales. Elles font fauves & le devant de la tête eft 
de couleur citron. Le corps eft panaché comme dans 
les afiles précédens de brun & de noir , de façon cependant 
que le noir domine fur le corcelet & le brun fur le ventre, 
ainfi que fur les pattes. Les ailes plus courtes que le ven- 
tre , font noirâtres. Un autre caraétere de cette efpéce, 
c'eft que fa trompe fine & aufli longue que la moitié 
de fon corps , a dans fon milieu une articulation où elle fe 
replie & fe coude , quelquefois à angle aigu. 


15. ASILUS riger glaber , fronte pédibufque rufés ; oris 
aculeo ir medio tncuryato. 

L'afile noir Lf]e à pattes & dévant de la tête fauve. 

Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Il eft noir & life , mais le devant de fa tête & fes pattes 
font fauves. Ses antennes font pareillement fauves , & ont 
la derniere piéce plus grofle , avec quelques poils latéraux 
comme dans l’efpéce précédente. Sa trompe eft aufli fem- 
blable à celle de l’efpéce ci -deflus : elle eft longue , fine , 
noire & pliée dans fon milieu. 


16. ASILUS cinereus hirfutus. 


Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 606 , n. 9. Afilus hirtus cinereus. 
Tome IL. Ooo 


474 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Frifch.inf. 3, p. 35 , tab. 7. æ 


L'afile cendre. 


Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne. 


Il eft velu & d’une couleur grife cendrée. En regardant 
fon corcelet à un certain jour ; il paroït chargé de bandes 
longitudinales de poils dorés. Le bord des anneaux du 
ventre paroit un peu brun , fur-tout dans le milieu , où il ÿ 
a une tache allongée comme triangulaire de cette couleur. 
Les parties du fexe font longues , noires & débordent de 
beaucoup le ventre. Les pattes font grifes & les aîles dia- 
phanes, avec dés veines noires. Tout l’infette eft allongé, 
fon ventre fur-tout eft long & fe termine en pointe. On 
trouve affez communément cet aile dans les jardins & Îes 
campagnes. 


17. ASILUS Zvidus , thoracis Lineis dorfalibus tribus 
nigris. Linn. faun. fuec. n. 1033. 


Linn, [yff. nat, edir. 10, p. 606 ,n. 1. Afilus tipuloides, 


L'afile à pattes fauves allongées. 
Longueur 4 lignes. Largeur > ligne. 

Cette efpéce a les yeux de couleur grife , un peu brune; 
fes antennes font noires & fa trompe eft de couleur pâle, 
longue , réfléchie en-deflous le long du corcelet. Celui-ci 
eft d’une couleur cendrée obfcure , avec trois lignes noires 
longitudinales en-deflus. Le ventre dans les femelles eft de 
la même couleur que le corcelet ; dans les mâles, il eft & 
plus allongé , & de couleur jaune pâle , ainfi que le font 
les pattes dans l'un & dans l’autre fexe. Les ailes des mâles 
font d’un jaune brun, celles des femelles font blanches & 
tranfparentes. Dans tous, les pattes font fort longues pour 
la grandeur du corps. 


18. ASILUS pallido-fulvus , thorace lineis dorfalibus 


tribus nigris ; alis incumbentibus reticudatis, 


L’afile fauve à aïles reticulees. 
Longueur 3 + lignes. Largeur ? ligne, 


DES INSECTES. 475 
La couleur de cette efpéce eft d’un jaune pâle , à l’ex- 
* ception des yeux qui font bruns , & de trois raies noires 
longitudinales que l’on voit fur le corcelet. Le ventre 
a aufi en-deffus fur le milieu de chaque anneau une tache 
triangulaire brune. Les ailes font couchées fur le corps : 
elles font tranfparentes , très-veinées & comme réticulées. 
La trompe de la tête eft prefqu’aufli longue que le corce- 
let. En regardant de près l’infe&te , on voit qu’elle forme 
un tuyau qui renferme trois aiguillons dans une rainure 
placée en-deflous. 


19. À SILUS siridis nitens , pedibus albidis. 
L'afile vert dore. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur 3 ligne. 

Tout le corps de cette efpéce eft d’un vert doré : 
les pattes feules font pales , blanchâtres , tirant un peu fur 
le jaune. Les ailes font un peu brunes. On trouve cet afile 
fur les fleurs. 


20. ASILUS ziger , pedibus anticis articulo tarfc primo 
craffo clavato. 

L'afile noir à pieds de devant en mallue. 

Longueur 3 ligne. Largeur = ligne. 

Cette très-petite efpéce eft noire , fes pattes font de 
couleur livide , & fes aîles veinées de noir. Mais ce qui la 
fait fûrement recennoître , c’eft que la premiere articula- 
tion des tarfes ou pieds de devant eft groffe & en maflue. 
On trouve cet infeéte quelquefois fur les fleurs. 


STRATIOMYS. 
LA MOUCHE-ARMÉE. 


Antenne fétaceæ fraile. Antennes fétacées & bri- 
fées. 
Os probofcide abfque den- Bouche avec une trompe 
tibus. fans dents. 
Oooiïij 


476 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Thoracis apex aculeatus. Extrémité du corcelet ar- 
mée de pointes. 
Ocellitres. Trois petits yeux liffes. 
Familia 14 Thoracis aculeis Famille 1°, Corcelet armé de 
duobus. deux pointes. 
24, Thoracis aculeis 2°. Corcelet armé de 


fée fix pointes, 


Ce genre a été peu connu jufqu'ici, quoique Swammer- 
dam en ait parlé fous le nom d’afle , & ait donné fon 
hiftoire que M. de Reaumur a rapportée de nouveau dans 
fes Mémoires pour fervir à l’hifloire des infeétes. Goedart 

aroit avoir connu la larve de ces animaux ; qu’il a nom- 
mée le chamæleon ; probablement parce qu'elle change de 
couleur , & Aldrovande a appellé cette même larve zz4e/- 
zinum terræ parce qu'elle reflemble à un ver. Mais ni 
Pun ni l’autre ne paroiffent avoir connu l'infeéte parfait. 
M. de Reaumur, qui d’après Swammerdam en a donné la 
figure ; l’a appellée mouche - armée ; nom que nous avons 
confervé en françois , & que nous avons traduit par le mot 
latin /ératiomys. 

Le caraétere de ce genre confifte dans la réunion de tous 
ceux que nous avons donnés , & fur-tout dans ces efpéces 
de pointes que portent ces infeétes à l'extrémité de leur 
corcelet ; ce qui forme un caractere particulier à ce genre. 
Quant aux autres , ils lui font communs chacun en parti- 
culier avec quelques-autres infeétes de cette fe&tion. 
© La larve de la mouche-armée vit dans l’eau. Auffi M. 
Linnæus qui n’a connu que cette larve , fans avoir vü l'in- 
fe&te parfait , l'a-t-il appellée , ‘oeffre aquatique , oeftrus 
aque. S'il eut vü l'infette aîlé , il auroit aifément apperçu 
qu’il différe de loeftre. Cette larve reflemble à un long ver 
fans pattes & un peu applati, de couleur brune verdëtre ou 
jaunâtre. Elle eft un peu plus groffe du côté de la tête & 

lus mince du côté de la queue. Sa tête eft petite , oblon- 
gue , écailleufe. Les premiers anneaux font plus courts que 


DES INSECTES. 477 
les autres ; les derniers font plus longs ; plus menus & 
cylindriques. Le dernier de tous eft aufli le plus allongé ; il 
égale quelquefois pour la longueur les cinq ou fix premiers 
pris enfemble. La peau de cette larve eft forte & dure ;, 
mais cependant flexible. Son peu de fouplefle rend fa 
démarche finguliere. Elle ne peut ployer chaque anneau , 
il faut qu'elle les coude en leur faifant faire différens 
angles à leur jonétions ;, ce qui donne à l'infefte un air 
tortu. Cette larve vit de petits infeétes aquatiques , auf 
remarque-t-on à fa bouche quelques crochets durs & 
écailleux accompagnés de barbillons dont elle fe fert pour 
attraper & failir fa proie. Entre ces armes offenfives fe 
trouve l'ouverture de fa bouche ; qui eft munie d’un 
fucçoir dont Pinfeëte fe fert pour pomper fa nourriture. 
L'autre extrémité de la larve, ou fa queue, eft encore plus 
remarquable. Au bout de cette partie, on voit une ouver- 
ture qui fert à l’infeéte de fligmate ; & à l’aide de laquélle 
il pompe l'air. Cette ouverture eft entourée d’une frange 
comme rayonnante de poils barbus qui empêchent l'eau 
d’y pénétrer. L'infeéte applique ordinairement l'ouverture 
& la frange bien étalée à la furface de l’eau pour refpirer 
l'air , & il refte fouvent long-tems dans cette fituation 
la tête en bas. Quand il veut s’enfoncer dans l’eau , il 
reploye les barbes de la frange & en forme une efpéce de 
boule , fous laquelle l'ouverture du ftigmate fe trouve ca- 
chée , enforte que Peau ne peut y pénétrer. 

Quand la larve de la mouche armée parvenue à fa grof- 
feur, veut fe métamorphofer , elle ne change point de fi- 
gure ; feulement fa peau fe durcit ; cette larve refte fans 
mouvement, & même elle n’en peut faire aucun , elle de- 
vient inflexible. Ainfi la peau de cette larve lui fert de 
coque ; comme dans les genres précédens , avec cette 
différence cependant ; que cette peau ne change aucune- 
ment de figure pour former la coque. C’eft dans cette 
efpéce de coque , fous cette peau endurcie , que la larve 
prend la forme de nymphe. Mais cette nymphe eft beau- 


473 HISTOIRE ABRÉGÉE 

coup plus courte que la larve , elle ne remplit pas à beau- 
coup près toute fa longueur , & les quatre derniers an- 
neaux de la coque reftent vuides. L’infeéte demeure fous 
cette forme pendant onze ou douze Jours. On diflingue 
dans la nymphe toutes les différentes parties de l’infedte 
parfait , & lorfqu’elles ont acquis affez de confiftence & de 
fermeté, l’infecte ailé fort de fa coque ;, en faifant fauter les 
deux premiers anneaux qui fe féparent comme une ca- 
lotte. 

La mouche - armée , après avoir vécu dans l’eau fous la 
forme de larve & fous celle de nymphe , devient dans fon 
dernier état habitante de l'air, & elle ne retourne vers 
l'eau que pour y dépofer fes œufs qu'elle fait y devoir 
éclore. Cet infeëte à bien des égards refflemble aux mou- 
ches : fa forme, fes ailes & la trompe de fa bouche paroif- 
fent Le rapprocher de ce genre. Mais deux autres caracteres 
Pen diftinguent ; favoir , fes antennes & fon corcelet. Les 
antennes qui reffemblent à un fil , font coudées dans leur 
milieu & forment un angle prefque droit. Toute la partie 
qui eft depuis la tête jufqu à la courbure,n” eft formée que 
par une feule piéce longue ; à l angle même de la courbu- 
re ; fe trouve une feconde piéce très - courte. Enfuite , le 
refte de | ‘antenne,depuis l'angle qu’elle forme jufqu’à fon 
extrémité, femble compofé d'une feule & unique piéce ; 
quoiqu'il y ait réellement plufieurs anneaux , mais telle- 
ment ferrés & réunis, qu'on ne peut guères les diftinguer 
les uns des autres. Le corcelet porte un autre caractere 
que nous avons dit être particulier à ce genre; ce font des 
pointes aigues que l'on remarque à fon extrémité, & qui 
ont fait donner à cet infeéte le nom de mouche-armée. Ces 
efpéces d’épines dont le corcelet eft armé , font au nombre 
de deux dans la plüpart des efpéces. Mais nous en avons 
trouvé une mieux armée que les autres à cet endroit. Elle 
a fix pointes au bout du corcelet, trois de chaque côté. II 
n'eft pas aifé de déterminer l° ufage de ces pointes , dont il 
ne paroit pas que l'infeéte fe ferve pour fe défendre. Il y 4 


DES INSECTES. 479 
une efpéce , c’eft celle à corceler rouge farine fqui outre ces 
pointes de l'extrémité du corcelet , en a encore deux autres 
htérales , une de chaque côté. Leur ufage n’eft pas plus 
aifé à découvrir que celuides autres pointes. 

En général ; ces infe&es ont le ventre large & plat. 
is font affez lifles : leurs couleurs fans être éclatantes;font 
belles ; & ce genre n’eft pas un des moins intéreffans 
de cette fe&tion. 


PREMIERE FAMILLE: 


1 STRATIOMYS fufca , thorace fubhirfuto ferru- 
gineo , abdomine glabro ovato plano', lunulis [ex luteis. 
Planch. 17, fig. 4. 

Linn. [yff. nat. edit, 10, p. 589, n. 3. Mufca antennis filatis clavatis, fcutello 

bidentato luteo , abdomine nigro , fafciis lateralibus luteis. de 

Linn. faun: fuec. n. 1083. 

Linn, faun. fuec. n. 1029. Oeftrusaquæe. 

Goëd. belg. 1 ,p. 118 ,r. 70. Chamæleo. € gall. tom. 2, tab. lxx. 

Lift. Goed. 355, ft: 144. 

Frifch. germ. $ , p. 28 ,t. 10. Tabanus aquaticus. Infe@um & larva. 

Swammerdam.in-4°. 138 ; t. 4, Tabanus. 

Swamm. bibl. nat. t. 42, fe 2. 

Rofel. inf. vol. 2, t.s. Mufc. 

Reaum. inf. tom. 4, tab. 15; fig. 7e 


La mouche armée à ventre plat charge de fix lunules. 
Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes. 


Sa tête refflemble beaucoup à celle des oeftres : les yeux 
en occupent la plus grande partie, ils font bruns , ainfi que 
le deffus de lanimal. Le corcelet eft un peu velu & fes 
poils font de couleur fauve. Le bout du corcelet eft jaune, 
ainfi que les deux pointes qui en naïflent. Le ventre large, 
plat & prefque circulaire a fix taches triangulaires , un peu 
formées en croiffant , de couleur jaune tirant fur le fouci, 
trois de chaque côté. vers le bord , outre une feptiéme 
tache impaire de même couleur placée à l'extrémité du 
ventre. En-deflous, le ventre eft jaune, avec quelques ta- 
ches noires. Les pattes font aufli jaunes ; à l'exception des 


480 HISTOIRE ABRÉGÉE 
cuifles qui font brunes. Les ailes ont leur bord extérieur 
brun. 

Ces infectes font éclos chez moi. Ils font venus des lar- 
ves que J'avois élevées dans l’eau, & qui font figurées dans. 
Swammerdam & louvrage de M. de Reaumur. Ces lar- 
ves compofées de onze ou douze anneaux., ont à leur 
extrémité un pinceau de poils qu'elles appliquent à la fur- 
face de l’eau en l’évafant en entonnoir & qui entoure leur 
ftigmate. Leur métamorphofe fe fait de la maniere que 
nous l'avons dit dans le difcours qui eft à la tête de ce 


gente. 


2 STRA TIO MY S fufca ÿ thorace hirfuto ferrugineo ; 


abdomine glabro ovato plano immaculato. 
La mouche-armee à ventre plat & brun. 


Je croirois celle-ci fimple variété de la précédente. Elle 
lui reffemble pour la grandeuf, la forme & même pour les 
couleurs. Seulement fon corcelet eft un peu plus velu fans 
tache jaune , & le ventre eft tout brun fans aucune tache. 
Le deffous du ventre & les pattes font aufli de couleur 
brune. Ses antennes font plus courtes de moitié que celles 
de l'efpéce ci-deflus. Elle eft éclofe chéz moi de larves 
toutes fembiables à celles de la premiere efpéce. 


3. STRATIOMYS rigra, thorace fériceo rubro utrin- 
que fpénofo. 

Schæffer. differtat. die fattelfiege. in-40. 1753 ; fig. 

La mouche-armée à corcelét rouge fatiné. 

Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes. 

Cette efpéce eft toute noire , fes ailes même font de 
cette couleur. Il n’y a que fon corcelet qui foit en-deffus 
d’un rouge brillant &.comme fatiné. Si on le regarde à la 
loupe , où voit que ce font de très-petits poils de cette 
couleur qui le font ainfi paroitre fatiné. De plus , ce corce- 


Îct a une autre particularité. Outre les deux pointes de 
l'extrémité 


# 


« DES INSECTES. 481 
l'extrémité du corcelet qui font communes à toutes les 
Mouches-armées de cette famille , & qui font longues 
dans cette efpéce , le corcelet a encore deux épines latéra- 
les fort aigues , une de chaque côté , ce qui eft particulier 
à cette efpéce & qui la fait aifément reconnoitre. 


4 STRATIOMYS fu/ca ; abdomine viridi , fafcia 
longitudinal nigra. 
Linn. fyff. nat. edit. to, p.589 , n. $. Mulca antennis filatis clayatis , fcutello 
bidentato nigro , abdomine viridi , medio nigro arfgulato, 


La mouche-armée à ventre vert. 
Longueur 3 à lignes. Largeur à ligne. 


Ses antennes font de couleur noire & plus courtes que fa 
tète. Ses yeux qui font verts , font ornés d’une bande vio- 
lette qui les traverfe prefque dans le milieu , & de plufieurs 
points de même couleur , du moins dans l'infeëte vivant, 
& ils occupent prefque toute la tête. Le corcelet eft brun 
tant en-deflus qu'en-deffous & quelquefois vert à fa poin- 
te. Le ventre eft par-tout d’une belle couleur verte claire , 
mais en-deflus il a für fon milieu une bande noire longi- 
tudinale plus large vers le bas qu’en haut & qui regne 
tout le long du ventre. Les pattes font jaunâtres & les 
aîles très-tranfparentes, Cet infeëte m'a été donné. 


$ STRATIOMYS zigra, nbiis albidis, alarum 


margine exteriore rEgro. 


La mouche-armée noire à pattes blanches. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Elle eft toute noire , à l'exception des jambes & des tar- 
fes qui font blanchätres. Le bord extérieur de fes aîles eft 
aufli noir. Le bout du corcelet eft un peu velu, enforte 
que les pointes de cette partie font difficiles à appercevoir 
parmi les poils. : 


6 STRATIOMYS atra, rhorace abdomineque 
maculs flavis. à 


Tome IL, Ppp 


LL] 


/ 


482 HISTOIRE ABRÉGÉEN 


La mouche-armée noire à taches jaunes. mn 
Longueur 3 lignes. Largeur x ligne. 

La couleur de cette belle efpéce la fait refflembler à 
une guêpe. Elle eft d’un noir matte , mais le bout de fon 
corcelet & les pointes qui en naïflent font d'un Jaune 
citron. Chaque côté du corcelet eft aufli chargé de deux 
taches de même couleur, l’une plus haut, l'autre plus bas 
proche l'attache de l'aile. Le ventre pareillement noir , eft 
aufli couvert en-deflus de cinq taches Jaunes ; favoir, deux 
de chaque côté oblongues , & defcendant obliquement 
pour gagner les bords du ventre , & une unique à fon 
extrémité. Les cuiffes font noires , mais les jambes & 
le haut des tarfes font jaunâtres. Ce que cette efpéce a de 
particulier ; c’eft que fes antennes font plus courtes que 
dans les autres , & terminées par une foie,prefque comme 
celles de la nemotele, dont nous parlerons bientôt. Cette 
belle efpéce a été trouvée proche Fontainebleau. 


7. STRATIOMYS Zuteo-virefcens , thorace lineïs 
tribus longitudinalibus | abdomiñe tribus tranfverfis 
arCuails HE grLs. 


Reaum inf. tom. 4 , tab. 22 , fig. 17. 


La mouche-armée jaune à bandes noires. 
Longueur : + lignes. Largeur = ligne. 

Ses yeux font bruns & occupent prefque toute fa tête; il 
y a feulement entre les yeux,à la partie poférieure,un petit 
point jaune. Le fond de la couleur du cercelet & du ven- 
tre, eft d’un jaune verdâtre. Sur le corcelet, il y a trois 
bandes noires longitudinales qui s’uniffent vers le bas , un 
peu avant la pointe du corcelet qui eft jaune, ainfi que les 
épines qui en naïiflent. Aux deux côtés du corcelet , font 
deux points noirs allongés comme les commencemens 
d’autres bandes. Le ventre a en-deflus trois bandes tranf- 
verfes noires qui ne vont pas jufqu’aux bords. Ces bandes 
forment des arcs dont les extrémités regardent la tête, & 


DES INSECTES.. 483 
le milieu le bout de l’animal. La partie du milieu des deux 
premieres bandes forme un angle un peu pointu , la troifié- 
me ou derniere eft arrondie. En-deflous , le corcelet eft 
noiratre & le ventre Jaune. Les pattes font aufli jaunes & 
les ailes très-tranfparentes , avec leur bord extérieur un peu 
brun. On trouve cette mouche- armée dans les prés. 


NE :Cio. ND Et ME DNLLE: 


8. STRATIOMYS zigra , als nigris , femoribus 


abdomineque luteis. 


La mouche-armée noire à ventre & cuiffes jaunes. 
Longueur 1? lignes. Largeur 3 ligne. 

Cette efpéce eft allongée. Sa tête , fon corcelet & fes 
ailes font noires ; le ventre & les cuifles font jaunes , & le 
refte des pattes noir. Elle porte fes ailes applaties & croi- 

ées fur fon ventre. Les fix pointes qui terminent fon 
corcelet , font rangées en demi-cercle comme des rayons, 


8 
au nombre de trois de chaque côté. 


M US C A. 
LA: MOUCHE, 


Antennæ e patella plana Antennes formées par une 

Solida , feta laterali feu pilo. palette platte & folide avec 
une foie ou poil latéral. 

Os probofcide abfque den Bouche avec une trompe 


abus. fans dents. 

Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 

Familia 14, Alis variegatis. Famille 1°, Mouche à aîles 
panachées. 

——— 24, Ore larvato. 3 ——— 2", Mouches à maf- 
que. 

——— 3%. Variegate. ——— 3. Mouches pana- 
chées. 

——— 4%, Aurate, ——— 4°. Mouches dorées, 


Pppi 


484 HISTOIRE ABRÉGÉE 

——— 4. Vulgares. ——— 5. Mouches commu- 

nes. 

La mouche eft un infette des plus communs & des plus 
connus. Son caraëtere n’eft pas non plus difhcile à connoi- 
tre. fi dépend de deux parties, favoir des antennes & de’ 
la bouche : c'eft la configuration de ces deux parties, qui 
conftitué le caractere de la mouche. 

Les antennes de cet infeéte font formées par quelques 
piéces très-petites & très-courtes, & terminées par une 
palette plus grofle , applatie, plus ou moins allongée, 
compofée de plufieurs piéces , tellement unies, qu’il n’eft 
pas aifé de les diftinguer. Du milieu ou du bas de cette 
palette, part latéralement un poil ; une efpéce de foie, qui 
fe trouve ainli placée fur le côté de l'antenne d’où elle 
fort. Quant à la bouche de la mouche, elle n’a ni dents ni 
machoires : c’eft une fimple trompe nue, molle , flexible, 
ouverte par le bout, avec laquelle ce petit animal fucce 
& pompe les liqueurs dont il fe nourrit. 

De ces deux caraëteres , le premier eft commun à la 
mouche , au ftomoxe , à la volucelle & à la némotele, 
qui ont tous des antennes femblables, & il les diftingue 
de tous les autres genres : le fecond caractere, celui de la 
bouche , eft propre à la mouche, & au fcatopfe feul , qui 
différe de la mouche par fes antennes. Cette derniere eft 
la feule dans laquelle ces deux marques caraétériftiques 
foient réunies , enforte qu’on ne peut ia confondre avec 
aucun autre infeéte. 

Ce que nous avons dit à la tête de cette feétion fur les 
métamorphofes des infeétes qu'elle renferme , peut sap- 
pliquer en particulier à la mouche ; ainfi pour éviter des 
répétitions inutiles, nous nous étendrons peu fur les chan- 
gemens de ce genre. 

En général les larves des mouches reffemblent à des 
efpéces de Vers mols, blanchâtres , fans pattes , dont {a 
tête eft molle & de figure variable. Le corps de ces lar- 
ves eft compofé de plufieurs anneaux , & leur bouche n’eft 


DES INSECTES. 48$ 
autre chofe qu’une efpéce de fueçoir ; qui fouvent eft ac- 
compagné d'un dard dur & pointu, & de deux crochets 
écailleux placés latéralement , avec lefquels cet infeéte fe 
tient accroché & en même tems pioche & déchire les 
différentes matieres qui lui fervent de nourriture. Ces 
larves refpirent l'air par quatre ftigmates , dont deux font 
pofés antérieurement , un de chaque côté , aflez ordinai- 
rement à la jonction du fecond & du troifiéme anneau, & 
les deux autres font à l’extrémité du corps. Ces deux der- 
niers font plus grands que les précédens & varient pour 
la forme : quelquefois ils font cachés & comme enfoncés 
fous une efpéce de bourrelet, d’autres fois ils font élevés 
& reflemblent à deux cornes. Ordinairement dans l’ou- 
verture de chacun de ces deux grands fligmates, on ap- 
perçoit trois autres ouvertures plus petites , femblables à 
trois petits ftigmates renfermés dans le grand. : 

La demeure ordinaire de ces larves varie fuivant les 
efpéces différentes de mouches auxquelles elles appar- 
tiennent. Ces larves ont aufli quelques différences fingu- 
liéres entr’elles qui méritent d'être obfervées. 

Il y en a qui vivent fur les arbres & les plantes, & qui 
fe nourriflent des pucerons qu’on y rencontre fouvent 
par bandes très -nombreufes : celles- là font très -voraces. 
Leur corps eft un peu allongé; elles Pallongent encore 
davantage, elles étendent leur tête , & au défaut des yeux 
qui paroiflent leur manquer , elles femblent s'en fervir 
pour tâter & failir les pucerons. Lorfqu'elles les ont trou- 
vés , elles les percent avec le dard de leur bouche, qu'el- 
les retirent enfuite fous le fecond anneau de leur corps, 
& fuccent à leur aife leur proie par le moyen de leur trom- 
pe. Comme ces larves fe nourriffent de pucerons , quel- 
ques Naturalifies ont appellé les mouches qu’elles pro- 
duifent , mouches aphidivores ; comme qui diroit, man- 
geules de pucerogs. 

: D'autres larves de mouches vivent dans les chairs des 
animaux morts & dans d’autres matieres pourries. Les 


486 HISTOIRE ABRÉGÉE 
mouches bleues de la viande font de ce nombre, On fait 
combien on a de peine pendant l'été, à préferver la vian- 
de de l'approche de ces mouches: elles y dépofent leurs 
œufs , & ceft de ces œufs qu'éclofent ces vers blancs 
qu'on voit dans la viande qui fe pourrit, & qui ne font 
autre chofe que les larves de ces mouches. Ces larves, 
outre leur dard , ont à la bouche les crochets écailleux 
dont nous parlions tout-à-lheure. Elles s’en fervent , ainfi 
que de leur dard, pour piocher & déchiqueter la viande, 
qu'elles fuccent enfuite. Souvent, pour la rendre plus ten- 
dre & plus facile à déchirer , elles l'arrofent d’une liqueur 
vifqueufe & gluante, qui la rend plus aifée à fe gâter & 
en accélere la putréfattion: Aufli en peu de jours voit-on 
cette viande prefque réduite en une matiere pourrie » 
affez fluide , dans laquelle nagent en grande quantité ces 
larves blanches qui la trouvent fort à leur goût. D’autres 
larves femblables , mais plus petites , ne s’attachent pas à 
la viande , mais à une autre matiere pareillement très- 
fujette à la pourriture. Le fromage fait leurs délices, 
elles s’en nourrifflent, elles y vivent. Ces petites larves 
n'attirent point l'attention pour leur forme qui n'a rien 
de fingulier , mais fi on les fuit de près , elles préfentent 
un phénomene particulier. La larve de ces mouches à 
laquelle Syammerdam a donné fans fondement le nom 
d’acarus , faute fouvent à la hauteur de fix pouces , ce 
qui eft étonnant , vùû fa petiteffe. On ne conçoit pas d’a- 
bord comment ce petit infecte peut exécuter un pareil 
faut , on n’appercçoit à l’extérieur aucun organe qui paroiffe 
pouvoir l'aider à fauter. Pour découvrir fa manœuvre, il 
faut l’examiner & le fuivre attentivement. Alors on voit 
cette petite larve fe dreffer fur fa partie poftérieure , & fe 
tenir dans cette poftion gênante par le moyen de quel- 
ues tubercuüles qui font au dernier anneau de fon corps. 
Alors elle fe courbe, elle forme une efpéce de cercle, 
& amenant fa tête vers fa queue ; elle enfonce les deux 
crochets de fa bouche dans deux finuofités qui font à la 


DES INSECTES. 487 
eau du dernier anneau, & les tient ainfi fortement ac- 
crochés. Toute cette opération eft faite en un inftant. 
Pour lors l'infeéte fe contracte & fe redreffe vivemene & 
preftement , tellement que les crochets font un peu de 
bruit en fortant des enfoncemens dans lefquels ils étoient 
retenus. Ce mouvement vif faifant frapper fortement le 
corps à terre , fait rebondir l'infeéte : il faute & faute fou- 
vent très-haut par ce mouvement élaftique. On voit fou- 
vent ces larves en grande quantité dans le vieux fromage 
à moitié pourri, mais perfonne avant SWammerdam n'a- 
voit obfervé la jolie manœuvre dË cet infeëte. D’autres 
Rarves femblables vivent dans la fiente & les excrémens 
de l'homme & des animaux. Comme elles n’offrent rien 
de particulier , nous ne nous arrêterons pas à confidérer 
des infectes fi fales & fi mal-propres. 
- L’eau fert aufli d'habitation à quelques larves de mou- 
ches, mais ce ne font point les eaux claires, pures & 
tran/parentes ; c’eft dans les eaux bourbeufes , puantes , 
dans les cloaques & les latrines que fe plaifent ces infeêtes. 
Quelque dégoütantes cependant que paroiflent ces lar- 
ves, elles méritent l'examen & l’attention d’un Natura- 
lifte. Semblables à des efpéces de vers , elles ont en-def- 
fous fept paires de mammelons courts & membraneux 
qui reflemblent à des jambes , & qui en font réellement 
l'office : mais ce qu'il y a de plus fingulier ,c'eft que ces 
efpéces de larves, au lieu de ftigmates, ont à l'extrémité 
du corps une longue queue qu s'éléve à la furface de 
Peau pour pomper l'air. Cette queue a fait nommer ces 
infeëtes par M. de Reaumur, les vers à queue de rar: 
Quoique le corps de la larve wait pas plus de fept à 
huit lignes de long , cette queue peut s’allonger beau- 
coup , fuivant que la furface de l’eau eft plus élevée : elle 
fe prolonge quelquefois jufqu'à cinq pouces s’il eft nécef. 
faire. Le tuyau qui compofe cette queue n’eft pas fim- 
ple ; il eft compofé de deux , dont l’un entre dans l'autte, 
comme ceux des lunettes d'approche, Tous deux font ca- 


488 HISTOIRE ABRÉGÉE 

pables d’allongement , & le dernier fe termine au bout 
par un mammelon qui donne entrée à l'air. C'eft par-là 
que cet infeéte refpire ; & c’eft par cette raifon qu’il étend 
fa queue jufqu'à la furface de l’eau , pour recevoir l'air 
par ce ftigmate allongé. Aufli ces larves ne vivent-elies 
pas dans des eaux profondes , où leur queue ne pourroit 
parvenir à la furface du liquide. 

Les nymphes de toutes ces larves font renfermées dans 
des coques formées par la peau même de l'infeéte , qui 
fe durcit. Ces coques ont , de même que les larves, des 
figmates à leur partie*antérieure & à leur partie pofté- 
rieure. C’eft fous cette coque ferme & folide , que la lar- 
ve fe change d’abord en boule allongée & enfuite en nym- 
phe ; dans “laquelle on reconnoit toutes les parties de l’in- 
fecte parfait ou de la mouche qui en doit fortir. 

Ces coques de mouches ont quelques différences en- 
trelles fuivant les larves qui les ont produites, & les 
mouches différentes qui en doivent fortir. Nous avons 
déja dit dans le difcours général qui eft à la tête de cet- 
te fettion, que les mouches aphidivores , qui vivent fur les 
plantes &. fe nourriffent de pucerons , avoient des coques 
qui n'étoient pas rondes, comme les autres, mais plus 
groffes par un bout & pointues par l’autre ; enforte qu’elies 
imitoient la figure d’une larme. Lorfque la larve de ces 
mouches veut fe métamorphofer aini , elle commence 
par jetter & faire fortir de fa bouche une liqueur gluante, 
ayec laquelle elle fe fixe fur une feuille ; ou fur une tige 
de plante. Quelques heures après elle change de figure & 
prend. la forine linguliere que nous venons de décrire. 
Cette coque eft platte en-deffous., du côté où elle eft col- 
lée à la feuille, & arrondie en- url Mais ce qu’elle a 
de plus fingulier , C’eft que Îa partie la plus groffe qui ré- 

si au derriere de la larve. , renferme la tête de la nym- 
phe &. de la mouche, tandis que, Pautre qui ef éfilée, 
& qui dans la,larve formoit la tête, renferme la partie 
poftérieure de la chryfalide. I femble que linfecte , avant 
. que 


DIS INSEE THERS 489 
que de fe changer en nymphe fe foit retourné bout à bout 
dans cette coque. Elle eft tranfparente dans les commen- 
cemens : elle devient opaque fur la fin, lorfque l’infette 
eft formé & prêt à en fortir. 

La coque des mouches bleues de la viande & de beau- 
coup d’autres mouches , n'a rien de fingulier. Elle eft 
ovoide , & les anneaux qu'on y diftingue très-bien, la 
font reflembler à un petit baril arrondi par les deux 
bouts. Ces coques font ordinairement d’un brun plus ou 
moins foncé. Mais une coque moins fimple & bien plus 
finguliere , c’eft celle de ces larves aquatiques à queue de 
rat dont nous avons parlé plus haut. La coque de ces 
infeétes n’eft pas moins remarquable que leurs larves. Ces 
larves fortent de l’eau pour fe métamorphofer, & vont 
s’enfoncer en terre , comme beaucoup d’autres. Leur co- 
que fetrouve formée parleur peau, qui devient brune & fe 
durcit. Mais la forme de la coque différe beaucoup de 
celle de la larve. D'abord la longue queue qu'elle avoit 
fe raccourcit , & devient beaucoup plus petite. De plus 
on voit naître à la tête de la coque quatre petites cornes, 
qui font un peu courbées & pofées en quarré. Ces cor- 
nes fervent à la nymphe pour refpirer, & répondent aux 
quatre fligmates du corcelet de la mouche qui en doit 
fortir. Enfin la mouche parfaite fort de cette coque au 
bout de huit ou dix Jours , en faifant fauter, la partie fupé- 
rieure de fa coque , dont la calotte fe divife en deux 

iéces. 

Plufeurs autres coques de mouches ont de femblables 
cornes au nombre de deux ou de quatre, Leur ufage eft 
le même dans toutes : elles fervent à la nymphe pour 
refpirer. J'en ai fur-tout remarqué fur plufieurs coques des 
mouches mafquées , dont nous parlerons bientôt ;, & dont 
les larves fe trouvent aflez fréquemment dans l’eau. 

L'infecte parfait fort de fa coque , en faifant féparer la 
partie fupérieure de cette coque , par le moyen de cette 
efpéce de corps charnu , qui fe voit fur la partie antérieure 


Tome II. Q qq 


490 HISTOIRE ABRÉGÉE 

de ja tête , & qui difparoit enfuite , lorfque l’infeûe eft 
refluyé & féché. Nous avons dit que c’étoient les mouve- 
mens alternatifs de contradion & de dilatation de ce tu- 
bercule , qui forcçoient la coque à s'ouvrir, & nous avons 
expliqué le méchanifme par lequel l'ouverture fe faifoit 
toujours à la même place & au même endroit. 

Lorfque la mouche parfaite & aïlée vient de fortir de 
cette coque , elle paroît d’abord fort petite. En peu de 
tems elle fe développe & groflit finguliérement , elle pa- 
roit plus grofle qu'elle ne doit être , mais en fe féchant 
elle diminue un peu, & reprend je véritable volume 
qu'elle doit avoir. 

Ces mouches , après leur métamorphofe, ne tardent pas 
beaucoup à s'accoupler. C’eft fur-tout dans ce genre que 
laccouplement fe fait de la maniere finguliére que nous 
avons rapportée. La partie du mâle eft ouverte, & c'eft 
elle qui reçoit celle de la femelle , qui entre dans le corps 
du male pour être fécondée. En voyant cette manœuvre 
tout-à-fait contraire à ce qui fe pafle dans les autres ani- 
maux & même dans les infeétes, on eft tenté de croire 
qu’on fe trompe & qu’on a d’abord pris le mâle pour la 
femelle ; mais il n°y a pas à fe méprendre fur cet article : 
outre que les femelles font plus groffes & ont le ventre 
plus rebondi que les mâles , il fufüit d'ouvrir le ventre 
d’une d’entrelles, on y trouvera les œufs qu’elle doit 
dépofer. 

Nous avons dit que ces œufs varioient pour la couleur 
& pour la forme. Par exemple, ceux des mouches bleues 
de la viande, font de couleur de nacre, ils font oblongs ; 
un peu courbés ,avec une languette fuivant leur longueur, 
quis’entr'ouve pour laïffer fortir la petite larve qui en doit 
éclore. Ceux de la mouche, dont la larve eft à queue de 
rat , font blancs, oblongs , & vüs à la loupe ils paroiflent 
chagrinés. La mouche ne les dépofe pas dans l’eau où 
doit habiter la petite larve qui en proviendra , mais pro- 
che de l’eau dans un endroit humide ; d’où les larves 


DES INSECTES. ai 
naiflantes puillent aller gagner l’eau. D'autres œufs bien 
plus finguliers , font ceux de la mouche r1erdivore , dont 
la larve vit dans la fiente. Ces œufs qui font blancs & 
oblongs, ont à un de leurs bouts deux efpéces d’ailerons, 
qui s’écartent l’un de lPautre comme deux cornes. Une 

areille conformation étoit néceffaire à caufe de Pendroit 
où cet iniecte dépofe fes œufs. II les place, & ies pique 
dans les excrémens des cochons, des vaches & autres 
femblables. Ces ailerons empêchent que l'œuf ainfi piqué, 
ne puille enfoncer trop avant ; une partie de l’œuf,depuis 
Porigine des cornes, refte dehors, & le petit naïflant ne 
rifque pas de périr enfeveli fous la matiere qui doit faire 
fon aliment. T'ous les œufs des mouches ne font pas auffi 
finguliers ; néanmoins en les regardant à la loupe, on en 
voit beaucoup qui font diverfement cannelés & travaillés, 
tandis que d'autres font lifles, fimples & unis. 

D’autres mouches ne font point d'œufs, elles font vi- 
vipares : leurs petites larves fortent toutes vivantes du 
corps des meres. Ces infeétes ne peuvent pas faire à la 
fois autant de petits que les mouches ovipares fonr d’œufs. 
Les œufs tiennent peu de place, au lieu que les petits 
étant plus gros , ne peuvent guères être plus de deux en- 
femble dans le ventre d'une mouche. Aïnfi ces mouches 
ne font que deux petits à la fois , tandis que les ovipares 
font des centaines d'œufs. Les efpéces qui font dans ce 
cas ne font pas nombreufes , nous n’en connoiffons que 
deux, quoique peut-être il y en ait davantage. Ces deux 
efpéces de mouches vivipares fe trouvent l'une & l’autre 
fur le lierre. 

Quant aux efpéces de ce genre , elles font fort nom- 
breufes , & quoique nous donnions Le détail d'environ 
quatre-vingt efpéces , je fuis perfuadé qu’il y en a encore 
plufieurs que nous avons omis. Comme ces efpéces offrent 
toutes certaines différences , nous avons cru devoir en 
profiter pour les diftribuer en cinq familles différentes , ce 
qui facilite la recherche que l’on peut faire de quelque efpé- 


Qqqïi 


492 HISTOIRE ABRÉGÉE 

ce. Nous avons rangé dans la premiere famille les mou- 
ches dont les ailes ont des couleurs différentes qui les 
panachent & les bigarrent. Tantôt , c’eft une partie de 
Paile qui eft d’une couleur , tandis que le refte eft autre- 
ment coloré ; tantôt , ce font des bandes , des zig-zags , ou 
des points qui diverfifient les ailes , tantôt enfin , il wy a 
que la bafe de l'aile qui foit colorée. La feconde famille 
renferme des mouches qui ont un caraélere fingulier. Tou- 
tes ont fur le devant de la tête une pellicule ordinairement 
de couleur claire tirant fur le blanc ou fur lé jaune qui 
paroît comme renflée , & qui forme à l'infeëte une efpéce 
de mafque , ce qui a fait donner à ces mouches le nom de 
mouches mafquees. Ces infeëtes ont le corcelet allongé, les 
palettes des antennes plus longues que dans les autres 
efpéces , & quelquefois les ailes arrondies par le bout. 
Toutes ces particularités leur donnent un port aifé à re- 
connoître. Les larves qui donnent naiffance à ces mouches 
mafquées , viennent dans l’eau & y font leurs métamor- 
phofes. On trouve fouvent ces larves dans les eaux dor- 
mantes parmi la /ezrille d'eau. Leurs coques qui ne font 
formées que par la peau de la larve endurcie , font remar- 
quables par deux petites cornes aigues qu’elles portent 
à l'endroit de la tête. Lorfque la mouche fort de fa 
coque ,; ces deux petites cornes reftent à la calotte qui 
fe détache. Nous avons placé ces mouches immédiate- 
ment après la premiere famille , parce que plufieurs d’en- 
trelles ont les ailes panachées ou pointillées , ce qui 
les rapproche des premieres. Nous avons renfermé dans la 
troifiéme famille les mouches , dont le corps lui-même eft 
panaché de plufieurs couleurs. Parmi ces efpéces , il y en 
a de très-Jolies. C’eft à cette famille que fe réuniffent les 
mouches aphidivores , celles dont les larves fe nourriffent 
de pucerons ; la plüpart de ces mouches ayant le corps pa- 
naché de plufieurs couleurs. Mais nous n'avons pas cru 
devoir féparer ces aphidivores & en former une famille à 
part , d'autant que ce n'eft que dans la larve qu'on peut 


DIESN ÆNSECTES: 493 
obferver cette diftinétion , & non pas dans l'infeête parfait 
qui ne mange point de pucerons. D'ailleurs ces mouches 
étant variées & bariolées , fe trouvent naturellement ran- 
gées dans cette famille. La fuivante nous préfente les plus 
brillantes efpéces de mouches , les mouches dorées. Ces 
efpéces ne font pas fi nombreufes , mais plus éclatantes 

our la couleur, foit dorée , foit cuivreufe qui brille , tan- 
tôt fur leur ventre , tantôt fur leur corcelet & fouvent 
fur tous les deux. Enfin nous terminons ce genre par une 
derniere famille qui comprend les mouches ordinaïres , 
celles qui font les plus communes & qui n'ont rien de 
remarquable. 

Nous ne dirons rien de plus fur les efpéces que nous 
allons détailler chacune en particulier. 


PRE MI ERE A MILL LE. 
Mouches à aïles panachées. 


3. MUSCA rigra ; als nigris apice macula rotunda 
alba. 


Linn. faun. fuec. n. 1051. Mufca alis nigris, apice albis. 


Linn. [yft. nat. edit. 10, p. $99, n. 84. Mufca antennis fetariis alis nigris apice 
albis. 


AGE, Upf. 1736 ,p. 33, n. 50. Mufca nigra alis fufcis , apicibus albis, 
La mouche à afles noires & tache blanche à l'extrémité. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 

Cette petite mouche eft life & toute noire : fes aïles 
font pareillement noires , mais l'extrémité de l’aile fe ter- 
mine par une tache ronde de couleur blanche. J'ai trouvé 
cette mouche dans le Jardin Royal fur les fleurs. 


2. MUSCA atra hirfuta , margine alarum tenuiore 
Jinuato-albicante. 

Linn. faun. fuec. n. 1067. Mufca atra , margine alarum tenuiore finuato- 
albicante. ke 


Linn. [yff. nat. edir, 10, p.550, n. 7. Mufca antennis filatis fubulatis , corpore 
hirto aro , alis dimidiato nigris, . r 


494 H1:STONREMABRÉAGÉE 

AG. Upf. 1736, p. 32, n. 35. Mufca atra, alarum margine inferiore albefcente 
lacerato. 

Aldrov. inf. 348 ,t.2 fig. 13. 

Jonff. inf. t. 8. Mufcarum aldrovandi. ord. 2 , f. 13. 

Reaum. inf. tom. 6 , tab. 27, f. 13. 


La mouche à aïles noires bordées de blanc onde. 
Longueur 6 lignes. Largeur 2 à lignes. 

Cette mouche varie beaucoup pour la grandeur : J'ai 
donné les dimenfions de la plus grande que J'aye , mais il 
y en a de beaucoup plus petites. Elle eft toute noire & ve- 

lue , feulement les bords des anneaux de fon ventre ont 
chacun deux ou quatre taches blanches. Les aîles font auffi 
noires , à l'exception de leur bord intérieur qui eft blanc. 
Ce blanc forme différentes finuofités , enforte que l'aile 
aroit com'ne déchiquetée. Ces ailes font longues & 
Feet plus grandes que le corps. On trouve fouvent 
cette mouche dans les jardins. 


3. MUSCA cinerea , alis albis apice macula rotunda 
radiata. 


La mouche à l'etoile. 
Longueur 1 : ligne. Largeur à ligne. ‘ 

Cette petite mouche eft de couleur cendrée, il n’y a 
que l’extrémité de fon corcelet & celle de fon ventre , qui 
foient noires. Ses pattes font de couleur fauve. Ses ailes 
font très - blanches , à l'exception d’une tache ronde affez 
grande & de couleur noirâtre pofée fur l'extrémité , des 
bords de laquelle fortent des nervures qui forment comme 
des rayons , enforte que cette tache reffemble à un afe- 
rifque. 

4 MUSCA ads albis , apice nigris. Linn. faun. fuec. 

1 1052. 


Linn. [yff. nat. edit. 10, p. $99 , n. 86. Mufca vibrans. 
AG, Upf. 1736,p. 33 , n. 49. Mulca nigra vibrans, alis albis apicibus nigris, 
| 


La mouche à aëles vibrantes poniluées. 
Longueur 22 lignes. Largeur + ligne. 


DES INSECTES. 495 
Cette mouche eft de forme prefque cylindrique : fa 
couleur eft noire, fon ventre cependant eft fouvent un peu 
doré. Sa tête eft rouge , & les pattes font jaunes dans 
les femelles , noires dans les mâles. Le ventre ne fe termi- 
ne pas en pointe , mais il eft affez obtus par le bout. Les 
ailes font blanches , avec un point ou petite tache ronde & 
noire vers le bout. La grandeur de cette mouche varie, On 
la voit fouvent fur les arbres, & elle eft très-aifée à recon- 
noitre par le mouvement de fes aïles qu’elle éleve & baifle 
continuellement. 


$. MUSCA arra , bat alarum ferruginea. Linn. faun. 
Juec. n. 1077. 

Linn. fyf. nat. edit. 10, p.596, n. $6. Mufca groffa, 

Reaum. inf. tom. 4, tab, 16, fig. 10. 


La mouche noire à bafe des aïles jaune. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Cette efpéce eft toute noïre , à l'exception de fes yeux 
qui font bruns , d’une tache dorée au-devant de chaque 
œil , des écailles de deffous les aîles qui font blanchâtres , 
& de la bafe de fes ailes qui eft de couleur fauve. Son 
corps eft parfemé de quelques poils noirs & longs , fem- 
blables à des petits crins. Elle reffemble beaucoup à la 
trente - quatriéme efpéce ; elle a, comme elle , un ventre 
gros hémifphérique , dans lequel elle ne porte jamais que 
deux gros œufs à la fois. Elle les dépofe dans les bouzes de 
vaches. On trouve cette mouche dans les prés. 


6 MUSC A zigra , abdominis baft maculis fulvis ; 
alarum fafcia tranfverfa nigra ; baft fulya. 

La mouche noire à bafe des aïles & du ventre fauve. 

Longueur 4 lignes. Largeur 1 & ligne. 

Elle eft d’une couleur noire un peu luifante. La bafe de 
fa tête fous les yeux , eft un peu blanchâtre. Au haut de 
fon ventre , font deux taches fauves, une de chaque côté, 

qui en-deffous du ventre fé réuniflent , enforte que toute 


496 HrSTONRE ABRÉGÉE 

la bafe du ventre eft fauve en - deffous. Les ailes affez 
allongées, ont dans leur milieu une bande tranfverfe noire 
& large , & au-deflus de cette bande la bafe de l’aîle eft de 
couleur fauve. Tout le corps de l’infecte eft un peu allon- 
gé. Je l'ai trouvé au printems. 


7: MUSC A #horace atro , abdomine fufco ; baft alarum 


Jferruginea. 
Reaum. inf. tom. 4, tab. 29 , fig, 9. 
La mouche noire à ventre brun & bafè des aïles fauve. 


Sa grandeur eft un peu moindre que celle de l’efpéce 
précédente. Sa tête eft noire fans tache dorée devant 
les yeux : le corcelet eft de même d’un noir matte ; le 
ventre eft brun & les ailes ont leur bafe un peu fauve. 

Cette efpéce fe trouve l'automne fur le lierre dans 
les bois. Elle a une particularité , c’eft qu’elle eft vivipare, 
& quelle fait des petites larves toutes formées , au lieu 
que la plüpart des autres font ovipares. Elle n’eft pas 
cependant la feule. On en trouvera encore une dans la 
quatriéme fection qui vient aufli fur le lierre & qui ef pa- 
reillement vivipare. 


8. MUSC A alis albis , Linea undulata fufca figmoidæa. 


Linn. faun. fuec. n. 1063. Mufca alis albis, linea geminata littera S fufca , ocu- 
lis viridibus. 

Linn. [yfE. nat. edit. 10 , p. 600 , n. 97. Mufca cardui. 

Blanck. belg. 189 ,r. 16, fig. F. 

Goed. gall. tom. 2 , tab. L. 

Lift, Goed. 313, p. 102,1. 129. 

Rezum. inf. om. 3, tab. 44 ,f. 1,2. Grab. 45, fe 125 133 14e 


La mouche à zig-xag fur les aïles. 
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 

La couleur de cette mouche eft d’un brun noir, fes 
pattes font d’une couleur un peu plus claire , fa tête eft 
jaunâtre & fes yeux font d’un beau vert. Ses ailes font 
blanches , mais fur chacune il y a une bande noire ondée 


en zig-zag affez large , qui trâverfe quatre fois l'aile en 
defcendant 


Dirisi JN:SE CITES. 407 
defcendant obliquement d’un côté à l’autre. L'extrémité 
inférieure du corcelet eft blanche , & non pas l'extrémité 
du ventre, comme il eft marqué par erreur dans la Fauna 
Juecica. 

Cette mouche dépofe fes œufs dans les tiges & les têtes 
de cirfium & de chardons, ce qui y produit des-tubérofités 
monftrueufes , dans lefquelles habite la larve où elle fe 
métamorphofe , & d'où fort la mouche parfaire. En exami- 
nant la femelle de cet infe&te , on apperçoit à Pextrémité 
de fon ventre, l’inftrument qui lui fert à piquer les têtes 
des chardons. Le dernier anneau de ce ventre eft renflé 
vers fa bafe , & il en fort une efpéce de pointe fine & 
dure ; compofée de deux piéces l’une au bout de l’autre , 
dont la derniere ef très-aigue. Quelque fine que foit cette 
derniere piéce , elle a cependant dans fa longueur une 
fente ou rainure , pour le paflage des œufs qu'elle fait 
couler dans les têtes de chardons qu'elle a piquées. 


9. MUSCA as unguiculatis ; albo fufcoque reticulatis ; 


linea undulata fiomoidæa nigriore. 


La mouche à aïles réticulées avec une tache en zig xäg. 
Longueur 2 lignes. Largeur ligne. 

Sa couleur eft brune : fa tête , fes pattes & la pointe 
de fon corcelet tirent plus fur le jaune. Ses aîles font réti- 
culées de brun , enforte que le blanc forme des petites ta- 
ches rondes. Outre ce refeau , il y a fur l’aîle une raie 
ondée en zig-zag de couleur plus brune , qui traverfe cinq 
fois la largeur de l’aile en defcendant obliquement d’un 
bord à lautre. Les ailes font onguiculées , c’eft-à-dire, 
que vers le milieu de leur bord extérieur il y a une petite 
pointe en crochet. 


10. MUSCA a%s unguiculatis , albo fufcoque reticulatis 
macula duplici nigra. 


La mouche à afïles reticulees ayec deux taches noires. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 ligne, 


Tome II. # RerE 


493 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

Elle approche beaucoup de la précédente pour la forme 
& la couleur ; mais outre qu’elle eft plus grande , fa cou- 
leur eft plus cendrée & le ventre un peu brun. Les aîles 
font réticulées de brun , comme dans l’efpéce précédente, 
& outre ce refeau , il y a deux taches noires plus foncées 
que le refeau: l’une placée vers le milieu de laile & de 
forme allongée , defcend obliquement du bord extérieur 
vers l’intérieur ; l’autre placée plus bas, touche le bord ex- 
térieur & inférieur de l'aile , & elle eft plus arrondie. C’eft 
fur-tout par ces deux taches, que cette efpéce différe des 
précédentes à zig -zag. Dans celle - ci, le crochet du bord 
extérieur de l'aile eft plus fenfible que dans la précédente. 
Les larves de cette mouche habitent dans les têtes de 
Paunée. ( Enula campana. ) 


11. MUSC A zigra, alis albo nigroque rericulaiis, 
fafciis tranfverfis ob/curioribus. 

La mouche à afïles réticulees à bandes. 

Longueur 2 X lignes. Largeur = ligne, 

Elle eft noirâtre , avec une petite raie blanche fous Îes 
yeux. Ses ailes font chargées d’un fort refeau noir , & ont 
trois ou quatre bandes tranfverfes encore plus noires que 
le refte. Tout cela donne à l’infeéte un air noirätre. J'ai 
trouvé cette mouche dans des Jardins. 


12. MUSCA ffava , alis fulvis , macula triplici , punc- 
tifque plurims fufcis. 

La mouche à aïles jaunes chargées de points & de trois 
taches brunes. 

Longueur 2 3 lignes. Largeur = ligne. 

La forme de cette mouche eft arrondie & courte. Tout 
fon corps eft d’un jaune un peu fauve. Ses aïles font pref- 
que de la même couleur & chargées de beaucoup de peti- 
tes taches brunes , parmi lefquelles il y en a trois plus 
remarquables & plus grandes , dont une eft au milieu 
du bord extérieur, une autre plus bas attenant le bord inté- 


DES INSECTES. 
rieur ; & la troifiéme occupe la pointe de l'aîle. Cette 
efpéce approche beaucoup de celle que décrit M. Lin- 
næus , n°. 1057 de la Faura fuecica. 


13. MUSC A cinerea , als albis ; macula triplici punc- 
tifque plurimis fufcis. 

La mouche à aîles Blanches chargtes de points & de trois 
taches brunes. 


J'avois d'abord regardé cette mouche comme une va- 
riété de l'efpéce précédente , à laquelle elle reffemble 
pour fa grandeur & les taches de fes ailes ; mais la forme 
de fon corps eft différente, celle - ci ef plus allongée. Sa 
couleur eft cendrée : fes ailes font blanches , chargées 
de points bruns , & de trois taches plus remarquables , 
dont les deux premieres font placées comme celles de 
l’efpéce ci-deffus , & la troifiéme vers le bord extérieur , à 
une diflance aflez marquée de la pointe de l'aile , qui dans 
cette efpéce eft blanche ; en quoi elle différe encore de la 
précédente. 


14. MUSCA as unguiculanis albis , fafciis tribus 
fafcis ; thoracis apice flavo. 

Linn. faun. fuec. n. 1064. Mufca alis unguiculatis albis, fafciis quatuor fufcis, 
thoracis apice flavo. 


La mouche des têtes de chardons. 
Longueur 1 5 ligne. Largeur ligne. 

Sa tête eft jaune & fes yeux font bruns. Son corcelet eft 
cendré & fa pointe eft jaune. Le ventre eft noir & les pat- 
tes font fauves. On voit fur les ailes , qui font blanches , 
trois bandes brunes : la premiere eft tranfverfe , un peu en 
arc , & ne va pas Jufqu'au bord intérieur de l'aile ; la 
feconde plus baffe , traverfe toute la largeur de l’aïle ; la 
troifiéme , jointe à la feconde au bord extérieur de l'aile , 
parcoure ce bord jufqu'à fa pointe. Le bord extérieur 
de cette aile a une très-petite dent à l’endroit de la pre- 

Rrri] 


s00 HISTOIRE ABRÉGÉE 

miere bande. L’efpéce de Linnæus pourroit bien être une 
variété de celle-ci, d'autant que la nôtre femble avoir un 
petit trait , qui tient la place d’une bande qui lui manque 
proche la bafe de l'aile. Toutes les deux fe trouvent fur les 
feuilles & les fleurs de chardons & de cirftum. Elles vien- 
nent de larves qui fe logent dans les têtes de ces char- 
dons, qui les mangent & qui y font leurs métamorphofes. 


15. MUSCA flaefcens ; alis albis , fafciis quatuor 
tranfverfis fufcis , nonnullis connexis , thorace punis 
ZILOTES. 

La mouche jaune à quatre bandes brunes fur les ailes. 

Longueur 1 + lignes. Largeur 1 ligne. 

Sa couleur eft d’un jaune un peu fauve, fes yeux font 
noirs ; & la partie inférieure de fon corcelet eft chargée de 
taches noires & rondes. Ces taches font difiribuées en 
cinq bandes longitudinales de trois points chacune. Les 
ailes blanches & fans onglet , ont quatre bandes tranfver- 
fes brunes , dont les deux d’en- bas font réunies enfemble 
au bord extérieur de l'aile. Le ventre plus gros dans les fe- 
melles que dans les mâles , a quelques raies noires tranf= 
verfes. 

16. MUSCA rigra ; alis albis , fafciis quinque tranfver- 


. 


JEs nigris ; nonnullis connexis. 


La mouche noire à cing bandes noires fur les aïles. 
Longueur 1 + ligne, Largeur ? ligne. 

Cette petite mouche eft toute noire. Ses aïles font blan- 
ches , avec cinq larges bandes noires tranfverfes qui 
laiffent peu de blanc entr'elles. De ces cinq bandes , la 
premiere occupe la bafe de l'aile , & n’eft féparée de la fe- 
conde que par un petit trait blanc prefqu imperceptible : la 
feconde & la troiliéme s’uniffent vers le bord intérieur de 
l'aile : entre cette troifiéme & la quatriéme , eft un inter- 
valle blanc affez confidérable ; enfin la quatriéme & la cin- 
quiéme s’uniflent au bord extérieur de l'aile ; le bout 


DES INSECTES. so 
des aîles eft blanc. J'ai quelquefois trouvé cette petite 
mouche en grande quantité dans les bois. 


17. MUSC A fulya , alis unguiculatis fulvis fufco 


marmorans , maculis albis. 


La mouche à aïles marbrees. 

Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne, 

à Sa couleufr eft d’un fauve roux. Ses ailes grandes & lar- 
ges , font brunes, rouffes , enfumées & comme marbrées 
de raies & de taches brunes & noires. De plus ; chaque 
aile a plufieurs taches blanches ; 1°. plufieurs petites , ran- 
gées d'efpace en efpace le long du bord extérieur ; 29. plu- 
fieurs longues & contigues , formant une bande longitu- 
dinale qui parcoure le milieu de l'aile depuis fa bafe , juf- 
qu'aux deux tiers de fa longueur ; 3°. quelques - unes aflez 
marquées placées au bord intérieur. Le bout de l'aile eft 
de couleur plus foncée que la bafe. 


18. MUSC A gra, alis fufcis , fafcia duplici tranfver/aæ 
alba. 


La mouche noire à deux bandes blanches fur les afles. 
Longueur 1 ligne. Largeur + ligne. : 

Cette très-petite mouche eft allongée. Sa couleur eft 
d’un noir life , comme du jayet. Ses aïles font couchées fux 
les côtés de fon corps qu’elles enveloppent ; comme 
S'il ny en avoit qu'une ,; ce qui lui donne une forme 
un peu cylindrique. On reconnoît aifément cette petite 
efpéce par la couleur de fes aîles qui font d'un brun noir , 
avec deux bandes tranfverfes blanches , l’une vers la bafe 
de l’aile ; l’autre plus bas vers les deux tiers. Les pattes 
font ailongées & noires , à l'exception de leur bafe qui eft 
pâle & un peu fauve. Chaque fois qu’on voit cet infeéte , 
on a peine a le prendre pour une mouche , & à la premiere 
vüûe ; il refflemble à un cloporte. On le trouve fouvent 
fur les feuilles des arbres dans les bois, [Il marche vite. 


502 HISTOIRE ABRÉGÉE 


SE C'ONN DEN A MI L LE; 
Mouches à mafque. 
19. MUSCA cinerea , alis fubfulbyis , fafciis quatuor 


ÉTar1 verfis JILQTIS s LeTtia LIILETTUpEZ. 


La mouche cendrée à quatre bandes noires fur les aïles , 
dont la troifième efl divifée en deux. 
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne. 

La couleur de cette mouche eft grife , avec quelques 
poils noirs clair femés. Sa rète eft jaune , & elle a en- 
devant une pellicule qui lui forme un mafque. Ses pattes 
font brunes : fes ailes plus longues que le corps, le débor- 
dent de près de moitié : elles font un peu jaunûtres , & fur 
chacune , il y a quatre bandes tranfverfes brunes & noirà- 
tres. La premiere de ces bandes , celle qui eft la plus 
proche de la bafe de l'aile , eft courte & ne forme qu'une 
tache oblongue : la feconde eft plus large , & ne va 
cependant que depuis le bord extérieur de l'aile , jufqu’au 
milieu de fa largeur : la troiliéme en occupe toute la 
largeur d’un bord à l’autre , mais elle eft interrompue 
dans fon milieu & partagée en deux : enfin la quatriéme 
eft précifément à la pointe de l'aile qu’elle occupe toute 
entiere. J'ai trouvé cette mouche dans les prés. 


50. MUSC A cinerea ; nigro punélata , alis albo fufcoque 


marmoraiis. 


La mouche cendrée à points 8 aïles marbrees. 
2 


Longueur 3 lignes. Largeur 3 ligne. 


Cette mouche eft toute grife , à l'exception du mafque 
antérieur de fa tête qui eft blanc , ainfi que fes antennes 
qui font blanchâtres & aflez grofles. Sa tête , fon corcelet 
& une partie de fon ventre , font chargés de points noirs ; 
qu’on voit très-bien à la loupe , & de chacun defquels part 
un poil. Les ailes débordent le ventre d'un bon tiers ; 


D'ESS A  N SECTE": 503 
ce qui fait paroitre l’infeéte aufli long que nous l'avons 
marqué. Ces aîles font blanchâtres , avec des bandes tranf- 
verfes brunes , mais peu diftinétes, ce qui les rend comme 
irréguliérement marbrées de blanc & de brun. On m'a 
apporté cette Jolie mouche. 


21. MUSCA as fufco reffelato-reticulatis. 


La mouche à aïles réticulées de brun. 
Longueur 3 lignes. Largeur 3 ligne. 

Sa tête eft un peu fauve , le mafque du devant eft d’une 
couleur Jaune claire & les yeux font bruns. Le corcelet 
en-deffus eft noirâtre , un peu cendré. Le ventre eft fau- 
ve dans les mâles ; dans les femelles il eft un peu noirâ- 
tre en-deflus. Les pattes font de couleur fauve. Mais ce 
qui fait aifément reconnoitre cette efpéce de mouche, 
ce font les aïîles qui font blanches , tranfparentes , avec 
un refeau brun , formée de mailles quarrées ; compofées 
de beaucoup de bandes tranfverfes , que coupent en 
droite ligne les nervures de l'aile & plufieurs raies longi- 
tudinales. 


22. MUSC A thorace nigro, abdomine fulyo clavato, 
alis fufco nebulofis. 


La mouche à corcelet noir, à gros ventre jaune & aïles 
enfumees. 
Longueur 21 + lignes. Largeur à ligne. 

Sa tête eft jaune & fon mafque eft gros & blanc. Son 
corcelet eft noir , avec deux bandes de poils, qui vûs à 
un certain jour , paroiflent blancs. Les côtés & le deffous 
de ce corcelet font bruns. Le ventre eft pareillement d'un 
brun fauve. Sa forme eft finguliére : ce ventre eft étroit 
à fa bafe & va en groffiffant jufqu’à fon extrémité, où 
il fe termine par un bout affez gros, à peu près comme 
dans les ichneumons. Les pattes font de la même couleur 
que le ventre, Les ailes arrondies & courtes , font comme 


s 04 Hi1STOIRE ABRÉGÉE 

enfumées de brun. Ce brun ou noir, eft plus fenfible vers 
le bord extérieur de l'aile , & forme de plus trois bandes 
tranfverfes un peu plus marquées , entre lefquelles il ÿ 
a des efpaces plus blancs. J'ai trouvé cette mouche fur 
des couches humides dans des Jardins. 


23. MUSCA jfulva , abdomine flavo, fégmentt prime 
& fécundi margine nigro, alis fulyo nebulofis. 


La mouche à zones. 
Longueur 8 lignes. Largeur 3 lignes. 


Son mafque eft gros & jaune , & fes yeux font bruns : 
fon corcelet life & luifant eft d’un jaune fauve. Son ven- 
tre eft gros , d’un jaune aflez clair, avec deux bandes 
noires & larges qui terminent le premier & le fecond 
anneau. Les ailes ont des nervures d’un jaune un peu brun, 
fur-tout vers le bout. Les pattes font d’un brun noir. 


24. MUSC A cinerea , thorace fafciis rigris, alarum 
margine externo maculis fufcis, medio punéo nigro. 


La mouche à taches brunes fur le bord de l'aile & pornt 
noir au milieu. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne, 


La tête de cette mouche eft rougeatre & fes yeux font 
bruns. Les palettes de ces antennes font très-longues. 
Son corcelet eft entrecoupé de bandes longitudinales 
alternativement noires & cendrées. Son ventre eft noira- 
tre. Ses aîles plus longues que le ventre, ont fur leur 
bord extérieur trois ou quatre taches brunes,dont la dernie- 
re qui termine l'aile eft la plus grande. De plus fur le 
milieu de l'aile ,il y a un point noir, outre une nervure 
tranfverfe bien marquée, qui eft un peu plus bas. Les 
pattes font de couleur fauve. 


25. MUSCA cinerea, thorace fafciis fufcis ; alarum 
margine externo flavefcente, fingula punélis tribus age 
a 


D'EISYANSECTES-. sos 


La mouche à Bord des aïles jaunätre , & trois points 


noirs fur chacune. 
Longueur 3 lignes. Largeur = ligne. 

Elle refflemble infiniment à’ la précédente , fa couleur 
feulement eft un peu plus brune , & fon mafque eft plus 
blanc. De plus fes aîles ont leur bord extérieur Jaunître 
& trois points noirs, favoir un fur le milieu de l'aile , un 
plus bas attenant le bord extérieur , & un troifiéme vis-à- 
vis ce dernier , près du bord intérieur. Les pattes font 
d’une couleur brane fauve. 

La larve aquatique qui m'a donné cette mouche , étoit 
d'un beau vert clair de pomme. Sa coque plus brune 
avoit deux tubérofités , une de chaque côté, plus haut que 
le milieu , & à fa partie antérieure elle portoit deux pe- 
tites cornes aigues. La mouche en eft fortie chez moi. 
On trouve fouvent ces larves parmi les lentilles d’eau. 


26. MUSC A rigra , abdomine fulvo fafcia longitudinale 
nigra , alis albo fufcoque vartegatis. 

La mouche à aïles géographiques. 

Longueur 4 Z lignes. 

Sa tête eft brune avec le mafque jaunâtre. Soncorce- 
let eft noir & fa pointe eft brune. Le ventre eft tout brun, 
& n'a qu’une bande longitudinale noire en-deffus , qui fe 
termine en pointe au quatriéme anneau, fans aller fur le 
cinquiéme & fur le fixiéme ou dernier. Les ailes font ir- 
réguliérement panachées de brun & de blanc, ce qui leur 
donne quelque reffemblance avec une carte de géogra- 
phie. 

FRONPSTEMENT A MILLE, 


Mouches panachées. 
27. MUSCA xigra, flavo variegata , alis fufcis ; 


antennis capite brevioribus. Planch. 18, fig. 1. 


Tome II, UT 


606 HISTOIRE ABRÉGÉE 


La mouche imitant la guépe à courtes antennes: 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Cette mouche reffemble tout-à-fait à une guêpe, & 
lorfque je l'ai rencontrée , j'ai prefque toujours héfité à 
la prendre avec les doigts. Ses yeux font d’un brun rou- 
geûtre , & le refte de fa tête eft de couleur citron , à l’ex- 
ception des antennes qui font brunes , & d’une raie de 
même couleur, qui partant de leur bafe, defcend en droi- 
te ligne, poftérieurement entre les yeux. Le corcelet qui 
eft noir & lifle , a de chaque côté une bande jaune lon- 
gitudinale , & fa pointe eft aufli jaune. En-deflous il y à 
de chaque côté du cortcelet quatre taches du même jau- 
ne , trois l’une à côté de l’autre au-defflus de Paile , & 
une quatriéme plus bas que cette attache. Le ventre com- 
pofé de quatre anneaux , eft d’un noir matte , avec une 
bande jaune tranfverfe fur chaque anneau, ce qui fait qua- 
tre bandes , dont les fupérieures font interrompues dans 
leur milieu. Les quatre pattes antérieures font toutes 
jaunes: les deux poftérieures n’ont que leurs cuiffes jaunes 
& le refte eft noir. Les ailes lavées de brun , ont leur 
bord extérieur plus épais & noirâtre. T'out le jaune de cet 
infeéte eft brillant & comme citronné. J'ai trouvé cette 
belle mouche fur les fleurs. 


28. MU SCA gra, flavo variegara, alis fufcis ; 


antennis capite longioribus. 
La mouche imitant la guépe , à longues antennes. 


Il y a beaucoup de reffemblance entre cette efpéce & 
la précédente. Elle en différe cependant un peu par la 
forme de fon ventre dont les bords font aigus & légére- 
ment bordés, par l'extrémité de fon corcelet, qui au lieu 
d être toute jaune comme dans la précédente , a une ta- 
che noire dans fon milieu , & par fes pattes qui font tou- 
tes Jaunes. Le refte de la forme & des couleurs eft tout- 
à- fait femblable, Mais la différence principale & fpécifi- 


DES INSECTES. so7 
que de ces deux efpéces , confifte en ce qué Îes antènnes 
de la précédente font très-courtes, peu apparentes & d’un 
brun pâle , au lieu que dans celles-ci elles font allongées 
prefque comme dans les afiles, plus longues d’un bon 
tiers que la tête, & de couleur noire. Ces antennes vües 
de près paroiffent compofées de quatre piéces. La pre- 
miere eft, courte & ronde comme un bouton du milieu 
duquel naît la feconde. Celle-ci & la troifiéme font al- 
longées. De cette troifiéme part quatriéme, outre un 
filet en poil latéral , comme dans les autres mouches. Les 
aîles de cette efpéce font plus jaunâtres que celles de la 
précédente. 


29. MUSCA rhorace nigro, flavo maculato , abdomine 
flavo, fafciis tranfverfis nigris. 

La mouche à corcelet noir ; tache de jaune; & ventre jau- 
ne , à bandes noires. 

Longueur ; Z lignes. Largeur 2 + lignes, 

Le devant de fa tête eft citron, avec une bande noire 
longitudinale dans le milieu. Ses yeux font bruns, & fes 
antennes noires font de la longueur de la tête & fembla- 
bles à celles des deux efpéces précédentes. Son corcelet 
eft noir , & a en-deflus deux bandes longitudinales plus 
pâles , outre deux taches de chaque côté , & l'extré- 
mité ou la pointe jaunes , avec une tache noire au mi- 
lieu de ce jaune." Les pattes & le ventre font de couleur 
citronnée. Sur le ventre , on voit en-deffus plufieurs lignes 
noires tranfverfes: d’abord le haut de chaque anneau ef 
noir, ce qui forme des lignes qui traverfent tout le ven- 
tre : de plus fur le milieu de chaque anneau eft une autre 
bande tranfverfe de même couleur & plus large , qui fe 
termine fans aller jufqu’aux côtés du ventre, & qui par 
fon milieu tient à la ligne noire de la bafe de l’anneau. 
Les ailes ont leur bord extérieur un peu fauve, & le refte 
eft tranfparent. Les balanciers font jàäunes. On trouve 
cette mouche dans les endroits arides des bois. 

Sffi) 


s08 HISTOIRE ABRÉGÉE 


30. MUSCA Airfuta nigra, thorace antice ; abdomine- 
que fupra flavis. 


Reaum. inf. tom. iv , tab. 34, fig. 9, 10. 
Lamouche velue noire & fauve ; imitant le bourdon. 


Cette mouche refflemble à un bourdon de grandeur 
médiocre. Son corcelet eft très-velu à fa partie antérieure, 
& les poils font de c@uleur fauve ; fa partie poftérieure eft 
peu velue & prefque noire. Le ventre eft pareillement 
tout couvert en-deflus d’un duvet de poils de couleur 
fauve ; & en-defous il eft noir , ayant feulement quelques 
poils de la même couleur que ceux de deflus. Lorfqu’on 
voit cette mouche, on feroit tenté de la prendre pour un 
bourdon , fi on ne faifoit attention à fes antennes en pa- 
lettes & à fes ailes qui ne font qu’au nombre de deux. 
La larve qui lui donne naïffance , habite dans les oignons 
de narcifles qu'elle ronge, ce qui excite la pourriture de 
cette racine & la fait périr. 


31. MUSC À Zutea , thorace lineis tribus longitudina= 
libus , abdomine plurimis tranfverfis nigris. 


La mouche jaune à bandes noires. 
Longueur 1 5 ligne. Largeur à ligne. 

La grandeur de cette efpéce varie beaucoup. Ii yena 
qui font encore plus petites que les dimenfions que nous 
donnons. Leur tête eft rougeätre & leurs yeux font bruns, 
Le deflous du corcelet & du ventre, & les pattes font 
d’un jaune citron. En-deflus le corcelet a trois larges 
bandes noirâtres féparées par des bandes jaunes plus 
étroites. Le deffus du ventre eft noir avec des anneaux 
citrons , un fur chaque article. L’extrémité du corcelet a 
une grande tache jaune. 

On trouve ces mouches fur les feuilles des plantes : 
elles marchent lentement & quelquefois elles fautent à 
quelques lignes de l'endroit où elles font. 


DES INSECTES. s09 
32 MUSC A rigra, abdomine hemifphærico rufo , 


punélorum nigrorum ordine longitudinal. 


La mouche noire à ventre hémifphérique roux tacheté de 
noër. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. 

Ses yeux font rougeîtres. Sa tête en-devant eft de cou- 
leur pâle avec deux taches comme dorées devant les yeux. 
Le corcelet eft un peu velu , & il eft noir ainfi que les 
pattes. Le ventre eft roux, hémifphérique ;, avec une ban- 
de longitudinale de quatre points fur fon milieu , outre 
deux petites taches oblongues de même couleur, une de 
chaque côté vers le bas. Une chofe affez finguliére , c’eft 
que le ventre paroît tout d’une piéce, & que l'on a beau- 
coup de peine à appercevoir la diflinétion des quatre an- 
neaux dont il eft compofé. Les aîles font tranfparerites , 
mais leur bafe eft un peu fauve. Les antennes font gran- 
des & égalent la longueur de la tête. Il y a quelquefois à 
chaque angle fupérieur du corcelet, une tache jaunâtre 
qui n'eft pas conftante. 


33 MU SCA rigra, abdomine hemifphærico luteo ; 
fafcia longitudinali nigra. 

Linn. faun. fuec. n. 1076. Mufca nigra , lateribus abdominis teflaceis. 

AG. Upf. 1736,p. 32, n. 31. Mufca nigra, abdominis lateribus flavis , alis 
AIDIS, 

Raj. inf. p. 271, Mufca bipennis major diverficolor ; cauda ftis nigris 
obfita. 

Reaum. inf. tom. iv, tab, 31, fig. 9, 10,11. 


La mouche noïre, à ventre jaune, noir dans le milieu. 
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Elle a la tête noire avec les yeux bruns , & une tache 
dorée de chaque côté devant les yeux. Son corcelet eft 
noir , feulement fa pointe eft fouvent un peu jaune. Le 
ventre compofé de cinq anneaux , eft jaune avec une lar- 
ge bande noiïire qui le traverfe longitudinalement dans 
fon milieu, enforte que ce milieu eft noir, & que les cô- 


S10 HISTOIRE ABRÉGÉE 
tés font jaunes. Les cuifles font noires , & le refte des 
attes eft ou fauve ou noir. Les ailes font d’une couleur 
ane obfcure & ont un peu de jaune à leur bafe. Tout 
le corps de l’animal eft parfemé de quelques poils noirs 
affez longs , mais fur-tout les deux derniers anneaux du 
ventre en ont de plus longs & en plus grande quantité. 
On trouve cette mouche dans les campagnes humides. 
Sa larve eft du nombre de celles à queue de rat, comme 
celle de la mouche du n°. $2. Elle vient dans les eaux 
dormantes & fangeufes. 


34 MUSCA füufca, marginibus incifurarum abdominis 
cinereis ; alis ferruginess. Linn. faun. TLeC. 11. 1088. 
AG. Upf. 1736; p.32, n. 38. Mufca glabra , abdomine annulis fufcis palli- 
difque cinéto. 
La mouche brune à bandes tranfverfes blanchätres fur le 
ventre. 
Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 Z ligne. 

Cette mouche eft brune : fon corcelet eft un peu velu 
& le poil dont il eft couvert eft de couleur cendrée. Le 
ventre plus noir eft compofé de quatre anneaux bordés de 
blanc, ce qui forme trois bandes tranfverfes blanches fur 
le ventre. Les pattes font brunes , mais le haut des jam- 
bes eft blanc. La partie fupérieure des ailes eft jaunûtre , 
& le bas eft tranfparent. On trouve fouvent cette mou- 
che fur les fleurs. 


35. MUSC A rigra, marginibus incifurarum abdominis 
flavis , alis fufers. 

La mouche noîre, à bandes tranfverfes jaunes fur le ventre. 

Longueur 3 lignes. Largeur = ligne. 

Sa couleur eft noire & fes yeux font bruns. Les balan- 
ciers de fes ailes font jaunes. Le ventre eft compofé 
de fept anneaux bordés de jaune , & de plus le fecond & 
le troifiéme anneau ont un peu de jaune fur les côtés fous 
les ailes. Les pattes font toutes noires, & les ailes font 


DES INSECTES. Sri 
d’un brun noirâtre , à l'exception du bout qui eft un peu 
plus clair. Cette mouche fe trouve fur les fleurs. Sa lar- 
ve eft de couleur jaune avec des raies ondées. Ses ftig- 
mates poftérieurs font formés en tuyaux fouvent relevés. 
Elle eft du nombre de celles qui mangent des pucerons. 


36. MUSC A #horace cinereo, abdominis Bafi fafcia 


lutea interrupta, marginibus incifurarum exalbidis. 
Linn. faun. fuec. n. 1078. 


Linn. fjff. nat. edit. 10, p. $9x, n. 19. Mufca antennis fetariis tomentof ; 
abdomine fegmento luteo , cingulifque tribus albis, fegmento primo late. 
ribus luteo. 

AG. Upf. 1736 » p. 32, n. 37. Mufca abdomine fufco , annulis luteis , lateri- 
bus flavis. , 

Albin. angl. 13, f. M.L. 

Reaum. inf. tom. iv , tab. 31, f. 8. 

Merian. europ. x » t. 2. 

La mouche cendree à bandes blanches fur Le ventre & deux 

grandes taches jaunes fur de premier anneau. 

Longueur 4& lignes. Largeur 1 à ligne. 

Sa tête eft grife & les yeux font bruns. Le fond de la 
D . . 
couleur de fon corcelet eft brun, mais il eft couvert de 
poils gris fouvent un peu jaunâtres. Le ventre compofé 
de quatre anneaux, eft en-deflous d’un jaune pâle : en-def- 
fus il eft noir avec une bande Jaune , tranfverfe , & large 
À pe » A de 
fur le premier anneau, mais interrompue dans fon milieu, 
ce qui forme feulement deux grandes taches , une de cha- 
que côté. Le bord de cet anneau eft blanc ; ainfi que ce- 
lui des deux fuivans, enforte qu'il y a trois rates blanches 
tranfverfes & étroites fur le ventre. Les pattes font brunes 

à l'exception de la partie fupérieure des jambes qui eft 

blanche. Les ailes font diaphanes, claires, & ont un 

petit point marginal noir au mulieu de leur bord exté- 


rieur. 


37: MUSC À abdomine ovato nigro ; lunularum pari 
cingulifque tribus flavefcentibus, Linn. faum fuec, n. 
1089. F 


$r2 H1STOIRE "ABRÉGÉE 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 593 , n. 38. Mufca antennis fetariis nigra nudiuf- 
cula , thorace immaculato , abdomine cingulis quatuor flavis , primo inter- 

Aë. Upf. 1736 ,p.32,n. 41. Mufca nigra glabra ; abdomine cingulis luteis , 
fuperioribus dimidiatis cinéto. 

Goed. gall. rom. 2 , tab. xl). 

Lift. Goed. 315 , f. 133« 

La mouche à quatre bandes jaunes fur le ventre; dont la 
premiere et interrompue. 

Longueur 4 à lignes. Largeur 1 + ligne. 

Sa tête eft jaune , mais fes antennes & fa trompe font 
noires & fes yeux font bruns. Au bas de la tête font quel- 
ques poils. Le corcelet eft noir & luifant ; mais il paroït 
jaune , à caufe des poils de cette couleur dont il eft cou- 
vert ; fa pointe feule eft liffe & de couleur citronnée. Le 
ventre moins velu que le corcelet, eft noir & compofé de 
quatre anneaux. Sur le premier ; eft une bande jaune 
interrompue dans fon milieu , ou fi l'on veut , il y a deux 
taches jaunes oblongues , un peu en croiffant , & qui fe 
touchent prefque l’une Pautre. Le fecond anneau a une 
bande jaune aflez large vers fa bafe : il en eft de même du 
troifiéme qui a de plus le bord jaune. La bande du qua- 
triéme fe confond avec le bord du troifiéme ; enforte qu'il 
y a en tout quatre bandes , dont la premiere eft interrom- 
pue. Les femelles qui font plus grofles que les mâles , ont 
un anneau de plus au ventre , & par conféquent cinq ban- 
des jaunes, dont la derniere termine le ventre. Les pattes 
font jaunes, ainfi que le deffous du ventre de l'infeëte. La 
larve de cette mouche eft du nombre des aphidivores qui 
fe nourriflent de pucerons. On la trouve particuliérement 
fur le grofellier. 


33. MUSC A fufca ; ablominis bafi fafcia lutea 


citerrupta. 


La mouche brune à deux taches jaunes à la bafe du ventre. 
Longueur 4 2 lignes. Largeur 1 ? ligne. 


Sa couleur eft brune, mais elle eft légérement parfemée 
de 


D'ESSINSECTES: s13 
de poils un peu gris. Sur les côtés du ventre vers fa bafe , 
il y a deux grandes taches jaunes , une de chaque côté, 
pofée en partie fur le premier & en partie fur le fecond 
anneau. Dans les femelles , le bord du premier anneau 
qui eft noir , divife chaque tache en deux, dont l’une eft fur 
le premier & l’autre fur ie fecond anneau. Les pattes font 
brunes , avec la partie fupérieure des jambes blanche. Les 
ailes qui font tranfparentes , ont un point marginal noir 
vers le milieu du bord extérieur. On trouve cette mouche 
fur les fleurs. Je ferois tenté de la regarder comme une 
fimple variété de la trente-troifiéme efpéce. 


39. MUSC A #horace ftriis quatuor flavis ; abdominali- 
bus fegmentis tribus interrupto-flavis. Linn. faun fuec. 
71. 1081. 


Linn. fÿft. nat. edit. 10 ,p. $or, n. 17. Mufca antennis fetariis tomentofa ; 
thorace lineis quatuor , abdomine fafciis tribus interruptis flavis, 


Reaum. inf. tom. 4, tab. 31, f.1—8 
Frifth. germ. 4, p.26 ,t. 13. 
La mouche à corcelet [trie & bandes jaunes interrompues 

Jur le ventre. 

Longueur 6 lignes. Largeur 2 lignes. 

Sa tête eft jaune , un peu velue & fes yeux font bruns. Le 
corcelet a quatre bandes longitudinales jaunes , féparées 
par trois bandes noires plus larges ; ce corcelet eft un peu 
velu. Le ventre eft brun en-deffus & compofé de quatre 
anneaux , dont les trois premiers ont chacun une bande 
jaune interrompue dans leur milieu ; ou fi l’on veut deux 
taches , une de chaque côté. Ces bandes font plus étroites 
à mefure qu'elles s’éloignent du corcelet : fouvent la der- 
niere n’eft point interrompue , mais feulement fon milieu 
eft comme étranglé. En-deffous , le haut du ventre eft jau- 
ne & le bas eft brun. Les pattes font brunes , avec le haut 
des jambes & un peu du bas des cuiffes de couleur jaune. 
Les cuiffes poftérieures font plus groffes que les autres. 
Les aîles ont un petit point marginal brun. On trouve 

Tome IL. ét 


s14 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

cette mouche fur les fleurs. Sa larve habite dans l’eau. 
Elle eft du nombre de celles que M. de Reaumur appelle 
à queue de rat. Elle eft fufpendue dans l'eau par un long fil 
qui lui fert à pomper l'air. 


40. MUSC A rhorace nigro-viridi , apice flavo ; abdomine 
rigro fafciis tranfverfis luteis , alternis majoribus. 


La mouche à bandes jaunes alternativement plus larges fur 
le ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur : ligne. 

Le devant de fa cête eft Jaune & fes yeux font d’un brun 
rougeâtre. Le corcelet eft noirâtre tirant fur le vert , avec 
quelques poils , fa pointe eft jaune , & en-deflous il eft 
noir. Le ventre compofé de quatre anneaux, eft jaune en- 
deffous & noir en-deflus , mais entrecoupé par des bandes 
jaunes , au nombre de fix environ , dont il y en a alternati- 
vement trois plus larges en commençant par la premiere 
qui eft interrompue dans fon milieu , & trois beaucoup 
plus étroites. Les pattes font toutes jaunes. On trouve 
très-fréquemment cette mouche dans les jardins. 


41. MUSCA r#horace nigro-viridi, apice flavo ; abdominé 
nigro fafciis luteis tranfverfis æqualibus. 

Lünn. faun. fuec. n. 1097. Mufca abdomine areubus tribus luteis reflexis, 

Linn. fÿft. nat. edit. 10 , p. 594, n. 40. Mufca antennis fetariis nigra nuda, 
thorace maculato , abdomine cingulis quatuor feutelloque flavis. 

AG. Upf. 1736 , p.32, n. 42. Mufca fufca , abdomine acuminato , circulis 
luteis retrorfum flexis cin&o. 

La mouche à pointe du corcelet & bandes fur Le ventre de 


couleur jaune. 
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 


Elle a quelque refflemblance avec la précédente. Le 
devant de fa tête eft de même jaune , & fes yeux font 
bruns. Le corcelet eft d’un noir un peu verdâtre , aflez 
life , avec une bande jaune de chaque côté , & fa pointe 
eft auffi jaune. Le deflous du corcelet eft noirâtre , orné de 
taches d’un jaune un peu vert. Les pattes & le deffous du 


DES INSECTES. sis 
ventre font pareillement jaunes. Le ventre compofé de 
cinq anneaux , eft étroit & prefque cylindrique dans les 
mâles , & fon extrémité eft un peu plus groffe : dans les fe- 
melles il eft plus large. En-deflus , fa couleur ef noire, 
avec une bande jaune tranfverfe fur le milieu de chaque 
anneau , ce qui fait cinq bandes Jaunes , dont les trois pre- 
mieres font affez droites ; feulement eltes font quelquefois 
interrompues & comme coupées dans leur milieu : les 
deux dernieres font ondées , irrégulieres & comme gaude- 
ronnées. Les ailes font tranfparentes & n’ont pas de point 
marginal. On trouve cette mouche fréquemment fur les 
fleurs. 


42 MUSC A rhorace nigro ; abdomine atro , paribus 


tribus macularum rotundarum lutefcentium. 


La mouche à points jaunes ronds fur le ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 = ligne. 

Sa tête eft noire , à exception des yeux qui font bruns : 
fon corcelet eft d’un noir luifant. Son ventre compofé de 
quatre anneaux , eft ovale & d’un noir matte. Il eft chargé 
de fix taches jaunes & rondes ; favoir , deux petites , fem- 
blables à deux points fur le premier anneau , deux beau- 
coup plus grandes fur le fecond , & deux moyennes fur le 
troiliéème. Le quatriéme anneau eft tout noir. En-deflous ; 
le ventre eft d’un jaune pâle.Les pattes font d’un jaune brun. 

La larve de cette mouche fe nourrit des pucerons qui 
fe trouvent fur les plantes. 


43. MUSC A #horace nigro- viridi apice flavo ; abdomine 


oblongo , paribus tribus trigonorum lutefcentium. 


Linn. faun. fuec. n. 1093. Mufca abdomine oblongo, paribus tribus trigonorum 
lutefcentium, 

Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 594, n. 43. Mufca mellina. 

Aët. Upf. 1736 , p.32, n. 43.Mufca fufea , dorfo tribus paribus trigonorum 
luteis notato. 


La mouche à points jaunes triangulaires fur Le ventre. 
Longueur 4 lignes. Largeur 3 ligne. 3 
Trou 


s16 HISTOIRE ABRÉGÉE 

La grandeur de cette mouche varie beaucoup. Du refte, 
elle reffemble tout-a-fait à la précédente pour la forme & 
les couleurs. Il n'y a entr'elles que deux différences bien 
fenfibles. La premiere , c’eft que la pointe du corcelet de 
celle ci eft jaune , au lieu que celle de la précédente eft 
femblable au refte du corcelet , & de plus les côtés du 
corcelet ont une bande jaune longitudinale & irréguliere. 
La feconde , c'eft que les quatre premiers anneaux du 
ventre font chargés chacun de deux taches jaunes un peu 
triangulaires , fur-tout le quatriéme ; de façon que la poin- 
te des taches regarde le bout du ventre. Le cinquiéme ou 
dernier anneau ef Jaune , avec un point noir au milieu. Le 
refte de l'infeéte eft femblable au précédent , & il vit 
comme lui fur les arbres , où fa larve fe nourrit de puce- 
rons. 


44. MU SCA shorace nigro-viridi ; abdomine oblongo , 
paribus tribus tetragonorum lutefcentium. 


Linn. faun. fuec. n. 1092. Mufca abdomine oblongo , paribus tribus tetragono- 
rum lutefcentium. 


La mouche à fix points jaunes quarrès fur le ventre. 
Longueur 3 lignes. Largeur + ligne. 

Sa tête eft noirâtre & fes yeux font bruns. Son corcelet 
eft d’un noir un peu verdâtre fans aucune tache. Le ven- 
tre compofé de quatre anneaux, eft blanchâtre en-deffous, 
& en-deflus d’un noir matte : il eft prefque cylindrique. 
Son premier anneau a deux points jaunes approchans de la 
figure quarrée. Le fecond & le troifiéme ont chacun deux 
taches de même couleur exaétement quarrées ,; mais 
celles du troifiéme font plus petites. Le dernier & quatrié- 
me anneau eft tout noir. Les quatre pattes antérieures 
font jaunes , & les deux poftérieures noires , avec les arti- 
culations Jaunes. 

Il y a une variété de cette mouche , dont les taches du 
ventre font plus grandes & toutes les fix pattes jaunes. 

La larve de cet infeéte eft plus étroite vers la vète ; 


DES INSECTES. s17 
& plus groffe du côté du ventre , prefque de la forme 
d’une bouteille allongée. Elle habite fur les arbres & les 
plantes où elle fe nourrit de pucerons. 


45. MUSCA rigro-viridis , abdomine paribus duobus 


tetragonorum lutefcenti LM. 


La mouche à quatre points jaunes quarres fur le ventre. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Elle eft moins allongée & plus large que la précédente: 
Ses yeux font rouges , avec une large bande noire tranf- 
verfe fur chacun; fon corcelet & fon ventre font d’un noir 
verdâtre. Sur le premier & le fecond anneau du ventre, 
font quatre taches jaunes quarrées , deux fur chacun , une 
de chaque côté. Les pattes font noires, mais leurs genoux 
& le haut des tarfes font pales. Les ailes font un peu 
brunes. 


46. MUSCA fhorace nigro-viridi , abdomine atro ovato ; 
tribus paribus lunularum albicantium. 
Linn. faun. fuec. n. 1090. Mufca abdomine ovato , tribus paribus lunularum 


albicantium. 


Linn. fyff. nat. edir. 10, p. 594 , n. 39. Mufca antennis fetariis nigra mediufcu- 
la , thorace immaculato , abdomine bis trious lunulis flavis recurvatis. 


A&. Upf. 1736, p. 32, n. 39. Mufca fufca giabra, dorfo abdominis tribus pari- 
bus albarum lunularum notato. 

Lift. Goed. 319, f. 134. 

Merian. europe 2 ; te 39° 

AÏb. angl. 66. 

Reaum. inf. tom. 3, tab. 31, f. 9. 

Frifch. germ. 11, p.17, tab. 12, fig. 1. 


La mouche à fix taches blanches en croiffant fur le ventre. 
Longueur 6 lignes. Largeur 1 + ligne. 

Sa tête eft jaune & fes yeux font gros & bruns. Son cor- 
celet eft d'un vert un peu noirâtre , luifant & chargé de 
quelques poils bruns. Le ventre eft ovale , allongé, com- 
pofé de quatre anneaux : il eft blanc en-deflous , d’un noir 
matte en-deflus , chargé de fix taches blanches diftribuées 
par paires. La premiere paire fe trouve fur le premier 


s18 HIiSTOIRE ABRÉGÉE 
anneau & fes taches font allongées. Sur le fecond, eft une 
feconde paire de taches formées en croiffant , dont les 
ointes & la concavité regardent le corcelet. Il y en a 
deux pareilles fur ie milieu du troifiéme anneau. Le qua- 
triéme & dernier eft plus petit, tout noir, bordé cependant 
d’un peu de jaune. Les partes font noirâtres , avec les arti- 
culations jaunes. On trouve cette mouche dans les Jardins. 
Sa larve fe nourrit de pucerons. Elle eft d’une belle cou- 
leur verte , avec une bande ou raie, tantôt blanche , tantôt 
jaunatre tout le long de fon dos. Ses fligmates poftérieurs 
ne font formés que par des points. 


47. MUSC À aurata ; abdomine nigro , tribus paribus 


linearum albicantium. 


La mouche dorée à trois paires de raies blanches [ur le 
verre. 
Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne. 

La tête & le corcelet de cet infeëte font d’un vert doré, 
Son ventre eft arrondi & noirâtre , chargé en- deffus de fix 
raies obliques blanchâtres , formées par des petits poils 
blancs , chaque anneau a deux de ces raies ou bandes. Les 
pattes font noires & les genoux font pâles. Les ailes font 
un peu brunes. 


48. MUSC A #horace nigro-viridi apice flavo ; abdomine 
atro ; quatuor paribus macularum oblongarum flavefcen- 
Liu. 


La mouche brune à huit taches jaunes oblongues fur le 
veritre. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses yeux font bruns ; le devant de fa tête , fes pattes & 
le deflous de fon ventre font jaunes. Son corcelet eft d’un 
vert noirâtre , avec la pointe Jaune. Le ventre eft ovale ; un 
peu allongé, de couleur noire matte , compofé de quatre 
anneaux. Chacun de ces anneaux eft chargé de deux taches 


DES INSECTES. s19 
jaunes oblongues , ou fi l’on veut , d’une bande tranfverfe 
jaune interrompue dans fon milieu & partagée en deux. 
Souvent la bande du dernier anneau n’eft pas tout-à-fait 
interrompue dans le milieu , feulement les côtés font 
plus larges & defcendent plus bas. Le bord extérieur des 
ailes eft plus épais & un peu brun. La larve de cette 
mouche fe nourrit de pucerons. 


49 MU SC A oëlonga , femoribus poflicis majoribus, 
Linn. faun. fuec. n. 1096. 

Linn. [yff. nat. edit. 10 , p. 594, n. 44. Mufca antennis {etariis glabra nigra , 
abdomine utrinque albo maculato, femoribus poflicis clavatis dentatis. 


A&. Upf. 1736 , p. 33 , n. 45. Mufca oblonga nigra , abdominis lateribus 
inæqualiter albis, pedibus pofticis longis, 


La mouche à groffes cuifles. 
Longueur 3+ lignes, Largeur à ligne. à 
Cette mouche eft étroite & allongée. Elle eft life & le 
fond de fa couleur eft noir. Le devant de fa tête & les 
côtés de fon corcelet, principalement vers fa bafe , font de 
couleur jaune. Le ventre eft compofé de quatre anneaux , 
dont le deuxiéme & le troifiéme ont à leur bafe de chaque 
côté une tache jaune. Le deflous des trois premiers an- 
neaux du ventre eft aufli jaune , & le deffous du quatrié- 
me eft noir. Les quatre pattes antérieures font d’une 
couleur un peu fauve ; les deux dernieres ont leurs cuif- 
fes beaucoup plus longues & plus groffles que les autres ; 
Panimal s'en fert pour fauter. Ces dernieres pattes font 
noires ; à l’exception de deux points jaunes fur chaque 
cuifle , un en-deflous , l’autre en deflus , & d’un anneau 
pareïillement jaune au milieu de la jambe. Cette mouche 
eft très-commune dans les jardins , où fa larve fe nourrit 
de pucerons. 


50. MUSCA riora , abdominis medio ferrugineo, anten= 
nis bafi coalinis. 


La mouche à antennes réunies. 
Longueur 3 lignes, Largeur 1 ligne. 


520 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Elle eft toute noire , à l'exception du milieu de fon ven- 
tre qui eft fauve , enforte que des fix anneaux dont il eft 
compolé , le premier eft noir , le fecond noirau milieu & 
fauve fur les côtés , le troifiéme entiérement fauve , le 
quatriéme noir au milieu , fauve aux côtés , & les fui- 
vans font tout noirs. Les ailes font aufli un peu brunes à 
leur bord extérieur , & ont deux petits points fur leur 
milieu. Les antennes de cet infecte ont une forme aflez 
particuliere : elles partent toutes deux de la même bafe, 
ou d'une élévation cylindrique qui eft fur le devant de la 
tête , & leur filet latéral ne part que du bout de l’avant- 
dernier anneau, 


$1. MUSCA atra , abdominis fafcia tranfverfa rubra, 


La mouche noire à bande rouge tranfverfe fur le ventre. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 

Cette petite mouche eft d’une forme ramafñlée. Sa cou: 
leur eft d’un noir un peu matte : feulement il y a une 
large bande tranfverfe rougeâtre fur le ventre ; qui cou- 
vre le troiliéme anneau & prefque tout le fecond. Les 
antennes ont une palette ailongée. Cette mouche eft affez 
rare , mais facile à reconnoitre. 


52. MUSCA fufca ; fegmentis abdominalibus tribus 
maroine albidis ; primo latere flavo ; thorace vix macu- 
lato. Linn. faun. fuec. n. 1084. 

Albin. inf. t. 63, fig-e,f,g. 

Lift. Goed. 307 , 1. 1126. Vermiculus porcinus, 

Goed. gail. tom. 2 , tab. 2. 

M:rian. europ t: 20. . 

Swammerd. bib. nat. tab. ;8, f.ix. C. 

Reaum. inf, tom. 4, tab. 25, fig. 7. : 

Raj. inf. p. 272. Mufca apiformis, tota fufca , cauda obtufa, ex ejula caudata 
in latrinis degente orta. 


La mouche apiforme. 
Longueur s + lignes. Largeur 1 4 ligne. 
Cette efpéce refflemble infiniment à une abeille , RER 
a 


DES INSECTES. $21 
fa couleur , fa groffeur , & les poils dont fon corps eft 
couvert, enforte qu’on n'ofe la prendre avec la main avant 
que de s'être afluré qu’elle n'a que deux ailes. Ses yeux 
font bruns , & le devant de fa tête eft blanchâtre , à caufe 
de quelques petits poils blancs dont ileft couvert. Le cor- 
celet eft brun , velouté, chargé de quelques bandes longi- 
tudinales peu marquées & un peu plus brunes que le refte : 
quelquefois la pointe du corcelet eft jaunâtre. Le ventre 
compofé de quatre anneaux varie pour la couleur. Il eft 
conftamment brun , avec une large tache jaune.de chaque 
côté du premier anneau , tache qui paroit aufli en-deffous 
du ventre , & qui même occupe quelquefois tout le 
deffous du premier anneau , qui dans ce cas eft jaune de 
ce côté. Pour le refte du ventre ;, quelquefois les tro's 
premiers anneaux font bordés de blanc, d’autres fois ils ne 
le font point. Dans quelques mouches , outre cette bordu- 
re , il y a fur le fecond anneau une tache jaune de cha- 

ue côté ; comme fur le premier. Dans toutes , le milieu 
des ailes eft d’un jaune roux , & les pattes font brunes ; 
avec le häut des jambes & des tarfes de couleur blanche. 
La larve de cette mouche a une longue queue par 
laquelle elle pompe l'air. On peut voir fa figure dans 
Goedart , Swammerdam & Reaumur aux endroits cités. 
Cette larve vient dans les latrines , les eaux croupies & 
autres endroits femblables autour defquels on rencontre 
fouvent fa mouche, qui fe trouve aufli fréquemment fur 
les fleurs. Cette larve vient aufli dans ja bouillie des chif- 
fons dont on fait le papier, fur quoi M. Linnæus obferve 
un fait fingulier , qu’on auroit peine à croire, s’il n'étoit 
affuré par un aufli grand Naturalifte. C’eft que lorfqu’on 
bat cette bouillie pour en faire du papier, la larve quoi- 
que fortement frappée à coups de marteau , n’eft point 
écrafée, ne périt point , & donne enfuite fa mouche. Si 
cette obfervation eft véritable , elle eft bien étonnante. 


en 
Tome II. Vvy 


$22 HISTOIRE ABRÉGÉE 
QUATRIÉME FAMILLE. 
Mouches dorées. 


53: MUSCA #horace , abdomineque viridi nitente ÿ 
pedibus nigris. 

Linn. faun. fuec. n. 1098. Mufca thorace abdomineque viridi nitente, 

Linn. fyft. nat. edit. 10 ,p. sos, n. so. Mufca cæfar. 

A. Upf. 1736,p. 33, n. 54. Mufca carnivora viridi-ænea , abdomine obtufo: 

Merian. europ. 1 , tab. 49. 

Reaum. inf. tom. 4 , tab. 8 , fig. 1 , & tab. 19,f.8, & tab. 24 ,fig.13, 14,15. 

Raj. inf. p. 272. Mufca bipennis, carnariæ vulgaris fere magnitudine , thorace 
& abdomine fupino cæruleo colore pulchro nitente, capite nigro, 


La mouche dorée commune. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses yeux font rougeûtres. Tout le refte de fon corps ef 
d’un vert doré & brillant. On voit cependant fur le corps 
quelques poils noirs, fi on y regarde de près. Les pattes 
font noires. Il y a fur le corcelet deux fillons tranfverfaux- 
qui femblent le partager en trois parties. Le ventre eft 
compofé de quatre anneaux, & Îles aîles ont -plufieurs 
nervures tant longitudinales que tranfverfes. 

Cette mouche dépofe fes œufs dans les charognes,au- 
tour defquelles on la trouve en quantité. Elle vient peu 
dans les maïfons , mais elle eft très-commune dans les 
jardins , les campagnes & les bois. Elle varie pour la 
grandeur. 


$4 MUSC A #orace abdomineque viridi fericeo , pedibus 
pallidis , alis albis. 


La mouche verte cuivreufe à paites blanches. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur ? ligne. 

Ses yeux font bruns : rout fon corps eft d’un beau vert 
doré ciair & comme fatiné. Le ventre a cinq anneaux, 
doit le dernier eft très-long. Les pattes longues & grefles 
font d’une couleur pâle blanchâtre. Les ailes ont quelques 
nervures longitudinales & tranfverfes peu marquées. 


Des ÎNSECHFES. $23 
Tout l'infedte eft allongé & parfemé de quelques poils 
noirs affez forts. On trouve cette mouche dans les jardins. 
Elle n’eft pas des plus communes. 


$5. MUSCA rhorace abdomineque véridi fericeo , pedibus 
pallidis , alarum medio fufco. 


La mouche verte cuivreufe à aïles mi-parties de brun & 
de blanc. 
Longueur 2 4 lignes. Largeur + ligne, 

Elle refflemble tout-à-fait à la précédente, dont je crois 
qu'elle ne différe que par le fexe , celle-ci étant mâle & 
l’autre femelle. Le dernier anneau de fon ventre eft de 
même allongé , mais au bout on voit les crochets & les 
parties mafculines. Sur le milieu de l’aîle il y a une gran- 
de tache ou bande noirâtre qui occupe la moitié de la lon- 
gueur, laiffant le haut tranfparent, ainfi que le bas de l’ai- 
le qui paroït blanc & comme laiteux ; & où le blanc 
forme une efpéce de tache ronde. 

Cette mouche & la précédente,fe trouvent dans les en- 
droits humides. Elles ont les pattes & le corps allongés, 
& elles courent très-bien fur la furface des eaux dorman- 
tes & tranquilles. 


$6 MUSCA rhorace abdomineque viridi nitente , 
pedibus férrugineis , alis trinervis. 


La mouche dorée à trois nervures fur les aïles. 
Longueur 1 3 ligne. Largeur + ligne. 

Cette petite efpéce a les yeux rougeîtres , & tout le 
corps d'un vert doré; mais elle différe des précédentes ; 
1°. par fa petitefle & la forme de fon corps qui eft fort al- 
longé. 2°. Par fon corcelet, dont le haut eft très-convexe, 
& qui de plus n’a qu'un feul fillon tranfverfe vers Le bas, 
qui diftingue la pointe du refte du corcelet. 3°. Par fes 
pattes qui font d'un fauve obfcur. 4°. Enfin par fes ailes 
qui n’ont que trois nervures longitudinales placées vers le 

Vvvi 


$24 HISTOIRE ABRÉGÉE 
bord extérieur , le refte de l’aïle n'ayant aucune nervure. 
On trouve cette petite mouche dans les bois. 


s7. MUSCA #orace cœruleo nitente , abdomine viridi 
nitente. Linn. faun. fusc. n. 1099. 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. $9$ , n.$1. Mufca cadaverina. 


AG. Upf. 1736, p. 33, n. $6. Mufca carnivora , peûore cæruleo æneo , abdo- 
mine viridi æneo. 


Lift. goed. p. 305 , fig. 123< 


La mouche dorée à corcelet bleu & ventre vert. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 


Ses yeux font rougeâtres : fa tête & fon corcelet font 
d’un bleu brillant , & fon ventre eft d’un vert doré. Ses 
pattes font noires & un peu verdâtres. En regardant de 
près, on voit que le corps eft parfemé de quelques 
poils noirs. Cette mouche vient dans les charognes. 


53- MUSC A rhorace viridi-nitente , abdomine cæruleo 
aitente. Linn. faun. fuec. n. 1100. 


AG. Upf. 1736, p.33» n. 55. Mufca carnivora viridi-ænea, abdomine acu- 
minato. 


La mouche à corcelet vert & ventre bleu. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur = ligne. 


Cette efpéce eft allongée & applatie : elle porte fouvent 
fes ailes croifées. & couchées à plat fur le ventre, com- 
me s’il n’y avoit qu'une feule aile. Ses yeux font bruns & 
fa tête eft noire ; fon corcelet eft d’un vert doré. Le ventre 
compofé de cinq anneaux eft bleu,imitant fouvent la cou- 
leur de Pacier bruni. Les aîles font brunes & les pattes 
noires avec les articulations blanches. La larve de cette 
mouche habite dans les matieres pourries. 


59. MUSCA rhorace nigro , abdomine cœruleo. Linn. 
faun. fuec. n. 1102. 
Linn. fyff. nat, edit. 10, p.595 , n. $2. Mufca vomitoria. 


Lift. goed. 304, f. 122. 
Raj. inf. pag. 271, Mufca carnivora , abdomine colore cæruleo nitente, 


DES INSECTES. s2$ 
A, Upf. 1736, p. 33, n. 57. Mufca abdomine cæruleo obtufo, ; 
Reaum. inf. 4, tab. 8, fig. 1 tab. 19, fe 8,t,24, fe 13, 15 
Rofel, inf. vol, 2, tab. 9, & 10. Mufc. 


La mouche bleue de [z viande. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne. 

On ne connoît que trop cette groffe mouche bleue, qui 
Pété cherche à dépofer fes œufs fur la viande , ce qui la 
fait corrompre en très-peu de tems. Ses yeux font bruns : 
le devant de fa tête eft fouvent blanchatre, un peu doré 
& le derriere eft noir. Les poils des antennes font bran- 
chus & forment une petite panache , au lieu que dans la 
plüpart des efpéces de mouches le poil latéral des antennes 
eft limple. Le corcelet eft noir avec quelques bandes lon- 
gitudinales cendrées peu marquées. Le ventre compofé 
de quatre anneaux, eft gros & d’un bleu foncé. Les pat- 
tes font noires. 

Quelquefois la couleur du ventre varie & eft un peu 
verdâtre. C’eft cette variété que M. Linnæus a défignée 
comme efpéce, dans fa fauna fuecica , n. 1101, fous le 
nom de mufca thorace nigro , abdomine viridr. 


60. MUSCA cœrulea, Bafi alarum ferruginea. 


Reaum. inf. tom. 4, p. 413. 
La mouche bleue à bafe des aïles fauve. 


Elle eft de la même grandeur que la précédente , à la- 
quelle elle refflemble infiniment. Elle n’en différe que par< 
ce que fon corcelet eft un peu bleuâtre , & que la bafe de 
fes ailes eft de couleur fauve. 

Cette mouche fe trouve en automne fur le lierre, & 
elle a la fingularité de n'être point ovipare ; comme les 
autres de ce genre , mais vivipare de même que la fep- 
tiéme efpéce qui fe trouve auffi fur le lierre & a pareille- 
ment la bafe des aîles fauve. 


61. MUSC A oblonga , capite viridi , thorace aureo y 


abdomine cupreo , alis macula fuféa, Linn. faunr. fuec. 
Ze 1 I 03 L 


s26 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 598, n. 71. Mufca cupraria. 
Reaum. inf. 4, tab. 221, fig. 7, 8. 


La mouche dorée à tache brune fur les aïles. 
Longueur 4 lignes. Largeur à ligne. 

Cette efpéce reflemble beaucoup à la cinquante-feptié- 
me, par fa forme allongée & applatie , & par fon port 
d'ailes. Ses yeux font gros & bruns; le refte de la tête 
eft vert. Le corcelet eft d’une couleur noire dorée. Le 
ventre allongé & applati eft compofé de cinq anneaux, 
& fa couleur eft d'un pourpre cuivreux & brillant. Les 

attes font noires , un peu dorées avec les articulations 

lanches. Les ailes longues ontun point marginal oblong , 
duquel part une tache brune qui traverfe l’aîle en deve- 
nant plus claire vers le bord intérieur. On trouve cette 
mouche à la campagne. 


62. MU SC A oblonga ; thorace æneo; abdomine anterius 
Slavo , poflerius nigro. Linn. faun. fuec. n. 1104. 

AG. Upf. 1736 , p. 32, n. 33. Mufca nigra , abdomine anterius fulvo , alis 
immaculatis, 


La mouche dorée à ventre brun & noir. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

La forme de celle-ci approche ‘de la précédente & de 
la cinquante-feptiéme. Sa tête eft d’un noir un peu doré, 
& fes yeux font bruns. Le corcelet eft de la même cou- 
leur que la tête, mais plus doré. Le ventre eft compofé 
de cinq anneaux, dont le premier & le dernier font fort 
courts : il eft jaune en-devant & noir poftérieurement. 
Cette couleur jaune du ventre varie, elle eft tantôt plus 
claire & tantôt brune & fauve : elle occupe la plus gran- 
de partie du ventre. Les pattes font noires à l'exception 
du haut des jambes & des tarfes qui ont des anneaux blan- 
châtres. Les ailes ont un point marginal oblong un peu 
brun, On trouve cette mouche dans les pays de bois. 


3 


DES INSECTES. 527 


63: MUSCA #horace viridi nitente , abdomine æneo ;, 
tarforum annulo albo. 


La mouche verdätre à anneau blanc aux tarfes. 
Longueur 1 à ligne. Largeur à ligne. 

Ses yeux font bruns & comme tachetés. Le refte de fa 
tête eft noirâtre, & porte en-deflus derriere les antennes 
une éminence pulpeufe, qui ne paroït que lorfqu’on la 
preffe. Le corcelet eft d’un vert un peu doré, & le ventre 
d’un brun un peu cuivreux. Les aîles font blanches : elles 
débordent le corps de près de moitié , & l’infeéte les por- 
te fouvent croifées. Les pattes font noirâtres à l'exception 
de la premiere piéce des tarfes, qui eft blanche. J'ai trou- 
vé au printems cette mouche en grande quantité fur les 
plantes qui venoient dans des couches ; peut-être fa larve 
habite-t-elle dans le fumier ou terreau de ces mêmes 
couches. 


64. MUSCA zo1a plumbesz. 


La mouche Brune bronxee. 
Longueur 2 4 lignes. Largeur à ligne. 

Ses yeux qui font bruns , fe touchent l’un l’autre fur le 
derriere de la tête dans les mâles , & font plus éloignés 
dans les femelles. Le refte du corps eft d’un brun plombé 
& bronzé , ce qui peut faire diflinguer cette mouche de 
toutes les autres ; du refte,pour fa grandeur, elle approche 
affez de la mouche commune. 


CINQUIÉME FAMILLE. 
Mouches communes. 


65. MUSCA rigra ; abdomine nitido teffellato , thorace 
lineolis pallidioribus longitudinalibüs ; ano fulvo. 


Linn. faun. fuec. n. 1105. Mufca nigra , abdomine nitido teffellato, thoracæ 
lineis pallidioribus longitudinalibus , major. 
Linn, fyft. nat, edir, 10, p. 596, n, 53. Mulca vulgaris. 


528 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Aldrov. inf. p. 348. tab. 2, fig. 16. 

Jonff. inft. 70 ,t.8,f.16. Mufca decima fexta, 

Frifch. germ. 7, De 21, le t4e 

Reaum. inf. tom. : , tab.19,f. 4, 5.6. 

Raj. inf. p. 270. Mufca carnaria vulgaris. 


La grande mouche à extrémité du ventre rougeätre. 
Longueur 42 lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Ses yeux font rougeâtres avec un trait blanc un peu do- 
ré en-deflous , & une raie dorée au devant de la tête. Le 
fond de la couleur de l’infeête eft noir avec quatre raies 
grifes longitudinales fur le corcelet, qui fe trouve entre- 
coupé par ces bandes grifes & noires, de façon que ia 
bande du milieu eft noire. Le ventre compofé de cinq an- 
neaux,eft panaché de taches alternativement grifes & noi- 
res ; à peu près comme un échiquier ; l'extrémité du der- 
nier anneau eft rougeitre & les pattes font noires. 

Cette mouche eft fort commune : on la voit fouvent 
autour de la viande & dans les jardins. Sa groffeur la dif- 
tingue à la premiere vüe,de la mouche commune.à laquel- 
le elle reflemble beaucoup. Elle a encore une particula- 
rité , c'eft qu’elle eft vivipare & qu'elle fait des petites 
larves toutes vivantes & non pas des œufs. 


66. MUSCA xigra ; abdomine nitido teffellato , thorace 


lneolis pallidioribus longitudinalibus ; ano concolore. 


Linn. faun. fuec. n. 1106. Mufca nigra , abdomine nitido teflellato , thorace 
lineis pallidioribus longitudinalibus, minor. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 596, n. $4. Mufca domeflica. 

Aldrov. inf. p. 348, tab. 2, fig. 23. Mufca vulgaris domefica. 

Flor. lapp. 359, n. 517. Muica domeflica. 

AG, Upf. 1736,p. 33, n. 58. Mufca domeftica, 

Raj. inf. p. 270. Mufca bipennis major , thorace glabro friato , abdomine 
fupino nigro toto, maculis albis punéato, 


La mouche commune. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. 

Il eft inutile de s'étendre fur la defcription de cette 
mouche qui eft la plus commune , & qu'on trouve en 


quantité dans nos maifons pendant l'été, D'ailleurs elle 
reffemble 


D'EISS TNSECTES. $29 
reffemble beaucoup à la précédente. Elle en différe ce- 
pendant 1°. par fa grandeur, étant beaucoup plus petite : 
2°. par l'extrémité de fon ventre qui n’eft pas rougeître , 
mais de même couleur que le refte : 3°. par le nombre des 
anneaux de fon ventre , n’en ayant que quatre : 4°. parce 
quil y a cinq bandes grifes fur fon corcelet , & qu'une 
de ces bandes en occupe le milieu , ce qui eft le contraire 
de l’efpéce précédente : se. enfin parce que celle-ci eft 
ovipare. 


67. MU SCA cinerea tota , pilis nigris. 


La mouche cendrée à poils noirs. 
Longueur 1 ? ligne. Largeur ? ligne. 

Cette efpéce approche infiniment de la mouche com- 
mune , mais elle eft un peu plus petite. Sa principale dif- 
férence confifte en ce que fon corcelet & fon ventre font 
par-tout d’une couleur cendrée obfcure, fans aucune ta- 
che ni raie, avec quelques poils noirs afflez longs. Sa larve 
vient dans le fumier. 


68. MUSCA cinerea, thorace quinque maculis nigris , 
abdomine maculis tridentatis. Linn. Jfaun. Juec. n. 
1112, 


Linn. [ÿfé. nat. edit. 10, p. 597, n. 62. Mufca pluvialis, 


#La mouche cendrée à points noirs. 
Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne. 

Ses yeux font rougeâtres avec une bande dorée en- 
devant. Tout le refte du corps de l’infeéte eft d’une cou- 
leur blanche cendrée. Le corcelet eft chargé de cinq ta- 
ches noires lifles , favoir deux petites à la bafe, enfuite 
trois plus grandes & plus longues , rangées tran{verfale- 
ment , outre deux autres petites fur la pointe du corcelet. 
Le ventre eft compolé de quatre anneaux, dont le pre- 
mier ef tout gris, le fecond , le troifiéme & le quatrié- 


me ont chacun troistaches noires triangulaires , qui font 
Tome IL. X xx 


s30 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fouvent unies enfemble à la bafe de l'anneau. Les pattes 
font noires & les aîles tranfparentes, On trouve fouvent 
cette mouche fur les feuilles où elle fe tient fort tran- 
quille dans les tems humides. 


69. MUSC A #irfuta cinerea , alis punéto obfcuro. 


Liin. faun. fuec. n. 1068. Mufca hirfuta grifea , alis punto obfcuro: 
Lian. (yff. nat, edit. 10, p. 599 ,n. 80. Mufca flercoraria. 

Merrer. pin. 200, Mufca fiercoraria. 

Charler. onom. 41. Mufca merdivora. 

Reaum. inf. tom. 4, tab, 27, fig. 1,233. 

AG. Upf. 1736, p. 32, n. 28. Mufca flercoraria. 


La mouche merdivore. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. 

Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur & les 
couleurs : les mâles différent aufli très- fort de leurs fe- 
melles. Les uns & les autres ont les yeux roux, le devant 
de la tête jaunâtre , la bafe & le bord extérieur des aîles un 
peu jaune , avec un point brun au milieu de l’aile , outre 
une petite raie tranfverfe de même couleur un peu plus 
bas , ce qui fait le caraëtere fpécifique de cette mouche. 
Quant au refle , les mâles font gris & couverts d’un du- 
vet jaune un peu aurore ; les femelles n'ont point ce duvet, 
mais font feulement parfemées de quelques poils gris ou 
noirs en petite quantité. Leur couleur eft ou un peu fauve, 
avec quelques bandes noires fur le ventre , ou toute grife, 
ou grife , avec quatre taches noires aflez confidérableës 
placées en quarré fur le corcelet, fans compter quelques- 
autres petites dans l'intervalle , & deux ou trois taches 
brunes fur chaque anneau du ventre. Cette mouche ef 
très-commune. Sa larve habite dans les ordures, les fien- 
tes , les crottins de cheval & les bouzes de vaches. 


70. MUSCA rigra, alis fufcis , pedibus fpinofis. 


La mouche noire à pattes épineufes. 
Longueur 3 3 lignes. Largeur 1 lirne. 


Elle eft noire fans mêlange d’autre couleur ; fon ven- 


DES INSECTES. s31 
tre eft long & mince, prefque cylindrique. Ses aïîles font 
brunes , & elle les porte affez fouvent couchées fur fon 
corps. Ses pattes font aufli noires , avec les jambes & les 
tarfes un peu fauves. Ces derniers font longs & fort épi- 
neux. J’ai trouvé cette mouche accouplée fur des arbres. 


71: MUSCA thorace nigro ; lineolis quatuor longitudi- 
nalibus albidis ; abdomine fufco , medio caracteribus 
ZEDTLS, 

La mouche à caraëleres noirs. 

Longueur 3 + lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses yeux font bruns ; rougeâtres , & le refte de fa tête 
eft noir , avec deux lignes dorées devant les yeux. Le cor- 
celet eft noir ; chargé de quatre bandes longitudinales 
d’un blanc un peu gris. Le ventre eft d’un brun clair, 
principalement fur les côtés, car au milieu il eft chargé de 
points , de lignes & de caraëéteres noirs. Il y a d’abord une 
ligne longitudinale de points oblongs ; favoir , un fur le 
premier , autant fur le fecond & fur le troifiéme anneau , 
& deux fur le quatriéme. Ces petites taches noires font 
entourées d’un cercle un peu gris. A leurs côtés, vis-à-vis 
de l'intervalle qui eft entre chacune, fe trouve de chaque 
côté une tache un peu large d’un noir un peu moins foncé, 
ce qui forme comme des croix les unes fur les autres. 
Enfin les côtés du ventre font chargés de taches brunes 
foncées , une fur chaque anneau. Le deffous du ventre eft 
jaunûtre , les pattes font noires & les aîles un peu brunes. 
Tout Panimal eft un peu velu. Jai trouvé cette finguliere 
mouche au Jardin du Roi fur les fleurs. 


72. MUSCA zigra , alis incumbentibus , pedibus fèrru- 
gineis. 


La mouche noire à pattes fauves. 
Longueur 2 + lignes.  Larceur + ligne. 


Cette mouche allongée & fort femblable pour la figure 


à la derniere efpéce de mouche-armee , eft toute d'un noir 
xx 1] 


32 HISTOIRE ABRÉGÉE 
peu brillant ; fes pattes feules font d’un jaune un peu fau- 
ve. Elle porte fes ailes croifées & couchées fur le corps, 
comme fi elle n’avoit qu’une feule aîle. On la trouve fur 
les plantes , où elle eft affez tranquille & fe Jaiffe prendre 
aifément , fur-tout lorfque le tems eft humide & pluvieux. 


73. MUSCA rigra , alis incumbentibus ; halteribus 
abdominifque macula albis. 


La mouche noire à tache blanche fur Le ventre. 
Longueur 2 5 lignes. Largeur Z ligne. 

Elle eft allongée , étroite & de couleur noirâtre. Ses: 
yeux font gros , bruns & occupent prefque toute la tête. 
Son corcelet eft lifle & comme un peu bronzé. Ses pattes 
font de couleur fauve ; & les balanciers des aïles font 
blancs. Sur le milieu de fon ventre en-deffus , on voit une 
grande tache blanche , qui examinée de près , eft compo- 
fée de trois lignes blanches ou bandes tranfverfes. Ces 
bandes font pofées fur le quatriéme, cinquiéme & fixiéme 
anneau du ventre , dont le haut eft blanc & le petit bord 
inférieur noir. Les ailes font couchées fur le corps de l'in- 
feûte ; elles font veinées & leur bord extérieur eft un 
peu plus brun que le refte. 


74 MUSCA nigra , alis divaricatis ; pedibus nioris. 


La mouche toute noire. 
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne. 


On feroit tenté de prendre cette efpêce pour la mouche 
du n°. r , ou du moins pour une variété de cette mouche. 
Elle lui reffemble tout-à-fait pour la grandeur , la forme & 
la couleur. Elle n'en différe que parce que celle-ci n’a 
point la tache blanche qui fe voit au bout des ailes de 
la premiere. Celle que nous décrivons eft toute noire, 
aflez lifle & luifante. Ses ailes même font noires & elle les 
porte éloignées l’une de l’autre , comme la mouche com- 
mune , en quoi elle différe de la précédente. Cette efpéce 
eft commune dans les jardins. 


DES INSECTES. s33 


75. MUSCA zigra , tarfis anticis clavatis craffis. 


La mouche à tarfes antérieurs très-gros. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 

Cette mouche eft d’un noir liffe , peu foncé. Son ventre 
ef allongé & fe termine en pointe. Ses aîles un peu brunes 
ont leur bord extérieur plus épais. Mais ce qui la fait très- 
aifément diftinguer de toutes les autres , c’eft que les tar- 
fes ou pieds de fes pattes antérieures font très- gros & 
prefque globuleux ; ce qui forme un très-bon caraëlere. 
fpécifique. Cette efpéce ef rare. 


76 MUSC A arra ; alis albis , marginis exterioris 
medietate fuperna linea nigra. 


La mouche noire , avec un trait noir fur la moitie du bord 
exterieur de l'aïle. 
Longueur 1 ligne. Largeur E ligne, 

Le corps de cette petite efpéce eft court, ramañlé, &: 
fes pattes font longues , fur-tout les poftérieures. Sa cou- 
leur eft d'un noir matte & velouté. Ses ailes font blanches 
& tranfparentes : feulement leur bord extérieur eft char- 
gé dans fa partie fupérieure d’un trait noir , qui defcen- 
dant jufqu'’à la moitié de l’aîle , remonte en faifant un 
angle très-aigu. On croit d’abord voir la patte repliée à 
travers de l'aile. Ce cara@tere fpécitique fait facilement: 
reconnoître cette petite mouche qui fe trouve fur les 
fleurs. 


77. MUSCA rigra, alis fufcis , oculis rubris. 


La mouche noire à afles brunes & yeux rouges. 
Longueur 1 Z ligne. Largeur = ligne. 

Cette petite efpéce eft d’un noir affez brillant ; fes yeux: 
feulement font rouges , & les tarfes de fes pattes pofté- 
rieures un peu bruns. Les aïles font aufli de couleur bru= 
ne , & l'animal les porte fouvent croifées fur fon ventre. 


534 HISTOIRE ABRÉGÉE 
On trouve fréquemment cette mouche dans les endroits 
humides & aux environs des fumiers. 


78. MUSCA zigra , fronte alba ; abdominis lateribus 
ferrugineis. 

Linn. fyff. nat. edit. so ,p. $97 , n. 60. Mufca lateralis. 

Linn. faun. fuec. n. 1107. Mufca nigra , fronte aiba. 

AG, Upf. 1736, p. 33, 7. 60. Mufca atra obtufa, fronte alba. 

La mouche noire , avec le devant de la tête blanc & les 

côtes du ventre fauves. 

Longueur 3 3 lignes. Largeur à ligne. 

Le fond de fa couleur eft noir , & elle a fur le corps 
quelques poils noirs , longs & clair -femés. Ses yeux font 
bruns , & le devant de fa tête eft d’un blanc argenté. Les 
cuilles & les côtés du ventre , principalement en-deffous, 
font de couleur fauve. Cette mouche reffemble beaucoup 
à la mouche commune , mais elle efl plus rare , & on ne 
la trouve guères qu'a la campagne. Sa grandeur varie 
beaucoup ; on en voit qui font du double plus groffes que 
les autres. Ses couleurs varient aufli un peu , car quelque- 
fois tout fon ventre eft fauve , à l'exception d’une bande 
longitudinale noire dans fon milieu. 


79. MUSCA fufca , alis macula marginal fufca. 


La mouche à point marginal Brun fur des afles. 


ie 10: 
Longueur 2 + lignes. Largeur + ligne. 


Cette efpéce eft brune : le devant de fa tête eft un peu 
gris. Son corcelet eft chargé de deux bandes longitudinales 
plus noires que Île refte. Son ventre compofé de quatre 
anneaux , fe termine en pointe affez aigue , & ef fouvent 
chargé d’un petit duvet gris. Ses pattes , fur-tout celles de 
derriere , font très longues pour la grandeur de fon corps. 
Ses ailes font veinées , fouvent un peu obfcures , & ont à 
leur bord extérieur une tache marginale brune affez large. 
Je fouvent trouvé cette mouche en grande quantité dans 

es bois. 


DES INSECTES. 535 


80. MUSCA fu/ca, alis pundo marginal fufco , 
pedibus flavefcentibus. 


La mouche à point maroinal [ur des aïles & pattes jaunes. 
Longueur 1 3 ligne. Largeur à ligne. 

Celle-ci reflemble beaucoup à la précédente pour fa 
forme , mais elle eft plus petite , & fa couleur tire davan- 
tage fur le gris. Son corcelet eft rond , court & gros, & 
fon ventre eft allongé. Ses pattes font jaunes & toutes fort 
peurs Ses ailes ont un point marginal Jaunâtre un peu 

run. 


81. MUSC À cinerea , pedibus flavefcentibus. 


he grile à pattes lon C7 - 
Fou Ro FE di 4 HA 
Sa tête efl noirâtre & fes yeux font bruns. Tout le corps. 
eft gris , mince & allongé. Les pattes font longues & jau- 
nes. Les ailes claires & tranfparentes n'ont pas de point 
marginal. Elle approche beaucoup de la précédente & fe 
trouve avec elle fur les fleurs. 


82. MUSCA zigra , pedibus flavis , antennis abdomine- 
que tenuibus produites. 


La mouche noire à pattes jaunes & ventre allongé, fembla- 
ble à un ichneumon. 
Longueur 4 lignes. Largeur 5 ligne. 

Il n’y a prefque perfonne qui à la premiere vüe ne 
prenne cette mouche pour un ichneumon. Sa forme ailon- 
gée , la longueur de fes antennes , fa couleur même, tout 
la fait paroitre différente des mouches. Elle en 2 cepen- 
dant les antennes , la trompe & tout le caraétere. Ses an- 
tennes font formées d’une palette compofée de plufieurs 
articles peu diftinéts , un peu plus longue que la tête , du 
côté de laquelle fort un file ou poil. Elies font noires , 
ainfi que tout le corps ; à l'exception des pattes qui font 


s36 HISTOIRE ABRÉGÉE 

jaunes. Le ventre eft étroit & long , comme dans les ich= 
neumons, faifant à lui feul les deux tiers de la longueur de 
l'infeéte. Il fe termine en pointe & furpañle la longueur 
des pattes. Les ailes plus courtes que le ventre & au nom- 
bre de deux , comme dans toutes les mouches , font ner- 
veufes , fortes & un peu brunes. Cette mouche eft très- 
rare , nous ne l’avons trouvée qu’une feule fois. 


83. MUSCA zigra , pedibus flavis alarum margine 


€XLÈTI10 T1E9TOe 


La mouche noire à pattes jaunes & bord extérieur des aïles 
rLoir'. 
Longueur 1 ligne. Largeur à ligne. 

Sa couleur eft noire , fa forme eft étroite & allongée , & 
le ventre fur-tout fe termine en pointe. Les pattes plus 
longues que fon corps , ont leurs cuiffes affez groffes 
& font de couleur jaunâtre. Les ailes un peu plus longues 
que le ventre & peu écartées , ont leur bord extérieur 
noir. Cette très-petite mouche fe trouve fur les fleurs. 


84. MUSCA nigra pedibus rufs, alis vibrantibus 


immaculatrs. 


La mouche à aîles vibrantes fans taches. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur = ligne. 

Elle eft fort allongée , comme on le voit par les dimen: 
fions que nous donnons ; & reffemble beaucoup à la mou- 
che à ailes vibrantes ponétuées du n°. 4, principalement 
par la maniere dont elle éleve & baïffe fes ailes. Son corps 
eft tout noir & lifle. Son ventre eft compofé de fix anneaux 
qui font bordés d’un peu de jaune. Ses pattes font jaunes 
& fort longues, Les ailes auïli longues que le ventre , n’ont 
aucune tache noire ; mais feulement quelques nervures 
longitudinales peu marquées. On trouve fouvent cette 
mouche dans les bois fur les feuilles des arbres. 

85. MU SCA feérrugineo-fufca, fubpilofa ; oculis ferrugi- 
ners , als triperyis, 
Linn, 


DES ÏÎNSECTES. ET 


Linn. faun. fuec. n. vxxr. Mufca nigra , fubpilofa , oculis ferrugineis , alis 
nervofis. 

Linn. [yft. nat. edic. to , p. $97 , n. 66. Mufca cellaris. 

AG. nat. curiof. ann. 12, obf. $8. 

Ra. inf. p. 161. Mufca vini vel cereviliæ acefcentis, 

Reaum. inf. tom. s, tab. 8, fig. 7, 11, 12. 


La mouche du vinaigre. 
Longueur 1 4 ligne. Largeur : ligne. 

Sa couleur eft d’un fauve brun , & elle eft tant foit peu 
chargée de poils ; fes yeux font d’un brun plus foncé, 
Son ventre eft compofé de fix anneaux , dont la bafe eft 
plus noire que le refte. Le deflous de l’infede eft plus 
clair que ie deflus. Ses ailes aflez larges ; ont trois ner- 
vures longitudinales , outre leur bord extérieur qui eft 
plus épais. Cette efpéce de mouche eft large , elle a le 
ventre court , & elle marche très lentement. On la trou- 
ve fouvent morte dans le vin & le vinaigre. Elle ef atti- 
rée par toutes les liqueurs qui s’aigriffent & elle y dépofe 
fes œufs ; quelquefois elle faute. C’eft une efpéce des 
plus communes. 


86. MUSC A Java, oculis nioris. Linn. faun. fuec. n. 

1114 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 600 , n. 88. Mufca flava, 

La mouche jaune aux yeux noërs. 
Longueur x ligne. Largeur ; ligne. 

Elle eft toute jaune , à l’exception des yeux feuls qui 
font noirs. Son corps eft large & écourté. Ses ailes font 
blanches & ont quelques nervures jaunâtres peu appa- 
rentes. On la trouve fur les fleurs & même quelquelois 
dans les maifons. 


87. MUSCA flava , abdomine fupra fufco ; thorace 
tribus ftriis nigris. Linn. faun. fuec. n. 1113. 


La mouche jaune à bandes noires fur de corcelet. 
Longueur \ + ligne. Largeur 3 ligne, 


Tome II. Yyy 


538 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Elle a la tête Jaune , avec les yeux bruns , & une tache 
noire triangulaire fur le derriere de cette partie. Le corce- 
let a en-deflus trois bandes noires longitudinales , dont 
celle du milieu ne paroit que la fuite de la tache triangu- 
laire de la tête. La pointe du corcelet eft jaune. Le ventre 
en-deffus a fur fon milieu une large bande noire , avec du 
jaune fur les côtés , de façon que les bords du noir font 
comme dentelés. Les pattes font toutes jaunes , & le def- 
fous de l’infeéte mêlé de jaune & de noir. On trouve cette 
petite mouche fur les fleurs : elle marche fort lentement & 
femble parefleufe à s'envoler. 


88. MUSC A flavefcens , oculis nigris , alis incumbente- 
bus glaucis. 


La mouche jauné à aïles bleuätres & croifees. 
Longueur 1 ligne. Largeur = ligne. 

Ses yeux font noirs. Tout fon corps eft d’un jaune un 
peu foncé , & de forme éçourtée & un peu large. Ses pat- 
tes font d’un jaune plus clair. Ses ailes couchées fur le 
ventre & croifées Pune fur l’autre , font d’une couleur 
bleuître, 


STOMOXYS. Afili fpec. linn. 
LES T'O'M ONE 


Antenne patellatæ fera la- Antennes formées par une 


terali pilofa. palette avec un poil latéral 
velu. 
Os roffro fubulato fimplici acu- Bouche formée par une trom- 
10. pe fimple & aigue. 
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


Le flomoxe a des antennes tout-à-fait femblables à 
celles de la mouche , & terminées comme les fiennes par 
une palette platte & folide, avec un poil qui en fort fur le 
côté , & qui regardé de près , paroït tout velu , & femble 
former une aigrette ou panache. Il refflemble aufli à la 


DES INSECTES. 539 
mouche commune pour la couleur, la forme & la groffeur : 
feulement fes ailes plus écartées & fon ventre qui eft plus 
court , lui donnent un port qui le fait reconnoitre quand on 
le regarde avec attention. Mais un autre caractere qui 
fépare tout-à-fait ce genre de celui des mouches, eft ceiui 
qui fe tire de la forme de la bouche. Le flomoxe a une 
trompe dure , noire , pointue par le bout ;, avec laquelle il 
pique les hommes & les animaux , fur-tout en automne 
où il eft très -commun. C'eit ce qui lui a fait donner le 
nom de ftomoxe ; comme qui diroit infeéte à bouche poin- 
tue. Comme cet infeëte vient très-abondamment vers l’au- 
tomne ;, & qu'il reflemble tout-à-fait à la mouche , cela 
a donné lieu de dire que les mouches d'automne piquoient. 
Mais fi on prend ces prétendues mouches & qu'on les 
compare avec les mouches ordinaires , on verra que ces 
dernieres n’ont point Pinftrament avec lequel le flomoxe 
pique. Cette différence a fait mettre cet infeëte au nom- 
bre des afiles par M. Linnœus , mais il différe de ceux-ci 
par fes antennes , enforte que nous avons cru devoir en 
faire un genre. Je ne connois point la larve , ni la nym- 

he du flomoxe , peut-être que leur reffemblance avec 
celles des mouches m’auront empêché de les reconnoitre. 
Je n'ai trouvé qu'une feule efpéce de ce genre. 


1. STOMOXYS. Planch. 18, fig. 2. 


Linn. faun. fuec. n. 1042. Aflus cinereus glaber ovatus. 
Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 604 , n. 2. Conops antennis fubplumatis cinerea 
glabra ovata, 


Le flomoxe. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 


On trouve cet infeëte par-tout ; particuliérement en 
automne , où il fatigue beaucoup les chevaux & les pique 


jufqu’au fang. 
6: 


Yyyi 


$4° 


HiISTOIRE ABRÉGÉE 


VOLUCELL A. Mie fpe. linn. 
LUAN VOL UIC'E: LiL'E, 


Antennæ patellatæ fèta la- 
terali pilofa capiti infiden- 
tes. 


Os proboftide vagina acuta [eu 
roftro reconditum. 


Ocelli tres. - 


Antennes formées par une 
palette ; avec un poil latéral 
velu & placées fur la tête. 


Bouche formée par une trom- 
pe renfermée dans une gaine , ou 
un bec aigu. 

Trois petits yeux lifles. 


La volucelle jufqu’ici avoit été confondue avec la mou- 

che : il eft vrai qu'elle lui refflemble pour la forme & 
les antennes. Elle a aufli une trompe femblable à celle 
de la mouche , mais cette trompe n’eft pas à nud ; elle eft 
renfermée dans une efpéce de gaine , ou bec dur affez fail- 
lant , placé au devant de la tête de la volucelle , que ce bec 
allonge & fait paroitre pointue. De plus , fa trompe ca- 
chée dans la rainure de ce bec, eft longue & divifée en 
deux parties , au lieu que celle de la mouche eft fimple & 
membraneufe. 
- J'ai trouvé la larve de cet infeéte fur le rofier ; & je n’ai 
point apperçu de différences entr'elle & celles des mou- 
ches : elle commençoit à fe métamorphofer , & de fa 
coque eft forti l’infeëte parfait de la premiere efpéce de ce 
genre. 

Je ne connois que trois efpéces de volucelles. 

1. VOLUCELL A abdomine antice albo ; police nigro ; 

als albis , nigra macula. Planch. 18 , fig. 3. 
Linn. faun. fuec. n. 1073. Mufca abdomine anterius albo , pofterius nigro , alis 

albis, nigra macula. 


A&. Upf. 1736, p. 32, n. 30. Idem, 


La volucelle à ventre blanc en-deyant. 
Longueur $ : lignes. Largeur 3 lisnes. 


Ses yeux font d'un brun rougeître ; le devant de fa tête 


DESMIN SECTES S4i 
& l’étui qui renferme fa trompe font d’un jaune life & 
luifant. Son corcelet eft noir, chargé de quelques poils 
bruns , avec fa pointe quelquefois un peu jaune , & d’au- 
tres fois noire comme le refle , car elle varie pour la cou- 
leur. Le ventre a fa moitié inférieure noire , & fa moitié 
fupérieure blanche tranfparente , tant en-deffus qu’en-def- 
fous ; mais quelquefois en-deflus ce blanc eft divifé en 
deux dans fon milieu par une petite raie noire longitudi- 
nale. Les pattes font toutes noires. Les aîles font blan- 
ches , tranfparentes , quelquefois un peu jaunes vers leur 
bafe : leur milieu a une large tache ou bande tranfverfe 
noire. Leur pointe eft aufli noirâtre , & depuis la tache 
noire Jufqu'a cette pointe , il y a des veines brunes qui 
defcendent. Cet infecte vient fur les rofiers. 


2. VOLU CELL A rora nigra, pilis fulvis ; alis albis, 
macula nigra. 


La volucelle à ventre tout noër. 
Longueur s + lignes. Largeur 3 lignes. 


Je crois celle-ci variété de la précédente. Les aîles , la 
tête , les pattes & le corcelet font tout - à - fait femblables 
aux fiens. Il n’y a de différence qu’en ce qu’elle eft plus 
velue & chargée de poils fauves , & en fecond lieu , en ce 
que fon ventre eft tout noir , & n'a point fa partie fupé- 
rieure blanche. Cette efpéce fe trouve avec la précédente, 


3. VOLUCELLA shorace ni9r0, apice fulvo ; abdomine 
flavefcente. 


La volucelle à ventre jaunätre. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 + ligne. 


Sa tête, & fur-tout la pointe qui reçoit la trompe , eft 
d’un jaune de couleur de corne. Ses yeux fonc bruns. Son 
corcelet eft noir , fur-tout en-deffus , mais fa pointe eft de 
couleur fauve & life. Son ventre eft de couieur jaune 
un peu cendrée , & fes pattes font jaunâtres. Ses aïles font 
toutes blanches. Certe efpéce eft rare ici, 


$42 HISTOIRE ABRÉGÉE 
NEMOTELUS. Mufèe fpec. linn. 
LA NEMOTELE. 


Antennæ moniliformes | Antennes grenues ,termi- 
fly lo terminatæ , roftro infi- nées par une _pointe & pla- 


dentes. cées fur [a gaine de la trom- 
PE: 
Os proboftide , vagina acuta feu Bouche formée par une trompe 
roftro reconditum. renfermée dans une gaine ou un 
bec aigu. 
Ocelli tres. Trois petits yeux lifles. 


Les antennes de [a nemotele font fingulieres : elles font 
moniliformes , c'eft-à-dire , compofées d'articles courts , 
menus ; comme des grains ronds enfilés enfemble , à peu 
près comme les perles d’un collier. Ces grains ou articles 
ronds ; font au nombre de cinq, dont les inférieurs font 
plus gros & plus larges , & les autres vont en diminuant. 
Au bout de ces cinq articles ronds , fe trouve une fixiéme 
piéce longue & filiforme qui termine l'antenne. C’eft d’a- 
près cette conftruétion ; que nous avons donné à ce genre 
le nom de zemotele ; qui veut dire infeéte à antennes 
terminées par un fl Outre cette forme finguliere & propre 
à ce genre , les antennes ont encore une autre particulari- 

é : elles font pofées fur une efpéce de bec ou pointe , 
A fque comme dans les charanfons. Cette pointe ou gai- 
ne aigue & creufe en-dedans , fert à Joger fa trompe , 
comme dans le genre précédent. On voit par ce détail que 
la nemotele reffemble à la volucelle par la forme de fa 
bouche , mais qu’elle en différe par la forme & la pofition 
de fes antennes. Quant au genre des mouches , elle en 
différe de toutes façons , fes antennes & fa trompe ne 
reffemblent nullement aux leurs. Nous avons donc cru 
devoir faire un genre des nemoteles, qu’on avoit jufqu'ici 

confondu mai-à-propos avec les mouches , auxquelles 
elles ne reflemblent que par leur port extérieur. 


j DES INSECTES. 543 

On trouve ces infectes fur les fleurs : je ne connois 

point leurs larves qui doivent approcher beaucoup de 
celles des mouches. 


1. NEMOTELUS riger , abdomine niveo , fafciis 
duabus nigris. Planch. 18 , fig. 4. 


Linn. faun. fuec. n. 1082. Mufca nigra , abdomine niveo, fafciis duabus nigris, 


La nemotele à bande. 
Longueur 2 lignes. Largeur ? ligne. 

Cette efpéce à la tête aflez groffe & les yeux bruns noi- 
râtres. Son corcelet eft d’un noir liffe. Le ventre affez 
large , eft d'un beau blanc en-deflus ; mais entrecoupé de 
noir en quelques endroits. Premiérement, il y a un peu de 
noir à la bafe du premier anneau au milieu. Le fecond 
anneau eft tout blanc : le troifiéme & le quatriéme font 
blancs , avec un peu de noir à leur bord inférieur. Le refte 
du ventre & fes bords latéraux font blancs. Les balanciers 
font de même couleur. En-deffous , l'animal eft noir & 
fes pattes le font aufli , à l'exception des jambes qui font 
plus claires. On trouve cet infeéte fur les fleurs. 


2. NEMOTELUS riger , abdomine punélis albis. 


La nemotele noire à ventre tacheté de blanc. 
Longueur 2.3 lignes. Largeur à ligne. 

Sa couleur eft toute noire , à l'exception des parties 
fuivantes qui font d’un blanc un peu citron ; favoir , les 
pattes , les côtés du corcelet qui ont quelquefois deux ou 
trois taches de cette couleur , ce qui n’eft pas cependant 
conftant , & paroît ne fe trouver que dans les mâles ; 
les bords du ventre qui font de même terminés par 
un peu de blanc , & une raie longitudinale de taches 
pareilles fur le milieu du ventre , formée par une fuite 
de taches qui fe trouvent pofées chacune fur te milieu 
de chaque anneau. Cet infeéte fe trouve dans les prés 
humides. 


s44 HiSTOIRE ABRÉGÉE 
SCATHOPSE. 
LIEU S CA TOP SE. 


Antenne filiformes. Antennes filiformes. 

Os proboftide abjque dentibus. Bouche avec uñe trompe fans 
dents. 

Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Le /catopfe ; comme qui diroit mouche à ordures ; à 
caufe des endroits fales où l'on découvre plufieurs de ces 
infeétes , n'a été décrit jufqu'ici par aucun Naturalife. Sa 
figure reflemble à celle d'une petite mouche : fa trompe eft 
auib tout - à - fait femblable à celle de la mouche , maïs le 
fcatopfe différe de ce genre par la forme de fes antennes 
qui ne font point à palettes , mais femblables à un fil. 

Les larves des fcatopfes reflemblent à des petits vers à 
anneaux & fans jambes. Les unes fe trouvent dans les 
latrines & les fumiers humides ; celles de la feconde ef- 
péce font plus fingulieres : elles habitent dans l’intérieur 
des feuilles de bouis , dans des cavités qu’elles fe prati- 
quent dans ces feuilles. Les unes & les autres fe transfor- 
ment en nymphes ; mais différentes de celles des mou- 
ches & de la plüpart des infeûtes de cette fe&tion. La 
peau de la larve ne fe durcit point pour former une coque, 
mais cette larve quitte fa peau & fe convertit en une nym- 
phe , dans laquelle on découvre toutes les parties de l'in 
feéte.parfait qui en doit fortir. Au bout de quelque tems , 
l'infecte fort de la nymphe. Celui qui vient dans les feuilles 
de bouis fe métamorphofe dans la même cavité où il a 
vécu » & lorfqu'il devient aîlé , il a un travail de plus 
à faire , c'eft de percer la tumeur où il eft enfermé. Cette 
opération lui eft aifée , parce qu'il refte toujours à ces 
tumeurs ‘une petite ouverture , grande comme un point, 
qui n’a befoin que d’étre dilatée pour laifler pañler l’in- 
fecte. 

Le 


DES INSECTES s4ÿ 


ASC A THOSE czrr2: 
Le /catopfe noir. 


Longueur 1 hgne. Largeur à ligne. 

Cette efpéce de moucheron eft d’un noir foncé, liffe & 
brillant. Sa tête eft petite. Ses antennes plus longues que 
fa tête font filiformes , cylindriques ;, compofées de onze 
anneaux ou articles: vües à la loupe elles paroiffent noueu- 
fes. Sa bouche eft garnie d’une trompe femblable à celle 
des mouches. Son corcelet eft rond , & fon ventre mé- 
diocrementallongé. Ses aîles qui débordent le ventre d’un 
grand tiers , n’ont qu’une feule nervure noire proche leur 
bord extérieur, mais cette nervure fe repliant ; paroït 
double. L’infette porte fes ailes croifées l’une fur l’autre 
& couchées à plat fur le ventre. On trouve ce fcatopfe 
dans les lieux humides & fouvent dans la fange & les la- 
trines , où je l'ai vû plufieurs fois accouplé. Dans cet ac- 
couplement , je mai guéres apperçu le mâle pofé fur la fe- 
melle: ils font fouvent dans une fituation oppofée , enforte 
que les deux extrémités du ventre qui fe touche,font cou- 
vertes par les aïles des deux individus, & que les têtes font 
oppofées & aux deux bouts, de façon qu’il fembleroit 
quil n'y a qu'un feul infeête long , avec deux têtes aux 
deux extrémités. Plulieurs autres infe@tes s’accouplent 
de cette façon. 


2. SCATHOPSE ffava , alis albis. Planch. 18, 
fig. $. 
Le [catopfe du Bouis. 


Longueur 1 + ligne. 


Les yeux de cette efpéce font noirs , & fes antennes un 
peu brunes font prefque de la longueur de la moitié de 
fon corps. Son corcelet, fon ventre & fes pattes font jau- 
nes, & fes ailes font blanches & plus longues que fon 
corps. L'infeéte les porte croifées & couchées fur lui. La 

Tome IL. 222 


546 HISTOIRE ABRÉGÉE 

larve de ce fcatopfe eft de couleur jaune : elle perce le 
deffous des feuilles de bouis & fe loge dedans à peu près 
comme les petites chenilles mineufes des teignes, ce qui 
forme plufieurs groffeurs larges au revers de ces feuilles. 
Après avoir pris fon accroiffement,elle fe transforme dans 
le même endroit en une nymphe Jaune qui a deux points 
noirs aux endroits ou feront placés les veux de l’infeûe 
parfait. De cette nymphe fort le fcatopfe ailé, qui perçant 
la tumeur ou loge dans laquelle il a habité, entraîne fou- 
vent avec lui une partie de fa dépouille de nymphe, qui 
refte attachée à la feuille dont elle fort à moitié. 


HIPPOBOSCA. 
L'HIPPOBOSQUE. 


Antennæ fétaceæ breviffi- Antennes fétacées très- 
mæ ex unico pilo. courtes,compofées d’un feul 
poil. 
Os roffro cylindrico obtufo. Bouche formée par une efpé- 
ce de bec cylindrique & obtus. 
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles. 


Nous avons deux efpéces d'hippobofques, l’une appel- 
lée la mouche-a-chien , parce qu'elle s'attache fortement 
aux chiens ; l’autre connue fous le nom de mouche- arai- 
gnee , attendu qu’elle a quelque reffemblance avec une 
araignée. 

Le caractere de ces infeétes eft très-aifé à reconnoître, 
Leurs antennes font très-petites , très-courtes & compo- 
fées feulement d’un fimple poil, enforte qu’on à de la 
peine à les appercevoir; de plus leur bouche a une efpé- 
ce de trompe ou bec cylindrique & obtus par le bout. 
Ajoutez à ces caraéteres que ces infeétes font durs , appla- 
tis & comme écailleux, & qu’ils font les feuls de cette 
fe&tion avec les coufins , qui n’ont point de petits yeux 
lifles. On les trouve fréquemment lété attachés, foit fur 


DES ÉNSECTES. 547 
les quadrupedes , foit fur les oifeaux. Je ne connois point 
encore leurs larves. 


1. HIPPOBOSCA pedibus tetradaty ls , alis crucia= 
ss. Planch. 18, fig. 6. 


Linn. faun. fuec. n. 1043. HippobofCa pedibus tetrada&ylis. 

Linn. {ff nat. edit. 10, p. 607 ,-n. 1, Hippobofca alis obtufis', thorace alba 
variegato. d 

Mouffes. inf. $9. Hippobofcus. 

Frifch. germ. $ ; p. 43 , t. 7. Ricinus volans, 

AG, Upf. 1736 , p.31, n. 27. Mufca equina tenax. 

Reaum. inf. tom. 6 , tab. 48. 


La mouche-à-chien. 
Longueur 2 + lignes. Largeur 1 ligne. 

La mouche-à-chien eft large , platte, luifante & com- 
me écailleufe. Sa tête eft jaune & fes yeux font bruns. 
Son corcelet & fon ventre font aufli jaunes avec des. 
ondes brunes. Les pattes font entrecoupées de jau- 
ne & de brun. Les aîles croifées l’une fur l’autre , débor- 
dent le corps de plus de moitié ; elles font tranfparentes, 
lavées d’un peu de jaune avec leur bord extérieur & un 
point près de ce bord de couleur brune. 

Cette mouche s'attache pendant l’été aux chiens , aux 
chevaux, aux bœufs , qu’elle pique & fatigue beaucoup. 


2. HIPPOBOSCA pedibus fexdadylis , als 
divaricatts. 
Linn. faun. fuec. n. 1044. Hippobofca pedibus fexda@ylie. 


Linn. fÿ{E: nat. edit, 10 , p. 607 , n. 3. Hippobofca alis fubulatis. 
Reaum.inf. tom. 4, tab. 11, fig. 1=—5. La mouche-araignée. 


La mouche - araignée. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ? ligne. 

La mouche-araignée différe de [a mouche-à-chien en 
ce qu’elle eft plus large : fa tête eft plus allongée & de 
couleur jaune. Son corcelet applati eft plus court, & 
d’un jaune obfcur fans mêlange d'autre couleur. Le ven- 
tre eît gros, plat , large, de couleur obfcure. Les aïîles 

22) 


$48 HISTOIRE ABRÉGÉE 

courtes & étroites, ne vont que Jufqu’a l'extrémité du ven- 
tre qu'elles laiffent à découvert entr’elles, étant éloignées 
Pure de Pautre : elles ne refflemblent prefque qu'à des 
moiïgnons d’ailes. Ses pattes affez longues , font jauna- 
tres & fe terminent par deux onglets div fés chacun en 
trois grifles. La longueur des pattes ; la groffeur du ven- 
tre , & la petitefle des ailes, donnent à cetinfeéte la fi- 
gure d’une araignée, ce qui l'a fait appeller mouche-arai- 
gnée. On le trouve dans les nids d’hirondelles aux petits 
defquelles il s'attache. 


TIPULA. 
LA FIPUL'E 


Antennæ filiformes , fub- 
petlinatæ(maribus fæpe plu- 
mofæ ) capite multo longio- 
res. 


Antennes filiformes un 
peu peélinées ( fouvent en 
panache dans [es mâles ) 
beaucoup plus longues que 
lastète. 


Os rentaculis incurvis ar- 
ziculatis. 


Ocelli tres. 


Familia 1, Alis patentibus. 


Bouche accompagnée de 
barbillons recourbés & arti- 
culés. 

Trois petits yeux liffes. 


Famille 1°. A aîles étendues, 


ou tipules cou- 
turieres. 
—— 2". À aîles rabatues 
ou tipules cu- 
liciformes. 


= 24, Alis incumbentibus, 


Le principal carattere des tipules dépend de la forme 
de leur bouche qui eft accompagnée de quatre barbillons, 
deux de chaque côté. Ces barbillons font compofés de 
plufieurs piéces articulées enfemble , & l’infeéte les tient 
ordinairement recourbés en-devant. La tipule & le bibion 
dont nous parlerons dans le genre fuivant , font les deux 
feuls infeêtes de cette feétion dans lefquels ia bouche foit 


DES INSECTES. $49 
ainfi conftruite ; mais le bibion différe de la tipule, par fes 
antennes, comme nous le verrons. Celles de la tipule font 
comme un fil long compolé de plufieurs nœuds ou arti- 
cles , & en regardant de près, on voit qu'elles font peéti- 
nées, c’eft-à-dire que de chaque nœud nait un fil ou poil , 
enforte que la réunion de tous ces poils latéraux imite [a 
figure des dents d’un peigne. Ces poils font bien plus ap- 

arens dans les mâles que dans les femelles , & fouvent 
dans ceux-là ils font fi nombreux & fi longs.qu'ils forment 
une belle panache touffue. C'eft ce qu'on remarque 
principalement dans les petites efpéces de tipules. 

Outre ces caraéteres qui font reconnoître aifément les 
infectes de ce genre , la longueur extraordinaire de leurs 
pattes, & l'allongement de leur corps qui eft mince & 
étilé, leur donnent encore un port fingulier , qui les fait 
diftinguer au premier coup d'œil. 

En général la tête de ces infeétes eft petite, & leurs. 
antennes font belles & longues. Leur corcelet eft court , 
renflé fur le dos , & forme comme une bofle. Le ventre 
eft long & mince, particuliérement dans les mâles ; les 
pattes font fines & Iongues, prefque de la longueur de 
celles du faucheur , & elles peuvent à peine foutenir le 
corps qui balance & vacille prefque perpétuellement def- 
fus. Les aîles qui naïflent du corcelet , font grandes & aw 
nombre de deux. Les balanciers pofés fous lorigine de 
ces ailes, font très-vifibles dans ces infeëtes, où ils fontà 
découvert ; au lieu que dans la plüpart des autres genres 
de cette fe&tion, ils font recouverts par des efpéces d’ai- 
lerons. Les grandes tipules tiennent leurs ailes étendues ;. 
écartées lune de l’autre , ainfi que de leur corps, au liew 
que les petites efpéces qui refflemblent pour la forne à 
des coufins , & qu on a nommées par cette raifon #pres 
culiciformes , postent leurs aïles couchées fur le dos à 
côté l’une de l’autre. C’eft d’après ce port d'ailes, que nous: 
avons divifé ce genre en deux familles. La premiere ren-- 
ferme les grandes tipules à af/es étendues ; que lon appelle 


ssa H1iSTOIRE ABRÉGÉE 

dans quelques campagnes couturiers ou tipules couturieres; 
la feconde comprend les petites tipules à ailes couchées 
& rabatues fur le dos , ou #ipules culiciformes. 

Les larves de ces infectes varient beaucoup pour leurs 
formes & leurs demeures. Celles des grandes tipules ne 
reffemblent point à celles des petites : même parmi ces 
dernieres il y en a dont les larves font fi différentes les 
unes des autres , qu'on ne croiroit jamais qu’elles duffent 
donner des infeétes d’un même genre & fort fembiables. 
En général cependant les unes & les autres reffemblent 
affez à des vers. Celles des grandes tipules font fouvent 
brunes , allongées ; elles ont deux yeux à la tête & fix pat- 
tes au devant du corps. Elles ont beaucoup de rapport 
avec les larves de quelques infeétes coleopteres , & Je ne 
mimaginois pas d’abord qu'elles appartinffent à des tipu- 
les. Je les ai trouvées dans des troncs de faules pourris, 
au milieu de la poufliere qui fe ramaffe dans le creux de 
ces arbres, fur-tout vers le bas, où cette efpéce de tan eft 
plus humide & comme en boue. Ces larves quittent leur 
peau pour fe métamorphofer , à la différence de celles 
des mouches , & elles fe changent en une nymphe qui 
fouvent eft aflez finguliére. On voit à la tête de cette 
nymphe deux petites cornes qui lui fervent à pomper l'air; 
elles font fines , affez longues & un peu courbées. Le ven- 
tre a tous fes anneaux garnis vers leurs bords, de petites 
pointes tellement dirigées vers l'extrémité poftérieure,que 
la nymphe , par fes mouvemens , peut bien avancer en 
avant , mais nullement reculer. Ces nymphes habitent, 
ainfi que leurs larves, dans le tan des arbres pourris, où 
on les rencontre quelquefois. C’eft de ces nymphes que 
fortent les grandes tipules ; en déchirant la peau qui les 
recouvre. 

Les larves des petites tipules culiciformes , habitent la 

Iäpart dans l'eau. Ces larves n'ont rien de conimun en- 
tr'elles que leurs ftigmates. Il y en a deux à la tête & 
deux à la queue. Du refte, dans les unes lesftigmates pof- 


DES INSECTES: $sr 
térieurs font de fimples ouvertures , dans d’autres ces ou- 
vertures font entourées d'appendices charnues ; plufieurs 
ont pour ftigmates des tuyaux cylindriques ;, qui dans 
quelques-unes font environnés de longues appendices 
femblables aux bras des polypes, ce qui les a fait appeller 
par M. de Reaumur vers polypes. On voit par-là conibien 
ces larves varient. Elles ne font pas moins différentes 
pour leurs couleurs. La plüpart font rouges , d’autres gri- 
fes , quelques-unes brunes. Prefque toutes ont à leur par- 
tie antérieure deux efpéces de faufles jambes courtes ; 
ou de petitsätubercules , comme des moignons de bras. 
Quelques-unes de ces larves nagent agilement dans l’eau: 
d'autres fe font des trous dans la terre des bords des ruif 
feaux, dans lefquels l'eau pénétre & où elles fe retirent , 
enfin quelques-unes fe confiruifent des efpéces de coques 
de foie, qui couvrent une partie de leur corps , à peu 

rès comme font les larves des teignes. Nous verrons 
dans le détail des efpéces, des exemples de toutes ces 
variétés. 

Les nymphes de ces larves ne font guères moins diflé- 
rentes que les larves elles mêmes ; elles ont à la vérité 
quelque chofe de commun entrelles & avec celies des 
grandes tipules: c’eft de fe dépouiller de Icur peau pour 
fe transformer en nymphes; & de plus elles ont toutes 
deux fligmates à la partie antérieure, à l'endroit qui ré- 
pond au corcelet, mais à cela près, elles varient beau- 
coup pour le refte. Nous voyons quelques-unes de ces 
nymphes refter immobiles dans les trous que leurs larves 
ont habités, d’autres nagent & courent vivement dans 
Veau. Plufeurs ont les ftigemates fupérieurs fimples , d'au- 
tres les ont formés par deux efpéces de cornets , ou deux 
tuyaux qui s'évafent en-haut & qu’elles appliquent fou- 
vent à la fuperficie de l’eau , pour pomper l'air. Ces 
dernieres approchent beaucoup de celles des coufins ; 
comme on le verra bientôt. 

Les tipules qui viennent de ces différentes larves 


S$2 H1ISTOIRE ABRÉGÉE 

font tres-nombreufes. Les grandes volent & courent dans 
les Prés ; & c’eft pour cette raifon qu’il paroiït que la natu- 
re leur a donné de fi longues pattes, qui les élévent 
comme fur des échafles, afin que les herbes des prés ne 
les arrêtent pas lorfqu elles marchent. Les petites tipules 
volent fouvent le foir par troupes & par légions au bord 
des eaux , où quelquefois oneneft couvert. Leur reffem- 
blance avecles coufins les fait craindre , mais elles ne font 
aucun mal. Les unes & les autres s'accouplent après être 
devenues infectes parfaits. Il eft aifé de diftinguer les males 
& les femelles , par la différence des antennes que nous 
avons marquée ci-deffus , & par la groffeur du ventre qui 
eft beaucoup plus confidérable dans les femelles que dans 
les mâles. 

Ces infettes fervent de pâture aux poiffons & aux in- 
fetes aquatiques voraces , tandis qu'ils font fous la for- 
me de larves: devenus ailés, ils font pourfuivis par les 
oifeaux qui en REnE nt & en détruifent beaucoup. 

La REbARe des grandes tipules font affez joliment bi- 
garrées , plufieurs ont de plus leurs aîles panachées. Les 
petites tipules culiciformes font finguliéres pour leur finef- 
fe & leur pee ; dès qu’on les touche, on les écrafe. 
Fluiieurs font du plus beau vert; d’autres noires comme 
le jayet. Quelques efpéces font remarquables par la lon- 
gueur de leurs pattes antérieures, qu’elles ne pofent point 
asterte ; dornele s font arrêtées , mais qu'elles tiennent 
élevées & qu elles agitent , comme fi c’étoient des anten- 
nes. Les males ne reffemblent fouvent point à leurs fe- 
melles , & on ne croiroit jamais que ce fuffent des ani- 
maux de mème efpéce, fi on ne les trouvoit accouplés 
enfemble. il y a des mâles noirs , délés & minces, dont 
les femelles font grofles , courtes & blanchâtres ; auffi 
avons-nous eu ton de iter principalement nos defcrip- 
tions des mâles & jamais des femeiles feules. 


Re 


PREMIERE 


DES INSECTES. s53 
PREMIERE FAMILLE. 
Tipules couturieres. 


1. TIPULA corpore nigro, fulvo, flavoque variegato. 
Planch. 19, fig. 1. 

Linn. faun. fuec. n. 1123. Tipula corpore nigro fulvoque variegato. 

Linn. fÿft. nat. edit. 10, p. 585 , n..3. Tipula alis macula fufca , abdomine 
atro fafciis fulvis, 

AG. Upj. 1736,p. 30, n.2. Tipula abdomine annulis luteis nigrifque alter- 
nantibus, 

Ra. inf. p. 72 ,n. 4. Tipula elegans, dorfo & fcapulis nigris , ventre croceo, 
alis macula fufca notatis , Iævis & fplendens, 

Reaum. inf. com. 5 ,tab.1,fe 14, 15, 16. 


La tipule variée de brun , de jaune & de noir. 
Longueur 7 lignes. Largeur 1 ligne. 

Cette tipule eft la plus belle & Ia plus brillante efpéce 
de ce genre. Le fond de fa couleur eft noir , mais le cor- 
celet a , vers fa circonférence , plufieurs taches fauves & 
fafrannées. Le ventre plus large dans les femelles & plus 
long dans les mâles, a aufli fur chaque anneau quelques 
taches d’un jaune clair, autrement figurées dans les mâles 
que dans les femelles, & un peu de couleur fauve à fa 
bafe. Les pattes font de la même couleur fauve dans les 
deux fexes , les tarfes feulement font noirs & les cuifles 
poñtérieures ont dans leur milieu un anneau noir. Les ailes 
font un peu fauves fur-tout à la bafe & au bord extérieur 
avec des veines brunes & un point marginal noirâtre. Les 
antennes des mâles font grandes , figurées en peigne , ou 
avec un double rang de poils de chaque côté dans toute 
leur longueur ; celles des femelles font très-peu peétinées 
& paroiflent à la premiere vüe prefque fimples. Les unes 
& les autres font noires, excepté à leur origine où elles 
font fauves. 

La larve qui produit cet infeéte eft longue ; life , de 
couleur jaunâtre , fort luifante , compofée de quatorze 
anneaux , & elle a antérieurement fix petites pattes. Elle 

Tome IL, Aaaa 


+ 


$$4 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

fe trouve dans les troncs des arbres pourris parmi l’efpé- 
ce de tan qui fe forme dans ces troncs. La chryfalide qui 
en vient , eft d’un brun couleur d’écorce & d’une forme 
finguliére. Chacun de fes anneaux eft comme couronné 
de petites pointes tournées un peu vers la queue , & fa 
tête eft ornée de deux cornes minces, déliées, affez longues 
& recourbées. L'infeéte parfait qui en vient , fe trouve 
fouvent dans les prés. 


2. TIPULA aûs albis fufco variegatis. 


Linn. faun. fuec. n. 1121. Tipula alis exalbidis, macula nivea, rivulis fufcis. 

Linn. fyft. nat. edit, 10, p.585 , n. 2. Tipula rivofa. 

A&. Upf. 736, p. so, n. 1. Tipula lapponica cinerea , alis albis, rivulis fufcis. 

Aët. Stockolm. 1739 3 1. 3: f. 8. 

Raj. inf. pag. 72, n. 2. Tipula maxima, alis majoribus ex fufco & albo va- 
riegatis. 


La tipule à aîles panacheées. 
P 4 
Longueur. Mâle 10 lignes. Femelle x4 lignes. 


Cette efpéce ; la plus grande de toutes celles que nous 
ayons , a les yeux noirs & tout le corps d’un brun cen- 
dré. La queue dans la femelle fe termine par une pointe 
fourchue & dans le mâle qui eft plus petit ; par une efpé- 
ce de maflue. Ses pattes font brunes avec un peu de noir au 
bas des cuifles. Ses aïles larges & plus grandes que fon 
corps , font joliment panachées : leur fond eft blanc, elles 
ont à leur bord extérieur trois grandes taches brunes pref- 
que triangulaires , qui fe touchent au bord de Paile & s’a- 
vancent jufqu’au milieu de fa largeur. Au bord intérieur 
elles en ont trois femblables, mais moins foncées. Entre 
ces deux rangs de taches, font des plaques & des bandes 
blanches fur le milieu de l'aile. La premiere de ces pla- 
ques blanches, la plus proche de la bafe de l'aile, eft for- 
mée en lozange & a au milieu une tache brune. Le bout 
de l'aile eft plus entremélé de petites taches que le refte. 
On trouve cette efpéce dans les prés. 

J'ai eu d'abord quelque doute que ce füt cette efpéce 
que M. Linnæus eût voulu décrire , du moins fa defcrip- 


DES INSECTES. s5s 
tion y va peu ; mais la phrafe de Rai qu’il cite eft bien 
celle de notre efpéce. De plus celle qui fuit dans l’ouvra- 
ge cité de M. Linnæus,n°. 1122, n’eft pas différente, c’eft 
le mâle de la nôtre & je les ai trouvés accouplés enfemble, 


3. TIPULA as exalbidis , linea marginal fufca. 
Linn. faun. fuec. n. 1124. 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 585, n. 4, Tipula alis hyalinis cofta marginal: fufcas 

Lift. goed. 331, fig. 139. 

Goed. belg. 2, p. 165 , tab. 44. 

Bradl. natur p 25 ,f.3. 

Frifch. germ. 4 ,t. 12. 

Reaum. inf. tom. 4 , tab. sr , fig. 7, & tom. s tab. 3, f. 1,2, 

Raj. inf. p.72, n. 1. Tipula vulgaris feu longipes. 

Leuwenhoeck. epift. 1693 , dec.10,f.4:5,@ 1714, 06tob. 16, f. 4: 

AG. Upf. 1736 , p. 31 ,n. 6. Tipula cinerea, alis cinereis, margine exteriore 
fufco. 


La tipule à bords des aïles bruns. 
Longueur 8 , 9 lignes. Largeur 1 ligne. 

De toutes les grandes efpéces de tipules, celle-ci eft la 
plus commune dans ce pays-ci. Sa couleur eft par-tout la 
mème , d'un brun cendré. Les ailes font auffi un peu bru- 
nes , mais principalement au bord extérieur , où il y a une 
longue bande brune qui le parcourt fans aller cependant 
jufqu'au bout, & qui femble formée par les plis de l'aîle, 
Ces aîles font plus longues que le corps dans les mâles & 

lus courtes dans Îes femelles, le corps de celles-ci étant 
allongé & finiffant en pointe , au lieu que celui des mâles 
eft plus court & gros par le bout. Dans les deux fexes, les 
pattes font fort longues. On ne voit guères de différence 
dans cette efpéce entre les antennes des mâles & celles 
des femelles , qui font les unes & les autres en filets 
fimples & fans poils latéraux. On trouve fouvent dans 
les prairies cette tipule dont le vol eft lourd. 


4. TIPULA aZ%s cinerafcentibus , lunula alba mar- 
ginali. Linn. faun. fuec. n. 1126. 


Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 586, n. 8. Tipula lunata. L 
Aaaa i] 


6 H1ISTOIRE ABRÉGÉE 
Aët. Upf. 1736: p. 30, n. 4. Tipula cinerea, alis fufcis, macula lunata alba. 
Raj. inf. p. 73,7 10. Tipula feptimæ fimilis , paulo tamen major, oculis 

viridefcentibus, 

La tipule à aïles cendrées avec une tache blanche mar- 
znale. 
Longueur 8 lignes, Largeur 1 ; ligne. 

Elle approche beaucoup de la précédente pour la gran- 
deur , la forme & la couleur ; feulement il y a fur les côtés 
du ventre du mâle deux bandes longitudinales plus claires, 
une de chaque côté ; tout le refte du corps eft de couleur 
cendrée. Les ailes font aufli un peu obfcures avec des 
veines affez foncées: mais ce qui fait reconnoiître cette 
efpéce ; c’eft qu’au lieu de tache marginale noire au bord 
de l'aile, il y a une plaque blanche, tranfparente & clai- 
re , où l’on n’apperçoit point les nervures de l'aile qui per- 
dent leur couleur en cet endroit. On trouve cette tipule 
dans les prés avec la précédente dont elle approche beau- 
coup. 


s- TIPULA abs fubfufcis, thorace flavo caraitheribrs 
nigris , abdomine luteo punélorum nigrorum lineis tribus 
longitudinal bus. 

Raj. inf. p 73577 N 

Linn. faun. fuec. n. 1130. Tipula alis membranaceis punto fufco , abdomine 

flavo, lineis tribus fufcis longitudinalibus. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 586 , n. 11. Tipula cornicina. 

Rofel. inf. vol. 2, tab. 1. Mufc. & culic. 

La tipule jaune à points noirs rangés en trois bandes fur 
de ventre. 

Longueur 6 lignes. Largeur 1 ligne. 

Cette efpéce eft jaune, fur-tout fa tête & fon corceler 
font d’un jaune citron. Ses antennes , fes yeux, & les ap- 
pendices de fa bouche font noirs. Son corcelet a en-deflus 
quelques taches longitudinales noires , qui forment trois 
bandes obliques. Le ventre plus long dans les femelles, 
eft de couleur jaune un peu plus foncée que celle 
du corcelet, & chargé de points noirs rangés en trois 


DES INSECTES. S57 
bandes longitudinales , une au milieu & une de chaque 
côté du ventre. L’extrémité du ventre eft de couleur fau- 
ve. Les ailes font un peu obfcures, & n’ont aucun point 
marginal , mais feulement des veines noires ; ce qui me 
fait un peu douter que cette efpéce foit celle que M. Line 
nœus a voulu défigner dans Pendroit que jai cité. Les 
pattes font fort longues, noirâtres , excepté les cuiffes qui 
font de couleur fauve , fur-tout à leur partie fupérieure. 
On trouve cette tipule très-communément dans les 


prés. 
6. TIPULA java, als fubfu cis ; punélo marginal 


faufco ; thorace caraëlheribus nigris ;ÿ abdomine linea 
longitudinal: nigra. 


La tipule jaune à tache marginale [ur les aïles , & à ban- 
de brune [ur le ventre. 
Longueur s lignes. Largeur 1 ligné. 


Celle-ci pourroit bien n’être qu’une variété de la précé- 
dente. Elle lui reffemble pour la grandeur , les couleurs 
& la forme : elle n’en différe qu’en deux chofes. Premié- 
rement fes ailes ont un point marginal brun, très-apparent 
& bien marqué: fecondement fon ventre , qui eft d’un 
jaune plus brun que le corcelet, n’a qu’une bande brune 
longitudinale non interrompue fur fon milieu. Les pattes 
femblent aufli moins noires que dans la précédente. On 
la trouve avec elle dans les prés. 


7. TIPULA fava oculis nigris. 


La tipule jaune aux yeux noirs. 
Longueur 4 lignes. Largeur + ligne. 


Tout fon corps eft jaune à l'exception des yeux qui font 
noirs. Ses ailes ont aufli une petite teinte de jaune & 
mont pas de point marginal, du moins bien marqué, 
mais feulement un endroit un peu plus jaune, proche leur 
bord extérieur. Ses pattes font fort longues. Cette tipule: 
varie un peu pour la grandeur. 


558 HISTOIRE ABRÉGÉE 


8. TI” ULA nigra, pedibus, abdominifque maculis 
utrinque lividis , alis nigro maculans. 
Linn. faur. fuec n. 1134.71 ipula alis nigro maculatis, corpore nigroe 


Linn. ft. nat. edit. 10, p. 586, n. 7. Tipula contaminata. 


La t'pule noire à taches jaunes & aïles maculees. 
Longueur $ lignes. Largeur 1 ligne. 

Ses antennes & tout fon corps font d’un noir liffe & 
luifant , feulement fes pattes font d’un jaune livide , à 
l'exception des articulations qui font noires, & le fecond, 
le troifiéme , le quatriéme & le cinquiéme anneau du 
ventre font chargés chacun de deux points ou taches du 
même jaune , une de chaque côté. L’avant-dernier an- 
neau eft tout noir & le dernier eft jaunâtre. Les ailes ont 
cinq ou fix taches noirâtres , placées le ong de leur bord 
extérieur , alternativement plus grandes & plus petites , 
enforte que les unes ne refflemblent qu'à un point, & 
que les autres placées dans l'intervalle, forment une bande 
tranfverfe , conpofée de plufieurs points. On trouve cette 
tipule dans les prés. 


9. TIPULA fufCa; alis albis punélo marginali duplici 

Jfufco. 

La tipule Brune à double point marginal. 
Longueur 3 lignes, Largeur = ligne. 

Sa couleur eft cendrée , maïs le deffus du corcelet & 
du ventre font plus bruns. Cette couleur brune eft comme 
par anneaux fur le ventre. La tête eft petite pour le corps 
de l'animal & fes yeux font noirs. Les pattes font fort 
longues , & les ailes débordent de près de moitié le corps 
de l'infeëte. Elles font blanches , tranfparentes , avec deux 

oints marginaux bruns, l’un fupérieur plus petit & rond, 
ae un peu inférieurement plus grand & oblong , du- 
quel part une petite raie ou nervure tranfverfe, qui coupe 
l'aile en faifant quelques angles. Ces deux points margi- 
naux font le caraïere fpécifique de cette tipule. 


DES INSECTES. $59 
10. TIPULA aks fufcis , corpore atro. Linn. faun. 


uec. #-.L1432e 
Linn. fjff. nat. edit. 10,p. $86, n. 12. Tipula nigra. 


La tipule noire à aïles brunes. 
ÆZongueur 3 lignes. Largeur + ligne. 

Elle eft toute noire , mais nullement brillante ni liffe. 
Ses ailes pareillement noirâtres, ont des veines noires &c 
un point marginal oblong peu marqué. J’ai trouvé cette 
efpéce au commencement du printems, dès la fin du 
mois de mars. 


#1 I LP U L A tora atra levis. 


La tipule toute noire. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur à ligne. 

Cette efpéce eft toute noire. Son corps eft lifle & un peu 
luifant. Ses pattes font affez longues & fes aïles font arron- 
dies , courtes & de couleur noirâtre. 


12. TIPUL A arra, abdomine utrinque Zimbo ferrugineo. 


La tipule noire à ventre borde de jaune. 
Eongueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Elle eft toute noire , à l'exception des bords de fon ven- 
tre ; qui de chaque côté font d’un jaune fauve. Ses aïles 
font noires & débordent le ventre d’un bon tiers par le bas. 
Ses pattes ne font pas fi longues à proportion que dans 
la plupart des efpéces précédentes. 


13. TIPU L A p/umbea , alis albis. 


La tipule de couleur plombee à afïles Blanches. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

Sa couleur eft d’un brun foncé & plombé , fans mélange 
d'aucune autre couleur. Ses aîles font claires & tranf- 
parentes fans point marginal. Ses pattes font fort longues 
& les ailes débordent le corps d’un quart, 


560 HISTOIRE ABRÉGÉE 


14. TIPULA favefcens ; punéo marginali alarum 


cinereo. 


La tipule jaune à point marginal de couleur cendree. 
Lonsueur 2 & lignes. Largeur + ligne. 

Ses yeux font noirs , le refte de fon corps eft d’un jaune 
pâle , un peu brun fur le deflus du ventre. Les pattes font 
très-longues & très-fines, Ses ailes blanches & veinées ont 
un point marginal de couleur cendrée ; un peu blanchâtre 
proche leur bord extérieur. On trouve cette efpéce dans 
les prés avec les précédentes. 


SECONDE -ŸAMILTE! 
Tipules culiciformes. 


15. TIPUL A as albo fufcogque teffellasis, corporé 
fufco. 

La tipule à aïles en damier. 

Longueur 2 3 lignes. Largeur ? ligne. 

Sa tête eft petite , ronde & noire. Ses antennes courtes 
& feuiement deux fois aufli longues que la tête , font 
pareillement noires. Tout fon corps eft d’un brun livide. 
Ses pattes font un peu plus claires , à l'exception des tarfes 
qui font noirâtres. Ses ailes que l’infeéte porte croifées fur 
lui, & qui débordent le corps de près de moitié, font joli- 
ment tachetées de brun. Ces taches fe trouvent pofées 
alternativement , ce qui forme avec le blanc de l’aîle une 
efpéce de damier ou d’échiquier. On trouve communé- 
ment cet infeéte dans les prés. 


16. TIPULA fufca, thorace virefcente ; alis pelluciais ; 
punélo nigro. 


Linn. faun. fuec. n. 1135. Tipula, thorace virefcente ; alis membranacei colos 
ris , punéto nigro. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p 587, n. 19. Tipula plumofa, 

Iter. æland. 40. 41 , 86, 160. 

Reaum, inf. tom. 4, tab. 14, fig. 12"Larva. 


Gocd, 


DES INSECTES. 6x 
Goed. belg. 3, p.35, f. X. 
Lift. Goed. 336, f. 140. 
La tipule à corcelet vert & point marginal noir fur les 
ailes. 
Longueur 3 lignes. Largeur ? ligne. 

Le corps de cette tipule eft brun, fon corcelet feule- 
ment eft un peu verdatre : fes yeux font noirs & les an- 
neaux de fon ventre ont chacun une bande plus pâle. Ses 
pattes font d’une couleur plus claire que le refte du corps ; 
celles de devant font beaucoup plus longues que les autres, 
Sous le corcelet , eft une boffe ou groffe appendice fituée 
entre la premiere & la feconde paire de pattes. Les aîles 
couchées fur le corps de l’infeéte font blanches & tranfpa- 
rentes , avec un point noir ou brun vers leur milieu proche 
leur bord extérieur , formé par la réunion des nervures. Le 
mâle a fes antennes en panaches touffues , ornées de quan- 
tité de petits poils , & de plus fa queue qui eft terminée 
par deux crochets , déborde fes ailes , & il la porte ordi- 
nairement relevée. La femelle a les antennes moins char- 
_gées de poils , & fa queue qui ne déborde pas les aîles 

Weft point relevée. 

La larve qui donne cet infette , eft longue , rouge , com- 
pofée de douze anneaux , avec une queue divifée en deux 
& comme fourchue. Elle a deux pattes proche la tète 
& deux autres avant la queue , fans crochets , mais feule- 
ment couronnées de poils , & outre cela , à l'avant-dernier 
anneau de fon corps , on voit quatre appendices filiformes 
plus loigues que les pattes. Cette larve fe trouve dans 
l’eau des étangs & des ruiffeaux , où elle forme dans la 
terre & dans la glaife de longs tuyaux , dans lefquels elle 
fe métamorphofe , & d’où fort la tipule , qui dans le 
moment de fa naiffance eft d'un beau vert, mais qui brunit 
enfuite. L'infeëte aîlé fe trouve partout , mais fur - tout 
dans les endroits aquatiques. 


17. T'IPU L A fufca , abdomine anterius viridi. Linn: 
faun. fuec. n, 1136. 


Tome II. Bbbb 


v> 


çs 62 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 587, n. 20. Tipula virefcens , alis immaculatis, pe- 
dibus anticis longiffimis: 


La tipule brune à ventre de couleur verte en-devans. 
Longueur 2 lignes, Largeur + ligne. 

Cette efpéce varie beaucoup pour la grandeur & Ia 
groffeur. Le ventre dans la plüpart eft cylindrique , long 
& mince comme un filet, du moins dans les mâles. Tout 
l'infeéte eft brun,à l'exception du ventre qui ef vert,encore 
les trois derniers anneaux & quelquefois les quatre der- 
niers font-ils bruns. Les ailes font tranfparentes fans ta- 
ches ni points & couchées fur le ventre. Les pattes font 
blanchôtres avec ‘un peu de noir aux articulations ; celles 
de devant font fines & très-longues. Les antennes font 
en plumet ou panache,du moins celles du mâle.On trouve 
cet infeête très-communément dans les bois fur les feuilles 
des arbres, & même il vient dans les maifons fur les 
vitres des fenêtres. 


18. TIPU LA pedibus anticis maximis antenniformibus 

motatoribus , annulo albo. Linn. faun. fuec. n. 1137. 
Linn. fyff. nat. edit. to, p. 587, n. 21. Tipula motatrix. 

Frifch. germ. 11, p. 7 , t. 13. Culex luteo-viridis , pedibus antenniformibus. 

La tipule à pattes en forme d'antennes , ornées d'un anneau 
blanc. 

Longueur 1 ligne. Largeur 3 ligne. 

La couleur de cette tipule varie : les unes font d’un vert 
clair, les autres d’une couleur rouge pâle comme cou- 
leur de chair , avec différentes taches noires. Le deflus de 
fon corcelet a trois bandes noires longitudinales , dont les 
deux latérales font plus longues que celle du milieu. Les 

attes font noires, mais une partie du milieu des jambes 
eft blanche & forme une efpéce d’anneau long. Les pat- 
tes de devant font fort longues, & lorfque l’infeéte eft po- 
fé , il les tient en l’air & Îes agite comme des antennes. 
Les antennes beaucoup plus courtes que ces pattes , for- 


DES INSECTES. 563 
ment un plumet orné de beaucoup de poils, du moins 
dans les mâles. On trouve cette tipule dans les bois & 
les prés , & fa larve vient dans l’eay. Sa grandeur varie 
beaucoup. 


10 TP U E A pedibus anticis maxemes antenniformibus 
motatoribus immaculatis. 


a. Corpore viridi. 
b. Corpore fufco, abdomine annulis pallidis oo. 


Reaum. inf, tom. 3 , tab. 14, f. 11 — 14. 


La tipule à pattes en forme d'antennes fans anneaux. 
Longueur 2 lignes. Largeur + ligne. 

Nous avons deux variétés de cette efpéce , qui pour- 
roient même faire deux efpéces différentes , fi leur gran- 
deur permettoit d’appercevoir diftinétement toutes leurs 
différences. 

La premiere a le corps tout vert & les yeux noirs : 
fur fon corcelet il y a crois bandes longitudinales d’un 
jaune rougeitre ; elle approche beaucoup de l’efpéce pré- 
cédente. 

La feconde un peu plus grande que l’autre , eft toute 
brune , avec huit anneaux ou bandes tranfverfes pâles 
fur le ventre, & trois bandes longitudinales noirâtres 
fur le corcelet. Ses pattes font plus pales que fon 
corps. 

Toutes deux ont les pattes de devant très-longues , & 
lorfqu’elles font pofées , elles les tiennent en l'air & les 
agitent comme des efpéces d'antennes. Toutes deux ont 
un petit point noir fur le milieu de Faile , près le bord 
extérieur , formé par la jonétion de deux nervures, com- 
me dans l’avant-derniere efpéce. Enfin dans toutes les 
deux , les antennes des mâles forment de beaux plumets. 
On les trouve avec lefpéce précédente. 

La larve de la derniere des deuxeft rouge, & fe rencontre 


dans l’eau. Elle habite dans une efpéce de coque brune faite 
| Bbbbij 


564 HISTOIRE ABRÉGÉE 
de foie , au moins pour la plus grande partie. Cette coque 
a la figure d’un fufeau renflé dans fon milieu. 


20. TIPULA pedibus albis annulis nigris, alis albis 
cinereo maculatis. 


Linn. faun. fuec. n. 1139. Tipula pedibus albis, annulis novem nigricantibus 
alis albo cinereoque maculatis, 


Linn. [yff. nat. edit. 10 ,p. 587, n. 14. Tipula monilis, 


La tipule à pattes d'arlequin. 
Longueur 1 ? ligne. Largeur X ligne. 

Sa couleur eft noire , mais fes pattes font blanches avec 
des anneaux noirs qui les entrecoupent très-Joliment. Ces 
anneaux font aux articulations & au milieu de chaque 
partie des pattes, comme de la cuifle , de la jambe, &c. 
ce qui fait aifément reconnoitre cette efpéce. Les aîles 
font blanches avec un point marginal noir, & des taches 
cendrées aflez grandes. On trouve cette tipule dans les 
prés & fur les fenêtres des maifons. 


21. TIPULA siridis , als albis immaculatis. Linn. 
faun. fuec. n. 1140. 

La tipule verte à aîles blanches fans taches ni points. 

Longueur 1 À ligne. Largeur + ligne. 

Ses yeux font noirs. La couleur de fon corps eft d’un 
vert jaunâtre , & le ventre eft d’un très-beau vert, ainfi 
que les pattes qui font fort longues , fur-tout celles de 
devant. Les aïles font blanches , fans taches ni points, & 
Y’animal les tient couchées fur fon ventre. Les articula- 


tions des pattes font noirâtres & les antennes du mâle 
forment de beaux plumets. 


Les femelles font différentes : elles font plus courtes 
des deux tiers, plus ramaffées , & d’une couleur jaunâtre. 
Les antennes font courtes , & ne font prefque pas char- 
gées de poils. 

Cette petite tipule eft commune par-tout. 


22. TIPULA siridis, alarum fafcia tranfverfa fufca. 


DES INSECTES. 56$ 


La tipule verte à bande tranfverfe fur les afles. 
Longueur 1 3 ligne. Largeur = ligne. 

Son corcelet & fes pattes font d’un vert jaunâtre , & 
fon ventre eft d’un vert plus clair. Il eft plus gros, plus 
court, & moins en filet que dans les efpéces précéden- 
tes. Les ailes plus longues que le ventre, font chargées 
vers leur milieu d’une bande tranfverfe un peu brune & 
affez large , ce qui fait aifément reconnoitre cette efpéce. 
Les antennes forment fur la tête des mâles, de très-beaux 
plumets. 


23. TIPULA fu/Ca; alis albidis , punto quadruplici 
fufco. 

Reaum. inf. tom. $, tab. $, fig. omnes. 

La tipule brune à quatre points bruns fur les aîles. 

Longueur 1 ? ligne. Largeur + ligne. 

Le mâle de cette efpéce eft tout brun ; fon corcelet eft 
gros & fon ventre allongé en filet. Ses pattes feules font 
plus pâles & leurs articulations font brunes. Ses anten- 
nes forment des plumets touffus. 

La femelle, plus courte & plus groffe , n’a que deux 
tiers de ligne de long : elle eft d’une couleur plus claire; 
fon corcelet feulement eft chargé de trois raies Jongitu- 
dinales brunes, & les jointures des pattes font d’un brun 
foncé. Ses antennes font courtes & très-peu velues. 

._ Les deux fexes ont les aîles blanches avec quatre points 

bruns fur chaque aîle , quoique la figure de M. de Reau- 
mur n’en marque que trois. Un de ces points eft en haut, 
un autre en bas , & il y en a fur la même ligne au milieu, 
deux autres de forme quarrée , dont l’un eft proche le 
bord intérieur , l’autre près le bord extérieur de l’aîle. 
Cette Jolie tipule fe trouve fouvent aux vitres des fe- 
nêtres. 

Sa larve vient dans l’eau : elle eft rouge & reffemble 
à un ver qui a en-devant deux efpéces de bras, & pof- 


s66 HISTOIRE ABRÉGÉE 
térieurement quatre cordons , dont deux partent du der- 
nier anneau & deux de l’avant-dernier. Cette conforma- 
tion finguliére a fait nommer ces larves par M. de Reau- 
mur, vers polypes. 


24 TIPULA fufta , als albis fufco reticulatis. 
Planch. 19, fig. 2. 


La tipule à aïles rericulees. 
Longueur x + ligne. 

Sa couleur eft brune par-tout , mais les mâles ont quel- 
ques taches pâles fur le corcelet, & les bords des anneaux 
de leur ventre font d’une couleur un peu plus claire, ce 
que n’ont point les femelles qui font par-tout du même 
brun. Celles-ci font plus courtes & plus groffes que les 
mâles , & elles ont leurs antennes en filets, tandis que 
les mâles les ont en plumets. Dans les deux fexes les aïles 
font reticulées de brun, & ce refeau brun étant large, le 
blanc du fond de l'aile forme des efpéces de taches blan- 
ches ifolées. La couleur brune des ailes eft plus foncée 
dans les femelles que dans les mâles. 

La larve de cet infeéte vient dans l’eau. Elle eff grife ; 
mince ; longue de près de trois lignes , & on voit à fa 
queue quatre aigrettes de poils, dont deux aux côtés qui 
partent du corps même , & deux tout au bout, portées 
fur des pédicules. Sa nymphe court auffi affez vivement 
dans l’eau. Elle reflemble à celle du coufin, ayant com- 
me elle, vers le derriere de la tête , deux petits cornets 
qu'elle applique fouvent à la furface de l’eau , pour pom- 
per l’air. Elle eft compofée de neuf anneaux , & fa queue 
fe termine par une efpéce de nageoïre barbue & velue. 


2$. TIPULA fufca, alis albis immaculatis. 


La tipule Brune à aïles blanches. 
Lôngueur 1 5 ligne. Largeur à ligne. 


Elle eft toute brune & allongée. Ses pattes de devant 


DES INSECTES. 567 
font fort longues. Ses antennes forment de beaux plu- 
mets , & fes ailes font blanches fans aucune tache. 


26. TIPULA arra, alis niveis. 


La tipule noire à aïles blanches. 
Longueur 1 ligne. Largeur + ligne. 


Le mâle de cette petite efpéce, eft allongé comme Îles 
précédens , avec le ventre mince & en filet. Sa couleur 
eft par-tout d’un noir matte. Ses antennes forment de 
beaux plumets. Ses ailes font d’un blanc laïteux, qui fe 
fait d'autant plus remarquer , que fon corps eft fort 
noir. + 

La f:melle eft très-différente , & il faut les avoir vûs 
accouplés enfemble , pour n’en pas faire une autre efpé- 
ce. Elle eft courte, grofle , de couleur jaune avec les 
yeux noirs. On trouve cette tipule par-tout dans les bof- 
quets des jardins. 


27. TIPULA /uteo fufcoque variegata , pedibus nigriss 
abris albis. 

La tipule à pattes noires & jambes blanches. 

Longueur 1 à ligne. Largeur + ligne. 

Cette efpéce eft une des plus jolies que nous ayons. 
Sa tête eft jaune avec un peu de brun en-deflus, & fes 
yeux font noirs. Son corcelet a en-deffus quatre taches 
brunes, une en devant , une en arriere & une fur chaque 
côté ; toutes les quatre font affez grandes & ne laiffent 
entr'elles qu'un médiocre intervalle jaune. Le deffous du 
corcelet eft jaune. Le ventre a alternativement des ban- 
des jaunes & brunes , mais qui ne font pas à égale diftan- 
ce. Les pattes font noires , mais les jambes , du moins 
dans leur milieu, font d’un beau blanc. Les aîles n’ont 
point de taches, & les antennes du mâle forment des 
plumets. 


On trouve communément cette tipule dans les jardins 
& les bois. 


s 68 HISTOIRE ABRÉGÉE 
28. TIPUL A arro-fufca, als nigris , abdomine conico 


ACUÉO® 


La tipule noire à aïles noires. 


2 


Longueur 1 + ligne. Largeur + ligne. 

Cette efpéce eft d’un noir brun & matte. Ses aïîles font 
auffi noirâtres. Elle eft aflez grande. Ses antennes font 
filiformes , nullement barbues & approchent de celles 
du bibion , mais elles font toutes d'une venue, & trois 
fois plus longues que la tête. Cet infeële a le ventre gros, 
conique, terminé en pointe. À Ja premiere vüe, il reffem- 
ble à une mouche. On le trouve dans les endroits humi- 
des des maifons & dans les Jardins proche les murs hu- 
mides ; expofés au nord. Le mâle eft moitié plus petit 
que fa femelle. 


B'1 BI O. Tpule fpec.linn: 
L'EWB. I.B 1-0 N. 


Antennæ taxiformes per- Antennes enif, perfoliées, 
Joliatæ ; capite vix lon- prefqu'aufli courtes que la 


gtores. tête. 
Os tentaculis incurvis articu Bouche accompagnée de bar- 
latis. billons recourbés & articulés. 
Ocelli tres. Trois petits yeux liffes. 


Le bibion eft appeilé dans quelques Ouvrages , 2 mou 
che de Saint Marc ; probablement parce que l’on apper- 
çoit quelquefois de très-bonne heure au printems , vers 
le tems de la fête de Saint Marc, quelques efpéces de 
ce genre qui font fort häâtives. Ce genre avoit été con- 
fondu jufqu'à préfent avec celui des tipules, auquelil 
reffemble à la vérité pour la conformation de fa bouche 
qui eft accompagnée de longs barbillons recourbés & com- 
pofés de plufieurs piéces articulées enfemble , précifé- 
ment comme dans les tipules , dont il différe beaucoup 
par la forme de fes antennes, Ces dernieres, dans les 

bibions, 


DES INSECTES. s69 
bibions font très-courtes, fouvent à peine auffi longues 
que la tête, & de plus elles font compofées d’anneaux 
courts, grenus ; enfilés les uns dans les autres, &. repré 
fentant en quelque façon ces anciens ifs découpés par ar- 
ticles , dont on ornoit autrefois les Jardins. Outre ce ca- 
raétere qui éloigne ce genre de celui des tipules, les bi- 
bions ont encore un port tout-à-fait différent de celui 
de ces infeétes : ils font plus gros , moins éfilés, leurs at- 
les font larges , courtes & aflez femblables à celles des 
mouches. 

C’eft dans les bouzes de vaches &:dans la fange , qu’on 
rencontre les larves de ces infectes. Ces larves , différen- 
tes de celles de la plüpart des infeétes de cette fe&ion, 
reffemblent à des efpéces de vers allongés. Elles ont une 
petite tête écailleufe , & leur corps compofé d’anneaux eft 
hériflé de quelques poils, ce qui leur donne l'air de peti- 
tes chenilles. Auffi les ai-je pris d’abord pour les chenilles 
de quelque phalène. Les figmates de ces larves font auffi 
femblables à ceux des chenilles ; ils font fimples , pofés 
fur les côtés des anneaux, peu apparens, & ces infettes 
n’ont point les deux grands ftigmates poftérieurs qu'on 
remarque dans les larves des mouches & des tipules. Je 
ne fais fi ces larves en grofliffant, changent plufieuts fois 
de peau , comme les chenilles & beaucoup d’autres. Mais 
lorfqu’elles veulent fe métamorphofer , elles la quittent 
entiérement , & l’on voit pour lors la nymphe qui eft 
molle & dans laquelle on reconnoït aflez bien plufieurs 
des parties qui doivent compofer le corps de l'infeéte 
parfait. 

Lorfque cet infeéte eft forti de fon état de nymphe;,on 
le voit voltiger dans les jardins & fouvent dans les mai- 
fons. Son vol eft lourd & il eft très-aifé à prendre. Par- 
mi les efpéces de ce genre, il y en a quelques-unes qui 
offrent des particularités remarquables. Le Bibion rouge 
de faint Marc eft fingulier en ce que le mâle ne refflemble 

oint du tout à fa femelle. Celle-ci a le corcelet rouge &c 

Tome II. Cccc 


#70 HISTOIRE ABRÉGÉE 

le ventre jaunûtre, elle eft groffe , large & life, tandis 
que le mâle eft plus éfilé , tout noir & velu. Je ne me 
ferois jamais imaginé que ces deux individus ne différaf- 
fent que par le fexe.fi Je ne les avois trouvés très-fréquem- 
ment accouplés enfemble. Les deux bibions à ailes fran- 
gées font très-Jolis & méritent d'être examinés de près, 
pour découvrir la finefle & la délicateffe de leurs parties, 
que leur petitefle ne permet pas d’abord d’appercevoir.Ces 
petits infeétes courts & ramaflés,ont de très-Jolies antennes 
& leurs ailes paroïffent déméfurément grandes & larges 
pour le petit volume de leur corps. Ces ailes vües de 
près; font également bordées d’une belle & grande frange 
de poils qui eft admirable. ù 


1. BIBIO arro-fufcus, pedibus lividis , alarum punéle 


marginalr fu Co. 


Le bibion noir à pattes jaunätres & point marginal. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 ligne, 


Sa couleur eft d’un noir brun matte & nullement bril- 
lant : l’infette eft très-peu velu. Ses pattes font d’une cou- 
leur jaune livide. Ses cuiffes, fur-tout les antérieures, font 
grofes. Les aïles un peu brunes, font chargées d’un point 
marginal noirâtre. Ses antennes font de la moitié de la 
longueur de fa tête. Il y a quelques différences entre le 
mâle & la femelle. Celle-ci eft prefque brune en-deffous, 
au lieu que le mâle eft tout noir: le mâle a les cuifles noi- 
res & le refte des pattes plus foncé pour la couleur , que 
dans la femelle qui a toutes les pattes & même les cuiffes 
d’un jaune livide plus clair. 


2. BIBIO acer hirfutus , alis albis margine exteriore 
21970. 


Linn. faun. fuec. n. 1145. Tipula atra oblonga hirta, alis nigricantibus. 

Linn. [yfk nat. edit. 10 ,p. 588 , n. 29. Tipula febrilis. ; 

AîT, if. 1736, p.33» n. 6. Mufca oblonga atra hirfüta , alis fufcis incum- 
bentibus , pedibus nigris. 

Petiv. gazoph. 22 , 1, 14 , f. 4. Mufca oblonga noftras nigra, 


DES INSECTES, $71 


Goed. belg. 1,p. 311.6. 
Lifl. Goed. 160 , t, 108. 
Reaum. inf, tom. $ ,tab. 8, fig. 1,233. 


Le bibion de faint Marc , noir. 
. Longueur 4 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ce bibion eft aflez long, tout noir & un peu velouté, 
Il porte , comme le fuivant , fes ailes croifées fur fon 
corps. Elles font blanches , tranfparentes , & leur bord 
extérieur eft plus épais & noir. Le mâle & la femelle font 
de même couleur, feulement la femelle a le ventre plus 
gros & plus court. Ce bibion s’envole difficilement , & 
fe laifle aifément prendre. On le trouve communément 
au commencement de l'été fur les arbres. 


3. BIBIO afs albis margine exteriore nigro , thorace 
abdomineque rubris. Planch. 19, fig. 3. 

Linn. faun. fuec. n. 1147. Tipula alis albis , margine exteriore nigris , thorace 
abdomineque rubro. 

Linn. (}ft. nat, edit. 10, p. 588,n. 31. Tipula hortulana. : 

AG. Upf. 1736, p. 33, n. 62. Mufca corpore rubro , capite pedibufque nigris; 
alis albidis margine exteriore nigro cum pun&o. 

Reaum. inf. tom. $ , tab. 4, fig. 7, 8,9, 10. Mouches de faint Marc. 


Le bibion de faint Marc, rouge. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Sa tête, fes pattes & fes antennes font noires. La tête 
eft fort petite & les antennes font encore plus courtes 
que la tête. Le corcelet eft rouge & life, & le ventre eft 
plus jaunâtre. A la jonétion du ventre & du corceler, il y 
a un peu de noir. Les aïles font d’un tranfparent un peu 
brun, & ont leur bord extérieur épais & noir. Celles que 
nous venons de décrire font les femelles. à 

Leurs mâles font tout noirs & tout-à-fait femblables 
aux bibions de l’efpéce précédente ; fice n’eft qu'ils font 
plus petits & qu’ils ont les cuiffes de devant plus groffes. 
Sans cela on les regarderoit comme une fimple variété 
plus petite de l’efpéce ci-deffus ; mais l’accouplement 
fait voir qu'on ne doit pas les confondre , quoiqu'’ils leur 

GCecc 


s72 HISTOIRE ABRÉGÉE 
refflemblent beaucoup & qu’ils différent confidérablement 
de leurs femelles. 


Les larves de ces bibions fe trouvent dans les bouzes 
de vache. 


4 BIBIO as deflexis cinereis | ovato-lanceolatis ; 
ciliatis, ièmmaculatis. 


Linn. faun. fuec. n. 1148. Tipula alis deflexis cinereis ovato-lanceolatis ciliatis, 
Linn. fÿfl. nat. edit. 10 , p. 588 , n. 31. Tipula phalænoides, 

AS. Upf. 1736, p. 31, n. 13. Culex alis depreflis margine villofis. 

Frifch. germ. 11, p.6,;t. 11. Culex parvus cinereus , alis pendulis. 
Leuwenhoec. epift. 1692, jun. 24, p.473, f. 2: 3. 


Le bibion à afles frangées & fans taches. 
Longueur ? ligne. Largeur = ligne. 

Sa couleur eft noirâtre ; fes aîles font de couleur un 
peu cendrée , firiées de veines longitudinales , plus lon- 
gues du double que le corps de l’infeéte , en forme de 
fer de pique & frangées finement par tous leurs bords. 
L'animal les porte pofées latéralement un peu en toit, 
à peu près comme les phalènes. Les antennes un peu 
plus longues que la tête, font compofées de onze articles 
demi-circulaires, enfilés comme des grains de chapelet 
par un petit fil très-mince. 

On trouve très-communément ce petit bibion dans les 


endroits humides , renfermés , & le long des murs des 
latrines. 


$s BIBIO a%s deflexis cinereis , ovato- lanceolatis 
ciliatis | nebulofo-maculatis. 


Le bibion à aïles frangées & couvertes de taches nébu- 
leufes. 
Longueur 1 ligne. Largeur à ligne. 


Il refflemble tout-à fait au précédent pour la forme & 
les couleurs ;, il eft feulement un peu plus grand , & fes 
ailes frangées à leur bord, ont des taches tranfverfes , né- 
buleufes ; noirâtres. Ces taches des aîles paroiflent for- 


DES INSECTES. s 73 
mées de petits poils, ou de petites écailles à peu près 
comme celles des papillons , car elles s’en vont aifément 
en frottant l’aîle. On trouve cet infeéte fur les arbres 
dans les bois touffus & couverts. 


C'U:L EX; 
LE) GONU:SITUN 


Antennæ pedlinatæ(mari- Antennes pedtinées ( en 
Bus plumofæ.) panache dans les males. ) 
Os fiphone filiformi. Bouche formée par un tuyau 
mince & filiforme. 
Ocelli nulli. Point de petits yeux lifles. 


Le genre des coufins eft très-aifé à reconnoitre par le 
concours des deux caracteres que nous donnons. De tous 
ceux de cette fe@ion , il n’y a que le genre des tipules 
qui ait les antennes pedtinées , mais leur bouche ef très- 
différente de celle des coufins qui ont une trompe mince 
& très-éfilée. Auffi les coufins font:ils affez généralement 
connus ; ils ne font confondus qu'avec les petites tipules 
culiciformes qui leur reffemblent pour le port & la figure 
extérieure. Tout Naturalifte évitera aifément cette erreur, 
en examinant avec un peu de foin la bouche des uns & 
des autres. 

Il y a peu de genres qui ayent été examinés avec au- 
tant d'attention , & dont on ait décrit les manœuvres avec 
autant d’exattitude que celui des coufins. Swammerdam, 
M. de Reaumur & plufieurs autres auteurs fe font plüs à 
décrire dans le plus grand détail, toutes les métamorpho- 
fes du coufin, qui font très-finguliéres ; ils ont donné fon 
hiftoire fort au long , & l’ont accompagnée de figures , la 
plûpart très-exaétes. Nous nous bornerons donc à don- 
ner le précis de l’hifloire d'un genre qui eft déja fort 
connu. 

La larve du coufin fe trouve dans l’eau & fur-tout dans 


s 74 HISTOIRE ABRÉGÉE 

les eaux dormantes & tranquilles. Les réfervoirs , les 
baquets que l’on tient dans les Jardins , en font ordinai- 
rement remplis. Cette larve eft compofée de neuf anneaux 
en tout , fans compter fa tête. A la tête, on remarque deux 
yeux, deux machoires aigues & plufieurs aïgrettes de 
poils. Le premier anneau qui fuit la tête ; eft beaucoup 
plus gros que les autres. Ceux qui fuivent, font plus petits 
& vont toujours en diminuant de groffeur Jufqu’au der- 
nier. De ce dernier anneau , part un tuyau long , évafé & 
frangé par le bout. C’eft une efpéce de ftigmate , un tuyau 
par lequel cet infeëte refpire & pompe l'air. Pour cet 
ufage , l'infette s'éleve vers la furface de l’eau, & y appli- 
que le bout frangé de fon tuyau qui a une libre commu- 
nication avec l'air extérieur , tandis que le refte de fon 
corps eft plongé dans l'eau la tête en bas. On voit très- 
fouvent linfette tranquille dans cette pofture, & fi on 
l'examine fans agiter l’eau , on apperçoit de tems en 
tems fes excrémens fortir de Pouverture de lanus qui 
eft au dernier anneau du côté oppofé au tuyau. Dès qu’on 
agite l’eau, cette petite larve fe précipite au fond en fai- 
fant des zig-zags & nageant avec la plus grande agilité. 
Cette larve fe nourrit de monocles & autres petits infec- 
tes aquatiques. 

Lorfqu’après avoir changé plufeurs fois de peau, elle 
eit parvenue à fa groffeur , qui ne va qu’à deux ou‘trois 
lignes de long tout au plus, elle fe change en nymphe. 
Pour cet effet, elle fe dépouille entiérement de fa peau, 
qui fe fend d'abord à l’endroit du plus gros anneau dont 
nous avons parlé , & dans ce dépouillement , elle perd 
fon tuyau poñtérieur , par lequel elle refpiroit. Mais au 
lieu de ce tuyau , la nymphe qui fort de la larve, en 
acquiert deux autres placés à fa partie antérieure. 

Cette nymphe eft des plus fingulieres. Sa partie anté- 
rieure qui eft beaucoup plus grofle que le refte de fon 
corps, eft tellement recourbée, que fa tête femble rentrer 
en-devant dans la poitrine , & que c’eft le dos du corcelet 


DES INSECTES. s7s 
qui fe trouve faire la partie la plus élevée du corps. Qu'on 
imagine un homme qui auroit la tête , le col & le haut 
des épaules courbés en-devant, de façon que fon vifage 
füt collé contre fa poitrine , & que fes épaules fiffent le 
haut de fon corps : telle eft à peu près la figure de la nym- 
phe du coufin. Du dos du corcelet qui fait le haut de fon 
corps , partent deux ftigmates allongés , deux tuyaux ref- 
piratoires évafés par leur ouverture , comme des efpéces 
de cornets. Le refte de fon corps eft compofé d’anneaux 
qui vont en diminuant vers le bout & dont le dernier fe 
termine en une efpéce de queue applatie qui fert à la 
nymphe à nager & à courir dans l’eau. Cette nymphe 
eft aufli agile que fa larve ; elle a aufli également befoin 
de refpirer l'air extérieur. Aufñli elle s’éleve fouvent en 
haut & elle approche de la furface de l’eau fes deux cor- 
nets aériens ; par lefquels, dans cet état, elle paroît com- 
me fufpendue , reftant tranquille & immobile. Dès qu’elle 
fent le moindre mouvement dans l’eau , elle fe précipite 
au fond par le moyen des anneaux de fon ventre, & fur- 
tout de la nageoire de fa queue. On voit, quoiqu'un 
peu confufément , dans cette nymphe , les antennes , les 
pattes , en un mot toutes les parties de l’infede par- 
fait qui en doit fortir. Tant qu’elle refte en cet état, elle 
ne prend point de nourriture, & elle n’en a pas befoin 
quoiqu'elle fe donne beaucoup de mouvement. 

Au bout de huit ou dix jours,on voit fortir l’infeéte par- 
fait de fa nymphe. Pour opérer ce changement , la nym- 
phe fe tient à la furface de l’eau. Pour lors fa peau s’ou- 
vre dans fa partie fupérieure entre les deux tuyaux ref- 
piratoires du corcelet. Alors le coufin commence à déga- 
ger par cette ouverture fa tête & fon corcelet, enfuite fes 
pattes de devant , à l’aide defquelles il tire le refte de 
fon corps , s'appuyant fur fa dépouille qui lui fert comme 
de batteau pour le foutenir fur l’eau. Dès quil ef tout-à- 
fait forti , il déploye fes ailes avec lefquelles il s’éloigne 
de l’eau qui lui devient aufli nuifible qu'elle lui étoit né- 


576 HISTOIRE ABRÉGÉE 

ceffaire auparavant. Il arrive même fouvent que des cou- 
fins à moitié fortis de leur dépouille de nymphe, font 
renverfés parle vent ou le mouvement de l'eau, & qu'ils 
périflent ainfi noyés, fans avoir pû fe dégager tout-à-fait 
de leur enveloppe. 

L’infette parfait, le œufin forti de fa coque fe retire 
ordinairement dans les bois humides , toujours auprès des 
eaux où il doit aller dépofer fes œufs. Sa tête eft petite. 
On y remarque les yeux , les antennes & la trompe. Ses 
yeux font affez grands & à refeau; mais cet infeéte n'a 
que ces deux yeux; on n'apperçoit point fur le derriere 
de fa tête ces petits yeux lifles que nous avons remarqués 
dans beaucoup d'infeétes, & qui fe trouvent dans pref- 
que tous ceux de cette feétion. Ses antennes font aflez 
longues : celles de la femelle font compofées de plufieurs 
articlés qui fe diftinguent & dont chacun donne naiffan- 
ce à quatre poils , deux de chaque côté, ce qui leur don- 
ne la figure d'un peigne double. Celles des mâles font 
bien plus barbues: les filets des côtés font plus longs & 

lus nombreux , enforte qne leurs antennes forment une 
efpéce de plumet ou panache très-belle. La trompe qui 
part du devant de la tête, eft fort longue , elle égale les 
deux tiers de la longueur du corps. Cette trompe eft com- 
pofée de plufeurs piéces aigues, fermes & très-fines ; 
renfermées dans un étui qui paroît lui-même affez délié. 
Outre cet étui, on voit encore aux côtés de la trompe, 
deux efpéces de demi-fourreaux,qui fe joignant enfemble, 
enveloppent la trompe & fon étui. Ces demi-fourreaux , 
dans les femelles, font fimples , & ne recouvrent guères 
que la moitié de Îa trompe ; mais dans les mâles ils 
égalent où même furpañfent la longueur de la trompe , 
& fe terminent au bout par de belles panaches ou houp- 
pes de poils, qui accompagnent la trompe à droite & à 
gauche. Lorfque l’infeéte veut piquer & fe fervir de fa 
tompe , il infere affez profondément les petites piéces 
contenues dans létui, jufqu’à ce qu'il foit parvenu à un 

vaideau 


DES INSECTES. 577 
vaiffeau fanguin. L’étui qui eft flexible, fe recourbe pour 
lors à mefure que les piéces de la trompe s’enfoncent & 
il ne pénétre pas avec elles dans la peau. L'ouverture 
faite , linfecte attire le fang qui monte de lui-même entre 
les aiguillons de la trompe , à peu près par le même mé- 
chanifme qui fait monter les liqueurs dans les tuyaux 
capillaires. 

Le corcelet du coufin eft gros pour cet infeéte. Il eft 
arrondi en-deflus & comme boflu Sa couleur eft brune, 
avec quelques bandes longitudinales plus foncées. Des 
deux cotés du corcelet , vers le bas , tirent leur origine 
les aïles de l'infeéte , & fous l’attache des aïles on voit 
les petits balanciers qui font 1rès-marqués & fort appa- 
rens dans le coufin, où ils font à nud & nullement re- 
couverts d’ailerons, comme dans plufieurs autres infeétes 
à deux ailes. Les ailes du coufin , au nombre de deux, 
font oblongues , claires & tranfparentes , avec plufieurs 
nervures. S1 on les regarde à la loupe , on voit que les 
nervures & les bords des ailes font garnis de plufieurs 
petites écailles fembiables en petit, à celles dont font 
couvertes les aïles des phalênes & des papillons. Enfin 
au deffous du corcelet, on apperçoit l'origine des fix pat- 
tes de cet infecte. Ces pattes prennent naiflance d’efpéces 
de tubercules aflez gros , qui font à la partie inférieure du 
corcelet. Elles font longues & déliées , fur-tout celles de 
derriere , & leur derniere partie qui forme le pied ou le 
tarfe de linfeëte, eft compofée de cinq piéces ou arti- 
culations. 

Le ventre eft la derniere partie du corps du coufin. 
Il eft long , étroit , prefque cylindrique & compofé de 
huit anneaux. Sa coujieur eft grife & on remarque feule- 
ment fur chaque anneau une bande tranfverfe plus 
brune. 

On trouve le foir les coufins en quantité, fruvent beau- 
coup trop grande, dans les bois & au bord des ruiffeaux. 
C'eit-là qu'ils s’accouplent. Lorfque la femelle , après 


Tome II. Dadd 


s78 HISTOIRE ABRÉGÉE 

avoir été fécondée , veut dépofer fes œufs, elle va re- 
trouver l'eau d’où elle eft fortie ; elle y fait fa ponte. Ses 
œufs femblables à un œuf très-allongé, imitent une peti- 
te quille , & l’infeéte en pond toujours un grand nombre 
à la fois, qui font attachés les uns contre les autres, & 
forment ainfi un petit grouppe qui nage fur la furface de 
l’eau. Cet amas d'œufs a ordinairement la figure d’un petit 
bateau. Les œufs qui le compofent, touchent la furface de 
l’eau par une de leurs pointes , & fe foutiennent l’un 
l’autre dans cette pofition droite. Il paroït d’abord fort 
difficile de concevoir comment Pinfecte , en dépofant 
fes œufs fur l'eau, les peut faire tenir dans cette direction. 
L'’obfervation feule nous apprend linduftrie dont fe fert 
pour cela le coufin. Cet infeëte , en battant des ailes, fe 
foutient fur la furface de l’eau, fur laquelle font pofées fes 
pattes poftérieures plus longues que les autres. Ces der- 
nieres pattes, ainfi appliquées fur l’eau, font en même 
tems un peu croifées l'une fur l’autre. Dans cette pofi- 
tion, l’infecte dépofe le premier œuf, qu’il foutient à 
laide de fes pattes de derriere dans une direétion vertica- 
le. Cela fait, il en dépofe un fecond qui fe colle au pre- 
mier par une efpéce de glu qui lenduit, & qu'il foutient 
pareillement entre fes jambes croifées. Il continue pour 
les autres la même manœuvre, qui devient plus aifée, 
lorfqu’un certain nombre d'œufs collés enfemble , forme 
une furface d’une certaine étendue qui peut fe foutenir 
d'elle-même fur l'eau. Enfin , lorfque le coufin a dépofé 
tout le grouppe d'œufs, qui forme , comme nous l'avons 
dit, une efpéce de petit bateau pointu par les deux 
bouts & terminé à chaque extrémité par un feul œuf, il 
Pabandonne à lui-même & le laifle flotter fur la furface 
de l’eau. On trouve dans l'été une quantité confidéra- 
ble de ces petits grouppes d'œufs de coulins, flottans 
fur les eaux dormantes. Plufieurs deviennent la pâture 
des poiflons ou de différens infeétes , les autres donnent 
des petites larves de coufins, qui éclofent au bout de 


DES INSECTES. $79 
quelques jours. Ces larves fortent de leurs œufs par la 
partie inférieure qui touche l’eau , & dès qu'elles font 
éclofes , elles fe mettent à nager & à chercher leur 
nourriture. 

Telles font les différentes métamorphofes du coufin 
ordinaire. Outre cette efpéce, nous en donnons encore 
une autre toute femblable , mais beaucoup plus petite, 
dont les ailes font panachées de points & de bandes noi- 
res. Quoique Je ne connoille pas fa larve , Panalogie fait 
penfer que les manœuvres que cette efpéce employe, 
ne doivent pas beaucoup différer de celles du coufin 
commun. 


1. CULEX cirereus , abdomine annulis fufcis olo. 
Linn. faun. fuec. n. 1116. Planch. 19 fig. 4. 

Linn. [yf. nat. edir. 1o , p. 602 , n. 1. Culex pipiens, 

Aë&. Upf. 1736 , p. 31, n. 10. Culex vulgaris. 

Flor. lappon. 363. Culex vulgaris. 

Reaum. inf. tom. 4, tab. 43, f. omnes , & 44, f. omnes. 

Siwammerd. in-40. 95 — 99, tab. 2, 3. Culex. 

Swammerd. bibl. nat. t. 31 ,f. 4, € fuivant, tab. 32: 

Blanck. belg. 171,1. 15, fig. A. B, C. D. Culex. 


Le coufin commun. 
Longueur : lignes. Largeur à ligne. 


Nous avons donné dans le difcours qui eft à la tête de 
ce genre, la defcription de ce petit animal & de fes 
différentes métamorphofes. Si on eft curieux de con- 
noitre cet infeëte encore plus particuliérement, on peut 
confulter Swammerdam , M. de Reaumur & quelques 
autres Naturaliftes qui ont donné fon hiftoire dans le 


plus grand détail. 


2. CULEX a%s maculis tribus obfcuris , antennis 
apice bifurcis. 

Linn. faun. fuec. n. 1117. Culex alis aqueis, maculis tribus obfcuris. 

Linn. fjft. nat. edit. 10 , p.603 , n. 3. Culex pulicularis, 

Flor. laopon. 365. Culex lapponicus minimus. 

Aët, Upf. 1736,p. 31, n. 12. Culex lapponicus minimus. 


Ddddij 


530 HISTOIRE ABRÉGÉE 
Derrham. phifico-theol. l. 4, c.11,n.20, f.s ,6, 7. Culex minimus nigri- 
cans maculatus. 


Le coufin à trois taches [ur les aïles. 
Longueur + ligne. Largeur > ligne. 

Ce très-petit coufin eft mince, allongé & de couleur 
brune. Ses antennes , velues comme celles des coufins 
communs, font fourchues par le bout. Ses aïîles font 
blanches, chargées de trois points bruns le long du bord 
extérieur , defquels partent autant de bandes tranfverfes 
moins brunes. L'infeéte tient fes aîles couchées fur fon 
corps & un peu croifées l’une fur l'autre , enforte que 
les bandes des deux ailes fe joignent & fe confondent. 
On trouve ce coufin dans les bois dès le printems. Je 
l'ai trouvé à la butte du Jardin Royal, où il y a beau- 
coup d'arbres réfineux. M. Linnæus dit qu'il pique très= 
fort, ce que je n’ai pas été curieux d’éprouver. 


DES INSECTES. 535 


SE CTEON:SIXIÉ ME, 


INSECTES APTERES 
OU 
INSECTES SANS AÏLES. 


C ETTE fe&tion, la derniere de la claffe des infeêtes, 
commence à s'éloigner des précédentes ; aufli eft-elle 
très-aifée à cara@térifer. Tous les infeétes qui la compofent 
n’ont point d'ailes , & n’en acquiérent jamais , en quoi ils 
différent beaucoup de tous les autres , dont les uns 
ont deux aîles nues , les autres quatre ailes , ou nues , ou 
couvertes de petites écailles, & plufieurs des étuis plus ou 
moins épais & écailleux qui recouvrent leurs aîles. Mais 
outre ce défaut d’ailes qui fournit un caraétere très-diflin&, 
ces infectes ont encore plufieurs différences toutes aflez 
fingulieres. Les infeétes que nous avons examinés jufqu’ici 
paffent tous par plufieurs états ; ils fortent de l'œuf fous la 
forme de larves , & font pendant un certain tems dans 
l’état de nymphes ou de chryfalides, avant que de devenir 
infectes parfaits. Il n'en eft pas de même dans cette 
fection. La puce ef la feule de ces infeëtes , qui fubiffe ces 
changemens & qui pafle par ces trois états, tous les autres 
fortent de l'œuf fous leur forme parfaite ; ce font dès 
le premier moment des infeétes parfaits : les petites arai- 
gnées en fortant de l'œuf, les cloportes , les podures dès 
le premier inftant de leur naiffance , ont la même figure 
qu'ils conferveront toute leur vie ; à la grandeur près , ils 
ne changent point ; ou s’il s’opére en eux quelqu’efpéce de 
changement , il ne confifte que dans l’accroiffement fuc- 
ceflif de leurs parties ; précifément comme dans les qua- 


drupedes. 


s22 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Parmi ces infectes , les uns fortent d'un œuf, ces petits 
animaux font ovipares, d’autres font vivipares & leurs pe- 
tits fortent tous vivans du corps de la mere : tels font jes 
cloportes & les afelles. C’eft ce qu’on peut obferver tous 
les jours. On peut même faciliter , & pour aïnfi dire accé- 
lérer l’efpéce d'accouchement de ces infeêtes. Si on prend 
une femelle de cloporte , dont le ventre eft gros & rempli 
de petits, & que l'on étende un peu fortement cet animal, 
de façon que la peau de fon ventre s’entr'ouvre ; on voit 
fortir du corps de cette mere une foule de petits clo- 
portes vivans qui courent légérement , qui dans leur efpé- 
ce font des animaux parfaits , & ne différent des gros clo- 
portes que par leur petiteile. 

Dans ces premiers tems ; lorfque ces infeétes naiffans 
font encore petits, ils ne font point en état de s’accoupler 
& de travailler à la propagation de leur efpéce ; il faut 
qu'ils ayent pris leur croïfiance. Ainft il en eft de ces 
infedtes comme des quadrupedes ; quoiqu'ils paroïffent 
parfaits en naïflant, ils ont befoin de croître, pour acquérir 
toute leur perfe&tion ; au lieu que les autres infeétes 
croiffent fous la forme de larve , & font capables de s’ac- 
coupler , dès qu'ils font parvenus à leur dernier état d’in- 
feêtes parfaits. 

Le corps de ces infeétes eft compofé de trois parties ; 
comme dans tous les autres ; favoir , de la tête, du corce- 
let & du ventre ; mais il y en a plufieurs parmi eux ; 
où ces trois différentes parties ne font pas bien difiinétes. 
On les reconnoiït aifément dans le pou , la podure , 
la forbicine & quelques - autres. Dans l’araignée & le fau- 
cheur , il femble qu’il n’y ait pas de tête ; la bouche, les 
yeux & les antennes font placés au devant du corcelet, 
qui paroit en tenir lieu. Les monocles & les binocles, ainfi 
que plufieurs tiques , femblent pareillement avoir la tête 
& le corcelet tellement confondus enfemble , qu'il n’eft 
pas aifé de les diftinguer. Enfin les cloportes , les afelles , 
les fcolopendres & les jules ; dont le corps eft compofé 


DES INSECTES. 583 
d'un grand nombre d’anneaux qui font tous femblables , 
ont un tête très-diftinéte , mais on ne voit rien qui caracté- 
rife en eux la diftintion du .corcelet & du ventre. Ces 
deux parties font compofées d’une fuite des mêmes an- 
neaux. 

Outre ces différences qui font déja très-fenfibles , les 
infectes de cette fe&tion en offrent encore beaucoup d’au- 
tres dans le détail de leurs différentes parties. Les an- 
tennes par lefquelles nous allons commencer , & qui font 
une des parties effentielles de la tête des infeëtes , fe trou- 
vent dans ceux de cette fettion ; comme dans tous les au- 
tres , mais elles varient pour leur fôrme & même pour 
leur nombre. Tous les infectes que nous avons examinés 
jufqu’ici , nous ont fait voir conftamment deux antennes. 
L'afelle en a quatre diftribuées en deux paires. Quant à la 
forme des antennes , quelques genres en ont qui font 
fimples & filiformes , d’autres les ont finguliérement conf- 
truites. Peut-on rien voir de plus joli que la figure des an- 
tennes de la pince , qui font armées à leur extrémité d’une 
efpéce de ferre , & qui reffemblent tout-à-fait aux pinces 
des écrevifles & des crabes, à la grandeur près ? Les anten- 
nes de l’araignée ont quelque chofe de bien plus fingulier 
encore. C’eft à lextrémité de ces antennes qui fe ter- 
minent en bouton , que les males portent les parties du 
fexe , que plufieurs Naturaliftes ont inutilement cherchées 
dans ces infedtes , ne s’érant pas imaginé qu’un animal dût 
avoir les parties de la génération fituées fur le haut de 
fa tête. Nous examinerons plus en détail cet article cu- 
rieux , en parlant des araignées. Le faucheur qui a tant 
de rapports avec l’araignée , a des antennes différentes , 
mais qui ne font guères moins extraordinaires. Ces anteri- 
nes font coudées , forment un angle très -aigu , & à l’en- 
droit de cet angle, elles font plus groffes que par - tout 
ailleurs. Celies de l’afelle & du cloporte font fimplement 
coudées & compofées de plufieurs piéces , qui à leur jonc- 
tion forment différens anges. Mais il y à encore un genre 


534 HISTOIRE ABRÉCGÉE 

dont les antennes méritent d'être remarquées : c’eft le 
genre des mono.ies, Les antennes de ces petits animaux 
fonc branchues, hériflées Je piufieurs poils latéraux , & 
dans plufieurs etpéces de ce genre, elles forment une Jo- 
lie aigrette ; qui paroit fervir de rame à l’infeéte pour nager 
& fauter dans l'eau. 

Les yeux de ces infetes n’offrent guères moins de fin- 
gularités que leurs antennes. Aucun d'eux n’a ces petits 
yeux liffes que nous avons obfervés fur beaucoup d infec- 
tes à deux & à quatre ailes , mais en récompenfe le nom- 
bre de leurs yeux otfre des variétés fingulieres. Les 
autres infeétes ont tous deux grartds yeux à refeau ni plus 
ni moins. Beaucoup de genres de cette fetion font dans le 
mème cas, mais il y en a deux qui font bien finguliers par 
rapport au nombre de leurs yeux , ce font les monocles & 
les araignées. Les monocles n'ont qu'un feul œil , ce font 
des efpéces de cyclopes , plus petits , mais plus réels 
que ceux de la fable ; & c’eft ce qui les a fait appeller mo- 
nocles. Les araignées au contraire ont huit yeux, tous pla- 
cés fur le devant du corcelet , qui tient lieu detéte dans ces 
infeûtes , mais diverfement rangés fuivant les différentes 
efpéces. Un pareil animal , s’il étoit plus gros, fembleroit 
un monfire aufli fingulier que l’argus des Poëres. Cepen- 
dant laraignée à laquelle la nature femble avoir prodi- 
gué l'organe de la vûüe , eft peut-être moins douée de 
ce fens que la plüpart des autres infeétes. Leurs yeux , 
comme nous l'avons dit, font taillés à facettes , & font le 
même effet que des milliers d’yeux réunis enfemble. Ceux 
de l’araignée font fimples , liffes & nullement à refeau , 
enforte qu'avec fes huit yeux , elle voit peut-être réelle- 
ment moins que la plüpart des infeétes qui n'en ont que 
deux. La polition des yeux du faucheur , des monocles , 
des binocles & de quelques-autres genres, eft la même 
que celle des yeux de l'araignée : c’eft fur le corceler qui 
femble tenir lieu de tête,que ces yeux font pofés. Ceux du 
faucheur paroiffent même plus mal fitués que les er 

ils 


DES INSECTES. 535 
ils font fur le dos de l'animal, où leur ufage femble ne de- 
voir pas être fort libre. 

La bouche des infeëtes fans ailes offre peu de fingulari- 
tés , fur-tout en comparaifon des antennes & des yeux. 
Quelques-uns de ces infeëtes ont une trompe pointue 
& aigue , avec laquelle ils piquent, telle eft la forme de [a 
bouche du pou & de la puce. Les araignées & quelques- 
autres ont des machoires pointues. D’autres ; comme les 
monocles & les binocles , ont des efpéces de fucçoirs. 

Le corcelert eft la feconde partie du corps de ces infec- 
tes. Dans plufieurs il eft très-diftinét & apparent ; le corce- 
let du pou , de la podure , de la forbicine fe fait aifément 
appercevoir. Mais il n'en eft pas de même dans plufieurs 
autres infectes de cette fection. Plufieurs ont le corcelet & 
la tête tellement confondus , que tous les deux femblent 
ne faire qu’une feule partie. Il n’eft pas poflible de trouver 
la féparation de la tête & du corcelet du faucheur, de l’a- 
raignée , de plufieurs crabes , &c. D’autres infeétes ont au 
contraire le corcelet & le ventre tellement femblables 
pour la conformation , que ces parties fe confondent en- 
femble , & ne forment qu'une feule & même fuite. Tels 
font les cloportes , les ïules , les fcolopendres , &c. En gé- 
néral , le corcelet dans la plüpart des genres de cette fec- 
tion n'offre pas beaucoup de particularités. En-deflus il eft 
nud & dépourvu d’ailes , en-deflous, on apperçoit les pat- 
tes de l’animal qui tiennent au corcelet , ou toutes , ou en 
partie. Ceux de ces infeétes qui ont fix, huit, ou dix pattes, 
les ont toutes attachées au corcelet ; tous les autres, dont 
les pattes excédent le nombre de dix , font dans un cas 
différent : leurs pattes nombreufes prennent également 
leur origine du corcelet & du ventre , qui font continus, 
femblables , & paroiffent ne former qu'une feule partie. 

Le ventre , cette derniere partie du corps de ces infec- 
tes, n'a rien de particulier. Dans les uns il eft oblong , 
dans d’autres plus large & prefque globuleux , enfin dans 
quelques - uns il a’eft que la fuite du corcelet. C'eft dans 

Tome IL. Eece 


536 HISTOIRE ABRÉGÉE 

ces derniers que plufieurs pattes tirent leur origine du def- 
fous du ventre : tels font les cloportes, les afelles , les fco- 
lopendres , les iules, &c. Ces infettes reflemblent à des 
vers , leur corps eft long & uniforme , & toute la longueur 
de ce corps donne naiffance à un nombre de pattes plus ou 
moins confidérable. 

A l'extrémité de ce ventre ; on remarque dans quel- 
ques-uns de ces infeétes des appendices, tantôt au nombre 
de deux, quelquefois au nombre de quatre , & même dans 
quelques-uns en nombre plus confidérable. D'autres in- 
feêtes , comme les crabes , ont une queue plus ou moins 
Jongue , & dont le bout fe termine par des écailles. 

Mais ce qu'il y a de plus fingulier dans plufieurs de ces 
infeêtes , c’eft la polition des parties de la génération. Dans 
le plus grand nombre , elles fe trouvent placées à l’ex= 
trémité du ventre comme dans les autres infettes. Ceux- 
là s’accouplent à la maniere ordinaire : il n’y a rien de 
fingulier dans l'accouplement du pou , de la puce , de 
la podure & de plufieurs autres. Mais il n’en eft pas de 
même de quelques-autres genres de cette fetiion. Nous 
avons déja remarqué plus haut , que les araignées mâles 
portoient les parties de leur fexe à l'extrémité de leurs an- 
tennes , dont le bout plus gros s’entrouvre pour laifler 
fortir une efpéce de membre. Dans les femelles de ces 
infectes , la pofition de la partie du fexe eft toute diffé- 
rente. C’eft une efpéce de fente qui fe trouve fituée en- 
deflous du ventre vers fon origine , près de fon attache 
avec le corcelet. Une conformation auili différente entre le 
mâle & la femelle , fembleroit devoir rendre l’accouple- 
ment de ces infeétes difficile , & même prefqu'impofli- 
ble. Il s'exécute cependant très-facilement , comme je l'ai 
obfervé plufeurs fois , & la nature a fù tirer avantage 
de cette pofition finguliere , ainfi que nous le ferons voir 
en parlant des araignées. Le genre des crabes, qui eft fort 
analogue à celui des araignées , lui reffemble aufli en 
quelque forte par la conformation des parties du mâle, 


DES INSECTES. 37 
Dans cet animal , la partie du fexe fe trouve à la racine 
d’une patte qui eft plus grofle que les autres. Peut-être 
que les monocles & les binocles qui ont tant d’analogie 
avec les araignées & les crabes , leur reffemblent encore 
par cet endroit. C’eft ce que la petitefle de ces infeétes , 
qui d’ailleurs ne vivent que dans l’eau , ne nous a pas per- 
mis d'examiner. Je ferois du refte porté à le croire. 

Le nombre des pattes de ces infeétes varie beaucoup. 
T'ous ceux que nous avons obfervés jufqu’ici,n'en avoient 
que fix ou même moins ; j'entends les infeétes parfaits , & 
non pas les larves & les chenilles. Dans cette fe&tion , il y 
a de même plufieurs infeëtes , tels que le pou, la forbi- 
cine ,.la puce, &c. qui n’ont que fix pattes, mais plufieurs 
en ont davantage. La pince , la tique , l'araignée , le fau- 
cheur en ont huit. Les crabes en ont dix. L’afelle , le 
cloporte font fournis de quatorze : on en compte trente , 
foixante fur les fcolopendres , & enfin elles font pref- 
qu'innombrables dans les ïules ; auxquels la nature a 
prodigué les pattes par centaines. Ces pattes ont quelques 
fingularités dans difféfens genres. Dans tous elles font 
compofées de trois parties , la cuifle , la jambe & le tarfe 
ou pied ;, mais cette derniere partie dans quelques genres 
eft compofée d’un grand nombre de piéces. Jufqu'ici 
nous avons vû dans les infeêtes que nous avons examinés , 
que leurs tarfes écoient compofés de deux , trois, quatre 
ou cinq piéces & jamais davantage. Ici elles font bien plus 
nombreufes dans certains genres : dans quelques-uns 
même , comme dans le faucheur , il y en a une fi pro- 
digieufe quantité, qu’il r’eft pas poflible de les compter : 
elles font fi petites & fi ferrées vers l’extrémité,qu'elles fe 
confondent enfemble. Dans d’autres infeétes , comme la 
forbicine , l’origine des pattes eft remarquable par des 
efpéces d’écailles qui la recouvrent. Les pattes poftérieu- 
tes de la puce font fort longues , & elle s’en fert comme 
dun reflort pour s’élancer en l'air & fauter vivement. 
Enfin , les crabes ont les pattes antérieures fendues a l’ex= 

Eceei 


538 Hi1STOIRE ABRÉGÉE 
trémité & figurées en pinces , que tout le monde confoit 
& avec lefquelles ils ferrent fortement. 

Les endroits où vivent ces infeétes , la nourriture qui 
leur eft propre , varient beaucoup fuivant les différens 
genres. Les uns habitent fur la terre , d’autres dans des 
trous de murs ou fur les plantes , quelques-uns fe trouvent 
fur le corps des grands animaux & plulieurs autres vivent 
dans l’eau. Ces derniers fe nourriflent d'herbes aquati- 
ques ou de petits infeêtes , & fervent quelquefois eux- 
mêmes de pâture à d’autres ; on fait que les monocles 
font fouvent dévorés par les poiflons & même par les 
polypes: L'araignée au contraire vit des mouches , des 
moucherons, des tipules qu'elle prend dans fes filets. Il eft 
vrai qu'elle eft quelquefois la victime des guêpes & des 
frelons qu’elle a vouiu prendre , & qui la déchirent avec 
leurs fortes machoires , tandis qu'ils la piquent avec leur 
aiguillon. D'autres infeëtes de cette feétion s’attachent aux 
grands animaux & même à l’homme, dont le fang fert de 
pâture aux poux & aux puces , tandis que les oifeaux , les 
chiens & d’autres bêtes font pareillement incommodés par 
les puces, leurs efpéces particulieres de poux, & plufieurs 
tiques & mites qui les dévorent. C’eft ce que nous verrons 
plus en détail, en examinant en particulier les différens 
genres de cette feétion. | 

Il ne nous refte plus, pour terminer ce que nous avons à 
dire fur les infeétes de cette fe&tion , qu’à faire remarquer 
l’analogie qui fe rencontre dans la plüpart des genres qui la 
compofent. Ces infeétes tous dépourvus d'ailes , font pour 
la plus grande partie couverts d’une efpéce de teft , d’é- 
caille , ou de croute dure , qui a fait donner à plufeurs le 
nom d'infeëtes cruftacés. Quelques Naturaliftes même 
prétendent diftinguer les cruftacés d’avec les autres infec- 
tes, & en faire une claffe particuliere d'animaux. Mais les 
antennes dont ils font pourvus & leurs autres caraéteres,les 
rapprochent néceffairement des autres infeëtes & les ran- 
gent fous cette clafle. Parmi ces infeétes cruflacés ; ceux 


DES INSECTES: s89 
dont le teft ou la croute eft la plus apparente ; foi les cra- 
bes, les écrevifles , &c. Leur teft dur & comme offeux leur 
tient lieu réellement d'os. Ils n’en ont point d’autres , & 
l'intérieur de ces cavités n’eft rempli que par une fubftance 
charnue. Les extrémités des fibres font attachées à l’inté- 
rieur de la croute ou du teft , précifément de la même ma= 
niere dont les mufcles des quadrupedes font attachés à 
leurs os. C’eft ce que tout le monde peut appercevoir 
fur une patte d’écrevifle. Mais outre les crabes, beaucoup 
d’autres genres de cette feétion , J’ofe même dire prefque 
tous, ont une pareille conformation, & font de véritables 
cruftacés , quoique moins durs que la crevette & l’écre- 
viffe. Les araignées , par exemple , qui approchent des cra- 
bes , même pour leur figure extérieure , font revêtues d’un 
teft aflez dur , & qui même réfifte tellement, qu’on a quel- 
que peine à enfoncer une épingle dans le corps d’une 
grofle araignée , tandis que l'intérieur de fon corps eft 
mou. Les monocles & binocles ont un femblable teft , qui 
même dans les monocles à coquilles eft fi dur, qu'on a 
quelque peine à le rompre. Il a ia dureté d’une coquille & 
on lui en a donné le nom. Les binocles , dont plufeurs 
reflemblent tout-à-fait à des crabes , font revêtus d’une 
pareille croute. Quoique les cloportes , les afelles , les 
iules & les fcolopendres n’ayent pas une croute feule 
& continue pareille à celle dont nous venons de parler , & 
que leur corps foit compofé de plufeurs lames & an- 
neaux ; ce font néanmoins des petits cruftacés , dont 
le teft eft formé de plufieurs écailles , de croutes jointes & 
articulées enfemble , de la même maniere qu’elles le font 
dans la queue du homar & de l’écrevifle. On ne peut pas 
plus leur contefter le nom de cruftacés , que celui de 
coquille à l'o/cabrion ou lepas , dont la coquille fe trouve 
compofée de plufieurs morceaux articulés enfemble. La 
tique & la pince fe rapportent aux cruftacés pour la forme 
& pour le teft extérieur , quoique cette derniere partie 
foit moins dure dans la tique , & par-là devienne capable 


590 HISTOIRE ABRÉGÉE 

d’extenfion plus ou moins grande. Enfin , le pou, la podu- 
re , la forbicine font de tous ces infeêtes les plus mois, 
mais le plus ou le moins ne peut changer l’état & l’ordre 
naturel de ces petits animaux. 

IL paroït donc que tous ceux de cette claffe ont une 
certaine analogie entr'eux par cette efpéce de teft dur qui 
les recouvre, mais on ne doit pas pour cette raifon les 
féparer des autres infeétes. Outre les antennes dont ils 
font tous pourvus & qui font le cara@tere effentiel des in- 
fetes , ils s’en rapprochent encore par cette propriété 
même d'être recouverts d’un teft dur & renitent. Les 
autres infectes font pareillement couverts ,; Comme nous 
Pavons vû , de lames ou anneaux durs & femblables à de 
la corne flexible. Tout l'extérieur de leur corps eft muni 
d’une pareille couverture. Quoique cette peau folide foit 
plus flexible que le teft des cruftacés , elle en approche 
cependant beaucoup , & elle n’en différe que par le pius 
ou le moins de flexibilité. C'eft donc une raifon de plus 
pour ne point féparer les uns des autres ces infeétes que la 
nature a rapprochés. Un Naturalifte ne craindra point 
de réunir dans la même claffe ie crabe & le hanneton , & 
il laiffera le fimple & fuperficiel curieux faire dans un 
cabinet de parade la frivole diftinétion d’infetes & de 
cruftacés. 

Nous allons réunir dans une feule table , les cara@teres 
des différens genres qui compofent cette feétion , après 
quoi nous examinerons chacun de ces genres en détail. 


.CH2. 
CES 
Eire 


a 


DES INSECTES. sat 


SECTION SSI ME 
De la claffe des Infeétes. 


INSECTES SANSIAILES, 


GENRES. CARACTERES. 


par pattes. 

Deux yeux. 
Antennes filiformes, 
Ventre fimple. 


Six pattes, 

Deux yeux. 

Antennes filiformes. 

Queue fourchue, repliée à l'extrémité du ventre & 
faifant le reflort pour aider linfé&e à fauter, 

Corps couvert de petites écailles. 


La PODURE. 


Deux yeux. 

Bouche avec deux barbillons mobiles. 
‘Antennes filiformes. 

Trois filets au bout du ventre, 
Corps couvert de petites écailles, 


LA FoRBICINE, 


Six pattes propres à fauter. 
Deux yeux. 

Bouche recourbée en - deffous. 
Antennes filiformes. 

Ventre fimple & arrondi, 


Huit pattes. 

Deux yeux. 

Antennes en pinces de crabe, plus longues que I 
trompe, 


LA PINCE. 


Huit pattes. 

Deux yeux. » 

Antennes fimples plus courtes que la trompe. 
è 


LA TiQuE. 


; pattes, dont l’origine eft large .& écailleufé, 


$9z HISTOIRE ABRÉGÉE 
- Huit pattes, 
Deux yeux, 
Le Fau cuEur.) Antennes formant un angle aigus 
Deux longs barbillons {emblables à des antennesa 


: , f Huit pattes, 
L'ARAIGNÉE. | Huit yeux. 


Six pattes. 
Un feul œil. 

LE MONOCLE.) A;tennes branchues avec plufeurs poils latéraux: 
Corps cruflacé, 


Six pattes. 

Deux yeux. 

Antennes fimples & fetacées, 
Queue fourchue, 

Corps cruflacé. 


LE BiINOCLE. 


Deux yeux. 
Antennes filiformes. 

Queue compofce de plufeurs lames, 
Corps cruface. 


LE CRABE. 


Quatorze pattes. 
LE CLoPorTE. Deux antennes coud£ese 
Quatorze pattes, 
Quatre antennes briftes , dont deux font plus Ion: 


LUCSe 


Vingt-quatre pattes au moins, fouvent davantage. 

Corps applati. 

Antennes filiformes compolées de pluñeurs articles 
courts. 


L’'ASELLE. 


La ScoLOPENDRE, 


Plus de cent pattes. 
Corps arrondi & cylindrique. 


LIuLzE. 
Antennes compoltes de cinq articles. 


JE pattes, les deux premieres en forme de pinces 


je 


HE 


SECTIO 


DES INSECTES: 593 


SPCATONS EXT À 


Claffis Infeétorum. 


LINSECTASAPTERA, 


GENERA. 


PEeprcuLus. 


Le Pou. 


PoDURA. 
La Podure. 


FoRBICINA. 
La Forbicine. 


PuLEx. 
La Puce. 


CHE LIENS 
La Pince. 


ACARUS,. 
La Tique. 


Tome II. 


CARACTERES, 


Pedes fex. 
Oculi duo. 
Antennæ filiformess 
Abdomen fimplex. 


Pedes fex, 
Oculi duo. 
Antennæ filiformes. 


Abdomen cauda bifurea inflexa , faltatrix, 
Corpus fquamis teétum, 


Oculi duo. 

Os tentaculis duobus mobilibuse 
Antennæ filiformes. 

Abdominis cauda tripilise 
Corpus fquamis teétum, 


JE fex origine lata & fquamofas 


Pedes fex faltatorii. 
Oculi duo. 
Os inflexum, 
Antennx filiformes. 
Abdomen fimplex fubrotundum. 
Pedes o&o. 
Oculi duo. 
Antennæ cheliformes roftro longiores, 


Oculi duo. 
Antennæ fimplices roflro breviores, 


{ Gen o&o. 


$94 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


Pedes o&o. 
ne nie 


Le Faucheur. 


ARANEA 
L’Araisnee, 


Oculi duo. 
Antennæ angulofæ. 
Tentacula duo longa antenniformia, 


Pedes o&o. 
Oculi oo. 


Pedes fex. 

Oculus unus. 

Antenne multiplices , fetis plurimis lateralibuge 
Corpus crufta tectum, 


MonNocuULUs. 
Le Monocle. 


‘ Pedes fex. 
Oculi duo. 
U L ° ë 
Brx 0 S De J'Astenræ fimplices fetaceæs 
Le Binocle. Canda bifida. 
Corpus crufta te“tum. 


Pedes decem , primi cheliformes, 
Oculi duo. 

Antennæ filiformes. 

Cauda foliofa. 

Corpus crufta teétum: 


CANCER. 
Le Crabe. 


ONIsSCUSs. 
Le Cloporte. 


Pedes quatuordecim. 
Antennæ duæ frattæ. 


ASELLUS. 
L’Afelle. 


Pedes quatuordecim. 
Antennæ quatuor fraûæ, duæ Jongiores, 


Corpus planum. 
Antennæ filiformes, articulis brevibus plurimis, 


La Scolopendre. 


Pedes plus quam centum. 
Corpus teres cylindraceum. 
Antennæ articulis quinquee 


Tuzus. 


SCOLOPENDRA, 4 Pedes ad minimum viginti- quatuor , fæpe plus, 
L'iule, 


DES INSECTES. is 
PEDICULUS. 


FRE CP:O'U. 
Pedes fex. Six pattes. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Antenne filiformes. Antennes filiformes. 
Abdomen frmplex. Ventre fimple. 


Le pou eft affez connu par lui-même ; néanmoins, com- 
me parmi les efpéces de ce genre il y en a quelques-unes 
qui paroiflent différer des autres , le caraëtere de cet 
infecte fervira à faire connoître que ces efpéces différentes 
doivent toutes fe rapporter à ce genre. 

Parmi les caraëteres du pou ;, les deux premiers qui 
confiftent dans le nombre des pattes & des yeux , fervent 
à faire diftinguer. cet animal d’un grand nombre de genres 
de cette fection ; il n’en refte que quatre auxquels il 
reffemble pour ces parties, & qui ont comme lui fix pattes 
& deux yeux. Mais la forme de fes pattes qui font fimples, 
le diftingue aifément de la forbicine & de la puce, & 
la conformation de fon ventre empèche qu’on ne le con- 
fonde avec la podure & le binocle , dont le ventre a des 
appendices très-remarquables. 

De tous les infectes de cette fection , celui avec lequel le 
pou a été le plus aifément confondu , eft la tique. Rhedi 
qui a donné d’excellentes obfervations fur les poux , eft 
lui-même tombé .dans cette erreur , & a joint avec eux 
plufeurs tiques. Il ne s’agit cependant que d'examiner de 
près ces infeétes ; on verra que le pou n'a que fix pattes , 
tandis que la tique en a huit, ce qui empêchera de confon-. 
dre des petits animaux fi différens. 

La figure des poux varie beaucoup fuivant les différen- 
tes efpéces : les uns font oblongs , & c'eft le plus grand 
nombre , d’autres font larges & courts ; quelques-uns font 


minces ; longs & très -éfilés , tels que ceux de plufieurs oi- 
Ffffi 


$96 HISTOIRE ABRÉGÉE 

feaux. En général , leurs antennes font très-courtes ; leur 
tête eft affez grofle, leurs yeux font faillans , leur ventre eft 
compofé de plus ou moins d’anneaux , depuis fix jufqw’à 
dix. Leurs pattes font compofées de trois parties, dont la 
derniere ou le tarfe eft formée de trois piéces. 

Les poux habitent fur l’homme & les différens animaux, 
tant quadrupedes que volatiis. Il y en a cependant une pe- 
tite efpéce , c’eft le pou du bois, qui femble n’attaquer au- 
cun animal , & ne fe trouver que dans les papiers & 
les vieux bois. Tous les autres font carnafliers & fe nour- 
riflent du fang des différens animaux fur lefquels ils fe 
trouvent. Pour cet effet , ils ont à la partie antérieure de la 
tête, un peu en-deflous , une efpéce d'avance , de laquelle 
ils favent faire fortir une trompe creufe en-dedans , qu'ils 
inférent dans la peau de l’animal , & avec laquelle ils 
pompent le fang. La plüpart des animaux font fujets à 
cette vermine ; chacun a fon pou particulier. Quelques- 
uns même fervent de domicile à plufeurs efpéces, & nous 
verrons dans le détail , que le bœuf, la poule , le pluvier , 
le paon, le cigne , le cerf , l'oye , &c. en ont plulieurs 
efpéces. L'homme même eft attaqué par deux efpéces 
de poux , l’une connue fous le nom de pou ordinaire ; 
& l’autre fous celui de morpion. 

Les poux font ovipares & même leurs œufs font gros , 
ce font eux que l’on appelle les /erres. Le pou ne tarde 
pas à fortir de cet œuf, après quoi il change plulieurs fois 
de peau , & très-peu de tems après il eft lui-même en état 
de pondre. Auf ces vilains infectes pullulent-ils beau- 
coup. Une chofe qui pourroït contribuer à la grande pro- 
pagation de ces animaux , c’eft qu’ils paroiïfient herma- 
phrodites. Swammerdam qui a difléqué plufieurs fois des 
poux & qui en a donné une. très-bonne hiftoire , aflure 
avoir trouvé à tous un ovaire & jamais la partie mâle exté- 
rieure. Le pou feroit-il un hermaphrodite d’un genre par- 
ticulier ? Pourroit-il fe féconder lui-même ? Parmi les vers 
il y en a beaucoup qui font hermaphrodites ; mais ils ne 


DES INSECTES. $97 
peuvent fe féconder feuls , ils ont befoin d'un accouple- 
ment qui eft double & réciproque entre les deux individus 
accouplés. Tous deux font en même tems l'office de mâle 
& de femelle. Il feroit fingulier que le pou n’eût pas 
beloin d’accouplement , & un fait de cette nature deman- 
deroit à être fuivi , & prouvé par de bonnes obfervations 
pour pouvoir être afluré,. 


1. PEDICU LUS Aumanus. Linn. faun. fuec. n. 1153, 
& Jyf8. nat. edit. 10. 


Rhedi. experim. t. 18. Pediculus ordinarius, 
Mouffrr. lat. p. 259. Pediculus. 

Swammerd. in 4°, p. 169 , r. 7. Pediculus. 
Bonani. micrograph. f. ss. 

Merret. pin. 202. Pediculus in capite. 

———. ibid, Pediculus corporeus maculatus. 


Le pou ordinaire. 


Nous ne nous arrêterons pas à donner une longue def- 
cription du pou qui eft affez connu. On fait que l’homme; 
le chef & le roi des animaux,eft cependant la pâture & la 
demeure ordinaire de cette vermine. On peut voir cet in- 
fete fort grofli au microfcope dans les figures de Rhedi & 
de Syammerdam. 


2. PEDICULUS irguinalis. Rhedi. exper, £. 19 ; f. 1 
& [yJ£. nat. edir. 10. 


Linn. faun. fuec. n. 1154. Pediculus pubis, 
Petiv. gazop. 1.67, f. o. Pediculus inguinalis, 
Moufft. lat. p. 200. Pediculus ferus. 

Raj. inf. p. #. Pediculus ferus. 

Merrer. pin. p. 202. Pediculus-morpio. 


Le morpion. 


Cet infeéte eft plus court , plus large , plus arrondi que 
le pou ordinaire : il eft aufli d'une couleur plus brure 
& d'une confiftence plus dure. Il s'attache aux poils du 
pubis des perfonnes fales & mal-propres & y tient forte- 
ment. Sa piqûre vive l’a fait appeller par quelques Natura- 
liftes , pediculus ferox. 


598 HISTOIRE ABRÉGÉE 


3. PEDICULUS Govis ; abdomine lineis tranfverfis 
oëlo ferrugineis. Linn. faun./fuec. n. 1155 
Linn, Jyff. nat, edit. 10, p. 611 , n. 10. Pediculus bovis tauri. 


Le pou du bœuf;à ventre charge de huit bandes tranfverfes. 


Cette efpéce ef très-petite & blanche. Sa tête eft d’une 
couleur un peu fauve , ainfi que fes pattes, dont l’extrémi- 
té et plus blanche. Son ventre eft blanc & eft chargé en- 
deflus de huit bandes tranfverfes d’un rouge fauve & 
en-deffous de cinq bandes tranfverfes femblables. Ces 
bandes , tant en-deflus qu'en-deffous , ne vont point juf- 
qu'aux bords du ventre. Ces bords cependant paroiffent 
plus foncés que le refte , à caufe de huit points de couleur 
brune dont ils font tachés. On trouve ce pou fur les vaches 
& les Lœufs. 


4 PEDICULUS ovis , abdomine plumbeo. Linn, 
faun. fuec.n. 1156. 


Linn. fyft. nat. edir. 10 , p. 61r , n. 11. Pediculus bovis vituli. 
Le pou du bœuf, à ventre de couleur plombee. 


Celui-ci eft plus grand que le précédent. Ses pattes 
font courtes & groffes. Elles font de couleur grife, ainfi 
que fa tête & fon corcelet. Son ventre eft de couleur 
bleuatre plombée. Il eft gros & fe termine en pointe. On 
trouve cette efpéce fur les vaches avec la précédente. 


s-PEDICULUS crc, fufcus oblongus ; abdomine 
flavefcente ; medio lateribufque fufcis. Planch. 20 , 
fig. 1. « 


Le pou du bufard. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 ligne. 

Ce pou eft le plus grand que je connoiffe , il a au 
moins quatre lignes de long. Sa couleur eft brune claire , 
à l'exception du ventre qui eft jaunâtre , avec cependant 


DES INSECTES. 5 
les bords bruns & une bande longitudinale de même 
couleur dans fon milieu. Sa tête eft allongée & terminée 
en devant par une fettion droite, comme fi elle étoit 
coupée quarrément. Ses antennes font très-courtes & fes 
yeux font gros. Son corcelet eft un peu taillé en cœur, 
& a un large rebord. Le ventre compofé de dix anneaux, 
eft oblong , & a fur les côtés un rebord brun. On trouve 
ce pou fur un grand oifeau aquatique , le bufard des ma- 
rais , que Bellon a défigné fous le nom de circus. 


6 PEDICULUS Jubflavefcens ; abdomine ovato , 
medio diaphano , macula füfca ; lateribus punëlato-fer- 
* TUQÈnes. 


Le pou du moineau franc. 
Longueur + ligne. 

Sa tête eft groffe , luifante , de couleur fauve, avec jes 
yeux noirs & les antennes courtes. Son corcelet eft étroit 
& de même couleur que la tête. Le ventre eft ovale, 
un peu allongé , d’un blanc fale , diaphane , & qui laiffe 
entrevoir l’inteftin de l’animal , ce qui repréfente une ta- 
che noire. Les bords du ventre de chaque côté font ter- 
minés par des points ou taches brunes rondes. C’eft entre 
les plumes du moineau franc, que l'on trouve cette efpé- 
ce. Lorfque ce pou eft jeune, il paroïît tout blanc , à l’ex- 
ception de la tache noire du milieu du ventre. 


7. PE D IC U LU S oblongus : filiformis » albicans s 

COrports lateribus utrinque ferrugLIIeLse 
Rhedi exper. tab. 2, f. 1. Pulex columbæ major. 

Le pou du pigeon. 
Longueur : ligne. Largeur + ligne. 

Celui-ci eft long , étroit, prefque filiforme ; un peu plus 
large cependant vers la partie inférieure de fon ventre, 
Sa tête eft allongée en fufeau , avec des antennes pref- 
qwaufli longues qu'elle. Son ventre eft fort étroit du haut. 


600 HISTOIRE ABRÉGÉE. 

Sou corps eft d’un blanc jaunâtre , bordé des deux côtés 
d’une raie brune. Cette bordure eft plus rougeâtre dans 
les jeunes qui ont le corps plus blanc. Il eft commun fur 
les pigeons. 


8. PEDICU LUS ao nigroque varius ; abdomine 
ovato oblongo, utrinque ëncifuris nigris. 


Linn. faun. fuec. n. 1158. Pediculus corvi. 
Rhedi exper. tab. 16. Pulex corvi. Fig. opiima. 


Le pou du corbeau. 
Longueur 1 ligne. 

Ce pou eft un des plus beaux, fi cependant un pou peut 
être un Jolianimal. Sa couleur dans le fond eft grife. Sa 
tête eft petite & noire & fes antennes font courtes & re- 
courbées en arrière, ce qui.fait un effet affez fingulier. 
Son col eft court, fes pattes font aufli courtes , tachetées 
de noir ainfi que les antennes. Le ventre eft ovale , pref- 
que rond , applati , de couleur cendrée, orné de chaque 
côté de huit bandes noires à la jonétion des anneaux, ce 
qui fait une Jolie bigarrure. Le corps de cet infeëte eft 
fort dur & on peut le preffer fortement dans les doigts fans 
le tuer. On le trouve fur le corbeau ordinaire entre les 
plumes de cet oifeau. Lorfque ce pou eft jeune, il eft 
blanc avec une fimple rangée de points noïrs de chaque 
côté du ventre. 


9. PEDICULUS ga/l-payonis. 


Linn. Jaun. fuec. n. 1160. Pediculus meleagridis. 
Rhed, exper. tab. 1 , fig. 2. Pediculus accipitris. 


Le pou du dindon. 


Ses antennes font courtes. Sa tête eft applatie , arron- 
die fur le devant, & forme par derriere des angles aigus, 
prefque femblables à des dents pointues. Son corcelet, 
figuré en cœur , a des angles de chaque côté. Son ventre 
compofé de huit ou neuf anneaux, ef gris fur les côtés, & 

blanc 


DES INSECTES. 6ot 
blanc au milieu, dans toute fa longueur. C'eft fur les 
dindons qu’on trouve cette efpéce de pou. Rhedi le don- 
ne comme l'ayant trouvé fur l’épervier , & il peut très- 
bien fe faire que cette efpéce attaque deux oifeaux dif- 
férens. 

10. PEDICULUS ga/linæ, abdominis margine 
aigro. Linn. faun. fuec. n. 1165. 


Rhed} inf. tab, 16. Pulex capi. 
Frifch. germ. 11 , p. 24, tab. 24. Pediculus galli. 


Le pou de la poule à ventre bordé de noir. 


Les antennes de ce pou font petites, & linfeëte les 
tient fouvent en mouvement. Sa tête eft blanche arrondie 
en-devant. Son corcelet eft large & anguleux ou pointu 
fur les côtés. Le ventre eft applati & finit en pointe 
moufle. Ses bords font noirs, mais le milieu eft blanc & 
tranfparent , à l'exception d'une tache noïre vers le cor- 
celet, qui n’eft autre chofe que le cœur de l'infette qui 
.paroit a travers les membranes, On trouve ce pou fur 
les poules avec le fuivant. 


11. PEDICULUS ga/linæ, thorace capiteque utrin- 


que mucrorrato. Linn. faun. Juec. n. 1166. 


Le pou de la poule à réte & corcelet pointus des deux 
côtes. 


Ses antennes font fort courtes : fa tête eft d’une forme 
aflez finguliére ; elle eft arrondie en-devant & repréfente 
une efpéce de croiffant dont les angles ou pointes regar- 
dent le corcelet. Celui-ci eft court , large , armé de cha- 

ue côté d’une pointe droite aigue & faillante. Le ventre 
compofé de huit anneaux, eft allongé. Tout le corps eft 
parfemé de quelques poils gris. Cet infeéte plus petit que 
le pou ordinaire, fe trouve fur les poules. 


12. PEDICULUS Zgni anriqui, Linn. faun. fuec, 
2. 1168. | 
Tome IL, Gegg 


602 HISTOIRE ABRÉGÉE 


Linn. fyft. nat. edit. 10, p.610, n. 2. Termes abdomine oblongo ; ore ri 
bro , oculis luteis, 


Blanck. belg. 169 ,v. 14, fig. F. Pediculus ligni. 
Raj. inf. p. 8. Pediculo cognatus & fimilis, 
Bradl, nar,.tab. 27, f. 3. 


Le pou du bois. 


Cette efpéce eft plus petite que le pou ordinaire ; elle 
varie pour la couleur & pour la grandeur. Quelquefois 
elle eft toute blanche ou grife , d'äutres fois de couleur 
plombée , dans d’autres le ventre eft taché d’une bande 
annulaire brune, après laquelle, proche la queue, fe” 
trouve un point brun. Toutes ont les antennes fines , en- 
viron de la Iongueur du corps , les yeux jaunâtres, & aux 
deux côtés de chaque anneau du ventre, un point .rou- 
geatre plus ou moins marqué. 

Ontrouve communément cet infeéte fur les vieux bois, 
les vieilles tables, dans les livres qu’on remue peu: il 
court , & même il faute un peu lorfqu'on le touche. Celui 
qu'on trouve ainfi dans les maifons, eftplus blanc. Il fe 
rencontre aulli dans la campagne & dans les jardins, fur 
les murs & les troncs des arbres, & pour lors il eft plus 
brun & un peu velu. Quelques auteurs ont prétendu que 
c’étoit cet infeële qui faifoit ce petit bruit, cette efpéce 
de petit battement comme de montre, que l’on entend 
quelquefois dans les chaflis & les boiferies ; & ont don- 
né à cet animal le nom de pediculus pulfatorius , horolo- 
gium mortis &c. Derrham dans fa Théologie Phyfique, 
paroit de ce fentiment. Cependant je crois pouvoir affu- 
rer que ce bruit eft produit par un dermefte , comme je 
lai dit en fon lieu, quoique d’autres l’attribuent à une 
araignée. 


N.B. Outre les efpéces de poux que nous avons dé- 
crites , on en trouve encore plufieurs dans les auteurs 
que nous n'avons point vüs, & dont nous ne donnerons 
ici que les noms d’après Rhedi & M. Linnæus. 


f'DES£{INSECTES. 603 
10, PEDICUEUS accipitris abdomine oblonge. 


Pulex accipitris. Rhed. exper. tab. 1, f. 1. 

2°, PEDICU LUS accipitris abdomine ovato. 

Pulex accipitris, Rhed. exper. tab. 1, f. 3. 

3% PEDICULUS grus. Linn. faun, où 7 1162e 


Pulex gruis. Rhed. exper. tab. 3. 
Pediculus gruis. Frifch. germ: $., p.15, tab. 4, 


4°. PEDICUEUS fulce. 

Pulex fulicæ. Rhed. exper. tab..4. 

s°. PEDICULUS pice. 

Pulex picæ. Rhed, exper. tab. 5. 

&. PEDICUEUS are. 

Pulex ardeæ. Rhed. exper. tab. 6. 

7. PEDICULUS ardeolæ. 

Pulex albardeolæ. Rhed. exper. tab, 7. 

8°. PEDICULUS cygni, abdomine oblongo imma- 


culato. 


Pulex cygni. Rhed. exper. tab. 8. 
9°. PEDICULUS cygni abdomine ovato utringae 


lineës fufcts notato. 
Pulex cygni fecundi generis. Rhed. exper, tab, 9 , fig. 3. 


10°. PE DICUEUS Zr7. 


Pulex lari. Rhed. exper. tab. 9. 

11% PEDECULUS an/eris , capite ovato ,abdomine 
oblongo , incifuris utrinque maculatis, 

Pulex anferis fylveñris. Rhed. exper. tab. 10, fig. 1. 

12% PE DICULUS anféris , capite triangulart , 
abdomire immaculato. 


Rhed, exper, tab, 10, f. 2. Æ 
Gsesi 


604 HiSTOIRE ABRÉGÉE 


13° PEDICULUS pluyialis, abdominis margine 
fimplicz. 
Pulex avis pluvialis. Rhed. exper. tab. 11, f. 1. 
14. PEDICULUS pluvialis , abdominis margine 
dentato ferrato. 
Rhed, exper. tab. 11,f, 2. 
15° PEDICULUS guerquedule. 


Pulex querquedulæ. Rhed. exper. tab. 12. 

16°. PEDICULUS falconis tinnunculi, Linn. faun. 
Juec. nr. 1157. 

Pulex tinnunculi. Rhed. exper. tab. 13e ù 

17% PEDICULUS pasonis , antennis dichotomis 
capite longioribus , abdomine utrinque maculato. 

Pulex pavonis. Rhed. exper. tab. 14. 

18°. PEDICULUS pasonis , antennis fimplicibus 
capite brevioribus , abdomine immaculato. 

Pulex albi pavonis. Rhed. exper. tab. 15. 

19° PEDICUELUS urri. 


Pulex fturni candidi, Rhed. exper. tab. 17. 


20°. PE DICULUS Yerne. Linn. faun. fuec. n. 


1161. 


21° PEDICULUS zecurviroftræ. Linn. faun. fuec. 
72 1163. 


22% PEDICULUS œmarhopi. Linn. jfaun. Juec. 
72. 1164. 


23°. PE DICULUS Zagopi. Linn. faun. fuec. nr. 1167. 
24. PEDICULUS afni. Red. exper. tab. 21. 


2$% PEDICULUS cerri, abdomine fs > medio 
albo. Rhed, exper, tab. 23 , f. 1 


DES INSECTES. F0$ 


PIE DU LU S ces domine mie fars 
punilis nigris. Rhed. exper. tab. 23; f. 2. 


Ces vingt-fix efpéces doivent fe trouver dans ce pays- 
ci. Il y en a outre cela plufieurs étrangers , tels que le 
pou du chameau, celui du tigre , du belier & de la poule 
d'afrique, & autres qui ne font pas les moins finguliers. 
Si on examine attentivement les animaux, on pourra en- 
core en trouver un plus grand nombre , chacun des grands 
animaux en nourriflant beaucoup de petits. 


EMONDIUMERTA 
LA PO D URR;E: 
Pedes fex. Six pattes. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 
Abdominis cauda bifurca Queue fourchue , repliée 
inflexa faltatrix. à l'extrémité du ventre, & 


faifant le reflort pour aïder 
Pinfette à fauter. 
Corpus fquamis teëlum. Corps couvert de petites 
‘ . 2 ® 
écailles. 


Familia 14, Globulofe. Famille r°°, Globuleufes. 


——— 2%, Longæ. ——— 2. Allongées. 


La podure eft un petit infeéte fort commun & cepen- 
dant fort peu connu de la plüpart des Naturaliftes. Néan- 
moins ce petit animal offre quelques fingularités très - re- 
marquables. Il approche un peu du pou pour la forme , il 
lui refflemble par plufieurs caracteres ; il a le même nom- 
bre de pattes & d’yeux, & fes antennes font tout-à-fait 
femblables à celles du pou ; fi ce n’eft qu’elles font plus 
longues. Mais la podure a un caraëtere eflentiel & très- 
remarquable , qui lui eft abfolument propre. A Pextrémité 
du ventre de cet infette , on apperçoit une longue queue, 
qui égale les deux tiers de la longueur du ventre , & dont 


606. HISTOIRE ABRÉGÉE 

la derniere moitié pour le moins eft fendue en deux. Cette 
efpéce de queue fourchue ne paroït pas d’abord en exa- 
minant l'animal, parce qu'elle eft repliée en-deffous, & 
appliquée le long du ventre. Mais fi on veut prendre cet 
infecte lorfqu’il court à terre , il fait très-bien faire ufage 
de cette fourche, & s’en fervir pour échapper des mains” 
qui le pourfuivent. C'eft avec fa queue feule que linfette 
exécute ce faut. Cette queue fourchue eft dure & élafti- 
que : l'infefte ne fe contente pas de la tenir courbée fous 
fon ventre ; il y a encore dans le deflous du ventre une 
efpéce de rainure , dans laquelle entre cette queue, & 
dans le milieu de cette rainure un petit bouton à tête 
aflez groffe , du moins dans plufieurs efpéces , dont la tête 
fe trouve prife entre les deux branches de cette queue 
fourchue. Lorfque l’infeéte marche fimplement, il tient 
fa queue fous fon ventre appliquée dans la rainure & re- 
tenue par le bouton dont nous venons de parler. Mais 
s'il veut fauter , il fait agir le ligament par lequel fa queue 
eft attachée à fon ventre & qui eft recourbé ; il le redreffe 
& par-là fait fortir avec vivacité cette fourche élaftique 
de la rainure où elle étoit retenue, tant par les bords de 
cette rainure que par la tête du bouton. Cette queue 
jouant ainfi comine un reffort , frappe fortement contre 
terre & fait fauter en l'air tout le corps de l'infeéte. Si 
on peut faifir une podure, il ne s’agit que de preffer 
égérement fon ventre pour faire jouer & étendre la 
queue qui étoit repliée en-deffous , & la voir ainfi 
étendue. 

Outre cette queue finguliere ,; qui fait le caraëtere 
effentiel de la podure, cet infeëte en a encore un autre, 
qui n'eft pas moins remarquable , quoiqu'il lui foit com- 
mun avec le genre fuivant : c'eft d’avoir tout fon corps 
couvert de petites écailles. Si on touche légérement une 
podure , on voit les couleurs de cet infeéte difparoître , & 
il refte fur les doigts une petite poufliere , qui n’eft autre 
chofe qu’une quantité de petites écailles colorées , fort 


DES INSECTES. 607 
femblables en petit à celles qui font fur les aîles des pha= 
lênes & des papillons. 

Les podures fe trouvent ordinairement à terre , dans 
les endroits humides , fous les feuilles & les pierres. 
Leurs antennes font aflez longues , leur tête & leur cor- 
celet fort diftin@s. Les unes font allongées , les autres 
{ont courtes & ont le ventre tout rond , aufli large que 
long. Cette conformation différente nous a fervi à diftri- 
buer les efpéces de ce genre en deux familles. Les unes 
& les autres fautent également. Elles paroiflent fe nour- 
rir de l'humidité de la terre fur laquelle on les trouve. 
Parmi les efpéces de podures , il y en a une aquatique qui 
fe trouve en quantité fur les bords de l’eau , & même 
fur l’eau. Cet infecte faute & marche fur la furface de 
Peau , auffi aifément que le font les autres fur la terre la 
plus ferme. 


PREMIERE FAMILLE. 
Podures globuleufes. 
1. PODUR À fu/Co- nigra ; abdomine globo{o fgnaturis 


ferruginers. 


+ 


La podure noirätre à taches fauves [ur le ventre. 
Longueur + ligne, 

Ses antennes font à peu près de la longueur de fon 
corps. Son ventre eft rond & gros. Tout l'infecte eft d’un 
brun noirâtre liffe , à l'exception de la fourche de fa queue 
qui eft de couleur plus pâle , & de trois ou quatre taches 
irréguliéres, de couleur de rouille ou fauve , placées de 
chaque côté du ventre. C’eft fous les pierres un peu hu= 
mides que J'ai trouvé ce petit infeéte. 


2. PODUR A szridis, oculis nigris , capite flavefcente, 
antennis i1 medio fractis. : 


Linn. faun. fuec. n. 1172. Podura viridis fubglobofas 
Linn. fyft. nat. edit. to , p. 608 , n. 1. Podura viridis, 
Aû, Upf. 1736, p.37, nn, 2. Pulex viridis plantaçsum, 


60$ HISTOIRE ABRÉGÉE 


La podure verte aux yeux noirs. 
Longueur 3 ligne. 

Elle eft ronde , de couleur verte claire. Sa tête eft plus 
jaune que le refte de fon corps, avec deux yeux très-noirs 
fur le fommet. Ses antennes font de la longueur de fa 
tête & coudées dans leur milieu. Le ventre a, vers fa 
partie poftérieure qui eft très-grofle , deux angles ÿ un de 
chaque côté , ce qui fait un peu reffembler cet infeéte à 
un puceron. Entre ces deux angles, le ventre de l’animal 
fe termine un peu en pointe. À peine apperçoit- on le 
corcelet qui eft très-petit. On trouve cet infecte fur les 
plantes , dès le mois d'avril. 


3. PODUR A fu/Ca non nitens, antennis longitudine 


COrporis. 


La podure brune enfumée. 
Longueur + ligne, 

Elle eft prefque toute ronde, de couleur brune , fem- 
biable à de la fuie de cheminée , nullement brillante ni 
luifante. Ses antennes font de la longueur de fon corps & 
fes yeux font placés fur le haut de la tête derriere les an- 
tennes. Cette tête eft prefque ronde. L’infeéte faute très- 
bien : on le trouve fur les écorces d'arbres. 


SE C'OËNID.E : FACMCT LILI. 


Podures allongees. 


4 PODURA fü/Co nigroque sariegata villofa. Planch. 
20 , fig. 2, 
La podure commune velue. 
Longueur 2 lignes. Largeur 3 ligne. 
C’eft une des plus grandes efpéces que nous ayons dans 
ce pays-ci. Elle paroït à la premiere vüe d'un brun cou- 
É . . » » .. N © 
leur de fuie ; mais lorfqu'on l’examine de près, on voit 


qu'elle eft d’un brun jaunâtre ; tout entrecoupé de taches 
| & 


DES INSECTES, Go) 
& de raies noires. Sa tête & fon corcelet font fort velus 
& leurs poils fe détachent aifément & reftent aux doigts 
lorfqu’on touche l’infeéte. Le ventre eft affez life. Les 
antennes compofées de quatre articles, font de la lon- 
gueur des deux tiers du corps. On trouve très-commur 
nément cette efpéce fous les pierres. À 


$- PODUR A Zvido-lutea , annulis tranfverfis nigris, 


La podure jaune à anneaux noirs. 
Longueur = ligne. 

La couleur de cette petite efpéce eft d’une couleur li- 
vide un peu pâle. Ses pattes ont leurs articulations noi- 
râtres , & le ventre a plufieurs bandes tranfverfes ou an- 
neaux de couleur noire , ordinairement au nombre de fept. 
On la trouve fous les pierres. Peut-être ne différe-t-elle 
de la précédente que par l'âge , car je ferois porté à 
croire que c’eft la même encore jeune, c'eft ce qu'il fau- 
droit examiner & que je n’ai pu découvrir. 


6. PODURA gra , thoracis limbo antennarumque 
bafi flavis ; pedibus furcaque pallidis, 


La podure porte-anneau. 
Longueur : = ligne. 

Cette efpéce eft une des plus grandes & des plus belles 
de ce genre. Sa couleur eft d’un noir life & brillant, 
mais la bafe de fes antennes eft jaune , & le bord inférieur 
du corcelet eft de la même couleur, ce qui forme une 
bande tranfverfe jaune en anneau fur le milieu du corps 
de l'infeéte. Les pattes & la fourche de la queue font 
d’une couleur pâle blanchâtre. Jai trouvé cet infeëte fur 
les vieux bois, comme celui que décrit M. Linnæus 
faun./fuec. n. 1177 , auquelil paroïît reffembler. La feule 
différence fenfible confifte dans la bande jaune du corce- 
let formant un anneau qui fe trouve dans notre efpéce & 
dont M. Linnæus ne parle point dans la fienne. 

Tome IL. Hhbhh 


610 HISTOIRE ABRÉGÉE 
7. PODUR A arra viatica. 


Linn. faun. fuec. n. 1179. Podura viatica. 


La podure noire terreftre. 
Longueur 1 + lizne. 

Celle-ci eft une des plus grandes , mais fa grandeur va- 
rie. Elle eft cylindrique, d'une couleur noire matte, & 
vûüe à la loupe, elle paroït un peu velue. Ses antennes 
font aflez groffes & égalent la moitié de la longueur du 
corps. On la trouve fouvent en grande quantité à la fois, 
enforte que la terre paroït toute noire par le grand nome 
bre de ces infectes qui la couvrent. Mais fi on veut les 
prendre , ils fautent tous & le noir difparoïit & fe répand 
de côté & d'autre. 


8. PODUR A arra aquatica. 


Linn. faun. fuec. n. 1178. Podura aquatica nigra. 

Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 609 ; n. 8. Podura aquaticas 
De Geer. A&. Stockolm. 1740 » p. 279 , tab. 3 , 4e 

AG. Upf. 1740 » pe 573 t. 3. Podura aquatica tota nigra. 


La podure noire aquatique. 


Il y a beaucoup de reffemblance entre celle-ci & la 
précédente, elle eft feulement des deux tiers plus petite. 
Ses antennes font plus longues à proportion & égalent à 
peu près la longueur du corps. Sa couleur noïre , quoique 
matte, eft aufli un peu moins foncée. 

C'eft fur les eaux dormantes que fe trouve en grandes 
troupes cette podure. Elle fe tient fur l'eau proche les 
bords, & couvre toutes les feuilles des plantes aqua- 
tiques. 


9. PODUR A p/umbea. 


Linn. faun. fuec. n. 1175. Podura teres plumbea. 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 609 ,n. 4. Podura teres fufco-cærulea nitida, 


La podure grife commune. 
Longueur x ligne. 


DES INSECTES. 611 
Elle eft par-tout de la même couleur grife , plombée 
& luifante. Cette couleur eft produite par des petites 
écailles argentées ou plombées , femblables à celles des 
ailes des papillons , dont tout fon corps eft couvert. Si 
on touche cet infeéte , ces écailles fe détachent & on 
voit à nud le corps qui eft blanchâtre. La queue de cette 
efpéce eft grande & prefqu'aufli longue que fon corps. 
On la trouve par-tout , fur les arbres ; dans les prés; 
mais toujours feule & jamais par troupes. 


10. PODURA vio/acea. 
La podure violette. 


Elle eft un peu plus petite que la précédente, par-tout 
de la même couleur violette un peu plombée. On la trou- 
ve avec la commune, & elle pourroit bien n'en être qu’une 
variété ou n’en différer que par l’âge , car elle eft conf- 
tamment plus petite. 


RO BIT CI NA 
LA FORBICINE. 


Pedes fèx origine lata & Six pattes dont l'origine 


Jquamo/a. eft large & écailleufe. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Os tentaculis duobus mobilibus. Bouche avec deux barbillons 
F mobiles. 
Antenne filiformes. Antennes filiformes. 
Abdominis cauda tripilis. Trois filets au bout de la 
queue. 
Corpus fquamis teflum. Corps couvert de petites écail= 
es. 


La forbicine eft un infeéte très-commun , que prefque 
tout le monde connoit de vüe , & dont cependant pref- 
qu'aucun Naturalifte n’a parlé. Son port, fa couleur argen- 
ne , & fa légéreté à courir le font remarquer, & il n’eft 

Hhhhij 


612 HISTOIRE ABRÉGÉE 

guères poflible d'ouvrir de vieux chaflis , de remuer des 
bois humides , fans trouver de ces infeêtes. Ilsrefflemblent 
à des petits poiflons qui courroient fort vite. Mais en 
examinant de près ces infe@tes , on voit qu’ils portent des 
caracteres qui les rendent encore plus reconnoiflables. 
Outre le nombre des pattes & des yeux; outre les pe- 
tites écailles argentées qui couvrent tout le corps de la 
forbicine & le rendent brillant ; cet infete a trois carac- 
teres eflentiels ,.dont un feul fufliroit pour le diftinguer 
de tous les autres genres. Le premier de ces caraéteres 
confifte dans la forme des pattes qui font larges & appla- 
ties , fur-tout à leur origine , & qui de plus, à cet en- 
droit de leur naifflance , font recouvertes de grandes & 
larges plaques minces femblables à de grandes écailles. 
Une partié de la cuiffe de l'infete eft cachée fous ces 
écaïlles ;-& lorfqu’il replie fes pattes, il peut les tenir 
prefqu'entiérement à couvert. Le fecond carattere de la 
forbicine confifte dans les deux barbillons mobiles & longs 
qui accompagnent la bouche de cet infeête. Ce genre 
eft le feul de ceux de cette fettion où l’on voye de fem- 
blables barbillons. Enfin le troifiéme & dernier carattere 
dépend de Ja conformation de la queue de la forbicine. 
Cette queue eft garnie de trois grands filets, dont l’un eft 
droit & dans la même direétion que le corps: c’eft celui 
du milieu. Les deux autres des côtés font dans une direc- 
tion différente & forment avec le corps & le filet du mi- 
lieu , un angle prefque droit. Outre ces trois grands filets, 
l'extrémité du ventre de la forbicine eft encore garnie 
d’autres petits filets latéraux courts & aigus , qui reflem- 
blent à des petites pattes écourtées , & qui fervent à la 
feconde efpéce de forbicine, à fauter & s’élancer en 
l'air. 

On:trouve ces infeétes dans les fentes des chaflis qui 
ne font;pas fouvent ouverts , fous les planches qui fervent 
d'appui aux fenêtres , pourvû qu'il y ait un peu d’humidi- 
té.  paroït que cet infeéte fucce les bois humides, Peut- 


DES INSECTES. 613 
être fe nourrit-il auffi des poux de bois qui font communs 
dans les mêmes endroits. De tous les Naturaliftes que 
j'ai confultés, il n’y a qu'Aldrovande qui ait donné une 
affez mauvaife figure de cet infeéte. 11 l’a appellé forbi- 
cina , peut-être à caufe de quelque reflemblance avec le 
perce oreille ,en latin forfecula. J'ai confervé à cet animal 
le même nom de forbicine. Je n’en connois que deux 
efpéces. 

1. FORBICINA plana. Planch. 20, fig. 3. 


Linn. fÿfl. nat. edit. 10 ,p. 608. Lepifma fquamofa , cauda triplici. 
Aldrov. inf. p. s70, tab. 2, fig. s. Forbicina, 


La forbicine platte. 
Longueur 4 lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Le corps de cette efpéce eft allongé, & compofé de 
neuf ou dix anneaux qui vont en diminuant, de la tête à 
la queue. Ses antennes font longues , minces, filiformes, 
& égalent la longueur des deux tiers du corps. Sa bou- 
che a deux longues appendices,compofées de plufieurs ar- 
ticles, à peu près comme celles des tipules. Ses pattes font 
au nombre de fix, trois de chaque côté , larges , courtes 
& blanchâtres. Elles font renfermées & reçues dans autant 
de rainures qui font dans la partie inférieure de l’animal, 
& leur origine eft couverte d’une large lame ou écaille 
de forme ovale, Mais outre ces fix pattes , l’infeéte en a 
fix autres , courtes, minces , qui font de faufles pattes , 
trois de chaque côté , placées vers Pextrémité du corps 
avant la queue. Ces efpéces d’appendices font très-cour- 
tes. La queue fe termine par trois longs filets , lun au 
milieu plus allongé & pofé en long , & deux autres pofés. 
en travers, un de chaque côté , enforte que les trois for- 
ment enfemble une efpéce de croix. Ces filets font min- 
ces, fins, & vûs à la loupe, ils paroïffent un peu velus. 
L'infecte eft de couleur plombée , luifante & argentée 
à caufe des petites écailles de cette couleur dont il eft 
çouvert. Par ce même endroit, il refflemble, fur-tout en- 


É14 HISTOIRE ABRÉGÉE 

deffous , à ces petits poiffons blancs argentés. On le trou: 
ve dans les jardins , fous les caifles , & dans les fentes 
des chaflis des fenêtres des maiïfons , où il eft fort com- 
mun. Îl court très-vite & eft difficile à prendre. Lorfqu'on 
le touche, il perd une partie de fes écailles , & fa molleffe 
fait qu’on l’écrafe aifément. 


2. FORBICINA #eres falratrix. 
La forbicine cylindrique. 


Longueur 4 3 lignes. Largeur 1 ligne. 

La couleur de celle-ci eft plus foncée que celle de 1a 
précédente. Son corps eft prefque cylindrique , au lieu 
que celui de l’autre eft applati ; il diminue vers le bout & 
il eft tout couvert d’écailles très-petites. Ses yeux pofés 
fur le derriere de la tête font noirs & fe touchent. Ses 
antennes femblables à des fils , font plus longues que fon 
corps. Sa bouche a quatre appendices courbes , fembla- 
bles à celles des tipules, deux en haut plus longues & 
compofées de fix articles, & deux inférieures & plus 
courtes , compofées feulement de deux piéces. Outre 
les fix pattes, l’infeéte à huit paires d'épines ou de fauf- 
fes pattes courtes , mobiles, favoir deux à chaque an- 
neau , dont il fe fert pour fauter. La queue eft terminée : 

ar trois filets, dont celui du milieu , plus long du dou- 
ble que les deux autres, égale la longueur du corps. On 
trouve cet infeéte dans les mêmes endroits que le pré- 
cédent, mais bien plus rarement ici. Il y a quelques bo 
vinces où ikeft très-commun. 


PULEX 
LA PÜUCE. 
Pedes [ex faltatorie. Six pattes propres à fauters 
Oculi duo. Deux yeux. 


Os inflexum, Bouche recourbée en-deffouss 


DES ÏÎNSECTES. 61e 
Antennæ filiformes. Antennes filiformes: 
Abdomen fimplex fubrotundum. Ventre fimple & arrondi. 
Nous ne nous arrêterons pas à décrire la puce qui 
eft connue de tout le monde. D'ailleurs on peut confulter 
la figure que nous donnons de cet infeéte grofli à la loupe; 
on y verra la figure terrible de ce petit animal , que la na- 
ture a couvert d’écailles dures & fermes , & dont la bou= 
che eft armée d’une trompe aigue , avec laquelle il fucce 
le fang de l’homme & des animaux. Cette trompe & la 
forme des patres poftérieures de la puce , qui font très- 
longues & qui lui fervent à fauter, conftituent le caraétere 
effentiel de ce genre. Mais ce qui mérite le plus d’être re- 
marqué , c’eft la produétion finguliere de cet infe&e. De 
tous les infeétes fans ailes qui compofent cette feétion , la 
puce ef la feule qui fe métamorphofe comme les infeétes 
des autres feétions , & qui ne forte pas toute formée , ou 
d'un œuf, ou du ventre de fa mere. La puce eft ovipare , 
elle pond de petits œufs , qui s’attachent à la bafe des 
poils des animaux, par une matiere gluante dont ils font 
enduits ; quelquefois elle fe contente de les mettre dans 
les endroits où les animaux vont fe coucher , ou fur des 
couvertures de lit. De ces œufs,éclofent au bout de quatre 
ou cinq jours, des petites larves longues , à plufieurs 
pattes , compofées d’anneaux ; & femblables à des petits 
vers bruns , dont le corps eft garni de quelques poils 
longs , mais en petite quantité. Ces larves vivent fur les 
animaux, cachées entre leurs poils. L’efpéce de craffe que 
fournit la tranfpiration, leur fert de noutritute. On peut 
aufli les nourrir dans des boëtes avec des mouches dont 
elles font fort friandes. Elles font petites , vives, agiles, & 
elles rampent comme des chenilles. Lorfqu'’elles font par- 
venues à leur grandeur , au bout de douze ou quinze 
jours , elles forment de petites coques blanches en-dedans 
comme du papier, fales en-dehors & couvertes de pouf- 
fiere. Dans ces coques , font renfermées les nymphes ou 
chryfalides , qui font d’abord blanches & qui bruniflent 


616 HISTOIRE ABRÉGÉE 

enfuite. C’eft de ces nymphes que fort la puce ou l’infeété 
parfait , après avoir fubi ces trois métamorphofes. 

© La puce, par cet endroit , paroît s’écarter beaucoup de 
tous les infectes de cette fettion , dont elle fe rapproche 
par fes autres caraëteres. Nous ne connoiflons qu'une 
feule efpéce de ce genre , qui fe trouve fur les animaux 
& fur l’homme , & particuliérement fur les femmes & les 
enfans , dont la peau plus tendre & plus délicate femble 
l'attirer davantage. On fait que cet infette pique forte- 
ment & qu'il faute avec beaucoup d’agilité. 

Les merveilles que quelques auteurs rapportent à fon 
fujet , fervent à juftifier également fa force prodigieufe & 
ladrefle furprenante de quelques ouvriers qui ont fü Pen- 
chainer & l’atteler à de petits chariots. Au rapport de 
Mouffet , un nommé Mark, Anglois, avoit fait une chaîne 
d’or de la longueur du doigt, avec un cadenat fermant 
à clef. Une puce attachée par cette chaîne la tiroit avec 
facilité ; & le tout, y compris le petit animal , pefoit 
à peine un grain. Hoock raconte un fait encore plus fur- 
prenant. Un ouvrier Anglois avoit conftruit en ivoire un 
carofle à fix chevaux , un cocher fur le fiége ; avec un 
chien entre fes jambes , un poftillon , quatre perfonnes 
dans le caroffe & deux laquais derriere ; & tout cet équi- 
page étoit trainé par une puce. 


1. PULE X. Planch. 20, fig. 4. 


Linn, faun. fuec. n. 1171, Pulex ater. ù 
Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 614, n. 1. Pulex probofcide corpore brevioree 
Baker. p. 191, tab. 13, fig. 61. 

Tranfaët. philof. tom. 3 , n. 149, tab. 10,f.1 — 6 

Mouffet. p. 275. 

Lewenhoeck. epift. 1 , pe 357, fige 7. 

Hoock. micrograph. p. 61, tab. 32. 

Bonan. micrograph. fig. $6e 

Merret. pin. 102. 

Raj. inf. 7. Pulex vulgaris. 

Frifcn germ. 11,p. 8. Pulex. ÿ 

Rofel. inf. vol, 2 , tab, 2, 3, 4, Mufcar, & culic: 


La puce. 
| CHELIFER, 


DES INSECTES. 617 
CHELIFER. Acari fpec. linn. 
M A)20P;:1I NICYE. 


Pedes octo. Huit pattes. 

Oculi duo. Deux yeux. 

Antennæ cheliformes roffro lon- Antennes en pinces de crabe 
giores, plus longues que la trompe. 


La pince eft ainfi appellée, à caufe de la forme de fes 
antennes qui repréfentent à leur extrémité une efpéce de 
pince fourchue femblable aux pinces des crabes & des 
écrevifles , que l’on connoit en latin fous le nom de che/æ. 
C'eft aufli de-là que ce genre eft nommé en latin cheZfer,, 
comme qui diroit porte-pince. 

Ce genre différe des précédens par le nombre de fes 
pattes : il en a huit , au lieu qu'ils n’en ont que fix. Ce ca- 
rattere le diftingue de tous les infettes de cette feion, 
à l'exception de la tique , du faucheur & de l’araignée 
qui ont pareillement huit pattes ; mais l’araignée a huit 
yeux , au lieu que la pince n’en a que deux. Il ne refte 
donc plus que deux genres avec lefquels on pourroit 
la confondre , la tique & le faucheur. Elle s’en fait aifé- 
ment diftinguer par un autre caractere , ce font fes anten- 
nes fendues par le bout & qui imitent les pinces. Il eft 
donc impoflible de confondre la pince avec ces différens 
genres. 

Cette figure des antennes, la forme du corps des pinces 
qui font larges & courtes , les font beaucoup reflembler à 
des petits crabes. Elles les imitent même par leur démar- 
che. Lorfque l’on touche la pince , ou qu'elle évite quel- 
qu'objet qu’elle rencontre , elle marche fouvent à recu 
lons ou de côté comme les crabes. 

On trouve ces infeétes dans les lieux humides fous les 
pierres & les pots à fleurs des jardins. Ils paroiffent fe 
nourrir de poux de bois & autres petits infeétes. 

Nous ne connoïffons que deux efpéces de ce genre,tou- 

Tome TI, Tiii 


618 HI STONRE MA BR EG ÉE 

tes deux petites. La premiere a été appellée /Corpion-arai- 
gree ; parce qu’elle tient de araignée pour la figure, & du 
{corpion pour la forme de fes antennes. La feconde efpé- 
ce eft encore plus petite, & fes pinces font beaucoup plus 
fines que celles de la premiere. 


1. CHELIFER füfcus , abdomine lineis tranfverfis. 


Linn. faun. fuec. n. 1187. Acarus pedibus primi paris cheliformibus. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 616, n. 7. Acarus antennis cheliformibus , abdomi- 
ne ovato depreflo. Ibid. Acarus cancroïdes. 

Frifch germ. 8 , p. 2 , tab. 1. Scorpio-araneus, 

It. Ocland. 84. Acarus fcorpio-araneus di&tus, 

Rofei. inf. vol. 3, Jupplem. tab. 64. 

Le fcorpion-araïgnee. 

Longueur 1 ligne. Largeur ? ligne. 

Son corps eft de couleur un peu brune ; & fon ventre a 
des fillons tranfverfaux. Ses pattes font au nombre de huit, 
quatre de chaque côté , & outre cela il a en-devant deux 
longues antennes , de la longueur du corps , plus grofles 
que les pattes , compofées de quatre articles ou nœuds 
arrondis & dont le dernier eft allongé & terminé par deux 
pinces. Ces antennes reffemblent précifément aux pattes 
des crabes. M. Linnæus les a prifes pour des pattes , com- 
me.on le voit par fa phrafe ; dans ce cas, cet infeête auroit 
dix pattes, feroit un vrai crabe , mais il n’auroit point d’an- 
tennes ,; ce qui l’éloigneroit de la clafle des infeétes. 
On doit donc regarder cette partie comme fes antennes , 
& ne compter que huit pattes à cet animal. Au devant 
de fa tête, il a vers fa bouche deux petites pinces qu'il re- 
mue en marchant. 

On trouve cette efpéce dans les jardins fous les pots ; où 
on met des fleurs ; fous les écorces des arbres à moitié 
détachées , & même dans les endroits peu fréquentés 
des maifons , & quelquefois dans les livres qu’on remue 
peu. Elle fe nourrit des poux de bois qu’elle détruit. 


2. CHELIFER sous ruber , antennis extremo biferis, 
Planch. 20, fig. s. 


DES INsecTes. G19 


Linn. faun. fuec. n. 1205, Acarus petrarum ruber , antennis roftro longio- 
ribus, 
Linn. fyff. nat. edit. 10,p. 618 , n. 26. Acarus longicornis, 


La pince rouge. 
Longueur + ligne. 

Sa forme eft allongée & comme en poire. Sa tête eft 
pointue en-devant , & Je n’y ai point remarqué vers la 
bouche les deux petites pinces que l’on voit dans le précé- 
dent. Ses antennes plus longues que fa tête , refflemblent à 
celles du fcorpion-araignée , fi ce n’eft que les articula- 
tions dont elles font compofées font plus grefles , plus 
minces , & que la pince de l'extrémité eft formée par 
deux longs filets , dont l’un eft un peu plus court que l’au- 
tre. Le ventre eft entiérement d’une couleur rouge fon- 
cée. Les pattes au nombre de huit , font affez longues 
& d’un rouge un peu plus pâle. On trouve cet infeéte fous 
les pierres & fous les écorces d'arbres. 


L ACAMVU:S: 
L'ART QUE. 
Pedes otlo. Huit pattes. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Antennæ fimplices rofro brevio- Antennes fimples plus courtes 
res. que la trompe, 


La tique ; comme nous l'avons dit en parlant du genre 
précédent , fe diftingue de l’araignée , à laquelle elle 
reflemble beaucoup par le nombre différent de fes yeux. 
La forme de fes antennes qui font fimples & plus courtes 
que fa trompe ; empêche qu'on ne la confonde avec la 
pince & le faucheur. 

Ce genre eft aflez nombreux , mais beaucoup d’efpéces 
font trop petites pour être apperçues à la vüe fimple. 
II faut employer le microfcope pour les découvrir , fouvent 
même avec peine. Nous n’avons point parlé de ces petites 
efpéces microfcopiques qui font trop petites pour laifler 

Lier 


620 HISTOIRE ABRÉGÉE 

appercevoir leurs différences fpécifiques. Les mittes , fes 

cirons font de ce genre, ce font de vraies tiques. Nous dé- 

taillerons les efpéces les plus communes & les plus groffes 
armi ces animaux infiniment petits. 

En général la tête des tiques ef très-petite. Leurs an- 
tennes font fort courtes ; & ordinairement moins longues 
que l’efpéce de bec aigu & pointu qui forme la bouche 
de-ce petit animal. Ce bec eft une efpéce de fourreau qui 
renferme une trompe fort fine , que l'infette enfonce dans 
la peau des animaux fur lefquels il vit. Le corcelet de la 
tique n’eft pas plus grand que fa tête , & il eft tellement 
confondu avec le ventre , qu'il ne s'en diftingue que 
parce qu'il eft plus ferme & plus dur. Le ventre eft la 
partie la plus grofe & la plus confidérable de l'infete. Ce 
ventre eft ordinairement plus mol que le refte du COTpS » 
& dans quelques efpéces , comme Îa que des chiens , 
il eft capable d’une fi grande extenfion ; que l’infeéte ainfi 
gonflé paroit fept ou huit fois plus gros. “ 

Les tiques viennent d'œufs , les meres font ovipares, 
Il faudroit que leur groffeur permit d'examiner leur ac- 
couplement ; qui probablement doit être fingulier , & 
avoir quelque rapport avec celui des araignées & des 
crabes auxquels ces infeétes font analogues. 

Plufeurs efpéces de ce genre font carnaflieres & vivent 
fur différens animaux , mais au défaut de ces animaux, 
elles favent trouver leur nourriture fur les plantes & les 
arbres dans les bois. Les chiens, les oifeaux, les mouches, 
les coleopteres font attaqués par différentes tiques ; que 
quelques auteurs ont défignées à tort par le nom de poux. 
L'homme même nen eft pas exempt , & une des plus 
vilaines & des plus infupportables maladies dont il ef 
attaqué, paroït n'être dûe qu'à des petites tiques ou cirons, 
qui s’introduifant fous la peau , y caufent ces furieufes 
démangeaifons qui accompagnent la galle. D'autres tiques 
moins à redouter , ne fe trouvent que fur terre fous les 
pierres humides, Parmi ces dernieres, il y en a une dont 


DES INSECTES. 621 
le corps eft éclatant par fa belle couleur d’un rouge vif 
& couleur de feu. L’eau fert auffi de domicile à quelques 
tiques qui favent très - bien nager dans cet élément , & 
qui peut-être s’attachent aux poiflons ou à d’autres ani- 
maux aquatiques. Enfin il y en a une derniere efpéce fort 
petite & qui n”eft remarquable que par fes ouvrages. C’eft 
elle qui file ces toiles que le vent emporte en l'air & 
que l'on voit fi fouvent en automne voltiger & tomber 
dans les campagnes. Cette efpéce travaille ordinairement 
vers le mois d’oétobre , & nous lavons appellée le tifle- 
rand d'automne. 


1 ACARUS Zvidus , antennis brevibus fubclavatis ; 


abdomine antice macula ovata fufca nitente. 


Linn. faun. fuec. n. 1193. Acarus abdomine livido , antice ovato fufco , an= 


tennis clavatis. # 


Linn. fyfé. nat. edit, 10 , p. 615 , n. 6. Acarus globofo - ovatus macula bafeos: 
rotunda, antennis clavatis. 


“Raj. inf. p.10. Ricinus caninus. 
Frifch. germ. $ , p. 41 ,r. 19. Pediculus caninuss 


La tique des chiens. 
Longueur 12 ligne. Largeur + ligne. 

La forme de cet infette eft ovale : fa couleur eft d’un 
brun quelquefois rougeâtre ; d’autres fois jaunâtre. Son 
ventre fait la plus grande partie de fon corps, & il a furle 
devant une tache plus brune , plus liffe & plus élevée que 
le refte , dont la forme eft ovale. Sous le ventre , fe trouve 
Fanus de l'infeéte. Son corcelet eft fort petit ; ainfi que 
fa tête. Sa trompe eft grande, faillante & divifée en deux 
parties. Les antennes font à peu près de la longueur de 
cette trompe , elles font grofles pour leur grandeur & un 
peu figurées en maflues. 

Cette tique s'attache aux chiens : pour lors elle groffit 
confidérablement & à quelquefois fept ou huit lignes de 
long. C’eft fon ventre feul qui s’enfle ainfi , car toutes les 
autres parties reftent toujours dans leur #rofleur ordinai- 
se. Quand elle eft ainfi gonflée , elle eft d’un brun un 


622 HISTOIRE ABRÉGÉE 

peu gris. On la voit fouvent pendue aux oreilles des chiens 
de chafle , qui en gagnent beaucoup dans les bois , où fe 
trouve communément cette tique. 


2. ACARUS umanus fubcutaneus. Linn. faun. fuec. 
2. 1194 


Etimull. aët. Lips. 1682, p. 319. 

Rivin. diff. exanth. p. 18 , f. A. B. 

A. Upf. 1736 , p.37, n. 5. Acarus fcabiei, 
Bonani micregr. cur. f. 113. 


Le ciron de la galle. 


Cet infeéte prefqu’imperceptible,eft de forme ovale. Sa 
tête & fes pattes font un peu brunes. Son ventre eft blan- 
châtre , avec deux lignes grifâtres peu marquées & cour- 
bées , dont les pointes regardent la partie poftérieure de 
l'animal. Ce ciron s’enfonce fous la peau & produit les 
petites veficules qui fe trouvent fur les galleux. Il fuit les 
rides de la peau , & en marchant il forme différentes veli- 
cules proche les unes des autres. Sa marche & fes piqûres 
caufent les démangeaifons que l’on fent dans cette 
maladie. On peut l'enlever avec une pointe d’éguille. 
Tiré ainfi hors de la peau;il refte fouvent immobile , mais 
fi on le réchauffe avec l’haleine,il court fort vite. C’eft par 
le moyen de ces infeêtes que la galle fe communique 
fi aifément , les vêtemens des galleux en étant fouvent 
remplis. Les amers & les préparations mercurielles font 
PE ces cirons , & c’eft par ce moyen qu'ils détruifent la 
galle. 


3. ACARUS ca/ei antique. 


Linn. faun. fuec. n. 119$. Acarus farinæ. 

Blanck. belg. p.158 ,t.14,/f. A, B. è 

Bonan. nat. cur. dec. 2. ann. 10. app. 34. Acarus ex arido cafeo. 
Bonan. microgr. cur. f, 112. 


Riv. prurit. 18 DS E SES GSIEKSLSN. 
Le ciron du fromage. 
Le ciron du fromage reffemble beaucoup à celui de 1a 


DES INSECTES. 623 
galle , mais il eft un pe: plus grand. Son ventre gros, 
ovale & blanchâtre , n’a point de bandes grifes | comme 
dans le précédent. Sa tête & fes pattes font un peu brunes, 
Si on regarde cet infeëte au microfcope ; on voit qu'il 
a fur le corps quelques poils longs , ce que l’on n’appercoit 
pas dans celui qui précéde. On trouve communément ce 
ciron dans le vieux fromage ; il fe trouve aufli dans Ja fari- 
ne, & j'ai eu des pains à cacheter réduits en poufliere par 
ce petit infeéte. 


4 ACARUS in/feélorum rufus ; ano albicante. Linn. 
faun. fuec. n. 1198. 


Linn. [yff. nat. edit. 10 ,p. 618 , n. 24, Acarus rufus ; ano albicante, 
Lift. log. 381. Pediculus fubfavus fcarabæis infeftus. 

Blank. belg. 168, tab. 14, f. H. Pediculus infe&orum volatilium, 
Frifch. germ. 4, p. 17 , tab, 10. Pediculus fcarabæi currens. 

A. Upf. 1736,p. 37, n.2. Acarus infetorum coleoptratorum, 
Reaum. inf. tom. 6 ,tab.4,f.13, 14. 

Rofel. inf. tom. 4, tab.1 ,f. 10, 11. 


La mitte des coleopteres. 
Longueur à ligne. 

Le corps de cette mitte eft dur , écailleux , liffe & 
de couleur fauve , à l'exception de fa partie fupérieure qui 
eft blanchître. Il eft difficile , à la vûe fimple, de diftinguer 
la tête & le corcelet de cet infeéte. Ses pattes font lon- 
eues , fur-tout les poftérieures , quoique M. Linnæus dife 
Îe contraire. Cette tique court affez vite. On la trouve par 
troupes fur les coleopteres , le fcarabé , le hanneton & 
quelquefois fur les frelons ; principalement fous le ven- 
tre. 


$. ACARUS gymnopterorum ruber , punélorum coccineo- 
rum utrinque pari. Linn. faun. fuec. n. 1208. 


Linn. fyft. nat. edit. 10 , p. 618 , n. 23. Acarus abdomine rubro ; fateribus 
punétis binis coccineis. 
Reaum inf. tom. $ ,tab.38,f.1,2, 3e 


La mitte rouge des mouches, 


624 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Quoique cette mitte foit un peu plus groffe que la fui- 
vante , elle eft cependant très-petite. On la voit comme un 
point rouge attaché aux mouches & aux moucherons , 
& le microfcope ou la loupe peuvent feuls faire diftinguer 
fes pattes & toutes fes parties. Elle eft d’un beau rouge 
couleur de feu ; avec deux points d’un rouge ponceau de 
chaque côté du ventre, l’un plus haut, l’autre plus bas. 


6. ACARUS rufus mufczrum ; pedibus pofticis longis 
filiformibus. Linn. faun./fuec. n. 1209. 


Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 617 , n. 21. Acarus mufcarum. 


La mitte brune des mouches. 


Cette mitte eft infiniment petite. Elle reffemble à un 
petit point brun , & fi elle ne remuoit point , on auroit 
peine à croire que ce fût un infeéte. La loupe fait voir que 
c’eft une vraie tique , & on apperçoit fur-tout les pattes 
poftérieures de l'infete qui font fines & longues. On 
trouve cette mitte fur les mouches, J’en ai vû quelques: 
unes qui en avoient le ventre toutes couvertes. 


7. ACARUS #erreftris ruber abdomine depreffo. Linn: 
faun. fuec. n. 1200. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p.617, n. 19. Acarus abdomine depreflo , tomentofo ; 
poftice retufo , terreftris, 

Blank. belg. 170,1. 14, f. I. Araneus terrefris fcarlatinus. 

Lift. aran. 100 , f. 38. Araneus exiguus coccineus vulgo anglice à Tant diâus: 

Ray. inf. p. 41, n. 38. Araneus idem. 

Petiv. muf. 65 , n. 701. Araneus anglicus coccineus minimuse 

I. Oeland. 84. Acarus coccineus terreftris. 

Rofel. inf. vol. 3 , fupplem. x ; tab, 25. 

La tique rouge fatinée terreftre. 

Longueur 1 3 ligne. Largeur + ligne. 

Le corps de cette tique eft ovale, un peu allongé ; mé- 
diocrement applati vers le ventre, mollaffe , pulpeux, de 
couleur rouge de carmin , foyeux & comme fatiné. On le 
trouve à terre dans les prés & les gazons un peu fecs. 
F1 marche moins vite que beaucoup d’efpéces de ce genre. 

Sa 


DES INSECTES. 62s 


8. ACAR US aguaricus ruber abdomine depreffo. Linn. 
Jfaun. fuec. n. 11909. « 


Linn. fyff. nat. edit. 10, p. 617 , n. 18. Acarus abdomine depreflo tomentofo , 
poftice obtulo , aquaticus, 

Charlet. onom, 47. Bupreftis araneolæ. 

Frifch. germ. 8 , p. $ ,t. 3. Araneus aquaticus ruber parvus. 


La tique rouge fatinée aquatique. 


Elle reffemble tout-à - fait à la précédente pour la gran- 
deur , la forme & la couleur ; & on feroit tenté de croire 
que c'eft la même efpéce , fi ce n’eft que celle-ci ne peut 
vivre hors de l'eau & que l’autre y périt. C’eft dans les 
eaux dormantes qu'on trouve cette tique qui nage fort 
vite. 


9. ACARUS aguaticus niver ; abdominis medio lateri- 
bufque flavis. Planch. 20, fig. 7. 


La tique aquatique panachée. 
Longueur + ligne. 

Cette petite tique groffe comme un grain de navette eft 
arrondie. Son corps eft noirâtre , mais fur le milieu il y a 
une bande longitudinale jaune qui fe partage en deux 
vers la tête , & s’élargit vers le bas. Les deux bords du 
corps de Pinfeéte ont pareillement des bandes jaunes qui 
fe joignent en haut & en bas avec celle du milieu. Les 
pattes font longues & fines , & paroiflent à la loupe hérif- 
fées de poils. 

Cette tique vit dans l’eau où je l’ai trouvée. Elle nage 
très-vite à l’aide de fes longues pattes. Sa petitefle empé- 
che de voir la beauté de fes couleurs , qu'on n'apperçoit 
bien qu'avec la loupe. 


10. ACARUS perrarum ruber ; pedibus anticis longitu- 
dine corporis. 


La tique rouge des pierres à pattes antérieures fort longues. 
Longueur + ligne. 


Tome IL Kkkk 


626 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Sa forme eft arrondie , un peu ovale , fon corps eft gros 
& figuré en boule. Ses pattes font courtes , à l’exception 
de celles de devant qui font plus longues que les autres , 
& qui égalent la longueur de tout le corps. Tout l’infe&te 
eft d'un rouge foncé, mais les pattes font d’une couleur 
plus claire & plus vive que le refte. 

On le trouve fur les pierres ; il ne marche pas fort vite. 


11. ACARUS perrarum nigér, abdomine globofo lucido, 
femoribus fubclavatis. 


La tique noire & life des pierres. 
Longueur + ligne. 

Cette petite efpéce eft noire , ronde , liffe & luifante. 
Sa tête eft un peu aigue. Ses pattes font longues pour 
fa grandeur , & leurs cuiffes font grofles , du moins celles 
des deux paires antérieures. Cette tique marche affez len- 
tement , elle eft dure & réfifte un peu quand on l'écrafe. 
On la trouve fur les pierres. 

12. ACARUS ater , lateribus abdominis antrorfum 
acutis. 


Linn. [ÿff. nat. edit, 10 , p. 616, n. 13. Acarus ater , lateribus nigro-fub- 
coleoptratis. 
Linn. faun. fuec. n. 1211. Acarus ater, lateribus coleoptro acutis. 


La tique noire à ventre anguleux erz-devant. 


Cette petite tique femblable à un point rond , eff noire 
& lifle. Son ventre , du côté qui regarde la tête , a un 
angle de chaque côté , & fur les bords on apperçoit 
une rainure & un repli tout à l’entour , comme fi le ventre 
étoit couvert d'étuis femblables à ceux des coleopteres. 
On trouve ce petit infeête fur les pierres & les vieux murs, 
fouvent en grande quantité. Il court affez vite. 


13. ACARUS fu/Cus , autumnalis , textor. 
Le tifferand d'automne. 


La couleur de cette efpéce eft brune, un peu jaunâtre, 


DES INSECTES. 627 
Elle a une particularité, c’eft qu’elle file de la toile comme 
les araignées,ce que ne fait aucune autre efpéce de ce genre. 
On voit fouvent l'écorce des arbres en automne couverte 
de haut en bas, principalement du côté du nord, de toiles 
fines , qui font paroitre le tronc de l’arbre liffe & luifant. 
Ces toiles fourmillent de ces petits infeétes & font leur 
ouvrage. Le vent emporte fouvent ces toiles en l'air, 
& on les voit tomber en grande quantité en automne dans 
les campagnes & les jardins. C’eft ce que le peuple nom- 
me des f/s de la vierge. Plufeurs Naturaliftes ont cru 
que ces fils étoient des vapeurs condenfées , d’autres les 
ont pris pour des toiles d’araignées , mais ce font les toiles 
de nos wfferands , dont on trouve fouvent encore un bon 
nombre pris dans leurs filets & que le vent a fait voyager, 


14. ACARUS fu/cus ovatus, pedibus pallidis , vefperii- 
lionis, 

Baker. microfc. tab. xv. The loufe oft bat, 

La tique de la chauve - fouris. 

Longueur 1 ligne. 

On m'a donné cette petite tique , qui eft brune, ovale; 
& qui refflemble en petit à la tique des chiens. Ses pattes 
font d’un brun un peu plus clair que le refte de fon corps. 
Elle avoit été trouvée en aflez grande quantité fur le corps 
d’une chauve-fouris. 


PHALANGIU M. Acari fpec. linn. 
EVE NEA NUIC ER EAU 


Pedes otlo. Huit pattes. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Antennæ angulofæ. Antennes formant un angle 
aigu. 
Tentacula duo longa antennifor- eux longs barbillons fembla- 
mia. bles à des antennes. 


Sans être Naturalife ; on connoït le faucheur : on fait 
KkKkKk i] 


623 HiSTOIRE ABRÉGÉE 

combien cet infete approche pour fa forme de l'araignée;, 
dont cependant il différe par le nombre de fes yeux. Ce 
genre fe fait auffi diftinguer de la tique & de la pince;par 
la forme finguliere de fes antennes. Elles font compofées 
de deux piéces : l’une qui ef droite , part de la tête ou de 
la partie antérieure de l’animal : l'autre s'articule avec 
cette premiere , mais latéralement , formant avec elle un 
angle aigu , elle eft plus groffe à l'endroit de l'articulation, 
avec une pointe ou éperon poftérieurement ; & fine vers 
l’autre extrémité. 

Outre ces fingulieres antennes , le faucheur a deux 
longs barbillons ; plus longs dans le mâle que dans la 
femelle & qui font à côté des antennes. Quel eft l’ufage 
de ces barbillons ? Seroit-ce à cet endroit que les parties 
du mâle feroient placées à peu près comme dans les arai- 
gnées ! L’analogie porteroit à le croire : cependant ces 
parties ne fe terminent pas en bouton , & ne font point 
plus groffes à leur extrémité ; elles font feulement plus 
longues dans les mâles. Il faudroit voir l’accouplement de 
ces infectes , pour réfoudre cette difficulté. 

La tête du faucheur ef aflez finguliere ; elle eft confon- 
due avec le corcelet , & ne fait avec lui qu’une feule 
& même piéce. C’eft donc fur ce corcelet Joint avec 
la tête , ou fur cette partie qui tient lieu de Pun & 
de l’autre , que font polés les yeux au nombre de deux. 
L'infecte femble les porter fur le dos , où ils font pofés 
l’un à côté de l’autre , & féparés feulement par une efpéce 
de crête longue & aigue. 

Les patres du faucheur font fort longues , & leur der- 
niere partie ou le tarfe paroït compofé d'un nombre infini 
d’anneaux courts. Comme cet infeéte court dans les 
champs , la nature paroït lui avoir donné de très - longues 
pattes pour pouvoir marcher dans les prés par deflus le 
gazon & les herbes , de même que les tipules ont reçu de 
longues pattes pour le même ufage. 

Lorfqu'on faifit un faucheur , fouvent il s'échappe en 


DES INSECTES. 629 
laiffant dans les doigts une ou deux de fes pattes qui 
fe détachent aifément de fon corps. Les enfans connoiffent 
cette propriété de cet infecte , & ils s’'amufent même à 
détacher ainfi les pattes qui remuent encore long-tems 
après avoir été féparées du corps de l'animal. Mais ce qu’il 
faudroit examiner , ce feroit de s’aflurer s'il ne repoufle 
pas de nouvelles pattes au faucheur , après que les fiennes 
ont été arrachées, à peu près comme il repoufle des pattes 
aux crabes & aux écrevifles , lorfque les leurs ont été 
caflées. Je ferois très-porté à le croire , à caufe de l’analo- 
gie qui fe trouve entre çes animaux. De plus , j'ai trouvé 
une fois un faucheur qui avoit fept grandes pattes , & la 
huitiéme plus petite que les autres des deux tiers au 
moins. C’étoit l'avant derniere. Cette petite patte auroit- 
ellerepouflé après avoir été détachée? L’obfervation feule 
pourroit en inftruire ; & ce fait demanderoit à être fuivi. 

Nous ne connoiffons qu'une feule efpéce de faucheur. 


2 PHALANGIUM. Planch. 20, fig. 6. 


Linn. fift. nat. edit, 10 , p. 618 , n. 1. Phalangium abdomine ovato , fubtus 
albo. 

Linn. faun. fuec. n. 1186. Acarus pedibus omnibus longiffimis. 

Aldrov. inf. 607 , t. 608, f. 4. Araneus xiv, 

Mouffer. lat. 234, f. 4. Araneus longipes, 

Hoffnag. inf. 2,1. 9. 

Goed. belg. » ,p. 197, f. 49. € gall. tom. 3 , tab. 49. 

Lifl. Goed. 348 , f. 143. 

—— Angl, 95 ,t.1, fig. 35. Araneus cinereus criflatus. 

Raj. inf. 39, n. 35. Araneus idem, 

Jonft. inf. t. 18,f. 31. 

Bradl. natur.t. 24, f. 2: 


Le faucheur. 
ARANEA. 
L'A REA GONE, 
Pedes oélo. Huit pattes, 
Oculi oëto. Huit yeux. 


Il n’eft pas befoin de caraéteres pour faire diftinguer l’a- 


630 HISTOIRE ABRÉGÉE 

raignée ; tout le monde connoïît cet infeëte. Néanmoins; 
comme on pourroit le confondre avec quelques genres 
qui en approchent , le carattere que nous donnons de cet 
animal empêchera cette méprife. L’araignée eft la feule 
entre tous les genres de cette feétion, qui ait en même 
tems huit pattes & huit yeux , ce qui diftingue fuflifam- 
merit cet infeéte. 

Le corps de l’araignée eft compofé de deux parties 
qui tiennent enfemble par un étranglement fort mince. 
La partie antérieure tient lieu de la tête & du corcelet, & 
la partie poñtérieure eft le ventre-de Panimal, C'eft à la 
premiere de ces parties ; que font placés antérieurement 
les yeux , les antennes & la bouche de l’araignée. 

Les yeux font au nombre de huit , différemment ran- 
gés ; fuivant les diverfes efpéces de ce genre. Ils font 
liffes , brillans comme du jayet ou du verre, & tout-à-fait 
immobiles. Comme leur ftruêture diflére de celle des yeux 
de la plüpart des autres infeétes qui font taillés à facettes 
& par-là multiplient les objets ; la nature paroït avoir 
voulu dédommager les araignées ; dont les yeux font 
fimples & ne multiplient point les objets , en leur accor- 
dant un plus grand nombre d'yeux. Lifter, & quelques- 
autres Naturaliftes , ont cru que le nombre d'yeux n’étoit 
pas fixe & uniforme dans les araignées , que les unes 
avoient huit yeux , tandis que d’autres n’en avoient que 
fix. Il eft vrai qu'il y a des araignées , qui à la premiere 
infpettion , paroiffent n'avoir que fix yeux ; mais,en les re- 
gardant de plus près , on voit que les yeux qui font aux 
extrémités des rangées , ne font pas fimples comme ils 
le paroiflent d'abord. Ces yeux qui femblent plus gros, 
font un compofé de deux yeux diftinéts , quoique fort pro- 
ches l’un de l’autre ; ils fe touchent , mais fans fe confon- 
dre. Ainfi ces araignées ont véritablement huit yeux 
comme toutes les autres. On peut donc affurer que toutes 
les araignées ont conftamment huit yeux , ni plus ni 
moins. 


DES INSECTES. 631 

Quant à la maniere dont ces yeux font placés ; nous 
avons dit que cet arrangement varioit fuivant les différen- 
res efpéces de ce genre. Dans les unes , ils font rangés fur 
deux lignes en croiflant, de façon que les deux yeux du 
milieu de chaque ligne fe regardent & femblent former 
à eux quatre une efpéce de quarré , tandis que les qua- 
tre autres des côtés defcendent , enforte que ceux de 
la rangée poftérieure font les plus éloignés. Dans d'autres, 
les quatre yeux du milieu font rangés de même & for- 
ment le quarré ; tandis que les deux autres de chaque 
côté fe touchent & font pofés obliquement. D'autres fois, 
les deux yeux antérieurs font à côté l’un de l’autre , pofés 
fur une ligne tranfverfe , & les fix autres au nombre de 
trois de chaque côté , forment un bouquet où ils font ran- 
gés en triangle. Dans d’autres araignées , les yeux font ran- 
gés fur deux lignes ; dont la premiere eft formée par fix 
yeux, tandis qu'il n'y en a que deux à la feconde. Enfin, 
dans quelques efpéces ;, comme l’araignée vagabonde, l’a- 
raignée-loup & la fauteufe , il y a une premiere rangée 
tranfverfe de quatre yeux , & les quatre autres forment 
enfuite un quarré plus ou moins parfait. Dans ces dernie- 
res, tous les yeux ne font pas d’égale groffeur, il y en a de 
beaucoup plus petits , & d’autres beaucoup plus gros que 
les premiers. On fent combien ces arrangemens différens 
d’yeux peuvent fervir à fixer fârement les efpéces de ce 
genre. Aufli nous en fommes-nous fervi , & ceux qui vou 
dront fuivre & examiner les différentes araignées dont 
nous n’aurons pas parlé , pourront mettre en ufage avec 
fuccès cette marque fpécifique. 

Ces yeux font tous placés fur le devant de la partie anté- 
rieure , ou du corcelet de l'infeéte , un peu vers le haut. 
C’eft à cette même partie devant les yeux , que l'on ap- 
perçoit la bouche de l’araignée. Elle confifte dans deux 
fortes tenailles terminées par des efpéces de griffes fort 
aigues , dont a pointe ef dirigée en bas. Ces tenailles ou 
griffes font mobiles & fe remuent aifément de haut en 


632 HISTOIRE ABRÉGÉE 

bas , & même de droite à gauche. C'eft avec ces iaftru= 
mens que laraignée faifit , pince & tue fa proie. Ces mê- 
mes pointes |: fervent aufli de bouche : quoique leur ex- 
trémité foit fort aigue , elle eft cependant percée vers le 
bout , & le dedans des tenailles eft creux , enforte que l’a- 
raignée fucce par-[à les humeurs de la mouche ou de tel 
autre infette qu'elle a faifi. 

A côté de cette bouche devant les yeux , fe trouvent 
aufli les antennes de l’infeéte. Ces antennes font compo- 
fées de plufeurs piéces articulées enfemble , & reflem- 
blent beaucoup aux pattes, elles font feulement plus peti- 
tes. Dans l’araignée femelle , elies font plus longues, & 
d’égale groffeur par-tout : mais dans le mâle , elles font 
terminées par une derniere piéce plus groffe qui forme 
une efpéce de bouton. C’eft dans ce bouton que font ren- 
fermées les parties du fexe du mâle , il les porte en 
aigrette fur fa tête , & il les met en aétion dans l’inftant de 
l’accouplement dont nous parlerons tout à lheure. 

Le refte de la partie antérieure de l’araignée , fon cor 
celet eft tantôt life , tantôt couvert de poils ; fuivant les 
efpéces , mais toujours muni d’une croute ferme & aflez 
forte qui lui fert de peau. C’eft en - deffous de ce corcelet 
que font attachée: les huit pattes de l'araignée. Ces pattes 
font compofées de trois piéces ; la cuifle , la jambe & 
le tarfe , dont chacune eft f8rmée de deux piéces , dont la 
plus courte fe trouve près de l'origine ou de l'articulation 
de ces différentes parties. La derniere de toutes ; ou le 
tarfe , eft terminée par des petites grifles ou ongles recour- 
bés avec lefquels l’araignée fe tient & court fur fa toile.r 
Le ventre oulautre partie du corps de l’aräignée 
eft moins dur que fon corcelet. C'eft au haut de cette par= 
tie, en-deflous, que fe trouve la partie du fexe dans les 
femelles , qui conlifte dans une efpéce de fente que l’ani- 
mal dilate &:entr'ouvredans le moment de l'accouple= 
ment. Nous expliquerons dans un moment cette manœu- 
vre, À l'extrémité du ventre , outre l'anus de l'animal, on 

apperçoit 


DES) ENSECTES 633 
apperçoit plufieurs mammelons les uns à côté des autres , 
fouvent au nombre de fix, qui vûs de près & à la loupe, 
paroiflent compofés de plulieurs autres plus petits. Ces 
mammelons font les filieres des araignées , c’eft par ces 
conduits qu’elles rendent la liqueur finguliere avec la- 
quelle elles filent leurs toiles. 

Cet ouvrage des araignées , a de tout tems piqué a 
curiofité des Naturaliftes & des Phyficiens. Ils ont admiré 
l'induftrie avec laquelle ces infeëtes favoient filer des 
toiles qui font fi artiftement travaillées , & dont les formes 
& les contours font différens fuivant les efpéces d'arai- 
gnées. En effet toutes les araignées filent , celles même 
qui ne font point de toiles enveloppent leurs œufs d’un 
tiflu de foie épais & fort ferré. Quant à leur maniere 
de filer , on peut divifer les araignées en plulieurs bandes 
de travailleufes. Les unes ; comme celles des jardins 
& des bois , font ces toiles pendues perpendiculairement, 
& formées de plufieursifils rangés circulaftement , autour 
d’un centre commun où fe tient fouvent l'infecte. D’au- 
tres, comme les araignées domeftiques , font des toiles 
ferrées , pofées horizontalement dans les ahgles des murs 
& des fenêtres. Les grofles araignées des trous & des 
caves muniffent & tapiflent de toile le trou où elles fe 
retirent , & ne filent au dehors que quelques foies qui 
aboutiffent à ce trou , dont elles tiennent tendue & ou- 
verte l'entrée. Quelques araignées ; comme les vagabon= 
des & les fauteufes,ne filent point d'ordinaire , elles vontà 
la chafle , elles courent & fautent fur leur proie , fans 
avoir befoin de filets. Enfin , les araignées aquatiques 
attachent aux plantes dans l’eau quelques filets irréguliers 
dont nous verrons l’ufage. 

Lorfque ces différentes araignées veulent commencer 
leur ouvrage ; elles font d’abord fortir des mammelons 
qui font au bout de leur ventre , une goutte de cette li- 
queur gluante qui eft la matiere dont elles compofent 
leurs fils. Elles attachent cette goutte contre un mur 

Tome IL, LIll 


634 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ou un àrbre, & enfuite s’éloignant de cet endroit, elles 
filent en marchant, & vont aflujettir l’autre bout de ce 
premier fil à quelque mur ou quelqu’autre branche. Si 
c'eft par exemple l’araignée domeftique , celle qui fait ces 
toiles ferrées horizontales , elle attache à l’autre parois de 
l'angle du mur ce fil : de-là elle revient fur ce premier fil, 
en en filant un à côté qu’elle attache de même , jufqu’à 
ce qu’elle ait garni tout l'endroit où doit être fa toile de 
areils fils dans la même direëtion. Pour lors , elle fait 
d’autres fils dans un fens contraire , enforte qu'ils coupent 
les premiers à angles droits. Comme la matiere de ces 
fils eft gluante , ils s’attachent , ils fe collent aux premiers 
& font corps avec eux. Par ce moyen , fa toile eft ferme, & 
elle refflemble à nos toiles & à nos étoffes qui ont des fils 
en deux fens, à la différence près que la trame & la chaîne 
ne font point entrelaffées , mais fimplement appliquées & 
collées l’une contre l'autre. 

C’eft avec la même induftrie , que araignée des jardins 
file fa toile perpendiculaire à refeau. Elle attache de 
même un fil , dont elle fixe l’autre bout à une autre bran- 
che. Souvent elle fe laifle pendre à fon fil , & le vent 
la porte à un autre arbre où elle en fixe l’autre extrémi- 
té. Cela fait , elle retourne au milieu de fon fil, où elle en 
attache un fecond , dont l’autre extrémité eft collée à 
quelque branche , non loin du premier. Elle en file ainf 
plufieurs qui partent tous d’un centre commun , & qui 
en s'éloignant , s'écartent les uns des autres comme les 
rayons d’un cercle. Pour lors, la moitié de fon ouvrage eft 
fait ; il ne lui refte qu'à filer des fils qui fe collent fur 
les premiers , & qui étant éloignés les uns des autres 
de quelque diftance , font pofés circulairement autour 
d’un centre commun. Cet aflemblage forme ces jolis 
refeaux , au centre defquels fe place araignée pour atten- 
dre fa proie, & qu’elle ne quitte que pour fe retirer fous 
quelque feuille qu’elle garnit d’une toile irréguliere , à 
laquelle aboutiffent plufeurs de fes fils. Il feroit trop long 


DES INSECTES. 635 
de fuivre toutes les autres araignées dans leur travail, 
mais on peut juger de leur induftrie par l'exemple de 
celles-ci. 

Lorfque l’araignée à fini fa toile , l'endroit où elle fe 
tient eft, comme nous l'avons dit,cejui où aboutiffent tous 
fes fils ; c’eft-là leur centre de réunion. Auifi, dès qu’une 
mouche , un moucheron ou un autre infeéte , fe trouvant 
pris dans fa toile , fe débat & agite même légérement les 
fils , l'araignée en eft avertie , elle fent ce mouvement , 
& accourt à l'endroit où fa proie eft embarraflée dans fes 
filets. Si l'infeéte eft petit , l’araignée s’en faifit avec fes 
pinces & le tranfporte à l’endroit de fa retraite , où elle 
le fucce tranquillement ; mais s'il eft plus gros , fi c’eft 
une grofle & forte mouche qui fe débatte beaucoup, 
l'araignée commence par la garotter de fils ; dont elle 
l'entoure jufqu'à ce qu’elle ne puifle plus faire aucuns 
mouvemens ; & pour lors elle l'emporte , ou fi elle ne 
peut l'emporter, elle la dévore fur la place. Enfin , fi l’in- 
fecte eft beaucoup plus fort que l’araignée & qu'elle ne 
puifle s’en faifir en aucune façon, elle l'abandonne, elle 
l’aide même à fe débarrafler de fes filets , que la mouche 
déchireroit , & elle en rompt quelques-uns pour que cette 
mouche puifle s’en aller , après quoi elle répare fa toile. 
Quelquefois l’araignée par fon imprudence devient la proie 
des infectes qu'elle vouloit prendre. Des guêpes , des ich- 
neumons fe trouvent pris dans des toiles d'araignées un 
peu fortes , & l’araignée venant à fe jetter fur ces infec- 
tes , dont la peau eft ferme & dure , non-feulement elle ne 
peut les bleffer, mais elle eft elle-même mutilée & déchi- 
rée par les machoires & l'aiguillon des ces animaux qui 
emportent enfuite l’araignée à demi - morte , pour fervir 
de pâture à leurs petites larves. Les grands ichneumons 
font encore plus ; ils fondent fur les araignées des Jar- 
dins lorfqu’elles font fufpendues au milieu de leur toile 
à refeau , & les emportent fouvent toutes entieres à leurs 


etits. 
. LD MEET 


636 HISTOIRE ABRÉGÉE 

£a plûpart des araignées ne font que fuccer les humeurs 
des infectes qu’elles prennent. Leurs pinces qui font creu- 
fes en dedans,leur fervent à cet ufage , précifément com- 
me celles du fourmilion qui font confiruites de même. 
Elles leur tiennent lieu de machoires & de bouche. Lorf- 
qu'elles ont ainfi fuccé l’infeête , elles rejettent le corps 
fec & très-reconnoiffable. J'ai cependant vü quelques 
araignées , & en particulier les araignées aquatiques , qui 
paroifloient attaquer les parties folides des infeétes qu'elles 
dévoroient , enforte qu'il reftoit à peine quelque veftige 
des animaux qu'elles avoient mangés. L’araignée-loup eft 
auffi dans ie même cas. 

Ce ne font pas feulement les autres infeêtes que les 
araignées dévorent , elles s’attaquent & fe mangent mu- 
tuellement. Si une araignée vient dans la toile d’une autre, 
il s'éleve entr'elles un furieux combat qui eft ordinaire- 
menr fuivi de la mort de la plus foible. L'autre , quoi- 
qu'étrangere , refte en pofleflion de la toile. Souvent les 
vieilles araignées vont ainfi s'emparer de force de la toile 
de quelque jeune. Avec l’âge, le réfervoir de la liqueur 
qui leur fournit des fils s’épuife, elles ne peuvent plus faire 
de toile , qui cependant leur eft néceffaire pour attraper 
leur proie : il faut donc s'emparer de Pouvrage de quel- 
qu'autre plus foible. Souvent cette derniere n'attend pas 
qu’elle foit attaquée , elle s’enfuit , elle abandonne fon 
ouvrage & en va recommencer un autre ailleurs. La natu- 
re a donné à ces animaux affez de matiere de fils , pour 
refaire plufieurs fois leur toile. On en a vû qui l'ont re- 
commencée jufqu’à fix & fept fois de fuite , feulement les 
dernieres toiles étoient plus minces que les premieres. 
L'ouvriere épargnoit l’étoffe & la matiere qui n'étoient 
plus fi abondantes. A près cet effort de travail ; cette ma- 
tiere eft tout-à-fait épuifée , & dans ce cas , il faut 
que l'araignée périfle ou qu'elle s'empare d’une autre 
toile. 


On conçoit que l’accouplement entre des infeêtes qui 


DES INSECTES. 637 
fe dévorent l’un l’autre, ne doit pas fe faire fans certaines 
précautions , fans quoi ces animaux tomberoient fouvent 
dans des embuches; aufli y a-t-il peu d'infectes qui en 
employent autant que l'araignée. Hors le tems & la faifon 
de l’accouplement, elles évitent leurs femblables , ce 
n'eft que dans cette faifon qu'on en voit fouvent deux 
fur la mème toile. C’eft ordinairement à la fin de fep- 
tembre & au commencement d’oétobre que s'accouplent 
les araignées des Jardins. Je ne fais fi cette faifon, déja 
froide , eft pareillement celle de lamour pour les autres 
efpéces. Je me contenterai de parler de celles-ci que j'ai 
examinées & obfervées plufieurs fois. 

Depuis le commencement d’oëtobre Jufqu’au milieu, 
on voit fur les toiles à refeau dans les jardins , des arai- 
gnées femelles qui fe tiennent tranquilles , la tête en bas 
vers le milieu de la toile. Si on examine les environs , on 
appercçoit bientôt auprès de cette toile le mâle qui va & 
vient. Ce dernier fe diftingue aifément de fa femelle par 
la taille de fon ventre, qui eft beaucoup plus petit, & 
par fes antennes terminées par un gros bouton. Le male 
s'avance doucement fur la toile , il s'approche infenfible- 
ment de fa femelle qui refte toujours dans la même pla- 
ce , & lorfqu'il en eft enfin tout proche, il lui touche lé- 
gérement la patte avec l'extrémité d'une des fiennes, & 
recule aufli-tôt de quelques pas, comme s’il avoit peur. 
Bientôt après il fe rapproche & réitere plulieurs fois cette 
manœuvre , que J'ai vu durer un bon quart d’heure. Ces 
mouvemens font les préludes de l’accouplement , ces ani- 
maux femblent fe tâter & faire connoiffance enfemble. 
Pendant ce tems,les antennes du mâle s’entr'ouvrent 

ar le bout, on voit que le bouton qui les termine eft 
humide. Pour lors le mâle, devenu plus hardi, s'approche 
plus près de la femelle , qui a toujours la tête en bas , & 
qui préfente en haut le deffous de fon ventre , dont lafen- 
te eft entr'ouverte. Lorfqu’il en eft tout proche, il porte 
vivement une de fes antennes dans cette fente que la fe- 


638 HISTOIRE ABRÉGÉE 

melle a dans la partie fupérieure de fon ventre, & fe re: 
tire aufli-tôt, Un moment après il fe rapproche & porte de 
même l’autre antenne, & ainfi plufieurs fois alternative- 
ment. J'ai fuivi ce jeu pendant plus d'une demi-heure ; 
fans que le mâle fe foit laffé. On voit par ce détail , que 
cet accouplement ne confifie prefque que dans un fimple 
attouchement ; il femble qu’il ne fe fafle aucune introduc- 
tion , ou s’il s’en fait, elle doit être bien légere. Ces mou- 
vemens font fi prompts , qu'on a peine à apperceyoir au- 
tre chofe. Cependant en regardant ces infeëtes de fort 
près , on découvre une partie charnue qui fort du bouton 
entr'ouvert de Fantenne du male , & qui ef portée dans 
la partie de la femelle. Dès que le mâle fe retire, ce tu- 
bercule charnu rentre dans le bouton & on ne lappercoit 
plus. Pendant ces accouplemens réitérés, la femelle refte 
immobile , elle fait feulement quelques mouvemens 
des pattes chaque fois que fon mâle la carefe. 

Les femelles ainfi fécondées ont , quelque tems après ; 
un ventre fort gros, & enfuite elles dépofent leurs œufs. 
Ces œufs font nombreux, petits, ronds, luifans , tantôt 
blancs, tantôt jaunes , & ordinairement la mere les ren- 
ferme dans une petite boule ou coque ronde de foie 
blanche & beaucoup plus épaifle que celle de fa toile. 
Elie tient cette coque à coté d'elle dans fon nid , & plu- 
fieurs efpéces l’emportent fouvent avec elles iorfqu'elles 
vont & viennent. On les voit trainer cette boule de foie, 
auffi grofle que leur corps. Ces infeêtes ont , ainfi 


que les autres , le plus grand attachement pour leurs 
petits. 


Ceux-ci ne tardent guères à fortir de ces œufs, qui font 
fi bien défendus contre les injures de l'air. Dès que ces 
petites araignées font éclofes , elles fe mettent à filer. Ce 
premier tems de leur vie eft le feul où elles vivent en 
famille, bientôt elles fe féparent & pour lors elles de- 
viennent ennemies. Les petites araionées croiflent confi- 
dérabiement dans ces premiers jours , quoique fouvent 


DES INSECTES. 639 
elles ne mangent point , ne pouvant encore attrapper de 
mouches. À mefure qu'elles croiflent , ellés changent de 
peau , & bien des Naturaliftes ont remarqué que les gran- 
des araignées, celles même qui ont acquis toute leur 
croiffance & qui font déja vieilles , changeoient une fois 
de peau tous les ans vers le printems, comme les écre- 
.vifles & les crabes. 

On fait que les mouches , les moucherons, les papil- 
lons ; les chenilles, les cloportes & beaucoup d'autres 
infectes font la nourriture ordinaire des araignées. Nous 
avons de plus expliqué la maniere dont elles fuccent & 
dévorent leur proie. Mais une chofe qui paroïit toujours 
étonnante , c’eft le long jeûne que peuvent fupporter ces 
animaux. Non-feulement ils paffent l'hiver entier fans 
manger, comme beaucoup d’autres infeëtes , mais fouvent 
ils font des mois de fuite pendant l'été fans prendre de 
nourriture. La plüpart des araignées ne vont point à la 
chaffe , elles ne courent point après leur proie, il faut 
qu’elle vienne les chercher, qu’elle tombe dans leurs 
piéges; s'il ne fe prend rien dans leurs filets , elles jeû- 
nent patiemment. J'ai quelquefois nourri des araignées 
dans des tubes de verre pour les obferver. II m'eft fou- 
vent arrivé d'oublier & de négliger ces infeétes. J'en 
avois une fur-tout que J'avois prife au commencement 
du printems , & qui devoit n’avoir pas mangé de tout 
l'hiver. Je l’oubliai pendant trois mois entiers , & l'ayant 
retrouvée au bout de ce tems, elle vivoit encore fans 
avoir pris de nourriture ; feulement elle paroifloit foible 
& languiffante. 

Plufieurs auteurs prétendent que les araignées vivent 
très-long-tems : il y eu a qui leur donnent quatre & cinq 
ans de vie. Il faudroit pour aflurer la deffus quelque chofe 
de pofitif, s'être donné la peine d'élever & de nourrir 

lufieurs petites araignées. 

Les efpéces de ce genre font très-nombreufes. Celles 
qui font décrites dans Lifter & M. Linnæus , pañlent une 


640 HISTOIRE-ABRÉGÉE 

trentaine, & probablement il y en a encore davantage. 
Mais fouvent les diflérens auteurs ont trop multiplié les 
efpéces de ce genre. L’araignée toute petite , eft quelque- 
fois fort différente pour la forme & la couleur, de ce 
qu'elle fera , lorfqu'elle aura pris toute fa croiffance. En 
changeant de peau, elle change affez fouvent tellement 
pour la couleur, qu'il femble que ce foit une autre arai- 
gnée. Ces changemens confidérables ont induit en erreur, 
& peuvent tous les jours faire prendre pour deux efpéces 
différentes , la même araignée obfervée en différens tems. 
Pour éviter cet inconvénient ; nous avons pris foin d’éle- 
ver les araignées , de les nourrir dans des petits tubes 
de verre , afin d’obferver tous leurs changemens de cou- 
leur, & c’eft par cette raifon que le nombre d'araignées 
que nous décrivons , eft beaucoup moins confidérable 
qu'il n’auroit été, aimant mieux pafler fous filence les 
efpéces que nous n'avons pas fuivies , que de rifquer de 
donner la même efpéce fous deux noms différens. On 
fent qu’un pareil foin nous a dû coûter de la peine & de 
l'attention, & même il nous eût peut-être été impoilible 
de fuivre aïnfi ces infectes , fi nous n’euflions été aidés 
dans ce travail par un habile Naturalifte, qui pourra don- 
ner un Jour une hiftoire détaillée des araignées. En aten- 
dant cet ouvrage , nous donnons ici l’hifloire abrégée d’un 
nombre d’efpéces. 

Nous avons eu foin, dans l’arrangement de ces efpéces 
différentes , de joindre enfemble celles dont les yeux 
font placés de même, comme on le verra en parcourant 
les ordres ou familles qui compofent ce genre. 

Nous ne nous étendrons pas ici fur les petits manéges 
particuliers de quelques efpéces , dont nous parlerons en 
décrivant chacune en particulier. On verra dans ce détail, 
avec quelle agilité l'arzigneée-loup ; appellée par quelques 
Naturalifes , araignée vagabonde , court dans les champs: 
après fa proie , fans filer de toile, tandis que la plûpart 
des autres efpéces attendent tranquillement leur gibier & 

meurent 


DES INSECTES. 641 
meurent de faim plutôt que de l'aller chercher. On ad- 
mirera, avec taifon,la maniere dont fautent quelques 
araignées , nommées par cette raifon , araignées fauteufes. 
L’araignée aquatique nous fera voir que l’eau , dans la- 
quelle périffent la plüpart des araignées , devient le do- 
micile de quelques-unes ; qu'elles favent filer dans cet 
élément , qu'elles favent même s’y procurer une habita- 
tion , dans laquelle elles font à fec au milieu de l’eau. 
On fera forcé d'admirer l’induftrie avec laquelle cet ani- 
mal entraîne des globules d'air dans le fond de l’eau, en 
forme de cavité ronde , qu’elle aggrandit en y introdui- 
fant de l’air de plus en plus , de forte qu’elle peut entrer 
& fe retirer toute entiere dans cette efpéce de globe ou 
veflie aërienne entourée d’eau. 

Nous ne défignerons les différentes familles de ce genre 
que par la pofition de leurs yeux. 


PREMIERE FAMILLE. 


Yeux en lunule °°° UK 


0e 


ILIARANE A #orace fufco, abdomine lutefcente, 
pedibus quatuor pofticis breviffimis ; anticis longis 
luteo nigroque interfecis. 

Linn. faun. fuec. n. 1218. Aranea abdomine fubrotundo plano obtufo , pedi- 
bus quatuor pofticis breviflimis. 

Linn. [yft. nat. edit. 10 , p. 613 , n. 36. Aranea viatica. 

Erifth. germ. 7, p. 10, +, $. Araneus hortenfis , pedibus quatuor longis anticis; 
abdomine plano, 

Liff. aran. 83 , f. 29. Araneus fubfufcus , minutiffimis oculis e viola purpuraf- 


centibus, tardipes, & greflu & figura cancro marino non adeo diflimilis. 
Ray. inf. p. 35 ,n. 29. Araneus idem. 


L'araignee à pattes de devant longues & arlequinées. 
Longueur 2 3 lignes. Largeur 1 ligne, 

Il eft aifé de reconnoître cette efpéce. Son corcelet eft 
brun & noirâtre , mais fon ventre eft large , gros, de cou- 
leur jaune, chargé feulement de deux taches brunes , une 
de chaque côté vers le haut. Ses quatre pattes poftérieu- 

Tome IL, M m mm 


642 HISTOIRE ÀÂBRÉGÉE 

res font jaunes ,pâles & très-courtes : les quatre de devant 
font fort longues & entrecoupées d’anneaux Jaunes & 
noirs. C’eft fur les plantes qu'on trouve cer infette , dont 
la figure reffemble un peu à celle des crabes. Il les imite 
encore par fa démarche , allant fouvent de côté & en re- 
culant. Cette araignée porte avec elle fes œufs, enve- 
loppés dans un petit fac de foie blanche en forme de 
boule. : 


2. ARANEA cétrino-lutea , pedibus quatuor poflicis 
Bieviflimis ; abdomine utrinque fafcia ferruginea. 
Planch: 25, fig. +. 

L'araignee citron. 

Longueur + lignes. Largeur 2 3 lignes. 

Elle reffemble un peu à la précédente pour fa forme. 
Sa couleur eft entiérement jaune , plus ou moins foncée ; 
quelquefois elle eft blanchâtre & tire même un peu fur 
le vert. Son ventre eft gros, large , prefque quarré, avec 
deux bandes de couleur fouci , qui, partant du corcelet , 
defcendeut obliquement fur les côtés , jufques vers le 
milieu. Entre ces bandes font quelques petits points noirs, 
qui forment une efpéce de triangle fur le milieu du ven- 
tre. Sur le corcelet on voit deux bandes longitudinales , 
un peu verdâtres , une de chaque côté. Les quatre pattes 
de devant font fort longues, & les quatre poftérieures 
courtes, ce qui fait que cette araignée marche comme Îa 
précédente. On la trouve fur les plantes & fouvent avec 


fes œufs , qu’elle porte enveloppés dans une boule de foie 
blanche. 


3. ARANEA abdomine longo argenteo virefcente ; 
pedibus longitudinaliter extenfis. Linn. faun. fuec. 
71 12/16 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 621, n. 19. Aranea extenfa. 


Lift. aran. 30 , f. 3. Araneus ex-viridi inauratus , alvo longiufeula prætenui. 
Raj. inf, 19, n, 3, Araneus idem, 


DES INSECTES 623 


L'araignée à ventre cylindrique & pattes de devant éten- 
dues. 
Longueur 3 lignes. Largeur à ligne. 

Son corcelet eft de couleur grife pale ; avec les yeux 
noirs & bien marqués fur le devant. Ses pattes font de 
même grifes, un peu velues , avec une petite tache noîire 
aux articulations. Son ventre eft long, cylindrique , d’un 
gris verdatre un peu argenté, qui paroit en-deflus comme 
chagriné , ou plutôt écailleux, femblable à la peau de 
chien de mer; en-deflous il a une ligne noire longitudi- 
nale, un peu jaune fur les côtés. 

.. Les quatre pattes de devant de cette araignée font 

plus longues que les poftérieures. Lorfqu'elle eft en repos, 
elle fe tient collée contre les branches d'arbre , les qua- 
tre pattes antérieures allongées & étendues en avant, & 
les poftérieures étendues en arriere. On la trouve dans les 
bois humides. 


4 ARANEA fufCa, thorace lineis quatuor obliquis 
fufcis , abdomine tribus tranfverfis albis. 


L'araignee brune à trois raies tranfverfes blanches fur le 
ventre. 
Longueur 2 lignes. Largeur 1 ligne. 


Les quatre pattes de devant de cet infeéte , font du 
double plus longues que les poftérieures. Son corps eft 
brun & un peu velu. Son corcelet a quatre lignes qui 
naïffent de fa pointe : les deux du milieu montent fur le 
milieu du corcelet & s’éloignent l’une de l’autre proche la 
tête , & les deux latérales vont obliquement chacune vers 
le bord du corcelet. Le ventre eft brun & depuis fon 
milieu , jufqu’à fa pointe , il eft orné de trois lignes blan- 
ches tranfverfes & ondées. En-deffous l’infeëte eft tout 
brun. Son ventre eft prefque fphérique & fes quatre pattes 
poftérieures font moins brunes que celles de devant. J'ai 
trouvé cette araignée dans les jardins. 

M m m m ij 


C44 HISTOIRE ABRÉGÉE 


s. ARANEA z10ra, abdomine ferrugineo flavo, liners 
tranfverfis contiguis nigris , pedibus fufco fèrrugineo- 
que interfetis. 


L'araignée à ventre roux rayée de noir & pattes arle- 
quinees. 
Longueur 2 lignes. Largeur 1 ligne. 

Son corcelet eft noir, la couleur de fon ventre eft d’un 
roux mêlé de jaune , & en-deffous il eft couvert de bandes 
noires tranfverfes fort proches lune de l’autre & qui fe 
touchent au milieu. Ses pattes, dont la troifiéme paire eft 
la plus courte, font entrecoupées d’anneaux bruns & 
rougeâtres , comme un habit d'arlequin. On trouve cette 
efpéce dans les champs. 


GE C OLNLDAE A EN AMIUELE PB; 


Yeux en quarré. 822% 81 


o—c 


& ARANEA arro-fufca fubvillo/a ; pedibus atro 
fufcoque tnterfetis. 


L'araignée Brune domeflique. 
Longueur 4 lignes. Largeur : lignes. 

Tout fon corps eft un peu velu, mais les poils de fes 
pattes font plus longs que les autres. Sa couleur eft d’un 
brun noirâtre, plus foncée fur le ventre que fur le corce- 
let. Ses pattes font entrecoupées de brun & de noir, mais 
peu foncé. Quoique cette efpéce reffemble beaucoup à 
celle que décrit M. Linnæus, n. 1234, de fa fauna fuecica, 
je doute cependant que ce foit la même dont il parle. Je 
n’ai pu appercevoir à la nôtre , les cinq on fix appendices 
du ventre , qu'il dit fe trouver fur la fienne. 

On trouve cette efpéce très-communément dans les 
maifons où elle fait des toiles horizontales dans les angles 
des murs. 


7: ARANEA aquatica tota fufca 


DES INSECTES. 64$ 


Linn. Jyff. nat, edit. 10, p. 623 , n. 32. Aranea livida , abdomine ovato, linea 
tran{verfa , punétifque duobus excavatis. 
Linn. faun. fuec. n. 1240. Idem. 


L'araignée brune aquatique. 
Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes, 

Cette efpéce eft brune & légérement velue , elle 
femble n'avoir rien de remarquable à l'extérieur , 
mais l'endroit où on la trouve , & fes manœuvres, font 
bien dignes d’attention. C'’eft dans l’eau que l’on ren- 
contre cette efpéce; c’eft-là qu’elle vit, qu'elle file & 
qu’elle chaffe. Cette araignée eft aquatique , en quoi elle 
différe déja beaucoup de toutes les autres , qui vivent à 
fec & qui périflent dans l’eau. Néanmoins elle fort quel- 
quefois de l’eau , même pour un peu de tems, & peut 
vivre hors de cet élément , mais bientôt après elle retour- 
ne dans l’eau où on la voit nager avec beaucoup d’agilité , 
tantôt en montant , tantôt en defcendant. Lorfque cet in- 
fecte nage , il eft ordinairement à la renverfe , le dos tour- 
né vers le bas & le ventre en haut, il nage fur le dos : 
mais ce qui frappe le plus, c'eft que fon ventre paroît 
brillant , comme enduit d'un vernis argentin, femblable 
à du vif-argent. Ce brillant dépend de ce que l’eau ne 
s'attache pas au ventre de cette araignée qui eft gras , & 
qu'il y a toujours une lame ou couche d’air entre l’un & 
l'autre. Cet air fert beaucoup à cet infeéte. IL fait par ce 
moyen fe procurer un domicile où ileft à fec au milieu 
de l'eau. Pour cet effet, cet araignée attache quelques 
fils à des brins d'herbes dans l’eau même. Enfuite , mon- 
tant à la furface de l’eau , toujours fur le dos, elle tire 
hors de l’eau fon ventre qui paroït fec & élevée fur la 
furface de ce liquide ; pour lors elle le retire vivement 
dans Peau & entraine avec lui une forte bulle d’air dont 
il eft couvert: elle defcend vers fes fils & y laïfle cette 
bulle d'air, ou du moins une partie, qui femble s’atta- 
cher à fes fils. Voilà déja une bulle ronde , une efpéce de 
cloche d'air au milieu de l'eau, que les fils qui font au- 


648 HISTOIRE ABRÉGÉE 
deflus ; empêchent de remonter à la furface. Alots l’a- 
raignée y retourne , en rapporte de nouvel air , qu’elle 
porte à fa cloche, ce qui l'augmente de volume. Elle ré- 
péte ce manége Jufqu’à ce que la cloche foit plus groffe 
qu’une noifette & capable de la contenir. On la voit alors 
y entrer, en fortir, y apporter les infetes qu’elle prend 
our les y manger. Quand elle entre dans fa cloche , elle 
Road y apportant avec elle la lame d'air dont fon 
ventre eft toujours enduit ; quand elle en fort, elle la di- 
minue , entrainant avec fon ventre une portion d'air. 
Cette araignée fort quelquefois de l'eau pour pourfuivre 
les infetes, & elle les emporte dans l’eau quand elle les 
a pris. Elle pourfuit aufli les infeétes aquatiques au fond 
de Peau. Cette efpéce eft du nombre de celles qui vont 
à la chaffe. On la trouve dans les eaux de mares & d’é- 
tang, rarement autour de Paris, mais fréquemment en 
Champagne. Son hiftoire eft très-bien détaillée dans une 
brochure qui parut il y a peu d’années , fous lettitre de 
Mémoires pour férvir à commencer l'hifloire des araignées 
aquatiques. L'auteur paroît un excellent obfervateur , & 
après avoir fuivi & obfervé nous - mêmes ces infettes ; 
nous nous fommes aflurés de la vérité des faits qu'il 
avance. 


8. ARANEA pallida, abdomine folium longitudr- 
zaliter extenfüum pallide nigrum referente. 

L'araignee porte-feuille. 

Longueur 3 + lignes. Largeur 1 à ligne. 

Sa couleur eft pâle & claire,& fon corps eft un peu ves= 
lu. Son corcelet eft plus päle & plus life que le refte. Le 
ventre eft plus brun & chargé en-deffus d’une bande lon 
gitudinale noirâtre, ondée fur fes bords, repréfentant une 
efpéce de feuille. Les yeux & le deffous du corcelet font 
noirs , & le ventre a en-deffous une raie noire longitudi- 
nale , avec üne ligne jaune de chaque côté. Les quatre 
paties de devant font les plus longues , & celles de la 


DES INSECTES. 647 
troifiéme paire font les plus courtes de toutes. On trouve 
cette araignée dans les prés où elle fait des toiles formées 
en refeau perpendiculaire. 


9. ARANEA Zvido-rufa, abdominis pidura foliacez 
nigra ; luteo tnterfeila ; pedum annulis nioris. Planch. 
2 He) 

Liff. aran. pag. 24 , tab. 1, fig. 1. Araneus fubfavus, alyvo prxcipue in fumma 
fui parte & circa latera albicante plena , oculis nigris pellucidis in capire 

albicante. 

L'araignee à feurlle coupée. 

Longueur 4 = lignes. Largeur 2+ lignes. 

Sa couleur eft d’un roux pâle & livide , la partie anté= 
rieure de fon corcelet eft claire , avec les yeux noirs. Ces 
yeux femblent n'être qu’au nombre de fix, parce que les 
deux de chaque côté font très-pres l’un de l’autre & 

refque confondus enfemble. Les pattes de même cou- 

At que le corcelet,ont des anneaux noirs. Le ventre d’une 
couleur un peu plus foncée , a une feuille noire , gaude- 
ronnée fur fes bords & figurée fur le milieu de cette par- 
tie; mais au haut de cette feuille, il y a plufieurs taches 
jaunes , & dans fon milieu elle eft divifée tranfverfale- 
ment par une feétion d’un blanc jaunätre. Le deffous du 
ventre eft noir, avec deux lunules jaunes , dont les cor- 
nes fe regardent , & qui enveloppent l'anus, l’une à droite, 
l'autre à gauche. On trouve cette araignée dans les bois, 
où elle fait des refeaux perpendiculaires. 


30. ARANE A Zsido-rufa, abdomine cruce triplicé 
lutea. 

L'araignée à croix papale. 

Longueur 4 lignes. Largeur 1 à ligne. 

Elle approche de la précédente pour la couleur , feu- 
lement elle eft d’un roux encore plus livide. Son ventre 
feul a en-deffus une longue raie jaune longitudinale , en- 
trecoupée par trois raies tranfverfes de même couleur , 


648 HISTOIRE :ABRÉGÉE 

ce qui forme une triple croix ou croix papale renverfée. 
En-deflous , le ventre a une raie longitudinale brune , & 
de chaque côté une lunule jaune proche l’anus , comme 


dans l’efpéce précédente. J’ai trouvé celle-ci dans les 
jardins. 


11. ARANE A pallido-rufa, abdomine flavefcente 


puncis IL QTES. 


L'araignee rougeätre à ventre jaune ponéfué de noir. 
Longueur 3 % lignes. Largeur 1 ligne. 

Son corcelet eft d’une couleur fauve pale & fes côtés 
font plus obfcurs. Les pattes font longues, fines , épi- 
neufes & de même couleur. La troifiéme paire eft la plus 
courte. Le ventre eft ovale, médiocrement gros & jau- 
nâtre , avec quelques points noirs vers fa bafe, & des 
bandes fauves tranfverfes vers fa pointe. 

J'ai trouvé cette araignée fur les arbres. Elle femble 


m'avoir que fix yeux , ceux des cotés fe confondant en- 
femble. | 


12. ARANE A pallida, abdomine ovato flavo, fafcia 


longitudinali cocciriea. 


L'araignée à bande ronge. 
Longueur 3 lignes. Largeur 1 = ligne. 


La couleur de fon corcelet & de fes pattes eft pâle. 
Le ventre eft ovale , d’une couleur jaune citronnée , avec 


une large bande longitudinale d’un beau rouge en-deflus ; 


& en-deffous une raie noire longitudinale beaucoup plus 
étroite dans fon milieu. 


J'ai trouvé cette belle efpéce fur un cyprès au Jardin 
du Roi, près de fes œufs , qui étoient renfermés dans 
une boule foyeufe , de couleur blanche. Elle femble ; 
comme les précédentes, n'avoir que fix yeux. 


Fe) 


TROISIÉME 


DES INSECTES. 649 
TROISIÉME FAMILLE, 
Yeux [ur deux lignes 6 & 2. :: ‘se 
13 ARANEA Zvido-rufa , abdominis pitlura foliacea 


fœpius interrupta ; pedibus nigro-macularis. 

Lif. aran. p. 36,1. 1, f. 6. Araneus cinereus, alvo admodum plena, ejufque 
piéura in plures partes quafi divifa. 

L'araignée à feuille découpée & dechiquetee. 

Longueur 3 = lignes. Largeur 1 = ligne. 

Son corcelet eft roux & d’une couleur livide. Son ven- 
tre différe fuivant le fexe. Dans les femelles, il eft jauni- 
tre avec une repréfentation de feuille noire, dont le haut 
ne paroit pas, & dont le bas eft coupé en cinq ou fix 
parties , par des lignes jaunes tranfverfes : dans les mâles 
il eft plus petit, & la feuille paroït tout du long ; elle eft 
bordée de jaune. Son milieu eft roux, le haut & le bas 
font noirs & dans toute fa longueur, elle eft entrecoupée 
par deux ou trois lignes tranfverfes jaunes. Dans les deux 
fexes ; les pattes font pâles , avec des anneaux noirs. Les 
yeux placés de même dans l’un & l’autre fexe , différent 
cependant en ce que ceux des mâles font tous de même 
groffeur , au lieu que les femelles en ont de plus gros les 
uns que les autres. Cette araignée fe trouve fur les plan- 
tes où elle file des refeaux horizontaux. 


QUATRIÉME FAMILLE. 


Yeux fur trois lignes. 227: 
Li 2 
14 ARANE A zota fufca fuliginea. 
Liflaran. p. 78 ,t. 1, f. 26, Araneus fufcus alvo oblique virgatas 


L'araignee - loup. 

Longueur 2 + lignes. Largeur à ligne. j 
Sa couleur eft d’un brun de fuie de cheminée. Ses pat- 
Tome II Nnnn 


650 HISTOIRE ABRÉGÉE 

tes poftérieures font plus longues que les autres. Ses yeux 
& fes pinces font noirs. On trouve cette araignée en 
grande quantité dans les champs où elle coure à terre fans 
faire de toile ; elle faute quelquefois fur les infeëtes qu’elle 
veut attraper. Sa maniere de chaffer lui a fait donner le 
nom d’araignée-loup. Elle a quatre grands yeux & quatre 
petits , rangés de la maniere dont ils font repréfentés 
n°. 1. 


1.ARANE A 10ta cinereo-villofa , thoracis nca 
criplict albida. 

Linn. faun. fuec. n. 1219. Aranea nigra, thorace triplici linea longitudinali 
alba , abdomine nebulofo. 

Linn. fÿff nat. edit. 10, p. 623; n. 35. ÂAranea abdomine oblongo nebulofo , 
lineis lateralibus albis. 

Frifch. germ. 8 , p.3 ; tab. 2. Araneus terreftris facco ovifero. 

AG. Upf. 1736 » p+ 38 > mn 9. Aranea nigra, peétore abdomineque linea alba 
cindis. 

L'araignée cendrée à trois lignes blanches fur Le cor- 


celet. 
Longueur 4 lignes. Largeur 2 lignes. 


Elle ef un peu velue & toute de couleur cendrée ; elle 
n’a que trois raies blanches longitudinales & parallèles fur 
le corcelet ; fon ventre eft de couleur un peu plus obfcu- 
re que le refte. J'ai trouvé cette efpéce dans les prés, 
fes yeux font tout-à-fait femblables à ceux de la précé- 
dente. 


16 ARANEA fe aliens nigra, abdomine utrinque lineis 


tribus albis ad angulum acutum coeuntibus. 


Linn. faun. fuec. n. 1237. Aranea faliens nigra, lineis albis tranfverfis femi- 
circularibus. 1 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p.623, n. 29. Âranea fcenica. 

Lift. aran. p.87 > f. 31. Araneus cinereus, alvo circiter fenis fafciis tranfverfs 
in angulos acutos in medio ereêis argenteis & nigris alternatim difpoftis 
infignita, 

Raij. inf. 37, n° 31. Araneus idem. 

Brad. nat. tab. 14, f. 5. 

‘ 


L'araignée fauteufe aux trois chevrons blancs, 
Longueur 2 à lignes, 


DES INSECTES. 651 

Ses pattes font noires , velues , tachetées de blanc & les 
premieres font plus longues que les autres. Son corcelet 
éft noir: le ventre eft un peu allongé & terminé en pointe. 
Il eft pareillement noir , & en-deflus , il y a de chaque 
côté trois bandes blanches argentées , qui vont oblique- 
ment en montant , & fe rencontrant au milieu avec celles 
de l'autre côté, forment un angle aïgu ou des efpéces de 
chevrons. 

On trouve cette araignée dans la campagne & fouvent 
fur les fenêtres des maifons. Elle eft vagabonde & ne file 
point de toiles. Elle faute très-bien , fur-tout lorfquw’on 
veut la prendre. Elle a des yeux de différente grandeur, 
tels qu’ils font figurés n°. 2. 


CINQUIÉME FAMILLE. 
Yeux en bouquees, 2 2 
17. ARANEA Lorgpes , thorace pedibufque pallidis ; 

abdominre plumbeo fufco. 
L'araignée domeflique à longues pattes. 

Cette araignée a le corcelet de couleur pâle & livide » 
fes pattes font de la même couleur; elles font fort lon- 
gues & très-fines , prefque comme celles du faucheur; 
là troifiéme ‘paire eft la plus courte. Son ventre éft ovale, 
un peu oblong , & de couleur plombée. 


On trouve cette araignée dans les endroits inhabités 
des maifons , où elle fait des toiles lâches & irréguliéres. 


MrOHN, O-CGU:L-U S. 
LES MO:N:0 TEE; 


Pedes [ex. Six pattes. 

Oculus unus. Un feul œil. 

Antennæ multiplices fetis pluri- Antennes branchues avec plus 
mis lateribus. fieurs poils latéraux. 

Corpus crufta teélum. Corps cruftacé, 


Nnanni] 


652 HISTOIRE ABRÉGÉE 

Les infeëtes qui compofent ce genre , font tous fort 
finguliers ; mais très-reconnoiffables par les différens ca- 
ratieres qu'ils portent. Le premier de ces caracteres con- 
fifte dans la forme des antennes. Tous les monocles ont 
ou leurs antennes branchues , divifées & fubdivifées 
comme les branches d’un arbre, ou ils ont plus de deux 
antennes, comme on le voit dans le morzocle à queue four- 
chue. Les antennes de cette efpéce font tellement divi- 
fées jufau’à leur bafe, qu’au lieu de former des antennes 
branchues , elles en repréfentent deux de chaque côté. 
Outre cette divifion finguliére des antennes des mono- 
cles , on remarque encore que cette partie eft ornée fur 
les côtés, de poils aflez apparens, qui joints à la divifion 
des antennes dont nous venons de parler, les font en- 
core paroitre plus touffues & plus finguliéres. 

Le fecond caractere effentiel des monocles , c'eft de 
n'avoir qu'un feul œil, & c'eft de-là que ce genre a recû 
le nom qu'il porte. La plüpart des infetes ont deux yeux 
ainfi que les grands animaux: quelques-uns , comme les 
araignées , en ont davantage ; le monocle eft le feul qui 
n'ait qu’un feul œil. Quelques Naturaliftes croient cepen- 
dant que dans la vérité, le monocle a réellement deux 
yeux, mais que ces yeux font fi près l’un de l’autre, qu'ils 
fe confondent & femblent n’en faire qu'un. J'ai été 
moi-même porté à le croire, l’analogie me failoit re- 
garder cette opinion au moins comme très- probable ; 
mais quelqu'examen ‘que J'aie fait , Je n'ai Jamais pü 
appercevoir qu'un feul œil dans tous ces infeftes , & 
c’eft en vain qu'on voudroit fe perfuader qu'ils en ont 
deux. 

Outre ces deux caraéteres propres & effentiels aux mo- 
nocles , ces infeêtes en ont encore plufieurs autres, mais 
qui leur font communs avec différens genres. Ces petits 
animaux , par exemple, ont fix pattes ; ce qui les diftin- 
gue de plufieurs infeëtes de cette feétion ,tels que les 
pinces , les tiques, les araignées & autres qui ont huit 


DES : LN S ECTESS 653 
pattes , ainfi que des crabes qui en ont dix, & des clo- 
portes, des fcolopendres , des iules , &c. qui en ont bien 
davantage. Mais le pou , la puce , la forbicine , la podure 
& le binocle ont pareillement fix pattes, enforte que le 
nombre des pattes peut bien fervir à diftinguer les mo- 
nocles de plufieurs autres genres, mais ne fait pas un ca- 
rattere effentiel de celui-ci. Un autre caractere femblable 
eft la dureté de la peau des monocles, qui dans la plûpart 
eft dure comme une croûte. Ce que nous avons dit des 
infeétes de cette fettion en général , fait voir que la plû- 
part font dans le même cas , & ont leur corps cruftacé. Il 
eft vrai que ce caraëtere eft plus marqué dans ce genre 
que dans plufieurs autres ; & que la croûte qui recouvre 
le corps des monocles, eft fi ferme & fi dure, que dans 
quelques efpéces, elle reflembie à une coquille pour la 
dureté. C’eft ce qu’on voit dans les deux efpéces de m0- 
zocles à coquille. 

Tous les monocles font aquatiques, & fe trouvent 
en quantité dans les eaux dormantes, telles que celles 
des mares , des baflins & même des baquets qui font dans 
les jardins. Leur démarche eft finguliére. La plüpart fe 
fervent de leurs antennes branchues , comme de bras pour 
nager , & avec l’aide de ces antennes, ils s’avancent & 
s'élevent dans l’eau comme par bonds & en fautillant. 
C'eft pour cette raifon que SwWammerdam avoit appellé 
une des efpéces de ce genre, puce d'eau , pulex aquaticus. 
Leurs pattes les aident aufli à nager , car ces infectes ne 
s'en fervent que pour aller dans l’eau , & même la pofition 
de ces pattes, dans la plüpart des efpéces , les rend tout- 
à-fait inutiles, fice n’eftà cet ufage. Elles fortent toutes de 
la fente qui fe trouve entre les deux lames dont le Corps 
eft couvert, & tellement ferrées qu’elles ne peuvent faire 
de mouvement que de haut en bas & nullement fur les 
côtés ; par ce moyen elles fervent de rames au monocle 
lorfqu’il nage. L’infette , en même-tems, eft muni d'une 
autre partie qui lui fert d'aviron, c'eft fa queue qui varie 


Es4 HISTOIRE ABRÉGÉE 
pour la forme, fimple dans quelques efpéces , fourchue 
dans d’autres , mais toujours plus ou moins mobile. 

Ces infeëtes font tous ovipares, & comme ils font la 
plüpart tranfparens , on appercçoit à travers la peau de plu- 
fieurs , les œufs contenus dans l’intérieur de leur corps. 
Wais il y en a quelques-uns où ces œufs font bien plus ap- 
parens ; car ces infeétes les portent en paquets à leurs 
côtés , comme on le voit dans la figure que nous don- 
nons. C’eft de ces œufs dépofés dans l'eau, que naïflent 
ces infeétes dont je n’ai pù appercevoir encore l’ac- 
couplement. 

La nourriture des monocles ne doit pas être confidé- 
rable ; ces infeëtes font fi petits, qu’ils n’ont pas befoin 
d'en prendre beaucoup. Aufli je crois qu'ils ne doivent 
pas être carnafliers, & fe nourrir des autres infeêtes , qui 
la plüpart font plus gros qu'eux. Quelques débris de plane 
tes leur fuffifent, & c’eft probablement de la différente 
teinte des fucs de plantes dont ils fe nourriffent , que 
vient la différence de couleurs de ces infectes. Car on 
obferve, du moins dans plufieurs efpéces , qu'ils varient 
du blanc au vert & au rouge plus ou moins foncé, Cette 
derniere couleur a fouvent fort effrayé des gens qui n’é- 
toient pas habiles Naturaliftes. L’eau toute remplie de 
ces infeétes , paroît rouge comme du fang , & ce phéno- 
mene à fufh pour jetter autant de terreur dans l’efprit du 
peuple , que ces prétendues pluies de fang , que nous 
avons dit n'être formées que des gouttes de liqueur rou- 
ge que rendent les papillons en fortant dè leurs coques. 
Si l'on eût examiné de près cette eau, que l’on préten- 
doiït être changée en fang , on auroit vü que fa couleur 
rouge ne dépendoit que des infeêtes dont elle fout- 
milloit. 

Les monocles fervent de pâture à beaucoup d’infe&tes 
aquatiques. 11 n’y a pas jufqu'aux polypes qui en mangent 
& en détruifent une grande quantité , fur-tout de ceux 
dont la peau eft un peu moins dure ; car pour les mono- 


pese liNsEcTrESh 655 
cles à coquilles, le teft dont ils font couverts, réfiferoic 
trop à l’eftomac des polypes, & d’ailleurs ces efpéces 
font plus groffes que les autres. 

Les efpéces de monocles que nous connoiflons, fe ré- 
duifent aux fuivantes. 


I! MONOCULUS antennis dichotomis , cauda 
inflexa. Linn. faun. fuec. n. 1182. 

Linn. fyff. nat. edir. 10, p. 635 , n. 4. Monoculus pulex. 

Swammerd. ir-4°, p. 66, t. 1. Pulex aquaticus arborefcens. 

Swammerd. bibl. nat. t. 31, fe 1: 2, 3. 

Merret. pin. p.107. Vermes minimi rubri aquam flagnalem colore fanguineo 
inficientes , unde vulgus dira protendit. 

Hierne flock. 1 , p.32, 35. Abyflus fatanx, 


Le perroquet d'eau. 
Longueur + ligne. 

Sa couleur eft d’un blanc verdatre un peu rouge. Sa tête 
fe termine par une efpéce de bec pointu réfléchi en-deffous 
& proche lequel eft un feul œil noir, qui paroït des deux 
côtés de l'infee, comme s'il y en avoit deux. Les an- 
tennes qui, à leur naiffance , ne font qu'au nombre gde 
deux , une de chaque côté, fe bifurquent peu après & fe 
divifent chacune en deux , comme fi l’infeéte en avoit 
quatre. Elles font compofées de plufieurs articles, & de 
chaque jointure fort un long poil, ce qui fait l'effet des 
divifions & fubdivifons des branches d’arbre ; aufli a-t-on 
appellé cet infeête , pulex arborefcens ; fes antennes font 
prefque de la longueur du corps. L’infeëte eft applati des 
côtés comme la puce , & fon corps eft ferme ; dur *& 
couvert partout d’une efpéce d’écaille qui n’a qu'une ou- 
verture en-deflous en forme de rainure. C'eft dans cette 
rainure que font firuées les pattes dont il ne fait guères 
d’ufage ; au lieu d'elles , fes antennes lui fervent comme 
de bras pour avancer par fauts & par bons. À l'extrémité 
de la même rainure , eft la queue qui fe divife en deux 
btanches, dont chacune fe fubdivife en deux autres. L’é- 
caille qui couvre cet infe@te , eft tranfparente , & l’on voit 


656 HISTOIRE ABRÉGÉE 

fouvent à travers, du côté du dos, un nombre confidéra- 
ble de petits œufs bruns. La figure de ce petit animal eft 
prefque quarrée. On le trouve fouvent dans l’eau des ma- 
res. Il varie un peu pour la couleur, étant quelquefois 
d’un blanc rougeître , d’autres fois verdâtre , & quelque- 
fois rouge. Cette derniere couleur donne dans certains 
tems un œil rouge à l’eau, lorfqu’il y a beaucoup de ces 
infeétes , ce qui a quelquefois caufé beaucoup de frayeur 
en certains endroits, où lon croyoit que l’eau étoit chan- 
gée en fang. 


>  MONOCULUS antenmis dichotomis ; cauda 
reflexa. Linn faun. fuec. n. 1183. 


Linn. fyfl. nat. edit, 0, p. 635 » n. 5. Monoculus pediculus. 
Le monocle à queue retronffée. 


Cette efpéce paroit fi femblable à la précédente , que je 
les avois d'abord confondues enfemble. Elle n’en différe 
que parce que fa queue ell retrouflée en-deffus du côté du 
dos , au lieu que celle du perroquet d'eau eft recourbée 
en devant. Du refte ces deux infeëtes fe refflemblent pour 
tout. 

3. MONOCULU S antennis quaternis ; cauda rela 

Bifida. Linn. faun.fu:c. n. 1184. Planch. 21, fig. 5. 
Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 635 , 7. 6, Monoculus quadricornis, 

Blanck. belgi. p. 149 51. 13: 


Leuwenhoek. contin. arc. nat. lug. bat. 1719 , pag. *42; Fa Le 


Rofel. inf. vol. 3, fuppl. hf. polyp. tab, 98 ,f. 2, 4. 
Le monocle à queue fourchue. 


Ce petit monocle eft d’un brun un peu cendré. De 
fa tête naiflent quatre antennes , deux en devant & deux 
en arriere , toutes quatre garnies de quelques poils qui 
leur donnent la figure d’une branche, Entre ces quatre 
antennes , tout en devant de la tête , eft un feul œil. De 
la tête à la queue , le corps va en diminuant en forme de 
poire, Il eft compofé de fept ou huit anneaux qui vont 

toujours 


DES INSECTES. s7 
toujours en fe retréciffant. La queue eft longue , divifée 
en deux , & chaque divifion donne naïflance extérieu- 
rement à trois ou quatre poils affez forts. L'animal porte 
fes œufs aux deux côtés de fa queue en forme de deux 
paquets Jaunâtres tout remplis de petits grains , & qui 
à eux deux égalent prefque la grofleur de linfecte. Ses 
pattes font en-deflous , mais il s’en fert peu ; fes antennes 
lui font d’un plus grand ufage pour aller dans l’eau par 
fauts & par bonds très-vifs. Ce petit infecte n'a pas une 
demi-ligne de long : on le trouve dans les mares. On peut 
en mettre plufieurs dans un bocal rempli d’eau, on en voit 
quelques-uns chargés de leurs œufs , & dépofer au bout 
de quelque tems ces deux paquets enfemble ou fépa- 
rément, 


4 MONOCU LUS antenmis capillaceis mulriplicibus ; 
tefla bivalyi oblonga. 

Linn. ue Juec. n. 1185. Monoculus antennis capillaceis multiplicibus tefta 

Lin Qi. nat. edit, 10, p. 635 ; n. 7. Monoculus conchaceus. 

Le monocle à coquille longue. 

Longueur 1 à ligne. Largeur + ligne. 

Cette efpéce eft renfermée dans une coquille bivalve , 
c'eft-à-dire , compofée de deux parties appliquées lune 
contre l’autre , oblongue , life , prefque de la même grof- 
feur aux deux bouts & de couleur cendrée. Cette coquille 
s’entrouvre en-deflous , & c'eft par une des extrémités 
de cette ouverture que l'animal fait fortir fes antennes 
divifées en plufieurs filets blanchätres , avec lefquelles il 
court très- vite de côté & d'autre en nageant dans l'eau. 
Lorfqu’il rencontre quelque corps folide , il s'arrête & 
marche avec fes pattes , qui fortent un peu le long de la 
même ouverture. Si on tire l'infeête de l’eau , il fe renfer- 
me tout entier dans fa coquille. On trouve communé- 
ment ce petit animal dans les ruifleaux bourbeux &t dans 


les eaux dormantes, 
Tome II, Oooo 


653 HISTOIRE ABRÉGÉE 


s MONOCULUS antennis capillaceis multiplicibus ; 
*_ 4efla bivalvi globofa. 

Le monocle a coquille courte. 

Longueur 1 lisne. Largeur + ligne. 

On trouve affez fouvent cet infeéte avec le précédent. 
Il paroît n’en différer que par la forme de fa coquille , qui 
eft plus courte & beaucoup plus groffe, ce qui la rend glo- 
buleufe ou de forme ronde: du refte, le corps & les parties 
de cet infeéte paroiflent femblables. 


BINOCULUS. YMonoculi fpec. linn. 
LUENNPETENIONCEERE. 


Pedes fex. Six pattes. 

Oculi duo. Deux yeux. 

Antenne fimplices fetaceæ. Antennes fimples & fétacées. 
Cauda bifida. Queue fourchue. 

Corpus crufta teélum. Corps cruftacé. 


Ce genre approche beaucoup du précédent , avec lequel 
quelques Naturaliftes l'ont confondu. I] lui refflemble par 
le port , le nombre des pattes , & fur-tout par la dureté du 
teft qui couvre fon corps ; mais il en différe par des 
caraéteres eflentiels. D'abord cet infeéte a deux yeux très- 
diftinéts , au lieu que le monocle n’en a qu'un feul , & 
c'eft de cette différence que nous avons tiré le nom de ce 
genre. Nous l’avons appellé 4:zocle, pour le diftinguer par- 
là du monocle , qui veut dire infeéte à un feul œil. Une 
autre différence fe tire des antennes ;, qui ne font pas 
fourchues & garnies de poils latéraux dans les binocles , 
comine dans les monoles , mais fimples & courtes dans la 

lüpart. Il en faut cependant excepter le grand binocle 
à queue en filets, dont les antennes, quoique fimples, font 
longues & fourchues vers leur bafe. 

Outre ces différences , on peut remarquer que les écail- 
les qui couvrent le deflus du corps des binocles , font fé- 


DES INSECTES. 659 
parées l’une de l’autre dans leur milieu ; & reffemblent 
prefqu'aux étuis des înfettes coleopteres par leur figure & 
leur poñition. Ces écailles peuvent fe foulever un peu 
de deflus le corps , auquel elles ne tiennent point vers 
le bas. 

Ces infeétes vivent dans l’eau comme ceux du genre 
précédent , mais ils font plus voraces. La plüpart s’ata- 
chent à différentes efpéces de poiflons , auxquels ils adhé- 
rent fortement, & qu’ils fuccent par le moyen de plufsurs 
ouvertures ou fucçoirs ; dont la nature les a pourvus dans 
la partie inférieure de leur corps. Le deffous de l’infeéte 
eft ordinairement plat pour s'attacher & fe coller au 
poiffon fur lequel il doit habiter. 

Nous ne trouvons que peu d’efpéces de ces infeêtes au- 
tour de Paris, mais beaucoup de poiffons qu’on ne ren- 
contre point ici ; & fur-tout plufieurs poiflons de mer, 
font attaqués par différens infeétes qui s’attachent à eux & 
les fuccent , & qui font des efpéces de ce genre , comme 
je m'en fuis afluré par l'examen que j'ai fait de plufeurs. 
Il y en a aufli différens figurés dans quelques auteurs , 
& fur-tout dans Baker , fous le nom de poux de poiflons. 
Tous ces infeétes ont une figure finguliere, & refflemblent 
un peu en petit aux crabes de mer, dont il eft cependant 
aifé de les diftinguer par le nombre des pattes. Il y a 
fur-tout quelques efpéces de crabes qui approchent infini- 
ment des binocles , entr’autres le crabe des moluques, 
que l’on voit dans les cabinets , & qui fe trouve figuré 
dans le Thefaurus Rumphii, planch. 12. Tous ces animaux 
ont une queue fourchue ou divifée en deux , qui tantôt fe 
termine par deux filets fimples , & tantôt par deux écailles 
plattes , foit unies , foit frangées. 

Outre le petit nombre d’efpéces de binocles que nous 
donnons , nous fommes perfuadés qu'il doit y en avoir 
encore d’autres autour de Paris ; que l’on pourra dé- 
couvrir , en examinant avec foin au fottir de l’eau les 
poiflons fur léfquels ils peuvent habiter. 

Ooooi] 


660 HISTOIRE ABRÉGÉE 


1. BINOCULUS cauda bifeta. Planch. 21 , fig. 4 


Linn. faun. fuec. n. 118. Monoculus cauda bifeta, 
Frifch. germ. 10,p. 1, tab. 1. Apus. 


Le binocle à queue en filets. 
Longueur 18 lignes. Largeur 10 lignes. 


Ce binocle eft fort grand : le côté de fa tête eft plus 
large , & celui de fa queue plus étroit. Sa tête a une peti- 
te pointe en- devant , & près de cette pointe en-deflus , 
deux yeux affez proches l’un de l'autre. Le corps eft cou- 
vert de deux écailles , qui vers le bout s'écartent & fe 
féparent , formant un angle aigu vers les bords extérieurs , 
& laiffant voir entr'elles la queue. Le bord inférieur , par 
lequel fe regardent ces écailles , eft un peu dentelé 
en fcie. La queue eft écailleufe & fe termine en deux 
longs filets affez durs. En-deflous , l'animal a fix pattes 
cruftacées. On trouve cet infeëte dans l’eau : il eft rare ici. 


2. BINOCULUS #æmifphæricus , cauda foliacea ; 
capitis punélo triplici fufco. Pianch. 21, fig. 3. 
Linn. [yft. nat. edit. 10, p. 634,n. 2. Monoculus tefta foliacea plana, 


Frifch. germ. 6, tab. 12. 
Loes. Monoculus cauda foliacea. 


Le binocle à queue en plumet. 
Longueur 2 lignes. Largeur 1 Z ligne. 


La couleur de cette efpéce eft d’un jaune un peu brun; 
elle eft cruftacée comme la précédente ; mais ronde, 
hémifphérique , prefqu’aufli large que longue , reffem- 
blant pour la figure à une coccinelle & concave en- 
deflous. Ses antennes font petites , très courtes , difficiles 
à appercevoir , compofées de cinq articles & placées pro- 
che les yeux. Ceux-ci éloignés l’un de l’autre & fitués aux 
deux côtés de la tête , font noirs. Outre ces yeux , ily a 
encore entreux fur la tête trois taches brunes pofées 
en triangle. La machoire de devant fe termine en pointe, 
mais recourbée en-deffous. Après la tête qui eft affez 


DES INSECTES. 661 
grande , fe voyent deux écailles lifles , terminées par un 
bord faillant qui couvrent le corps comme les étuis des 
fcarabés ; mais elles ne vont pas jufqu’ au bout ,; & elles 
laiffent à nud une queue écailleufe formée de quatre an- 
neaux, qui fe termine par deux appendices barbus comme 
des plumes , que linfecte étale en courant dans l'eau. En- 
deflous , ce binocle à fix pattes courtes , dont les origines 
font éloignées les nnes des autres. On trouve cet rdc 
dans les et ; il reflemble d’abord à un petit coleop- 
tere , mais fa démarche vive & fa queue qu'il agite préci- 
pitamment , le décélent bientôt. 


3. BINOCU LUS ga/feroflei. 
Le binocle du gaflerofle. 


J'ai trouvé anciennement cette efpéce qui étoit fort jo- 
lie , fur le gafterofteus , Linn. faun.fuec. n. 276, qui eft 
un petit poiflon épineux que l'on trouve en quantité dans 
les ruiffeaux, & fur-tout au petit Gentilly. Mais n'ayant 
pas confervé cet infeéte , je ne puis en donner une bonne. 
defcription. 

CHAMINÈCYE À 


LIY'EMICAR AIRE; 


Pedes decem , primi cheli- Dix pattes , les deux pre- 


formes. mieres en forme de pinces. 
Oculi duo. Deux yeux. 
Antennæ filiformes. Antennes filiformes. 
Cauda foliofa. Queue compolée de plufieurs 
lames. 
Corpus crufla teélum. Corps cruftacé. 


Il eft très-aifé de diftinguer des autres genres de cette 
fe£tion ; le crabe que tout le monde connoit déja. Il a un 
caractere eflentiel qui lui eft propre, c’eft le nombre de fes 
pattes : le crabe en a dix , au lieu que tous jes autres 
infedes fans ailes en ont ou plus ou moins. Ce caractere 


662 HiISTOLR£Z ABRÉGÉE 

fufit feul pour reconnoitre ce genre. Les autres que nous 
avons ajoutés, lui font communs avéc plufieurs infeétes de 
cette fection ; néanmoins ils peuvent aufli fervir à le fépa- 
rer de plufieurs autres dans lefquels ils ne fe trouvent 
point, & c'eft par cette raifon que nous avons cru les de- 
voir tous réunir. 

Les crabes font tous des animaux amphibies , ‘qui 
vivent ordinairement dans l’eau , maïs qui peuvent fub- 
fifter très-long-tems à l'air & hors de Feau. Nous ne don- 
nons que deux efpéces de crabes , qui feules fe trouvent 
aux environs de Paris ; ce genre eft négnmoins très-nom- 
breux , la mer.en fournit un nombre confidérable d’ef- 
péces: 

Ces animaux varient pour la forme : les uns font lar- 
ges , comme les poupars , les crabes communs , l’arai- 
gnée de mer, &c. les autres font longs comme le homar, 
la crevette & l’écrevifle de riviere. Ces derniers ont une 
longue queue compofée de plufieurs lames articulées en- 
femble, & on les a appellés carcri macrourt , crabes à lon- 
gue queue , tandis qu'on a donné le nom de crabes à 
courte queue , cancri brachyurt , aux premiers qui n’ont 
que de très-petites queues ;, compofées pareillement de 
lames, & tellement recourbées & appliquées en-deflous , 
qu'on ne les apperçoit qu’en les retournant. 

Cette diftinétion aifée à appercevoir , divife naturelle- 
ment ce genre en deux grandes feétions. L’écrevifle & la 
crevette , les deux feules efpéces que nous ayons ici , font 
toutes deux de la famille des crabes à longue queue. 

Ces infeétes ont une tête grofle, difinéte du corcelet; 
en quoi ils différent beaucoup des crabes à courte queue, 
dont la tête eft tellement confondue avec le corcelet, que 
ces deux parties ne forment qu'une feule piéce. Au 
devant de cette tête un peu allongée , on appercçoit deux 
longues antennes compofées d'une quantité d'anneaux 
très-courts , & entre ces deux antennes , deux ou quatre 
antennules beaucoup plus çourtes & plus minces, mais 


DES INSERTES. 66? 
conftruites en petit comme les antennes le font en grand. 
Ces antennules accompagnent la bouche de l’animal qui 
fe trouve au-devant de {a tête. Au-deflus de la bouche 
des deux côtés de la tête , fe voyent les yeux au nombre 
de deux , un de chaque côté. Ces yeux, dans les crabes, 
font durs , fermes & portés fur une efpéce de bafe cylin- 
drique & mobile , enforte qu'ils font prominens. 

Le corcelet , cette feconde partie du corps des crabes , 
n’eft point diftinét de la tête dans les crabes à courte 
queue , comme nous l'avons déja dit ; mais dans ceux 
à longue queue , ce corcelet eft très-apparent & féparé de 
la tête. Il eft oblong , prefqu'ovoide , tantôt compofé 
d'une feule piéce de teft liffe , comme dans l’écrevifle , le 
homar , tantôt recouvert de plufeurs lames de teft , 
comme dans la petite crevette des ruiffeaux. Enfin la 
queue qui termine le corps des crabes,eft fort courte dans 
quelques-uns & longue dans les autres. Dans ces der- 
niers , outre les lames qui compofent la queue , on voit 
des efpéces de feuillets qui la terminent , dont l’infete 
peut fe fervir comme d’avirons. Le deffous de cette queue 
eft garni d'autres petits feuillets tranfverfes & frangés , 
plus grands dans les femelles que dans les mâles , & qui 
fervent aux premieres à tenir & affermir leurs œufs qu’elles: 
portent ordinairement fous leur queue. 

Les pattes , au nombre de dix, prennent toutes leur ori- 
gine du deffous du corcelet. De ces dix pattes , les deux 
premieres méritent Le plus d’être confidérées. Outre qu'’el- 
les font plus groffes & plus longues que les autres , elles. 
font terminées par une derniere piéce fort renflée , & qui 
au bout fe divife en deux pinces aigues & dures, dont une 
feule eft mobile. Par le moyen de ces pinces , l'animal 
faifit & ferre les différens corps qu’il rencontre, & fe rend 
maitre de fa proie. Ces deux pattes antérieures font rare- 
ment parfaitement égales ; fouvent on en voit une plus 
groffe que l’autre. On obferve fur-tout que la jambe droi- 
te eft plus groffe dans les mâles. Mais cette différence, 


664 Ir STORE LAÏBRIAGÉ:E 

quoique fenfible ,n'eft pas à beaucoup près fi confidérable 
que celle qu'on apperçoit quelquefois entre les pattes de 
quelques crabes & écrevifles. On voit une des deux pattes 
antérieures de la grofleur ordinaire , tandis que l’autre eft 
beaucoup plus petite. Quelques Naturaliftes ont regardé 
cette différence comme un jeu de la nature , & l’ont pris 
pour une difformité. L’obfervation a cn le contrai- 
re. Si on nourrit quelque tems une écrevifle , dont une des 
pattes eff plus petite , on voit CEE DATES groflit peu à 
peu , & parvient à acquérir la grofleur de l'autre. Cette 
différence de groffeur re venoit ‘donc point de naiïffance , 
elle dépend d’une propriété des plus fingulieres dont 
jouifflent ces animaux. Leurs pattes plus groffes versde 
bout , minces à leur origine , & outre cela douées de plu- 
fieurs articulations étroites, font très - fujettes à fe cafler. 
Une on our crabe qui ont ainfi perdu une de leurs 
pattes , ne reftent pas eftropiés pour cela ; il en repoufle 
une autre qui fe développe peu à peu , & que reproduit le 
moignon qui refte attaché au corps. Cette nouvelle patte 
eft d’abord fort petite ; avec le tems elle croit & acquiert 
toute fa groffeur. Les pattes ne font pas les feules parties 
de ces infectes qui repouifent ainfi ; leurs antennes , qui 
dans plufi ieurs efpéces font fort longues ; repouflent de 
même. Combien feroit-il à défirer pour l'homme, que la 
nature lui eût accordé une pareille propriété qu'elle a 
prodiguée à de vils animaux. 

Maigré le nombre des pattes dont ces infeétes ont été 
pourvus , leur démarche n'en eft ni plus vive ni plus agile. 
ls vont très - lentement & femblent marcher avec peine ; 
rarement vont-ils droit , mais fouvent de côté & quelque- 
fois à reculons , ce qui paroït dépendre de la polition 
& de la conformation de leurs pattes. 

À mefure que les crabes groiliffent , leur peau dure, 
cruflac/e & comme pierre ufe,devient pour eux un habille. 
ment :rop étroit, d'autant qu'elle ne peut préter ni s’éten- 
dre. Il faut donc que ces infedtes , comme les chenilles & 

d'autres 


DESMINSECTES. 66 
d’autres larves dont nous avons parlé , changent de peau, 
Mais fi cette opération eft laborieufe pour les chenilles , 
elle l'eft encore davantage pour les crabes. La peau de 
ces derniers eft bien plus dure & plus adhérente, & ils 
changent non -feulement de peau ; mais d’eftomac & 
d'inteftins , ce qui rend ce travail encore plus rude. C’eft 
ordinairement au printems que fe fait cette müûe. Quel- 
ques auteurs affurent que plulieurs crabes réitérent aufli ce 
changement dans l’automne. Quoi qu'il en foit, dans ces 
tems les crabes paroïffent foibles & languifflans , & leur 
nouvelle peau après leur dépouillement ef fi molle, qu'ils 
feroient aifément dévorés & déchirés par d’autres ani- 
maux , S'ils navoient foin de fe retirer dans des trous 
& des cavités. C’eft dans ces tems de foibleffe , que les 
feches , Les calmars & les grands polypes de mer, tâchent 
d'attaquer les crabes marins dont ils {e nourriflent , comme 
les polypes d’eau douce dévorent les monocles , qui 
reffemblent beaucoup aux crabes. Cet état de langueur ne 
dure pas long-tems ; au bout de deux ou trois Jours , 
la nouvelle peau des crabes fe durcit affez pour les 
mettre à l’abri. C'eft alors que lon trouve dans l'efto- 
mac des écrevifles , ces efpéces de pierres connues dans la 
médecine fous le nom d'yeux d'écreviiles qui ne leur con- 
vient en aucune façon Quelque tems après on n’en trouve 
plus , ce qui fait voir que ces efpéces de pierres ne font 
utiles à ces animaux que dans l’inflant de leur mûe. Quel 
peut donc être leur ufage ? Nous avons dit que ces 
animaux ne changeoïent pas feulement de peau , mis 
d'eftomac ; ce vifcere fe dépouille d& fa peilicule in- 
térieure ; ainfi que l'extérieur du corps. L eitomac ainfi 
dépouillé eft trop foible pendantdes premiers Jours pour 
digérer la nourriture ordinaire , & réellement ces animaux 
n’en prennent point pendant ce tems. Cependant on les 
voit prendre une nouvelle vigueur après avoir été languif- 
fans. Bien des perfonres penfent donc que ces pierres , 
ainfñi que la vieille dépouille de l'eftomac , fervent de 


Tome IL Pppp 


666 H1iISTOIRE ABRÉGÉE 

nourriture pendant ces premiers Jours à ces animaux 3 
& qu’elles fe fondent & fe digerent , d'autant qu’au bout 
de quelques jours on ne trouve plus aucun refte des unes 
& des autres. 

Toutes les efpéces de crabes font carnaflieres : ceux de 
ces animaux qui habitent l'eau douce, fe nourriffent de 
vers, de fang-fues , de grenouilles & de différens infeétes. 
Ceux de mer mangent des animaux marins plus mols 
& plus foibles qu’eux. Bien plus , dans le tems de la mûe, 
ils fe dévorent fouvent les uns les autres , & une écrevifle 
ainfi languiffante & dont la croûte eft molle , devient 
quelquefois la proie d’autres écreviffes qui ne font point 
en muüe. 

Il ne nous refte plus qu’à parler de l’accouplement fingu- 
lier de ces animaux. Les crabes n’ont pas été traités moins 
favorablement de ce côté -là. Ces infettes auxquels la 
nature a accordé la propriété de reproduire leurs pattes 
ou leurs antennes lorfqu’elles ont été caflées , ont aufli 
reçu un autre avantage du côté de la génération. La fe- 
melle a deux ovaires & deux ouvertures. Le mâle a pa- 
reillement deux parties qui font ftuées vers l'origine de 
fes dernieres pattes. Ainfi dans ces petits animaux l'ac- 
couplement peut être double. Lorfque le mâle veut faifir 
fa femelle , celle - ci fe renverfe fur le dos , & ces infeétes 
s’accouplent ventre contre ventre. Les femelles font très- 
fécondes , elles dépofent une grande quantité de petits 
œufs ronds , de couleur rouge , qu’elles portent ordinai- 
rement fous elles , principalement fous la queue , où on 
les trouve , du fnoins dans les crabes à longue queue. 

On fait que les pattes de crabe & les pierres appellées 
yeux d'écrevifles semployent en médecine. On peut con- 
fulter fur leur ufage les différens traités de médicamens. 


1. CANCER macrourus ; roffro fupra ferrato , baf£ 
utrinque dente Jimplici , thorace integro. 


Linn. faun. fuec. n. 1149. Cancer macrourus , roftro fupra ferrato , bafi utain= 
que dente fimplici. 


DES INSECTES. 667 
Linn. fjyff. nat. edit, 10 , p. 631 , n. 43. Cancer macrourus thorace lævi, 
roftro lateribus dentato, bafñ utrinque dente unico. 
Rondel. pife. 22, p. 210. Aftacus Auviatilis. 
Gefner. aquat. 104. Aftacus fluviatilis. 
Aidrov. exfang. 129. Aftacus fluviatilis. 
Jonit. exfang. rt. 4, f. 1. Aftacus fluviatilis. 
Matthiol in diofcor. 128. Gammarus. 
Bellon. pifc. 355. Gammarus. 
Worm. muf. 248. Gammarus feu affacus fluviatilis, 
Merrer. pin. 192. Aftacus fluviatilis. 
Dale pharmac. 359 , n. 21. Aftacus fluviatilis. 
Rofel. inf vol, 3, fupplem. tab. 54: 55:56, 5758359 60: 


L'ecrevifle. 
L'écrevifle eft fort connue , elle fe fert communément 
fur les tables , ainfi nous croyons inutile d’en faire la def- 


cription. Elle fe trouve dans la Seine & les rivieres des 
environs de Paris. 


2. CANCER macrourus rufefcens ; thorace articulato. 
Linn. faun, fuec. n. 12$3. Flanch. 21, fig. 6. 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 631, n.$6. Cancer macrourus articularis, manibus 
adaétylis, cauda attenuata fpinis bifidis, 

Raj. inf. p. 44. Pulex Auviatilis. 

Erich. germ. 7, p. 26,1. 18. Vermis aquaticus cancriformis, 

Lier. Oeland. 42, 96. Cancer pulex fluviatilis diêtus. 

Charlet. exercit. p. 57. Squilla. 

Merrec. pin. p. 192. Squilla fluviatilis. Squilla parva. 

Rofel. inf. vol. 3, fupplem, tab. 62. 


La crevette des ruiffeaux. 
Longueur 7 lignes. Laggeur 2 lignes. 

Cette crevette eft d'un jaune couleur de rouille : fes 
yeux font noirs ; fes antennes font fines & affez longues, à 
peu près de la longueur des deux tiers du corps. Elle a 
cinq pattes de chaque côté & plufieurs appendices à à 
queue. Tout fon corps eft compofé de douze anneaux 
fans la tête ; quatre de ces anneaux compofent le corce- 
let , qui dans l'écreviffe eft d'une feule piéce. Cette cre- 
vette eft applatie par les côtés ; auili eft-elle toujours 
pofée fur le côté ; foir qu’elle fe meuve , foit qu’elle 
refte en place , & lorfqu’elle marche , elle approche 

PppPpi 


668 H1STOIRE ABRÉGÉE 
par des mouvemens vifs fa tête & fa queue l’une de 
autre. 

On trouve communément cette crevette dans l’eau 
courante des petits ruifleaux , elle eft en grande quantité 
dans la riviere des Gobelins. Souvent les plus petites 
fe retirent & fe mettent à l'abri fous le ventre & entre les 
pattes des plus grofles. 


O:ùNIS CUS. 
LIEN CL Li0kPrONRNDES 


Pedes quatuordecim. Quatorze pattes. 


Antennæ due fraële. Deux antennes coudées. 


Nous nous étendrons peu fur un infeéte auffi connu que 
le cloporte ; d'ailleurs les caraëteres que nous donnons de 
ce genre , le rendent très-facile à reconnoitre. De tous les 
infeétes fans ailes qui compofent cette feétion , le clopor- 
te & l’afelle font les feuls qui ayent quatorze pattes , 
& ces deux genres différent l'un de l'autre par le nombre 
des antennes ; le cloporte n’en a que deux & l’afelle en a 
quatre. 

Le cloporte ayant jufqu’à quatorze pattes , fept de cha= 
que côté , ces pattes tirent leur origine de toute la lon- 
gueur du corps ; aufli cet infette eft-il du nombre de ceux 
dont le corps n'eft point diftingué en trois parties , tête , 
corcelet & ventre. Toute la longueur de fon corps eft 
compofée de dix anneaux ou lames dures , écailleufes 
& comme cruftacées. On remarque feulement au devant 
du premier anneau ; une petite tête noirâtre , avec deux 
yeux & deux antennes , compofées chacune de quatre 
articles qui font très - mobiles , & que linfelte tient ordi- 
nairement coudées à chaque articulation. Le dernier an- 
neau du corps, qui formé une efpéce. de queue à l’animal, 
eft terminé par deux appendices dans le cloporte com- 
mun, car le cloporte armadille n’a point ces appendices, 


DES INSECTES. 669 

Ces infeëtes changent de peau comme les autres, & 
non-feulement leur corps , mais leurs pattes même & leurs 
antennes muent & fe dépouillent. On trouve fouvent dans 
la campagne & dans les maifons , les dépouilles que les 
cloportes ont quittées qui font minces & blanches, 

Je n’ai point vû ces infeétes accouplés. Quant à la pon- 
te des femelles fécondées , je ne fais pas comment quel- 
ques auteurs ont pu donner dans Perreur , de croire 
ces infectes ovipares. Il fuffit, pour fe détromper, de pren- 
dre dans l'été un nombre de ces infeétes , & de les exami- 
ner vers le bas du ventre en -deflous. On voit alors dans 
beaucoup de femelles une efpéce d’élévation formée par 
une pellicule mince & un peu tranfparente , à travers 
de laquelle on peut diftinguer les petits qu’elle renferme. 
Si en maniant la mere on vient à rompre cette pellicule , 
les petits bien formés & de couleur blanche, fortent tous 
& fe mettent à courir maloré cet accouchement forcé. II 
n’y a donc nul doute que le cloporte ne foit vivipare. Il 
eft vrai qu’il pourroit fort bien fe faire, malgré cette ob- 
fervation , que les cloportes fuffent ovipares, ou du moins 
ovipares & vivipares tout enfemble , ce qui d'abord fem: 
ble un paradoxe que l’on peut cependant facilement ex- 
pliquer. Il peut fe faire qu’il ne fe forme point de petits 
vivans ; mais feulement des œufs dans le corps de la 
mere ; & que cette mere , au lieu de les répandre dehors 
en les pondan, les fafle paffer dans cette efpéce de poche 
membraneufe qui fe trouve fous l'extrémité de fon corps, 
que dans cet endroit elle couve ces œufs , jufqu’à ce qué 
les petits étant éclos puiffent fortir de cette poche. Nous 
avons vû à peu près la même chofe dans la femelle du 
kermès ; qui en pondant , fait pañler fes œufs fous fon 
corps ; où elle les couve , & fur lefquels elle meurt , y ref- 
tant toujours attachée , jufqu’à ee que les petits étant 
éclos , fortent de cette habitation. Il pourroit y avoir quel- 
que chofe de femblable dans le cloporte ; d’aurant que la 
poche où font renfermés fes petits paroit extérieure , & 


670 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ne point communiquer avec l'intérieur du corps de ce 
peut animal, 

Nous ne connoiffons que deux véritables efpéces de 
ne dans ce pays-ci , dont une donne quelques va- 
riétés. 


1 ONISCUS cauda obtufa integerrima. Linn. fau, 
Juec. n. 1256. 

Linn. (yft. nat. edit. vo , p. 617, n. 11. Onifcus armadillo. 

Raj. inf. p. 42, n. 2. Afclius lividus major. 


Le cloporte armadi lle. 
Longueur s lignes. Largeur 1 + lignes. 


Ce c'oporte eft large , très -liffe & très - uni. Sa couleur 
eft noire ; avec un peu de blanc au bord des anneaux, 
Souvent cette couleur varie , mais l'infeête eft toujours 
life & uni. Son corps eft compofé de dix anreaux , fans 
compter la tête & la queue. De ces dix anneaux, les fept 
premiers font larges , & les trois derniers courts. De ces 
trois derniers , le premier paroït divifé dans fon milieu qui 
et plus large que le refte, en trois autres. Ces derniers 
anneaux courts , avec celui de la queue , forment l’extré- 
mité du corps de l’animal qui eft arrondie fans aucune ap- 
pendice, ce qui fait le cara@tere fpécifique de cet infe&te. 
il a quatorze pattes , fept de chaque côté. Dès qu’on tou- 
che ce cloporte , il fe roule en boule ; rapprochant fa tête 
de fa queue , comme l'animal nommé tatou ou armadille,, 
& on ne voit , ni fes antennes, ni fes pattes ; on le pren- 


droit pour une perle ronde & brillante. On trouve ce clo- 
porte dans les bois. 


2. ONISCUS cauda obtufa bifurèa. Linn. faun. fuec. 
21257: Planch..22.,fis. 1. 


Linn. [yfl. nat. edir. 10, p. 637 , n. 10. Onifcus afellus, 
Mattho!. in diofcor. 257. Millepeda. 

Charlet. exerc. $4. Millepes. 

Raj. inf. p.41, n. 1. Afellus afininus five vulgaris, 


DES INSECTES. 67e 


À ....Lævis cinereus flavo nigroque maculatus. 
B.... Lævis niger cinereo maculatus. 


C.... Scaber niger. 


Le cloporte ordinaire. 
Longueur $ lignes. Largeur 2 lignes. 

Tout le monde connoît le cloporte domeftique ; qui 
eft life , cendré , taché de noir & d’un peu de jaune , mais 
on en trouve dans la campagne deux autres qui ont com- 
me lui , dix anneaux , fans compter la tête & la queue , & 
deux appendices à la queue. Le premier eft très-lifle , 
prefque comme le cloporte armadille , de couleur plus 
brune tacheté de gris , mais fans aucune tache jaune ; 
l'autre eft d’un noir matte tout chagriné en- deffus. Ces 
deux ne font que des variétés de celui des maïfons , & ne 
différent que par la couleur & la grandeur. Souvent quand 
ils font jeunes , ils font d’une couleur rouge pâle. 

Le cloporte fe trouve principalement dans les endroits 
un peu humides , dans les caves des maifons , & fous les 
pierres dans les campagnes. On le ramafle pour l’ufage de 
la Médecine. 


ASELLUS. Onifii fper. linn. 
LL ANSMENTIMENE! 
* Pedes quatuordecim. Quatorze pattes. 


Antennæ quatuor fraflæ , duæ Quatre antennes brifées , dont 
longiores. deux font plus longues. 


L'afelle reflemble tout-à-fair au genre précédent , pour 
le nombre des pattes & pour la figure , tellement que l’on 
a toujours Jufqu'ici confondu ces deux genres enfemble, 
fe contentant de diftinguer l'afelle du cloporte , par le 
nom de cloporte aquatique ou cloporte d'eau ; parce que 
ces infeétes vivent & habitent dans l'eau. Cependant ces 
deux genres différent par un caractere très - eflentiel , c’eft 
le nombre des antennes. Nous avons yû que le cloporte 


672 H1iSTOIRE ABRÉGÉE 

n'en a que deux, comme la plüpart des infe&tes ; l’afeile au 
contraire en a quatre , deux plus longues & deux plus 
courtes. Au refte, ces antennes font compofées de plu- 
fieurs articles coudés en angle ; comme celles du clo- 
porte , auxquelles elles reffemblent beaucoup. L’afelle 
approche encore du cloporte commun ; par fa queue qui 
fe termine en deux filets ; mais au lieu que ces filets font 
fimples dans le cloporte , ils font fourchus & divifés en 
deux dans l’afelle. 

Les efpéces de ce genre font toutes aquatiques. Nous 
n’en avons trouvé qu'une feule autour de Paris, dans les 
mares & les petits ruifleaux ; mais la mer en fournit plu- 
fieurs beaucoup plus grandes. L’analogie fait croire que 
ces infeétes doivent être vivipares , comme les cloportes 
dont ils approchent infiniment. 


1. ASEL LUS cauda bifida , flylis bifurcis ; articulis 
féptem. Planch. 22, fig. 2. 

Linn. faun. fuec. n. 1258. Onifcus cauda bifida , flylis bifurcis, 

Linn. fyft. nar. edit. 10, p, 637 , n. Onifcus aquaticus. 


Raj. inf. p. 43. Afellus aquaticus gefneri. 
Frifch. germ. 10, p. 7, f. s. Afellus aquaticus, 


L'afelle d'eau douce. 
Longueur 1 ? ligne. Largeur + ligne. 

Cet afelle eft de couleur cendrée & affez liffe. Son 
corps eft compofé de fept articles , fans compter la tête & 
la queue. Cette derniere partie eft beaucoup plus grande 
que les autres anneaux , arrondie par le bout , & il en fort 
deux appendices qui fe divifent chacune en deux filets, 
Cet infeéte a cela de commun avec quelques afelles de 
mer ; mais il en différe , en ce que les marins ont dix 
anneaux. Ceft pour cette raifon que dans la phrafe nous 
avons marqué le nombre des articles pour diftinguer ces 
efpéces. Celle - ci a fept pattes de chaque côté , dont les 
dernieres vont toujours en croiffant pour la longueur , & 
font conftamment plus grandes que Îes premieres. Ses an- 

tennes 


DES INSECTES. 673 
tennes n’ont que trois articles allongés, dont le dernier eft 
beaucoup plus long que les autres. On trouve cet afelle 
dans l’eau des ruiffeaux & des mares. 


SOL OP EN D'R° A: 
FRANS IC AOL ONPMENNID.R E. 


Pedes ad minimum vigintt  Vingt-quatre pattes au 


quatuor , fæpe plus. moins , fouvent davantage. 
Corpus planum. Corps applati. 
Antennæ filiformes , articulis Antennes filiformes compofées 
brevibus plurimis. de plufeurs articles courts. 


La fcolopendre eft appellée par quelques Naturaliftes , 
Ze millepied, à caufe du grand nombre de pattes de cet 
infeéte , & par d’autres /z malfaifante , parce que cet ani- 
mal pince , & produit même quelqu'enflure à l'endroit de 
fa morfure , qui paroit légérement venimeufe. Il eft aifé 
de reconnoitre ce genre par le grand nombre de pattes 
qu'ont ces petits animaux. On pourroit tout au plus les 
confondre avec les ïules , qui forment le genre fuivant, 
mais la fcolopendre en différe effentiellement par la forme 
de fon corps qui eft applatie, & de plus, par fes antennes 
qui font compofées d’anneaux courts, dont le nombre 
furpaffe ordinairement celui de cinq. 

Les fcolopendres , ainfi que les iules dont nous parle- 
rons tout-à-l’heure , font du nombre des infettes dans 
lefquels on ne voit aucune diftinétion entre le corcelet & 
le ventre. Tout leur corps eft compofé d’anneaux plus ou 
moins nombreux , précédés en devant d’une tête ronde , 
& applatie ainfi que le corps de l'animal. De ces an- 
neaux partent en deflous les pattes de l'infecte, ordinaire- 
ment au nombre de quatre à chaque anneau , deux de 
chaque coté. 

Ces animauxfe trouvent fousles pierres & dans les trous 
des murailles humides. Ils courent fort vite, & en mar- 


Tome IL. Qqqq 


674 HISTOIRE ABRÉGÉE 

chant ils ferpentent & forment fouvent des finuofités avec 
leur corps, qui eft long & étroit. Ces infees mûent & 
fe dépouillent de la peau cruftacée & dure qui les recou- 
vre à peu près comme les cloportes. On rencontre quel- 
quefois leurs dépouilles. Ils fe nourriffent de podures & 
d'autres petits infeétes. Le nombre de leurs pieds varie 
beaucoup fuivant les différentes efpéces, depuis vingt- 
quatre & trente, jufqu'à cent quarante-quatre. Mais pour 
juger au jufle de ce nombre , il faut que la fcolopendre 
ait acquis toute fa grandeur & fa perfeétion. Car cet infedte 
aune propriété qui paroit fort finguliére. Etant jeune, il a 
moins d'anneaux & moins de pattes qu'il n’en aura par la 
fuite , enforte que cet animal ne croit pas par la feule 
augmentation de volume de fes différentes parties, mais 
par une efpéce d'addition en pouffant de nouveaux an- 
neaux , à peu près comme fi nous naïflions fans bras, & 
qu'avec l’âge il nous en pouffàt peu à peu. 

La mer & les pays étrangers fourniffent un grand nom- 
bre de fcolopendres. On en apporte des pays chauds de 
monftrueufes , qui fe confervent dans les cabinets. Beau- 
coup de tuyaux marins font habités par plufieurs de ces 
infeêtes. Parmi les efpéces des environs de Paris , la der- 
niere que nous appellons la /colorendre à pinceau, eft 
une des plus jolies , comme on le verra dans la def- 
cription. 


1. SCOLOPENDRA 7ufa, pedibus utrinque quirr- 
decim. Planch. 22, fig. 3. 


Linn. faun. fuec. n. 1263. Scolopendra plana, pedibus utrinque quindecims 
Linn. [yff. nat. edit. 10, p. 638 , n. 3. Scolopendra forficata. . 
Raj. inf. p. 45e Ad fcolopendram accedens triginta pedibus inftrud@a. 


La fcolopendre à trente pattes. 
Longueur 9 à to lignes. Largeur 1 3 ligne. 

Cette fcolopendre, la plus grande de ce pays-ci, eft de 
couleur fauve ; liffe , compofée de neuf anneaux écailleux 
fans compter la tête. Ses pattes font au nombre de quinze 


DES VINSECTES 67s 
de chaque côté, & les dernieres plus longues que les au- 
tres & tournées poflérieurement, forment une efpéce de 
queue fourchue. Ses antennes font deux fois auffi longues 
que la tête & compofées d’une très-grande quantité d’ar- 
ticles courts, au nombre de quarante-deux. Lorfque l’in- 
feéte marche ; il court fort vite & quelquefois en ferpen- 
tant. On le trouve à terre fous les pierres, fous les pots à 
fleurs & les caïfles dans les jardins. 


2. SCOLOPENDR À xigricans , pedibus utrinque 
guatuordecim , albo nigroque inrerfe&kis. 

La fcolopendre à vingt-huit pattes. 

Longueur 8 lignes. 

Elle paroit d’abord reffembler un peu à la précédente 
ou à la commune , mais fi on l'examine de près , on voit 
qu'elle en différe beaucoup. Son corps eft à la vérité com- 
pofé de neuf anneaux, fans compter la tête ; fes antennes 
plus longues que fon corps, font fines, déliées & compo- 
fées d’une multitude de petits anneaux ; enfin fes pattes 
font au nombre de quatorze de chaque côté, en quoi elie 
approche de lefpéce précédente. Mais outre fa grandeur, 
elle en différe d'abord par fa couleur noirûtre ; feconde- 
ment par fes pattes , qui font très-longues , fur-tout les 
poftérieures , qui égalent prefque la longueur du corps, 
& qui de plus font entrecoupées de noir & de blanc. Ces 
pattes ont encore une autre particularité , c’eft que leurs 
tarfes font compofés d’un nombre infini de piéces , plus 
longues vers le haut & qui vont de plus en plus en dimi- 
nuant vers le bout. On trouve cette efpéce avec la pré- 
cédente fous les pierres , mais bien plus rarement qu’elle. 


3. SCOLOPENDRA /fu/ca ; pedibus utrinque 
{TLDE IG 

La fcolopendre à foixante pattes. 

Longueur $ lignes. Largeur = ligne. 
La couleur de cette efpéce eft noirâtre en-deflus, blan- 


Qaqqiÿ 


676 HiISTOIRE ABKÉGÉE 

châtre ou cendrée en-deffous. £lle a foixante pattes , trente 
de chaque côté ,; de même couleur que le deffous de l'in- 
fete. Son corps eft compofé de dix-huit anneaux plats en- 
deflus , chagrinés , très-diftingués les uns des auttes. Le 
deffous de l'animal eft arrondi & fes pattes font fort cour- 
tes. Ses antennes font compofées de fept articles. On 
trouve cette fcolopendre à terre , fous les pierres, mais 
moins fréquemment que la premiere. 


à. SCOLOPENDRA ferruginea , pedibus utrin- 
que feptuaginta. 

Lin. frun. fuec. n. 126*. Scolopendra plana, pedibus utrinque feptuaginta. 

Linr. fift. nat. edit. 10, p. 63°, n. 6. Scolopendra elerica. 

Aldrov. inf. p. 637, t. 636, f. 8. Scolopendra vulgaris ac vera. 

Raj. inf. p 25. Scolopendræ valde exiles , longæ. 


Frifch germ.à11,p.212,t.8, f. x. Scolopendra plana longa, 


La fcolopendre à cent quarante pattes. 
Longueur & à 9 lignes. Largeur À ligne 

Celle-ci eft très-platte tant en-deflus qu’en-deffous. Sa 
couleur eft fauve, mais tout du long de fon corps, elle a 
dans le milieu une bande noire. Ses pattes font au nombre 
de cent quarante, foixante & dix de chaque côté , mais 
ce n’eft que quand l'animal a atteint toute fa grandeur. 
Lorfqu’il eft plus jeune & plus petit, iln’en a quelquefois 
que foixante , foixante - quatre , foixante -fix ou foixan- 
te-huit. Lorfqu'il marche, il fait des plis & des replis com- 
me un ferpent. Ses pieds font courts & forment comme 
deux rangs de cils ou de poils de chaque côté de fon 
corps. Les anneaux dont le corps eft compofé , font fort 
couits & en même nombre que les pattes. Ses antennes 
font compofées de dix-fept articles. On trouve cet infe&te 
fur la terre, dans laquelle il s'enfonce. La nuit fon Corps 
paroit quelquefois lumineux. 


se. SCOLOPENDRA fufca , pedibus utrinque 
Jéptuaginta duobus. 


DES INSECTES. 677 


La fcolopendre à cent quarante-quatre pattes. 
Longueur 10 lignes. Largeur à ligne. 

Cette efpéce approche beaucoup de la précédente. Elle 
eft de même applatie ; elle a prefque le même nombre 
de pattes, foixante-douze de chaque côté, & fes anneaux 
fort courts , font en même nombre que les paires de pat- 
tes. Mais elle en différe en ce que fa couleur eft brune, à 
l'exception de fes antennes qui font de couleur de rouille, 
& de plus en ce qu'elle eft bien plus longue & plus étroi- 
te & prefque comme un fil. Sa longueur fait que fes pattes 
font moins ferrées & moins preflées l’une contre l’autre 
que dans l'efpéce précédente ; du refte elles font fines & 
& petites. Ses antennes font compofées de treize an- 
neaux. On trouve cette fcolopendre dans les mêmes en- 
droits que les autres. 


6 SCOLOPENDR A ovaës, pedibus utrinque 
duodecim ; cauda albo penicillo. Linn. faun. Juec. n. 
1264. Planch. 22, fig. 4. 

Linn. fyff. nat. edit. 10 , p. 637 , n. 1. Scolopendra lagura. 


Acad. reg. [ci. fcav etrang.tom. x, p. 538. 
AG. Upf. 1736 » p. 39, n. 3. Onifcus minimus , cauda alba, 


La fcolopendre à pinceau. 
Longueur 1 +ligne. Largeur + ligne. 

Cette derniere efpéce eft la plus petite, maïs la plus 
jolie de toutes. Ses antennes font compofées de fept pié- 
ces, dont la derniere eft très-petite. Sa tête eft noire & 
fon corps eft brun. Il eft compofé de dix anneaux, avec 
douze pattes de chaque côté, lorfque l'infede eft à fa 

randeur, car avant ce tems il y a moins d’anneaux & de 
pattes. De chaque côté de fon corps, eft une rangée de 
etites touffes ou aigrettes de poils frilés, au nombre de 
neuf de chaque côté, du moins lorfque l'animal ef à fa 
erfeétion. La queue eft compofée d'un pinceau de poils 
femblables ; pluslongs & droits, qui fe raflemblent & qui 


678 HisTOIRE ABRÉGÉE 

ont une couleur argentine, Cette fcolopendre reffemble ; 
pour la forme, à un petit cloporte. On la trouve commu- 
nément fous les vieilles écorces des arbres. M. de Geer 
l'a très-bien décrite dans le Mémoire envoyé à l’Acadé- 
mie , que nous citons ici. 


Ab LrU.S: Solopendræ fpec. linn. 


LETeUB EE: 

Pedes plus quam centum. Plus de cent pattes. 
Corpus teres cylindraceum. Corps arrondi & cylindrique; 
Antenne articulis quinque. Antennes compofées de cinq 

articles. 


L'iule approche affez de la fcolopendre par fa figure 
allongée, & par le grand nombre de fes pattes. Il en dif- 
fére cependant par la forme de fon corps qui eft prefque 
exactement rond & cylindrique & par fes antennes qui ne 
font jamais compofées que de cinq anneaux. De plus les 
pattes de l’iule , plus petites que celles de la fcolopendre, 
font encore bien plus nombreufes que les fiennes. On en 
trouve jufqu’a deux cent & deux cent quarante , fuivant 
les efpéces. 

Cet infeéte marche cependant moins vite que la fcolo- 
pendre , aufli fes pattes font-elles bien plus courtes , elles 
reflemblent à une frange de poils. Il en part quatre de 
chaque anneau du corps , deux de chaque côté, ce qui for- 
me deux rangées de jambes. Toutes ces pattes agiflant 
l’une après l’autre réguliérement & fucceflivement , toute 
a rangée forme une efpéce d’ondulation , qui n'étant 
point interrompue , fert à tranfporter le corps lourd de cet 
animal. Sans ces rangées de pattes , l'iule reffembleroit 
tout-à-fait à un petit ferpent. 

La peau de cet infeûte eft dure , teflacée & renitente. 
Il s'en dépouille comme le cloporte & la fcolopendre 
avec laquelle on le trouve fouvent. Il eft ordinaire à cet 
infeéte , lorfqu’il eft en repos , de fe replier fur lui-même 


, DES INSECTES, 679 
& de fe rouler comme un ferpént. Nous ne connoiffons 
, que deux efpéces d'iules autour de Paris. 


1 JULUS fuycus lævis ; pedibus utrinque cer* 
ZUMNe j 

Linn, faun. fuec. n. 1260. Scolopendra teres , pedibus utrinque centum, 

Linn. fyft. nat. edit. 10, p. 639, n. 3. Julus terreftris. 

Aldrov. inf. 637, te 636, f. 4. Scolopendra terreftris minor. 

Mouffer. lat. p. 201, f. 4. Julus quartus glaber. 

Jonft. inf. t. 13. Julus glaber moufteri. 

Ray. inf. p.46. Julus quartus plaber. 

Frifch. germ. 11, p.21,t.8, f. 3. Scolopendra longa micylindracea, 


L'iule à deux cent pattes. 
Longueur $ lignes. Largeur + ligne. 

Ce petit iule a de chaque côté cent pattes fort courtes 
& ferrées. Son corps eft rond cylindrique , compofé de 
cinquante anneaux , dont chacun donne naïflance à deux 
paires de pattes. Ces pattes , par ce moyen, font deux à 
deux l’une à côté de l’autre , enforte que de deux en deux 
il y a un peu plus d’efpace entr’elles. Sa couleur eft noi- 
râtre & il eft fort lifle. On trouve cet infecte fous les pier- 
res & dans la terre. 


2. JU LUS cirereus , pedibus utrinque centum & viginii. 
Planch. 22, fig. s. 
Linn. faun. fuec. ñ, 1262. Scolopendra teres , pedibus utrinque centum & vi- 
ginti. 
Linn. Jÿfé, nat. edit. 10, p. 640, n. $. Julus fabulofus. 
Ra. inf. p. 47. Julo glabro adfinis, lividis albifque circulis. 


L'iule à deux cent quarante pattes. 
ZLongueur 1o lignes. Largeur 2 ligne. 

Cet ïule eft de couleur cendrée, life, & a quelquefois 
deux bandes longitudinales de couleur fauve fur fon dos. 
Son corps eft compofé d’environ foixante anneaux , qui 

aroifflent doubles , une partie de l'anneau étant toute 
life, & l’autre chargée de ftries longitudinales fort ferrées, 
ce qui fait que le corps cylindrique de l’infeéte eft comme 
entrecoupé alternativement d’anneaux liffles & d’anneaux 


680 HISTOIRE ABRÉGÉE 
ftriés. Chaque anneau dônne naiflance à deux paires de 
pattes, ce qui fait deux cent quarante, ou cent- vingt 
attes de chaque côté, Ces pattes font fines, petites & 
lanches. Les antennes font très-courtes & compofées 
de cinq anneaux. Si on touche cet infeéte , il fe roule 
en fpirale , de façon que fes pattes font en-dedans , mais 
cependant du côté qui regarde la terre. 
On trouve cet infeéte avec le précédent , auquel il 
reflemble ;, quoique beaucoup plus gros. 


F IN: 


TABLE 


SE à 


PE EASETS 


TABLE ALPHABETIQUE 


DES noms françois des INSECTES, contenus 
dans le Jecond Volume. 


Les noms en caraëteres italiques font ceux des efpéces, 


Livrcirre > pe 385 — Le celadon, p. 138. 


419 
L’asathe, p. 124. 
L’albafire , p. 168. 
L'aichymifle, p. 140. 
Amaryllis ; p. 52. 
L'amelie, p. 223. 
L’aminthe, p. 226. 
L’anguleufe , p. 128. 
L’apparent ; p. 117. 
L’araignée , p. 629 — 651. 
L’arous , p. 62 — 64. 
L’afelle, p. 671, 672. 
Lafile, p. 46$ — 475. 
Les atomes , p. 140, 141. 
L’aurore ; p. 72. 
La baccente, p. 47. 
La bande noire , p. 66. 
Les bandes, p.132, 133. 
Les barreaux , p. 135. 
La belle dame, p.41. 
Le bibion , p. 568 — 572. 
Le binocle, p. 658 — 661. 
Le bois veiné , p. 1 24. 
La bordure enfanslantée , p. 


120. 
La brocatelle , p. 143. 
Le bronfè , p. 65. 
La brunette , p. 160. 
Le carmin, p. 146. 
La caroline, p. 228. 
La cecile , p. 229. 
Tome IL, 


Cephale; p. 53. 

La chappe ; p. 169 — 171. 

La chinée ,p. 145. 

La chouette, p.r15. 

Le cinips, p. 289 — 308. 

Le ciron , p. 622. 

Le citron ; p. 74. 

La citronnelle , p. 139. 

Le cloporte , p. 668 — 671. 

Le collier argenté ; p. 44. 

La coquille d'or ; p. 193. 

La cordeliere , p. 1 94+ 

Corydon , p. 49. 

Le coffus ; p. 103. 

Le coufin , p. $73 — 580. 

Le crabe, p. 661 — 667. 

La crête de coq, p. 111. 

La crevette , p. 667: 

Le damas cendre , p. 132. 

La damerette , p. 130 

Le damier ,p. 45. 

La décolorée , p. x$$- 

La découpure , p. 121. 

Le demi-paon , p. 79. 

La demoïifelle , p. 217 — 229. 

La dent-de-fcie, p.73. 

Le deuil, p. 161. 

Le diplolepe , p. 308 — 311. : 

La dorothée , p. 223. 

La double ceinture ; p. 128. 

Le double-omega ; p. 123. 
Rrrr 


682 

Le double-point ; p.125. 
La doublure jaune , p. 136. 
L’écaille , p. 10$ — 109. 
L’écrevifle , p. 667. 
L’éléonore , p. 225$. 
L’enfanglantée, p. 126. 
L’entreligne, p. 194. 
L’éphémere, p. 234 — 241. 
l’étoilée, p. 120. 
L’eulophe, p. 312, 313. 
Le faucheur, p. 627 — 629. 
La feuille-morte, p. 110. 

Le flambée , p. 56. 

Le flot. p.153: 

La forbicine, p. 611 — 614. 
La fourmi , p. 420 — 429. 


Le fourmilion, p. 256259. 


La françoife, p.224. 

La frange bigarrée , p. 161. 
Le freflon , p. 261 — 263. 
Le gamma, p. 39. 

Legafe , p.71. 

La grifaille, p.134. 

La grifette , p. 68. 

La guêpe , p. 362 — 384 
L’hémerobe, p. 2$1 —25$5:. 
Le hibou , p. 147e 
L'hippobofque, p. $46 ; $47- 
La jafpée ; p. 125. 

La julie , p. 227. 

La jufline, p. 227. 
L'ichneumon , p. 313 — 362. 
L’incarnat , p. 165$e 
L'iota, p. 158. 

L'iule , p. 678, 679. 

L’ix, p.162. 

La laiteufe, p.131. 

Le lambda , p. 156. 

La lichenée,p. 1$0,rSI. 
La livrée, p. 115. 

La louife ; p. 221. 

La lunule, p. 123. 


T''AUBr TE 


Le manteau, p. 190 — 192. 

Le mars. p. 61. 

La meticuleufe ; p. 152. 

La mignoneite , p. 127. 

Le minime , p. 112. 

Mirtil, p. $0. 

La mitte, p. 623, 624. 

Le monocie, p. 6$1—6$8. 

Le morio, p.35. 

Le moro-fphinx , p. 83. 

Le morpion , p. $97- 

La mouche, p. 483 — 538. 

La mouche-armée, p. 475 — 
483. 

La mouche-à-fcie , p. 266 — 
288. 

La mouche-fcorpion, p.250 , 
260. 

La mouchetée ; p. 137. 

Le nacarat , p. 164. 

Les nacrés, p. 43. 

La némotele , p, 542, 543. 

L’oeftre , p.4ç1 — 456. 

L'omicron, p. 157. 

La panthere, p. 140. 

Le paon de jour , p. 36. 

Le paon de nuit , p. 100 — 
102. 

Le papillon , p. 26 — 76. 

La perle, p. 229 — 232. 

Le petit gris, p. 160. 

La phalëne, p. 93 — 172. 

La philinte , p. 225. 

La phrygane , p. 241 — 25$o. 

La pince, p. 617 — 619. 

Le plein-chant , p. 67. 

La podure , p. 60$ — 611. 

Le pou, p. $9$ — 605. 

Procrs ps: 

Lepfi-pisfe 

Le ptérophore, p, 90 — 93. 

La puce, p. 614— 616. 


HPASB:L:E 


La queue-jaune , p. 136. 
La rainure , p. 133; 134 
La raphidie, p. 233. 

La rofette, p. 121. 

Le fatyre,p. SI: 

Le fcatopfe, p. $44, s45. 
La fcolopendre, p. 673 — 678. 
Silene . p. 46. 

La fophie, p. 224. 

Le fouci, p. 75. 

La fouffrée, p. 138. 

Le fohinx , p. 76 — 89: 
Le ftomoxe, p. 538,539: 
La flvie , p. 226. 

Le tabac-d’efpagne , p. 42. 
Le taon, p. 457 — 464. 
La teigne , p. 173 — 204. 
Letigre, p. 118. 


68; 
La tipule, p. $48— 568, 
La tique, p. 619 — 627. 
Tircis , p. 48. 

Le toupet-tanné, p. 131. 
Triflan , p. 47. 

La turquoife , p, 130. 

Le verdelet, p. 126. 

Le ver-d-foie , p. 116. 

Le vert-doré, p. 140. 

La veuve, p. 149. 

Le volant-doré , p. 159. 

La volucelle, p. $40, s41. 
Le vulcain, p. 40, 
L’ulrique, p. 222. 
L’urocere ,p. 264, 265. 
Le jig-7ag , p. 113. 

La zône , p.127. 


Fin de la Table des noms françois. 


TABLE ALPHABETIQUE 


DES noms latins des INSECTES, contenus 


dans le fecond Volume. 


Les noms en caraëteres italiques font ceux des citations. 


À carus, p.619 — 627. 
Acarus, p. 618,619, 629. 
Apis,p. 38$ —419. 
Apis,p. 369, 375 — 377 
Aranea , p. 629 — 649. : 
Araneus , p. 624, 62$ , 629. 
Afellus , ». 671,672. 
Afellus , p.670. 

Afilus, p. 465 — 475. 
Afilus, p. 539. 


Bibio, p. 568 — 572. 
Binoculus, p. 658 —.661. 
Bombylius, p. 416 , 417. 
Bombyx , p. 116. 

Cancer, p. 660 — 667. 
Chelifer , p. 617 — 619. 
Conops , p. 539. 

Crabro ,p. 261 — 263. 
Culex, p. 573 — 580. 
Culex , p. 466 ; 572. 


684 
Cynips, 2.289 — 308. 
Diplolepis, r. 308 — 3r1. 
Ephemera, p. 234— 241, 
Eulophus,p. 312,313. 
Forbicina, p. 611— 614. 
Formica, p. 420 — 429. 
Formicaleo, p. 256 — 250. 
Hemerobius , p. 2$1— 257. 
Hemerobius , p.231,246,25$ 8. 
Hippobofca , p. 546, 547. 
Hippobofcus , p. 547. 
Ichneumon, p. 313 —362. 
Ichneumon ; p. 265 ; 296 » 

30230: 31 Oe 
Juluss Ps 678 »679e 
Levifma ; p. 61 3e 
Libatrix,p. 1217. 
Libella, p. 221 — 218. 
Libellula , p. 217 — 229. 
Eubricipeda > P-118. 
Millepeda , p. 670. 
Millepes , p. 670. 
Monoculus, p. 651 — 658. 
Monoculus , p. 660. 
Mufca , p.483 — 538. 
Mufca ; pe 479; 481; 540 » 

$432:571e 
Nemotelus ,p. 42, 543. 
Oeftrus, p. 45 1 — 456. 
Oeftrus ; p. 479: 
Onifcus ,p. 668 — 671. 
Oniftus , p. 672, 677. 
Panorpa, p.259 ; 260. 
Papilio , ps 35 — 75: 
Parilio, p.117. 
Pediculus , p. $95 — 605. 


TABLE. 


Pediculus , p. 623. 

Perla »f + 229 — 232 

Perla, p. 253. 

Phalæna, Pe 93 —172. 

Phalæna ; p. 79— 92; 100, 
1001023105 

Phalangium , p. 627 — 629. 

Phriganea , f. 241 — 250. 

Fhriganea, p.231, 232. 

Podura, p. 60$ — 610. 

Polichloros , p. 37. 

Prerophorus , p. 99 — 92. 

Pulex , p. 614— 616. 

Pulex ; p. $99— 604, Co7, 
GSS:. 

Raphidia , p 233. 

Ricinus: p.547; 621. 

Scatopfe ,p. $44, 545$. 

Scolopendra , p. 6 75 — 677. 

Sheet pe 679 

S hex > P: 38 54: 

Sphinx , p. 75 — 89. 

Squilla, p. 667. 

Stratiomy$ , p. 475 — 482. 

Stomoxys. p. 538» 539. 

Tabanus , p. 457 — 404. 

Tabanus ; p. 479. 

Tenthredo , p. 266 — 288. 

Tenthredo , p. 265 ; 296 , 299: 
30222303, 310: 

Tinæa , p. 173 — 204. 

Tipula, p. 548 — s 67. 

Vefpa, p. 362 — 384 

Volucella.; Pe+ 540 » S4re 

Urocerus , p. 264; 265$. 


Ÿ 


À 


Fin de la Table des noms latins. 


ch ed 
EXP T CATION 


Des Planches contenues dans le fecond 
Volume. 


PLANCHE XI. 


Fig. I. EPapizLron,grand Fig. IP, Le même, vû en -deflous. 
nacré ; vu en-deflus. La Figure repréfente les 
Fig. II. Le même, vü en-deflous. antennes de ce papillon, 
On voit dans ces Figures, qui font terminées par 

que les antennes de ces une maflue allongée. 


papillons font terminées 

par une maflue arrondie. Fig. W. Le fphinx. 
Fig. III. Le papillon demi - deuil, vû 

en - deflus. Fig. VI. Le pterophore. 


BLANCHE XIL 


Fig. F. > PHALESsNE,petit- Fig. I. La phalène appellée le flor. 
paon, vüe-en - deflus. Fig. V. Autre phaléne appellée la 


Fig. II. La même, vüe en- deflous. veuve. 
Fig. III. La femelle de la même pha. Fig. VI. La teigne appellée la co- 
léne. quille d'or. 


PLAN C'H E X LIT 


Fig. I À DEMOISELLE. turelle , vû en-deflus. 
a. L’infe&e de gran- f. Le même, vû de côté. 
deur naturelle, g- Sa patte féparée. 
b. Sa larve. 
Fig. IL La perle. Fig. IV. L’éphémere. 
© c. L’infe&te de grandeur na- h. L’infeéte de grandeur na- 
turelle, vi en- deflus. : turelle , vü en-defus. Ce 
d. Le même , grofi & vû « oi. Le même, grofli & vü à 
en - deflous. L k Joupe. AE 
Fig. III. La raphidie, D ALL ER MN 


e. L'infe@e de grandeur na- Fig. W, La frigane, 
Tome II. S 


6R6 Ep ut © AUr x /oi N 27 
- LTinfée aggrandi & v o. La mème larve, tirée de 
de côté, ‘fon foureau. 

m. Sa tête féparée , & ex- Re. I. L'hémerobe. 
traordinairement groffie. p. L'animal un peu grofli. 

n, Sa larve renfermée dans g. Ses œufs portés (ur unfil, 
le tuyau qui la recouvre. & attachés à une feuille. 

P L ANCH £. X I V. 
Fig. I E FourMILTON. fés au bout de fa trompe, 

a. L'animal de gran- qui accompagnent la bou- 
deur naturelle. che. 

b. Son antenne FFparce g- La queue du même in- 

c. Sa, pattes. ‘ fette,males groffie & (é< : 

Fipi 11,9 La moucheL Rdrpion. Barée: 
2: lu linfRéer"flé , vh en- Fig. TER uracére de grandeur na- 
deflus turelle, vi de-côté. 

€. La femelle du mêmein- Fig. 1W. Ee frélon, de grandeur 
fee. naturelle, 

f. Sa tête. féparée &grofie, Fig. 72" La mouche:à- fcie. 
où l'on voit les antennes, h. L'animal vûcen - deflis. 
lestrois petits yeux Jifles, i. Le même grofi, & vü 
& + quatre barbillons po- en - deflous, 

PLAN CAHYE IMC OIV. 
Fig. L E Cinrps. i, Le même, vü de côté. 

a. L'infcée de gran- ‘k.. Feuille de chene; chargée | 
deur naturelle ,. vi en- des galles que produit cet 
deffus. infe&e, | 

b Le même > groffi. l, Galle entiere & non ou- 

c. Le méme , vû de côté. verte. 

d. Feuille de chéne, chargée m. Galle ouverte, dans la- 
des galles que produifent queile on apperçoit le 
ces infetes. trou par lequel l’infeñe 

e. Galle entiere, & non ou- eft (orti. 

© verte » lorfque l’infcée Fig. IIL L'eulophe. 

ge efpaséncbre forti. n. L’infeéte de grandeur na- . 

f: Galle ouverte, dans la- Hblle 
quelle on apperçoit le En ne groffi. 
trou par lequel l'infeéte ps Feuille de tilleul, char- 
parfait eft forti, gée de chryfalides de cet 

Fig. II. Le diplolepe. x __infe&e. 

g: L'animal de grandeur na- g. Ces chryfalides rangées 
turelles. :: en tas: ï 

h. Le même, groff & vi Tr. Une: de ces chryfalides, 
ed défus, grofie à la loupe, 


pes Puancomes pu. Tome II. 68s 


L . 


Fig, IL, 


“Fig. IIT. 


b. 


Ce 
d. 


PET AN NC FPE ARR 


Fig. I, 7 HNEUMON. 


a L'animal groffi, & 
vü en- deflus. £ 
Le même , yü de côté, 


La guefpe. 
L'infe&e groffi. 
Sa tête féparée. 


e. Nid de terre que forme 


f. 


cette efpéce de guefpe. 


L’abeille. 
Abeille dorée , & aggran- 
die. 


g: Son ventre féparé, dont 


les derniers anneaux font 
terminés par des pointes. 


hi. La même, de grandeur 


naturelle , & repliée dans 
une fituation qui lui eft 
aflez ordinaire, 


La fourmi. 


i. La fourmi mâle de gran- 


deur naturelle.” 


k. Sa Femelle. 
L. Cette même femelle de 


beaucoup groflie. 


Fig. I. 


Fig, IT. 


BL AINCEE. XVII 


’ŒÆsT R Es 
a. L'infecte aggrandi. 


b. Sa tête groflie, & vüe en- 


€, 


d. 


€e 


50e 


deflus. - 

La même tête, vüe en- 
deffous. 

La patte féparée. 
L’aile, avec le balancier 
& Le :cuilleron qui font à 
fa bafe, 


. Le même cuilleron & le 


balancier féparés. 
Le taon, 


« L'infe&te! groffi. 
« Sa tête féparée , & vüûe 


en - defflous. 


. La mêmetête vüûe de cô- 


té, pour faire yoir les 
machoires qui accompa- 


.gnent la trompe, 
Fig, TITI.” Lafle. ] 
k. L’infeête un peu grofli. 
L, Sa tête féparée, & vüe 


en - deflus. 


m. La même, vüûe en - def- 


fous. 


n. L’antenné féparée & grof- 


fie. 


La mouche-armée. 


6. L’infettervi en -deflus, 


les ailes croifées. 


p« Le même, avec les ailes 


étendues. 


g: Sa tête féparée , & vüe 


en: deflous. - 


rs Sapatte. 
fr Eadarve quite produit. 


PLANCHE XVIII. 


Fig. I. f = Movucxes. 


b. 


a. L'infètte de gran- 
deur naturelle. 
Sa téte féparée & groflie. 


Ê 


.& Tête de mouche d’une 


autre efpéce , vüe,de côté 
&-fa trompe ttendue, 
Le, flomoxe. ; 


Sfffi 


683 Ex:p LÜür € AU ON 


d. L'infe&e beaucoup ag- p. L'infeûe de grandeur na- 
grandi. turelle , vü en-deflus. 
e. Sa tête groffie , & vüe en- g. Le même, vü de côté, 
deffous. r. La tite féparée. 
f. Sa trompe. f. La chryfalide groflie. 
Fig. III. La volucelle, t. Branche de bouis char- 
g. L'animal un peu groffi. gée de cesinfe&tes. 
h. Sa têre vûe de côté, & u. Flévations que produi- 
groffie. fent leurs larves. 
i, La gaine où eft renfermce x. Dépouille de la chryfa- 
la trompe. lide qui refle attachée à la 
k. La tête groflie, & vüe en- feuille, lordque line 
deflus. parfait en eft forti. 
Fig. IV. La némotele. Fig. VI.  L’hippobofque. 
1. L’infede groffi. : J' L'animal de grandeur na- 
m. Sa tête féparée , & vie furelles 


par - deflus. z. Le même, grofli, 
ñn. Sa trompe féparée. £. Sa téte féparée, 
o. Une de fes antennes. A. Sa patte féparée & grof- 
Fig. V. Le fcatopfe. fie, 


PiL, AoN:C H E:2- XX: 


Fig. I RANDE tipule-cou- 2. La farve de grandeur na= 
turiere, turelle. 
a. Le mâle de grandeur na- k. La même, grofhe. 
turelle, 1. La chryfalide. 
b. La femelle. mm. m. Œufs de tipule, dans 
c. La larve. une efpéce de fray. 
d, La chryfalide, Fig. III. Le bibion. 
; Le tout de grandeur na- 


7. L'animal groffi. 
0. Sa tête féparée. 
Fig. II. Petite tipule culiciforme. Fig. IV. Le coufn. 


turelle. 


e. Le male aggrandi, & vû p. L'infe&e femelle gro. 
en - deflus. g. La tête du mâle, où l’on 

f. Le même, vû de coté, voit fes panaches. 

g. La femelle. r. La larve groffie, 

h. Aiïle féparée. Ja chryfalide groffie, 


PIE-SPNIC IT E S'XTX, 


Fig, L. E'Pov. ë. L'infc&te de grandeur na- 
a. Le pou du bufard, turelle. 
oifeau aquatique, de gran- d. Le même , groffi & vû 
deur naturelle. en - deffus. 
Bb. Le même infe&e groff. e. Le même , vü en - def 


Fig. II. - La podure, 


fous. 


Des PLancues pu Tomé ‘ll. 


f. La fourche de la queue 
de cet'animal , ayec la- 
quelle il faute. 


Fig. III. 


La forbicine. 


g- L'infeêe groffi, & vüen- : 


deflus. 
hk, Le même, en- deffous, 
Fig. IV. La puce, vüe au microf- 
cope. 
Fig. F. La pince. 


i. Le petit inft@e dans fa 
grandeur naturelle. 


689 
k. Le mêmé, grofi. 


Fiz. VI. Le faucheur. 

n. Le mâle, vûü en - deflus. 

o. Le même , vü de côté, 
pour faire voir la forme 
de fes antennes, 

p. La femelle, 
Le tout de grandeur na- 
turelle, 


Fig. VIT. La tique. 
L Grandeur de l’infe@e, 


m. Le même animal, vü au 
microfcope. 


BL AN CHE. X XiR 


Fig. L a. RAIGNÉE de jardin, 
de grandeur naturelle, 


b. Poftion de fes yeux. 
Fig. IL. 


c. Autre araignée de jardin. 
d. Pofition de fes yeux. 


Fig. III, Binocle à queue en plu- 
met. | 

e. L'animal de grandeur na- 
turelles 

f. Le même!, profi & vû 
en- - deffush” 


g. Le mêmeyvà en -deflous. 
Fig. IV.  Binocle queue en filets. 


h. L'animal de grandeur na- 
turelle, vü en-deffus. 


i, Le même, vü par- def- 
fous. 

kk. Ses antennes qui font 
fort petites, 


Fig, V, Le monocle. 

n, L’infeëte de grandeur na- 
turelle, 

o. Le même groffi, portant 
fes œufs en deux paquets 


aux côtés de fon ventre. 


Fig, VI... Je.çrabe, appellé la cre- 
vette. 

I, L'animal de grandeur na- 
turelle. 


m. Le même, grofi. 


Pol A N°CH E XXE 


E CroPorre. 

a. L'infe&e de gran- 
deur naturelle , vü en- 
deffus. 

b. Le même, en-deffous. 
c. Le même, groffi, 

Fig. II L'afelle 

Fa. IIT. La fcol-pendre. 

; c'infetre de grandeur na- 
EU 

e. Sa tête groffie, 


Fig, I. 


Fig. IV. Autre ne dite 
fcolopendre à-pinceau. 

f. L'animal de grandeur na- 
turelle, 

g- Le meme, groffi i confidé- 
Pc & vien -def- 
fus. 

&. Le même, vû en-deflous. 

l, Le méme, , plus jeune, 

| n'ayant, encqre qte cinq 
anneaux Outre fatète, 


«620 : ’DES-PLANCHE:s pu LôMmE Il. 


&. Le même: encore plus #. Une des pattes, vüe au 
jeune, & n’ayant que trois microfcopes 

‘ Anneaux. Fig. V. L'’iule, 

l. Un des mamelons qui 0. L'infe&e groffi, 
bordent lésanneaux,avec ‘ . p. Sa tére &, quelques an- 
les ‘aigréttes dont il eft neaux de fon corps en- 
orné. core plus groflis , pour 

m. Une des antennes groflie : faire voir les yeux & les 
& féparée. antennes. 


Fzx de l'explication des Planches du Tome IT. 


APP RNO BE APNEEO UN. 
Jar KG, par ordre de Monfeigneur le Chancelier , un Ouvra- 


ge intitulé, Hifloire abrégée des Infèêles qui fe trouvent aux envi- 
rons de Paris, dans laquelle les animaux font rangés fuivant un 
ordre méthodique. Cette méthode , quoique la même que celle de 
M. Linn , eft traitée avec beaucoup plus d’étendue ; le nombre des 
genres & des efpéces d’Infetes y eft augmenté du double de ce 
qui en a été publié jufqu’ici, & fixés par des caracteres diftinds; 
les defcriprions en font claires, exaétes, accompagnées de quel- 
ques détails fur les mœurs de ces animaux , & d'excellentes figu- 
“res ; de forte que l’impreflion de cet Ouvrage, qui joint le curieux 
à Putile, ne peut que faciliter l'étude , & étendre les connoiffan- 
ces fur cette partie de l’Hifloire Naturelle. A Paris , ce 18 Juin 


1762. 
ADANSON. 


Le Privilège fe trouvera au Strabon. 


ET SR RE PR SIREN SZ 77 EPEIPTAN UT SSP PE SR STE IE RE RU OV UE SRE PSE TE NL EUE EVENE 


De lImprimerie de J. CHARDON, rue Galande, 
à la Croix d’or. 1762. 


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